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SAROCCHI Jean

SAROCCHI Jean

Né en 1933
Veuf – sans enfants


Professeur honoraire à l'Université de Toulouse



Doctorat d'Etat (La Sorbonne).
     "Albert Camus et la recherche du père".

Agrégation de Lettres classiques.
CAPES (Certificat d’Aptitude au Professorat de l’Enseignement Supérieur)
Diplôme d'études supérieures
     "Socrate et Montaigne"

Licence de philosophie.


Maître de conférences à l'Université de Tunis.
Maître-assistant à l'Université de Strasbourg.
Professeur de philosophie, français, latin, grec (Oran).

Ouvrages
Julien Benda, portrait d'un intellectuel
Albert Camus et la recherche du père (thèse éditée)
Albert Camus philosophe
Le dernier Camus ou le Premier Homme
Variations Camus
Camus le juste ?
Versions Proust
Giono de père en fils
Rabelais et l'instance paternelle
La Colère
Pourquoi pas ?
in the Summer Time (roman)

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Pour l’homéopathie

Publié dans A tout un chacun
Pour l’homéopathie

L’argumentation produite par les Instances officielles, notamment la "haute autorité de la santé" (dont la hauteur donne le vertige), pour justifier le déremboursement des remèdes homéopathiques, est d’une médiocrité presque fascinante.
A cette argumentation je puis opposer, fort de trente ans de pratique, des faits. A mainte reprise des maux de gorge qui résistaient aux remèdes prescrits par le généraliste ont été guéris par des granules ou des comprimés homéopathiques. Par deux fois une intervention chirurgicale, conseillée par la médecine traditionnelle, exclue par l’homéopathe, s’est révélée inutile. (La Sécu n’y a-t-elle pas gagné ?). Un généraliste au vu du taux légèrement excessif de mon "mauvais" cholestérol m’ordonnait des statines. Mon homéopathe, au vu du taux exceptionnel de mon "bon" cholestérol, se récria. Deux décennies se sont écoulées depuis, sans statines, avec un cholestérol stable.

Puisqu’il existe une "commission de la transparence", je lui soumets ces transparents résultats.
(Est-il interdit de guérir si ce ne sont pas eux qui guérissent ?)
L’idée, sous-entendue dans le discours de la "haute autorité", que les "traitements conventionnels" seraient, à l’épreuve, plus efficaces que les traitements homéopathiques, est, si j’en juge par mon expérience personnelle, dans nombre de cas erronée sinon mensongère.
En vérité la "science", si on en forme un concept rigoureux, n’a rien à faire dans ce débat. L’homéopathie ne peut fournir des "arguments scientifiques convaincants", c’est probable, mais la "haute autorité" non plus. La médecine, ordinaire ou extraordinaire, est un art, très admirable ; ce n’est pas une science.

Mais le fanatisme n’est pas réservé à la politique ou à la religion. J’ai entendu sur "France Culture" voilà une couple d’années, une sommité parisienne de la médecine se prononcer contre l’homéopathie avec une hargne telle que je me suis demandé de quelle lubie elle était la victime, ou de quel lobby l’agent.
Lobbies ! J’interrogeai Internet, voilà quelques jours : "les lobbies contre Boiron ?" Ma question, je le confesse, était tendancieuse. Je fus puni par une volée de plomb rétorsive : lobbies ? Mais ils ne travaillent que pour Boiron, et il faut, paraît-il, féliciter le gouvernement qui n’a pas cédé à leur pression. La candeur ou le cynisme, le candide cynisme d’une telle mitraillade de réponses me rappela l’enquête, naguère, du journal La Croix sur la responsabilité humaine, écrasante aux dires des "experts" (le GIEC), dans le réchauffement climatique, et l’insinuation que les climato sceptiques (eux seuls !) étaient soupçonnables de soudoyer des lobbies.

