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MONTETY de  Etienne

MONTETY de Etienne

Né le 2 mai 1965
Marié – 5 enfants
 
Journaliste,

Ecrivain
 

Maîtrise de droit et sciences politiques
DESS de sciences politiques
 
Directeur adjoint de la rédaction du Figaro
Directeur du Figaro littéraire (depuis 2006)
Dirige également les pages "Débats Opinions" du quotidien depuis 2008
Anime une chronique quotidienne intitulée "Encore un mot".
 
Ouvrages
- Thierry Maulnier (biographie) (1994) -  Salut à Kléber Haedens (1996) - Honoré d’Estienne d'Orves, un héros français (2001)     Prix littéraire de l'armée de terre - Erwan Bergot en 2001 - Des Hommes irréguliers (2006) - L’Article de la mort (2009) - Encore un mot : billets du "Figaro" (2012) - La Route du salut (2013) -

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Intelligence

Publié dans A tout un chacun
Intelligence

Est-ce l’effet Bureau des légendes, cette série mettant en scène la vie quotidienne d’agents de la DGSE, à Paris, Alger ou Téhéran, les services secrets français ont le vent en poupe. Dans un contexte de restriction budgétaire, leurs effectifs grossissent.

Certes, dans une époque qui sacralise la transparence, ce type d’organisme a quelque chose de mystérieux qui peut nourrir les fantasmes. Les confidences d’un président de la République révélant que la France procède à des homicides les alimentent forcément. Mais si l’on écarte les rumeurs et les polémiques inutiles, la "Boîte" (l’un des surnoms de la DGSE) a de quoi attirer.

En 2017, loin des stéréotypes véhiculés par le cinéma et la littérature, un service de renseignements recrute des garçons et des filles de leur temps, des étudiants spécialistes de civilisation arabe ou férus d’Extrême-Orient mais également à l’aise avec les technologies numériques - l’affaire Snowden a montré l’importance de ces réseaux immatériels.

Aujourd’hui, la France intervient au Mali et en Irak. Ses intérêts lui commandent d’être présente et active partout dans le monde. Elle doit se prémunir contre des actions conduites ou téléguidées depuis Mossoul ou Raqqa (comme le fit Rachid Kassim, dont la mort a été récemment annoncée). Cela nécessite des agents au plus proche de ces cibles, mais aussi glanant des centaines d’informations en amont. Pour ces activités vieilles comme la guerre, les Anglo-Saxons utilisent le mot "intelligence". Jamais les missions modernes n’ont mieux mérité ce qualificatif.

Ils sont ingénieurs, polyglottes ou "geeks" (as en informatique). Leurs faits d’armes ne font pas la une des médias, ils ne sont jamais félicités publiquement. Leurs échecs, leurs pertes sont laissés dans l’ombre. Il y a une belle abnégation dans leurs missions. Au même titre que leurs camarades œuvrant sur les théâtres d’opérations extérieures ou à la surveillance du territoire, ils sont au service de la France.
Paru dans Le Figaro, 13 février 2017

Le sacrifice et les égoïsmes

Publié dans En France
Le sacrifice et les égoïsmes
 
Quelle image restera de François Hollande et d’Angela Merkel réunis ce dimanche devant la nécropole de Douaumont, aux portes de Verdun, pour la célébration du centenaire de la fameuse bataille ? Un geste témoignant de la réconciliation des deux pays jadis frères ennemis ? Une parole, après tant d’autres, évoquant avec solennité la paix régnant aujourd’hui en Europe ?
 
C’était il y a cent ans. Deux armées s’arc-boutaient sur leurs positions établies au bord de la Meuse. Trois cents jours durant, les deux états-majors engagèrent des troupes pour garder, conquérir puis reprendre des points aujourd’hui mémorables, notamment les forts de Douaumont et de Vaux, quoi qu’il dût leur en coûter.
Le courage des combattants français, ravitaillés par la célèbre Voie sacrée et emportant la victoire finale, a contribué à élever la ville de Verdun au rang de symbole de la ténacité nationale dans l’adversité.
Pendant dix mois, des dizaines de milliers de soldats sacrifièrent leur confort, leur santé, et pour 163 000 d’entre eux jusqu’à leur vie, pour défendre ce qu’on pourrait nommer l’intérêt général, en l’occurrence le salut du pays, sa liberté et sa prospérité.
 
Il y a quelque ironie, et quelque tristesse, à observer que la commémoration de Verdun, prévue de longue date, tombe au beau milieu d’une actualité pour le moins chaotique : manifestations, violences, grèves, blocages des transports, et encore récemment des dépôts de carburants. Soit une minorité de syndicalistes et d’activistes sacrifiant ce même intérêt général pour la préservation de leurs avantages catégoriels.
Il y a là aussi un symbole, mais hélas celui-ci est navrant, composé d’égoïsme, d’inconscience et de corporatisme, comportements d’autant plus choquants que dimanche le président ne manquera pas de saluer les vertus d’abnégation, de responsabilité et de solidarité qui firent la force invincible de la France.

Paru dans Le Figaro du 28 mai 2016

Un nom immaculé

Publié dans Devant l'histoire
Un nom immaculé
 
Le pays entier se souvient de Verdun.
Il célèbre ces dix mois où l'armée française tint bon dans la boue sous la mitraille allemande lancée à l'assaut de la ville et de ses forts.
Le général Joffre fit entrer la bataille dans l'histoire, en déclarant à l'instar d'un Napoléon : "Vous serez de ceux dont on dira : "ils ont barré aux Allemands la route de Verdun" ".
Les deux tiers de l'armée française furent engagés dans la bataille. C'est pourquoi Verdun symbolise, plus que les taxis de la Marne, plus que la Somme, la guerre des Français entre 1914 et 1918.
 
En écoutant le récit de cette année terrible, notre époque admire la conduite des poilus et de leurs officiers, stupéfaite par leur résistance à la souffrance, leur ténacité. Parmi eux, on trouve Maurice Ravel, le lieutenant-colonel Driant (Danrit en littérature), le général Pétain et le capitaine de Gaulle, mais aussi des dizaines de milliers de Français, paysans et ouvriers, tous au coude-à-coude dans les tranchées et dans l'assaut. Cent ans après, l'évènement nous paraît démesuré, inhumain rapporté à nos existences contemporaines.
Le septième cercle de l'enfer de Dante.
 
Verdun brille aujourd'hui dans le ciel de notre mémoire collective comme un nom immaculé. Personne ne se risquerait à critiquer ce fait d'armes. Ce n'est pas le cas de tous, même dans la Grande Guerre. On se souvient encore du premier ministre Lionel Jospin qui en 1998 jugea utile de rendre justice aux mutins de 1917 (600 soldats), au risque de faire passer au deuxième plan les millions de héros anonymes qui accomplirent sans broncher leur devoir de citoyen.
 
La bataille d'Austerlitz a été passée sous silence en 2005 pour cause de polémique sur le rétablissement de l'esclavage par Bonaparte. La colonisation, la collaboration, la guerre d'Algérie, autant de débats historiques infinis, où la polémique vient souvent obscurcir l'essentiel.
Rien de tout ça avec Verdun. Avec cette commémoration, la France d'aujourd'hui salue la France d'hier faisant face à l'adversité, fidèle à son serment : "On les aura".

Paru dans Le Figaro, 20 février 2016

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