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SAROCCHI Jean

SAROCCHI Jean

Né en 1933
Veuf – sans enfants


Professeur honoraire à l'Université de Toulouse



Doctorat d'Etat (La Sorbonne).
     "Albert Camus et la recherche du père".

Agrégation de Lettres classiques.
CAPES (Certificat d’Aptitude au Professorat de l’Enseignement Supérieur)
Diplôme d'études supérieures
     "Socrate et Montaigne"

Licence de philosophie.


Maître de conférences à l'Université de Tunis.
Maître-assistant à l'Université de Strasbourg.
Professeur de philosophie, français, latin, grec (Oran).

Ouvrages
Julien Benda, portrait d'un intellectuel
Albert Camus et la recherche du père (thèse éditée)
Albert Camus philosophe
Le dernier Camus ou le Premier Homme
Variations Camus
Camus le juste ?
Versions Proust
Giono de père en fils
Rabelais et l'instance paternelle
La Colère
Pourquoi pas ?
in the Summer Time (roman)

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La fessée

Publié dans A tout un chacun
La fessée
 
Pas de fumée sans feu, pas de fesse sans fessée.
C’est la loi de nature.

Les vertus de la fessée ne sont pas contestables.
Elles ont été démontrées par Rousseau dans ses Confessions ; l’on doit sans aucun doute à mademoiselle Lambercier qui fessa le jeune Jean-Jacques une fois et encore une fois la rédaction postérieure de L’Emile, remarquable traité d’éducation.
Montaigne déjà confesse avoir "à deux coups tâté des verges" : il en résulta l’admirable chapitre des Essais : "De l’affection des pères aux enfants".
Mais c’est Max Ernst, insoupçonnable de profanation, qui en 1926 produit en peinture une apothéose de la fessée puisque c’est la Vierge Marie la meilleure des mères, qui l’administre à l’Enfant Jésus le meilleur des fils, et quand on sait ce qu’il advint de Jésus, comment douter que la fessée ait, comme la fesse, une vertu proéminente ?
Près d’un demi-siècle plus tard j’ai moi-même entendu à Strasbourg Lucien Israël, psychanalyste des plus subtils, rassurer des parents pris de scrupule : "la fessée ? si cela vous fait plaisir !".
Nous avons changé cela. Des Instances dûment qualifiées nous disent aujourd’hui que la fessée, appliquée sur les tendres fesses d’un enfant, perturbe son "équilibre sexo-affectif" (sic). D’où la loi votée ce 2 juillet, interdisant les "violences éducatives ordinaires", donc la fessée.
(Les violences éducatives extraordinaires, elles, ne sont pas interdites, par exemple le viol des tendres âmes par les images porno prodiguées, censurées guère, par les écrans initiatiques). (Mais qu’est-ce qu’une âme au prix d’une fesse ?).
     
Alors, que faire ?
La fessée pas plus que la fesse ne peut être exilée dans le ciel des Idées platoniciennes.
Puisque la fesse existe, la fessée elle aussi, doit exister. A quoi servirait la fesse sans la fessée ?
La solution préconisée par le Club LGBTQ, l’entre-fesses à l’amiable, a contre elle une longue tradition philosophique, ainsi Diogène tançant un jeune gars revenu d’une Gay Pride : "tu as le derrière évasé" - euruprôktos, s’écria-t-il.
Que faire ?
On peut suggérer une inversion de la pratique traditionnelle : autrefois le père ou la mère fessait l’enfant ; désormais c’est l’enfant qui serait instruit à fesser son père ou sa mère dont le cuir fessier n’est plus celui d’un tendron et dont la conscience par ailleurs n’est pas irréprochable.
L’actuelle évolution des mœurs va dans ce sens : la paternité est devenue délictueuse, la maternité, louable jadis au sens marial, est désormais louée au sens commercial.
Mais la meilleure solution, à mon goût, serait celle du plaisir réversible : enfants, parents se fessant selon l’occurrence selon une gracieuse réciprocité, la menue main du môme appliquée double forte sur la fesse du parent 1 ou du parent 2 (naguère "papa" ou "maman"), ceux-ci tapotant les proéminences de leur progéniture pianissimo," bien mollement" (Montaigne).
Montaigne, qui de son temps déjà déplorait la prolifération des lois, s’esclafferait à l’idée qu’on ait eu l’idée d’en concocter une pour ça.
Comme ça (l’idée) vient de Suède pourquoi ne pas instituer un prix Nobel qui honorerait chaque année un virtuose de la fessée artistement exécutée ?
Envoyé par l'auteur, 11 juillet 2019

