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L’économie, de binaire est devenue bipolaire voire schizophrène
 
Il est redoutable de voir tant de gens dire qu’ils ne comprennent rien à l’économie. Ce sont eux qui sans le vouloir sont les principaux complices de ceux qui tirent profit de leur désintérêt. Ce que l’on appelle pompeusement économie, voire même science économique, n’est pourtant que l’observation des règles d’une vie en groupe, certes rendues compliquées depuis l’introduction nécessaire de la monnaie. Chacun comprend que la vie en groupe est la mise en commun et l’organisation des énergies des membres du groupe mais beaucoup n’ont pas envie de prendre la peine de comprendre ce que l’introduction de la monnaie a changé, truqué et perverti, surtout depuis que la monnaie n’est plus que du papier, voire même une ligne sur un écran.

La vie en groupe, chacun la connait dans sa famille ou en vacances avec ses amis. Chacun y fait ce qu’il fait le mieux ou le moins mal dans l’intérêt du groupe. C’est la répartition des tâches nécessaires à la vie du groupe. Certains apprécient, d’autres le font par devoir mais le but n’est que la survie du groupe pour qu’il puisse vivre ce pourquoi il s’est constitué.
Le groupe vit ce que l’ethnologue et professeur au Collège de France Marcel Mauss appelait le donner-recevoir-rendre qu’il appelait, rappelons-le, un "fait social total" au service du lien social et le nourrissant. Il voyait à ce donner-recevoir-rendre, dans une famille, dans une tribu ou dans n’importe quel groupe cohérent, des dimensions multiples ne pouvant être réduites à une seule ; une dimension culturelle car cette forme d’échange n’est pas la même chez les différents peuples ; une dimension économique  parce que c’est la vie du groupe qui s’organise ; une dimension religieuse car il est le lien qui relie ; une dimension symbolique parce que les uns et les autres se complètent et qu’un symbole est la juxtaposition d’éléments qui se complètent ; une dimension juridique car une sorte de droit non écrit s’installe dans le groupe et est respecté par tous.

C’est quand les devoirs de ce droit ne sont plus observés parce que le groupe est devenu trop important et que la simple observation ne suffit plus à les faire respecter, que tout naturellement et partout, la monnaie est apparue comme substitut objectif du donner-recevoir-rendre.
Le donner-recevoir rendre est une forme d’échange non simultané dans un groupe cohérent de gens qui se connaissent, s’apprécient et se font confiance. Sans ces éléments, l’échange ne peut se faire que par le troc. Le troc est l’échange simultané de deux entités matérielles perçues comme équivalentes en un lieu donné et à un moment donné par des gens qui n’ont pas besoin de se connaître.
La monnaie, née d’un manque de confiance à l’intérieur du groupe, a introduit le troc dans le groupe en l’appelant le prix. Malheureusement les livres d’économie commencent tous sous différentes formes par la phrase erronée "Au début était le troc et un jour c’est devenu trop compliqué et on a inventé la monnaie". La réalité est au contraire qu’au début était le donner-recevoir-rendre et qu’un jour par manque de confiance on a introduit le troc sous forme de monnaie.

Mais l’introduction de la monnaie, si elle en change l’apparence, ne change évidemment pas les fondations culturelle, économique, religieuse, symbolique et juridique de la réalité économique du donner-recevoir-rendre, nourriture du vivre ensemble et du lien social. La monnaie reprend sans le dire toutes ces dimensions et une monnaie sérieuse ne l’est que si elle se limite à un groupe cohérent qui reconnait unanimement qu’elle est un titre de créance sur n’importe lequel de ses membres car elle n’est qu’un substitut du donner-recevoir-rendre. Elle ne peut donc être créée qu’après que le groupe ait constaté qu’il se croyait plus riche. C’est ce que le capitalisme et la science économique ont glissé sous le tapis pour ne pas en être dérangés.

En ne partant que de l’apparence de troc que donne le prix quand il est étudié isolément, la science économique a oublié la nécessité du groupe cohérent qui n’apparaît pas dans sa réflexion. Elle va tout réduire à un échange matérialiste entre gens qui ne se connaissent pas et ne s’estiment pas. C’est évidemment beaucoup moins consistant, beaucoup moins intéressant et surtout beaucoup moins vrai. La science économique va justifier et nourrir le capitalisme, dernier avatar du siècle des Lumières après le fascisme et le communisme, ayant besoin comme eux de la ruine des patries, des espaces cohérents. Elle va donner sens à l’observation d’Oscar Wilde comme quoi l’Amérique est le seul pays qui soit passé directement de la barbarie à la décadence sans passer par la civilisation car une civilisation c’est avant tout un groupe cohérent.
Un gouffre s’est petit à petit créé avec d’un côté les peuples et l’économie qui est leur vie, et de l’autre le capitalisme et la science économique qui va tenter de remplacer par les mathématiques et de jolies courbes avec le PIB en ordonnée, les bases heureusement inchiffrables de l’économie qui sont le contentement, le plaisir et la fierté de soi, leurs sources à tous trois étant le travail et l’effort sur soi.
L’économie qui est échange, donc par définition binaire, va devenir bipolaire avec la science économique. Cette matière universitaire va en effet juxtaposer pour tenter de les équilibrer deux visions oniriques, excessives, invivables et opposées, deux vies parallèles aux règles différentes aussi disharmonieuses les unes que les autres.
D’un côté la vie internationale qui prépare des lendemains qui chantent avec le pape comme nouvelle figure de proue, de l’autre les vies nationales qui doivent faire les efforts nécessaires au succès de la première qui dispensera à tous ses bienfaits plus tard.

