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PINTON Michel

PINTON Michel

Né le 23 décembre 1937
 
 
 
 
 

Ecole Polytechnique
École nationale de la statistique et de l'administration économique (ENSAE)  

Fonctions diverses de direction d’entreprises
Maire de Felletin (Creuse) (1995 - 2008)
 
Fondateur, Délégué général puis Secrétaire général de l’Union pour la Démocratie Française (UDF)
Député au parlement européen
 
A titre bénévole,
Fondateur, Vice-président puis Président de France-initiative (réseau d’aide à la création d’entreprises)
   
      
 

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La chancelière nous quitte

Publié dans Avec l'Europe
La chancelière nous quitte
 
La chancelière allemande a annoncé qu’elle mettrait fin à sa carrière politique dans trois ans. Sa décision a semé la consternation chez ses nombreux admirateurs à Berlin mais aussi à Bruxelles, Paris et même Washington. Pour eux, elle est une figure majeure de notre époque et une dirigeante indispensable. Elle défend avec une énergie inlassable, les valeurs les plus hautes du libéralisme avancé : les droits de l’homme, la libre circulation des biens et des capitaux, l’accueil généreux des migrants chassés de leurs pays, la soumission des intérêts nationaux à des règles universelles, impartiales et équilibrées. Sans elle, les grandes institutions qui soutiennent l’ordre libéral, comme l’Union européenne, l’Otan ou l’Organisation mondiale du commerce, seront-elles capables de résister aux assauts furieux des Trump, Poutine et autres Orban ?
 
Je n’ai jamais eu l’honneur de rencontrer madame Merkel. Ses idées me sont connues seulement par l’orientation de ses décisions publiques. Vues à travers ce prisme, elles sont assez claires pour m’avoir fait comprendre depuis longtemps que la chancelière n’est pas celle que ses zélateurs nous décrivent. Je vais essayer ci-après de peindre un portrait d’elle plus proche de la réalité.
 
Angela Merkel est essentiellement une fille de la culture prussienne. Sur le plan de la pensée et de l’action politiques, cette culture produit des personnalités qui associent sans effort apparent deux traits que nous Français pensons incompatibles : rigueur morale et cynisme pratique. Bismarck en a été le modèle le plus remarquable. Merkel est issue du même terreau. Comme son illustre prédécesseur, elle utilise tout naturellement une méthode qui mêle l’affirmation intransigeante de principes élevés et le calcul le plus égoïste. Nos dirigeants, formés à l’école de la politesse allusive et du compromis équilibré, en sont facilement désarçonnés. Napoléon III a été désorienté par les manœuvres de Bismarck. Sarkozy puis Hollande n’ont pas su comment s’opposer aux exigences de Merkel. Ils ont invariablement plié devant elle et ont souvent sacrifié l’intérêt français, au bien supposé de l’Europe et au bénéfice certain de l’Allemagne.
 
Mais ce serait faire trop d’honneur à la chancelière fédérale que de la hisser à la hauteur du Chancelier de fer. Il était un grand homme d’Etat, qui voyait loin, devinait le sens caché de l’histoire et savait anticiper les évènements. Elle n’est qu’une bonne ménagère qui s’active à tenir sa maison en ordre. Ses pensées et ses projets ne vont pas au delà des soins immédiats. Il a bâti une nouvelle Allemagne et imaginé une autre Europe. Elle se contente de gérer au jour le jour l’héritage de ceux qui ont reconstruit son pays et dessiné l’ordre actuel de notre continent. Avec elle l’action du gouvernement fédéral est tissée d’actions prudentes, de combinaisons timides et de choix à portée limitée.
 
