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RIGNAC Paul

RIGNAC Paul

Né en 1955
Marié - trois enfants


Essayiste, écrivain


Licence en droit
 
* Au service d’associations humanitaires œuvrant dans le Sud-Est Asiatique.
     Sa fréquentation du terrain humanitaire et de ses acteurs l’a amené à écrire sur l’histoire commune et sur le choc des cultures entre la France et l’Asie.
* Directeur de collection chez Arconce Éditions (Maison d’édition régionaliste)
     Ses recherches le portent à une réflexion sur les identités culturelles, leurs fondements, leurs limites et leurs possibilités d’ouverture dans un monde de plus en plus globalisé.
 
Ouvrages
Indochine, les mensonges de l’anticolonialisme (2007) - La guerre d’Indochine en questions (2009) - Une vie pour l’Indochine (2012) - La désinformation autour de la fin de l’Indochine française (2013) - Le Mystère des Blancs (2013) - Charolles, une promenade en photos (2013) -
 
Coauteur de
Présence française outre-mer
     publié par l’Académie des sciences d’outre-mer (Editions Karthala)
Dictionnaire de la guerre d’Indochine, à paraître prochainement (Robert Laffont, collection Bouquins).
 
Conférences 
Régulièrement sollicité pour des conférences
     (Commission française d’histoire militaire, ... et pour diverses manifestations du souvenir de l’Indochine française)

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La mort du père

Publié dans A tout un chacun
La mort du père
 
À maintes reprises, nous avons évoqué les dangers de la repentance historique, et particulièrement de la repentance coloniale qui fait des ravages parmi les populations récemment installées en France et précisément issues de nos anciennes colonies. Cette repentance, aussi absurde et nocive qu’injustifiée, semble s’inscrire dans un dessein beaucoup plus vaste que celui de l’étude historique, un dessein qui touche au cœur de notre civilisation : l’élimination du père.
 
La repentance s’attaque en effet à nos pères : c’est le rejet absolu de tout ce qu’ont réalisé nos anciens. Leurs personnes comme leurs actes sont à jamais couverts d’un voile de réprobation et de honte. Une fois leur image flétrie, souillée à longueur de médias, de fictions romanesques et d’études universitaires tendancieuses, le champ est libre pour attaquer le père d’aujourd’hui. Nous y sommes. Les fossoyeurs avancent maintenant à visage découvert. La "PMA pour toutes" est une nouvelle arme des sapeurs de l’autodestruction française. Il y en a beaucoup d’autres, comme cette récente loi imbécile qui interdit la fessée et les réprimandes des parents envers leurs enfants. Tout cela, y compris le plus ridicule, procède d’une même stratégie pour un même objectif. Ne parlons pas de complot, les acteurs de cette démolition sont au pouvoir et agissent à visage découvert. Mais la concordance des attaques contre la même cible est trop évidente pour n’être que le fruit du hasard.
 
Une déstructuration sociétale sans précédent s’accomplit donc sous nos yeux : après plusieurs décennies de coups de boutoirs plus ou moins directs, le père est en passe d’être purement et simplement éliminé. Après de petites touches insidieuses comme l’appellation administrative "parent 1 — parent 2" à la place de père et mère, on arrive maintenant à la fiction juridique d’un enfant qui aurait deux mères. Le père disparaît ainsi d’un système devenu fou à force de se déconnecter du réel.
 
Car le réel demeure, tenace, en dépit des artifices imposés par le totalitarisme LGBT et la lâcheté de ses suiveurs. Quels que soient les détours empruntés pour fabriquer un bébé à deux mères, celui-ci est toujours issu de la fécondation provoquée par la semence d’un père au contact de l’ovule d’une mère. Nul n’a encore trouvé le moyen de faire autrement. La disparition du père, dans la nouvelle langue PMA, est donc un mensonge, une fiction, un tour de passe-passe destiné à satisfaire les tenants d’une idéologie d’apprentis sorciers, dans le déni le plus complet de la réalité.
 