Pour jouer cette farce ridicule que nous vivons actuellement tous les jours, des principes opposés s’appliquent simultanément dans les deux mondes sans que personne ne semble s’en émouvoir.
Dans la vie internationale il faut dépenser plus pour faire de la croissance ; dans la vie nationale il faut dépenser moins pour équilibrer les budgets. Dans la vie internationale il faut appliquer l’avantage comparatif de Ricardo et faire faire à chaque pays ce qu’il fait le moins mal ; dans la vie nationale il ne faut surtout pas appliquer ce principe qui résoudrait le chômage en un instant et il faut laisser ce problème agaçant de chômage aux entreprises dont ce n’est pourtant pas la vocation. Dans la vie internationale, il faut supprimer les contraintes, les normes, les obligations et les interdictions ; dans la vie nationale il faut au contraire plus de normes, plus de contraintes, plus d’obligations et plus d’interdictions, ce qui rend tout beaucoup plus cher, mais fait de la croissance. Dans la vie internationale il faut laisser les GAFAM tenir le monde ; dans la vie nationale il faut les combattre et les taxer.

Pour donner une apparence de réalisme à ce double langage bipolaire et tenter de lui donner vie, le capitalisme et la science économique ont inventé des notions dignes de contes de fée qui occupent les bonimenteurs et font rêver les niais: la création de richesse avec le PIB, l’investissement, la valeur ajoutée, le gagnant-gagnant, toutes notions qui cherchent à faire croire à la marche vers la lumière alors que les peuples voient surtout la réalité du tunnel dans lequel ils s’enfoncent. Pour parodier la réplique culte de Sergio Leone, dans la société il y a deux sortes d’hommes, les bonimenteurs qui profitent et les niais qui creusent. Les gilets jaunes ont soulevé ce problème.

L’erreur de base de la science économique l’entraîne dans un monde totalement abscons qui diplôme ceux qui répètent sans comprendre ce que leurs professeurs leur enseignent sans comprendre, ce que les médias répètent sans comprendre et ce que les politiques appliquent sans comprendre. Tout le monde explique tout à tout le monde et seul le peuple avoue qu’il ne comprend rien. Qui osera dire à tous ces médecins de Molière avec leur nouveau latin charabia qu’il n’y a rien à comprendre tant qu’on ne repart pas de l’essentiel et que l’on reste dans la logorrhée ?

Envoyé par l'auteur, paru sur www.surlasociete.com, 11 août 2019
Publié dans A tout un chacun
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La folie administrative bat son plein
 
Est-ce pour que l’érection de ce monument de délire administratif passe inaperçue ? La publication le 7 août de la loi n° 2019-828 de transformation de la fonction publique, qui occupe 90 pages au JO, va probablement passer inaperçue. Pourtant il serait bon que nos concitoyens se rendent compte, en jetant un coût d’œil sur ce chef-d’œuvre bureaucratique, à quel point de dévaluation de la loi nous en sommes arrivés.
Réformer la fonction publique pour la rendre plus efficace est certes une idée sympathique. Mais l’efficacité ne résulte pas d’une accumulation de dispositions législatives, qui seront par surcroît complétées et précisées par des dispositions réglementaires ; elle résulte d’une responsabilisation de chaque fonctionnaire, ou plus exactement de chaque salarié de l’Etat et des autres administrations publiques, en commençant bien entendu par ceux qui exercent une autorité hiérarchique. En forçant un peu le trait, disons qu’une telle loi devrait se limiter à quatre ou cinq lignes telles que :
"Tout agent de la fonction publique est au service de la France. Il a comme devoir d’assumer avec zèle et esprit d’initiative chacune des missions, tâches et responsabilités qui lui sont confiées. L’efficacité est récompensée ; l’insuffisance professionnelle conduit, si elle persiste après avertissement, au licenciement. Toutes dispositions législatives ou réglementaires contraires à ces principes sont abolies."
 
Maintien et multiplication des comités Théodule
Dès l’article premier (il y en a 95 !) le ton est donné : il s’agit de  modifier un alinéa de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, qui disposera désormais : "Les fonctionnaires participent par l’intermédiaire de leurs délégués siégeant dans des organismes consultatifs à l’organisation et au fonctionnement des services publics, à l’élaboration des règles statutaires, à la définition des orientations en matière de politique de ressources humaines et à l’examen de décisions individuelles dont la liste est établie par décret en Conseil d’Etat."
L’article 4 dispose semblablement : "Dans toutes les administrations de l’Etat et dans tous les établissements publics de l’Etat ne présentant pas un caractère industriel ou commercial, il est institué un ou plusieurs comités sociaux d’administration." Il est même prévu que pour les établissements publics n’ayant pas les effectifs suffisants pour pratiquer en interne cette réunionite "la représentation du personnel peut être assurée dans un comité social d’administration ministériel ou dans un comité social d’administration unique, commun à plusieurs établissements."  Quel dommage et quel scandale, en effet, que la petite taille d’une structure permettre de régler les problèmes sans passer par une commission ! L’accès à un "comité social d’administration" est érigé en droit fondamental des fonctionnaires. D’ici que cet accès soit sanctifié par un addendum à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen

Après les "comités sociaux d’administration" viennent les "comités sociaux territoriaux", leur équivalent pour les collectivités locales, et les "comités sociaux d’établissement" pour la fonction publique hospitalière. Quant aux "groupements de coopération sanitaire de moyens de droit public", ils ne sont pas oubliés ; leurs comités sociaux d’établissement pourront notamment "connaître des questions relatives aux orientations stratégiques du groupement", à son "organisation interne", etc.
L’agence nationale de contrôle du logement social devant bénéficier elle aussi d’un "comité social d’administration", mais les dispositions correspondantes devant figurer dans le code de la construction et de l’habitation, le législateur a fait à leur intention un copié-collé de ce qui précède, modulo quelques modifications de dénominations.

