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Soros et consorts
 
Ce qui est le plus insupportable venant des instances européennes, ce sont leurs ingérences dans les choix politiques des pays membres, même quand ceux ci ont reçu l’onction démocratique d’un vote.
Elles s’en prennent en particulier aux gouvernements qu’elles qualifient de "populistes"estimant désormais que leurs attaques répétées à l'égard des valeurs de l'Union ont fait du mal à l'image de l'UE. A vrai dire on ne voit pas que les décisions prises par la Hongrie et la Pologne enfreignent l’ "Etat de droit" dont il conviendrait d’ailleurs de définir les contours.
Le premier reproche que l’on fait aux deux pays : ils refusent la prise en charge de "réfugiés" arrivés en Grèce et en Italie, de fait ils n’ont pas accepté la moindre "relocalisation" de migrants. On se souvient du hourvari qu’avait suscité la construction d’un barrage le long de la frontière sud de la Hongrie dans le but de barrer la route des Balkans par laquelle passaient des hordes incontrôlables. Ce barrage existe toujours et personne n’en parle plus. La Hongrie place même en centre fermé les demandeurs d’asile. La Pologne et la Hongrie ont ainsi évité l’invasion qu’ont subie les pays qui ne contrôlaient pas leurs frontières. Depuis, la France, l’Allemagne et la Suède les ont fermées sans que la Commission Européenne y trouve à redire. Remarquons de plus que ni la Pologne ni la Hongrie n’ont été l’objet d’attaques terroristes.
 
L’autre reproche que l’on fait à la Hongrie est de vouloir contrôler les ONG internationales. Il ne semble pas scandaleux qu’un pays contrôle l’activité d’organismes privés pour connaître leur action et leur financement. On ne peut que regretter que l’Italie ne contrôle pas les ONG qui vont recueillir de faux naufragés au large de la Libye et qui, complices objectifs des passeurs, assurent leur transport vers la Sicile et Lampedusa.
Quant à la Pologne on reproche au gouvernement eurosceptique de Beata Szydlo des mesures prises conduisant au blocage du tribunal constitutionnel, la plus haute instance juridique du pays.
Mais le pire reproche que l’on fait à Victor Orban c’est de s’opposer au milliardaire d’origine Hongroise Georges Soros. Curieusement si la presse qui ne l’aimait pas, a toujours qualifié Trump de "milliardaire " ou de "magnat de l’immobilier" elle qualifie Georges Soros de "philanthrope".
 
Il convient de s’arrêter sur l’origine de la fortune de Georges Soros : son père était espérantophone ce qui n’est pas fréquent et montre que le jeune Georges a reçu une éducation internationaliste. Il est en Hongrie pendant l’occupation allemande pendant laquelle il échappe à la déportation. En 1946 il fuit la Hongrie sous occupation soviétique. Il émigre en Angleterre où il fait des études d’économie et travaille quelque temps dans une maison de courtage de la City. En 1956 il émigre aux Etats Unis. Il est analyste  dans plusieurs sociétés financières puis crée son propre fonds offshore basé à Curaçao, un paradis fiscal. Le fond spécule sur le marché des actions immobilières puis des devises. En 1992 il spécule sur la livre sterling, vendant à découvert 10 milliards de livres. Par la pression qu’il provoque il oblige l’Angleterre à sortir sa devise du Système Monétaire Européen, et en tire une plus-value estimée à 1,1 milliard de dollars. Beau remerciement au pays qui l’avait accueilli quand il avait fui la Hongrie. Il continue à spéculer sur les monnaies et accumule une fortune estimée à 20 milliards de dollars.
Depuis il consacre une partie de sa fortune à des activités philanthropiques orientées, généralement au profit de pays en voie de développement dans le but de promouvoir "des sociétés démocratiques et ouvertes". Parmi ses actions on remarque une étude sur le contrôle au faciès en France, une autre sur des discriminations dont seraient victimes les musulmans de Marseille, il fait un don au "Collectif contre l’islamophobie en France", donne un million de dollars pour obtenir la légalisation de marijuana en Californie et finance l’ "Human Rights Watch". On constatera l’origine douteuse de sa fortune surtout fondée sur la spéculation contre les monnaies et la curieuse orientation des œuvres qu’il soutient.
Il s’ingère activement dans la politique étrangère, ayant pris par exemple, à ses dires, une part importante dans la révolution de Maïdan en Ukraine.
 
