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RIGNAC Paul

RIGNAC Paul

Né en 1955
Marié - trois enfants


Essayiste, écrivain


Licence en droit
 
* Au service d’associations humanitaires œuvrant dans le Sud-Est Asiatique.
     Sa fréquentation du terrain humanitaire et de ses acteurs l’a amené à écrire sur l’histoire commune et sur le choc des cultures entre la France et l’Asie.
* Directeur de collection chez Arconce Éditions (Maison d’édition régionaliste)
     Ses recherches le portent à une réflexion sur les identités culturelles, leurs fondements, leurs limites et leurs possibilités d’ouverture dans un monde de plus en plus globalisé.
 
Ouvrages
Indochine, les mensonges de l’anticolonialisme (2007) - La guerre d’Indochine en questions (2009) - Une vie pour l’Indochine (2012) - La désinformation autour de la fin de l’Indochine française (2013) - Le Mystère des Blancs (2013) - Charolles, une promenade en photos (2013) -
 
Coauteur de
Présence française outre-mer
     publié par l’Académie des sciences d’outre-mer (Editions Karthala)
Dictionnaire de la guerre d’Indochine, à paraître prochainement (Robert Laffont, collection Bouquins).
 
Conférences 
Régulièrement sollicité pour des conférences
     (Commission française d’histoire militaire, ... et pour diverses manifestations du souvenir de l’Indochine française)

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Guerre civile

Publié dans En France
Guerre civile
 
Imperceptiblement pour la plupart des Français, dans le silence troublant des grands médias, notre société glisse peu à peu vers la guerre civile. Après ce qui s’est passé en plein centre-ville de Lyon dans la nuit du 14 au 15 septembre 2019, on ne pourra pas dire que l’on ne savait pas et que l’on n’a rien vu venir.
 
Il est communément admis que dans les banlieues dites "difficiles", les quartiers dits "sensibles" deviennent un peu partout sur le territoire national des zones de non-droit où l’ordre établi n’est plus celui de la République mais celui des voyous, des trafiquants et des extrémistes islamistes. Hors de ces zones, les troubles à l’ordre public se manifestaient jusqu’à présent par des attentats, des vols, des cambriolages, des agressions, des crimes commis par des "déséquilibrés". On parlait surtout d’incivilités pour désigner pudiquement l’agressivité grandissante qui gagnait d’autres quartiers réputés calmes, jusqu’aux centres-villes, mais il régnait encore une apparence d’ordre. Le 15 septembre un nouveau cap a été franchi.
 
Manquant tout à la fois de courage politique et de moyens policiers, les pouvoirs publics de la ville de Lyon ont, depuis plusieurs mois, laissé dégénérer une situation qui aujourd’hui leur échappe totalement. On sait que les zones de non-droit évoquées plus haut vivent sous la menace constante de rodéos automobiles et autres concerts de klaxons à longueur de nuits. On sait moins que ces pratiques barbares, et fort peu "festives" contrairement à ce que certains prétendent, atteignent maintenant le cœur de la presqu’île lyonnaise, le très "convenable" 2ème arrondissement. Tous les vendredi et samedi entre 10h du soir et 5h du matin, des jeunes gens "issus de la diversité", au volant de riches voitures de sport, envahissent un espace compris entre la place Bellecour et la place des Terreaux, avec comme axe principal de leur petit jeu la rue Édouard Herriot. La vie des riverains est devenue un enfer, entre les bruits d’avertisseurs sonores, ceux des "sonos" poussées à plein volume et les hurlements d’individus sous l’emprise de l’alcool (et vraisemblablement de tout ce qui doit exister en matière de stupéfiants). Sans compter les "incivilités" à l’égard des riverains qui essayent de sortir le soir ou de rentrer paisiblement chez eux à leurs risques et périls.
 