Sa politique sans éclat serait une bonne chose pour l’Allemagne et pour l’Europe si le monde était immobile. La paix et la prospérité de nos peuples dépendent trop de la tranquillité germanique pour ne pas souhaiter qu’elle dure, fut-ce au prix d’une médiocrité assumée. Mais l’histoire a marché. L’ordre libéral dans lequel Merkel était si à l’aise, les premières années de son mandat, menace ruine. Des secousses violentes et inattendues – crise de l’euro, pression migratoire, arrachement du Royaume-Uni à l’Union européenne - ne cessent de l’ébranler. "Mutti" est dépassée par ces évènements imprévus. Elle y répond en s’accrochant obstinément à ses habitudes de bonne ménagère, comme si l’effondrement d’une maison pouvait être conjuré par des efforts accrus de propreté. La réalité glisse hors de ses doigts. La rigueur morale de l’esprit prussien n’est plus chez elle que raideur moralisatrice et son cynisme pratique se dissipe en calculs inopérants. Elle le sent vaguement. Alors il lui arrive de décider ce qu’elle pense être un pari audacieux, susceptible de redresser son autorité. Par exemple son gouvernement renonce à l’énergie nucléaire ou ouvre les bras aux migrants. Mais ce ne sont que des coups de tête brouillons. Ce que la presse d’outre Rhin appelle flatteusement son pragmatisme, est une suite de décisions sans cohérence ni portée.  
 
Le peuple se détourne de cette dirigeante qui ne sait plus où elle va. Son parti accumule les défaites électorales et, pire encore, il a été si déboussolé par les choix contradictoires de sa chef qu’il ne sait plus quelles valeurs il représente. Le SPD, épuisé par d’interminables et douteuses combinaisons avec la chancelière, s’aperçoit avec effroi qu’il a perdu son âme et que ses électeurs l’abandonnent en masse. C’est l’extrême droite qui tire profit du mode de gouvernement d’Angela Merkel. Triste aboutissement pour une femme politique qui nous est présentée comme le champion des valeurs libérales et centristes.
 
La chancelière met l’Union européenne dans une situation encore plus périlleuse. Elle divise la communauté de peuples dont elle se veut le meilleur garant. Sa façon à la fois moralisatrice et égoïste de gérer la crise de la monnaie unique, a suscité de tenaces rancœurs. Elles explosent aujourd’hui en Grèce et en Italie. En exigeant que le million de migrants invités par elle en Allemagne soient répartis dans tous les pays membres au nom d’une solidarité unilatérale, elle a lourdement pesé dans le départ de l’Angleterre et provoqué une vive tension avec la Pologne et la Hongrie. Les sanctions qu’elle a fait imposer à la Russie, en se couvrant du droit international, exaspèrent les pays baltes, la Finlande et l’Italie, qui voient bien que l’embargo pratiqué lèse leurs intérêts tout en contournant soigneusement ceux de leur partenaire allemand. 
 
Le concert de lamentations qui a accompagné l’annonce de son départ cache un soulagement et une impatience largement partagés. En Allemagne, des manifestants se retrouvent autour d’un slogan éloquent : "Merkel muss weg !". Qu’elle s’en aille tout de suite sans attendre encore trois années interminables ! Ces manifestants ont raison. La chancelière n’a plus rien à apporter à son peuple ni à l’Europe. En démissionnant au début de 2019, elle leur rendrait un ultime service.

Envoyé par l'auteur, 8 novembre 2018

Bientôt la PMA pour toutes ?

Publié dans Du côté des élites
Bientôt la PMA pour toutes ?
 
Le 15 juin dernier, le comité consultatif national d’éthique (CCNE) a donné un "avis " qui a fait beaucoup de bruit : il a recommandé aux pouvoirs publics d’octroyer aux femmes, un droit inconditionnel à la procréation médicale assistée (PMA).
Jusqu’à présent, la PMA est réservée à celles qui vivent en couple stable avec un homme et sont affligées d’une infécondité dûment constatée par un médecin. Le CCNE suggère d’étendre la sollicitude de la loi aux célibataires et à celles qui partagent leurs existences avec une autre femme, même si elles sont fécondes par nature.
En lui-même, l’avis du CCNE n’a aucune importance. Il ne représente qu’une somme d’opinions individuelles, qui ne sont pas toutes qualifiées sur le plan moral. Si les médias lui ont accordé tant d’attention, c’est parce qu’Emmanuel Macron avait promis, pendant sa campagne présidentielle, d’appliquer ce que le comité recommanderait. Voici l’avis rendu. La défausse que le candidat pensait habile est devenue une obligation délicate pour le Président.
A première vue, en effet, l’élargissement proposé paraît d’importance secondaire. Il intéresse des catégories très minoritaires, lesbiennes ou femmes seules désirant avoir un enfant. Mais il soulève de graves questions que les "sages" du comité contournent prudemment. Macron serait avisé de les peser avec soin. Examinons-les.
               
