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RIOUFOL Ivan

RIOUFOL Ivan

Né le 12 septembre 1952
Marié – 2 enfants
 

Journaliste


Université de Nantes
Diplôme d"études approfondies (DEA) de droit maritime et aérien
 
Au Figaro:
            Grand chroniqueur et Membre du comité éditorial (depuis 2000)
            Rédacteur en chef - informations générales (1995-2000)
Rédacteur en chef adjoint (1992-1994)
Chef de service (1990-1992)
Responsable de la rubrique Confidentiel (1988-1990)
Grand reporter (1985-1987)
Correspondant du Quotidien de Paris (1976-1984)
                        Du Journal du Dimanche
                        De Forum international
Journaliste à Presse-Océan
 
Ouvrages
La Tyrannie de l'impudeur (2000) - La République des faux gentils (2004) - Chroniques d'une résistance (2005) - La fracture identitaire (2007) - Où va la France ? (2008) - Chronique d’une année de crise (2009) - La démocratie d’apparence (ouvrage collectif) (2009) - Allez-y sans nous (ouvrage collectif) (2009) - De l'urgence d'être réactionnaire (2012) - A la recherche du peuple perdu (2011) -  Touche pas à ma France (2014) - Poings sur les i (2015) - La Guerre civile qui vient (2016) - La nouvelle révolution française (2016) -

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... la fin de l'angélisme

Publié dans De par le monde
Donald Trump sonne la fin de l'angélisme
 
FIGAROVOX/CHRONIQUE - Trump est davantage soutenu par l'opinion américaine que Macron par l'opinion française. Il serait temps d'écouter le prétendu clown, en passant outre sa vulgarité et sa mégalomanie.
 
Donald Trump est un cauchemar pour ses angéliques adversaires. Ils voudraient voir en lui un plouc en sursis. Mais les faits leur donnent tort. Certes, l'acteur Robert De Niro a reçu, dimanche, les vivats du public new-yorkais pour avoir crié sur scène, les poings levés : Fuck Trump ! ("J'emmerde Trump !"). Après la décision du président américain de suspendre un temps, le 24 mai, les discussions avec la Corée du Nord, Le Monde avait titré, avec d'autres : "La méthode Trump en échec". Or l'Histoire se montre aimable avec le proscrit du show-biz, des médias et autres enfants de chœur. L'accord conclu, mardi à Singapour, entre Trump et Kim Jong-un est un coup de maître. Il se mesure à l'aigreur des dépités. Alors que les "experts" prédisaient le clash et la duperie, tous deux ont signé un document dans lequel le Coréen réaffirme "son engagement ferme et inébranlable en faveur d'une dénucléarisation complète de la péninsule coréenne". Les pinailleurs pinaillent.
 
Le jeune tyran n'est pas devenu pour autant fréquentable, après s'être ainsi habilement hissé au niveau de la première démocratie du monde. Sa dictature communiste demeure encore ce qui se fait de pire. Toutefois, ce qui restait d'anachronique dans ce reliquat de guerre froide prend théoriquement fin. Il est à espérer que Trump et les dirigeants de la Corée du Sud sauront inciter le despote à ouvrir rapidement son pays-prison au monde qu'il a choisi d'approcher et de visiter. La poignée de main de mardi est déjà de celles qui resteront dans les livres. À ce rituel, le Coréen n'a pas eu à malaxer les doigts de l'Américain, à la manière d'Emmanuel Macron, pour mimer sa domination. Vendredi, des médias ont désigné le président français vainqueur de Trump, au G7 (Québec), au prétexte qu'il avait laissé la trace "féroce" de son pouce sur la peau de son rival. "Ma poignée de main, ce n'est pas innocent", avait théorisé le chef de l'État il y a un an. En dépit de ses pénibles défauts, Trump se grandit de l'infantilisme de ses adversaires.
 
Ceux qui reprochent au milliardaire hâbleur ses foucades et son narcissisme se comportent en prêcheurs apeurés et plaintifs, dépassés par les événements. Ces toutous d'un manège enchanté ne conçoivent pas se tromper. "C'est un événement significatif", a lâché du bout des lèvres le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, pour évoquer l'accord de dénucléarisation. Macron, qui assurait de son emprise sur Trump, essuie déconvenues sur déconvenues, sur le climat ou l'Iran. Trump est davantage soutenu par l'opinion américaine que Macron par l'opinion française. Une partie de l'Europe, dont l'Italie dernièrement, se réclame de sa vision protectionniste et de ses alertes face à la dilution des nations. Le coup de gueule de Trump contre le premier ministre canadien, Justin Trudeau, au prétexte que ce dernier l'avait critiqué après son départ du G7, a été aussi une colère bienvenue contre son conformisme doucereux.
 
