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MEAUDRE  Yves

MEAUDRE Yves

Marié, 6 enfants.
 
Etudes  classiques à Lyon à l’externat St Joseph, 'Ste Hélène' et aux Chartreux.
Baccalauréat A 3
Inspection d’assurances IARD, vérification des risques industriels.
 
Secrétaire général adjoint du CNPF de Saône et Loire.
Professeur d’histoire sociale à Lyon III (Université Jean Moulin)
 
Participe au développement de la Cinéscénie du Puy du Fou (Vendée) et à la création d’Alouette F.M dont il devient directeur d’antenne (Vendée)
Président des radios de pays (25 radios fédérées)
Fonde Famille Media à Paris.

Engagement humanitaire 
Elu président du comité national d’aide à la Pologne (13 décembre 1981 : Coup d’état du Gal Jaruzelski en Pologne)
      Organise l’aide alimentaire, sociale et médicale à la Pologne alors sous la loi martiale.
 
Secrétaire général d’Enfants du Mekong (1986)
      Accueil des familles réfugiées en France, ouverture d’un foyer d’adolescents boat people qui deviendra un foyer pour les enfants en difficulté d’intégration sociale à
     Asnières (France), accueil et soutien des réfugiés dans les camps sur la frontière Thaïlandaise : camps Laotiens (Ban Napho, Ban Vinaïe), camps cambodgiens (Site 2,
     Site B, Kao I Dang), camps Vietnamiens (Sikiew, Phanat Nikom, Bendtat, section 19 sur la plate forme de Site 2)
 
Directeur général d’EDM (1988)
Aide au retour des réfugiés dans leurs pays d’origine, soutien logistique, création d’écoles, parrainages des enfants réfugiés au retour, ouvre les programmes de
     scolarisations (aujourd’hui 350 centres  de 50 enfants chacun).
1990 : Lancement des premiers bambous (des volontaires contractant un engagement de un an ou plus au service de l’association en Asie. (30 par an)
Soutien des programmes spécialisés : pour les enfants et jeunes filles prostitués à Pattaya avec l’envoi de volontaires français (1990), les enfants de la rue aux
     Philippines (Manille) et au Cambodge (Phnom Penh) (1994), les enfants et les mères en fin de vie (1997) à Yasothorn en Thailande, les enfants des prisons à
     Manille (2000), ouvre le foyer d’étudiants d’Asie du Sud Est en études supérieures en France à Rungis (1994), ouvre de nombreux foyers (30) pour les adolescents
     trop éloignés des écoles.
Ouverture d’une fondation EDM à Bruxelles en 1997, à Hong Kong (1998), à Singapour (1999), à Genève (2004), à Bangkok (2004), à Londres et à New York

Fondation du centre universitaire Dc Christophe Mérieux à Phnom Penh
Création d’un centre de la soie, création d’un institut d’informatique en partenariat avec les sociétés Accenture, Hewlett Packard.
 
22.000 Filleuls , 60.000 enfants aidés.

Ouvrages
France Terre d’exil en collaboration avec Anne Hervouet (1989) - Les insurgés (2005) - Contes de Noël (2009) - Les condamnés, Jésus, Jean et Louis (2011) - Les réfugiés, Hoà (2011) -

Distinctions
Chevalier de la Légion d'Honneur
Chevalier de l'Ordre de St Grégoire

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Le Macronisme est-il ...

Publié dans Du côté des élites
Le Macronisme est-il une pathologie œdipienne ?
 
Toutes les lois les plus volontaristes et les plus clivantes de l’ère macronienne sont à analyser sous l’angle de l’analyse psychiatrique. Celles-ci  renvoient étonnamment aux ouvrages des docteurs Haas et Schenk sur les pathologies obsessionnelles des dignitaires du III° Reich. Tout ce qui appartient à la logique naturelle de la création est remis en cause. Il existe depuis l’origine du monde un combat du Mal contre le Créateur. La haine qui bouleverse l’ordre de la nature si hier s’exprimait par des guerres et des génocides aujourd’hui s’attaque à ce qui définit l’Homme, créature spirituelle, incarnée et sexuée, inscrite dans une filiation.  
Cette détestation s’est exprimée de façon violente par la négation de la maternité (l’avortement encouragé), ensuite par le floutage des sexes (parent 1-parent 2)  par un acharnement contre la paternité (mariage homosexuel) enfin par l’achèvement du plus faible (l’affaire Lambert, l’avortement jusqu’au 9ème mois pour les enfants trisomiques).