Soros a fondé à Budapest une université anglophone, l’Université de d’Europe centrale qui accueille 1 500 étudiants. Son action est à l’évidence opposée au nationalisme avoué de Viktor Orban qui a qualifié Soros de "spéculateur financier" devant le Parlement de Strasbourg, propos jugé clairement antisémite (?). On reproche également à Viktor Orban une loi sur l’enseignement supérieur dont le seul but semble être la fermeture de l'Université d'Europe centrale de Georges Soros, ce qui n’est pas forcément faux.
Du coup les eurodéputés ont voté à une courte majorité une résolution recommandant l'activation, à l'égard de la Hongrie, de l'article 7 du traité de l'Union européenne. Si cette procédure va à son terme elle revient à priver un Etat de ses droits de vote au sein de l'Union.
Maintenant, le Parlement roumain vient de rejeter à une majorité écrasante le mariage homosexuel rejoignant la Pologne et la Hongrie. Voilà qui n’est pas conforme à la religion européiste et mondialiste des droits de l’homme chère à l’Union Européenne. On commence déjà à parler de priver les pays récalcitrants des fonds structurels dont ils sont de gros bénéficiaires.
dejudasatartuffelettresaumonde.hautetfort.com, 26 mai 2017
Publié dans Avec l'Europe
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Transformons l’essai des modérés iraniens
 
La brillante victoire obtenue par Hassan Rohani au scrutin présidentiel iranien du vendredi 19 mai est la meilleure nouvelle en provenance du Moyen-Orient de cette première moitié d’année 2017. Il n’était pas évident que soit réélu dès le premier tour ce président qui avait mis tout son poids dans la balance pour obtenir un accord nucléaire sanctionné par l’ONU - où l’Iran renonçait à poursuivre l’enrichissement de son uranium en échange d’une suspension des sanctions commerciales internationales. Dans sa campagne électorale, Donald Trump avait fustigé cet accord signé le 14 juillet 2015 entre l’Iran et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (rejoints par l’Allemagne). Mais, heureusement, juste avant de s’envoler pour le royaume d’Arabie saoudite, l’ennemi juré de l’Iran, le président américain a reconduit la suspension des sanctions contre Téhéran, appliquant ainsi à la lettre l’accord du 14 juillet.
 
Lorsqu’il se fit élire président pour la première fois en 2013, Hassan Rohani avait fait campagne en faveur de la modération, de la prudence et de l’ouverture au monde. Ce clerc prenait ainsi le contre-pied du président populiste Mahmoud Ahmadinejad, qui avait alarmé le monde entier en relançant le programme nucléaire militaire iranien, en soutenant le pire révisionnisme historique (minimisant par exemple l’ampleur de la Shoah), en déclarant qu’Israël méritait d’être "rayé de la carte". En arrivant aux affaires, Rohani réussit à obtenir du guide de la révolution (l’ayatollah Khamenei, le numéro un du pouvoir iranien, qui détient constitutionnellement le dernier mot sur les sujets stratégiques) qu’on confie à son ministre des Affaires étrangères la gestion du dossier nucléaire. Javad Zarif, excellent anglophone, réussit rapidement à nouer un dialogue confiant avec son homologue américain John Kerry, ce qui facilita l’accord sur le nucléaire.
Dans sa campagne électorale de 2017, opposé au conservateur religieux Ibrahim Raïssi, le président Rohani a eu le courage de s’en prendre au pouvoir judiciaire, lui reprochant de maintenir une chape de plomb sur la société iranienne. Cette posture a marché bien au-delà des classes éduquées surfant sur les sites en anglais de l’Internet mondialisé, car il a obtenu 57 % des voix dès le premier tour, contre 38 % à son rival.
 
La République islamique d’Iran vit sous un curieux régime. Son principe est le "Velayat-e faqih", c’est-à-dire le principe d’une tutelle des théologiens sur le système politique. Les clercs sont bien sûr ceux du chiisme duodécimain, qui vénère ses douze imams, à commencer par Ali, le gendre du prophète. C’est la dynastie safavide qui a converti le pays au chiisme au XVIe siècle, afin de sceller son indépendance par rapport à l’Empire ottoman sunnite.
La théocratie iranienne a la particularité d’être irriguée par le suffrage universel. Il désigne non seulement le président tous les quatre ans, mais aussi, tous les huit ans, les 86 religieux de l’Assemblée des experts. C’est cette dernière qui élit à vie le guide suprême, gardant théoriquement le droit de le destituer. Si Rohani ou un autre modéré remplace Khamenei à sa mort, l’Iran rétablira définitivement ses relations séculaires avec l’Occident.
 
Lors de sa visite à Riyad le 21 mai 2017, le président américain, qui venait de signer pour 100 milliards de dollars de contrats militaires, a fustigé le "terrorisme" caractérisant à ses yeux le régime iranien. Donald Trump a-t-il oublié qu’il n’y avait pas un seul Iranien, pas un seul chiite, au sein du groupe des dix-neuf jeunes hommes qui perpétra les attentats du 11 septembre 2001 ? Le président américain ignore-t-il que c’est le wahhabisme saoudien qui fonde l’idéologie de Daech, État islamique qu’il a pourtant désigné comme son ennemi principal ? N’a-t-il pas compris que la société saoudienne est bloquée par les oulémas gardiens du wahhabisme dans sa progression vers davantage de tolérance ?
Renonçant à la diplomatie équilibrée dans le Golfe qu’initia Obama, Trump revient à la classique et juteuse alliance stratégique américano-saoudienne nouée par Roosevelt et Ben Saoud en février 1945. C’est l’occasion pour la France de se démarquer de son allié américain et de devenir leader en Occident du rétablissement des ponts culturels, politiques et économiques entre l’Europe et la Perse.
 
