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PINTON Michel

PINTON Michel

Né le 23 décembre 1937
 
 
 
 
 

Ecole Polytechnique
École nationale de la statistique et de l'administration économique (ENSAE)  

Fonctions diverses de direction d’entreprises
Maire de Felletin (Creuse) (1995 - 2008)
 
Fondateur, Délégué général puis Secrétaire général de l’Union pour la Démocratie Française (UDF)
Député au parlement européen
 
A titre bénévole,
Fondateur, Vice-président puis Président de France-initiative (réseau d’aide à la création d’entreprises)
   
      
 

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Macron, un nouveau Giscard ?

Publié dans Du côté des élites
Macron, un nouveau Giscard ?
 
Il y a beaucoup de similitude entre Emmanuel Macron et Valery Giscard d’Estaing. L’un et l’autre sont issus de la même école, l’ENA ; l’un et l’autre ont fait l’apprentissage des affaires publiques dans le corps de l’inspection des finances ; l’un et l’autre ont accédé à la magistrature suprême en bousculant les appareils partisans de la droite et de la gauche ; l’un et l’autre ont commencé leur mandat avec l’auréole de la jeunesse et du changement ; l’un et l’autre, enfin, se sont proclamé centristes, libéraux et européens et ont annoncé que leur action obéirait à ces trois principes. Il n’en faut pas plus pour soulever une question simple : Macron est-il voué à échouer comme Giscard ou réussira-t-il  la "révolution" que son prédécesseur n’a pu mener à bien ?
Ayant été mêlé de près aux projets et aux décisions qui ont marqué le septennat giscardien, je crois pouvoir apporter quelques éléments de réponse. Avant de les présenter, il me semble indispensable de faire une réserve importante : il est hasardeux de juger un Chef d’Etat sur ses intentions ; ses actes peuvent s’en écarter. Le programme que, par exemple, Hollande avait présenté aux Français en 2012, a peu de points communs avec les décisions de son quinquennat. Nous ignorons tous, y compris l’intéressé, ce que Macron fera quand il se heurtera aux réalités des années à venir.
Si donc nous nous limitons au projet présenté par notre nouveau Président, nous arrivons à une constatation étonnante : Macron semble n’avoir tiré aucune leçon du destin de son prédécesseur. Rien ne montre qu’il ait réfléchi aux causes de son échec. Pour cette raison, il risque de connaitre un sort comparable. 
Entrons dans une description plus précise.
 
Tous deux se proclament d’abord des libéraux. Qu’entendent-ils par ce terme ? Principalement une politique qui ouvre notre société à la concurrence mondialisée. Elle met sa confiance dans l’énergie et l’imagination de nos chefs d’entreprise. Giscard avait commencé de démanteler l’appareil de contraintes et de procédures qui les plaçait sous la tutelle de l’Etat. Il leur avait rendu la liberté des prix. Il avait mis fin aux autorisations administratives de licenciement. Macron entend aller plus loin. Il a annoncé son intention de "simplifier" le code du travail (entendez : en assouplir les obligations contractuelles) et de diminuer les prélèvements qui pèsent sur les employeurs. Il en attend, comme son prédécesseur, des entreprises plus compétitives, des salariés plus productifs et des embauches plus nombreuses.
Les espoirs de Giscard ont été déçus. Son septennat a été marqué par les débuts du chômage de masse, de la précarité des emplois et de l’exclusion des plus pauvres. Il a bien essayé d’éviter ces trois fléaux en augmentant fortement les indemnités de licenciement, les allocations de chômage et les budgets de formation permanente. Mais sa parade s’est avérée à la fois très coûteuse et peu efficace. Les finances publiques en ont été fortement déséquilibrées sans que le nombre des marginalisés fut réduit. Macron n’a pas imaginé d’autre remède. Il propose de pallier les effets mauvais de la mondialisation en accroissant encore l’assistance à ses victimes : il veut faire de l’assurance-chômage un droit universel, augmenter les indemnités de licenciement et lancer un plan "inédit" de formation et qualification. Il parie qu’en allant plus loin que Giscard sur la même voie, il va déboucher sur une issue.  L’expérience montre qu’il risque fort d’entrainer notre pays dans un système encore plus coûteux sans être plus efficace.
 
