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MIRKOVIC Aude

MIRKOVIC Aude

Née le
Mariée -   enfants
 
Professeur de droit


Maître de conférences en droit privé à l'Université d'Evry
Docteur en droit de l'Université Paris II Panthéon-Assas (2001)
Directrice du Master 2 droit des biotechnologies à Evry
 
Porte-parole de l'association Juristes pour l'enfance,
     membre du Collectif pour l'enfant
Membre du Conseil National des Universités (CNU)  (2010 et 2011)
 
 Ouvrages
La notion de personne. Etude visant à clarifier le statut juridique de l'enfant à naître,
     Thèse de doctorat. Presses universitaires d'Aix-Marseille (2003)
Droit civil : personnes, famille, éd. Studyrama, coll. Panorama du droit, 3ème éd.  (2010)
Introduction générale au droit, Studyrama, coll. Panorama du droit, 2ème éd. (janvier 2011)

Mariage des personnes de même sexe - La controverse juridique (2013)
PMA-GPA – Après le mariage pour tous, l’enfant pour tous ? (2014)

Articles
- "Maternité de substitution", étude in Dictionnaire permanent bioéthique et biotechnologies,
     Editions législatives, Mise à jour permanente
- "La ratification (enfin !) de la convention d’Oviedo sur les droits de l’homme et la biomédecine",
      Dalloz, p. 110 (12 janvier 2012)
- "L’autorité parentale détournée", Valeurs actuelles, p. 25 (5 janvier 2012)
- "Recherche sur l’embryon. Un étrange entêtement", Valeurs actuelles, p. 27 (10 février 2011)
- "Procréation post mortem : ne pas copier les injustices de la nature", Bioethica Forum, Vol. 4,
     n°2, p. 29 (2011)
- "Le désir d’enfant contrarié. La gestation pour autrui", Revue Lamy Droit civil, (nov. 2010)
- "Le désir d’enfant contrarié. La paternité post mortem", Revue Lamy Droit civil (nov. 2010)
- "Légitime défense. Ce que dit le droit", Valeurs actuelles, p. 40 (21 octobre 2010)
- "Assistance médicale à la procréation pour les femmes célibataires et les personnes de même
     sexe : l’implosion de la parenté et la filiation », Droit de la famille, étude n° 21, p. (14 sept.
     2010)
- "Statut de l’embryon : la question interdite", JCP, G, p. 177 (2010)
- "Retour sur le statut du beau-parent", la Nef, p. 9 (nov. 2009)
- "Recherche sur l’embryon : vers la fin d’un grand gâchis éthique ?", J.C.P., 448 (2009)
- "Statut du beau-parent", Droit de la famille, étude n° 28 (juil.-août 2009)
- "Transfert d’embryon post mortem : comment sortir de l’impasse ?", Droit de la famille, étude n°
     23 ( juin 2009)
- "Mère porteuse : maternité indéterminée", Droit de la famille, étude n° 24 (juin 2009)
- "Maternité pour autrui : du désir d’enfant à l’enfant à tout prix", Médecine et sciences, n°4, Vol.
     25, p. 419 (écrit en collaboration avec Sandrine de Montgolfier) (5 avril 2009)
- "Quel statut pour le "beau-parent" ?", Recueil Dalloz, p. 1709 (2008)
- "Réorienter la bioéthique", Valeurs actuelles, p. 26 (25 septembre 2008)
- "Mère porteuse, où est l’intérêt de l’enfant ?", Le Figaro, p. 14 (1er juillet 2008)
- "Virginité et nullité du mariage", Permanences, p. 9 (juillet 2008)
- "A propos de la maternité pour autrui", Droit de la famille, étude n° 15 (juin 2008)
- "L’embryon est-il une personne ?", Permanences, p. 18 (février 2008)
- "Le cadre juridique du prélèvement des cellules souches adultes", Revue générale de droit
     médical,
n°24, p. 29-50 (Septembre 2007)
- "La licéité du prélèvement du sang du cordon ombilical à la naissance en droit québécois",Revue
     juridique Thémis,
vol. 37, pp. 495-504 (2004)
- "La femme dans le Code civil de 1804", in Le Code civil et les droits de l’homme, La Librairie des
     Humanités, L’Harmattan, p. 174 à 190 (2005)
- "Le rôle des comités d’éthique", in Regards sur les biotechnologies, sous la direction de Claude
     Durand, L’Harmattan, pp. 269 à 280 (2004)
- "Personne humaine et personne juridique : une confusion néfaste », Revue de philosophie pénale
     et de criminologie
, de l'Institut de criminologie de l'Université Paris II, Volume 2, Sanction et
     culpabilité
, L’Atelier de l’archer, pp. 65 à 78 (2ème trimestre 2000)
 