Transformons l’essai courageux des modérés iraniens !
Deux raisons plaident pour cette nouvelle diplomatie. Premièrement, l’Iran, la Turquie et l’Égypte sont les trois seules vraies nations du Moyen-Orient. Deuxièmement, la population iranienne, vaccinée contre l’islamisme au pouvoir, est très favorable aux valeurs occidentales. Laissons à l’Amérique son protectorat wahhabite et renouons avec cette immense civilisation orientale !
Paru dans Le Figaro, 23 mai 2017
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Le dernier attentat ?
 
Le 22 mai, la Grande-Bretagne a été frappée à Manchester par un nouvel attentat. Cessons de croire que nous pourrions connaître la dernière des guerres ou le dernier attentat : le mal est dans la nature humaine. Comme l’écrivit Céline "Je savais moi, ce qu’ils voulaient les gens. C’est tuer et se tuer qu’ils voulaient". Depuis que j’ai l’âge de raison, les attentats terroristes n’ont jamais cessé, frappant indistinctement  enfants, adolescents, vieillards. Le 22 juin 1946, un attentat fut commis à l’hôtel King David de Jérusalem par le groupe juif dirigé par Menahem Begin, qui termina sa carrière comme premier ministre d’Israël. L’attentat fit 91 morts, dont 28 Britanniques, 41 Palestiniens, 17 juifs, et 45 blessés. Initialement, les terroristes croyaient faire avancer leur cause par des actions ciblées.
 
Mais c’est la guerre d’Algérie, de 1954 à 1962, qui fut la matrice d’où sortit le terrorisme contemporain, celui où n’importe quel hurluberlu se croit justifié en posant des bombes ou en tuant au hasard. On ne dira jamais quelle fut la responsabilité de Sartre et de Frantz Fanon dans cette évolution. Rappelons que pour Fanon, qui se fit enterrer en Algérie sous le nom d’Ibrahim Omar Fanon, la violence est inhérente aux combats de libération : "L’homme colonisé se libère dans et par la violence… Il faut tuer : abattre un Européen, c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer un oppresseur et un opprimé" (Les damné de la terre ,1961). Sartre crut utile de préfacer le dernier livre de Fanon.
Or le combat contre la colonisation put prendre d’autres voies que le terrorisme  aveugle. Pour Camus "Une cause est justifiée par les moyens qu’elle emploie."

Général (2° section) J.G. Salvan, 25 mai 2017
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Arrêtons d’idolâtrer le numérique !
 
Les cyberattaques "sans précédent" se succèdent. Celle qui avait ébranlé toute une partie des États-Unis, en octobre 2016, a provoqué un feu de paille journalistique. Il en ira sans doute de même pour la cyberattaque mondiale qui a fait les gros titres des media le 15 mai 2017. Mais nous sommes loin d’avoir atteint le maximum de la délinquance informatique : les objets connectés, notamment, offriront dans quelques années des opportunités supplémentaires aux pirates. Imaginons les facilités dont profiteront les opérateurs de "rançongiciels" lorsque nos voitures, nos chauffages, nos appareils ménagers, et les machines dans les entreprises, seront connectés, et qu’il sera possible à des malfaiteurs astucieux de prendre leur contrôle à distance …
 
Le "tout numérique" est un engouement "politiquement correct", comme le furent en leur temps le chauffage au charbon et la production d’énergie par les machines à vapeur. Au début d’une révolution technologique, le sentiment du progrès rend peu sensible aux inconvénients que présentent d’une part les nouvelles techniques en elles-mêmes, et d’autre part l’usage maladroit ou volontairement nocif qui en est fait.
À cet égard, la facilité de la délinquance informatique n’est qu’un aspect parmi plusieurs. La mauvaise maîtrise de l’outil est une source de destruction de valeur tout aussi importante. Les administrations, notamment, ont de la difficulté à se doter de logiciels adaptés aux services qu’elles ont à rendre. Pressées par des responsables qui, souvent, n’y connaissent pas grand-chose, les services mettent ou font mettre en place des outils inadaptés, censés faciliter le travail, mais qui en fait se traduisent par des pertes de temps pour les agents et pour les administrés ; le drame qu’ont été les cafouillages informatiques du RSI pour de nombreuses petites entreprises en est un exemple parmi d’autres.
Nous avions, dans un précédent article, attiré l’attention sur le coût économique impressionnant que génère la facilitation par le numérique – ou plus exactement par une certaine organisation du numérique – des incivilités en tous genres, à commencer par les spams. On pourrait ajouter à cela les problèmes posés aux utilisateurs par un rythme effréné d’innovations dont l’utilité est douteuse pour eux.
 
Deux phénomènes différents contribuent à ces innovations plus nuisibles qu’utiles :
- premièrement, les changements et pseudo-innovations sont légions dans les logiciels que nous utilisons. Cela accélère le rythme d’obsolescence du savoir-faire des utilisateurs, les obligeant à consacrer un temps précieux à des apprentissages inutiles. Une hypothèse explicative pourrait être que les entreprises créatrices de logiciels emploient de nombreuses personnes dont l’utilité est intermittente, mais qu’elles tiennent à conserver pour les avoir sous la main, et bien entraînées, le jour où il faut faire rapidement un travail utile.
- deuxièmement, les changements sont souvent réalisés dans des conditions obligeant les utilisateurs à acquérir les nouveaux logiciels – ou à remplacer le système informatique dans son ensemble. Le client est comme prisonnier de fournisseurs indélicats pour lesquels booster les ventes en accélérant le processus de vieillissement ou d’obsolescence du software et du hardware est une stratégie classique.
 
