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RIOUFOL Ivan

RIOUFOL Ivan

Né le 12 septembre 1952
Marié – 2 enfants
 

Journaliste


Université de Nantes
Diplôme d"études approfondies (DEA) de droit maritime et aérien
 
Au Figaro:
            Grand chroniqueur et Membre du comité éditorial (depuis 2000)
            Rédacteur en chef - informations générales (1995-2000)
Rédacteur en chef adjoint (1992-1994)
Chef de service (1990-1992)
Responsable de la rubrique Confidentiel (1988-1990)
Grand reporter (1985-1987)
Correspondant du Quotidien de Paris (1976-1984)
                        Du Journal du Dimanche
                        De Forum international
Journaliste à Presse-Océan
 
Ouvrages
La Tyrannie de l'impudeur (2000) - La République des faux gentils (2004) - Chroniques d'une résistance (2005) - La fracture identitaire (2007) - Où va la France ? (2008) - Chronique d’une année de crise (2009) - La démocratie d’apparence (ouvrage collectif) (2009) - Allez-y sans nous (ouvrage collectif) (2009) - De l'urgence d'être réactionnaire (2012) - A la recherche du peuple perdu (2011) -  Touche pas à ma France (2014) - Poings sur les i (2015) - La Guerre civile qui vient (2016) - La nouvelle révolution française (2016) -

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Le poilu, ...

Publié dans Du côté des élites
Le poilu, ou comment s'en débarrasser…
 
Le poilu faisait la guerre à un envahisseur. Il se battait pour protéger sa patrie, ses frontières. Il voulait chasser l'indésirable. Le soldat était prêt à se faire tuer au nom de l'honneur, de la grandeur, du courage. Il croyait en la force des armes. Bref, cent ans après la fin de la Grande Guerre, le poilu a tout pour effarer la délicate Macronie, cotonneuse et complaisante. Quand le chef de l'État s'obstine à faire un lien entre les "nationalistes" d'aujourd'hui et les années 30, il insulte ceux qui ont péri pour défendre la France de ses ennemis.
Emmanuel Macron ressemble aux pacifistes de l'entre-deux-guerres. Or ceux-ci furent nombreux à choisir Vichy et la collaboration, au nom de l'apaisement avec Hitler. En fait, le président de la République se montre désemparé devant la bravoure de ceux de 14-18. Il évite de prononcer le mot "guerre", sinon pour dire qu'elle fut et reste inutile. Son "itinérance mémorielle", effectuée cette semaine sur des zones de combats du Nord et de l'Est, a pris soin d'éloigner l'exemplarité militaire, au profit d'une autopromotion souvent déplacée.
 
Tout à sa dénonciation d'un "nationalisme belliqueux", le chef de l'État en est venu à se contredire sur les héros de la Première Guerre mondiale, qu'il voulait dépeindre en victimes. Aux Éparges (Meuse), mardi, il a évoqué sur Europe 1 "l'absurdité de ces conflits". Peu après, néanmoins, il a annoncé l'entrée prochaine au Panthéon de l'écrivain Maurice Genevoix et, "à titre collectif", de "ceux et celles de 14" (en référence à Ceux de 14). But de cet heureux choix : rendre hommage à "l'armée victorieuse".
Mais si l'armée sut vaincre les Allemands, c'est donc que son sacrifice ne fut pas inutile. La pompeuse "itinérance mémorielle" tient plus de l'errance en marche que du souvenir enraciné. D'ailleurs, le centenaire de l'Armistice fera l'économie, dimanche, d'un défilé militaire. Le chef de l'État, qui n'entend pas froisser Angela Merkel, n'a pas souhaité rappeler la défaite de l'Allemagne. Il ne se rendra pas davantage aux Invalides samedi, où l'armée rendra hommage aux maréchaux de la Grande Guerre, en évitant toutefois le fantôme de Philippe Pétain. Le poilu, ou comment s'en débarrasser.
 
Le chef de l'État ne veut admettre que ce sont les "nationalistes" qui nomment le mieux les ennemis de l'Occident culpabilisé, de l'Europe passoire, de la France endormie. Contrairement à ce que Macron prétend, ni la Russie ni les États-Unis ne sont des menaces pour l'Europe et sa sécurité. Est-ce parce que ces deux nations ont désigné l'islamisme comme l'adversaire qu'elles sont devenues suspectes à ses yeux ? Il est gênant de constater que l'angélisme du président ménage le totalitarisme coranique, comme d'autres jadis avaient pris soin de ne pas brusquer les idéologies communiste ou nationale-socialiste.
Ainsi Macron ne veut-il plus commémorer lui-même les attentats islamistes du 13 novembre 2015 qui ont meurtri Paris. Il est prêt à réviser la loi de 1905 afin d'adapter en partie la laïcité à l'islam politique. Il accuse ses opposants de "fracturer" l'Europe sans vouloir analyser les ravages causés par le multiculturalisme, cheval de Troie de la conquête musulmane. C'est pourtant son ex-ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, qui a dit craindre des affrontements communautaires de plus en plus violents et peut-être "irréversibles".
(…)