Nombreux commentaires de décisions de justice et de textes juridiques 
- "La recours au don de gamètes n’est pas un droit de l’homme", note sous CEDH, 3 nov. 2011, AJFamille, déc. 2011, p. 608.
- "La recherche sur l’embryon stoppée à Luxembourg ?", note sous CJUE, 18 oct. 2011, AJFamille, nov. 2011, p. 518.
- "Soins psychiatriques : une adoption dans l’urgence !", JCP, 2011, p. 1412.
- "La filiation d’un enfant né d’une mère porteuse à l’étranger ne peut être reconnue en droit français", note sous Cass. Civ. 1ère, 6 avril 2011, 3 arrêts, Revue Lamy Droit civil, juin 2011, p. 39.
- "Maternité de substitution : une violence à l’encontre des femmes", brève présentation de la Résolution du Parlement européen du 5 avril 2011, Actualisation Dict. perm. Bioéthique et biotechnologie, ed. Législatives, 15 avril 2011.
- "Mère porteuse : la France ne cède pas devant le fait accompli à l’étranger", brève note sous Civ. 1ère, 6 avril 2011 (3 arrêts), Actualisation Dict. perm. Bioéthique et biotechnologie, ed. Législatives, 12 avril 2011.
- "Refus de transcription d’un jugement américain prononçant une adoption convenue avant la naissance de l’enfant", note sous Civ. 1ère, 9 mars 2011, AJ Famille, avril 2011, p. 206.
- "Refus de donner effet en France à une convention de procréation pour autrui au profit de deux hommes", CA Paris, 17 mars 2011, Actualisation Dict. perm. Bioéthique et biotechnologie, ed. Législatives, 23 mars 2011.
- "Loi de bioéthique. Deviens ce que tu es !", RGDM mars 2011.
- "Première lecture du projet de loi bioéthique : l’intérêt de l’enfant sacrifié à l’impatience des adultes ?", Dalloz 31 mars 2011, n° 13,  p. 892.
- "Le mariage, c’est un homme et une femme", comm. Conseil constitutionnel, 28 janvier 2011 n° 2010-92 QPC, JCP 2011, G, p. 250.
- Commentaire du projet de loi relatif à la bioéthique, Revue Lamy Droit civil, nov. 2010.
- "Un enfant ne peut être conçu après le décès de son père", note sous CA Rennes, 22 juin 2010, n°09/07299, JCP, G, 2010, p. 1670.
- "Le partage de l’autorité parentale entre la mère et l’adoptante n’est pas contraire à l’ordre public français", note sous Cass. Civ. 1ère, 8 juillet 2010, n° 08-21.740, AJ Famille, sept. 2010, p. 387.
- "La partenaire de la mère ne peut prétendre au congé de paternité car elle n’est pas le père de l’enfant", note sous Cass. Civ. 2ème., 11 mars 2010, Dalloz, 2010, p. 1394.
- "Non-transcription des actes de naissance étrangers d’enfants nés d’une mère porteuse sur les registres français d’état civil", note sous CA Paris 18 mars 2010, JCP, G,
- La possession d'état est viciée par le recours à une mère porteuse, D. 2009 p. 2845.
- "Intérêt de l’enfant, autorité parentale et droits des tiers. À propos du rapport Leonetti", J.C.P., 2009, 345. 
- "Mères porteuses. Analyse de droit de la famille", commentaire de l’arrêt de la Cour de cassation, Première chambre civile, du 17 déc. 2008, J.C.P., 2009, G., II, 10020.
- "L’avant-projet de loi relatif à l’autorité parentale et aux droits des tiers", Actualité juridique Famille, Dalloz, 2008.
- "Le point sur… La maternité pour autrui (rapport d’information de la commission des lois du Sénat n° 421, 25 juin 2008)", Recueil Dalloz, 2008, n° 28,  p. 1944.
- "La représentation de l’héritier renonçant. A propos de la loi du 23 juin 2006", Droit de la famille, décembre 2006,n° 12, Etude 56. 
- "L’enfant à naître est-il une personne protégée par la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme ?", Revue générale de droit médical, n° 14, 2004, Les études hospitalières, pp. 197 à 223.
- "Atteinte involontaire à la vie du fœtus", Les Petites Affiches, n° 119, 14 juin 2002, pp. 4 à 13.

