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SALVAN   Jean

SALVAN Jean

Né le 3 mars 1932
Marié (1953) – 5 enfants



Officier, général de corps d'armée


Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr
Ecole d’Etat-Major 
Ecole supérieure de guerre (ESG)

Commandant la IVème Région militaire
Général de corps d’armée (1988)
Représentant français auprès du Commandement Centre-Europe de l’OTAN (1986-1988) 
Commandant de la 1ère Division blindée (1983-1985)
Commandant du 3ème Régiment de parachutistes d’infanterie de marine
Professeur à l’Ecole supérieure de guerre

Membre correspondant du Muséum d’Histoire Naturelle en 1964
Diplôme d’Etudes Supérieures Spécialisées de droit public
Professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Bordeaux (1989-1994) ("Société et Défense") 
Président de l’Union des blessés de la face (les Gueules cassées) (1995-2002)

Ouvrages 
Liban 1978, les Casques bleus de la France (1979) - L’avifaune du Gard et du Vaucluse (1983) -

La paix et la guerre (1992) - Soldat de la guerre, soldat de la paix (2005)

Distinctions
Grand Officier de la Légion d’Honneur
Croix de la Valeur Militaire
Commandeur de l’Ordre du Cèdre du Liban
Croix d’Honneur en or de la Bundeswehr

URL du site internet:

Madagascar

Publié dans De par le monde

Que peuvent bien penser les Français des évènements qui se déroulent à Madagascar depuis une quinzaine de jours ? Ce n'est pas Le Monde (10 février 2009, p.7) qui lui permettra de comprendre les dessous de cette affaire. Heureusement, Internet fonctionne encore là-bas et permet d'apprendre quels sont les ressorts de ce drame.
Il y a deux camps, essentiellement à Tananarive (nom traditionnel en France, Antananarivo en malgache) : celui du Président Marc Ravalomanana, élu démocratiquement il y a deux ans, et celui du maire de Tananarive, Andry Rajoelina, qui s'est autoproclamé "président d'une haute autorité de transition" au début de février, et qui a nommé un "Premier ministre", Monja Roindefo. Ce que ne dit pas le quotidien du soir, c'est que Andry Rajoelina est un "sous-marin" de Didier Ratsiraka, l'ancien président malgache, qui espère revenir au pouvoir à l'occasion de ce coup d'état, et qui subventionne largement les opposants à Marc Ravalomanana….

Le 7 février, Rajoelina incita ses partisans à marcher sur le palais présidentiel (Ambohitsorohitra) et à s'y installer : prudemment, Rajoelina et Roindefo restèrent derrière la foule qu'ils envoyèrent au massacre … Dans un pays où il importe de ne pas perdre la face, Marc Ravalomanana ne pouvait laisser envahir son palais, quel qu'en soit le prix.
Ratsiraka est cet officier malgache qui à partir de 1973, se constitua un électorat sur un projet mêlant socialisme et  xénophobie-rejet en particulier des Français, Chinois, Pakistanais qui menaient l'économie de l'île. Après avoir pris le pouvoir en 1976, en deux ans, Ratsiraka transforma un pays en plein développement, exportateur notamment de riz et de viande, en zone où régnait la famine et où une partie de la population citadine se mit à survivre en fouillant les décharges d'immondices. Simultanément, il instaura une dictature dont le peuple malgache ne parvint à se débarrasser qu'en 1993. On se demande ce que les dirigeants français trouvaient ou trouvent encore pour soutenir cet énergumène, qui reprit le pouvoir en 1997, le perdit en 2001 et s'enfuit en France en 2002.