Paru dans Le Figaro, 9 novembre 2018

Insupportables dénis

Publié dans En France
Insupportables dénis
 
Le déni des réalités reste la commodité de ce monde politique qui perd pied. Sa mauvaise foi est insupportable à ceux qui sont en premières lignes. L'obligation de réalisme est l'autre dénominateur commun aux indignations des peuples qui ne veulent pas mourir. Ils réclament des bilans plutôt que des prêches, des actes plutôt que des discours. Quand le patron du PS, Olivier Faure, reconnaît une "crise identitaire" et parle d'une "colonisation à l'envers" observable "dans certains quartiers", il assume une rupture avec le dogmatisme de la gauche. Sa conversion au réalisme est une entrée dans le nouveau monde. Il suffit de se rendre dans les cités "sensibles" pour constater cette situation conflictuelle, terreau d'une possible guerre civile. Ces jours-ci, des messages diffusés sur les réseaux sociaux ont appelé à
"la purge" des forces de l'ordre, lors d'attaques armées programmées dans la nuit du 31 octobre. L'initiateur de ce djihad urbain a expliqué par la suite que sa mobilisation était une plaisanterie. Elle donne néanmoins une idée de cette délinquance prête à se mettre au service d'une déstabilisation.

Il est temps également de regarder de plus près les problèmes posés par l'immigration. Si ce thème fut accessoire dans la campagne brésilienne, il est omniprésent aux États-Unis et en Europe. En France, Didier Leschi, directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), confirme "l'arrivée massive de migrants" (1). Ce sont les protections généreuses offertes par la France qui expliquent les fortes augmentations des demandes d'asile. Un exemple, donné par Leschi : "Les Afghans déboutés d'Allemagne et qui se replient en France se voient verser l'allocation de demandeur d'asile, gérée par l'OFII, lequel est aussi tenu de les héberger en fonction des disponibilités." La générosité française est un appel d'air. L'auteur écrit : "Il est clair qu'aujourd'hui la législation et les conditions juridiques d'accueil en France demeurent plus avantageuses que la moyenne européenne." Mais cet humanisme a-t-il un sens quand il donne la priorité aux étrangers, tandis que les autochtones s'appauvrissent ?
(1) Migrations: la France singulière, Fondapol (octobre 2018).

Paru dans Le Figaro, 2 novembre 2018

Brésil : la révolte d'un peuple

Publié dans De par le monde
Brésil : la révolte d'un peuple
 
Le monde médiatique vient de se trouver une nouvelle cible. Il s’appelle Jair Bolsonaro. Il a été élu dimanche soir par les Brésiliens avec 55,1 % des suffrages, contre 44,9 % à son concurrent, Fernando Haddad.
Xénophobe, homophobe, misogyne, apprenti-dictateur sont quelques-uns des qualificatifs que lui réserve l’universelle pensée progressiste, qui transforme les salles de rédaction en un même écho indigné. La France ne fait pas exception à cet unanimisme : il était impossible, ce lundi matin à l’écoute des médias audiovisuels, d’échapper aux semblables clichés sur le fascisme en ordre de marche. Mais où sont les démocrates chez ceux qui contestent une élection démocratique ? Plutôt que d’ouvrir dès à présent le procès de Bolsonaro, les commentateurs feraient mieux de comprendre les ressorts de sa victoire.
Bolsonaro, qu’il faudra juger aux actes, est d’abord le produit de l’échec d’une gauche brésilienne corrompue, laxiste, incompétente. C’est ce progressisme en faillite, symbolisé par Lula da Silva désormais en prison, qui a été rejeté au Brésil comme il l’avait été préalablement aux Etats-Unis avec l’élection de Donald Trump à la succession de Barack Obama. La même exaspération des électeurs se retrouve en Europe, à travers la vague populiste qui ne cesse de prendre de l’ampleur, et qui a incité ce lundi Angela Merkel à ne plus briguer un autre mandat à la tête de la CDU. Un phénomène que la plupart des médias trouve plus simple, là encore, de caricaturer que d’analyser. Il est vrai qu’ils auraient alors à s’interroger sur leurs connivences avec les "élites" à la ramasse.
 
Ce qui se passe au Brésil et dans les démocraties fatiguées n’est autre que la révolte des peuples trahis. Ces insurrections sont de saines réactions. Elles cherchent à mettre à bas des systèmes politiques à bout de souffle, qui ne produisent plus que des désastres. L’insécurité au Brésil a atteint des seuils inacceptables. Ceux qui dénoncent les "discours de haine" que tiendraient Bolsonaro ou Trump ne s’entendent pas éructer : ils sont les premiers à désigner comme ennemis ceux qui ne veulent plus les suivre, ou qui ne sont plus intimidés par leurs leçons de morale. C’est ainsi que le président des Etats-Unis, qui ne cache pas sa bienveillance pour Israël et dont trois de ses petits-enfants sont juifs, est désigné par la gauche comme responsable indirect de l’attentat antisémite commis samedi par un extrémiste de droite contre une synagogue de Pittsburg (11 morts). Vendredi, c’est Emmanuel Macron, présumé président de tous les Français, qui a tweeté : "Qui a gagné les élections européennes en France ? Le Front national. Qui était au second tour de l’élection présidentielle ? Le Front national. Ils sont là, les nationalistes. Il faut aller les combattre sur le terrain". Qui sème la haine sinon ceux, à commencer par Macron, qui appellent à combattre les peuples en rupture avec le système oligarchique ? Qui méprise la démocratie sinon ceux qui ne supportent pas qu’elle s’exprime librement ? Pour l’instant, ce n’est pas Bolsonaro qui inquiète, mais ceux qui n’acceptent pas les raisons de sa victoire.

Paru sur blog.lefigaro.fr/rioufol, 29 octobre 2018

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