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PINTON Michel

PINTON Michel

Né le 23 décembre 1937
 
 
 
 
 

Ecole Polytechnique
École nationale de la statistique et de l'administration économique (ENSAE)  

Fonctions diverses de direction d’entreprises
Maire de Felletin (Creuse) (1995 - 2008)
 
Fondateur, Délégué général puis Secrétaire général de l’Union pour la Démocratie Française (UDF)
Député au parlement européen
 
A titre bénévole,
Fondateur, Vice-président puis Président de France-initiative (réseau d’aide à la création d’entreprises)
   
      
 

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De Gaulle prend sa revanche

Publié dans En France
De Gaulle prend sa revanche
 
Le premier tour de l’élection présidentielle a suscité une telle profusion de commentaires qu’elle semble n’avoir plus rien à nous apprendre. Je n’en suis pas d’accord. Il reste à l’examiner sous un aspect qui, sauf erreur, n’a été évoqué nulle part. Je m’y risque ici en priant le lecteur de me pardonner l‘exposé sommaire d’un sujet difficile.
Chacun a pu entendre, depuis plusieurs mois, une affirmation proférée par plusieurs candidats et reprise avec insistance par des éditorialistes influents. Selon eux, l’actualité a prouvé que nos institutions politiques "sont à bout de souffle" et qu’il est indispensable de les changer. Mélenchon est allé jusqu’à promettre de convoquer, s’il était élu, une assemblée constituante chargée de fonder la VIè République.
En réalité, le premier tour de l’élection présidentielle a démenti l’argumentation des détracteurs de notre constitution. Il a été une revanche éclatante de Charles de Gaulle sur tous ceux qui veulent altérer son œuvre.
Voyons pourquoi.
               
Nos institutions ont été faites dans le but de rendre au peuple français la plénitude de son pouvoir souverain. Il l’exerce ordinairement en élisant lui-même, d’une part le Chef de l’exécutif, d’autre part une assemblée législative. De Gaulle tenait à cette distinction fondamentale parce que la mission du premier n’a rien à voir avec la nature de la seconde. Le Président est en charge du bien commun à la nation et il est le seul à pouvoir l’être. Les députés, regroupés selon leurs préférences partisanes, représentent des intérêts catégoriels.
L’expérience accumulée depuis près de soixante ans montre que les partis ne se résignent pas à demeurer confinés dans le législatif. Ils n’ont cessé, par des manœuvres indirectes mais constantes, de grignoter le domaine propre à l’exécutif. Les nouveautés qu’ils ont apportées par la "cohabitation", la réduction du mandat présidentiel, la concomitance des scrutins présidentiel et législatif, ont toutes eu un objectif caché : resserrer leur emprise sur celui des deux pouvoirs qui ne leur appartenait pas.
Ils ont pensé couronner leurs efforts en contrôlant l’élection du Président. De Gaulle voulait que le Chef de l’Etat fût choisi par le suffrage universel des citoyens à l’exclusion de toute investiture partisane. Son vœu a été contredit pour la première fois par François Mitterrand qui se présenta aux Français non pas comme gardien de l’intérêt général mais en tant que  dirigeant du "peuple de gauche" c’est à dire, plus prosaïquement, mandataire du parti socialiste. Poussant l’audace plus loin, les coalitions de droite et de gauche ont cru habile d’inventer les "primaires" par lesquelles leurs candidats se donnent une apparence de légitimité populaire.
                  