Des mesures insignifiantes sont venues répondre à ce fléau, comme un panneau d’interdiction de circuler peu suivi d’effets. Après deux ou trois samedi paisibles, les rodéos ont repris de plus belle dans la plus parfaite impunité. Samedi dernier donc, vers 1h30 du matin, un père de famille, incapable de dormir à cause du bruit, finit par se pencher au balcon pour essayer de comprendre la cause de l’ampleur des nuisances sonores, cette nuit-là encore pires que les autres fins de semaines. A première vue, il semblerait qu’un projectile ait atteint le pare-brise d’un véhicule devant un immeuble voisin, déchaînant l'ire des "jeunes". Quelque riverain exaspéré, sans doute, mais pas l’homme qui regarde seulement ce qui se passe à ce moment précis. Voyant une tête apparaître à un étage, les trublions de la rue perdent tout contrôle. Insultes et menaces de mort se mettent à fuser. Soudain, dans un fracas de bois et de verre brisés, ils défoncent la porte d’entrée et celle du sas de sécurité de l’immeuble. Puis ils s’engouffrent dans l’escalier et gagnent l’étage où ils ont vu apparaître la tête du jeune homme. Celui-ci fait preuve d’un grand sang-froid. Il place femme et enfant dans la pièce la mieux protégée de l’appartement, appelle la police qui répond aussitôt, laisse son téléphone branché sur haut-parleur, puis il attend de pied ferme les barbares, décidé à protéger sa famille et à vendre chèrement sa peau car il n’a guère de doute sur ce qui l’attend si la porte cède. Les agresseurs s’acharnent sur cette porte d’entrée, mais le blindage tient bon. La famille est terrorisée. Ils apprendront plus tard qu’aux autres étages les voisins sont dans le même état, des femmes seules et des enfants terrés au fond de leur appartement, et tous en communication téléphonique directe avec la police. Les coups sur la porte et les menaces de mort redoublent d’intensité. Sans doute alertés par les sirènes de la police qui arrive sur les lieux, les apprentis meurtriers prennent peur et dévalent l’escalier… pour être aussitôt cueillis par les forces de l’ordre. Saluons la rapidité et l’efficacité de ces dernières, tout en déplorant que les agresseurs aient été immédiatement relâchés…
 
L’avenir nous dira si la justice et les autorités en général ont réellement pris la mesure de ce qui s’est passé. Mais les faits sont là : non contents de perturber gravement les nuits du centre-ville, encore une fois en toute impunité depuis des mois, des "jeunes" (comme il faut dire) attaquent maintenant, avec une violence inouïe attestée par de nombreuses destructions matérielles, un immeuble dont les habitants ont été menacés de mort à plusieurs reprises. Une famille paisible n’a dû sa survie qu’à l’arrivée in extremis de la cavalerie. On en est là. C’est le début de la guerre civile dans les centres urbains. Ce n’est pas une manifestation ponctuelle de gilets jaunes ou une réunion de supporters sportifs qui dégénère à cause de black blocks. C’est une prise de possession de territoire par une occupation bien calculée, d’abord d’apparence festive comme après un match de foot, puis qui dégénère en une violence meurtrière clairement revendiquée et réitérée. Allons-nous suivre le destin des chrétiens d’Orient, par une sorte de libanisation inéluctable ? Nous saurons vite si nos gouvernants sont à la hauteur de l’enjeu. La rapidité et la sévérité de la réaction seront décisives. L’inaction des pouvoirs publics conduirait au pire des scénarios, où les particuliers risqueraient de se substituer à l’autorité défaillante. Ce serait alors l’escalade d’une violence incontrôlée qui a commencée par des tapages nocturnes intolérables, est montée d’un cran par le jet irresponsable d’un projectile, avant de franchir le cap de l’attaque en règle d’un immeuble. S’il n’y a pas en France un homme d’État, un vrai chef, capable d’arrêter cet engrenage infernal en prenant le mal à la racine, nous allons à la catastrophe.