La même opération se répète pour les agences régionales de santé, parce que dans leur cas c’est le code de la santé publique qui doit être modifié ; pour Voies navigables de France, organisme qui relève du code des transports ; et pour l’Agence de l’outre-mer, également traitée par le code des transports.
Tout cela fleure bon la naphtaline : les règles de fonctionnement de notre administration sont traitées par le législateur – et en fait par la haute administration qui a dû concocter ces textes – comme un ensemble de costumes désuets dont il faut refaire quelques coutures. C’est cela qu’en France on appelle réformer !
 
Va-t-on "transformer et simplifier la gestion des ressources humaines" ?
C’est ce que propose le titre II de la loi de transformation de la fonction publique.

Le Chapitre Premier de ce titre s’intitule de manière prometteuse Donner de nouvelles marges de manœuvre aux encadrants dans le recrutement de leurs collaborateurs. Il s’agit essentiellement de rendre légalement possible le recrutement temporaire de personnes utiles pour la réalisation d’un projet particulier. Comme de coutume, la loi entre dans trop de détails, sachant qu’ensuite décrets et arrêtés ajouteront inévitablement une couche de précisions ajoutant de la rigidité, mais la direction générale est néanmoins un assouplissement des normes.

Le chapitre second, dédié à la Reconnaissance de la performance professionnelle, remplace l’évaluation et la notation par l’appréciation de la valeur professionnelle. Un entretien professionnel annuel conduit par le supérieur hiérarchique doit "fonder" cette appréciation. Fort bien, mais qui auditera le supérieur hiérarchique ? Le poisson pourrit par la tête, dit la sagesse populaire : c’est à un niveau assez élevé qu’il faut modifier les comportements et les mentalités si l’on veut sérieusement améliorer la gouvernance de nos services publics. Autrement dit, il faudrait que les ministres aient les compétences requises pour évaluer et cornaquer les directeurs d’administration centrale qui sont leurs collaborateurs directs. Comme dit la sagesse des nations, quand on met n’importe qui pour faire n’importe quoi, il s’en tire n’importe comment – et c’est ce que l’on constate régulièrement pour les membres des Gouvernements qui se succèdent.
Bien entendu, le choix des ministres ne peut pas être totalement apolitique, fondé exclusivement sur la compétence, mais il serait très souhaitable que soient réunies les conditions de travail requises pour disposer de personnalités ayant une grande expérience managériale. Souvenons-nous du passage aux Finances de Francis Mer, de 2002 à 2004, que l’intéressé a relaté dans un livre intitulé "Vous, les politiques " : la greffe n’a pas pris. Pourquoi ? La différence culturelle entre le président de la très grande entreprise métallurgique française de l’époque (Arcelor) et la haute administration était un obstacle de taille, mais il existait aussi un hiatus avec ses collègues.

Ce n’est pas à une loi qu’il revient de le dire, mais les changements dont la France a le plus grand besoin ne se produiront que si le choix des ministres et des directeurs d’administration centrale se modifie considérablement. La "transformation de la fonction publique" pour laquelle la loi qui vient d’être promulguée prend des dispositions en grande partie poussives et poussiéreuses, c’est avant tout une affaire de leadership. Malgré leur jeunesse, le président de la République et le Premier ministre ont une pratique du leadership politique qui n’a pas l’originalité requise. La conduite de la réforme des retraites – un sujet sur lequel j’ai quelques lumières – montre hélas qu’ils restent enfermés dans un système de réunions et de négociations qui ne permet pas d’avancer comme il le faudrait.
La loi "de transformation de la fonction publique", comme le projet Delevoye de réforme des retraites, part d’une bonne intention, mais dans les deux cas la ligne directrice reste bureaucratique.
On est dans la transpiration, pas dans l’inspiration.
Dommage !

Envoyé par l'auteur, 8 août 2019
Publié dans Du côté des élites
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Les journées du Matrimoine
 
On connaissait les journées du Patrimoine, nous avons maintenant les journées du Matrimoine. Ce n’est pas une plaisanterie, c’est une initiative très sérieuse destinée à promouvoir l’égalité homme-femme. La définition en est donnée sur le site matrimoine.fr : "Le Matrimoine est constitué de la mémoire des créatrices du passé et de la transmission de leurs œuvres." La réalisation est assurée par des organismes publics aussi convenables que les régions Ile de France ou Auvergne-Rhône-Alpes.
Les partisans du 'jusqueboutisme' dialectique s’en donnent donc à cœur joie avec ces substituts contemporains de la lutte des classes : lutte des sexes aux grandes heures du féminisme militant, et aujourd’hui lutte des genres. L’héritage de nos mères doit être séparé de celui de nos pères comme on sépare le bon grain de l’ivraie. Comme s’il ne fallait pas un père et une mère pour donner une descendance. Comme si tout n’était pas lié. Comme si le patrimoine n’avait jamais été qu’une insupportable liste sexiste de créateurs masculins.
 
