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ROBIN  Gabriel

ROBIN Gabriel

Né le 25 août 1929
Marié – 2 enfants


Ambassadeur de France


Agrégé d’histoire
Ecole Normale Supérieure (Rue d’Ulm)
Ecole nationale d’administration (ENA)
Ambassadeur de France
Représentant permanent de la France au conseil de l’OTAN (1987-1993)

Ouvrages
La crise de Cuba, du mythe à l’histoire (1984) - La diplomatie de Mitterrand ou le triomphe des apparences (1985) - Un monde sans maître (1995) - Entre empire et nations (2004) - Sous Ponce Pilate (2016) -

Distinctions
Commandeur de la Légion d’honneur
Officier de l’Ordre national du Mérite

URL du site internet:

Sous Ponce Pilate

Publié dans Devant l'histoire
Sous Ponce Pilate (Essai)
 
Préface de François Richard et Bernard Plessy
Gabriel Robin, historien de formation (ENS Ulm, agrégé d’histoire), énarque et diplomate, conseiller diplomatique à l’Élysée, ambassadeur auprès de l’OTAN à Bruxelles, honoré du titre d’ambassadeur de France : un homme à même de comprendre et d’apprécier les comportements, les situations, les rapports de force, les stratégies, et même les arrière-pensées…, et de les déceler et analyser jusque dans les Évangiles, qu’on n’a l’habitude d’observer sous cet angle.
Il a publié quatre ouvrages sur les relations internationales, mais c’est la première fois qu’il s’attache à ce sujet des sujets, historique et religieux : Jésus, en proposant une lecture originale des Évangiles.

 
D’abord, il relève un vieux défi : situer dans l’espace et dans le temps le plus possible des épisodes évangéliques. Interrogés avec savoir-faire et pénétration, bien des indices géographiques ou historiques sortent de l’ombre, et, rapprochés les uns des autres jalonnent un parcours. Il faut suivre de près la démonstration serrée (bien résumée dans le chapitre final de conclusion-résumé) qui aboutit à proposer deux dates extrêmes, 28 et 33, pour le parcours public de Jésus, et à établir à l’intérieur de chacune des quatre années centrales un ou deux faits bien datés, qui servent de pivots autour desquels en regrouper d’autres, avec un avant et un après. Les événements évangéliques ne flottent plus dans un espace narratif décollé de la réalité, mais prennent place dans une longue aventure de cinq ans, en Judée, en Galilée et autour de la Galilée, puis à nouveau en Judée. La vie publique de Jésus prend une dimension historique, s’inscrit dans le monde juif et romain de l’époque, et cette surprenante valeur de réalité concrète en renouvelle la lecture. On suit l’action de Jésus, étape par étape, semestre après semestre, et on comprend peu à peu les Évangiles comme un drame à plusieurs séquences, dont chacune a sa dominante propre.
 
D’abord, la phase initiale, en Judée, dominée par la présence du Baptiste, qui pendant un an sera, d’abord devant, puis derrière Jésus, le grand référent qui protège, authentifie, et encourage sa mission ; puis la phase centrale, en Galilée, pendant laquelle Jésus, installé à Capharnaüm, recrute et s’attache ses apôtres et ses disciples, déploie son action, organise sa prédication, appuyée par des miracles impressionnants, et connaît une popularité extraordinaire, mais à deux reprises, doit s’éloigner ; dernière phase enfin, celle du retour en Judée, vraiment héroïque : on suit Jésus dans les attaques permanentes que déclenchent contre lui les autorités religieuses, qui ne cessent de l’affronter dans des joutes théologiques visant à lui faire perdre la face, et dont il surmonte admirablement les défis, puis, qui, finalement, se décident à la manière forte, dans une épreuve à laquelle il se soumet.
 