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"Parent 1" et "parent 2"...

Publié dans A tout un chacun
"Parent 1" et "parent 2" à l'école : "Une mesure injuste pour la plupart des familles !"
 
FIGAROVOX/ENTRETIEN - Un amendement voté mardi prévoit de remplacer les mentions du "père" et de la "mère" sur les formulaires scolaires par "parent 1" et "parent 2". Une mesure qu'Aude Mirkovic juge idéologique, mais aussi injuste car elle oblige tous les couples à "entrer dans un concept de parenté hors sol"
.
 

Un amendement voté mardi à l'Assemblée prévoit de remplacer la mention "père et mère" sur les formulaires scolaires par celle de "parent 1 et parent 2". Est-ce réellement une "mesure d'égalité sociale", comme l'affirment les députés qui ont soutenu l'amendement ?
Il y a bien une inégalité entre les enfants, et ce n'est pas un formulaire qui en est la cause ni qui en sera le remède. La cause de cette inégalité est la loi de 2013 sur le mariage des personnes de même sexe qui a introduit en droit français l'adoption par deux parents de même sexe. Je m'explique. Les promoteurs de la parenté de même sexe prétendent que "cela ne change rien", ce qui est faux. La "parenté" de même sexe change tout, et on commence à la percevoir concrètement avec des mesures comme cet amendement qui remplace les mentions père et mère par celles de parent 1 et parent 2. Pour autant, pour être d'accord ou non avec ce changement, encore faut-il le réaliser. Alors qu'est-ce qui change ? La filiation découle de l'acte de naissance et indique à chacun de qui il est né, c'est-à-dire ses père et mère. La filiation ne se réduit certes pas à la réalité biologique et cette naissance à laquelle elle renvoie l'enfant, si elle est le plus souvent biologique, peut être aussi "seulement" symbolique: c'est le cas des enfants adoptés et encore de ceux qui ont été reconnus par un homme qui ne les a pas engendrés. Le droit n'exige donc pas la vérité biologique mais la vraisemblance. Avant leur rôle d'éducation qu'ils peuvent d'ailleurs partager et déléguer, les parents ont un rôle statutaire, celui d'indiquer à l'enfant son origine, au moins symbolique.
Comme un enfant ne peut pas être issu de deux femmes ou de deux hommes, la filiation qui relie un enfant à des parents de même sexe n'indique plus à l'enfant son origine, pas même son origine symbolique, en dépit du mot de "filiation" employé comme si de rien n'était. La filiation n'indique plus à l'enfant que ses responsables légaux. D'ailleurs, lors de la discussion à l'Assemblée hier, Madame Anne Brugnera a témoigné qu'à la ville de Lyon, dont elle a été l'adjointe à l'éducation pendant quelques années, les formulaires comportent depuis plusieurs années les mentions "responsable légal 1" et "responsable légal 2".
 
Mais, justement, les parents ne sont pas seulement des responsables légaux, au même titre qu'un tuteur ou un délégataire d'autorité parentale. Ils ont cette dimension constitutive d'indiquer à l'enfant son origine, et les mesures qui les réduisent à des responsables légaux privent les enfants comme les parents de cette filiation. On a discuté aussi de la mention des père et mère sur les actes de naissance, mais en réalité c'est le terme même d'acte de naissance qui ne convient plus.
Il y a bien une inégalité entre les enfants, entre ceux qui ont une filiation en mesure de leur indiquer leur origine, fût-elle symbolique, et ceux dont la filiation leur indique seulement des responsables légaux. Pour "camoufler" cette inégalité de fond, on tente d'effacer toutes les différences visibles mais secondaires qui découlent de cette inégalité première: on supprime les termes père et mère des formulaires scolaires, en privant au passage tous les autres enfants de cette dimension ontologique de la filiation qui les renvoie à leur origine.
 