Le psychiatre italien Adriano Segatori  décrit le caractère transgressif et  la volonté de puissance des gouvernants français. Il considère que nous sommes confrontés à des personnes certaines de leur pouvoir  illimité. Leur volonté d’imposer des idéologies transgressives avec des moyens scientifiques extraordinaires nous renvoient  "aux heures les plus sombres de notre histoire".    
La loi permettant la PMA prépare la légalisation de la GPA. Certains parlementaires favorables à celle-ci contrairement à plusieurs de leurs camarades du même parti le disent tout haut. Macron dont la structure psychologique est transgressive ne retiendra pas cette loi dans un cadre fermé. Il poussera  avec l’habileté dialectique qu’on lui reconnaît le glissement de celle-ci vers la GPA. Proclamant à tous que la liberté de vote est totale il fait "en même temps" exclure manu militari la députée Agnès Thill. Celle-ci le prenant au mot à l’intérieur de son parti avait osé militer contre toute légalisation qui détruit l’identité d’un enfant ! Malgré la légitimité de celle ci à demander sur un sujet qui la touche un débat intellectuel et scientifique le gouvernement le  lui interdit avec une brutalité qui laisse songeur. La phrase très pertinente et qui suffit à tout argumentaire rappelle la porté de la Loi : "Ce n’est pas parce qu’une femme ou un homme souffre qu’on va lui donner comme médicament un enfant !" L’avoir dit l’a expulsé du parti présidentiel.

On se souvient que dans son apparente magnanimité le président avait lancé une consultation nationale où dans chaque département un comité de consultation sur la bioéthique s’était réuni pour exprimer après un débat libre  la position de son groupe de travail. Le rapport de synthèse des états généraux de la bioéthique  a condamné l’utilisation de la PMA à 80% ! Mais la loi passera et certains de ses promoteurs de moins en moins audibles promettent que celle-ci sera encadrée suffisamment  pour ne pas la voir prolonger par la GPA. C’est la technique de l’ours soviétique "deux pas en avant, un coup sur la truffe, un pas en arrière et c’est un pas de conquis !" et on recommence.
L’enfant se voit refuser un père d’entrée de jeu. Il sera sélectionné comme on peut le voir dans le film "Bienvenue à Gattaca". On aurait pu voir lors de sa réalisation (1998) un film de science fiction ; il décrit aujourd’hui une réalité contemporaine. L’enfant objet de marchandisation, l’homme réduit en comptabilité matière ! On touche l’ivresse prométhéenne des fous géniaux qui nous gouvernent et l’abyssale lâcheté de ceux qui au gouvernement ont conscience des enjeux et ont changé d’avis (Le 1er ministre). Hier ils étaient contre aujourd’hui ils sont pour - La plupart des parlementaires avouent candidement aux experts qui  les interrogent en réunion privée  être totalement  inexpérimentés, dépourvus de toute réflexion critique et de  connaissance scientifique sur ce sujet. Parlementaires sur lesquels le jugement de l’éminent recteur de la faculté  de Lyon avoue être désolé. L’éminent docteur en sciences physiques et en plusieurs autres disciplines aussi prestigieuses reconnaît que ces hommes ou femmes politiques ne savent rien, votent sur ce qu’ils ignorent, arrivent en séance sans l’ombre d’une culture scientifique ou bioéthique, sans avoir lu aucune note. Ils votent "par discipline" et font confiance à priori à leurs camarades du parti qui, eux sont des militants idéologues et forcenés. Lorsque l’une des députées lit, se renseigne, étudie, se fait sa propre opinion et crie au fou elle se fait virer. Ce qui calme toute velléité de démarche intellectuelle autonome. On ne demande pas d’étudier mais d’obéir. N’est ce pas la démarche de toute organisation totalitaire ?

