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MEAUDRE  Yves

MEAUDRE Yves

Marié, 6 enfants.
 
Etudes  classiques à Lyon à l’externat St Joseph, 'Ste Hélène' et aux Chartreux.
Baccalauréat A 3
Inspection d’assurances IARD, vérification des risques industriels.
 
Secrétaire général adjoint du CNPF de Saône et Loire.
Professeur d’histoire sociale à Lyon III (Université Jean Moulin)
 
Participe au développement de la Cinéscénie du Puy du Fou (Vendée) et à la création d’Alouette F.M dont il devient directeur d’antenne (Vendée)
Président des radios de pays (25 radios fédérées)
Fonde Famille Media à Paris.

Engagement humanitaire 
Elu président du comité national d’aide à la Pologne (13 décembre 1981 : Coup d’état du Gal Jaruzelski en Pologne)
      Organise l’aide alimentaire, sociale et médicale à la Pologne alors sous la loi martiale.
 
Secrétaire général d’Enfants du Mekong (1986)
      Accueil des familles réfugiées en France, ouverture d’un foyer d’adolescents boat people qui deviendra un foyer pour les enfants en difficulté d’intégration sociale à
     Asnières (France), accueil et soutien des réfugiés dans les camps sur la frontière Thaïlandaise : camps Laotiens (Ban Napho, Ban Vinaïe), camps cambodgiens (Site 2,
     Site B, Kao I Dang), camps Vietnamiens (Sikiew, Phanat Nikom, Bendtat, section 19 sur la plate forme de Site 2)
 
Directeur général d’EDM (1988)
Aide au retour des réfugiés dans leurs pays d’origine, soutien logistique, création d’écoles, parrainages des enfants réfugiés au retour, ouvre les programmes de
     scolarisations (aujourd’hui 350 centres  de 50 enfants chacun).
1990 : Lancement des premiers bambous (des volontaires contractant un engagement de un an ou plus au service de l’association en Asie. (30 par an)
Soutien des programmes spécialisés : pour les enfants et jeunes filles prostitués à Pattaya avec l’envoi de volontaires français (1990), les enfants de la rue aux
     Philippines (Manille) et au Cambodge (Phnom Penh) (1994), les enfants et les mères en fin de vie (1997) à Yasothorn en Thailande, les enfants des prisons à
     Manille (2000), ouvre le foyer d’étudiants d’Asie du Sud Est en études supérieures en France à Rungis (1994), ouvre de nombreux foyers (30) pour les adolescents
     trop éloignés des écoles.
Ouverture d’une fondation EDM à Bruxelles en 1997, à Hong Kong (1998), à Singapour (1999), à Genève (2004), à Bangkok (2004), à Londres et à New York

Fondation du centre universitaire Dc Christophe Mérieux à Phnom Penh
Création d’un centre de la soie, création d’un institut d’informatique en partenariat avec les sociétés Accenture, Hewlett Packard.
 
22.000 Filleuls , 60.000 enfants aidés.

Ouvrages
France Terre d’exil en collaboration avec Anne Hervouet (1989) - Les insurgés (2005) - Contes de Noël (2009) - Les condamnés, Jésus, Jean et Louis (2011) - Les réfugiés, Hoà (2011) -

Distinctions
Chevalier de la Légion d'Honneur
Chevalier de l'Ordre de St Grégoire

URL du site internet:

La banalité du mal

Publié dans A tout un chacun
Il faut revoir le film de la réalisatrice Margarèthe von Trotta.
Elle  met en scène la subjuguante philosophe juive Hanna Arendt confrontée à la personnalité d’Adolf Eichmann en Israël. Je suis frappé par la permanence de son analyse sur l’expression des totalitarismes contemporains.
Aujourd’hui il me semble qu’à sa suite seule la philosophe française Chantal Delsol actualise le concept de la banalité du mal théorisée lors du procès du haut fonctionnaire nazi.
La banalité du mal m’est apparue évidente en retenant seulement cinq exemples d’inégale densité dramatique mais révélateurs de la problématique soulevée par la philosophe allemande. 
Le néo antisémitisme d’une très large partie de la jeunesse des banlieues largement toléré par l’élite médiatique et politique.
L’avortement des enfants handicapés notamment trisomiques jusqu’à la veille de leur terme complètement assumé par le corps médical et par l’opinion publique.
L’euthanasie des enfants votée par une assemblée et ratifiée par un jeune monarque chrétien en Belgique
Les arrestations massives et illégales, le gazage d’un peuple inoffensif qui exprime pacifiquement son opposition dans le cadre de la loi. Fait complètement nouveau.
La Gestation pour autrui qui est la banalisation de l’exploitation du corps des pauvres pour la jouissance narcissique des très riches.
 