La prise en mains de l’élection présidentielle par les partis a un inconvénient grave. Elle brouille, dilue, escamote les grands enjeux nationaux. Par définition, la droite, la gauche et tout autre regroupement qui cherche à devenir majoritaire est voué à rassembler des intérêts disparates. Pour les retenir, leurs candidats sont obligés d’user d’équivoques, de compromis et de faux-semblants. Ils évitent les visions  tranchées, les choix clairs, les engagements forts qui accompagnent la recherche du bien commun.
La dérive institutionnelle de notre vie politique est la cause fondamentale de nos maux publics. Elle nous a menés à ces décisions sans portée, ces choix démagogiques, ces compromis branlants qui ont été la marque de la dernière décennie. Elle explique la lassitude et l’irritation d’un peuple qui n’a plus confiance dans le processus électoral.
De manière totalement imprévue, du moins pour l’auteur de ces lignes, le scrutin de dimanche dernier a fait sauter les digues dans lesquelles les partis pensaient canaliser la souveraineté populaire. Les électeurs rebelles ont donné leurs préférences à deux candidats qui n’appartiennent à aucune des formations dites de gouvernement, n’ont de comptes à rendre à aucun groupe parlementaire, ne sont passés sous les fourches caudines d’aucune primaire.
              
Le rejet massif des partis a une conséquence très heureuse. Au lieu des choix ambigus et réversibles des précédents scrutins, deux voies bien tracées sont cette fois proposées à nos suffrages. Face au défi primordial de notre époque qui s’appelle la mondialisation, Emmanuel Macron veut nous conduire vers plus de libre échange, plus d’intégration européenne, plus de multiculturalité. Marine Le Pen, à l’opposé, offre une politique de protection de nos frontières, d’affirmation nationale, d’autorité de l’Etat. Le peuple français est enfin face à une alternative claire.
 
Le scrutin de dimanche a une autre conséquence bénéfique. Il a bousculé le système détestable qui faisait du parti vainqueur de l’élection présidentielle le gagnant assuré de l’élection législative qui suivait. La proximité des scrutins avait été imaginée par la droite et la gauche, pour faciliter la confusion des deux pouvoirs à leur profit. Cette astuce qu’ils croyaient fructueuse devient pour eux un piège mortel. Ils en prennent conscience avec stupeur et effroi.
                
En un sens cependant, les Français ont poussé trop loin leur impatience à secouer le joug des partis. De Gaulle pensait que la sélection du Président par le suffrage universel favoriserait des personnalités dont la qualification au poste suprême serait visible aux yeux de tous, soit en raison de l’éclat de leurs services à la nation soit par leur capacité à incarner le bien commun. Il est difficile de croire que les responsabilités fugaces exercées par Macron au ministère de l’économie ou son programme vague et indolore lui donnent une qualification certaine. Quant à Marine Le Pen, elle n’a pas encore convaincu la majorité de nos concitoyens que son projet de rupture peut être exécuté sans secousses graves. Les inconvénients de la révolte des Français contre les partis sont sérieux. Ils font planer de lourdes incertitudes sur notre avenir. Mais toute libération ne comporte-t-elle pas des risques d’excès ?

La justice selon Hollande

Publié dans En France
La justice internationale selon Hollande
 
Il y a dix jours, quelques images diffusées par une milice de Syrie, étaient reprises par toutes les chaines de télévision et soulevaient une immense émotion médiatique. Elles montraient des civils, et plus particulièrement des enfants, allongés sur le sol et suffoquant. Les commentaires fournis par la milice en question indiquaient qu’ils étaient les victimes d’une attaque au gaz sarin. Aussitôt la presse désigna le coupable : c’était Bachar El Assad.
L’intéressé a rejeté l’accusation qui, à vrai dire, manquait de preuves. Il a demandé une enquête impartiale et dénoncé une falsification de la réalité. En vain. Les dirigeants français l’ont immédiatement condamné, suivis par les Anglais puis les Américains. Emporté par une juste indignation, le Président Trump a décidé de "punir" Bachar en lançant une salve de missiles sur une base de l’armée syrienne. Il a expliqué que l’humanité, horrifiée par le souvenir des hécatombes provoquées par l’utilisation du gaz moutarde pendant la première guerre mondiale, ne pouvait tolérer que, cent ans plus tard, un dictateur aux abois ose rompre le consensus universel qui interdit de telles armes. Il saurait, a-t-il dit, protéger à la fois sa nation et toutes les autres d’un retour à la guerre chimique. Il a été chaudement applaudi par notre Président qui n’a pas hésité à qualifier de "légitimes" les frappes américaines. Peu importe qu’aucune enquête qualifiée n’ait confirmé la responsabilité de Bachar, que Trump se soit attribué sans aucun mandat la mission de justicier international et que l’approbation bruyante de Hollande cache mal le malaise de la majorité des Etats. L’essentiel était de faire savoir au  monde entier que l’emploi  d’armes chimiques où que ce soit et par qui que ce soit se heurterait à des sanctions immédiates.
 