Les enjeux sont pourtant considérables. La France est actuellement en eugénisme pré natal en avance sur tous les autres pays. Elle a largement dépassé les possibilités offertes par la loi du 14 juillet 1933 "Gestz zur Verhütung erbkranken Nachwuchses" voulue par Hitler et mise en place par le docteur Flak Ruttke.
On le sait certains hôpitaux des plus prestigieux tuent déjà des enfants au neuvième mois d’une grossesse sous prétexte d’élimination d’enfant à handicap lourd. En sélectionnant qui doit vivre et qui ne doit pas vivre on peut dire haut et fort que si la victoire de 1945 a été gagnée contre la barbarie dont l’eugénisme était un marqueur essentiel aujourd’hui la vision remarquable de l’homme défendue lors du procès de Nuremberg a reçu un sérieux coup de canif. Le 8 mai 1945 a t’il existé ? L’ombre d’Hitler recouvre l’Occident.
 
Scandalisant nos logiques cartésiennes et judéo-chrétiennes cette vision est beaucoup plus présente dans la conscience des puissants de ce monde et dans des sociétés de pensée très influentes sur ces sujets qu’on ne peut l’imaginer. Les puissances qui s’installent sont beaucoup plus centrées sur des idéologies transgressives et métaphysiques que sur une vision réaliste, concrète d’un gouvernement sage des biens pour la paix des hommes.
Cette nouvelle guerre contre l’Homme sert deux causes liées l’une à l’autre : des enjeux financiers considérables et une idéologie démiurgique ; l’homme surpuissant veut être le créateur  pour prendre la place de Dieu. La volonté d’effacer les pères est en vérité le combat apocalyptique de Satan qui hait le Père.

Envoyé par l'auteur, 29 juillet 2019                                                                   

Ngo Dinh Diem

Publié dans Devant l'histoire
Ngo Dinh Diem
de Paul Rignac éditions Atelier Fol’fer
 
Je souhaite attirer l’attention de ceux qui, comme je le suis, ont été passionné par l’histoire de l’Indochine puis du Vietnam. J’ai lu un livre rare en raison de l’impressionnante documentation sur l’émergence de la nouvelle république sud vietnamienne. En effet, même si l’homme est connu, peu de spécialistes ont fait un véritable inventaire de sa vision politique. Paul Rignac le fait avec une rare et très fine observation, remettant en perspective non seulement l’acteur de cette période de l’histoire mais en le plaçant dans le contexte culturel de l’identité vietnamienne, de l’importance de la transmission des valeurs culturelles par le clan familial et d’un sens presque sacrificiel de la fonction "du prince" difficile à comprendre pour de pragmatiques occidentaux et en tous cas illisible pour la pensée simpliste américaine. Ceux qui sont bouleversés par l’agonie de l’Indochine et l’échec d’une transition vers l’émergence d’une nation libre et authentiquement vietnamienne découvriront les clefs psychologiques, culturelles et historiques nécessaires à la compréhension des acteurs politiques de cette tragédie.

Seul Rignac, historien chevronné de cette partie du monde pouvait, il me semble, faire découvrir la pensée du fondateur de la république du Sud Vietnam, Ngo Dinh Diem. Il analyse en connaisseur (ses nombreux voyages et la très riche documentation dont il dispose) ici la complexion de l’âme asiatique incarnée en ce dernier. L’auteur s’est surpassé en faisant œuvre d’historien rigoureux et objectif. Son intelligence du contexte est particulièrement fine. Par une documentation très scientifique il situe la réalité d’un homme aussi complexe qu’exceptionnel. Réduire Diêm à un pantin des américains est aussi grossier que stupide. La preuve la plus évidente est sa fin tragique. Celle-ci fût orchestrée et soutenue par l’administration américaine qui donnera son feu vert pour le faire assassiner. La raison étant l’indépendance absolue de l’homme qui, parfois, va même jusqu’à se priver de ceux qui auraient pu l’aider. L’auteur le souligne notamment en présentant les diplomates français prêts à soutenir cette vision gaullienne avant l’heure mais qui seront découragés par la susceptibilité excessive du nouveau chef de l’exécutif indochinois. En cela Paul Rignac montre cette fragilité tellement propre au caractère vietnamien et qui, ici débouchera sur le tragique.
Enfin on a beaucoup gaussé sur la famille. La fameuse Madame Nhu, sa belle-sœur que la légende noire transformera en Torquemada parce qu’elle s’était attaqué au monde sulfureux des proxénètes et des trafics de drogue. Personnage complexe et de caractère, elle n’est pourtant pas étrangère à l’image traditionnelle de la femme vietnamienne aux rênes d’un pouvoir. Mais lui attribuer une totale domination sur la politique de son beau-frère est une simplification d’analyse que Rignac resitue exactement à sa place.
 