Les mœurs qui expriment une culture tout à fait intégrée par nos contemporains renvoient avec une étonnante similitude aux comportements des années que nous considérons comme très sombres pour notre histoire. Si les comportements sociétaux des années opaques ont été légitimement frappés d’anathème les mêmes usages qui depuis se sont délestés de la doctrine nationale socialiste sont devenus légitimes voire sont sacralisées par la loi aujourd’hui.
Aux yeux de nos concitoyens ce ne sont plus les pratiques perverses qui sont en cause c’est l’idéologie qui s’en réclame qui est condamnable. Le lien entre les actes devenus culturels et la pensée étant condamnée ayant été sectionné, la pratique ne pose plus de problème déontologique. 
 
L’antisémitisme
Prenons le premier exemple, les européens jugent aujourd’hui l’anti sémitisme nazie scandaleux mais dans le même temps accordent à l’antisémitisme des islamistes la possibilité d’une grille de lecture bienveillante en raison des circonstances atténuantes fondées sur le conflit palestinien. Aucun régime totalitaire reconnait ses violences "Sic locutus est léo" -parce que je suis le lion - mais par une argumentation fondée. Tout est question de communication. Il faut relever l’amateurisme à la Reichpropagandaleitung par rapport à la sophistication des systèmes médiatiques qui aujourd’hui contrôlent la pensée de nos contemporains.
Hannah Arendt juive, déportée et réfugiée aux Etats-Unis avait osé écrire dans le New York Time qu’Eichmann n’était pas un monstre au sens où on aurait pu le comparer à Dracula ou Gilles de Ray mais un personnage banal, non prédisposé à la méchanceté ni au sadisme mais tout simplement un fonctionnaire qui avait refusé  d’élaborer une pensée propre semblable aux millions de téléspectateurs qui aujourd’hui abdiquent toute pensée autonome pour se mouler sans histoire dans le confort d’un monde Orwellien. Cette banalité du caractère, cette médiocrité assez commune, ces inaptitudes à la méchanceté et à la perversité hissées à des responsabilités d’exécution considérables génèrent l’un des plus grand massacre de l’histoire.
Il ne s’agit pas des prédations de Gengis Khan mais de celles complètement inattendues d’un clerc de notaire ou d’un préparateur en pharmacie. C’est là où l’analyse d’Hannah va bouleverser la grille de lecture de toute l’anthropologie politique. Son analyse n’en n’est que plus fulgurante, son actualité que plus oppressante mais avérée. Pour avoir osé s’en tenir à la seule analyse philosophique en se dégageant du jugement politique sa propre communauté l’avait conspuée violemment et isolée. Il est vrai aussi que dans le même temps elle avait sans doute maladroitement en raison de la proximité du drame de la Shoa mis en cause l’ambigüité de quelques chefs de la communauté pendant la dite période. On comprend la réaction d’incompréhension de ses proches à peine rescapée du drame.
Mais le reproche violent était fondé sur le fait qu’Hanna démonstrusait et faisait de ce chef SS un homme comme tout le monde. Pour Arendt la lancinante question de sa vie sera la question du mal alors que pour sa communauté seule comptait le jugement sur le monstre.
Il lui fallut un immense courage moral pour elle juive, rescapée de la Shoa pour ne pas abdiquer intellectuellement devant le fait qu’un nazi n’est pas forcément un être ivre de sang, jouissant de la souffrance de ceux qu’il haïssait.
Sa thèse sur la banalité du mal n’en n’est devenue que plus effroyablement pertinente et cruellement contemporaine. A mon avis ses détracteurs dont on comprend parfaitement les blessures profondes ont témoigné d’une incompréhension de sa démarche philosophique parce que pour eux le débat pour eux ne pouvait pas être de cette nature. Et pourtant en vulgarisant la figure du monstre Ils ne réalisaient pas qu’Arendt pointait l’énormité du drame. En affirmant la banalité du petit bourgeois méthodique et obéissant dans la gestion de l’impensable, Hannah invitait à comprendre l’extrême perversité d’une humanité grise et paisible qui abdique toute pensée autonome. Elle alertait l’opinion sur la capacité d’adhésion tranquille de la majorité des hommes à l’absurde lorsque l’absurde est normalisé par une administration soutenue par le droit et la mise en condition d’un peuple qui se refuse de penser. Le propre de l’homme c’est de penser et refuser de le faire l’amène à nier son humanité. Niant son humanité il devient un monstre. Son appel est d’une tragique actualité.
 