Il me revient un épisode comique de l’Evangile selon saint Jean. L’aveugle né, une fois guéri par l'homéopathe Jésus, est assiégé par la "haute autorité de santé" pharisaïque, laquelle a dans le nez ce placier en placebos : "Donne gloire à Dieu (c’est-à-dire à Agnès Buzyn, Ministre des solidarités et de la santé), cet homme (l’homéopathe Jésus) est un pécheur. Il répondit (je réponds) : "S’il est un pécheur, je ne sais, ce que je sais, c’est que" je suis guéri.

Envoyé par l'auteur, 1er août 2019

Quelques mots atroces

Publié dans Devant l'histoire
Quelques mots atroces

Les florilèges de mots drôles ne manquent pas. Je ne sais s’il existe des florilèges de mots atroces. Certains d’entre eux sont célèbres, d’autres moins ; il en est de tout récents qui valent leur pesant d’ordure.

Politique
Célèbre, le mot du général Sébastiani, le 29 novembre 1830 : "l’ordre règne à Varsovie", s’écrie-t-il, alors que les troupes du tsar massacrent les Polonais. L’Etude op. 10 numéro 12 de Chopin, dite "révolutionnaire", est la sublime dégelée musicale infligée à ce larbin de la monarchie de juillet.
Déjà célèbre, quoique encore tout chaud, le mot de Laurent Fabius, dont la teneur est en vain contestée par ses peu fiables affidés, sur "le bon boulot" fait par les islamistes d’Al Nosra.
Leurs crimes de guerre ont été dénoncés par Amnesty International.

Religion
Le 8 novembre 1906 René Viviani, ministre du travail dans le cabinet Clémenceau, profère sur un ton sinistrement emphatique : "Nous avons éteint dans le ciel des lumières qu’on ne rallumera plus". Péguy a mouché comme il faut ce fanatique "allumeur de réverbères".
Le Grand Maître du Grand Orient de France, Jean-Philippe Hubsch, profitait tantôt de l’incendie de Notre-Dame de Paris (allumé par qui ??) pour déclarer que "ce monument historique national est un lieu de culture", "nous n’y voyons pas", ajoutait-il, "un lieu de culte".
Monsieur Hubsch devrait consulter un ophtalmologue. Il devrait aussi se cultiver et apprendre du Diable, puisque le Bon Dieu n’a pas son agrément, que la culture (je cite Doktor Faustus), depuis qu’elle s’est "détachée du culte et s’est faite culte elle-même, n’est plus qu’un déchet".

Anthropologie
"Tout est dit, et l’on vient trop tard /…/ ", énonçait La Bruyère, confirmé par Gide.
C’est faux. Les formidables acquêts de nos techno-sciences ont permis même en anthropologie des énoncés absolument originaux, ainsi cet immondice verbal (mental) de Pierre Bergé : "Louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l’usine, quelle différence ?" Le plus ignoble barbare, dans la plus barbare des tribus les plus réfractaires à l’esprit, n’aurait pu proférer une telle insulte à la maternité.
(Mais La Bruyère précisait que "le plus beau et le meilleur est enlevé" ; il ne se prononçait pas sur le plus laid et le pire, où excelle notre époque, à preuve cette excrétion de Pierre Bergé).

L’idée de cette petite recension, je la dois à un mot sublime en apparence, frivole en vérité, sonnant creux, ne valant pas un pet, proféré par le Président Macron dont tout invite à penser que la finance l’intéresse infiniment plus que la France. "La France", s’écriait-il, "est une nation qui n’abandonne jamais ses enfants" : pastiche du grand style patriotique ("gloire à notre France éternelle… "), rodomontade qui ne serait que ridicule si deux "enfants" de la France ne l’avaient démentie au Burkina Faso par leur sang absurdement versé.