Bref, si le numérique est, dans bien des domaines, un outil merveilleux, il ne mérite nullement d’être systématiquement présenté comme la panacée. L’univers du numérique est comme un enfant gâté : on lui passe tous ses caprices, ce qui n’est sain ni pour l’économie ni pour le fonctionnement d’ensemble de la société, perturbée par la mauvaise qualité d’une partie des liens informatiques qui tendent à se substituer aux liens traditionnels.
Il serait grand temps de remettre le numérique à sa juste place. Cet outil sera d’autant plus utile que nous éviterons sa divinisation : celle-ci profite à des personnes et à des organisations avides de pouvoir et de richesse, au détriment de l’immense majorité des êtres humains.

Jacques Bichot, économiste, professeur émérite à l’université Lyon 3
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Il faut accorder la carte du combattant aux djihadistes de retour de Syrie
 
De nombreuses voix s’indignent des avantages consentis aux djihadistes français de retour sur le territoire national, notamment le bénéfice du RSA. Certains voudraient les déchoir de la nationalité française. D'autres les interdire de séjour, les emprisonner ou leur imposer un stage de radicalisation.
Nous pensons au contraire qu’il faut leur accorder le statut d'ancien combattant.
Pourquoi ?
 
Parce que dans la guerre de Syrie, ils se sont battus aux côtés de l'armée française.
Depuis 2011, la France a, de facto, fait la guerre au gouvernement de Syrie (dit "régime de Bachar el Assad"). Pour cela, il a livré des armes, fourni de l'entrainement  aux forces djihadistes (notamment en Jordanie), au moins à certaines comme Al Qaida (rebaptisé pour plus de respectabilité Al Nosra) - mais que ce soit Al Qaida ou d'autres, cela n'a pas d'importance, l'osmose entre les groupes djihadistes, y compris Daech, étant totale. Nos soldats les ont "conseillés" dans les combats, ce qui veut souvent dire "commandés". Des officiers français impliqués dans les combats ont été faits prisonniers par l'armée syrienne à Homs en 2012.
Certes il s'agissait de "forces spéciales" et notre pays n'était pas officiellement en guerre avec la Syrie - quoiqu’il ait entièrement rompu les relations diplomatiques avec Damas en 2012.  
 
Ils étaient du même côté que l'armée française
Il reste que les djihadistes en cause n'ont pas trahi la France. Ils se sont toujours trouvés du même côté que l’armée française en tous les cas celui de François Hollande. La cause qu'ils ont servie était officiellement promue par l'Etat français ; c’était la lutte contre le régime de Bachar el Assad et donc la cause des droits de l'homme et de la démocratie.  
Les djihadistes n'étaient pas seulement du côté de la France : ils étaient du côté du "monde libre ", puisque l’OTAN dans son entier était engagée aux côtés des islamistes syriens (appelés "rebelles", ça fait mieux) : Etats-Unis, Royaume-Uni, Allemagne, Italie, Pays-Bas, Danemark, Turquie etc.
Que nos volontaires se soient laissé pousser la barbe n'est pas non plus un obstacle : n'est-ce pas aussi dans les usages de la Légion étrangère ?
 
La durée de service sur le théâtre des opérations exigée pour obtenir la carte du combattant est de vingt jours : la plupart des djihadistes de nationalité française sont restés plus que cela. Beaucoup y sont même restés tout court, la mortalité étant particulièrement élevée dans cette guerre.
Il n’est certes pas prouvé que les instructeurs issus de l'armée française chargés de former les rebelles dans les camps d'entrainement aient rencontré les "volontaires" français issus de nos banlieues. Nous n'avons pas encore de témoignages directs à ce sujet. Mais il est bien évident que, pour des raisons pratiques, c’est à des instructeurs français qu’ont dû être confiés les volontaires francophones.
L'idée de donner la carte du combattant, avec tous les avantages afférents, aux djihadistes de retour au pays n’est donc pas absurde.   
Quoique l'engagement français ait commencé sous Sarkozy et Juppé, il a pris une ampleur encore plus grande sous Hollande. C'est donc à lui, tant qu'il est encore président, de prendre la mesure de justice élémentaire que nous préconisons.  
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Devoir des politiques, droits des journalistes ?
 
Il y a des moments de grâce intellectuelle dans la vie.
Quand les préoccupations du Pouvoir rejoignent, par exemple, celles du commun des citoyens et que "La Communication selon Macron" (Le magazine du Monde) interpelle ceux qui se passionnent pour les débats politiques et médiatiques.
Cette coïncidence est heureusement ressentie par un extraverti comme moi qui éprouve de l'admiration pour les systèmes comme celui de l'Elysée, à l'heure actuelle capable de discrétion, de retenue, muré sans la moindre mauvaise conscience dans une communication totalement maîtrisée.
Et, surtout, déterminé à ne plus laisser la main aux journalistes politiques mais à changer le rapport de force avec eux.
Pour la visite au Mali, certains auraient été choisis au détriment d'autres. L'Elysée a démenti.
 