L’exécution des trisomiques
Le second exemple interpelle sur l’acte qui supprime les enfants trisomiques dans les hôpitaux européens détectés par amniocentèse. L’autorisation de la suppression est valable  jusqu’au neuvième mois. 95% de ceux qui sont détectés sont détruits. C’est une pratique courante dans tous nos services de santé.
Hors cette pratique confortée par le droit trouve son origine dans la décision personnelle d’Hitler qui fera voter plusieurs lois et signera plusieurs décrets dès 1933 connus sous l’appellation "Aktion T 4". Ce programme d’euthanasie pour les malades mentaux et pour les personnes dont les vies "ne valaient pas la peine d’exister" (sic) a suscité au départ une sérieuse opposition du corps médical allemand. Hitler exigera en 1940 d’accélérer le processus "pour éviter disait-il, que la mort au combat de jeunes gens beaux et sains soient remplacés par des handicapés qui pèseraient sur les finances et deviendraient un handicap pour le Reich".
Avant l’heure le führer avait le souci de l’équilibre des comptes de la sécurité sociale !
Le statut d’homme est nié à ces enfants comme les médecins des camps niaient à tout juif sa nature humaine. Cette négation d’humanité est si forte que lorsque le lumineux film "Dear future Mom" diffusé sur les télévisions présentait l’extrême délicatesse et la joie de ces enfants le CSA a essayé de le faire interdire au prétexte que cela pourrait déstabiliser des personnes qui n’auraient plus leur liberté psychologique suffisante pour supprimer ou accepter un enfant atteint de ce handicap.
Je ne crains pas en raison de la forte légitimité acquise comme patron d’ONG ayant reçu le prix des Droits de l’Homme de la République française de rapprocher cette négation à l’humanité des faibles aujourd’hui de ceux en cours chez les nazis avant-hier chez les khmers rouges hier. 
 
Pendant son procès  Duch, le directeur de la prison S 21 à Phnom Penh "traitait" les déviants "par compassion".
Rithy Pan confronté à ce dernier comme l’a été Hanna Arendt à Eichmann dit sa stupéfaction devant ce bourreau ordinaire, sans charisme et sourcilleux des détails de forme que devait respecter son procès. Ce dernier affirmait aux familles des condamnés que ceux-ci n’auraient pas été heureux dans le monde socialiste qu’on lui avait demandé de construire (sic). Il tenait une comptabilité très précise des exécutions qu’on lui ordonnait.
Il faut se souvenir qu’à l’époque le journal Libération soulignait la joie de ce peuple qui recouvrait sa liberté et jugeait scandaleusement calomnieuses les informations faisant état des exécutions de masse allant jusqu’à justifier le silence de mort qui s’abattait alors sur Phnom Penh : "Les révolutionnaires ont sans doute des choses autrement importantes à faire que de permettre aux journalistes de faire leur travail".
 
Lorsqu’on lit "le Portail" de François Bizot on découvre chez le bourreau de S21 un homme qui par moment se découvre sensible. Pendant son procès il est parfois empreint d’urbanité. Duch est un homme comme Eichmann, banal, un peu misérable lorsqu’on le voit dans son box. Il justifie sa position comme un fonctionnaire rigoureux et appliqué. Personnage ordinaire et sans génie presque scrupuleux un peu comme les élèves moyens qui travaillent à plein régime en surchauffe, avec application pour se maintenir au niveau.
Ce mal nécessairement administratif et légal est à la portée de n’importe quel médecin et vécu sans drame de conscience par la plupart de nos contemporains qui ont laissé la loi penser à leur place.
 
