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MONTETY de  Etienne

MONTETY de Etienne

Né le 2 mai 1965
Marié – 5 enfants
 
Journaliste,

Ecrivain
 

Maîtrise de droit et sciences politiques
DESS de sciences politiques
 
Directeur adjoint de la rédaction du Figaro
Directeur du Figaro littéraire (depuis 2006)
Dirige également les pages "Débats Opinions" du quotidien depuis 2008
Anime une chronique quotidienne intitulée "Encore un mot".
 
Ouvrages
- Thierry Maulnier (biographie) (1994) -  Salut à Kléber Haedens (1996) - Honoré d’Estienne d'Orves, un héros français (2001)     Prix littéraire de l'armée de terre - Erwan Bergot en 2001 - Des Hommes irréguliers (2006) - L’Article de la mort (2009) - Encore un mot : billets du "Figaro" (2012) - La Route du salut (2013) -

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Benoit XVI chez Luther

Publié dans De par le monde

Ainsi donc Benoît XVI s’en est venu à Erfurt, la ville du moine Luther. Pour un pape souvent présenté par la vulgate comme fermé, intransigeant, le geste est à saluer. Il s’y est présenté comme "évêque de Rome" - le titre n’est pas neutre et dit assez l’humilité et le grand sens diplomatique du chef de l’Église catholique. Qu’a-t-il dit aux représentants de l’Église réformée ? Il y a fait l’éloge de celui qui rompit violemment au XVI° siècle avec son prédécesseur, Léon X, et souligné sa passion d’un "Dieu miséricordieux" : "Qui aujourd’hui se préoccupe de ça, même parmi les chrétiens ? "a demandé le Pape à une Allemagne en proie à une crise spirituelle profonde et ancienne. Il a également exalté à plusieurs reprises le patrimoine commun existant entre les chrétiens de confession catholique et protestante : la foi en un Dieu trinitaire. Comme si les différends sur la présence réelle ou la Vierge Marie, pour capitaux qu’ils soient, ne devaient pas empêcher l’engagement des croyants côte à côte, pour le bien de l’homme. Aux yeux de Benoît XVI, ces "grandes choses que nous avons en commun" fondent un "ethos chrétien".C’est pourquoi il a tendu la main à ses hôtes pour relever ensemble ce qu’il estime être l’immense défi lancé aux "Églises confessionnelles historiques" D’abord le pullulement des nouvelles formes de religiosité, des sectes chrétiennes "de faible densité", "avec peu de bagage rationnel et encore moins de bagage dogmatique" et qui déferlent sur l’Afrique et l’Amérique latine. Ensuite le sécularisme. Sur cette terre de prospérité qu’est l’Allemagne, le Pape a dénoncé "l’hybris du pouvoir", "la corruption des grands", "l’addiction à la jouissance". "Comme chrétiens, a encore dit le Pape, nous devons défendre la dignité inviolable de l’homme, de la conception à la mort". En Allemagne comme en France, ces mots parlent à ceux qui les entendent. Au cours de cette journée à Erfurt, Joseph Ratzinger n’a pas hésité à utiliser une image, celle des martyrs du nazisme, catholiques et protestants, unis jusqu’au sacrifice dans la lutte contre le totalitarisme païen. En Allemagne, cette référence n’est pas anodine. Aurait-il voulu frapper les esprits, insister sur l’urgence de la mobilisation pour sauver un monde malade, qu’il n’aurait pas parlé autrement.
Paru dans Le Figaro, 24 septembre 2011

Morts pour la France

Publié dans En France

résonne douloureusement à nos oreilles, comme un funeste écho du voyage que vient d’effectuer le président de la République en Afghanistan. Celui-ci venait confirmer le désengagement des troupes à partir de 2012. Le même jour, le Parlement français avait voté largement et sans grand déchirement la poursuite des opérations militaires contre le régime du colonel Kadhafi. Les images le montrent quotidiennement : la France est dotée d’une armée. L’actualité récente le confirme : elle est aussi dotée d’une politique de défense, avec à sa tête un chef qui décide des nécessités d’intervention, du nombre d’hommes et des matériels à envoyer et, le cas échéant, des retraits à effectuer.
Cette politique a un prix, ses morts - 69 à ce jour en Afghanistan. Ils sont le revers de la médaille que la France pourrait arborer pour son engagement, en Afrique, au Kosovo, au Liban, etc. Comment le pays peut-il honorer noblement ses enfants qui meurent dans des guerres lointaines, parfois dans l’indifférence générale ? Leur sacrifice a-t-il moins de prix que celui des poilus de Verdun ou des pioupious d’Algérie ? Jadis la conscription faisait de l’armée l’affaire de chacun. L’armée professionnelle est-elle l’affaire de tous ? Si la France a délégué le succès de ses armes à des professionnels, la notion de défense doit être communément partagée. Un défilé annuel sur les Champs-Élysées ne suffit pas. Les autorités civiles et militaires réfléchissent à ce sujet. Elles ne voudraient pas que l’émotion nationale soit seulement fonction de circonstances médiatiques : pleurs de joie (légitimes) pour le retour des otages d’Afghanistan, résignation polie et silencieuse pour les soldats tués dans le même pays : les deux événements sont pourtant liés. Une idée chemine : solenniser le retour des cercueils des morts pour la France. Une réflexion est également conduite pour l’érection, à Paris, d’un monument aux morts en opérations extérieures - environ 600 hommes depuis la fin de la guerre d’Algérie. Sous quelle forme ? Où ? Le général de Gaulle avait peur que la croix de Lorraine de Colombey ne soit seulement fréquentée par les lapins de garenne. Pourtant c’était de Gaulle… Ce monument ne sera utile que s’il permet au passant de s’arrêter et d’avoir une pensée pour celui dont le nom figure, suivi de la terrible et prestigieuse mention "mort pour la France". Mort pour la France, c’est-à-dire pour la liberté et le bien-être de chacun.

Le Figaro
, 14 juillet 2011

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