George Sand aurait-elle été exclue du patrimoine littéraire, Berthe Morisot rayée de la liste des impressionnistes, Nadia et Lily Boulanger éliminées de celle des grands musiciens, passées à la trappe Marguerite Duras et Françoise Sagan, oubliée Marie Curie, ostracisée Sainte Thérèse de Lisieux parmi les docteurs de l’Église... la liste des femmes créatrices, artistes et scientifiques honorées au même titre que les hommes dans le cadre du patrimoine est inépuisable. Il faudrait des pages et des pages pour les recenser. Point n’est besoin d’inventer le "matrimoine" pour leur rendre hommage. Tant qu’on y est, pourquoi ne pas imaginer des journées promotionnelles consacrées à certaines catégories de créateurs en fonction de la couleur de leurs yeux ?... Et puis, on oublie les créateurs transgenre, transexuels ou travestis... resterait donc à lancer les journées du travestimoine...
 
La lutte des genres n’est qu’un avatar de l’idéologie dialectique autodestructrice qui s’est emparée d’une partie de l’humanité. Il s’agit de dresser les uns contre les autres tous les groupes humains en fonction de n’importe quel critère d’appartenance. Et le travail est loin d’être fini car la "bête immonde" bouge encore. La loi naturelle, la complémentarité des sexes, l’amour du prochain, le respect de l’être humain, le droit à la vie, le simple bon sens ont encore quelques adeptes. Alors, les petits soldats du soi-disant progressisme sont toujours sur le pied de guerre.
A côté des grandes batailles comme celle de la PMA sans père, il y a aussi les petites escarmouches comme les agressions répétées contre le vocabulaire usuel. Je ne parle même pas de l’écriture inclusive que sa barbarie et sa laideur rendent totalement insupportable dès le premier abord, sauf à quelques fanatiques. Mais par exemple, l’invention du mot "matrimoine" est l’une de ces petites armes de la guerre des genres que l’on aurait tort de négliger.
 
Le patrimoine, compris comme l’ensemble des œuvres des créateurs de notre passé, n’exclut personnes. Tous ces créateurs sont généreusement rassemblés sans distinction de sexe, de genre, d’origine, de race ou de couleur des yeux, par-delà toutes les différences. Et le patrimoine ne se limite pas aux frontières, il s’enrichit aussi de tous les apports étrangers. L’invention d’un concept comme le matrimoine procède, au contraire, d’une démarche ségrégationniste, exclusive et sectaire. Le patrimoine est ouvert à tous, le matrimoine est, par définition, réservé à une seule catégorie d’êtres humains, il est limité, fermé, borné dans tous les sens du terme.
 
Puisque l’on dit "un patrimoine", pour faire bonne mesure il faudrait sans doute exiger que l’on dise "une matrimoine", au féminin. Et dans un souci d’égalité homme-femme ne faudrait-il pas opposer à la Mère Patrie le concept nouveau du Père Matrie ? Que choisir pour être le plus 'genristiquement' correct ? Je serais tenté de dire qu’il conviendrait de prendre le la hauteur, mais ce dernier mot est-il acceptable pour les genristes qui croient dur comme fer que la lettre "e" est un signe de féminité ? La Patrie s’écrit bien avec un "e", mais la paternité, comme la féminité, tout aussi féminines, s’écrivent sans "e". Dilemme...  de la même manière qu’ils imposent "auteure" pour une femme auteur, ne vont-ils pas imposer "hauteure" ?... C’est à y perdre son genre. Maurice Druon disait par dérision qu’il était impatient qu’on lui présentât une "sapeuse-pompière". L’officialisation du terme est envisagée aujourd’hui avec le plus grand sérieux par les nouvelles Précieuses ridicules.
 
Le puits du crétinisme genriste est bien un puits sans fond. Refermons vite la trappe par crainte du vertige que provoquerait une observation trop longue de l’abysse.

Envoyé par l'auteur, 8 août 2019
Publié dans Du côté des élites
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Gloire à l'Armée d'Afrique
 
Chaque année le débarquement des troupes alliées, le 15 août 1944 en Provence, est célébré avec dignité, mais pas toujours avec un juste reflet de l’Histoire. Insensiblement, mais inexorablement, si nous n’y prenons garde, l’Armée d’Afrique est poussée dans le camp des oubliés de l’histoire par ceux qui la réécrivent en fonction de leur humeur, pour ne pas en dire davantage.
Dans le même ordre d’idées, il ne faut pas oublier que, dès le début du 2ème conflit mondial, le Sultan Mohammed dans une lettre du 3 septembre 1939 lue dans toutes les mosquées du Maroc, avait annoncé au peuple marocain, l’entrée en guerre de son pays aux côtés de la France.
"C'est aujourd'hui, que la France prend les armes pour défendre son sol, son honneur ; sa dignité, son avenir et le nôtre, que nous devons être, nous-mêmes, fidèles aux principes de l'honneur de notre race, de notre histoire et de notre religion......" 
 
Parlons donc de cette "Armée d’Afrique" si chère à Lyautey qui eut bon nombre de ses unités sous ses ordres. Inspirateur de l’idée des Goums marocains et des Goumiers, c’est lui qui leur a donné leur statut définitif. L’appellation "Armée d’Afrique" fut donnée au Corps expéditionnaire du Général de Bourmont débarqué en Algérie, le 14 juin 1830, ä Sidi-Ferruch. L’habitude fut prise de désigner ainsi, non seulement les unités venues de France, mais aussi celles formées en Afrique du Nord. Destinées à l'origine ä remplir leur mission sur place, ces troupes furent appelées au fil du temps à opérer sur d'autres territoires. La politique menée par la France devait conduire l’Armée d’Afrique à combattre dans toutes les parties du monde.
 
