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MONTETY de  Etienne

MONTETY de Etienne

Né le 2 mai 1965
Marié – 5 enfants
 
Journaliste,

Ecrivain
 

Maîtrise de droit et sciences politiques
DESS de sciences politiques
 
Directeur adjoint de la rédaction du Figaro
Directeur du Figaro littéraire (depuis 2006)
Dirige également les pages "Débats Opinions" du quotidien depuis 2008
Anime une chronique quotidienne intitulée "Encore un mot".
 
Ouvrages
- Thierry Maulnier (biographie) (1994) -  Salut à Kléber Haedens (1996) - Honoré d’Estienne d'Orves, un héros français (2001)     Prix littéraire de l'armée de terre - Erwan Bergot en 2001 - Des Hommes irréguliers (2006) - L’Article de la mort (2009) - Encore un mot : billets du "Figaro" (2012) - La Route du salut (2013) -

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Droit de vivre

Publié dans A tout un chacun
Droit de vivre
 
Le rapport Claeys-Leonetti remis vendredi à François Hollande n'épuisera probablement pas le débat sur la "fin de vie".
Notre société ultramédicalisée a rendue ténue la frontière entre la vie et la mort. Et, dans le même temps, elle ne cesse d' "évacuer" celle-ci (le mot est de Jean Leonetti lui-même). Ecrasé par cette perspective, projetant dans les situations de détresse qu'il observe à l'hôpital l'angoisse de son propre sort, l'homme moderne paraît désemparé. Témoin, le vocabulaire qu'il utilise. On ne meurt plus dans notre époque douce et froide : on "part".
Les mots ont leur importance dans ce dossier sensible. Ainsi "le droit de mourir dans la dignité", expression fétiche des militants de l'euthanasie qu'a reprise hier le président de la République. Le droit est-il suffisant pour prendre en compte toutes les facettes de la fin de vie ? Au reste, quel droit pour un malade dont la fin est proche ? Droit de mourir ou au contraire droit de vivre ses derniers moments entourés de la bienveillance et de la compassion de sa famille et du corps médical ?
 
"Droit de mourir dans la dignité", "droit à l'enfant" et, partant, "droit" à la nationalité pour celui-ci (la décision du Conseil d'Etat validant la circulaire Taubira sur les enfants nés à l'étranger par GPA est à cet égard instructive), voici que l'homme moderne s'avance jusqu'aux deux extrémités de la vie, jadis intangibles. Il veut avoir prise sur elles, fort de son droit et des avancées de la science.
Que va-t-il faire ?
S'orienter vers un monde où la question de la naissance et de la mort est abandonnée aux médecins et aux parlementaires. Ou se mobiliser pour redonner du prix à toute existence, fût-elle amoindrie par la maladie, la pauvreté, le handicap, et conférer à sa fin une signification magnifique.
 
L'homme peut bien conspirer contre la vie. La technique le lui permet. La loi l'y autorisera, un jour ou l'autre. Et après ? Au fond de lui résonne une voie intérieure qu'il ne parviendra jamais à chasser complètement : "Qu'as-tu fait de ton frère ?"

Editorial, paru dans Le Figaro, 13 décembre 2014

La star et le saint

Publié dans Au delà
Dimanche, le pape François canonisera deux de ses prédécesseurs Jean XXIII et Jean Paul II. C'est dans les pas de Karol Wojtyla que Bergoglio semble avoir mis les siens. Entre le Polonais qui fit sortir il y a trente-cinq ans le Vatican d'Italie et l'Argentin qui le fait maintenant sortir d'Europe, que de points communs. Leurs pontificats semblent également placés sous le signe de la liberté. Une photo célèbre montre François affublé d'un nez rouge. Jean Paul II non plus n'avait pas son pareil pour jouer avec les photographes du monde entier. Par leurs initiatives personnelles ou pastorales, leurs déclarations, les deux hommes ont en commun d'aimer surprendre une époque avide de nouveauté.
C'est ainsi , le caractère prophétique de leur mission de Vicaire du Christ passe par les médias, les petites phrases et les images fortes qui leur assurent une immense popularité.
Mais s'il n'y avait que de sympathiques anecdotes pour résumer leur action, qu'est ce qui les différencierait des rockers en tournée, ou des acteurs du Festival de Cannes ?
C'est que le souverain pontife, hier Jean Paul II aujourd'hui François, se sert de ce magistère international que lui offre la modernité non pour accroître sa notoriété mais pour prêcher à temps et à contretemps. Il n'a pas à plaire à ses fans, pas davantage à se soucier de sa réélection.
L'annonce de l'Evangile à un monde en crise, l'exhortation à la paix, la dénonciation du sort injuste fait à l'enfant à naître, au pauvre, au malade, au vieillard menacé, François, à l'instar de son prédécesseur, ne manque jamais une occasion de rappeler les hommes à la sagesse. Il ne mâche pas ses  mots. Il n'a cure d'on-ne-sait quels "éléments de langage". Car un pape ne parle jamais en son nom mais au Nom de Celui qui l'a envoyé.
C'est d’ailleurs toute la différence entre une star et un saint.
Paru dans Le Figaro, 26 avril 2014

Jeanne d'Arc, femme de l'année 2012

Publié dans En France

Vendredi, le président de la République s'en est allé à Domrémy présenter les hommages du pays à Jeanne d'Arc. Une héroïne de 600 ans, au visage et à l'héritage intacts. Par quelque aspect que l'on prenne la vie de la Pucelle, son enfance, ses exploits en armes, son attitude à son procès, que l'on retienne ou non l'acception spirituelle du mot, Jeanne est la "patronne" de la France.
Gambetta, Jaurès, Michelet, Péguy, de Gaulle, Anouilh s'en sont faits, chacun à sa manière, les chevaliers servants. Et c'est la IIIe République, celle des lois anticléricales, qui vota un jour de fête nationale en son honneur: la Grande Guerre était passée par là et le besoin d'union sacrée.
Qu'est-ce qui peut frapper nos contemporains dans le destin exceptionnel de cette jeune fille ? L'irruption d'une figure nouvelle, surgie de nulle part et s'imposant en quelques mois pour retourner le sort en faveur de la France. Dans un pays à l'identité en crise (le XVe siècle, quel maelström), une Antigone en chair et en os se prévalait de saint Michel plutôt que de Cauchon, c'est-à-dire du Ciel. Une nouvelle fois, le salut venait d'une femme.
Dans un pays où une partie des élites avaient trahi, compromises et discréditées, une petite bergère montrait le chemin du redressement, en "gouvernant d'un seul mot le rustre et le soudard". Elle en remontrait aux hommes. Les faits d'armes parlaient d'eux-mêmes. Plus troublant : devant le tribunal, elle parlait à ses juges, des experts, avec une lucidité surnaturelle. Elle faisait croire aux miracles.
Les minutes de son procès l'attestent : elle avait du courage et de l'insolence. Ce sont des vertus qu'il faut cultiver sans cesse.
"Aucun parti, dira Barrès, n'est étranger à Jeanne d'Arc et tous les partis ont besoin d'elle. Pourquoi ? Parce qu'elle est cette force mystérieuse, cette force divine d'où jaillit l'espérance."
Jeanne d'Arc, femme de l'année 2012.

Paru dans Le Figaro, 7 janvier 2012

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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