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RIGNAC Paul

RIGNAC Paul

Né en 1955
Marié - trois enfants


Essayiste, écrivain


Licence en droit
 
* Au service d’associations humanitaires œuvrant dans le Sud-Est Asiatique.
     Sa fréquentation du terrain humanitaire et de ses acteurs l’a amené à écrire sur l’histoire commune et sur le choc des cultures entre la France et l’Asie.
* Directeur de collection chez Arconce Éditions (Maison d’édition régionaliste)
     Ses recherches le portent à une réflexion sur les identités culturelles, leurs fondements, leurs limites et leurs possibilités d’ouverture dans un monde de plus en plus globalisé.
 
Ouvrages
Indochine, les mensonges de l’anticolonialisme (2007) - La guerre d’Indochine en questions (2009) - Une vie pour l’Indochine (2012) - La désinformation autour de la fin de l’Indochine française (2013) - Le Mystère des Blancs (2013) - Charolles, une promenade en photos (2013) -
 
Coauteur de
Présence française outre-mer
     publié par l’Académie des sciences d’outre-mer (Editions Karthala)
Dictionnaire de la guerre d’Indochine, à paraître prochainement (Robert Laffont, collection Bouquins).
 
Conférences 
Régulièrement sollicité pour des conférences
     (Commission française d’histoire militaire, ... et pour diverses manifestations du souvenir de l’Indochine française)

URL du site internet:

Hommage aux morts d’Indochine

Publié dans Devant l'histoire
Hommage aux morts d’Indochine
 
Le 8 juin est la journée d’hommage aux morts pour la France en Indochine. Récemment, deux soldats français décédés dans les camps de concentration japonais se sont vus reconnaître le titre de "Morts en déportation" grâce à l’intervention d’un avocat à la retraite, maître François Cartigny. C’est un évènement considérable pour toute la communauté des Français d’Indochine, soit environ 40 000 personnes (civils et militaires), qui furent soumises au joug japonais entre le 9 mars et le 15 août 1945. Apparemment, les autorités françaises jouent la montre pour éviter d’admettre l’évidence et de rendre justice, non pas à deux personnes seulement, mais aux 3 000 victimes de détentions de toutes sortes (environ 2 500 militaires et 500 civils), soit à peu près 8% de la population européenne d’Indochine. Chiffre énorme qui devrait faire réagir tout observateur impartial, avant que les derniers survivants de cette époque aient disparu.
 
Cette population européenne semble depuis toujours vouée à l’incompréhension et à l’oubli. Sans doute parce que, sous les vents idéologiques dominants, elle apparaît comme un ensemble de "sales colonialistes". Et puis, comme l’Indochine était restée jusqu’en 1944 sous l’autorité (au moins nominale) du régime de Vichy, elle est en plus considérée comme "collabo". L’épuration qui la frappa en 1945 n’a pas assouvi les rancunes tenaces dont elle est l’objet. La résistance de renseignement qui a pu se développer en Indochine à cette époque est à peine reconnue à sa juste valeur, tout comme l’héroïsme de ceux qui luttèrent contre les agressions japonaises de septembre 1940 et du 9 mars 1945. Rappelons seulement que le taux de pertes de l’armée française face aux Japonais fut alors de 20 %. En fait de collaboration, on a fait pire. Et que dire du martyre des populations civiles dont certaines, comme à Hanoi ou Hué, devront attendre le mois de mars 1946 pour être libérées…
 
Pour comprendre ce qui s’est passé en Indochine, il y a un préalable indispensable : ne pas décalquer la situation de la Métropole sur celle de la colonie. À partir de là, on pourra commencer à apprécier la situation indochinoise en fonction des critères qui lui sont propres et qui font toute sa spécificité. C’est seulement à cette condition que l’on pourra porter un jugement historique équitable sur une période tragique et extrêmement complexe, sur quelques personnages controversés (comme les autorités coloniales de l’époque), mais surtout sur la grande masse des oubliés et des méprisés, les combattants, les résistants, les morts en déportation, les victimes d’assassinats et de tortures indicibles, les familles brisées, les femmes violées, les populations déplacées, les fruits du labeur de plusieurs générations détruits ou pillés.
 