L'Afghanistan

Publié dans De par le monde

Depuis août 2008, combien de fois m'a-t-on posé cette question ? Le moins que l'on puisse dire, c'est que la lutte contre le terrorisme en Asie centrale ne fait pas recette chez nous.
Les Britanniques au XIX° siècle, les Russes au XX° se sont cassés les dents en Afghanistan, et, après l'effondrement du régime des talibans en 2001, on ne peut pas dire que l'OTAN ait convaincu les téléspectateurs de la justesse de sa stratégie. Chaque fois qu'un mariage a lieu, avec les tirs traditionnels en l'air, les armées de l'air alliées bombardent la noce et accumulent les morts d'enfants et de femmes. Et voir des patrouilles blindées ou motorisées rechercher les rebelles de jour ne convaincra aucun de nos anciens d'Indochine ou d'Afrique du Nord du sens tactique des patrons de l'OTAN… Comme d'habitude, ces peuples rudes qui constituent l'Afghanistan, incrustés dans leurs montagnes, sachant que le temps travaillent pour eux, mènent une guérilla dure, qui finira par nous lasser. Que peut-on espérer ?
Le terrorisme est un mode d'action, ce n'est pas un ennemi. L'ennemi, ce peut être Al Qaïda ou les talibans. Il vaudrait mieux éviter de considérer les Pachtounes comme nos ennemis. Encore faut-il le dire. Et la Rand Corporation, qui n'est pas un repaire de pacifistes ou d'irresponsables, mais qui travaille au profit de la défense américaine, signale depuis longtemps l'absurdité du terme "guerre au terrorisme" (voir le site www.rand.org/pubs/monographs/MG741-1). Pour lutter contre les groupes qui pratiquent le terrorisme, il faut recourir essentiellement aux forces spéciales et à la police.

Car la situation en Afghanistan n'est pas simple. Rappelons que ce pays a des frontières communes avec la Chine, l'Iran et d'anciens territoires soviétiques : Turkménistan, Ouzbékistan ,Tadjikistan. Chine et Iran jouent des jeux personnels sur place. Le Pakistan et ses forces armées ont toujours considéré l'Afghanistan comme leur arrière-cour. La Chine voit de plus en plus l'Asie centrale comme son glacis.
La population appartient majoritairement à l'ethnie pachtoune, partagée entre le Pakistan et l'Afghanistan. Les méthodes américaines (bombardements de noces et de civils, mesures brutales en vers les femmes, et les habitations) ont révolté les populations locales, et provoqué une authentique résistance pachtoune.

Il convient donc de faire une nette distinction entre les ethnies locales (Tadjiks, Pachtounes, ... etc.) et les groupes, comme Al Qaïda et les talibans, qui pratiquent le terrorisme. Il faut ensuite rendre hermétique la frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan. Il faut enfin éradiquer la culture du pavot, qui finance le conflit et qui pourrait justifier notre participation et notre intervention militaire.
Or ces actions multiples : séparer les Pachtounes des groupes islamistes radicaux, sceller la frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan, éradiquer la culture du pavot, exigeront du temps, des moyens civils et militaires importants.
On peut douter de la volonté des membres de l'OTAN, dans un contexte de crise financière et économique, d'accroître de façon significative les forces déjà engagées sur ce théâtre : il sera donc impossible de gagner militairement. La France en particulier a des responsabilités en Afrique et ne pourra guère déployer en Asie centrale beaucoup d'autres moyens. L'OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe) a participé modestement à des projets de reconstruction de l'Afghanistan et de son armée-école d'état-major à Douchanbé. Mais surtout, la Russie dispose encore de réseaux en Afghanistan et elle pourrait, si les dirigeants et les diplomates américains et européens s'en donnaient la peine, participer par ses moyens de renseignement, voire avec une partie de ses forces spéciales, au moins dans la partie nord de l'Afghanistan, à l'éradication de la culture du pavot et de certains groupes pratiquant le terrorisme.