Le CCNE explique son avis favorable par un seul argument : il est vrai, écrit-il, que les femmes appartenant aux deux groupes visés ne sont a priori victimes d’aucune infirmité physique qui justifierait une intervention médicale. Mais elles sont atteintes "d’infécondité de choix ". Leur orientation sexuelle dans un cas, leur volonté d’autonomie individuelle dans l’autre, les privent de leur "droit à l’enfant ". Le gouvernement est invité à "pallier à leur souffrance" en leur donnant accès à un moyen artificiel de devenir enceintes.
Voici donc le pouvoir politique appelé à montrer sa compassion pour des frustrations qui ont un caractère purement subjectif. C’est une mission inhabituelle pour lui. Il a toujours mis son honneur à ne pas sortir du rationnel et de l’objectif. Je ne connais que deux exceptions. Les "souffrances" qui sont invoquées aujourd’hui prennent la suite des "extrêmes détresses" qui avaient ouvert le droit à l’avortement et des "humiliations insupportables" éprouvées par les homosexuels dont les unions ne pouvaient devenir des mariages. Une fois de plus, l’autorité politique est sommée, non pas de servir l’intérêt général et ses nécessités objectives, mais de contenter des désirs particuliers qui se sentent contrariés. L’expérience montre que donner satisfaction à des exigences de cette nature entraîne le législateur, à ses risques et périls, vers des terrains mouvants et obscurs.    
                 
Ne nous arrêtons pas aux élans sentimentaux dans lesquels le CCNE veut nous enfermer. Examinons "la PMA pour toutes" à la lumière du bien commun. Elle pose trois problèmes principaux.
                 
Le premier est de caractère pratique. La PMA n’est pas une opération simple. Elle coûte cher. Qui va la payer ? La secrétaire d’Etat aux droits des femmes a fait savoir qu’elle proposerait une prise en charge générale par des fonds publics, au nom de l’égalité des patientes. Il n’est pas évident, du point de vue de l’intérêt général, que le budget de l’assurance maladie ou celui de l’Etat, aujourd’hui déficitaires, n’aient pas d’obligations plus pressantes que de satisfaire des "désirs d’enfant" artificiels. Et puis, les statistiques montrent que les donneurs de sperme ne seront pas assez nombreux pour répondre à l’accroissement prévisible de la demande. Certains groupes de pression ont une solution toute simple : que l’Etat (encore lui) prenne à sa charge des campagnes publicitaires d’incitation au don de sperme, comme il le fait pour le sang. Cette mesure ayant peu de chances de convaincre un nombre suffisant d’hommes, l’Etat (toujours lui) est invité à étudier un système de rétribution anonyme. Le CCNE, si bienveillant qu’il soit à la cause des lesbiennes, se sent obligé de mettre le gouvernement en garde contre le risque de "marchandisation des produits du corps humain".  Comme on le voit, les dépenses publiques qu’entraînerait "le droit à la PMA pour toutes" sont susceptibles d’un emballement difficilement maîtrisable et feraient surgir, en prime, de délicats problèmes d’éthique. L’Etat serait pris dans un engrenage dont on ne voit pas l’aboutissement.
                 
Le second problème concerne la relation entre le savoir et la morale. Depuis la plus haute antiquité jusqu’à aujourd’hui, la médecine a eu pour but exclusif de restaurer autant que possible l’intégrité du corps humain, en prévenant, en guérissant ou en soulageant  les maladies et infirmités qui l’amoindrissent. Le praticien est tenu de suivre une règle morale stricte : il s’interdit de mettre ses connaissances au service d’une autre cause que celle-là. Notre époque a apporté une exception à sa mission. Depuis 1974, le code de la santé publique admet que le médecin se fasse l’exécuteur d’avortements voulus par des femmes enceintes sans autre justification que leur désir d’interrompre leur grossesse. Dans ce cas, le praticien renonce à se laisser guider par l’impératif moral de sa profession ; il applique passivement la volonté de sa cliente. "La PMA pour toutes" ouvrirait une autre brèche dans l’éthique médicale. Aider une lesbienne à avoir artificiellement un enfant, ce n’est pas soigner une maladie, mais contenter un désir. Le professionnel de la santé qui s’y prêterait, descendrait pour la seconde fois du rang de libre serviteur d’une morale universelle à celui d’esclave d’exigences individuelles. Le CCNE le pressent quand il s’inquiète timidement d’une dérive qui pousserait les praticiens à "répondre à une demande sociétale" au lieu de soigner des malades. L’accroissement des capacités techniques de la médecine s’accompagnerait de l’irresponsabilité morale du médecin. Une distorsion aussi flagrante menace notre société de débordements terrifiants.
                   