L’euthanasie compassionnelle
Dans le troisième exemple je monte encore d’un cran dans la provocation qui chez moi n’est pas un jeu d’adolescent mais un désir de provoquer une réaction salutaire à notre civilisation. Lorsqu'on voit des infirmiers se promener en camionnette dans les rues de Bruxelles pour proposer l’euthanasie "dans la dignité". Quand le roi-tout chrétien soit-il- qui, certainement pour éviter de plonger son pays dans le chaos des violences séparatistes en abdiquant, signe la loi autorisant l’euthanasie des enfants on comprend pourquoi Hannah Arendt développe avec une pertinence intellectuelle fulgurante le concept de la banalité du mal. Il est symptomatique que l’ancien ministre des affaires étrangères de M. Sarkozy ait voulu interdire le terme euthanasie parce qu’il faisait irrévocablement penser à Etat nazi. Comme quoi un mot peut rapprocher opportunément une référence historique avec une pratique qui caractérisait un état ! Je ne crois pas au hasard ni notre ancien ministre non plus.
La banalité du mal invoque toujours une raison d’état, une raison compassionnelle, un bien commun supérieur au bien de l’enfant, du malade voire le bien et du malade et le bien de la société. Pour excuser les dérapages de ce qu’on peut appeler un crime légal on considère les très nombreuses personnes euthanasiées pourtant guérissables ou l’ayant refusées comme "des dégâts collatéraux" inhérents à la pratique d’un bon principe ! Le mal a toujours son excuse. Je vous tue pour votre bien même si croyez-moi je le regrette !!! Jamais le sic locutus est leo.
 
Les arrestations de masse et les gazages d’innocents
Le quatrième exemple serait considéré comme outré s’il ne révélait pas l’acclimatation progressive à un totalitarisme qui refuse de plus en plus ouvertement toute pensée critique autonome le contestant.
Sans vouloir confondre les massives arrestations illégales de l’an passé et les épreuves subies par les contestataires du monde communiste, je trouve une analogie entre les mobiles des exécuteurs de basse œuvre des régimes totalitaires et l’état d’esprit des fonctionnaires de notre pays. L’avertissement d’Hannah Arendt est à retenir dès que les premiers symptômes d’une violence disproportionnée de l’autorité se manifestent. 
En effet, j’ai en mémoire vingt fois les aveux des CRS, lors des manifestations contre la Loi Taubira. Après avoir copieusement arrosé de gaz des enfants et des vieilles personnes, ils se justifiaient : "Vous savez, beaucoup d’entre nous sont d’accord avec vous mais on a reçu des ordres !" Ils auraient reçu l’ordre de tirer à balles réelles, ils auraient tiré. Je n’ai aucun doute. L’histoire le prouve. Sans doute auraient-ils été affectivement désolés mais le soir devant la soupe qu’ils auraient partagée avec leurs enfants ils n’auraient eu aucun remord, pas plus que les policiers qui ont emmené en leur tenant la main les enfants juifs au vel d’hiv "… on a reçu des ordres".
Comment oser faire une telle comparaison ? Parce que malheureusement les CRS d’aujourd’hui sont dans les mêmes dispositions mentales que les policiers de l’occupation. Ils ne sont pas plus méchants, tout aussi banaux et aussi scrupuleusement obéissants aux ordres de leurs officiers qui, eux sont tout aussi obéissants à leur préfet qui lui est tout aussi obéissant au ministre de l’intérieur.
Les foules, bon enfant, innocentes et désarmées ne les ont pas dissuadés de gazer des landaus lors de la manifestation du 24 mars.
Cela je ne l’oublierai pas.
Que je fasse hurler ceux qui m’accuseront d’amalgame, je suis pourtant convaincu de l’unité de référence entre ceux qui pratiquent l’obéissance par compassion, par référence à l’ordre ou par décision administrative. La frontière des consciences est infime… l’abdication de la pensée est considérable.
 