Huit jours ont passé. Voici qu’un général américain haut placé nous annonce avoir anéanti un nid de rebelles afghans affiliés, semble-t-il, à l’Etat islamique. Ils étaient cachés dans des grottes reliées entre elles par un réseau de tunnels. Plutôt que de risquer la vie de ses soldats dans un combat long et difficile, le Pentagone a choisi une méthode rapide et sans perte aucune : il a ordonné de lançer sur les insurgés une bombe –une seule- qui les a anéantis tous et sans délai. "Cette bombe (dite GBU 43) est la solution optimale pour venir à bout de tels obstacles" a déclaré le général avec satisfaction.
 
Je propose à mon lecteur  de nous  pencher quelques instants sur cette arme aussi merveilleuse que mystérieuse.
Sous sa forme actuelle, la GBU 43 est un monstre de 10 tonnes qu’aucun bombardier ne peut contenir.  On l’installe dans un avion de transport géant. Celui-ci la largue à plus de deux mille mêtres au-dessus de sa cible. Elle descend en dansant gaiement jusqu’à une distance au sol calculée à l’avance. Elle disperse alors dans l’air un immense aérosol, mélange de polystyrène, de poudre d’aluminium et de nitrate d’ammonium. Un détonateur y met le feu. L’air, l’eau et la terre, pénétrés de milliers de particules incandescentes, brûlent instantanément dans un rayon de plusieurs centaines de mètres. Rien n’y échappe.
Les effets dévastateurs de la "faucheuse de marguerites" -daisy cutter en américain- ne s’arrêtent pas à cette boule infernale.Son explosion provoque aussi une gigantesque surpression, à laquelle aucun mur, aucune porte blindée ne résistent. Son souffleest aussi puissant que celui  d’une bombe atomique de petit calibre. Même les mines enterrées dans le sol, lui cèdent. Elles sautent toutes en même temps.
Plus spectaculaire encore : pour entretenir sa combustion, Daisy Cutter (appelée aussi la Mère de toutes les bombes) aspire en son centre tout l’oxygène de l’air. Elle n’en laisse aucun résidu aux êtres vivants qui ont la mauvaise fortune d’être pris dans ses tourbillons. Les bunkers, les souterrains même, ne protègent pas contre cet effet-là. Ceux qui se croient à l’abri dans de profonds refuges, sont proprement asphyxiés. Selon les descriptions les plus précises, leurs poumons leur sont arrachés du corps.
              
Pour des généraux soucieux d’efficacité, la faucheuse de marguerites est une arme parfaite quand ils veulent  se débarrasser de rebelles afghans retranchés dans des montagnes difficilement accessibles. Mais, sur le plan de l’éthique, elle pose problème. Elle est, par sa nature même, une arme chimique. Elle est même une arme chimique de destruction massive qui, dans l’horreur, laisse loin derrière elle les bricolages au sarin auxquels se livrent les factions syriennes.
Trump ne semble pas se soucier de la contradiction dans laquelle il enferme la politique de son pays. Mais on sait que le personnage ne brille pas par la cohérence de sa pensée. Et Hollande ? On aurait pu imaginer qu’il s’indigne, condamne ou simplement s’inquiète, émette des réserves. Non. Cette fois, Il ne bouge pas. La France ne présente aucune motion au Conseil de sécurité des Nations-Unies ; notre ministre des affaires étrangères ne s’active pas à faire signer un communiqué commun aux Etats de l’Union européenne ; notre Président ne fait aucune déclaration publique, ne laisse filtrer aucune réprobation.
C’est cela la justice internationale selon François Hollande. Peut-être s’imagine-t-il servir ainsi la cause de l’humanisme et la grandeur de la France.
Michel Pinton, Ancien député au Parlement européen

L’agonie de l’Europe...