Mais la tendance est claire. Avant la présidence d'Emmanuel Macron, les politiques, notamment les plus hauts d'entre eux, avaient des devoirs et les médias des droits. Les premiers étaient tenus de se plier aux désirs d'information éperdue des seconds et ceux-ci avaient toute latitude pour s'ébrouer comme ils l'entendaient dans le champ démocratique. Ouvrir grand les portes et à tous étaient la règle et qui n'adhérait pas à cette universalité absurde n'était pas un bon républicain.
Avec le nouveau président de la République, les choses apparemment ont radicalement changé.
On a le droit de rêver. Pour moi qui suis moins passionné par l'univers médiatique que par la réflexion, après-coup, sur lui, je songe à la volupté de pouvoir se constituer sur tous les sujets, notamment politiques et judiciaires, un aréopage de professionnels dont la qualité et l'intelligence seraient garanties. Et dont on serait assuré que rien d'absurde ne sortirait des entretiens, des échanges. ll pourrait y avoir Caroline Roux, Yves Calvi, Frédéric Taddéï, Serge Moati, Christophe Jakubyszyn, Frédéric Rivière, Audrey Crespo-Mara... Et évidemment Michel Field.
Si je termine par ce dernier, faisant référence au journaliste unique qu'il a été, peut-être trop intelligent - quel compliment ! - pour une mission de pur questionnement, c'est pour dénoncer les polémiques grotesques - défiance après défiance - dont il est accablé depuis qu'il œuvre aux côtés de Delphine Ernotte. Oser lui reprocher en particulier un article remarquable et critique (Libération) sur la manière dont France 2 avait rendu compte de la campagne présidentielle était d'autant plus aberrant, outre le corporatisme étriqué que cette dénonciation manifestait, que Field s'incriminait avec les autres et proposait une vision lucide se fondant sur les rares faiblesses d'aujourd'hui pour préparer la totale excellence de demain.
 
Dans "la communication selon Macron", j'apprécie que les interviews politiques soient relues mais qu'en revanche les entretiens traitant de la pensée, de la littérature, de la philosophie soient les seuls pour lesquels on fasse toute confiance à l'interlocuteur. Ainsi, questionné sur ce registre par Jérôme Garcin (L'Obs), Emmanuel Macron n'aurait jamais eu l'idée saugrenue de solliciter une relecture.
Cette manière de remettre le journalisme politique français à sa place me déplaît d'autant moins qu'elle détruit une trop haute conception qu'il a de lui-même, perçoit sa fiabilité relative dans l'analyse et les commentaires - quels sont véritablement les journalistes capables de damer le pion aux citoyens éclairés ? - et met en pièces cette surabondance de l'information continue qui s'imagine approfondir parce qu'elle répète. Alors que, se répétant, elle se prive inéluctablement de profondeur.
Un quidam dénonçant ces insuffisances est vite qualifié d'aigri ou de jaloux mais quand un pouvoir respecté fait le même constat et officiellement en tire les conséquences, une forme de noblesse tombe sur le thème et on a le droit de se réjouir modestement d'avancées dont on a été l'un des nombreux artisans civiques.
 
Il ressort que les politiques n'ont pas que le devoir et les journalistes les droits. Ceux-ci, pour le FN comme pour toutes les manifestations de leur belle mission, ne sont à la hauteur de ce qu'ils exigent comme une automatique considération qu'à condition de faire preuve d'un certain nombre de vertus intellectuelles et morales. De pluralisme et d'honnêteté. L'honneur d'être journaliste se révèle après, pas avant l'obstacle.
J'espère que cette rareté de la parole présidentielle, cette "communication selon Macron" ne surgissent pas seulement maintenant pour éviter tout couac avant les élections législatives mais qu'elles dureront parce qu'elles ne sont pas pour rien, en si peu de temps, dans l'adhésion majoritaire au nouveau style présidentiel.
On avait besoin de respirer un autre air, d'une autre ère.

Paru sur www.philippebilger.com, 21 mai 2017
Publié dans Du côté des élites
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Présidentielle 2017 : une euphorie trompeuse et dangereuse
 
Dans l'histoire de France, un certain nombre d'événements politiques ont donné lieu à des scènes de liesse, souvent de courte durée. Maxime Tandonnet met en perspective l'élection présidentielle de 2017 avec ces événements.
 
Le passage de la déprime à l'euphorie collective, la béatitude, l'extase est une constante du caractère français et de l'histoire politique de la France contemporaine. Dans ces moments-là, toute manifestation de réserve ou de préoccupation pour l'avenir expose son auteur à l'opprobre, à l'exclusion et aux insultes. Au mieux, il est ringard, pessimiste, aigri, chagrin, jaloux, vieux, homme du passé, dépassé, rabougri, grincheux. Au pire, le voilà étiqueté de traître, réactionnaire, fasciste... Il est étrange de constater comment, de siècle en siècle, les mêmes phénomènes d'hystérie joyeuse se retrouvent avec constance. Mais bien souvent, les manifestations de joie, de bonheur retrouvé, d'allégresse nationale, forment un écran de fumée qui masque les désastres en train de germer. Faut-il se taire pour échapper à la vindicte, au risque de se voir traiter d'oiseau de malheur ?
 