Cette Armée d’Afrique a pris une large part dans le débarquement commencé le 15 août 1944 en Provence. Français (métropolitains et pieds-noirs), Algériens, Marocains, Tunisiens, Subsahariens, Légionnaires ont - grâce à leur courage -  restauré dans l'esprit des Alliés l'honneur de la France, dont la défaite, en 1940 est davantage due aux erreurs de ses "politiques", et à la démoralisation de la Nation, qu'aux défaillances de son armée traditionnelle. 
L'Armée d'Afrique l’a prouvé. Sans parler de sa participation aux opérations de Sicile (juillet et août 1943), à la libération de la Corse, c’est la campagne d’Italie qui est la plus marquante à partir du 20 novembre 1943. Du 11 au 18 mai 1944, c'est la rude bataille pour la prise de Monte-Cassino qui a ouvert la route de Rome, Après la conquête de l’ile d'Elbe du 14 au 29 juin, l’Armée d’Afrique est engagée pour la libération du territoire français.
En sept mois de campagne en Italie, les pertes du Corps Expéditionnaire Français dont elle compose l’essentiel ont déjà été de 6.400 tués, de 20.900 blessés, de 4.200 disparus, soit plus de 15 % des 200.000 Français de souche européenne ou musulmane, selon le vocabulaire de l’époque.
A la seule 3e D.I.A. l'effectif quasi total de ses régiments d'infanterie, officiers et troupe, a été renouvelé, soit au total 8.000 hommes de pertes. La 2e D.I.M. entre décembre 1943 et juillet 1944, a laissé sur le terrain près de 12.000 hommes, la 4e D.M.M., 3.500 et les Goums marocains 3.000.
Elle a combattu jusqu’au Rhin pour libérer la France et a continué à combattre en Allemagne jusqu’à la victoire du 8 mai 1945. Ses unités marocaines ont mené de durs combats dans les Vosges au cours de l’hiver 44-45 particulièrement rude, tout comme pour la réduction de la "poche de Colmar" qui achevait la libération de l'Alsace, début février 1945.
 
Une ardeur patriotique exemplaire, un amalgame aisé, la fraternité d'armes, une volonté et un courage à toute épreuve, l'exemple et la bravoure des officiers et sous-officiers français, des jeunes engagés venus de Métropole, ont contribué à arracher la victoire à un ennemi entraîné, aguerri et même fanatisé.
Qu’on s’en souvienne.

Envoyé par l'auteur,17 août 2019
Publié dans Devant l'histoire
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Quand les Etats ne respectent plus les traités, le droit international et la parole donnée…
 
… la tension monte et les Etats se déclarent la guerre.
 
Bill Clinton n’a pas respecté l’engagement verbal de James Baker "de ne pas avancer d’un pouce à l’est" donné à Michael Gorbatchev en échange de son accord à la réunification de l’Allemagne (1). En décembre 2001, George W. Bush a dénoncé unilatéralement le traité ABM de mai 1972 sur la limitation des armes stratégiques. Le 8 mai 2018, Donald Trump a dénoncé unilatéralement l’Accord de Vienne sur le nucléaire iranien, signé le 14 juillet 2015 après dix ans de négociations laborieuses. En octobre 2018, Donald Trump a annoncé le retrait des Etats-Unis du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire, signé le 8 décembre 1987, au prétexte que la Russie n’a pas respecté ses engagements alors que l’installation d’une base militaire américaine anti-missiles en Pologne en 2018, et plus tard en Roumanie, officiellement pour protéger l’Europe de tirs iraniens, est interprétée par Vladimir Poutine comme une violation du dit traité.
 
Au printemps 2018, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France tirent des missiles sur la Syrie en réponse à un usage non formellement démontré d’armes chimiques par l’armée de Bachar el-Assad.
Toujours en 2018, les Etats-Unis entament une guerre économique avec la Chine au mépris des règles de l’Organisation mondiale du commerce qui prévoient une procédure d’arbitrage en case de différent – règles que la Chine a elle-même flouées.
En juillet dernier, la Grande-Bretagne arraisonne un navire iranien à Gibraltar au mépris des règles internationales.
Il y a quelques jours, l’Inde a révoqué l’article 370 de sa constitution, annexant de fait la province Jammu-et-Cachemire en réponse à la violation du cessez-le-feu le long de la Ligne de contrôle par le Pakistan. Un conflit entre deux puissances nucléaires.
La Chine s’approprie la mer de Chine du sud, tout comme les Etats-Unis se sont appropriés le golfe du Mexique.
 
Tout ceci dans un climat de tension au Moyen-Orient et à travers le monde : inimitié croissante entre les Etats-Unis et la Russie, guerre commerciale sino-américaine, impasse diplomatique entre les Etats-Unis et la Corée du nord, querelle inquiétante entre le Japon et la Corée du sud, etc… sans parler d’une situation économique fragile avec une croissance mondiale en berne, une surévaluation des valeurs boursières et de l’immobilier…
Il ne peut y avoir de paix sans règles, et sans respect des règles.
 
(1) James Baker était le ministre des affaires étrangères de George Bush père. Depuis l’effondrement de l’Union soviétique en décembre 1991, douze nations ont rejoint l’OTAN : République tchèque, Hongrie, Pologne, Bulgarie, Estonie, Lituanie, Romanie, Slovaquie, Slovénie, Albanie, Croatie et Monténégro.