Façonné par l’ENA, Giscard était persuadé que l’Etat et lui seul avait la capacité de courir au secours des individus broyés par le marché libre. En plus des prestations versées sous la surveillance vigilante des administrations, il a tout naturellement confié le monopole des offres d’emploi à une agence publique. Macron, qui a reçu la même formation que son prédécesseur, accentue son choix. Il a annoncé son intention de nationaliser les organismes qui gèrent l’assurance–chômage et ceux qui s’occupent de formation professionnelle.  Il n’a tiré aucune leçon de l’expérience des quarante dernières années. Il ne voit pas que la centralisation administrative des affaires sociales déshumanise l’aide aux démunis, accroît démesurément son coût et la rend plus lourde et plus opaque.
 
On sait aujourd’hui que l’adaptation d’une nation au défi de la mondialisation dépend beaucoup plus de l’agilité de ses territoires que des règlements imaginés par ses bureaucraties centrales. Giscard l’ignorait ; il a négligé d’étendre la décentralisation initiée par Charles de Gaulle. Son erreur était celle de sa génération. Mais il est étrange qu’aujourd’hui Macron soit encore plus indifférent à cette grande tâche nationale que son prédécesseur d’il y a un demi-siècle. Son programme n’en dit à peu près rien. Il va même au rebours des nécessités de notre époque : en nationalisant la taxe d’habitation, il réduit la liberté communale au lieu de l’élargir.
 
Libéralisme veut dire aussi, selon nos deux Présidents, extension des droits individuels, notamment sur le plan des mœurs. Giscard a créé le droit à l’avortement. Macron se dit prêt à donner aux couples de lesbiennes le droit à la PMA. Il n’a manifestement pas médité les leçons du passé. Heurter les consciences d’innombrables citoyens pour une cause discutable, c’est prendre la responsabilité de graves divisions dans l’opinion publique et ébranler l’autorité du Chef de l’Etat.
 
Après le libéralisme, l’Europe. Elle est le second pilier de la politique commune à nos deux Présidents. Giscard a fait naître le Parlement européen et préparé la venue de la monnaie unique. Macron ambitionne de créer un Parlement de la zone euro et veut lui donner un budget commun. Ils poursuivent le même but : une "union toujours plus étroite" entre les vingt-sept Etats-membres.
Mais la situation n’est plus la même. En 1974, "l’espérance européenne" semblait avoir l’avenir pour elle. Aujourd’hui elle est chargée de déceptions et de difficultés pratiques. L’euro, notamment, fait peser de lourdes contraintes sur la France. Il freine la compétitivité de nos entreprises. Il ralentit la croissance de notre production. Et, plus que tout, il nous oblige à équilibrer nos comptes publics. Or le déficit de nos recettes par rapport à nos dépenses est, en 2017, à la limite de ce que les autorités de Bruxelles peuvent tolérer, c'est-à-dire 3 % de notre produit national. Comment notre nouveau Président pourra-t-il à la fois être un Européen modèle, qui réduira l’excès des dépenses publiques, et financer ses multiples promesses de largesses nouvelles ? Ne s’est-il pas engagé à supprimer une part importante des cotisations sociales, accorder un droit universel aux allocations-chômage, recruter des dizaines de milliers de policiers et d’enseignants, investir "massivement" dans les hôpitaux, lancer un plan non moins massif de formation continue et d’autres débours encore ? La contradiction de ses intentions est trop flagrante pour ne pas l’obliger à un reniement. Je suis prêt à parier que la pression de Bruxelles sera la plus forte.  Macron lui cèdera. Mais il rendra son ambition européenne encore moins populaire. Il se souviendra peut-être à ce moment que la politique du "franc fort" a jadis mené Giscard à sa perte. Ce sera trop tard.
 