Publié dans Avec l'Europe
L’agonie de l’Europe a commencé
 
Samedi dernier, l’Union européenne a atteint son soixantième anniversaire. Les 27 Chefs des Etats membres, réunis à Rome pour la circonstance, ont proclamé leur volonté de poursuivre et "approfondir" l’œuvre des Pères fondateurs. Mais le cœur n’y était pas. Les participants avaient sous les yeux les nombreuses fissures qui menacent la solidité de l’édifice communautaire. Trois d’entre elles sont particulièrement préoccupantes. Les difficultés financières de la Grèce hypothèquent l’avenir de la zone euro. L’afflux d’immigrés africains met en péril le principe de libre circulation entre Etats. Le Brexit, enfin, fait s’effondrer l’idée d’une union irréversible. Les serments pompeux des Chefs d’Etat n’ont pas réussi à cacher leur désarroi.
              
Les fidèles de la religion européenne ont tenté de voler à leur secours. Selon eux, les problèmes d’aujourd’hui peuvent être facilement résolus. Ils ont présenté, avant le "sommet" de Rome, une profusion de plans qu’à leur avis, il suffirait d’appliquer pour que l’espérance renaisse. Tous reviennent à élargir les pouvoirs des instances communautaires. Les difficultés de la zone euro ? Les techniciens de la Banque centrale font très bien leur travail ; il n’est que de leur accorder une autorité plus grande. L’immigration ? Qu’on laisse la Commission de Bruxelles fixer les contingents d’Africains et d’Afghans que chacun des Etats sera tenu d’accueillir. Le Brexit ? Si le peuple anglais est assez aveugle pour s’engager dans une impasse, que la Commission – encore elle - lui fasse payer un prix qui servira d’exemple. L’Europe redeviendra alors ce qu’elle doit être : une "entreprise extraordinaire" de réconciliation entre ses peuples et de prospérité partagée.
 
L’optimisme de ces fervents de l’Union a du mal à convaincre nos Chefs d’Etat, qui sentent l’insuffisance des mesures qui leur sont proposées. Le problème grec, par exemple, n’est plus dans la nature des prêts accordés au gouvernement d’Athènes. Il s’est déplacé vers l’effrayant coût humain de l’austérité imposée à la population. 4 enfants sur dix vivent maintenant sous le seuil de pauvreté ; plus de la moitié des habitants est sous alimentée ; le quart au moins des adultes est au chômage ; le taux de suicides a augmenté d’un tiers en deux ans ; bien d’autres statistiques témoignent tristement des ravages sociaux que la monnaie unique a provoqués. Il n’y a plus en Europe de prospérité partagée mais un abîme grandissant entre ceux qui profitent de l’euro et ceux qui en souffrent. Modifier quelques procédures de gestion n’y changera rien. Les Chefs d’Etat ne peuvent plus l’ignorer.
                 
Un aspect  plus pernicieux du malaise européen se cache dans ce qu’on appelle pudiquement à Bruxelles, le "déficit démocratique" de l’Union. Nos véritables dirigeants sont les 27 membres de la Commission. Ils n’ont aucune légitimité populaire et ne la recherchent pas. "Nous ne changeons pas de politique en fonction des élection" proclamait un vice-président de leur collège, il y a dix-huit mois. En théorie, leurs décisions sont contrôlées par le Parlement de Strasbourg. Mais ce dernier n’est qu’une pâle copie de pouvoir législatif. Ses élus représentent des courants d’opinion souvent instables, toujours minoritaires et qui n’ont reçu que des mandats populaires ténus et confus. Le Conseil européen, qui rassemble les Chefs des Etats de l’Union a, lui, une légitimité incontestable. Mais il ne se réunit que 4 jours par an et il est trop divisé pour imposer à la Commission quelque volonté que ce soit.
              