Envoyé par l'auteur, 7 août 2019
Publié dans De par le monde
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Enfumage
 
Evomit involvitque domum caligine caeca  (Enéide, chant VIII, vers 253)
     
Nos médias stipendiés jouent le rôle de Cacus vomissant une épaisse fumée aveuglante.
Le fait est bien établi. Je ne veux, en cette saison estivale, que l’étayer par une ou deux observations toutes récentes et très précises.
Curieux de météo, je me branche quotidiennement à deux ou trois reprises sur France Info. Le bulletin répond à ce que l’on attend – dire ce qu’il en est ou en sera du ciel et de la température ; il est suivi des gros titres de l’"information". Eh bien j’ai eu loisir de vérifier ces derniers jours ceci :
1) on recherche Steve, victime de la "fête de la musique", dans la Loire ; on l’y trouve, oui, c’est bien lui ; on craint conséquemment de violentes explosions de colère ; le préfet de Nantes prend des précautions ; tout le pays ne sera-t-il pas en état d’émeute le samedi 3 août ? … Cette affaire, avec ses faux bonds et ses rebonds, aura fait la une de France Info une huitaine de jours.
 
2) Epuisée l’affaire Steve, la relaie la double fusillade aux USA, vingt-neuf tués. Croustillant, n’est-ce pas ? France Info insiste, persiste, persévère. C’est qu’on est heureux de trompetter que ça va mal au pays de Trump. (Dans la même tranche de temps, 42 morts en Libye, 49 morts au Yemen …, passez, muscade !).  
Qu’il y ait chez l’oncle Sam un problème des armes à feu, je le concède ; mais le même problème en Libye, au Yémen, doit-il nous laisser indifférents ? Qu’il faille pleurer Steve, je le conçois ; que les agités du bocal, ravis de l’occurrence, s’agitent, je m’y résigne. Mais convenons, à moins d’avoir le cerveau fêlé, que cet événement, si l’on considère le train du monde, est minuscule, et qu’en France même il s’est produit, dans la même période, cent autres événements, pour sûr, de non moindre portée pour le moins. 
Mais il s’agit, à la manière de Cacus, de produire grâce au cadavre de Steve une épaisse fumée qui empêche de percevoir … le reste.
             
Des dix stratégies de manipulation de masse définies par Noam Chomsky l’affaire Steve en a mis en œuvre 3 : la suscitation d’une péripétie critique, l’effervescence émotionnelle, et surtout la diversion :  détourner "l’attention du public des problèmes importants /…/ grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes".
Enfumage par fumisterie.
Que nous cache Cacus dans son épaisse fumée ? Quel(s) problème(s) important(s) nous empêche-t-il de voir ?
Chut !    
 
(Il faut aux médias non stipendiés une inlassable énergie herculéenne pour exposer à la lumière - immisso lumine -  la crue réalité. Nous la leur souhaitons).

Envoyé par l'auteur, 7 août 2019
Publié dans En France
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Combien de planètes ? (on consomme trop ?)
 
Comme tous les ans, le club de réflexion Global Footprink Network donne une date où l’humanité est sensée avoir consommé les ressources de la planète pour l’année. Cette année c’était le 29 juillet.
Comme d’habitude, l’étude culpabilise les pays développés producteurs de richesses qui généralement se nourrissent eux-mêmes quand ils ne nourrissent pas le reste de la planète. Il paraît pour le WWF France "qu’à l’échelle de la planète, nous avons pêché plus de poissons, abattu plus d’arbres et cultivé davantage de terres que ce que la nature peut nous offrir au cours d’une année".
Qu’est-ce que ça veut dire : encourage-t-on les pays qui ne produisent rien, n’exploitent pas les richesses potentielles tant agricoles que minières. Curieusement l’Afrique n’est citée nulle part et ne fait l’objet d’aucune statistique. Que veut-on dire quand on déclare que nous avons pêché trop de poissons ? La pisciculture permet de développer une production dont on ne voit pas les limites. On abat trop d’arbres mais les forêts des pays développés notamment en France sont en croissance.
Les Etats unis sont accusés d’avoir besoin de 5 planètes pour maintenir leur mode de vie mais les Etats Unis sont exportateurs agricoles, pétroliers.
Depuis des décennies on nous menace de l’épuisement des ressources pétrolières, on n’arrête pas de trouver de nouveaux gisements, d’exploiter des ressources non conventionnelles pétrole et gaz de schiste.
 
Il est amusant de constater que les Etats unis sont les grands coupables avec 5 planètes, la France aurait besoin seulement de 2,7 planètes. Sur quelles réserves tirons-nous plus que nous produisons ? Notre agriculture nourrit largement notre population et on ne voit pas qu’il y ait un problème de renouvellement des ressources, la population est stable ou en très faible croissance, et c’est le cas de tous les pays développés traités comme des prédateurs comme la Suisse, l’Allemagne ou l’Italie.
Le seul pays qui ait grâce aux yeux du Global Footprink Network est l’Inde qui n’aurait besoin que de 0,7 planète, l’Inde avec sa misère, ses enfants au travail – environ 60 millions d’enfants -, sa croissance démographique - 1,25 % par an -, l’illettrisme. On prévoit que l’Inde deviendra le pays le plus peuplé du monde en 2025.
L’Afrique ne fait l’objet d’aucune statistique, sa croissance démographique est de 4 % par an, sa croissance économique d’environ 2,5 % par an. L’Afrique s’appauvrit par habitant qui déjà pauvre, émigre et submerge la planète.
Et comme tout cela n’est pas très convainquant on va chercher la tarte à la crème : l’émission de CO2  si bien que pour la France "Le point noir est la voiture individuelle qui compte pour 16 % des émissions totales de CO2 du pays". La bagnole toujours la bagnole cette bête noire absolue. Circulons à pied, à vélo ou en bus, et condamnons toute l’industrie automobile.
Décidément les écolos voudraient nous ramener au moyen âge où comme chacun sait le manant se gobergeait d’une poule au pot tous les dimanches.