D’un geste thérapeutique – déjà sujet à réflexion éthique – en faveur des couples hétérosexuels infertiles, la PMA devient l’exercice d’un "droit à l’enfant" en faveur de gens qui ne veulent pas de relation hétérosexuelle. Qui plus est, ce nouveau "droit" qui n’aura plus rien de thérapeutique sera remboursé par la Sécurité sociale. La chosification de l’enfant, devenu simple objet de désir (PMA) ou de rejet (IVG), ouvre évidemment la porte à sa commercialisation (GPA). Jusqu’où va s’opérer la bascule entre l’être humain sujet de droit, et le même être humain devenant un simple objet ? La boîte de Pandore est ouverte. Après de telles manipulations et de tels mensonges, et dans la perspective des bouleversements attendus, les générations futures auront de beaux sujets de repentance à étudier. Mais au fait, dans la future société sans pères qui nous est promise, sur le dos de qui seront-elles autorisées à battre leur coulpe ?...

Envoyé par l'auteur, 26 juillet 2019

Le PCF a t-il collaboré en 1940 ?

Publié dans Devant l'histoire
Le PCF a t-il collaboré en 1940 ?
 
Une récente altercation a opposé un éditorialiste de RMC nommé Daniel Riolo à la tête de liste du parti communiste aux élections européennes, Ian Brossat. Il était question du rôle du PCF entre 1940 et 1945. Face à l’accusation de collaboration formulée par le journaliste, l’argumentaire du candidat marxiste-léniniste s’est avéré aussi hallucinant que le traitement médiatique qui a suivi la querelle.
En un mot, Daniel Riolo a affirmé que le PCF avait collaboré avec l’occupant en 1940. Ian Brossat, indigné, a repris alors la rengaine d’une propagande éculée qui faisait du PCF le parangon des vertus résistancialistes au nom de ses soi-disant 75 000 fusillés. Les recherches les plus abouties chiffrent aujourd’hui entre 20 000 et 30 000 le nombre total des Français fusillés pendant la guerre, et tous ces fusillés n’étaient pas communistes, loin de là... mais peu importe le réel, il faut encore et toujours propager le mythe. Et quiconque le conteste n’est qu’un négationniste.
 
Au-delà de l’inculture abyssale du militant marxiste-léniniste relooké bobo, on reste aussi pantois devant l’argumentaire de l’excuse développé par les historiens bienpensants interrogés par Libération, France-Info ou le Huffington Post à la suite de l’altercation. Selon eux le PCF, à son corps défendant, s’est trouvé pris au piège du pacte germano-soviétique. Donc, on ne peut pas l’accuser d’avoir collaboré, tout juste s’est-il malencontreusement pris les pieds dans le tapis...
C’est sans doute pour sortir de ce piège que le secrétaire général du parti, Maurice Thorez, a déserté pour passer à l’ennemi en gagnant Moscou où il coulera des jours paisibles jusqu’à ce que d’autres libèrent la France ? C’est peut-être toujours pour échapper au même piège que Jacques Duclos a quitté son exil bruxellois pour rentrer à Paris dans les fourgons de l’armée allemande et qu’il s’est empressé de solliciter la reparution de l’Humanité ? Est-ce toujours dans le même but salvateur que le PCF a organisé, entre autres actions subversives, des sabotages dans nos usines d’armement ? Est-ce encore à cause de la même contrainte que les documents saisis sur des militants communistes en juin 1940 employaient le même langage abject que la propagande nazie en faisant état, par exemple, du "juif Mandel" ?
 
Comme l’a dit Albert Sarraut, ministre de l’intérieur, devant le Sénat le 19 mars 1940 : "Il n’y a pas deux propagandes séparées, la propagande communiste et l’hitlérienne. Elles ne font qu’une : la propagande ennemie." Finalement, Ian Brossat et les historiens complaisants n’ont peut-être pas complètement tort. Non, le PCF n’a pas réellement collaboré jusqu’au 22 juin 1941. Il a été, nonobstant la dissidence courageuse de certains de ses membres, l’allié objectif du régime nazi. C’est bien pire qu’une collaboration, c’est une fraternelle des totalitarismes qui s’est mise en place dans la France en guerre puis dans la France occupée. Le sacrifice de milliers de communistes après juin 1941, après un retournement à 180° toujours ordonné par Moscou, ne peut pas, ne doit pas, faire oublier près de deux années de trahisons.