Bien des épisodes reçoivent un éclairage neuf : l’algarade avec les marchands du Temple, qui n’est qu’un affrontement mineur et limité, situé au début, en Judée, dont Jésus se tire habilement en invoquant le nom du Baptiste ; le départ précipité de Judée, qui suit directement l’arrestation du Baptiste ; les deux séjours de Jésus en Décapole et surtout en Syrie du Sud, qui n’ont rien d’une promenade inexplicable, mais sont des fuites devant des dangers réels ; la guérison de la fille de Jaïre, qui prend un piquant certain si on se souvient que Jaïre, chef de la synagogue de Capharnaüm, faisait partie de ceux qui, scandalisés par la guérison de l’infirme un jour de sabbat, avaient poussé Jésus à partir, et pourtant, père désespéré, l’appelle au secours ; les affrontements avec les pharisiens, puis les sadducéens, à Jérusalem, où Jésus joue à chaque fois son autorité, et démontre sa supériorité, ce qui exaspère ses adversaires ; l’entrée des Rameaux à Jérusalem, que G. Robin présente comme une dernière tentative pour rallier tous ses partisans, et essayer de changer le rapport de force avec les autorités religieuses, mais qui finalement, n’aboutit pas ; on admirera enfin la présentation de la période des apparitions postpascales, dans laquelle G. Robin voit la clé de la naissance de l’Église, une préparation de la Pentecôte…
 
Tout livre sur Jésus serait décevant, s’il ne parlait pas aussi au cœur. Il ne s’agit pas seulement de la nécessaire sympathie méthodologique qu’auteur et lecteurs doivent réserver aux acteurs de l’histoire, mais ici, plus précisément, de ce mélange de respect et de vénération qui est comme la condition indispensable à tout effort d’intelligence de cette figure extraordinaire. Gabriel Robin ne récuse aucun fait des Évangiles, aucune phrase mise dans la bouche du Christ, et ses nombreuses analyses des paroles de Jésus, teintées de foi, donnent beaucoup à voir, à comprendre, et à admirer. Son livre est inséparablement un exposé historique et une méditation, et c’est cette synthèse qui en fait toute la richesse, et toute la valeur.
 
Gabriel Robin, né en 1929, historien de formation (ENS Ulm, agrégé d’histoire), énarque, a fait carrière dans la diplomatie. Il a été conseiller technique au secrétariat général de la Présidence de la République, directeur des Affaires politiques au ministère des Affaires étrangères, ambassadeur, représentant permanent de la France au conseil de l’OTAN à
Bruxelles, et a été élevé à la dignité d’Ambassadeur de France.
Il est l’auteur de plusieurs ouvrages consacrés aux relations internationales, dont Entre empire et nations (2004).

Editions de Fallois, 2 février 2015
 
Editions de Fallois, 22 rue de La Boétie, 75008 Paris
Mise en vente : 16 février 2016 • 400 pages • Prix TTC : 22 € • Diffusion Hachette










L’Europe, un danger public !

Publié dans Avec l'Europe
L’Europe, un danger public !

L’Europe promettait la prospérité, on a eu le marasme. La croissance, on a eu la stagnation ; le plein emploi, on a eu le chômage. Il y aurait là déjà de quoi en défriser plus d’un.  
Mais, aujourd’hui, il y a plus grave. Il faut se demander si l’Europe n’est pas devenue un danger public et tenter de comprendre pourquoi elle en est arrivée là.