Il y a vingt ans, on pensait que ce déficit démocratique serait compensé par les consultations populaires qui étaient organisées chaque fois qu’un nouveau traité "approfondissait" l’Union. Mais les référendums ont vite fait apparaître le contraire de ce qui était espéré. Les Danois, les Irlandais, les Britanniques, les Français, les Néerlandais,  ont voté "non" à l’intégration européenne. Surpris et dépités, les fidèles de l’espérance supranationale en sont arrivés à la conclusion brutalement exprimée par Jean-Claude Juncker, le Président de la Commission : "Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens". Les verdicts populaires ont été corrigés par des référendums de rattrapage, comme en Irlande, ou contournés par d’autres procédures, comme en France. Pour que l’Europe progresse, les instances de l’Union n’ont pas hésité à piétiner les souverainetés nationales et leurs expressions les sacrées : des votes libres.
            
Ces deux exemples montrent que la mal dont souffre l’Europe ne peut trouver son vrai remède dans des recettes aussi simplistes que la création d’un poste de ministre des finances de la zone euro ou un nouveau fonds de garantie commune. Si l’on va au fond du problème, on aboutit à un constat simple : ce qui est en cause, c’est l’idéologie européenne elle-même. Elle a pour principe central la croyance selon laquelle les identités nationales sont devenues des anachronismes et doivent être dépassées. Dépassées par quoi ? Par une organisation post-identitaire qui se substitue peu à peu à nos vieilles nations et qui repose sur quatre piliers. Ce sont les "quatre libertés" que François Hollande vient de proclamer irréversibles et non-négociables : libertés de circulation des biens, des services, des hommes et des capitaux. Les partisans de l’ordre post-identitaire croient tellement que leur idéologie répond à l’appel de l’Histoire qu’ils tiennent pour secondaires, voire négligeables, les volontés nationales. Elles expriment des identités moribondes. Ils attendent avec ferveur la naissance d’un homme nouveau – le citoyen européen - et une communauté politique nouvelle – l’Union européenne.
             
Leur ambition est-elle réaliste ? En pratique, l’intégration menée au nom des quatre libertés a abouti à la formation d’une oligarchie technocratique et financière qui, comme espéré, s’est détachée des anciennes patries. Les peuples, eux, n’ont pas cette chance. Ils sont menacés par des formes nouvelles d’aliénation qui s’appellent précarisation du travail, appauvrissement et exclusion. Les Grecs en éprouvent douloureusement le poids. Mais la plus répandue, la plus redoutable des aliénations provoquées par l’Europe, c’est la privation d’identité nationale. Amputer l’être humain d’une part essentielle de son identité, qui est l’appartenance à une nation, c’est lui faire violence et s’exposer à de virulents chocs en retour. L’accroissement des pouvoirs abandonnés à Bruxelles a eu pour conséquence inévitable l’audience grandissante des partis dits identitaires comme le Front national en France et l’UKIP en Angleterre. Ailleurs les circonstances ont porté les électeurs vers des identités nationales de substitution comme on le voit en Ecosse, en Catalogne, en Lombardie, voire en Corse. Nos gouvernants, qui croient de leur devoir de faire progresser le projet européen, sont désemparés devant ce contrecoup qu’ils n’avaient pas prévu. Ne sachant comment le parer, ils se répandent en vaines incantations.
               
Le rêve d’une Europe post-identitaire a soulevé les espoirs de la génération devenue adulte en 1968. Il se dissipe à mesure que cette génération quitte la scène et que ses illusions deviennent criantes. Il laisse derrière lui des nœuds de contradictions que la génération montante aura beaucoup de mal à défaire. Les Anglais sont les premiers à s’y essayer, sans doute parce qu’ils sont les plus chatouilleux quant à leur identité et les plus menacés par son déchirement. D’autres peuples suivront. Les Allemands viendront en dernier. L’agonie de l’Europe post-identitaire sera alors terminée.

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