Envoyé par l'auteur, 23 mai 2019

L’énigme Pierre Pucheu

Publié dans Devant l'histoire
L’énigme Pierre Pucheu
 
Dans les derniers jours du mois d’avril 1943, un certain François Mitterrand, ancien membre du Commissariat général aux prisonniers de guerre (État français) reçoit la Francisque en récompense de ses loyaux services envers le régime du Maréchal Pétain. Au même moment, un certain Pierre Pucheu, ancien et éphémère ministre de l’Intérieur du même État français (juillet 1941-avril 1942) entreprend de rejoindre l’Afrique du Nord, via l’Espagne où il s’est réfugié en attendant que soit acceptée sa demande de servir comme simple capitaine dans les rangs de la France combattante.
 
Le premier deviendra président de la République quelques années après le général de Gaulle.
Le second sera fusillé le 20 mars 1944 après un simulacre de procès ordonné par le même général de Gaulle.
 
Gilles Antonowicz, déjà auteur d’une admirable biographie de Jacques Isorni, nous livre ici ce qui peut se faire de mieux dans un travail d’historien combiné à celui d’un avocat. La personnalité et les actes de Pierre Pucheu sont passés au crible d’une analyse rigoureuse. C’est aussi haletant qu’un excellent roman policier. L’enquête est menée avec rigueur et impartialité. Elle n’excuse aucune faute ni erreur, aucune compromission, mais elle réduit à néant les amalgames, les idées reçues, et surtout une légende noire fabriquée de toutes pièces par un parti communiste en quête de bouc-émissaire pour faire oublier ses propres turpitudes collaborationnistes. La remarquable manipulation politique, opérée à cette occasion par le général de Gaulle, est impitoyablement mise en lumière. En faisant exécuter Pucheu, le chef de la France libre fait d’une pierre deux coups : il s’attire les bonnes grâces des soviétiques et de leurs séides hexagonaux dont il a désespérément besoin sur son flanc gauche. À sa droite, il anéantit l’idée "du sabre et du bouclier" en fixant dans le sang la limite à ne pas franchir dans la compromission avec Vichy. Enfin, pour être précis, pas pour tout le monde, selon le degré d’utilité de chacun à la place qui lui a été assignée par l’homme du 18 juin. Ainsi, Maurice Couve de Murville, comme beaucoup d’autres, passera entre les mailles du filet, de Vichy à l’hôtel de Matignon. Mais Pucheu aura été plus utile avec douze balles dans la peau.
 
Utilisant l’une des plus belles armes de l’historien, à savoir la chronologie (tant méprisée de nos jours), Antonowicz réduit à néant la légende noire d’un Pucheu responsable des fusillades tragiques comme celle de Chateaubriant. Il replace ainsi tous les faits et gestes du personnage dans le contexte de son bref passage au ministère de l’Intérieur (un peu plus de huit mois) pour dégager sa responsabilité de tout ce qui a été commis avant et après lui.
 
L’étude approfondie de la composition, du fonctionnement et de la décision du tribunal d’exception qui condamna Pucheu est un travail de référence dont le lecteur ne peut sortir indemne. L’écœurement vous poursuit longtemps après en avoir tourné la dernière page.
La mort héroïque de Pucheu, qui refusa d’avoir les yeux bandés et commanda lui-même le peloton d’exécution, rétablit toutefois une confiance en la nature humaine quelque peu mise à mal jusque-là.
 
L’énigme Pierre Pucheu, Nouveau Monde Éditions, 2018.
Un maître livre, indispensable.

Envoyé par l'auteur, 4 mars 2019                

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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