La condamnation se limite à l’idéologie mais refuse de condamner ses pratiques.
La seule faute reprochée à Duch et à Eichmann n’est même pas d’avoir "travaillé" de façon industrielle et consciencieuse à éradiquer des masses non autorisées à vivre mais de travailler pour des idéologies honnies condamnées par le tribunal de l’Histoire. A mon avis c’est le seul fondement de l’acte d’accusation.
Pendant trente années d’engagement humanitaire j’ai rencontré beaucoup d’hommes au passé terrible et sanglant. Plusieurs d’entre eux sont de bons pères de famille, aujourd’hui recyclés dans l’administration de leurs pays voire dans l’action humanitaire, généreux et parfois faisant le bien. Non pas à la suite d’une conversion paulinienne ou de celle qui a touché le bon larron mais seulement parce que les circonstances ont changé !
 
Je peux dérouler des listes de ces meurtriers consciencieux qui aujourd’hui coulent des jours paisibles au milieu des populations qu'hier ils terrorisaient et dont ils sont les attentifs protecteurs aujourd’hui. 
Combien de pédophile parlementaire aujourd’hui, réalisateur de cinéma, ancien ministre, écrivain connu coulent aujourd’hui des jours heureux dans la vénération des médias et la cour des élus ?
Duch le compassionnel assassin en série qui agit par respect aux ordres de l’Angkar, Eichmann qui tenait pathétiquement à honorer le serment qu’il avait fait au Führer, les législateurs qui acceptent que le corps des jeunes filles pauvres soient mis à la disposition des saphistes en mal d’enfants révèlent l’adhésion permanente à la banalité du mal dont Duch et Eichmann et nos juristes d’état ont été et sont les plus scrupuleux acteurs. 
 
La GPA
Et cela m’amène à mon cinquième exemple où la banalité du mal prend une dimension à l’échelle du monde.
J’ose l’écrire parce que je suis directement concerné par la réduction des adolescentes en usine de reproduction. C’est un crime qui devrait être poursuivi devant le TGI. L’asservissement et l’instrumentalisation des corps pour l’assouvissement de la perversité des riches appartiennent à la même culture idéologique que celle dont le nazisme se réclamait pour le confort des übermensch. Il s’agit de nier à certaines personnes sous prétexte de race ou de niveau de vie leur dignité intrinsèque d’être humain et donc le droit à l’intégrité de leur corps. Vouloir les éliminer dans un cas parce qu’ils pèsent sur une société ou vouloir transformer les pauvres adolescentes en chair à reproduire appartient à la même philosophie que celle qui a présidé à "l’Aktion T4".
 
Le crime d’état est sous la protection de textes réglementaires, votés par des bourgeois compassionnels pour les riches. Il est inculturé dans la conscience populaire. Nos peuples sont hypnotiquement sous contrôle. Ils admettent que c’est par esprit de justice que des américaines saphistes puissent subordonner des filles pauvres afin que celles-ci livrent leur corps pour leur jouissance personnelle. Cela n’enlève en rien à l’horreur de telle pratique.
Les sommes en jeu sont considérables. Plusieurs dizaines de milliers d’euros dont ces enfants ne toucheront que quelques centimes. Leur parcage dans des "lebensborn" en rappelle d’autres. Il y a là quelque chose d’odieux devant lequel une population qui se targue d’être les chantres des droits de l’Homme abdique sa capacité à penser 
Ce n’est pas parce que des perversités ne se réclament plus d’une idéologie abhorrée qu’elles en sont plus légitimes. 
Le mouvement considérable qui s’est soulevé le 13 janvier 2014 est d’ordre philosophique et bien sûr anthropologique ; il amorce une résistance eschatologique qui aura raison de ces pratiques dont la théorisation est née au milieu du XXème siècle.
La croix de Lorraine semble plus que jamais notre insigne et ce n’est pas un hasard si celui qui l’a saisie contre le Mal de notre histoire ait été père d’une enfant handicapée.