Ce prétendu remède à une prétendue inégalité laisse d'ailleurs perplexe : qui se soucie donc de l'injustice de ces formulaires prévoyant un parent 1 et un parent 2 pour les enfants qui n'ont qu'un seul parent ? Cette double mention n'a-t-elle pas "comme conséquence de ne pas reconnaître la diversité familiale", en renvoyant chaque fois les familles monoparentales à leur différence ? Cette case "parent 2" ne risque-t-elle pas d'"être source d'interrogations de la part de l'enfant qui ne comprendrait pas que l'on remette en cause son modèle familial", pour reprendre les inquiétudes de l'exposé des motifs ? En réalité, l'enfant n'ignore pas le manque qui peut exister dans sa situation personnelle, et nier ce manque en faisant disparaître les cases prévues pour ce qui précisément manque ne rend pas service à l'enfant mais entretient plutôt autour de lui un contexte de déni qui n'a rien de constructif. À ce compte-là, pourquoi ne pas aussi supprimer le cross de l'école parce qu'un enfant en fauteuil roulant ne peut y participer ? N'est-il pas plus judicieux de lui trouver une manière de participer à cet événement plutôt que d'en priver tous les autres ?
 
Jean-Michel Blanquer n'y était pourtant pas favorable, arguant que ce n'est pas un domaine qui devrait relever du législatif…
En effet, et il n'est pas le seul. Plusieurs parlementaires pourtant favorables à cet amendement ont signalé qu'il relevait de la compétence réglementaire. Une loi qui intervient dans le domaine réservé au gouvernement encourt la censure du Conseil constitutionnel. D'ailleurs, cet amendement ne modifie aucune disposition législative, précisément car la loi ne dit rien des formulaires administratifs. Cet amendement ajoute de toutes pièces une précision à l'article L111-4 du Code de l'éducation qui concerne les parents d'élève en précisant que "chaque formulaire administratif qui leur est destiné fait mention d'un parent 1 et d'un parent 2". Pour autant, la même mesure prise par le pouvoir réglementaire n'en serait pas moins néfaste.
 
Est-ce seulement une modification symbolique ? Quelles en seront les répercussions ?
La modification est symbolique mais le symbole n'a rien de secondaire, il est essentiel. Cet effacement des père et mère s'inscrit dans une volonté de déconnecter définitivement la filiation de la référence à l'engendrement de l'enfant pour la fonder sur la seule volonté, le projet parental, le désir d'enfant. L'adoption par deux hommes ou deux femmes introduite par la loi de 2013 sur le mariage a déjà commencé ce travail, mais c'est une filiation adoptive et la filiation de droit commun demeure fondée sur la référence à l'engendrement de l'enfant : lorsqu'un juge tranche un conflit de paternité, il ne cherche pas lequel des deux hommes est le meilleur candidat au rôle de père, il cherche tout simplement qui est le père, comme le prévoit sobrement la loi. Cette volonté d'effacer les père et mère au profit de parents indifférenciés prépare le terrain pour la PMA sans père et s'inscrit dans l'objectif annoncé par le rapport Touraine, la procréation sans sexe pour tous, qui passe par la PMA pour les couples de femmes et les femmes seules, la procréation post mortem et le double don de gamètes.
Autrement dit, ce rapport souhaite permettre la conception légale d'enfants quelle que soit la filiation: avec ou sans père, avec une ou deux mères, avec des parents biologiques ou des donneurs, des parents vivants ou morts... Le tout, uniquement en fonction des désirs et des projets que ces enfants sont censés réaliser.
 
La suppression des termes "père" et "mère" a-t-elle déjà été décidée dans d'autres documents administratifs ? Est-ce que cela tend à se généraliser ?