Envoyé par l'auteur, 17 septembre 2019

Les journées du Matrimoine

Publié dans Du côté des élites
Les journées du Matrimoine
 
On connaissait les journées du Patrimoine, nous avons maintenant les journées du Matrimoine. Ce n’est pas une plaisanterie, c’est une initiative très sérieuse destinée à promouvoir l’égalité homme-femme. La définition en est donnée sur le site matrimoine.fr : "Le Matrimoine est constitué de la mémoire des créatrices du passé et de la transmission de leurs œuvres." La réalisation est assurée par des organismes publics aussi convenables que les régions Ile de France ou Auvergne-Rhône-Alpes.
Les partisans du 'jusqueboutisme' dialectique s’en donnent donc à cœur joie avec ces substituts contemporains de la lutte des classes : lutte des sexes aux grandes heures du féminisme militant, et aujourd’hui lutte des genres. L’héritage de nos mères doit être séparé de celui de nos pères comme on sépare le bon grain de l’ivraie. Comme s’il ne fallait pas un père et une mère pour donner une descendance. Comme si tout n’était pas lié. Comme si le patrimoine n’avait jamais été qu’une insupportable liste sexiste de créateurs masculins.
 
George Sand aurait-elle été exclue du patrimoine littéraire, Berthe Morisot rayée de la liste des impressionnistes, Nadia et Lily Boulanger éliminées de celle des grands musiciens, passées à la trappe Marguerite Duras et Françoise Sagan, oubliée Marie Curie, ostracisée Sainte Thérèse de Lisieux parmi les docteurs de l’Église... la liste des femmes créatrices, artistes et scientifiques honorées au même titre que les hommes dans le cadre du patrimoine est inépuisable. Il faudrait des pages et des pages pour les recenser. Point n’est besoin d’inventer le "matrimoine" pour leur rendre hommage. Tant qu’on y est, pourquoi ne pas imaginer des journées promotionnelles consacrées à certaines catégories de créateurs en fonction de la couleur de leurs yeux ?... Et puis, on oublie les créateurs transgenre, transexuels ou travestis... resterait donc à lancer les journées du travestimoine...
 
La lutte des genres n’est qu’un avatar de l’idéologie dialectique autodestructrice qui s’est emparée d’une partie de l’humanité. Il s’agit de dresser les uns contre les autres tous les groupes humains en fonction de n’importe quel critère d’appartenance. Et le travail est loin d’être fini car la "bête immonde" bouge encore. La loi naturelle, la complémentarité des sexes, l’amour du prochain, le respect de l’être humain, le droit à la vie, le simple bon sens ont encore quelques adeptes. Alors, les petits soldats du soi-disant progressisme sont toujours sur le pied de guerre.
A côté des grandes batailles comme celle de la PMA sans père, il y a aussi les petites escarmouches comme les agressions répétées contre le vocabulaire usuel. Je ne parle même pas de l’écriture inclusive que sa barbarie et sa laideur rendent totalement insupportable dès le premier abord, sauf à quelques fanatiques. Mais par exemple, l’invention du mot "matrimoine" est l’une de ces petites armes de la guerre des genres que l’on aurait tort de négliger.
 
Le patrimoine, compris comme l’ensemble des œuvres des créateurs de notre passé, n’exclut personnes. Tous ces créateurs sont généreusement rassemblés sans distinction de sexe, de genre, d’origine, de race ou de couleur des yeux, par-delà toutes les différences. Et le patrimoine ne se limite pas aux frontières, il s’enrichit aussi de tous les apports étrangers. L’invention d’un concept comme le matrimoine procède, au contraire, d’une démarche ségrégationniste, exclusive et sectaire. Le patrimoine est ouvert à tous, le matrimoine est, par définition, réservé à une seule catégorie d’êtres humains, il est limité, fermé, borné dans tous les sens du terme.
 
Puisque l’on dit "un patrimoine", pour faire bonne mesure il faudrait sans doute exiger que l’on dise "une matrimoine", au féminin. Et dans un souci d’égalité homme-femme ne faudrait-il pas opposer à la Mère Patrie le concept nouveau du Père Matrie ? Que choisir pour être le plus 'genristiquement' correct ? Je serais tenté de dire qu’il conviendrait de prendre le la hauteur, mais ce dernier mot est-il acceptable pour les genristes qui croient dur comme fer que la lettre "e" est un signe de féminité ? La Patrie s’écrit bien avec un "e", mais la paternité, comme la féminité, tout aussi féminines, s’écrivent sans "e". Dilemme...  de la même manière qu’ils imposent "auteure" pour une femme auteur, ne vont-ils pas imposer "hauteure" ?... C’est à y perdre son genre. Maurice Druon disait par dérision qu’il était impatient qu’on lui présentât une "sapeuse-pompière". L’officialisation du terme est envisagée aujourd’hui avec le plus grand sérieux par les nouvelles Précieuses ridicules.
 