L’historien rappelle un contexte politique de l’époque redoutable. Cela rend tout jugement définitif entre mauvais et gentils, entre ce qui aurait dû être fait et pas fait hasardeux. La Chine et l’union soviétique, joueurs d’échecs virtuoses dament le pion à une Amérique inapte à saisir le monde qu’elle pense pouvoir remodeler avec des concepts simplistes. Diem profondément anticommuniste mais redoutablement susceptible sur la souveraineté de son Etat était à la lecture de cette biographie le seul homme d’envergure susceptible de damer le pion à Ho Chi Minh en incarnant la légitimité vietnamienne sans pollution idéologique. Il exaspère l’éléphant américain qui mal à l’aise dans les subtilités extrême orientales acceptera par une complicité tacite son assassinat. On ne peut être que consterné devant l’absence de pensée politique de l’administration américaine et de son ambassadeur Henry Cabot-Lodge jr .
 
Ngo Dinh Diem est né dans une famille aristocratique mandarine. Habité par une passion sans concession pour son pays il a hérité de son père, familier de la cour impériale, une francophobie exacerbée et mal venue au moment où la France envoie un corps expéditionnaire mourir pour un empire déjà souverain. La francophobie familiale n’empêchera pas son frère aîné de se faire former en France.
A l’inverse de son challenger du Nord Diêm sera un homme d’une intégrité morale unique dans l’histoire politique. Catholique convaincu il sera présenté comme "le moine président". Rignac pointe le revers d’une vertu exigeante sans doute : une excessive rigidité. Diem en quelques années abat un travail remarquable en modernisant son pays. Il construit "les villages stratégiques" qui auront pour effet d’éliminer la totalité des intrusions communistes au sud. Pourtant son hostilité aux Français dont plusieurs représentants lui étaient favorables le privera d’un soutien majeur et l’isolera sur la scène mondiale au même moment où la Russie et la Chine bénéficient en tous lieux et dans toutes les institutions internationales de réseaux d’influence et de lobbys particulièrement efficaces. Son nationalisme "autistique" lui enlèvera le soutien de puissantes alliances à l’heure où ses ennemis du Nord sauront magistralement orchestrer celles-ci. Diem, un de Gaulle asiatique incompris ? On ne peut qu’y penser en lisant ce livre exceptionnel écrit dans une langue fluide et magnifique.
Ngo Dinh Diem de Paul Rignac éditions Atelier Fol’fer

Envoyé par l'auteur, 2 avril 2019

J'ai vaincu le monde

Publié dans Au delà
J'ai vaincu le monde

L’échec électoral pour une grande partie des Français qui porte au fond de leur cœur l’amour de leur pays est une "épreuve". Sans doute purificatrice. Sans vouloir porter un jugement sur le for interne des candidats, nous avions choisis soit par conviction soit par dépit un moindre mal. Nous avions conscience que les compromissions passées ou présentes de nos champions devaient avoir un terme. Le premier qui se revendiquait catholique avait voté l’an passé le droit fondamental à l’avortement et avait disparu de l’hémicycle lors du vote de la loi liberticide sur le délit d’entrave. L’autre candidate quant à elle avait refusé de soutenir les manifestations considérables de janvier, mars et juin 2013 raison profonde de divergence d’avec sa charismatique nièce. Cette dernière confrontée aux incohérences de la ligne de son parti a fini par abandonner la politique. Elle se refuse de rester la caution civilisationnelle d’un parti réduit aux codes du monde. Elle ménage l’avenir. 
 