Les pratiques sont diverses et variées et il y a des mairies, ou des établissements, qui utilisent des formulaires indiquant "parent 1 et parent 2", ou "parent A et parent B" ou "responsable légal 1 et responsable 2"… La diversité des termes illustre comment les parents sont finalement considérés comme des "responsables légaux" parmi les autres, sans spécificité. Mais ces mesures sont idéologiques et injustes : pour éviter à certains de barrer une mention qui ne correspond pas à leur cas, on oblige tout le monde à entrer dans un concept de parenté hors sol : pour commencer, comment déterminer qui est le parent 1 et qui est le parent 2 ? Celui désigné comme parent 1 doit-il l'être systématiquement dans tous les formulaires, ou peut-on remplir tantôt dans un ordre et tantôt dans un autre ?
Madame Agnès Thill relevait hier lors du débat qu'ayant dû faire remplir des formulaires comportant les mentions "parent 1" et "parent 2", les couples père-mère lui demandaient alors que choisir : "qui est le parent 1 ? Moi, je ne suis pas plus important que l'autre et le parent 1 n'est pas plus important que le parent 2." On marche sur la tête !
 
Les députés qui planchent sur une "école de la confiance" ont également promu des mesures de lutte contre la transphobie. L'école devient-elle le nouveau cheval de bataille des lobbies LGBT ?
Ce n'est pas un nouveau cheval de bataille, c'est un vieux cheval de Troie. La bonne nouvelle est que les parents, aujourd'hui, sont bien plus attentifs à ce qui se passe à l'école. C'est malheureux, car cela signifie qu'ils ne peuvent plus faire confiance, en bloc, à l'école, mais c'est devenu nécessaire pour veiller à ce que leurs enfants, sous prétexte de bonnes intentions (la lutte contre la ceci ou la celaphobie) ne soient pas en réalité pris à partie et impliqués malgré eux dans problématiques que les parents préfèrent aborder en famille, en respectant le rythme et les attentes de chaque enfant.

Envoyé par l'auteur, paru sur Figarovox, 13 février 2019

Du porno dans les stades

Publié dans Du côté des élites
Du porno dans les stades

Dans un communiqué du 7 février 2019, l’Union sportive de Carcassonne a annoncé que le site "Jacquie & Michel", site de porno en ligne, serait sponsor de l’USC pour le match du 1er mars prochain où les carcassonnais recevront le Biarritz Olympique.
Si le club annonce une communication "fun et décalée" et un "moyen insolite de faire du buzz", ce "moyen insolite" consiste à inviter le public à se rendre sur ce site pornographique.
 
Cette publicité en faveur d’un site pornographique est irresponsable en direction du jeune public du rugby, alors que les sondages indiquent clairement une augmentation des fréquentations des sites pornographiques par les jeunes (enquête de l'Ifop publiée  20 mars 2017), et que les professionnels de santé ne cessent d’alerter les pouvoirs publics sur les conséquences de ce phénomène de société
(https://www.francetvinfo.fr/sante/enfant-ado/le-cri-dalarme-de-medecins-contre-l-exposition-precoce-a-la-pornographie_2803479.html). Le gouvernement s’est d’ailleurs emparé du sujet et Marlène Schiappa a récemment annoncé sa volonté très ferme de limiter l’accès aux sites et vidéos pornographiques aux mineurs (https://www.aufeminin.com/news-societe/marlene-schiappa-limite-acces-pornographie-enfants-s2893900.html)
Le club de Carcassonne a précisé dans sa communication que "ce parrainage répond à une charte très cadrée avec le souhait pour le club de préserver ses valeurs" : aucune des valeurs du rugby n’est compatible avec la promotion du porno auprès des jeunes.
 
Nous avons écrit au club pour demander l’abandon de ce sponsor et rappeler l’existence de l’article 227-24 du code pénal aux termes duquel : "Le fait … de diffuser par quelque moyen que ce soit et quel qu'en soit le support un message à caractère violent, … pornographique, … est puni de trois ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende lorsque ce message est susceptible d'être vu ou perçu par un mineur".
Nous souhaitons avant tout contribuer à la fin de ce projet de sponsoring mais Juristes pour l’enfance agira en justice pour la défense des mineurs si la publicité pour ce site devait malheureusement figurer sur les maillots des joueurs lors du match annoncé le 1er mars.
 
Nous saluons la réaction sur son compte twitter de Louis-Vincent Gave, président du club Biarritz Olympique adversaire le 1er mars prochain de l’US Carcassonne : "Donc, en France, on ne peut faire de pub pour le tabac ou l’alcool… mais l’exploitation de la femme, voir même la promotion du porno dans un stade rempli de mineurs, alors là, pas de problèmes ? Triste que le BOPB se retrouve engagé malgré nous dans ce coup de pub sordide". Ces propos sont de nature à redonner au rugby la place qu’il convient dans le cœur des familles !
 