Le troisième problème touche l’enfant qui serait né d’une "PMA pour toutes". Le CCNE a l’honnêteté de reconnaître que "l’absence de partenaire masculin " n’est pas sans conséquences. Elle prive l’enfant d’un père non seulement dans sa vie, mais encore dans la connaissance de ses origines. Elle heurte un droit humain élémentaire. Certains idéologues croient pouvoir nous rassurer, exemples à l’appui : pour ce qui est des lesbiennes, la présence d’une seconde femme compense, disent-ils, l’inexistence d’homme ; les enfants élevés par ce genre de "couples" ne se distinguent pas des autres. Ne nous laissons pas égarer par leurs démonstrations intéressées. Elles n’ont aucune valeur probante. Le CCNE lui-même avoue qu’en ce domaine, il y a "absence de recherche fiable ". Les rares études menées avec une véritable rigueur scientifique rejoignent ce que le bon sens fait pressentir : les adolescents sans père, sont plus exposés que les autres aux troubles de la personnalité, à la drogue, à l’échec scolaire, au suicide. La présence d’une seconde mère, loin de les protéger, les perturbe davantage. En attendant d’y voir définitivement clair, il serait sage que notre classe politique applique le "principe de précaution", inscrit dans notre Constitution depuis quinze ans. Il n’a été invoqué que pour protéger les produits de l’agriculture. Nos enfants valent au moins autant que les plantes.
                    
Au total, "la PMA pour toutes" n’apporte rien de substantiel au bien commun des Français. Elle le met au contraire en danger sur le triple plan politique, moral et social. Quel homme d’Etat digne de ce nom pourrait dès lors prendre la responsabilité d’en faire une loi ?             

Envoyé par l'auteur, 12 septembre 2017

Vaincre le terrorisme

Publié dans De par le monde
Vaincre le terrorisme
 
L’Espagne vient de connaître un enchaînement d’évènements qui est familier à tous les peuples d’Europe. Des musulmans extrémistes attaquent à l’improviste une foule paisible et insouciante. Les morts et les blessés jonchent le sol. Ce massacre d’innocents soulève l’indignation populaire. Des manifestations rassemblent toutes les classes sociales, tous les partis politiques, toutes les confessions religieuses. Le gouvernement suit le mouvement. Il dénonce une agression ignoble et prend des mesures d’urgence : traque des complices survivants, démantèlement des filières qui les aident, patrouilles militaires dans les rues, surveillance accrue des mosquées salafistes, renforcement des services de renseignement. L’attentat de Barcelone a répété la séquence qui avait suivi les attentats de Paris, Nice, Manchester et Berlin.