Il reste à examiner le troisième principe qui a guidé les deux hommes : le centrisme. C’est une doctrine qui rejette le "vieux clivage" entre droite et gauche, "système qui a été incapable" affirme Macron, "de répondre aux problèmes de notre pays depuis trente ans". Comme on le voit,  notre nouveau Président exonère Giscard de toute participation au "système".  Il pense, comme son lointain prédécesseur, que l’avenir appartient à des gouvernements capables de réunir les modérés des deux camps autour d’un programme équilibré qui prend à son compte les idées les plus raisonnables de droite et de gauche.    
En pratique, Giscard a gagné l’élection présidentielle en associant la droite modérée aux partis du centre. Il a ensuite essayé d’élargir sa majorité en attirant à lui les modérés de gauche. Aujourd’hui, Macron est arrivé au sommet en formant une alliance entre le centre et la gauche modérée. Il rêve de s’assurer une assise moins étroite en annexant les modérés de droite. Les deux Présidents ont pris des chemins différents mais vers le même but.
"L’ouverture" de Giscard vers le centre-gauche n’a guère eu de succès. Sa "société libérale avancée" est restée penchée sur son côté droit. La gauche a retrouvé sa cohésion et sa pugnacité en quelques mois. La droite, sonnée par sa défaite inattendue, a mis deux ans pour se ressaisir. Ensuite le centre, pris entre deux feux, s’est lentement effrité.
Est-ce le sort qui attend Macron et sa "République en marche" ? Nous le saurons dans peu de mois. Les contradictions dans lesquelles le candidat s’est enfermé, les difficultés qui vont l’assaillir, seront autant d’aubaines pour les familles traditionnelles de la droite et de la gauche. Alors elles reprendront des forces. Ceux qui proclament  l’avènement d’une ère nouvelle, une transformation radicale et définitive de notre paysage politique, s’extasient un peu vite.  

Michel Pinton, ancien secrétaire général de l’UDF

De Gaulle prend sa revanche

Publié dans En France
De Gaulle prend sa revanche
 
Le premier tour de l’élection présidentielle a suscité une telle profusion de commentaires qu’elle semble n’avoir plus rien à nous apprendre. Je n’en suis pas d’accord. Il reste à l’examiner sous un aspect qui, sauf erreur, n’a été évoqué nulle part. Je m’y risque ici en priant le lecteur de me pardonner l‘exposé sommaire d’un sujet difficile.
Chacun a pu entendre, depuis plusieurs mois, une affirmation proférée par plusieurs candidats et reprise avec insistance par des éditorialistes influents. Selon eux, l’actualité a prouvé que nos institutions politiques "sont à bout de souffle" et qu’il est indispensable de les changer. Mélenchon est allé jusqu’à promettre de convoquer, s’il était élu, une assemblée constituante chargée de fonder la VIè République.
En réalité, le premier tour de l’élection présidentielle a démenti l’argumentation des détracteurs de notre constitution. Il a été une revanche éclatante de Charles de Gaulle sur tous ceux qui veulent altérer son œuvre.
Voyons pourquoi.
               
Nos institutions ont été faites dans le but de rendre au peuple français la plénitude de son pouvoir souverain. Il l’exerce ordinairement en élisant lui-même, d’une part le Chef de l’exécutif, d’autre part une assemblée législative. De Gaulle tenait à cette distinction fondamentale parce que la mission du premier n’a rien à voir avec la nature de la seconde. Le Président est en charge du bien commun à la nation et il est le seul à pouvoir l’être. Les députés, regroupés selon leurs préférences partisanes, représentent des intérêts catégoriels.
L’expérience accumulée depuis près de soixante ans montre que les partis ne se résignent pas à demeurer confinés dans le législatif. Ils n’ont cessé, par des manœuvres indirectes mais constantes, de grignoter le domaine propre à l’exécutif. Les nouveautés qu’ils ont apportées par la "cohabitation", la réduction du mandat présidentiel, la concomitance des scrutins présidentiel et législatif, ont toutes eu un objectif caché : resserrer leur emprise sur celui des deux pouvoirs qui ne leur appartenait pas.
Ils ont pensé couronner leurs efforts en contrôlant l’élection du Président. De Gaulle voulait que le Chef de l’Etat fût choisi par le suffrage universel des citoyens à l’exclusion de toute investiture partisane. Son vœu a été contredit pour la première fois par François Mitterrand qui se présenta aux Français non pas comme gardien de l’intérêt général mais en tant que  dirigeant du "peuple de gauche" c’est à dire, plus prosaïquement, mandataire du parti socialiste. Poussant l’audace plus loin, les coalitions de droite et de gauche ont cru habile d’inventer les "primaires" par lesquelles leurs candidats se donnent une apparence de légitimité populaire.
                  