Vous pouvez, si vous le souhaitez, écrire aux dirigeants du club de Carcassonne ainsi qu’à Bernard Laporte, président de la fédération française de rugby, pour demander l’abandon de ce sponsoring afin que le rugby demeure ce qu’il est, une aventure familiale tant les matchs réunissent les familles dans le public ainsi que très souvent des pères et leurs fils sur le terrain.
Le fait qu’aucune image pornographique ne figure sur les maillots eux-mêmes ne préserve en rien les enfants du danger car le but de cet affichage est précisément que le public aille ensuite visiter le site.
 
Soyez assurés, chers amis, de notre dévouement au service de l’enfance
Aude MIRKOVIC, Porte-parole de l'association
Juristes pour l'enfance
 
Écrire ou téléphoner à
madame Christine Menardeau-Planchenault, directrice générale, et à monsieur Frédéric Calamel, président de l’Union sportive Carcassonnaise :

http://www.uscarcassonne.com/contact/
Union sportive carcassonnaise
32 rue Antoine Marty
11 000 Carcassonne
04 68 47 18 52
 
Monsieur Bernard Laporte, président de la Fédération Française de Rugby
Fédération Française de Rugby 3-5 rue Jean de Montaigu 91463 MARCOUSSIS Cedex
01 69 63 65 90

Envoyé par l'auteur, paru sur juristespourlenfance.com, 10 février 2019

L'ouverture de la PMA

Publié dans A tout un chacun
"Si on estime que les enfants n'ont plus besoin de père, qu'on le prouve !"
 
Le Comité d'éthique (CCNE) a rendu en juin dernier un avis favorable sur l'ouverture de la PMA aux femmes célibataires et aux couples de femmes. Mais pour Aude Mirkovic, une telle décision ne peut qu'enfreindre les droits de l'enfant, que la France s'est pourtant engagée à sauvegarder.
 
FIGAROVOX.- Tout en affirmant qu'elle est un "enjeu de société", vous écrivez dans votre livre, en reprenant les propos de Jacques Testart, que faire une insémination artificielle est à la portée du premier venu. Alors que signifie l'agitation qu'on fait autour de cette question ?
Aude MIRKOVIC.- En effet, l'insémination de femmes fertiles, par des donneurs eux aussi fertiles, ne requiert aucune compétence médicale  il suffit d'introduire le sperme à l'aide d'une pipette, et cela a toutes les chances de fonctionner lorsqu'il n'y a pas de problème de fertilité. Il y aurait donc dans cette prestation médicale une forme d'abus, surtout pour les deniers de l'assurance maladie.
L'agitation, comme vous dites, ne concerne pas la possibilité qu'une femme a de s'inséminer elle-même d'une manière ou d'une autre. Ça, c'est un fait. L'agitation porte sur le projet envisagé de légaliser cette pratique, autrement dit d'organiser légalement la conception d'enfants d'une manière qui les prive de père. En effet, si la façon que choisit une femme pour avoir un enfant relève de sa vie privée, ce n'est plus le cas dès lors qu'elle sollicite la société pour réaliser son choix : lorsqu'une loi est envisagée, c'est la responsabilité du législateur de peser la demande à l'aune du respect des droits des enfants comme de l'intérêt général.
 
En quoi l'extension des techniques d'assistance médicale à la procréation aux personnes seules ou aux couples de même sexe constitue-t-elle l'irruption d'une logique marchande dans le domaine de la médecine ?
La PMA pour les femmes célibataires et les couples de femmes est un prétexte, le moyen de faire sauter le verrou thérapeutique qui résulte de la loi actuelle : en effet, en droit français, la PMA poursuit l'objectif de compenser une infertilité pathologique, médicalement diagnostiquée. Seuls sont concernés des couples composés d'un homme et d'une femme, vivants et en âge de procréer, car l'incapacité à procréer des personnes seules, en couple de même sexe, trop âgées ou carrément décédées, n'est pas pathologique. Elle est naturelle.
Déjà, dans ce contexte restreint car thérapeutique, il apparaît que la PMA entretient souvent des rapports ambigus avec l'argent car les médecins ont affaire à des patients très demandeurs, prêts à tout pour avoir l'enfant désiré, et ce d'autant plus que la PMA est prise en charge à 100 % par l'assurance maladie. Il en résulte un sur-recours à la PMA qui pose la question tant de la qualité des soins que du bon usage des ressources de l'assurance maladie. La légalisation de la PMA pour des femmes fertiles signifierait l'abandon de ce critère thérapeutique et, alors, tout le monde aurait accès à la PMA, y compris les couples homme/femme fertiles, numériquement les plus nombreux et qui constituent la cible ultime et réelle du grand marché de la procréation. La PMA pour les femmes pose des difficultés majeures en soi, mais ce qui se joue en 2018 ce n'est pas seulement la PMA pour les femmes, mais la PMA généralisée : les femmes ne sont qu'un prétexte pour rapatrier en France les profits des cliniques belges et espagnoles.
 