Envoyé par l'auteur, 6 août 2019
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Lorsque la CGT cherche des proies
 
Il reste toujours nécessaire de rappeler que la destruction créatrice est le fondement même de la création d’entreprises et de la satisfaction du consommateur. Et pourtant, nous restons en France vaguement convaincus que l’entreprise se doit d’être éternelle et l’emploi à vie, et qu’il suffit de le décréter (à quand une loi interdisant les faillites ?!).
Ainsi, après nous être légitimement esbaudis devant le succès du self made man entrepreneur Philippe Ginestet, créateur de la marque GIFI ( vous n’avez pas pu échapper à la pub à la télévision ni aux points de vente à travers la France ) voilà-t-il pas qu’il y a 2 ans environ, ce dernier sous les applaudissements reprend la marque TATI, promettant création d’emplois et investissement ; ce qui fut dit, fut fait ; pour l’investissement : le double de la mise annoncée et la création de 9 nouveaux magasins. Mais voilà, c’est aussi bête que cela, la clientèle ne revient pas, malgré la pub (TATOUTCHEZTATI !) l’offre ne convainc pas, la concurrence est rude et l’appui de GIFI ne suffit pas à relancer les magasins et la marque.
 
Commence alors la descente aux enfers syndicaux, il faut accabler le chef d’entreprise, c’est un principe de base, les fake news sous forme d’accusations pleuvent, la suspicion se distille "en fait il a racheté parce qu’il voulait revendre", "l’investissement n’était pas au rendez-vous" (toutes les preuves à l’appui démontrent le contraire), "on sacrifie les salariés", "les promesses n’ont jamais été tenues" c‘est exact, on a investi le double.
La CGT non seulement s’interdit toute objectivité mais veut se refaire une santé en trouvant des proies à sa vindicte inassouvie. Et les médias de répercuter les mauvaises nouvelles toujours plus attrayantes que le factuel, le repreneur sauveur est donc devenu l’homme à abattre d’autant que horreur ! Il n’est pas ruiné.
 
Il est de moins en moins possible en France de raconter les vraies aventures entrepreunariales telles qu’elles sont, avec les espoirs, les aléas, les succès, les échecs. Il est honteux de ne pas être capable de reconnaître et d’admettre que dans l’échec TATI par exemple, tout a été tenté pour relancer un peu la machine, maintenant en conservant un magasin symbolique à Paris et en faisant reprendre une cinquantaine de points de vente par GIFI ;  tout cela pour garder le maximum de salariés en dédommageant avec leur accord après négociations ceux qui devront partir, en discutant avec d’autres enseignes pour qu’elles reprennent des points de vente sous condition sine qua non, de la reprise des salariés..
Insupportable que l’on refuse en France d’accepter la probabilité de l’échec, le risque, l’aléa commercial d’une marque. On refuse de voir le positif, en l’occurrence le respect et la qualité humaine du management qui a dans ce cas accompagné cette fermeture indispensable et regrettable. Oui, il faut savoir aussi saluer les efforts faits pour préserver tout ce qui peut l’être. On refuse aussi de comprendre que garder à tout prix une entreprise qui perd de l’argent c’est mettre d’autres structures en danger, d’autre salariés au chômage.
Une idéologie culpabilisante où le patron est forcément coupable ! Mauvaise foi ou ignorante économique crasse des syndicats ? Occasion inespérée de ranimer une lutte des classes transposée au monde de l’entreprise ?

Envoyé par l'auteur, paru sur Atlantico, 9 août 2019
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Ne pas discriminer les mères lesbiennes
 
Devant l’offensive médiatique tendant à imposer la PMA pour toutes les femmes en particulier les ménages de femmes lesbiennes, on peut s’interroger sur le nombre de femmes qui y feront appel et sur la nécessité de bouleverser la filiation telle qu’elle existe en France. En 2017, 228 000 mariages ont été célébrés dont 7 000 entre homosexuels des deux sexes. Si en première analyse on admet qu’il y a eu autant de mariages entre femmes qu’entre hommes, on arrive à 3 500 mariages entre deux femmes. Comme il est parfaitement évident que tous les ménages de deux lesbiennes ne feront pas appel à la PMA, on constate que cette pratique n’intéressera que quelques centaines de ménages par an. On est dans le marginal, dans ces conditions il est très excessif de révolutionner les règles de filiation pour des femmes qui d’ailleurs, pourraient procréer comme tout le monde.
 
Le projet de loi de bioéthique prévoit pour les mariages de deux lesbiennes d’établir la filiation à l’égard de leurs enfants conçus par don de gamètes par une 'déclaration anticipée de volonté' signée par le couple dès le consentement au don. Elle met ainsi en place un dispositif refusant toute hiérarchie entre la mère qui accouche et celle qui n’accouche pas. L’Etat signifie ainsi qu’aux yeux de notre droit ces deux mères sont parfaitement à égalité de statut et de droits. Il en résulte qu‘en cas de divorce l’enfant peut être confié à l’une ou l’autre mère, éventuellement celle qui  n’a pas accouché et qui n’a donc aucun lien biologique avec lui. Remarquons que dans ce cas on est bien proche de la gestation pour autrui qui est interdite.
Autre disposition nouvelle, le projet de loi de bioéthique reconnaît le droit à une personne née à la suite d’un don de gamètes, à sa majorité, de connaître l’identité du donneur à qui elle doit la vie. Evidemment ça responsabilise le donneur qui jusqu’à maintenant se comportait comme un taureau charolais, ne se préoccupant pas de sa descendance. Mais que fera un donneur qui au bout de dix huit ans verra se manifester ses enfants, peut être par dizaine ? Quelle sera sa place pour chacun de ses enfants qui auront ainsi deux mères et un père ?
 