N'ayons pas d'illusions : sans la participation russe, la guerre d'Afghanistan est perdue. Essayons au moins de lutter contre les stupéfiants et de contenir les ambitions des Pachtounes et du Pakistan.
27 janvier 2009

Réflexions sur Gaza

Publié dans De par le monde

Quelques réflexions sur les combats à Gaza

Les combats qui se déroulent à Gaza depuis le 27 décembre 2008 sont un nouvel exemple du gâchis provoqué par des conceptions erronées dans les deux camps qui s'opposent. A l'origine du Hamas, il y a des apprentis sorciers israéliens, dont Sharon, qui voulaient casser le Fatah, mouvement plutôt laïque : beau résultat ! Les tirs de roquettes et d'obus de mortiers se multipliaient depuis la fin de la trêve décidée par le Hamas, qui pensait pouvoir bénéficier de l'impunité en période électorale israélienne et avant la prise de fonction de Barak Obama : le Hamas connaît aussi mal les Israéliens que les Américains, et il a provoqué l'intervention armée israélienne au pire moment, car la population gazaoui est lasse.
Les Israéliens ont refusé de traiter en temps utile, arguant du caractère terroriste du Hamas. Mais les résistants français furent eux aussi qualifiés de terroristes de 1940 à 1944. Et la lourde occupation israélienne, la transformation de Gaza en prison ou camp de concentration, comme on voudra, ne pouvait que favoriser l'émergence d'un mouvement de résistance.

Les combats ont donné lieu au délire médiatique habituel : génocide, crimes de guerre, réaction disproportionnée, … etc.
Or il est clair que les troupes israéliennes ont avancé à pas comptés, avec le souci de ne prendre aucun risque pour les militaires de Tsahal et d'éviter un bain de sang pour les civils vivant dans cette zone densément peuplée. Leur objectif est de détruire les dépôts d'armes et de munitions, les abris de la branche armée du Hamas, et les tunnels par où s'effectuent toutes sortes de trafics. Il leur faut surtout éviter de créer à Gaza une situation de chaos analogue à celle que l'on observe en Somalie.
Rappelons que le bombardement d'Avignon par les Alliés, fit en quelques minutes, le 27 mai 1944 au matin, 450 morts, 1200 blessés, essentiellement des civils, et que 500 maisons furent détruites. La population de la ville ne dépassait pas alors 60 000 habitants. Gaza, une bande de terre d'environ 50 kilomètres sur 10, comporte environ 1 400 000 habitants. En trois semaines de combats, il y a eu approximativement 1 000 morts et 5 000 blessés, avec une majorité de civils, parmi les habitants de Gaza. C'est important, c'est grave, cela ne résoudra aucun problème, mais on est loin des bilans provoqués par les bombardements alliés en 1944…
Il y a d'abord une bataille médiatique : la branche armée du Hamas installe systématiquement ses mortiers, ses lance-roquettes près des écoles, des mosquées, des hôpitaux, des bâtiments de l'ONU, tire quelques coups, se replie, et espère une réplique israélienne avec "dommages collatéraux" qui provoquera le tollé de la presse. Cela dit, Israël a trop souvent pris l'ONU pour cible (depuis les assassinats du comte Bernadotte et du Colonel Sérot, un Français, en 1947) pour que sa bonne foi ne soit pas mise en doute. Car il y a une recherche de boucs émissaires en Israël : lors d'un de mes voyages au Proche-Orient, un Israélien d'origine française me déclara : "Tout cela (l'Intifada) est la faute de l'ONU et de la presse occidentale".


Il est évident que la solution du problème n'est pas simple, tant les haines sont fortes. Israël est rarement parvenu à s'entendre avec ses voisins depuis cinq millénaires. Et le soutien inconditionnel des Etats-Unis à Israël ne permet pas de parvenir à une solution raisonnable : le retour d'Israël aux frontières de 1967, avec quelques aménagements à négocier. La fin de la colonisation en Cisjordanie. L'acceptation d'un Etat palestinien, même s'il n'est pas dirigé par des féaux d'Israël… On peut toujours rêver ! 

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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