Vous voyez aussi des dérives possibles d'eugénisme…
Comme l'explique Jacques Testart, pionnier de la FIV en France, la PMA est intrinsèquement liée à la sélection et donc à l'eugénisme : dès lors qu'on choisit un donneur, il faudrait vraiment être idiot pour retenir un alcoolique ou un homme ayant des antécédents familiaux chargés. Dès lors qu'on choisit un embryon parmi une dizaine d'autres, il faudrait vraiment être idiot pour ne pas choisir celui qui offre les meilleures garanties de "qualité". Aujourd'hui, les personnes qui recourent à la PMA le font pour des raisons médicales, non pour choisir l'enfant sur mesure. Si la PMA est ouverte en dehors des indications médicales, les gens voudront la PMA non plus seulement pour avoir un enfant, ce qu'ils peuvent faire naturellement, mais pour avoir tel enfant : garçon ou fille, comme aux États Unis, ou avec un certain QI comme en Chine. La PMA non thérapeutique signifie donc la sélection des individus et, comme on choisit toujours bien entendu les "meilleurs", à l'eugénisme.
 
Sur quoi vous fondez-vous pour affirmer que la "privation de père", qui résulte mécaniquement de l'ouverture de la PMA à des femmes seules ou en couple avec une autre femme, est préjudiciable pour l'enfant ?
Nul besoin d'être un spécialiste pour constater les souffrances et les difficultés qui résultent de l'absence de père : heureusement, ces difficultés et souffrances peuvent être parfois dépassées, guéries, transcendées, mais ce n'est pas toujours le cas et, en tout état de cause, elles sont réelles. Certaines personnes ne connaissent pas leur père, mais en quoi cela justifie-t-il que la loi organise délibérément pour certains cette privation de père ? De façon plus juridique, la Convention internationale des droits de l'enfant proclame pour tout enfant le droit, dans la mesure du possible, de connaître ses parents et d'être élevé par eux : ce n'est pas une opinion qui convainc ou non, c'est un texte juridique contraignant, international qui plus est, qui a donc une valeur supérieure à la loi française et à tout projet de loi en la matière. Or une technique de procréation qui efface délibérément et définitivement le père n'est pas compatible avec ce droit. Si on estime que les enfants de 2018 n'ont plus besoin de père, qu'on commence par le prouver car l'expérience immédiate invite à penser le contraire, et ensuite il faudra dénoncer ou corriger la Convention des droits de l'enfant, mais ce ne serait pas très bon signe. Il vaudrait mieux accepter que, dans un État de droit, la réalisation des désirs des uns trouve sa limite dans le respect des droits des autres, y compris les enfants.
 
Comment expliquer que le CCNE ait donné un avis favorable à la PMA pour les femmes, si une telle pratique méconnaît les droits de l'enfant ?
L'avis du CCNE est très intéressant : le comité, qui dispose de moyens de réflexion et d'investigation importants, et d'un champ de compétences très large en son sein, dresse la liste impressionnante des inconvénients graves résultant de la PMA pour les femmes. La privation de père, la marchandisation des gamètes et autres éléments du corps en font partie. Et le CCNE de conclure, contre toute attente au vu de ces difficultés, par un avis favorable, sous réserve toutefois de trouver des solutions à ces problèmes, ce qui semble bien utopique dès lors qu'ils demeurent des "points de butée", autrement dit non résolus.
Leur méconnaissance des droits de l'enfant conduit à un retour à la loi du plus fort : les adultes pourront sacrifier les droits des plus faibles, les enfants, à la réalisation de leurs propres projets. Mais un jour ou l'autre, les enfants demanderont des comptes de cette filiation paternelle effacée par l'effet de la loi. Non par les malheurs et difficultés de la vie, mais bien par la loi ! Que la société s'interroge : les droits de l'enfant sont-ils bons seulement pour la décoration juridique, ou bien acceptons-nous de les respecter y compris lorsqu'ils contrarient certains désirs ? Si nous nous permettons de porter un jugement parfois sévère sur telle ou telle époque qui a pu tolérer dans l'indifférence voire la complicité généralisée des atteintes aux droits des uns ou des autres, ce n'est pas pour légaliser en 2018 la conception d'enfants privés délibérément de père.
 
