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MONTETY de  Etienne

MONTETY de Etienne

Né le 2 mai 1965
Marié – 5 enfants
 
Journaliste,

Ecrivain
 

Maîtrise de droit et sciences politiques
DESS de sciences politiques
 
Directeur adjoint de la rédaction du Figaro
Directeur du Figaro littéraire (depuis 2006)
Dirige également les pages "Débats Opinions" du quotidien depuis 2008
Anime une chronique quotidienne intitulée "Encore un mot".
 
Ouvrages
- Thierry Maulnier (biographie) (1994) -  Salut à Kléber Haedens (1996) - Honoré d’Estienne d'Orves, un héros français (2001)     Prix littéraire de l'armée de terre - Erwan Bergot en 2001 - Des Hommes irréguliers (2006) - L’Article de la mort (2009) - Encore un mot : billets du "Figaro" (2012) - La Route du salut (2013) -

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Lorsque Greta paraît

Publié dans Du côté des élites
Lorsque Greta paraît  (Greta Thunberg devant l'Assemblée nationale)
 
Ce mardi, en pleine canicule, des parlementaires reçoivent à l’Assemblée nationale Greta Thunberg, la jeune militante de la cause climatique censée apporter un peu d’air frais sur le sujet. Apprenant sa venue, précédée d’un murmure flatteur, on songeait à la définition de la jeune fille par Flaubert - horresco referens : "Articuler ce mot timidement. Toutes les jeunes filles sont pâles et frêles, toujours pures." C’est dans le Dictionnaire des idées reçues ; à l’évidence, celles-ci ont toujours cours.
Lorsque Greta paraît, comment ne pas applaudir à grands cris ? La scénographie est parfaite. "Pâle et frêle", "pure" donc, elle vient de Suède, le pays des Nobel et du fameux modèle social, dont les arpents de neige disent assez le caractère immaculé de sa cause. Ses faits d’armes ? Être allé à Davos en train plutôt qu’en avion, avoir lancé avec succès des grèves scolaires pour le climat et surtout, surtout, morigéner et culpabiliser ses auditoires de puissants. Comme dans la chanson, Greta dit non, non, non, sans guère expliciter ses solutions pour sauver la planète, puisque telle est la mission qu’elle s’est octroyée. Il faut selon elle "serrer le frein à main". Toutefois, on ne sache pas qu’elle soit encore allée proposer cette conduite en Chine et en Inde, deux des plus gros pollueurs de la planète. Elle réserve ses flèches aux courtois, trop courtois, dirigeants occidentaux.
Sa candeur et sa belle intransigeance sont de son âge, qui est sans pitié. Dans notre époque "juvénolâtre", il la désigne même pour nous instruire sur la situation du climat.
Car ce qui est incroyable, c’est de voir une société s’en remettre à une toute jeune fille pour aborder des problèmes dont les spécialistes assurent qu’ils sont complexes, certains peut-être déjà insolubles, et surtout pleins de paradoxes.
Nous vivons dans un monde curieux : sceptique, revenu de tout, se défiant de ses élus et des experts ; et voilà que, contre toute raison, il demande à une enfant d’être sa princesse.

Paru dans Le Figaro, 23 juillet 2019

La dignité d'un homme

Publié dans A tout un chacun
La dignité d'un homme
 
C’est fini. Vincent Lambert, cet homme dont l’avenir a tenu en haleine la France entière, est entré dans le grand mystère de la mort. Une certitude : le voici dans la paix.
Sa famille se déchirait à son sujet. Les médecins aussi se divisaient sur l’état d’un malheureux reclus dans une zone obscure de la vie, en état "pauci-relationnel". On allait de procédures en recours, d’appels en cassation.
Qui n’a été étreint par l’émotion devant le sort incertain et cruel qui lui fut réservé durant des années ? Chacun sentait bien que cette affaire ne se limitait pas aux procédures judiciaires, ni aux décisions médicales, mais engageait toute la société et sa conception de la dignité humaine.
Le contexte passionné, le tumulte médiatique qui l’entourait n’ont pas facilité la réflexion. Était-on dans une "obstination déraisonnable" autorisant, selon les termes de la loi, qu’on mette fin aux traitements ? Mais la nutrition et l’hydratation sont-elles vraiment des "traitements" ? Alors, comment qualifier leur interruption ?
C’est fini, mais l’histoire tragique de Vincent Lambert continue de nous hanter : qu’est-ce qu’une vie ? par quoi se définit-elle ? Malgré les avancées pour un meilleur accueil des malades, des personnes handicapées, des personnes âgées, un air du temps pousse à évaluer une vie par son "utilité", sa "productivité". À cette aune, les jours d’un homme dans un état "pauci-relationnel" ne valent guère.
La médecine fait des prouesses et, partant, elle fait bouger les lignes longtemps intangibles de la conception et de la mort. Ses progrès donnent le vertige et font naître des questions qui ne manqueront pas de se poser lors des débats bioéthiques qui s’annoncent - demain sur la PMA et un jour sur l’euthanasie ou la GPA. Quels principes doivent-ils nous guider ? Faut-il faire systématiquement droit au "désir", celui d’enfanter, celui de mourir ? Faut-il se soumettre à la performance médicale ? À la rentabilité économique ? Notre temps enivré de puissance technologique et scientifique doit impérativement retrouver le chemin de la sagesse.

Editorial, paru dans Le Figaro, 12 juillet 2019

Le maillon d’une chaîne (SNU)

Publié dans En France
Le maillon d’une chaîne
 
Depuis quelques jours, les 2000 premiers volontaires du service national universel ont revêtu un uniforme tricolore appelé à devenir familier de tous les jeunes Français de 15-16 ans. Le SNU intervient un quart de siècle après la suppression historique du service militaire. Vingt-cinq ans : une génération a été privée d’un creuset, sans qu’aucune initiative pour le remplacer ne soit vraiment mise en place.
La conscription d’hier, la levée en masse, la patrie en danger, et le SNU d’aujourd’hui, la comparaison entre les deux dispositifs est-elle opportune ? La première avait été conçue pour défendre nos frontières ou nos intérêts. C’était le but vers quoi tendaient tous les Français. Les vertus de ce système, la cohésion nationale, le patriotisme qui en résultaient n’étaient que sa conséquence.
Le SNU est d’une autre essence. La fonction de défense est aujourd’hui assurée par une armée de professionnels ; la guerre moderne est ainsi faite que la sécurité de la France ne tient plus seulement à la solidité de la ligne bleue des Vosges mais à la présence d’unités expérimentées au Mali ou en Irak.
Initiation au bien commun, incitation à l’engagement, découverte du goût de l’effort, le SNU a sa raison d’être, et peut-être aujourd’hui plus que jamais. On sait la place que tiennent dans la mentalité contemporaine l’individualisme, le communautarisme, le consumérisme, souvent encouragés par le discours dominant.
Il ne sera efficace que s’il est le maillon d’une chaîne d’éducation commencée en famille, et poursuivie dans l’Éducation nationale et dans les divers services socio-éducatifs. Il devra être leur prolongement sinon leur parachèvement. S’il restait isolé, ou s’il était critiqué, contredit par d’autres pôles d’éducation, le service national universel ne resterait qu’une sympathique démarche aux effets limités : "Une colonie de vacances de l’État", craignent déjà ses détracteurs.
Mais qu’il tienne ses promesses de réunir et de former une jeunesse fragmentée, marquée par l’inégalité, avant son entrée dans la vie active, alors il méritera pleinement son nom de SNU: service nécessaire et utile.

Paru dans Le Figaro, 24 juin 2019

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