14 juillet 1790 : la fête de la Fédération donne lieu à des scènes de liesse à Paris, de la part de délégations de patriotes venues de toute la France. Qui imagine la Terreur trois ans plus tard, la loi des Suspects, la grande Terreur, la guillotine, les massacres de Vendée, puis les guerres napoléoniennes, les centaines de milliers de morts et le désastre final ?
 
Février 1848, la chute de Louis-Philippe après une brève révolution, donne lieu à de fabuleuses scènes d'allégresse, Lamartine proclame la Seconde république, célèbre la bonté, la générosité, le progrès l'humanisme, "l'optimisme". L'heure est à la plantation des "arbres de la liberté", une ère nouvelle s'ouvre pour la France. Quatre mois plus tard, la fermeture des Ateliers nationaux provoque un effroyable bain de sang à Paris et Louis-Napoléon Bonaparte, élu président de la République, se met en marche vers le coup d'État et l'abolition de la République.
 
3 août 1914, à l'aune de "l'Union sacrée", les politiques annoncent que la guerre "sera courte" et les cris de "à Berlin !" retentissent dans les gares. Qui prévoyait que ce conflit allait plonger l'Europe dans l'enfer des tranchées, l'atroce calvaire des Poilus, provoquer 15 millions de morts, combien de mutilés, de veuves et d'orphelins ? 11 novembre 1918, le vertige de la Victoire, après tant de souffrances submerge la France. La "Der des Der" n'était pourtant pas la dernière. Qui voyait alors que le triomphe recelait un siècle de malheur dominé par la montée des barbaries totalitaires, soviétique, fasciste et nazie ?
 
29 et 30 septembre 1938, la signature des accords de Munich entre Daladier, Chamberlain, Mussolini et Hitler engendrent l'illusion que la "paix est sauvée". La classe politique (à l'exception d'une infime poignée d'hommes politiques de droite et du parti communiste) et la presse dans son ensemble les approuvent. Paris-Soir lance une souscription pour offrir une maison de la paix à Biarritz au Premier ministre britannique. La foule est enthousiaste et des scènes d'hystérie enflamment les rues de la capitale. Rares étaient les hommes et femmes qui sentaient, par-delà l'enthousiasme collectif, se profiler l'apocalypse de la deuxième guerre mondiale et ses 50 millions de morts.
 
Les grandes scènes d'enthousiasme collectif de ces dernières années ne sont évidemment pas à la dimension de ces moments d'histoire. Pourtant, à une échelle minuscule, leur nature est ressemblante : l'extase qui rend aveugle et masque les dangers de l'avenir.
 
12 juillet 1998, la victoire de la France en coupe du monde de football provoque une gigantesque flambée de bonheur national autour de l'équipe de France, symbole de la nation réunifiée, que Jacques Chirac reçoit à l'Élysée. Qui imaginait alors les crises des banlieues, la révolte d'octobre 2005, la montée des haines, de la violence, des communautarismes, du repli identitaire et du vote extrémiste en France ?
 
Ces derniers jours, la France d'en haut, médiatisée, visible, officielle, communie dans un indescriptible enthousiasme, et quasi unanime, à propos de l'élection du plus jeune président de l'histoire, de la faillite des "vieux partis" et de la recomposition politique en marche... Après la déprime de ces dernières années, l'heure est de nouveau à l'optimisme et à l'allégresse médiatique. Il devient incongru de s'interroger sur les ambiguïtés de la situation politique actuelle :
- Le danger pour la démocratie de l'émergence d'un vaste centre, absorbant les modérés de droite et de gauche, favorisant la démagogie et la tentation du recours aux extrémismes de droite comme de gauche.
- Les inconvénients d'une "pensée unique", bruxelliste (plutôt qu'européenne), ultralibérale, anti-frontières, qui ne peut qu'aggraver la fracture entre la France dite "d'en haut" et la France dite "d'en bas", réduite au silence, frappée par la crise sociale et le sentiment d'exclusion.
- Les manipulations autour d'une fausse nouveauté, celle d'un gouvernement par un vaste centre aux contours indistincts, dominé par les calculs politiciens, qui renvoie au souvenir du parti radical sous la IIIe République, sombrant dans l'instabilité, l'impuissance et l'indécision face aux périls les plus effroyables.
La seule vraie nouveauté dans la vie politique de ce pays tiendrait à la réhabilitation d'un mot, désormais ringardisé : celui de vérité.