À propos du CCNE, quel regard portez-vous actuellement sur les états généraux de la bioéthique ? Y avez-vous participé ? Trouvez-vous qu'ils ont permis un débat à la hauteur de l'importance des enjeux ?
La neutralité annoncée des états généraux était dès le départ utopique : le seul fait de mettre des sujets à l'ordre du jour est déjà une prise de position. Organiser des débats sur la PMA sans père, c'est déjà présenter ce projet comme envisagé, possible. On a relevé de nombreux dysfonctionnements : dans certaines soirées sur la PMA, le débat était limité aux modalités de la PMA pour les femmes. Poser la question de la légitimité de la PMA sans père en elle-même était déclaré hors-sujet et la parole verrouillée sur ce point. On a vu les soirées sur l'euthanasie en région Rhône Alpes conclues, à la demande des organisateurs, par des députés signataires de la tribune pro-euthanasie menée par Jean-Louis Touraine. À Lyon, une journée commerciale de promotion de la PMA pour les femmes seules et en couple organisée par une clinique privée espagnole figurait au programme officiel des manifestations annoncées dans le cadre des états généraux… Mais, avec leurs limites, ces états généraux ont le mérite d'exister : si nous attendons des conditions de débat idéales, nous pouvons attendre longtemps. Beaucoup se plaignent de n'avoir jamais la parole ? Saisissons-la quand on nous la donne ! À force de marteler des idées de justice et de bon sens, elles feront leur chemin. Quand le bon sens reprendra-t-il ses droits ? Je n'en sais rien, mais ce qui est certain c'est qu'on ne fera rien avancer en restant chez soi les bras croisés.
 
Vous semblez faire peu de cas des évolutions de société qui portent aujourd'hui les débats sur la parenté, la famille… les modèles familiaux ont évolué, sinon en droit, du moins dans les faits : pourquoi la loi ne devrait-elle pas accompagner ces évolutions ?
Les situations de famille ont toujours été très variées. Il ne faut pas croire que les familles recomposées soient une nouveauté par exemple : l'ancien droit connaissait parfaitement cette réalité des recompositions, non pas après divorce mais après veuvage, et c'était d'ailleurs déjà compliqué à l'époque, comme en témoigne l'histoire de Cendrillon. Les situations sont diverses, mais les modèles, c'est autre chose. Pour s'en tenir à la filiation, elle découle de l'acte de naissance et indique à chacun de qui il est né. C'est le modèle : ensuite, les circonstances de la vie vont susciter des situations très différentes mais cela ne change pas la réalité première que les parents sont ceux qui sont à l'origine de la vie de l'enfant. D'autres peuvent remplacer ces parents d'origine pour des raisons diverses et le droit accompagne déjà tout cela. Mais ces situations de fait ne justifient en rien que la loi organise de priver certains enfants, délibérément et définitivement, de père ! À ce compte-là, certains enfants sont élevés par des grands-parents, ou parfois par trois ou quatre adultes : la loi va-t-elle pour autant confondre parents et grands-parents, pour tenir compte de ces réalités, ou organiser la réalisation d'un projet parental à trois ou quatre adultes ? Accompagner, oui bien sûr, mais accompagner ne signifie ni institutionaliser tout ce qui existe, ni réaliser tous les désirs.

Paru sur Figarovox, 13 avril 2018
 Aude Mirkovic est docteur en Droit de l'Université Panthéon-Assas et maître de conférences en Droit privé.
Porte-parole de l'association des Juristes pour l'enfance, elle vient de publier
La PMA, un enjeu de société (Artège, 2018).

 

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