Les couples hétérosexuels qui font appel à un donneur pour des raisons de stérilité ne sont pas tenus de révéler à leurs enfants la particularité de leur origine.
Les organisations homosexuelles considèrent cette différence de traitement comme une mesure discriminatoire pour les mères lesbiennes "Il faut impérativement amender ce projet de loi et étendre la "déclaration anticipée de volonté" à tous les enfants conçus par don. Quel que soit le sexe de leurs parents, les enfants doivent bénéficier des mêmes garanties au regard de leur droit d’accès à leurs origines". Ce n’est peut être pas l’avis des parents. On peut même lire cette phrase admirable "Il est temps de sortir de cet héritage d’allégeance au modèle "biologique" qui n’a fait que du mal, et de revendiquer que les familles issues de don sont des familles tout aussi dignes que les autres."
 
Le modèle biologique qui n’a fait que du mal ! Il paraît que l’on discrimine les enfants de parents hétérosexuels en leur refusant une garantie d’accès à leurs origines. Les parents ont peut être le droit d’informer ou non leurs enfants. Décidément l’exception voire l’anomalie devient la norme.
Faut-il vraiment bouleverser les règles de filiation pour quelques lesbiennes en mal d’enfant ?

Envoyé par l'auteur, 10 août 2019
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L’indignation permanente, le tube de l’été qui désespère les “sans-gilets”
 
"Ah ! Vivre indigné, vivre enragé ! ..." Émile Zola se réjouirait. La France est tombée dans un syndrome d’indignation permanente, tout est bon pour manifester, se révolter, critiquer, attaquer... Le phénomène est d’autant plus important qu’il est non seulement relayé avec délectation par les médias qui ont un creux estival, mais amplifié par lesdites oppositions qui font feu de tout bois ; les incendies d’opinion publique finissent par abîmer le pays. Impossible d’écouter la France silencieuse qui ne veut même plus s’informer par incompréhension devant la perte générale de bon sens et d’objectivité. Souvent "la foule trahit le peuple" et c’est actuellement le cas, cher Victor Hugo.
 
Quels que soient les motifs réels d’inquiétude ou d’interrogation nous perdons contact avec la réalité. Il faut plaindre amèrement le pouvoir en place qui tente de répondre, sans réponses, à des émeutes permanentes, de quoi entraver les nécessaires réformes fondamentales qui font toutes objet de scandale. Rien n’est accepté, rien n‘est compris faute de pédagogie apaisée, on invite à s‘exprimer en général les seuls opposants, ceux qui sont plutôt favorables à une réforme font figure de traîtres et de vendus au Macronisme ; les minorités ont le dessus parce qu’elles sont minoritaires... donc entendues parce que forcément discriminées !
La police est attaquée de toutes parts : soit elle ne fait rien "mais que fait donc la police" soit elle est huée "CRS SS", comme au bon vieux temps. Mai 68 apparaît presque sympathique, au moins : sous les pavés il y avait la plage !
Tout est bon pour provoquer des émeutes... qui à leur tour provoquent des émeutes parce que la police intervient (et que dirait-on si elle ne le faisait pas). Un drame a eu lieu, on ne connaît pas le pourquoi de ce drame, on cherche, les premières enquêtes absolvent la police ce qui entraîne de nouvelles émeutes, d’où une nouvelle enquête etc. et de toutes façons les résultats seront suspects, et provoqueront des manifs. Le premier ministre est obligé de protégé son ministre de l’intérieur tour à tour un faible ou un bourreau.
Sur un plan plus large le ridicule non seulement ne tue pas mais nous fait vivre. Ainsi pouvons-nous apprécier à sa juste valeur le projet d’une nouvelle loi qui devrait protéger les oreilles sensibles du bruit des animaux à la campagne (sic) et tout cela au moment où l’on envisage la revitalisation des "zones rurales" nouvelle appellation pour "campagne" (Ça donne envie !). On se demande s’il ne serait pas judicieux d’étendre cette loi aux cris de bébés ?
 
La contestation systématique de tout et de rien fait le jeu des politiques d’opposition qui pensent se refaire ainsi mais une santé, mais qui se prennent à leur propre piège. Le piège étant le pouvoir démocratique qui met devant la réalité et paralyse toute action quelle qu’elle soit. Le République prend l’eau de toute part. L’impuissance gagne un pouvoir qui est critiqué parce qu’autoritaire, alors que c’est l’autorité qui manque : il faut savoir dire stop !
La justice inquiète, sachant que la garde des sceaux fait figure de ... figurante, elle n’a aucun pouvoir sur les procureurs, ni sur autre chose on peut s’en réjouir, il paraît que cela s’appelle l’indépendance de la justice ? Sauf quand les peines sont à la tête du client et sont mal ou pas exécutées (des sources même de la gendarmerie 80 % des mandats d’amenées ne sont pas suivis d’effet). Des peines qui ne sont plus dissuasives : on relâche les individus dangereux et le peuple a légitimement le sentiment qu’il n’est plus protégé. Les "incivilités" (quel terme sympathique pour ceux qui vous détroussent) sont en hausse, mais on se réjouit que la grande criminalité soit plutôt en baisse. Les plaintes au Commissariat ne servent à rien, ce sont les commissaires qui le disent eux-mêmes en s’excusant, retrouver un cambrioleur fait éclater de rire le Commissariat tout entier.
Nous sommes individuellement responsables de nous laisser déposséder du sens commun ! nous haussons les épaules par lassitude et désespérance au pays de l’absurdie, nous les sans gilets.

Envoyé par l'auteur, paru sur Atlantico, 2 août 2019
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Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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