Des élites évanescentes ?
Les nouvelles générations considérées comme "dures" par leurs aînés (Reproche de Marine à Marion) rappellent à ces derniers que leur dureté sanctionne l’héritage -ou pour être plus juste l’absence d’héritage- dramatique avec lequel ils doivent "faire". Les trahisons des anciens traversent tous les partis. La jeunesse éprouve dans ce désert moral un immense désarroi. Avoir abandonné le souci de la transmission disqualifie la totalité de la classe politique de l’extrême droite à l’extrême gauche ; cette désertion culminant avec les partis du consensus, les "partis bourgeois". Dans ceux-là les catholiques y ont une place importante, sinon majeure. Toute la question est de savoir être catholique avant d’être bourgeois ou d’être bourgeois avant d’être catholique. La question est récurrente dans la bouche du Saint Père. Cette question est difficile à résoudre : est ce que l’embourgeoisement a éteint dans le cœur de l’homme tout esprit chevaleresque, d’amour, d’audace, d’héroïsme, de noblesse ? Peut-on vouloir conserver l’esprit de bourgeoisie et sauver son pays qui, aujourd’hui est menacé de mort ?
Peut-on être Charrette, Sophie Schöll, Honoré d’Estienne d’Orves, ou Bernanos quand le primat définit jusqu’au plus intime de notre être la garantie de ses acquits ? Sommes-nous devenus si gras que notre seul destin est l’égorgement auquel nous promettent les mollahs de plus en plus nombreux sur notre sol ?
La tentation des bourgeois catholiques est de faire reposer l’ordre des priorités sur des données économiques et sur la défense des avoirs avant de défendre des biens immatériels et supérieurs qu’ils ne négligent pas mais subordonnent au confort, de préférer une paix sociale illusoire, une réconciliation du monde politique par l’idéologie du néant. Rejet de la confrontation des hommes et des idées par la substitution d’un homme incarnant la consensualité, l’amitié, la richesse au prix de l’évacuation de ce qui fait la grandeur et l’héroïsme de l’Homme. L’argent domine et vae pauperis !
La vérité est morte parce que relativisée à l’extrême et ceux qui prétendent qu’elle existe sont des fanatiques et sont interdis de tout débat. Tout se vaut et ceux qui mettent une hiérarchie sont dangereux. Les historiens qui travaillent scientifiquement sur la réalité de notre histoire, les médecins qui dénoncent les conséquences des désordres moraux, les démographes qui nous alertent sur la substitution de notre peuple par d’autres, les instituteurs qui se désolent des ravages de l’analphabétisme. 
Le monde dénoncé par Chesterton : les idées chrétiennes devenues folles parce que non mises en cohérence, ordonnées. Notre président en est la synthèse.
Combien de personnes étant descendues dans la rue (un million) en 2013 rallie l’équipe certainement la plus éloignée des exigences de l’Eglise et la plus obstinément opposée à l’enseignement  des vertus chrétiennes ? Ces hommes de l’actuel pouvoir sont opposés à celles-ci. M. Delevoye avait refusé l’application du droit lorsqu’il avait été saisi par la manif pour Tous. La nouvelle secrétaire d’Etat à la parité découvre l’implacabilité de son programme anti famille au nom "de la famille plurielle", la ministre de la santé qui prend pour modèle la Belgique en matière d’euthanasie, le président affirmant que l’abattement fiscal sur la base d’un quotient familial ne rentre pas dans ses priorités économiques.

L’émotionnel politique jusque dans la mystique ?
Ces derniers temps des amis ont laissé filtrer que la femme du président aurait confessé à un évêque qu’elle et son mari sollicitaient de nombreuses prières à Dieu car la tâche se révélait rude ! (On l’imagine aisément). Des chrétiens bourgeois ont vu dans cette "confession" une proximité spirituelle et morale. La présidente avait demandé dans les mêmes termes l’assistance du Grand Rabin. En termes de communication cela la protégeait de toutes accusations de réduction ad catholicam !  Peut être y a-t-il une "émotion" spirituelle ? En paraphrasant Mirabeau qui citait lui-même Tacite … les chrétiens s’attrapent comme les lapins, ils se prennent par les oreilles. Il n’y a plus d’analyse raisonnée, d’esprit critique qui construit une pensée.

Un spirituel vrai pose des actes vrais
Nous sommes en face de structures, de sociétés d’influence extraordinairement puissantes, d’agences de communication prodigieusement compétentes.  Niel enrichi par le minitel rose en est un des chefs d’orchestre. Un mot "gentil" de Brigitte à un prélat emballe le cœur des âmes émotives. Des termes "Pavlov" à consonnances positives, réconciliation, unité, consensus, tolérance, n’ont aucune implication concrète si ce n’est de faire croire enfin à la paix et surtout de condamner au silence toute personne qui émet un avis critique, pire encore qui comme Antigone refuse toute abdication de l’esprit.
Si tel était le cas pourquoi le mot Tolérance ne serait pas une réalité pour la clause de conscience des maires qui refuseraient le mariage gay ? pour les infirmières qui refuseraient l’avortement ? pour les parlementaires qui exprimeraient leur opinion sur la morale et la défense d’une civilisation ? pour les édiles qui voudraient mettre une crèche dans leur mairie ? pour les professeurs qui refuseraient l’enseignement du gender ? pour les historiens qui voudraient travailler sur des données scientifiques et aux universitaires qui voudraient enseigner sur ces travaux rigoureux ?  Un professeur d’histoire de Lyon III commençait tous ses enseignements par cette phrase : "La Liberté grand L supprime toutes les libertés petit l ". Il définissait la Loi Le Chapelier (1791) qui supprimait toutes les organisations ouvrières.