Il y a 25 ans, la chute du mur de Berlin a inauguré un monde nouveau, un monde où il n’y a plus à perte de vue, que des États-nations, grands ou petits, bons ou moins bons, mais dont aucun n’est prêt à céder sa place au soleil. Ce monde ne connaît que des États souverains et égaux en droit ; il croit à l’inviolabilité des frontières et condamne l’ingérence, la menace et l’usage de la force, sauf légitime défense ou autorisation du Conseil de Sécurité. Il a aussi ses institutions et ses procédures, celles de l’Organisation des Nations Unies.
L’Europe fait exception. Née comme un bloc dans un monde de blocs, elle ne parvient pas à se défaire de sa structure et de sa mentalité de bloc. Elle juge surannées frontières et souverainetés nationales. Elle admet l’ingérence comme un droit et souvent comme un devoir. Elle veut bien se servir à l’occasion des Nations Unies, mais n’entend ni s’y astreindre ni s’y soumettre.
Elle ne se reconnaît pas dans le monde immense, mouvant et incertain, qui a succédé à celui de la guerre froide. Dans celui-ci, elle avait un rôle bien défini de défense. Dans le monde actuel, elle n’est plus qu’une puissance expansive, et volontiers offensive qui ne veut connaître ni limite ni obstacle. Dans ce monde anarchique, elle est comme en mission parmi les sauvages et chargée d’y ramener l’ordre. Telle une maîtresse de classe, elle est partout la réprimande à la bouche et la férule en main à morigéner l’un à rabrouer l’autre, à mettre au coin ou à la porte le troisième. Sûre de sa force et forte de son bon droit, elle ne connaît ni la peur ni le doute.
À ceci près toutefois que la fermeté et l’efficacité de ses actes sont loin d’égaler la hardiesse de son verbe. Le mastodonte qu’elle est devenue est un gros animal aussi lent à réagir que lourd à manœuvrer et plus apte à rugir qu’à mordre. Elle a bombardé la Serbie pour en faire une démocratie et l’a amputée d’une province qu’elle a érigée d’autorité en État avant de la livrer aux mafias. En Libye, elle s’est vantée d’avoir éteint un foyer de terrorisme, mais n’a fait qu’en disperser les brandons et en propager les flammes. En Syrie, elle annonçait une démonstration de sa puissance de feu quand, au moment critique, elle s’est aperçue que les canonniers avaient tous déserté. L’illusion de sa puissance l’incline à toutes les présomptions, la réalité de son impuissance l’expose à toutes les reculades.

Mais tout ceci n’est rien auprès de ce qui se prépare en Ukraine. L’Europe s’y promettait une revanche. Elle allait faire signer à celui-là même qui avait fait échec à la révolution orange un accord d’association mettant le pays sous tutelle européenne. Mais, patatras, le président ukrainien refuse de signer. Du jour au lendemain, celui avec qui négociait l’Europe depuis trois ans devient un tyran corrompu dont son peuple a le devoir de se débarrasser. Le coup de force de la rue dûment mobilisé et encouragé est aussitôt paré de toutes les vertus de la démocratie. Aux accents vengeurs dont l’Europe salue cette victoire comme une défaite de Poutine, on ne saurait garder de doute sur le sens qu’elle lui donne.
L’allégresse cependant est un feu de paille. Avant deux jours, les apprentis sorciers découvrent qu’ils ont apporté sur un plateau à la Russie une occasion en or de récupérer la Crimée. Si le peuple de Kiev, descendu dans la rue, a été légitime en renversant son gouvernement élu, pourquoi le peuple de Crimée le serait-il moins en décidant de se séparer de l’Ukraine ? Les Européens, certes, invoquent l’intégrité territoriale et la sainteté des frontières, mais c’est un peu tard pour découvrir le caractère sacré de ces principes. N’avaient-ils pas été les premiers à les violer en pratiquant sur la chair vive de la Serbie l’ablation du Kosovo.
Une fois de plus, on est passé de la présomption la plus téméraire à la confusion et à l’impuissance. Mais, cette fois, il est temps de crier casse-cou et de mettre le holà : il y a danger.

Le mariage homosexuel : le vrai problème

Publié dans A tout un chacun

Aux yeux de certains, le refus du mariage homosexuel serait un déni de droit et une offense à l’égalité. Rien n’est plus inexact. D’abord, parce que le mariage n’est pas un droit, mais une institution - c’est à dire un ensemble cohérent de droits et de devoirs. Ensuite, parce que le droit de se marier ou de ne pas se marier est également ouvert à tous et qu’on connaît des homosexuels mariés.
Il est vrai que le mariage entre homosexuels n’est pas possible ; il ne l’est pas non plus entre enfants impubères. Dans les deux cas, il ne s’agit pas d’un déni de droit, mais d’un constat d’impossibilité : le mariage exige des partenaires adultes et de sexe différent. Ainsi en est-il, en tout cas, pour le moment.
Oublions, enfin, le slogan imbécile du "mariage pour tous", à moins de prêter l’intention à ses promoteurs de vouloir marier frère et sœur ou oncle et nièce.
Venons-en, plutôt, au vrai problème : ouvrir le mariage pour les homosexuels suppose de changer le mariage pour tout le monde.
La seule question est donc : faut-il changer le mariage ? La question n’est évidemment pas taboue ; le mariage a déjà changé, pourquoi ne changerait-il pas encore ? Au moins, faut-il prendre la mesure du changement proposé et s’interroger sur son intérêt éventuel.