Le puits du crétinisme genriste est bien un puits sans fond. Refermons vite la trappe par crainte du vertige que provoquerait une observation trop longue de l’abysse.

Envoyé par l'auteur, 8 août 2019

La mort du père

Publié dans A tout un chacun
La mort du père
 
À maintes reprises, nous avons évoqué les dangers de la repentance historique, et particulièrement de la repentance coloniale qui fait des ravages parmi les populations récemment installées en France et précisément issues de nos anciennes colonies. Cette repentance, aussi absurde et nocive qu’injustifiée, semble s’inscrire dans un dessein beaucoup plus vaste que celui de l’étude historique, un dessein qui touche au cœur de notre civilisation : l’élimination du père.
 
La repentance s’attaque en effet à nos pères : c’est le rejet absolu de tout ce qu’ont réalisé nos anciens. Leurs personnes comme leurs actes sont à jamais couverts d’un voile de réprobation et de honte. Une fois leur image flétrie, souillée à longueur de médias, de fictions romanesques et d’études universitaires tendancieuses, le champ est libre pour attaquer le père d’aujourd’hui. Nous y sommes. Les fossoyeurs avancent maintenant à visage découvert. La "PMA pour toutes" est une nouvelle arme des sapeurs de l’autodestruction française. Il y en a beaucoup d’autres, comme cette récente loi imbécile qui interdit la fessée et les réprimandes des parents envers leurs enfants. Tout cela, y compris le plus ridicule, procède d’une même stratégie pour un même objectif. Ne parlons pas de complot, les acteurs de cette démolition sont au pouvoir et agissent à visage découvert. Mais la concordance des attaques contre la même cible est trop évidente pour n’être que le fruit du hasard.
 
Une déstructuration sociétale sans précédent s’accomplit donc sous nos yeux : après plusieurs décennies de coups de boutoirs plus ou moins directs, le père est en passe d’être purement et simplement éliminé. Après de petites touches insidieuses comme l’appellation administrative "parent 1 — parent 2" à la place de père et mère, on arrive maintenant à la fiction juridique d’un enfant qui aurait deux mères. Le père disparaît ainsi d’un système devenu fou à force de se déconnecter du réel.
 
Car le réel demeure, tenace, en dépit des artifices imposés par le totalitarisme LGBT et la lâcheté de ses suiveurs. Quels que soient les détours empruntés pour fabriquer un bébé à deux mères, celui-ci est toujours issu de la fécondation provoquée par la semence d’un père au contact de l’ovule d’une mère. Nul n’a encore trouvé le moyen de faire autrement. La disparition du père, dans la nouvelle langue PMA, est donc un mensonge, une fiction, un tour de passe-passe destiné à satisfaire les tenants d’une idéologie d’apprentis sorciers, dans le déni le plus complet de la réalité.
 
D’un geste thérapeutique – déjà sujet à réflexion éthique – en faveur des couples hétérosexuels infertiles, la PMA devient l’exercice d’un "droit à l’enfant" en faveur de gens qui ne veulent pas de relation hétérosexuelle. Qui plus est, ce nouveau "droit" qui n’aura plus rien de thérapeutique sera remboursé par la Sécurité sociale. La chosification de l’enfant, devenu simple objet de désir (PMA) ou de rejet (IVG), ouvre évidemment la porte à sa commercialisation (GPA). Jusqu’où va s’opérer la bascule entre l’être humain sujet de droit, et le même être humain devenant un simple objet ? La boîte de Pandore est ouverte. Après de telles manipulations et de tels mensonges, et dans la perspective des bouleversements attendus, les générations futures auront de beaux sujets de repentance à étudier. Mais au fait, dans la future société sans pères qui nous est promise, sur le dos de qui seront-elles autorisées à battre leur coulpe ?...

Envoyé par l'auteur, 26 juillet 2019

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