Paru sur Figarovox, 19 mai 2017
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L'identité de l'imam
 
Le 29 mars dernier, le Conseil Français du Culte musulman (CFCM) a annoncé l’adoption d’une "Charte de l’imam", demandant à tous les imams qui exercent leurs fonctions sur le territoire national de l’accepter et de s’y conformer. Or, dès le lendemain, plusieurs personnalités et fédérations (celles-ci regroupent les musulmans en fonction de leur pays d’origine ou de leur allégeance idéologique) ont protesté contre cette initiative. Pour Kamel Kebtane, natif d’Algérie et recteur de la Grande Mosquée de Lyon, "il s’agit d’un véritable contrat de travail, imposé de façon unilatérale, alors que les statuts du CFCM ne l’autorisent pas à s’ingérer dans les affaires des mosquées" (L’Express, 30/3/2017). Cependant, d’après Anouar Kbibech, qui cumule les présidences du CFCM et du Rassemblement des Musulmans de France, lié au Maroc, les instances de toutes obédiences ont été consultées avant l’adoption de cette charte (La Croix, 31 mars 2017).
[…]
 
Dans une société habituée au catholicisme, comme la France, il peut être tentant de considérer l’imam comme l’équivalent du prêtre. Or, l’islam ignorant toute médiation entre Dieu et les hommes, le sacerdoce ne s’y justifie pas. En effet, dans l’Eglise, le prêtre est investi d’un pouvoir sacerdotal qui le rend apte, par l’ordination, à dispenser la grâce divine à travers l’administration des sacrements et à exercer une paternité spirituelle, charisme inconnu dans l’islam.
On entend fréquemment dire qu’ "en islam il n’y a pas de clergé". Cette affirmation manque de clarté ; elle tend à confondre clergé et sacerdoce. En fait, il existe des personnes exerçant des fonctions dans le domaine de la religion. Mais ce sont des laïcs, des hommes "de religion" et non pas des "religieux" car l’islam méconnaît la vie consacrée (monastique ou apostolique) et donc l’engagement envers Dieu par des vœux (pauvreté, obéissance et chasteté).
"Tous les textes [sacrés] sont unanimes sur ce point : l’imamat est une pure fonction, souvent transitoire, interchangeable et relayable. Il n’y a rien, absolument rien, qui puisse rappeler une quelconque ordination", écrit le professeur Ralph Stehly dans La formation des cadres religieux musulmans en France, ouvrage dirigé par Franck Frégosi (éd. L’Harmattan, 1998, p. 27).
Dans l’islam sunnite, l’imamat se réfère au culte, tandis que dans le chiisme, il revêt une bien plus grande importance.
 
Etymologie
Le mot imâm dérive de la racine verbale amma, commune à toutes les langues sémitiques, qui signifie "être à l’avant", "marcher en tête". "A l’origine, l’imam était le convoyeur des caravanes […]. Dans le Coran, le mot acquiert une signification religieuse". Il équivaut à "guide" (Slimane Zeghidour, L’islam en 50 mots, Desclée de Brouwer, 1990, p. 51).
 
La fonction
L’imam n’est pas quelqu’un qui se situe "à part" par rapport aux fidèles ; il ne se distingue de ceux-ci que par la fonction qu’il exerce. Même s’il est considéré comme le plus instruit en matière religieuse, il ne s’agit pas là d’une condition absolue pour être imam : la piété a souvent plus d’importance que la science.
Le rôle de l’imam consiste d’abord à présider la prière rituelle (salât ) du vendredi, rite qui se déroule à haute voix dans la mosquée, face à la niche du mihrâb indiquant la direction de La Mecque. Comme les cinq courtes oraisons quotidiennes obligatoires, cette prière hebdomadaire, beaucoup plus longue, n’est valide que si elle est récitée en arabe, langue du Coran. Elle est précédée d’un sermon (khotba) que l’imam prononce en chaire (le minbar) et pour cela toutes les langues conviennent. En milieu musulman, ceux qui sont empêchés de se rendre à la mosquée peuvent entendre les paroles de l’imam car celles-ci sont retransmises par haut-parleur disposé au sommet du minaret.
 
Le prêche de l’imam peut comporter des aspects aussi bien religieux que juridiques ou politiques puisqu’il s’aligne sur les enseignements du Coran et de la Sunna (Tradition mahométane) : appel au djihad, rejet de la laïcité, recommandation aux maris de frapper leurs épouses, méfiance envers les juifs et les chrétiens, … etc.

Certains pays ont instauré un contrôle des sermons, en particulier là où les imams sont des fonctionnaires nommés et rémunérés par l’Etat ; il arrive même que les instances officielles chargées du culte imposent un texte obligatoire à tous les imams du pays, par exemple pour soutenir le parti au pouvoir. Tel est notamment le cas en Turquie, qui dispose de 80 000 imams, diaspora comprise.
L’imam préside également les prières des grandes fêtes du calendrier religieux musulman et les inhumations rituelles.
 
Conditions pour être imam
Le droit musulman classique (fiqh) a posé des règles pour l’exercice de la fonction d’imam : être musulman, adulte, et avoir un minimum de connaissance du Coran, au moins des sourates et versets utilisés dans la prière rituelle. Mahomet aurait dit à ce sujet :
"Que vous dirige celui qui est le plus expert en récitation du Coran". Il aurait aussi interdit à quiconque de s’imposer imam : "Qu’aucun imam ne dirige la prière s’il s’est choisi lui-même, contre le gré des fidèles ou contre leur volonté, sans les consulter" (cité in F. Frégosi, op. cit., p. 29-30).