La peine de mort

Publié dans Au delà

Le monde politique semble voler très en dessous des aspirations profondes d’un peuple qui semble avoir perdu ses repères et la perspective de son destin. Parmi l’une des propositions des différents partis politiques j’avais relevé dans le projet du Parti Socialiste en page 73 une proposition qui me renvoie immédiatement à une scène vécue le 5 décembre 2010 à la prison de Manille, Bilibid où vivent 12.000 détenus. Cette proposition, le gouvernement socialiste veut la transformer aujourd’hui en loi.
On m’a entraîné malgré moi dans le couloir menant à la chambre d’exécution des condamnés à mort : L’atmosphère y est sinistre malgré une propreté d’hôpital. La pièce est impeccable et toute blanche. La planche où l’on étend le condamné ressemble à un billard de salle d’opération. Quatre tabourets l’entourent sur lesquels sont posées quatre seringues. Pourquoi quatre ? Parce que le médecin - c’est le nom qu’on m’a donné à quelqu’un que j’aurais plus simplement désigné comme le bourreau - qui injecte le produit létale ne doit pas savoir que c’est lui. Car sur quatre seringues une seule est mortelle. Les quatre praticiens espèrent avoir trois chances sur quatre d’être innocent de ce geste de mort.
Aujourd’hui cette chambre est un musée. Parce que depuis Juin 2006 les Philippines ont abrogé la peine de mort. La présentation macabre qui m’avait été faite ne servait qu’à rappeler les usages d’un autre âge corrigés par une conscience qui s’affine en s’incarnant dans la loi.
Hors la peine de mort a été rétablie en Hollande, en Belgique et le projet du Parti Socialiste en page 73 que notre gouvernement voudrait faire voter à l’assemblée veut la rétablir en maquillant le terme en "mourir dans la dignité". Il faut savoir comment se passera cette euthanasie proposée en page 73. Rigoureusement comme je vous ai décris l’exécution des criminels de la prison de Bilibid avant Juin 2006 : Par la même injection létale au chlorure de potassium pratiquée cette fois ci par un seul médecin. La différence notable c’est qu’ici l’exécuteur assurera sans état d’âme son rôle de bourreau.
Pourquoi un malade désespéré mais innocent ne pourrait pas bénéficier de la même mansuétude du législateur que le criminel philippin d’hier ?
Les gouvernements des pays du Sud progressent en humanité au moment même où ceux de l’Occident s’effondrent en barbarie.

Leçon de Confucius

Publié dans En France

Confucius disait qu’il était du devoir de l’empereur d’accepter sereinement le sacrifice de sa vie pour la paix et la prospérité de son peuple. Il y avait pour le philosophe chinois un rôle sacrificiel dans l’exercice du pouvoir. Sans transition écoutez plutôt un prince dont la mort s’est faite jour pour jour il y a 211 ans :
"Je laisse mon âme à Dieu mon créateur… je meurs dans l’union de notre Sainte Mère l’Eglise Catholique… je crois fermement et confesse tout ce qui est contenu dans le symbole et les commandements de Dieu et de l’Eglise… J’ai cherché à connaître mes péchés et à les détester et à m’humilier en la présence de Notre Seigneur…
"je pardonne de tout mon cœur à ceux qui se sont fait mes ennemis… je recommande mes enfants à ma femme … pour en faire de bons chrétiens et leur faire regarder les grandeurs de ce monde comme des biens dangereux et périssables et de tourner leurs regards vers la seule gloire solide et durable de l’Eternité…
"je pardonne à ceux qui me gardaient, leurs mauvais traitements …"
et une minute avant de mourir, il bouscule les gardes, c’est un homme très fort, il crie à la foule amassée au pied de son lieu de supplice :
"Puisse mon sang devenir le ciment de la réconciliation des français…" Les tambours roulent pour que le foule stupéfiée n’entende pas la victime lui crier un dernier pardon et un appel à l’unité.
C’est ainsi qu’est mort il y a 211 ans cet homme  encore jeune : 39 ans ! - en pardonnant. Il était roi de France et s’appelait Louis XVI.
S’il avait survécu est-ce que le monde aurait été autre ? Aurions-nous fait l’économie des fleuves de sang et de ces interminables guerres de la révolution, de l’empire et du XXème siècle ? Est-ce que toutes les révolutions marxistes qui s’inspirent de celle-ci auraient pu être évitées… c’est aux experts d’y répondre.

Je m’en tiendrai aux seuls mots de pardon à ses ennemis et d’appel à l’unité pour son peuple écrit dans la sinistre prison du temple quelques jours avant de monter sur l’échafaud.
Puissions-nous nous inspirer de l’élévation de cœur et de la grandeur d’âme de ce jeune monarque assumant héroïquement l’enseignement prononcé 500 avant Jésus-Christ pour les jeunes princes de Chine, pour choisir ceux qui prétendent lui succéder.

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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