Il serait inexact de dire que rien n’a été fait en leur mémoire. Une chapelle de la cathédrale Saint-Louis des Invalides est aujourd’hui dédiée aux militaires et civils d’Indochine. La persévérance de plusieurs associations d’anciens n’est pas étrangère à cela. Grâce soit également rendue aux autorités qui ont permis cette réalisation. Souhaitons encore que tous les "Morts en déportation" du fait des Japonais, que toutes les victimes de détention concentrationnaire et de tortures soient enfin officiellement reconnus comme tels, il est plus que temps.
 
Cet article est dédié à la mémoire du sous-lieutenant André Breitenstein, héros de l’aviation française et de la résistance en Indochine, décédé à Hanoi le 4 septembre 1945 des suites de sa détention au camp de concentration japonais de Hoa-Binh. "Mort pour la France" à l’âge de 26 ans, Chevalier de la Légion d’Honneur et Médaille Militaire à titre posthume. Il était le beau-frère de mon ami Claude Guioneau, lui-même résistant d’Indochine.

Vers de nouvelles méthodes...

Publié dans A tout un chacun
On va peut-être devoir aller vers de nouvelles méthodes…
 
Je viens d’entendre sur une "grande radio périphérique" une interview de Monsieur Jacques Toubon, ancien ministre, actuellement Défenseur des droits. Il annonçait qu’il se saisissait du cas d’une victime de répression policière, un jeune homme blessé par une grenade de désencerclement lancée par la police en marge d’une manifestation, le 26 mai dernier. Son réquisitoire contre les forces de l’ordre présentait pêle-mêle toutes sortes d’accusations. Je cite de mémoire : la police ne sait pas communiquer sur son action… non seulement ils cognent à tort et à travers, mais en plus, ils ne savent même pas expliquer pourquoi. Il faut revoir la question des contrôles d’identité… autrement dit : ces affreux racistes en sont encore au contrôle au faciès. Bien sûr, il comprend que les forces de l’ordre puissent être fatiguées et nerveuses mais ça n’excuse pas tout. Alors, pour conclure son intervention, il assène la mesure définitive qui va résoudre tous les problèmes : on va peut-être devoir aller vers de nouvelles méthodes pour accompagner les manifestations.
 
Accompagner les manifestations, quelle bonne idée !
On pourrait effectivement installer des buvettes gratuites sur les parcours, avec boissons rafraichissantes et aliments énergétiques qui maintiendraient les casseurs en bonne forme. Et puis, pourquoi pas, des cellules psychologiques à chaque carrefour pour les réconforter après les échauffourées…
 
Quand on manifeste, et surtout quand on s’amuse à encercler la police en marge d’une manifestation, on prend des risques. N’y at-il pas de droits plus urgents à défendre que ceux d’un tel manifestant, pour bien réels qu’ils soient ? À quoi servent alors l’Inspection générale des services et la justice elle-même ? Est-il indispensable qu’un comité Théodule prenne le pas pour cela sur toutes les autres institutions de la République ?
 
Surtout, cette pitoyable intervention met en lumière des lacunes tragiques : qui va défendre, lors des manifestations, les droits des riverains dont les biens sont constamment saccagés et pillés ? Qui va défendre les droits des contribuables qui sont ponctionnés toujours davantage pour réparer l’œuvre des casseurs sur la voie publique ? Qui va défendre les droits des habitants de Calais dont l’environnement est menacé par de véritables guérillas ethniques entre les immigrés illégaux au sein de la "jungle" ? Qui va défendre le droit de circuler librement quand un groupuscule syndical paralyse les moyens de transports ? Qui va défendre le droit à la liberté d’information quand le même groupuscule n’autorise que la parution d’un quotidien stalinien ? Qui va défendre la mémoire des morts de Verdun contre ceux qui ordonnent aux jeunes gens d’aller piétiner leurs tombes ? Qui va défendre les droits des forces de l’ordre, soumises à des pressions infernales et dénoncées à la vindicte populaire par des irresponsables ? Toutes ces causes peuvent sembler disparates, mais elles sont liées car elles témoignent toutes des agressions en cours contre notre pays. Face à de telles agressions, la "défense" organisée par monsieur Toubon est comme la ligne Maginot : elle n’est pas là où l’ennemi va percer nos lignes. La leçon de juin 1940 n’aurait-elle servi à rien ?...  