La prise en mains de l’élection présidentielle par les partis a un inconvénient grave. Elle brouille, dilue, escamote les grands enjeux nationaux. Par définition, la droite, la gauche et tout autre regroupement qui cherche à devenir majoritaire est voué à rassembler des intérêts disparates. Pour les retenir, leurs candidats sont obligés d’user d’équivoques, de compromis et de faux-semblants. Ils évitent les visions  tranchées, les choix clairs, les engagements forts qui accompagnent la recherche du bien commun.
La dérive institutionnelle de notre vie politique est la cause fondamentale de nos maux publics. Elle nous a menés à ces décisions sans portée, ces choix démagogiques, ces compromis branlants qui ont été la marque de la dernière décennie. Elle explique la lassitude et l’irritation d’un peuple qui n’a plus confiance dans le processus électoral.
De manière totalement imprévue, du moins pour l’auteur de ces lignes, le scrutin de dimanche dernier a fait sauter les digues dans lesquelles les partis pensaient canaliser la souveraineté populaire. Les électeurs rebelles ont donné leurs préférences à deux candidats qui n’appartiennent à aucune des formations dites de gouvernement, n’ont de comptes à rendre à aucun groupe parlementaire, ne sont passés sous les fourches caudines d’aucune primaire.
              
Le rejet massif des partis a une conséquence très heureuse. Au lieu des choix ambigus et réversibles des précédents scrutins, deux voies bien tracées sont cette fois proposées à nos suffrages. Face au défi primordial de notre époque qui s’appelle la mondialisation, Emmanuel Macron veut nous conduire vers plus de libre échange, plus d’intégration européenne, plus de multiculturalité. Marine Le Pen, à l’opposé, offre une politique de protection de nos frontières, d’affirmation nationale, d’autorité de l’Etat. Le peuple français est enfin face à une alternative claire.
 
Le scrutin de dimanche a une autre conséquence bénéfique. Il a bousculé le système détestable qui faisait du parti vainqueur de l’élection présidentielle le gagnant assuré de l’élection législative qui suivait. La proximité des scrutins avait été imaginée par la droite et la gauche, pour faciliter la confusion des deux pouvoirs à leur profit. Cette astuce qu’ils croyaient fructueuse devient pour eux un piège mortel. Ils en prennent conscience avec stupeur et effroi.
                
En un sens cependant, les Français ont poussé trop loin leur impatience à secouer le joug des partis. De Gaulle pensait que la sélection du Président par le suffrage universel favoriserait des personnalités dont la qualification au poste suprême serait visible aux yeux de tous, soit en raison de l’éclat de leurs services à la nation soit par leur capacité à incarner le bien commun. Il est difficile de croire que les responsabilités fugaces exercées par Macron au ministère de l’économie ou son programme vague et indolore lui donnent une qualification certaine. Quant à Marine Le Pen, elle n’a pas encore convaincu la majorité de nos concitoyens que son projet de rupture peut être exécuté sans secousses graves. Les inconvénients de la révolte des Français contre les partis sont sérieux. Ils font planer de lourdes incertitudes sur notre avenir. Mais toute libération ne comporte-t-elle pas des risques d’excès ?

La justice selon Hollande

Publié dans En France
La justice internationale selon Hollande
 
Il y a dix jours, quelques images diffusées par une milice de Syrie, étaient reprises par toutes les chaines de télévision et soulevaient une immense émotion médiatique. Elles montraient des civils, et plus particulièrement des enfants, allongés sur le sol et suffoquant. Les commentaires fournis par la milice en question indiquaient qu’ils étaient les victimes d’une attaque au gaz sarin. Aussitôt la presse désigna le coupable : c’était Bachar El Assad.
L’intéressé a rejeté l’accusation qui, à vrai dire, manquait de preuves. Il a demandé une enquête impartiale et dénoncé une falsification de la réalité. En vain. Les dirigeants français l’ont immédiatement condamné, suivis par les Anglais puis les Américains. Emporté par une juste indignation, le Président Trump a décidé de "punir" Bachar en lançant une salve de missiles sur une base de l’armée syrienne. Il a expliqué que l’humanité, horrifiée par le souvenir des hécatombes provoquées par l’utilisation du gaz moutarde pendant la première guerre mondiale, ne pouvait tolérer que, cent ans plus tard, un dictateur aux abois ose rompre le consensus universel qui interdit de telles armes. Il saurait, a-t-il dit, protéger à la fois sa nation et toutes les autres d’un retour à la guerre chimique. Il a été chaudement applaudi par notre Président qui n’a pas hésité à qualifier de "légitimes" les frappes américaines. Peu importe qu’aucune enquête qualifiée n’ait confirmé la responsabilité de Bachar, que Trump se soit attribué sans aucun mandat la mission de justicier international et que l’approbation bruyante de Hollande cache mal le malaise de la majorité des Etats. L’essentiel était de faire savoir au  monde entier que l’emploi  d’armes chimiques où que ce soit et par qui que ce soit se heurterait à des sanctions immédiates.
 