La maitrise des médias supprime l’expression démocratique
Peut-on imaginer que nous soyons en face d’un extraordinaire enfumage ? L’enfumage est une action militaire qui précède le pilonnage.
Je vais vous confesser mon point de vue personnel. Je me moque des élections. Aujourd’hui, la puissance de contrôle des intelligences est telle qu’il est illusoire de penser que nos contemporains puissent être libres de leur jugement et de faire des choix fondés sur la perspective historique d’une civilisation, sur une vision de l’homme fondée sur une anthropologie construite. Le président est peut être celui d’Elijah ou du maître de la terre. Il en a le charme, la posture, l’intelligence, l’ambigüité, la détermination et -nous verrons peut être- l’implacabilité. Je crois que nous allons vers une dictature qui se réclamera du bien et de la paix. A mon avis elle sera totalitaire au sens où ce mot définit le contrôle intégral des comportements des hommes dans une société. C’est un homme de transgression. Joue-t-il un rôle assigné par les génies de la communication et des puissances occultes à l’échelle mondiale ?  Le spirituel pour ses services chargé de sa propagande peut faire aussi partie de l’étude de marché. Certains patrons de chaînes catholiques ont été pris en otage. Le président peut bien être un personnage de roman d’O’Brien ou de Robert Benson. Est-ce un personnage faustien ou celui décrit dans la légende de Rutebeuf ? "L’Antéchrist" comme l’accusent des députés communistes (?!) de la douma ? Désignation dans lequel le gouvernement Pitt avait enfermé Bonaparte. La réalité apparaitra s’il aggrave les lois "sociétales" et conduit une politique anti familiale et anti Vie comme y prétend Nicole Ameline. L’homme est-il celui qui insulte la mémoire de son propre pays devant l’ennemi qui l’invite à se renier ou est-ce l’homme qui va honorer l’anneau de Jeanne d’Arc en Vendée ? Tout est trouble. Rien n’est apparemment cohérent. Et quand ce n’est pas clair c’est que c’est sombre. Les enfants de Dieu vivent au grand jour.
L’actuel président  a été lancé en quelques semaines par la puissance des médias et son habileté à coller à l’image qu’on lui demandait de refléter. A quel niveau se situe ses dépendances ? A quel échelon mondial est-il situé ? Lié ? Soumis ? Y adhère-t-il ou en joue-t-il comme Bonaparte, homme lige de Barras, de Sieyès, La Révelière une opportunité pour s’affranchir à terme de ses commanditaires ? L’orgueil fait perdre souvent le jugement même de sa propre sécurité. "Je ne l’ai pas trahi il s’est trahi lui-même". Phrase au couperet de M. de Talleyrand commentant la fin de l’empereur.
Tout cela est hors de portée de nos analyses. Mais l’enthousiasme des bourgeois catholiques me semble dépourvu de toute intelligence du mouvement des idées, il y a quelque chose de superficiel. Alors que le monde est terriblement tragique, angoissant et exige des intelligences héroïques et saintes.
Réfléchissons à ce qui a construit fondamentalement les sociétés confrontées au chaos.