Mourir ensemble

Publié dans A tout un chacun
Mourir ensemble
 
Je me suis rendu récemment à une cérémonie funéraire dans un cimetière du nord parisien. Pour accéder au Funérarium, il fallait quitter le boulevard périphérique par une rampe de sortie qui était littéralement envahie d’enfants, vraisemblablement originaires d’Europe de l’est, brandissant des pancartes où l’on pouvait lire : "réfugiés syriens". Tu parles…
 
Ces grappes d’enfants qui s’accrochaient aux portières des voitures et toquaient désespérément aux vitres étaient étroitement surveillées par des adultes qui les contraignaient à une mendicité agressive. Ces adultes apparaissaient pour ce qu’ils sont réellement : des maquereaux. Et l’on est à Paris, capitale du pays qui se prétend dépositaire des "droits de l’homme" et des "valeurs de la république". Curieuse conception de ces droits et de ces valeurs, qui tolère l’esclavage des enfants.
 
L’automobiliste qui, au même endroit, est flashé à 51 km/h voit se déchaîner contre lui les foudres de la justice, mais des salauds, des souteneurs, des truands de la pire espèce peuvent exploiter publiquement des dizaines d’enfants aux portes de la ville dans la plus totale impunité.
 
Étant un peu en avance, nous avons eu la mauvaise idée d’aller attendre l’ouverture du Funérarium dans un café voisin. Nous y étions les seuls européens. Cette situation de solitude n’a pas duré longtemps car nous avons rapidement effectué un repli stratégique à la suite d’une bagarre qui éclatait au bar, juste derrière nous…
 
Arrivés au Funérarium, nous nous vîmes contraints de partager les lieux avec un enterrement africain. Pourquoi pas, encore que ce n’était pas exactement ce qui était prévu… mais là où la partie ne fut pas égale, c’est que les somptueuses limousines et autres 4x4 rutilants de nos amis africains occupaient la totalité du parking, nous rendant l’accès extrêmement compliqué. Femmes en boubous chamarrés et messieurs en costumes de bonne coupe manifestaient leur deuil par des hurlements stridents qui perturbaient un peu notre propre deuil. Mais on ne pouvait rien dire ni rien faire, sans doute en vertu du sacro-saint "vivre ensemble" qui, en l’occurrence, est devenu un relativement difficile "mourir ensemble". Bref, c’était un environnement étrange et des conditions d’enterrement complètement hallucinantes pour un vieux parisien… en plein Paris ! Mais étions-nous encore à Paris ?
 
Quittant les lieux en métro, je me trouvais assis dans la station face à une affiche de propagande gouvernementale sur la discrimination à l’embauche. À gauche de la photo, une moitié de visage "blanc" avec la légende suivante : "vous commencez demain". À droite de la photo, une moitié de visage "de couleur" avec la légende : "vous n’avez pas le profil". Moralité : la France est un horrible pays raciste.
 
Les évènements (authentiques) de cet après-midi parisien montrent bien le décalage entre la réalité du terrain, à savoir un remplacement de population et de coutumes absolument évident, et l’idéologie immigrationiste dominante, culpabilisatrice et, en un mot, négationniste qui nous est imposée. Il est plus facile de payer des affiches moralisatrices imbéciles que de faire respecter les droits de l’homme et nos propres coutumes aux portes de Paris. Cela ne pourra pas durer longtemps, sauf à mourir bientôt, ensemble ou pas.                                                                                                          

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