Il est assez plaisant de noter que ces mots atroces devraient assurer à leurs auteurs voués autrement à la déchetterie des destinées communes une sorte d’immortalité. Car qu’est-ce même, sauf exception (un de Gaulle), qu’un Président de la République ? Je ne me souviens, moi qui passe cependant pour un homme cultivé, que de Paul Deschanel, non pour ses actes politiques mais pour l’acte ferroviaire gratuit qui fut sa surréelle et très réelle réplique au Lafcadio (le héros de l’acte gratuit dans Les Caves du Vatican ; Lafcadio éjecte hors du train un vieux bonhomme.

Envoyé par l'auteur, 29 juillet 2019

La fessée

Publié dans A tout un chacun
La fessée
 
Pas de fumée sans feu, pas de fesse sans fessée.
C’est la loi de nature.

Les vertus de la fessée ne sont pas contestables.
Elles ont été démontrées par Rousseau dans ses Confessions ; l’on doit sans aucun doute à mademoiselle Lambercier qui fessa le jeune Jean-Jacques une fois et encore une fois la rédaction postérieure de L’Emile, remarquable traité d’éducation.
Montaigne déjà confesse avoir "à deux coups tâté des verges" : il en résulta l’admirable chapitre des Essais : "De l’affection des pères aux enfants".
Mais c’est Max Ernst, insoupçonnable de profanation, qui en 1926 produit en peinture une apothéose de la fessée puisque c’est la Vierge Marie la meilleure des mères, qui l’administre à l’Enfant Jésus le meilleur des fils, et quand on sait ce qu’il advint de Jésus, comment douter que la fessée ait, comme la fesse, une vertu proéminente ?
Près d’un demi-siècle plus tard j’ai moi-même entendu à Strasbourg Lucien Israël, psychanalyste des plus subtils, rassurer des parents pris de scrupule : "la fessée ? si cela vous fait plaisir !".
Nous avons changé cela. Des Instances dûment qualifiées nous disent aujourd’hui que la fessée, appliquée sur les tendres fesses d’un enfant, perturbe son "équilibre sexo-affectif" (sic). D’où la loi votée ce 2 juillet, interdisant les "violences éducatives ordinaires", donc la fessée.
(Les violences éducatives extraordinaires, elles, ne sont pas interdites, par exemple le viol des tendres âmes par les images porno prodiguées, censurées guère, par les écrans initiatiques). (Mais qu’est-ce qu’une âme au prix d’une fesse ?).
     
Alors, que faire ?
La fessée pas plus que la fesse ne peut être exilée dans le ciel des Idées platoniciennes.
Puisque la fesse existe, la fessée elle aussi, doit exister. A quoi servirait la fesse sans la fessée ?
La solution préconisée par le Club LGBTQ, l’entre-fesses à l’amiable, a contre elle une longue tradition philosophique, ainsi Diogène tançant un jeune gars revenu d’une Gay Pride : "tu as le derrière évasé" - euruprôktos, s’écria-t-il.
Que faire ?
On peut suggérer une inversion de la pratique traditionnelle : autrefois le père ou la mère fessait l’enfant ; désormais c’est l’enfant qui serait instruit à fesser son père ou sa mère dont le cuir fessier n’est plus celui d’un tendron et dont la conscience par ailleurs n’est pas irréprochable.
L’actuelle évolution des mœurs va dans ce sens : la paternité est devenue délictueuse, la maternité, louable jadis au sens marial, est désormais louée au sens commercial.
Mais la meilleure solution, à mon goût, serait celle du plaisir réversible : enfants, parents se fessant selon l’occurrence selon une gracieuse réciprocité, la menue main du môme appliquée double forte sur la fesse du parent 1 ou du parent 2 (naguère "papa" ou "maman"), ceux-ci tapotant les proéminences de leur progéniture pianissimo," bien mollement" (Montaigne).
Montaigne, qui de son temps déjà déplorait la prolifération des lois, s’esclafferait à l’idée qu’on ait eu l’idée d’en concocter une pour ça.
Comme ça (l’idée) vient de Suède pourquoi ne pas instituer un prix Nobel qui honorerait chaque année un virtuose de la fessée artistement exécutée ?
Envoyé par l'auteur, 11 juillet 2019

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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