Il serait temps d'écouter le prétendu clown, en passant outre sa vulgarité et sa mégalomanie. Il y a peu, Trump a suscité la polémique en France en utilisant les attentats du 13 novembre 2015 (130 morts, 413 blessés) pour faire la promotion des armes à feu. À entendre les indignés, riposter contre les djihadistes aurait été trop brutal. Cependant, vendredi dernier, des familles de victimes du Bataclan (90 morts) ont déposé plainte contre X pour "non-assistance à personne en péril". Elles rappellent que huit soldats de l'opération "Sentinelle", armés de fusils d'assaut Famas, se tenaient près de la salle de spectacle, prise sous les rafales de kalachnikov des trois tueurs. Ces soldats n'étaient pas intervenus, au prétexte que la préfecture n'avait pas voulu voir une "zone de guerre" dans ce périmètre. Le général Bruno Le Ray, gouverneur militaire de Paris, avait confirmé qu'il aurait refusé l'ordre de riposter "faute de plan d'action prédéfini". Ce désarmement volontaire est indéfendable.

Paru dans Le Figaro, 15 juin 2018

Le ralliement des droites...

Publié dans Du côté des élites
Le ralliement des droites, l'idée en marche
 
Alors qu'une vague conservatrice s'abat sur l'Europe, la France navigue à contre-courant. Il serait pourtant temps que tous ceux qui entendent résister à la lente dilution d'une Europe construite sur la diversité, le multiculturalisme et l'accommodement avec l'islam conquérant s'allient.
 
Un pas est franchi : évoquer un rapprochement des droites n'indigne plus les maîtres de ballet. Sur ce sujet comme sur d'autres, se vérifie la remarque de Schopenhauer : "Toute vérité franchit trois étapes : d'abord elle est ridiculisée. Ensuite elle subit une forte opposition. Puis elle est considérée comme ayant toujours été une évidence."
Votre serviteur, qui a enduré la première étape en décrivant la centralité de la crise identitaire, confirme le constat : les infamies se tarissent. Il est devenu banal d'évoquer la submersion migratoire, la perméabilité des frontières, la dangerosité de l'islam politique, le renoncement à protéger la nation. L'idée fixe est une opiniâtreté qui a permis à Ulysse de triompher des tempêtes et des pièges pour rejoindre son Ithaque, comme le rappelle brillamment Sylvain Tesson. Cet entêtement peut aussi devenir une vertu pour ceux qui refusent de se laisser distraire ou décourager. C'est ainsi que les interdits finissent par voler en éclats sous la force du bon sens.
 
Le ralliement des droites, embourbées dans leurs tranchées, fait partie de ces dénouements inévitables. L'Italie, maintenant dirigée par une coalition antisystème en dépit d'une tentative d'obstruction vite dénouée, offre un exemple à suivre de près. Si la défense de l'euro a servi de prétexte au président de la République, Sergio Mattarella, pour tenter de mettre au pas les deux alliés (la Ligue et le M5S), il n'a rien trouvé à redire au projet de Matteo Salvini (la Ligue) d'expulser 500.000 clandestins. "La planque, c'est fini. Les clandestins doivent faire leurs valises et partir dans le calme", a déclaré ce dernier, nommé ministre de l'Intérieur. En Italie comme ailleurs en Europe, le problème migratoire suffit à constituer des rassemblements souverainistes contre la globalisation. Les querelles économiques sur la place du libéralisme passent au second plan dans cette mobilisation pour la reconquête des cultures oubliées.
 