Réfléchissons à Solidarnosc
L’histoire ne se construit pas dans le jeu des combines politiques, notre civilisation non plus. Peut importe de la réalité de l’homme Macron, sa durée de vie sera "epsilon" dans la durée d’une nation. Alors orientons nos efforts dans une perspective, une vision.
L’expérience du formidable labeur fait en Pologne dans les années rouges, dans ce qui est fait dans les pays d’Asie qui émergent du communisme sont des voies humbles mais formidablement efficaces ou plutôt fécondes. Un travail de fond a été mené par des élites morales et spirituelles privées de toute capacité de transmettre institutionnellement leur savoir, de toute expression démocratique, de toutes chaires magistrales et bien entendu de médias. La domination du magistère marxiste ayant été aussi puissante que celle qui façonne la pensée apostate de nos contemporains. Une formidable domination médiatique renvoie à la Reichpropagandaleitung dont l’objet était "la mise au pas"  (Gleichschaltung) d’un peuple héritier d’une pensée philosophique et artistique les plus évoluée d’Europe.  La société nazie absolument nouvelle, n’avait aucun précédent, aucune attache intellectuelle avec l’héritage des Allemagnes. Elle a surgi de nulle part si ce n’est de l’humiliation d’un peuple, consécutive au traité de Versailles. Idem pour le marxisme imposé dont la philosophie palatine rationnelle et matérialiste se trouvait aux antipodes de la nature mystique des russes. La révolution française dont la société était ordonnée de façon presque sophistiquée et attachée passionnellement à la personne de son roi s’est effondrée en quelques mois. "Heureux qui comme Dieu en France" avait son corolaire sociale résumée dans cette confession nostalgique du cynique Talleyrand : "Quiconque n’a pas vécu sous l’ancien régime ne sait pas ce qu’est le bonheur de vivre !" Le peuple le plus raffiné du siècle a sombré dans une folie sanglante et furieuse, entrainant les premières guerres génocidaires.
Ces phénomènes surgissent brusquement avec une rare brutalité. Qui, il y a trente ans aurait pu imaginer les Français confrontés à l’extraordinaire pression de l’Islam sur notre sol ? aux meurtres de masse commis par les fous d’Allah dans nos propres maisons ?

Une intelligence à l’agonie
Au deuxième tour des élections, l’état d’hypnose de nos contemporains dont beaucoup avaient combattu les lois mortifères du mariage et de la filiation était caractéristique. Ce devrait être à mon avis l’objet d’une étude scientifique sur la capacité d’embrigadement des intelligences et souvent d’intelligences incontestables. Beaucoup, beaucoup de mes amis ont été l’objet de cette hypnose
A mon avis la population est trop déséquilibrée, trop blessée, trop humiliée, trop déstructurée, vidée de toute référence historique, anthropologique, philosophique et bien sûr spirituelle pour espérer qu’elle puisse se retrouver sur un choix politique cohérent. L’absence de culture générale est massive et un débat sur des visions structurées et construites est devenu impossible quand la syntaxe est remplacée par des mots-slogans dont le seul objet est de faire réagir et non réfléchir. Cet état d’hébétude est presque absolu quant on constate que la capitale et les principales mégapoles ont voté à 90 % pour un homme qui n’avait ni programme, ni pensée développée, consensuel jusqu’à la contradiction permanente avec tous. La "maraboutisation" (heureuse expression d’Elizabeth Lévy)  a été considérable… et a suffi pour assurer une victoire qui, jamais n’a autant reposé sur des phénomènes de propagande. Le débat d’idée étant totalement évacué voire interdit. Du jamais entendu.
Les raisons sont profondes et lointaines. Notre peuple ne sait plus qui il est. "Il a été mis au pas" (Gleischschaltung). Il souffre de maux dont il ne veut pas désigner l’origine. Il ne peut même plus le faire car cela remettrait en cause des questions tellement fondamentales et douloureuses. Privé de la connaissance de la Miséricorde il se découvrirait odieux à lui-même. Je pense évidemment au problème tragique de la vulgarisation de l’avortement où une génération de parents se sent jugée par le regard de leurs enfants rescapés. A la guerre des classes succèdent la guerre des générations. "Nous avons des raisons d’être durs" lance la nièce à sa tante. Pour guérir de toutes ses maladies psychiques, morales et spirituelles il faudrait lui présenter celui qui donne la Vie. Même la plupart des vieux prêtres et des évêques se refusent à le proposer aux jeunes la voie exigeante et radicale de la sainteté, seule voie du bonheur. Ils ont peur d’être des prosélytes. "La trahison des clercs" selon la formule de de Gaulle est liée à cet état de vide qui désespère l’âme française.
La jeune génération des prêtres est elle, exceptionnelle… et ils étaient onze !
Il faut répondre et ne plus se contenter de faire l’état des lieux des conséquences d’une paganisation massive des mœurs, dans la façon de penser ou de ne pas penser, dans le vide de toute volonté de transmettre et d’hériter.