L’ampleur du changement
Le mariage, à présent, est un statut conféré par l’État à l’union d’un homme et d’une femme, en considération des enfants à naître de cette union.

Ce qui peut exister entre deux individus en fait de sentiment ou de sexe ne concerne pas l’État : cela relève de la sphère privée. Tout au plus, l’État s’assure-t-il, en cas de litige, que les partenaires en cause sont adultes et consentants. Un homme, donc, a-t-il plusieurs maîtresses ; une femme plusieurs amants, l’État n’en a cure.
Un mari, en revanche, a-t-il plusieurs épouses ; ou une épouse, plusieurs maris, l’État s’y oppose. Pourquoi ? Sinon, parce qu’ils sont mariés et, qu’avec le mariage, intervient une tierce partie, l’enfant.
Avant même que l’enfant paraisse, sa seule éventualité commande de régler les rapports qui devront s’établir entre parents et enfant ; aussi bien qu’entre parents dans la mesure où cela affecte l’enfant. Tel est précisément l’objet du mariage. Il oblige le couple à donner à l’enfant : identité, accueil, protection et éducation, tout en lui conférant, en contrepartie, ce qu’on appelle l’autorité parentale.
Tout l’édifice, on le voit, repose sur l’unique fondement de la présomption de progéniture. Pour un couple hétérosexuel, elle va de soi. Dans un couple homosexuel, elle ne serait pas seulement absente, elle serait remplacée par une certitude du contraire : aucun enfant ne serait à attendre. Du coup, privé de son fondement, le mariage serait littéralement en porte-à-faux.
Sur le point de fait de savoir quelle serait l’ampleur du changement, il n’y a aucun doute : le mariage actuel ne serait pas modifié, mais dénaturé.

Les partisans du changement en sont si conscients que tout leur effort consiste à tenter de le faire oublier.

Pour essayer d’identifier le mariage homosexuel au mariage actuel, ils soulignent que demain, comme aujourd’hui, il s’agira de célébrer l’amour d’un couple. Que deux individus s’aiment d’amour tendre et veuillent en prendre à témoins le public et la République, voilà qui devrait suffire à fonder le mariage.
Malheureusement pour eux, c’est insoutenable. Outre qu’il serait inutile, un tel mariage serait inopérant. Jamais les amants n’ont eu besoin d’un décor de mairie ou d’une écharpe tricolore pour célébrer leur amour. Quant à la République, elle a beau être bonne fille, que sait-elle de l’amour pour s’en faire juge ? Si elle a compétence pour sanctionner un contrat, depuis quand aurait-elle reçu pouvoir de certifier une passion amoureuse ?
Reste à soutenir, qu’à l’égal d’un couple hétérosexuel, un couple homosexuel peut former un projet d’enfant, puisqu’à défaut de ceux que la nature lui refuse, il a aujourd’hui pour le réaliser ceux de l’adoption ou de la procréation médicalement assistée.
La difficulté avec cet argument est que, quoi qu’on fasse, ce n’est jamais "à l’égal".
Faute, et pour cause, de présomption de fertilité, le couple homosexuel devrait y suppléer au moyen d’une déclaration explicite manifestant son intention d’avoir des enfants. Encore cette intention n’a-t-elle de chance de se concrétiser qu’avec le concours d’une tierce partie, ce qui fait toujours d’un ménage homosexuel qui veut des enfants une sorte de ménage à trois. Même en cas d’adoption, l’égalité serait encore loin d’être réalisée, car l’enfant adopté ne retrouvera pas dans le couple adoptif, s’il est homosexuel, la mixité sexuelle qui a forcément présidé à sa naissance.
Bref, le mariage homosexuel aura beau singer d’aussi près que possible le mariage hétérosexuel, il n’en sera jamais la copie conforme. À force d’artifices, on n’aura réussi qu’à substituer à la vérité du modèle le mensonge d’un faux.
S’il faut convenir que le changement proposé s’apparente à une révolution, est-il, au moins, permis de croire que cette révolution marquerait un progrès ?