Le choix d'Emmanuel Macron pour le postnationalisme, la souveraineté européenne et l'ouverture à la mondialisation devrait être une raison suffisante pour obliger les droites à passer outre d'archaïques "lignes rouges" : celles-ci interdisent de consolider tout front commun, au bénéfice du pouvoir en place. Le clivage entre gauche et droite ne signifie plus grand-chose quand le débat se structure entre les partisans d'un monde ouvert et indifférencié et ceux d'un retour aux frontières et aux enracinements. Quatre leaders Républicains se sont faits, mardi dans Le Figaro , les avocats d'une Europe fière de ses racines et à l'écoute des peuples: leurs mots étaient ceux que tiennent également Marine Le Pen, Marion Maréchal, Nicolas Dupont-Aignan et tous ceux qui entendent résister à la lente dilution d'une Europe construite sur la diversité, le multiculturalisme et l'accommodement avec l'islam conquérant. Les Républicains, qui veulent faire bande à part, ne peuvent ignorer que l'union fait la force.
Le cordon sanitaire, que suggère encore Laurent Wauquiez (LR) quand il refuse tout contact avec le FN recentré, est à côté de la plaque. Même Marine Le Pen est descendue de son Aventin : elle se dit prête à des alliances, dans une recomposition de la vie politique. Elle vient d'ailleurs de rebaptiser son mouvement Rassemblement national, le week-end dernier. Sa nièce, Marion, jure pour sa part qu'elle ne fait pas "un retour politicien" en ouvrant cette année, à Lyon, un institut de formation politique (l'Issep) s'inscrivant dans le nouveau courant conservateur. Reste que la jeune femme de 28 ans a déjà rejoint le top 10 des politiques. Elle pourrait être bien placée, demain, pour représenter une seule et même droite libérale, conservatrice et sociale, si ses aînés s'entêtent dans les guéguerres du vieux monde. Il ne faut pas non plus exclure, après les Européennes et les municipales, la survenue d'un fédérateur inattendu.
Macron a prouvé qu'un jeune hussard sorti de l'ombre pouvait enlever une élection.
Paru dans Le Figaro, 8 juin 2018

... affole l'Union européenne

Publié dans Avec l'Europe
La parole libérée affole l'Union européenne
 
L’Union européenne creuse sa tombe. De la même manière que la glasnost avait précipité la chute de l’Union soviétique, la libération de la parole des peuples ébranle la citadelle bruxelloise. La pression exercée par l’UE sur le président italien, Sergio Mattarella, pour qu’il s’oppose au gouvernement choisi par les populistes vainqueurs des élections législatives a toutes les caractéristiques d’un coup de force. Le déni de la démocratie est flagrant, d’autant que Mattarella avait été désigné par l’ancienne majorité du parti démocrate, battue le 4 mars. Le comble de la provocation a été atteint avec la nomination comme président du Conseil de Carlo Cotharelli, ancien membre du FMI. Les Italiens, qui ont donné la majorité parlementaire à deux formations antisystème (La Ligue, le Mouvement 5 étoiles) vont donc être dirigés… par ce que le Système peut produire de plus caricatural. La trahison est tellement énorme qu’elle laisse deviner la panique qui s’empare du pouvoir européen. Ceux qui lui reprochaient, notamment sur ce blog (blog.lefigaro.fr/rioufol), d’être coupé des gens et des nations n’ont plus à démontrer l’accusation. L’Union européenne a déclaré la guerre aux souverainetés nationales. Et Emmanuel Macron a apporté, avec Angela Merkel, son soutien au coup d’Etat légal du président italien. Ce ruissellement de fautes bouscule l’histoire.

La dérive autoritaire et anti-démocratique de l’UE risque d’accélérer sa chute ou du moins sa refondation. C’est cette pente qu’a imprudemment prise Mattarella : il peut très bien se retrouver demain dans la situation du président français Patrice de Mac Mahon en 1877, sommé par le vainqueur des législatives, Léon Gambetta, de "se soumettre ou se démettre". Reste cette autre infâmie qui se profile chez les populophobes, qui laissent déjà entendre qu’un néo fascisme se dissimulerait derrière la nouvelle peuplocratie, ce monde de demain que Macron ne veut pas suivre. Parce que des manifestations de protestations sont prévues le 2 juin en Italie, des commentateurs veulent y voir un parallèle avec la Marche sur Rome de 1922 organisée par les faisceaux de Mussolini. Or les mouvements souverainistes, qui s'accroissent partout en Europe, sont tout au contraire en demande de démocratie directe, alimentée par les référendums d’initiative populaire et les réseaux sociaux. Le Mouvement 5 étoiles est lui-même l’expression novatrice de ce pouvoir de l’internet, qui permet de soutenir que le roi est nu. Il est peu probable que cette libération de la parole, que cherche à entraver l’UE aussi bien que la macrocrature, se laisse docilement canaliser. Face au camp du rappel à l’ordre, celui de la liberté a tout mon soutien.

Paru sur blog.lefigaro.fr/rioufol, 30 mai 2018

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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