Action !
Avoir cette vision anthropologique qui définit une vraie politique est détenu par un seul parti aujourd’hui, le PCD. Est-il le petit David ?  Il ne s’agit pas de reprocher à d’autres d’avoir essayé d’autres voies. "Heureux ceux qui ont les mains pures encore faut-il qu’ils en aient !" Le discours de JFP est cohérent de bout en bout. Mais l’expression politique partisane n’est qu’un moyen, il ne faut pas l’absolutiser et ne doit pas être un lieu d’invective mais d’écoute constructive avec ceux qui diffèrent.
Même si les germes de résurrection sont incontestables. Des foules de jeunes chrétiens se retrouvent et représentent la seule communauté éducative et cohérente mais la France reste massivement païenne, lourdement matérialiste et en état d’hébétude morale et intellectuelle. Et les nouveaux "Français" sont résolument musulmans avec tout ce qui en découle pour notre art de vivre hérité d’une civilisation millénaire. Il faut relever ce défi.

Comme tous les projets féconds ils sont humbles
Aujourd’hui il faut monter partout en France des universités du soir d’histoire, de philosophie, de culture, d’art. Il faut "rendre la France aux Français" non seulement géographiquement dans la souveraineté de ses territoires mais culturellement. Il faut que cela soit fait dans le moindre village.
J’ai assisté à des conférences exceptionnelles dans des lieux introuvables, après m’être perdu dans des chemins, au milieu des chapelles romanes et des forêts épaisses. Les plus grands noms du barreau de Paris étaient venus faire vibrer une petite assistance de paysans et d’octogénaires sur la geste de Jeanne ! La Russie a été sauvée par les bambouskas. Le travail des veilleurs est à universaliser par des universités du soir, gratuite, libres, mues par le seul désir des conférenciers de transmettre généreusement. Ainsi agissaient les professeurs en Pologne donnant rendez vous à la jeunesse d’un café à l’autre, a cinq, à dix, à vingt étudiants.
Oui !  Il faut encourager la création des écoles hors contrat, en banlieue comme dans les zones rurales. Les écoles libre ont renoncé à leur caractère propre et ne marquent leur différence que par le fait qu’elles soient payantes…  
Il faut encourager les économies de proximité, relancer toute une jeunesse à l’artisanat seul lieu fort d’apprentissage du vrai labeur qui anoblit l’homme, les effectifs fondent dangereusement ; il faut surtout instruire, instruire et encore instruire. Il faut fédérer tous ces mouvements, encourager les jeunes élites à abandonner la City ou Wall street pour mettre leur intelligence et leur volonté à former la jeunesse, à fonder dans les provinces des entreprises pour fixer les populations, à enseigner. Refaire des communautés.
Il faut faire aimer l’histoire de notre patrie dès l’enfance par des contes, l’épopée des grands acteurs de notre nation, redonner la fierté d’être français en raison de l’extraordinaire roman national fondé sur une générosité héroïque et un génie non seulement littéraire, artistique mais scientifique.
Sans réaliser le prodige qu’est le Puy du Fou pour la formation de l’âme de notre peuple, il faut s’en inspirer, décliner à notre humble niveau le spectacle qui restaure la mémoire de ce que nous sommes. A Ars un splendide spectacle a bouleversé l’âme des Dombes qui découvrait le rayonnement inouï de ce si modeste curé.  
Il faut offrir aux jeunes générations ce que leurs anciens leur ont refusé, un amour concret, fondé et argumenté de leur culture. Comme en quelques années l’école publique et obligatoire a arraché avec une violence inouïe les enfants à l’influence de l’Eglise après des siècles  de service des pauvres nous allons offrir avec les moyens de l’Evangile -c’est-à-dire pauvres-  la vie aux enfants sans espoir.
Certains osent penser des hôpitaux de campagne avec des moyens simples sur l’exemple de ce qui se fait dans l’urgence en Asie ou en Afrique. Certains jeunes repeuplent des villages en ressuscitant une organisation sociale fondée à l’abri d’un clocher qui donne le rythme de vie. Etc. etc.
Je suis le chemin la Vérité et la Vie rappelle combien la Vérité et la Vie sont inséparables, raison pour laquelle les forces obscures se sont attaquées à relativiser la première et la sacralité de la seconde.
A Fatima, la Vierge a promis : "Ayez confiance, j’ai vaincu le Monde" (Matthieu 28-20). Je voudrais jusqu’à mon dernier souffle rendre l’Espérance à ce peuple qui souffre.

6 juin 2017

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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