C’est aux Etats-Unis, il y a seize ans, que tout a commencé. L’attaque du Centre du commerce mondial et ses trois mille morts avaient suscité une émotion immense. Le Président américain avait, le premier, "déclaré la guerre au terrorisme" et déployé, pour la gagner, toute la force de son pays. Les Etats d’Europe s’y sont associés les uns après les autres. Il faut malheureusement reconnaître que cette vaste coalition n’a pas encore réussi à vaincre son ennemi. Les attentats sont, d’année en année, plus nombreux, leurs auteurs plus divers, leurs cibles plus variées et leur cruauté plus aveugle.
Ce qui nous trouble le plus, c’est le caractère insaisissable de ce terrorisme. Pourquoi ces attaques et pourquoi leur barbarie ? Nous pratiquons chez nous et notamment vis à vis de nos immigrés musulmans, une politique qui met au-dessus de tout la liberté individuelle, la tolérance et l’égalité. Et nous recevons en retour la haine et la violence. Des sociologues, des psychiatres, des juges et des policiers essaient depuis quinze ans de percer ce mystère. Ils analysent les mécanismes mentaux par lesquels de jeunes hommes, souvent nés en Occident, éduqués selon nos valeurs, intégrés dans notre société, se retournent soudain contre elle, tuent au hasard et se suicident ensuite. Différentes écoles s’opposent sur le cheminement de leur pensée mais toutes s’accordent à reconnaître le caractère nihiliste de son aboutissement. Les terroristes islamistes n’ont apparemment pas d’autre ressort que l’exécration de notre liberté ni d’autre but que semer la mort. La bonne réponse, répétée inlassablement par nos dirigeants politiques, c’est de leur montrer que notre attachement aux droits de l’homme est plus fort que leur volonté de les détruire. Nous finirons par décourager leur fanatisme.
 
Je crains que cette méthode ait peu de chances de mettre un terme au terrorisme islamiste parce qu’elle se fonde sur une explication inexacte de ses causes.  Si nous voulons comprendre les raisons qui animent les auteurs de presque tous les attentats, il nous faut franchir les limites de l’Europe et examiner ce qui se passe chez les peuples arabes. Ce n’est pas seulement moi qui le suggère. C’est ce que demandent les terroristes eux-mêmes, à commencer par le plus célèbre d’entre eux : Oussama Ben Laden. A l’origine de leur haine de l’Occident, on trouve un sursaut de révolte contre la manière dont nos gouvernements piétinent les droits de l’homme en Orient tout en proclamant les servir.
Donnons quelques exemples. C’est au nom des droits de l’homme que Bush et Blair ont envahi l’Irak, occupé le pays, dissous son armée, changé son gouvernement, incarcéré et torturé des milliers d’individus et réprimé brutalement les révoltes populaires. C’est encore au nom des droits de l’homme que Sarkozy, suivi par Cameron et Obama, a bombardé la Libye, armé des milices et renversé le régime par la force. C’est au nom des droits de l’homme enfin que Hollande a alimenté la guerre civile en Syrie, en s’alliant aux gouvernements les plus obscurantistes du voisinage. Nos dirigeants ont envoyé des chars et des bombardiers semer la démocratie chez les peuples arabes. A leur grande surprise, ils ont récolté le djihadisme. Et ce djihadisme déborde maintenant chez nous.
Le tableau que j’esquisse serait incomplet si je passais la Palestine sous silence. Depuis un demi-siècle, les droits les plus élémentaires de la population arabe y sont piétinés au vu et au su du monde entier. Les gouvernements occidentaux n’en portent pas la responsabilité directe mais leur timidité à dénoncer le coupable, leur refus de le gêner de quelque façon que ce soit contrastent singulièrement avec la sévérité des punitions qu’ils infligent aux dirigeants arabes accusés des mêmes abus. Il n’est pas étonnant que les opinions publiques, en Orient, voient en nous des intrus d’une partialité insupportable.

Je suis convaincu que le terrorisme dont nos peuples sont les victimes, serait coupé de sa principale racine, si nos gouvernements, dans un sursaut de lucidité et de courage, mettaient leurs actes en accord avec leurs principes. La défense des droits de l’homme en Orient ne nécessite de notre part aucune intervention armée, aucune alliance inavouable avec un Etat oppresseur. Elle se limite à un appel actif au respect de la liberté des personnes et des peuples. Pratiquée par nous sans hypocrisie ni réserve, elle porterait un coup décisif à l’argumentation des djihadistes. Il est vrai que les passions sont devenues trop vives, les problèmes trop embrouillés, pour que l’effet en soit immédiat. Les erreurs de nos dirigeants passés pèsent sur nous. Mais si nous ne changeons pas notre politique, le terrorisme va s’étendre encore en Occident. Si nos partenaires américains et anglais sont incapables de le comprendre, que la France le fasse seule. Elle y gagnerait, chez elle plus de calme et en Orient une audience qu’elle a perdue depuis dix ans au moins.

Envoyé par l'auteur, 25 août 2017            

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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