Huit jours ont passé. Voici qu’un général américain haut placé nous annonce avoir anéanti un nid de rebelles afghans affiliés, semble-t-il, à l’Etat islamique. Ils étaient cachés dans des grottes reliées entre elles par un réseau de tunnels. Plutôt que de risquer la vie de ses soldats dans un combat long et difficile, le Pentagone a choisi une méthode rapide et sans perte aucune : il a ordonné de lançer sur les insurgés une bombe –une seule- qui les a anéantis tous et sans délai. "Cette bombe (dite GBU 43) est la solution optimale pour venir à bout de tels obstacles" a déclaré le général avec satisfaction.
 
Je propose à mon lecteur  de nous  pencher quelques instants sur cette arme aussi merveilleuse que mystérieuse.
Sous sa forme actuelle, la GBU 43 est un monstre de 10 tonnes qu’aucun bombardier ne peut contenir.  On l’installe dans un avion de transport géant. Celui-ci la largue à plus de deux mille mêtres au-dessus de sa cible. Elle descend en dansant gaiement jusqu’à une distance au sol calculée à l’avance. Elle disperse alors dans l’air un immense aérosol, mélange de polystyrène, de poudre d’aluminium et de nitrate d’ammonium. Un détonateur y met le feu. L’air, l’eau et la terre, pénétrés de milliers de particules incandescentes, brûlent instantanément dans un rayon de plusieurs centaines de mètres. Rien n’y échappe.
Les effets dévastateurs de la "faucheuse de marguerites" -daisy cutter en américain- ne s’arrêtent pas à cette boule infernale.Son explosion provoque aussi une gigantesque surpression, à laquelle aucun mur, aucune porte blindée ne résistent. Son souffleest aussi puissant que celui  d’une bombe atomique de petit calibre. Même les mines enterrées dans le sol, lui cèdent. Elles sautent toutes en même temps.
Plus spectaculaire encore : pour entretenir sa combustion, Daisy Cutter (appelée aussi la Mère de toutes les bombes) aspire en son centre tout l’oxygène de l’air. Elle n’en laisse aucun résidu aux êtres vivants qui ont la mauvaise fortune d’être pris dans ses tourbillons. Les bunkers, les souterrains même, ne protègent pas contre cet effet-là. Ceux qui se croient à l’abri dans de profonds refuges, sont proprement asphyxiés. Selon les descriptions les plus précises, leurs poumons leur sont arrachés du corps.
              
Pour des généraux soucieux d’efficacité, la faucheuse de marguerites est une arme parfaite quand ils veulent  se débarrasser de rebelles afghans retranchés dans des montagnes difficilement accessibles. Mais, sur le plan de l’éthique, elle pose problème. Elle est, par sa nature même, une arme chimique. Elle est même une arme chimique de destruction massive qui, dans l’horreur, laisse loin derrière elle les bricolages au sarin auxquels se livrent les factions syriennes.
Trump ne semble pas se soucier de la contradiction dans laquelle il enferme la politique de son pays. Mais on sait que le personnage ne brille pas par la cohérence de sa pensée. Et Hollande ? On aurait pu imaginer qu’il s’indigne, condamne ou simplement s’inquiète, émette des réserves. Non. Cette fois, Il ne bouge pas. La France ne présente aucune motion au Conseil de sécurité des Nations-Unies ; notre ministre des affaires étrangères ne s’active pas à faire signer un communiqué commun aux Etats de l’Union européenne ; notre Président ne fait aucune déclaration publique, ne laisse filtrer aucune réprobation.
C’est cela la justice internationale selon François Hollande. Peut-être s’imagine-t-il servir ainsi la cause de l’humanisme et la grandeur de la France.
Michel Pinton, Ancien député au Parlement européen

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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