L’intérêt du changement
Le mariage actuel n’est pas ce qu’il est seulement à cause de l’enfant, mais dans l’intérêt de l’enfant.

Par rapport à l’ensemble parents - enfant, l’État prend délibérément le parti du second : comme il est encore à venir et qu’il est, de toute façon, la partie faible, il serait sans défense si la société ne parlait pour lui. De là les responsabilités que le mariage met à la charge des parents, tant à l’égard de l’enfant que dans leurs rapports mutuels.
Si mari et femme se doivent aide et assistance, s’ils ont domicile commun, si la fidélité est au nombre de leurs obligations, c’est pour mieux garantir à l’enfant l’environnement stable qui lui est nécessaire. Si le mariage se définit comme l’union d’un homme et d’une femme, c’est que tout élargissement à plus de deux partenaires serait pour les enfants source de confusion et comporterait des risques d’inégalité entre eux. C’est aussi parce qu’on croit bon pour l’enfant qu’il y ait identité entre ceux qui l’ont engendré, ceux qui l’ont voulu et ceux qui entreprendrons de l’élever.
C’est cette identité qu’un couple homosexuel est hors d’état d’assurer. C’est une différence qui va loin. Elle oblige à minimiser la portée de l’acte de procréation pour placer au-dessus de tout le désir ou le projet d’enfant. C’est ainsi que, sous le noble prétexte de préférer l’amour au sexe, on en vient à placer le désir d’enfant au-dessus de l’intérêt de l’enfant.

Le principe une fois posé, il ne faut pas s’étonner des conséquences.

Le désir d’enfant peut naître dans un couple homosexuel aussi bien que dans un couple hétérosexuel et il y est ni plus ni moins légitime. Au nom de quoi, cependant, le borner à deux individus ? Pourquoi serait-il moins légitime s’il venait à un groupe composé d’un homme et de deux femmes ou davantage ?
Si le désir d’enfant commande, tous les moyens de le satisfaire sont bons. Pourvu que le but soit atteint, les homosexuelles auront toute latitude pour chercher la gamète mâle dont elles ont besoin ; même chose pour les homosexuels à l’égard des procédés de gestation pour autrui. Comment, alors, fermer la porte aux tentations de manipulation génétique et de marchandisation du corps ?
Le désir d’enfant réside, par définition, dans le chef des parents ; l’enfant n’y joue qu’un rôle passif. C’est pourquoi on se permet de transférer l’enfant adopté de son cadre originel, nécessairement hétérosexuel, dans un cadre homosexuel sans se demander si c’est ce qui lui convient. Mais il y a plus grave. Que se passera-t-il si le désir change ou disparaît ? Ou si l’enfant se trouve ne pas répondre aux spécifications du désir ?
Toutes ces conséquences, tous ces dangers proprement abyssaux, procèdent d’une même cause : l’altération de ce qui fonde le mariage. Le mariage présent fait tout reposer sur l’intérêt de l’enfant, le mariage homosexuel sur le désir d’enfant. Ce qui est en jeu ici, ce n’est rien d’autre que la conception de l’enfant. Quand on invoque l’intérêt de l’enfant, on suppose que l’enfant est sujet ; quand on le soumet au désir d’enfant, on fait de lui un simple objet. Dans un cas, l’enfant est traité par anticipation comme une personne ; dans le second, il fait figure de jouet, même si c’est un jouet de luxe.

Notre civilisation s’honore de maintenir que la haute idée qu’elle a de l’homme vaut par extension pour ce petit d’homme qu’est l’enfant. Comment ne se déshonorerait-elle pas en dérogeant à ce principe ? Et comment, avec le déshonneur, n’en subirait-elle pas aussi les désastreuses conséquences ?

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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