Dans les assemblées mixtes, étant entendu que les femmes sont obligatoirement cachées derrière un rideau, l’imam doit être un homme. Mahomet a émis un précepte formel à ce sujet :
"Une femme ne doit jamais conduire les hommes dans la prière" (ibid., p. 91). Le juriste Malek bin Anas (m. 795), fondateur de l’école de droit malékite, a complété cette interdiction en ces termes : "La présidence de la prière par une “imame” est totalement blâmable ". Selon un autre juriste, Chafei (m. 820), fondateur de l’école chaféite, "si une femme dirige la prière d’un groupe mixte, la prière des femmes est valable mais pas celle des hommes et des garçons » (ibid., p. 31-32).
Cependant, aujourd’hui, certains pays, comme l’Egypte, autorisent des femmes à tenir le rôle d’imam pour des assemblées féminines. Le Maroc et l’Algérie ont créé la fonction de "mourchidate "(guide), exercée par des femmes ; diplômées en sciences islamiques, elles interviennent dans les mosquées, les écoles, les hôpitaux et les prisons pour conseiller et prévenir la radicalisation.
 
Traditionnellement, l’imam était choisi par la communauté au sein de laquelle il vivait. Aucune formation spécifique n’était exigée de lui et il ne relevait d’aucune autorité. A notre époque, la fonction d’imam s’est professionnalisée. Les candidats à l’imamat suivent donc une formation appropriée, sanctionnée par un certificat. En même temps, on assiste à la multiplication d’imams auto-proclamés qui dispensent souvent leur enseignement par les réseaux sociaux, échappant ainsi à tout contrôle des pouvoirs publics.
 
Il existe dans le sunnisme une institution prestigieuse, El-Azhar, située au Caire (Egypte) et constituée d’une mosquée, d’une université et d’un réseau d’écoles. Son principal responsable, actuellement Ahmed El-Tayyeb, porte le titre de "grand-imam". Il est nommé par le chef de l’Etat. Son rôle dépasse donc largement les seules attributions liées au culte.
 
L'imam dans le chiisme
Dans cette branche de l’islam (minoritaire mais rivale historique du sunnisme, cf. A. Laurent, L’Islam, pour tous ceux qui veulent en parler, éd. Artège, 2017, p. 43-45), le titre d’Imam est attribué au guide de la communauté (Oumma). Il est en quelque sorte l’équivalent du calife sunnite. Le premier Imam fut Ali, cousin et gendre de Mahomet, quatrième successeur de ce dernier.
 
Le rôle de l’Imam, à la fois religieux et politique, est central. Le titulaire de l’imamat "détient, à l’exception de la révélation [coranique], toutes les prérogatives du Prophète" (Henri Laoust, Les schismes dans l’Islam, Payot, 1977, p. 417). "Ainsi, tout en étant infaillible et possédant la qualité de meilleur des hommes, l’Imam est le médiateur entre les hommes et Dieu, le dépositaire de la loi, le facteur d’unité de la communauté, le chef de la cité" (Mohammad-Reza Djalili, Religion et révolution, Economica, 1981, p. 17). Lors de la révolution iranienne (1978-79), l’ayatollah Khomeyni s’est imposé au sommet de la hiérarchie cléricale chiite en se donnant le titre d’ "Imam".

Paru dans La Petite Feuille verte de l'Association Clarifier, adressé par l'auteur, 15 mai 2017
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Saisirons-nous la fenêtre d’opportunité en Syrie ?
 
Depuis cinq ans, je répétais que nos gouvernements avaient "tout faux" pour leur politique en Syrie. Après avoir cru que le président Assad ne ferait pas plus le poids que Ben Ali en Tunisie, nos gouvernements successifs ont soutenu des groupes apparentés à ceux que nous combattions en Afghanistan et en Afrique, au Sahel notamment. Aujourd’hui, il est clair que le président Assad est en train de vaincre : les positions tenues par ses opposants se réduisent chaque jour. Finalement ses adversaires sont regroupés en deux entités : ceux proches de Daech - le califat islamique -, et l’Armée syrienne libre soutenue par les Etats-Unis. Et cette Armée syrienne libre se garde bien de s’en prendre à Bachar el Assad et aux territoires qu’il contrôle. Je dirai qu’il existe une connivence entre cette Armée syrienne libre et les forces de Bachar el Assad. Bien des soutiens imprudemment accordés par les Occidentaux ou des pays musulmans à des groupes souvent fictifs ont pratiquement cessé.
Il y a pour le nouveau gouvernement français une fenêtre d’opportunité à saisir sans tarder, si nous voulons reprendre en Syrie l’influence qui fut la nôtre jusqu’en 2011. Il faut admettre les fautes commises par le Président Hollande, et ses Premiers ministres depuis 2012. Il faut revenir au principe de réalité : Bachar el Assad est certes un dictateur, mais il ne sera pas renversé à court ou moyen terme. Et nul n’est en mesure de le remplacer.
Il faut rouvrir notre ambassade à Damas.
Il faut reprendre langue avec l’armée et les services syriens.
Il faut coordonner nos actions et les leurs.

18 mai 2017
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Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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