Canicula

Publié dans A tout un chacun
Canicula 
 
Canicula est une Puissance terrifiante. Il fait penser, par homophonie vocalique, au néfaste Caligula qui fut la coqueluche de Camus dramaturge.
Canicula étend son pouvoir sur la plus grande partie de la planète mais ses sautes d’humeur font qu’il exerce sa cruauté ici ou là, indifféremment. Il se trouve ces jours-ci occupé à terrifier la France. On mesure sa force de frappe aux degrés centigrades de la thermométrie. Il est convenu de dire que jamais encore notre pays n’avait à ce point subi les atteintes de Caligula : des records, assurent les statisticiens. C’est probablement faux, Canicula a déjà produit, dans les siècles passés, de très redoutables canicules. Mais on est toujours flatté de se croire une victime exceptionnelle, en proie à un fléau sans précédent. Canicula, en 2003, tua, dit-on, environ quinze mille personnes, la plupart en état de sénilité, donc de stérilité. Il faut bien que vieillesse (se) (tré) passe !

Et Euthanasie, en ce qui concerne les vieux (si encombrants !), fera sous peu, mieux que Canicula, le ménage.
Mais qui est, au vrai, Canicula ? D’aucuns, se refusant à lui prêter un facies néronien, l’ont assimilé à une hypostase de la romaine et cosmique Nécessité : il fait chaud parce qu’il fait chaud, il fait plus chaud parce qu’il fait plus chaud, c’est ainsi. C’était ainsi. Ce n’est plus ainsi. Canicula, aujourd’hui plus qu’hier et bien moins que demain, c’est vous et moi, c’est le monstre survolté par le réchauffement climatique dont nous sommes à 90 % responsables.
Nier cette évidence relève d’une mentalité archaïque. Je ne m’y risquerais pas ! Je susurre seulement qu’il est des Puissances plus meurtrières que Canicula. La déesse Hyvégée (1) ne lui épargne-t-elle pas, bon an mal an, le travail d’occire deux cent mille nourrissons ?  
(1) Une sorte de …Kalicula ?

Envoyé par l'auteur, 29 juin 2019

De la retenue, s’il vous plait

Publié dans A tout un chacun
De la retenue, s’il vous plait

Monsieur Wauquiez s’est enhardi à dire, l’autre matin, après le joli coup perpétré par une "chance pour la France" au marché de Noël de Strasbourg : "Combien d’attentats commis par des fichés S devons-nous encore subir avant d’adapter notre droit à la lutte contre le terrorisme ?"
Cette incongruité lui a valu, de la part d’un imbécile dont le Dieu de miséricorde m’a fait la grâce de ne pas retenir le nom, une remarque rogue, rigoureuse, rectrice : monsieur Wauquiez aura manqué de retenue.
Ce mot me semble avoir une infinie portée symbolique. (On aime beaucoup les symboles dans notre France en pâmoison). Souhaiter que soient … mis hors d’état de nuire ? expulsés ? exécutés ? … des individus dont le plus cher désir est d’abattre du français de souche ("sous-chien"), du blanc, du juif, du chrétien ou du musulman non fanatisé, eh bien un tel souhait ne doit pas franchir la barrière de nos dents.

Manque de retenue ! Retenue est ici une litote pour : censure. La vérité, c’est qu’on ne censure pas assez en France. Que Cherif Chekatt ait mis à mal une douzaine de personnes, c’est un fâcheux incident, soit, mais il aurait mieux valu le taire. Au moins n'en pas faire d'histoires ! Voilà la vérité ! On en sait trop, toujours trop, et d’abord pourquoi avoir livré le nom de ce pieux massacreur ?
On me dira qu’il aurait pu, lui, d’abord, se retenir. Ah ! N’en demandez pas trop à un zélote d’Allah !
Manque de retenue : on a eu tort de divulguer les attentats de Toulouse, de Nice, de Paris. Ne serait-ce que pour éviter le risque de stigmatiser l’islam.
La retenue à la source, voilà la solution.

Le vrai problème n’est pas d’empêcher les attentats mais d’empêcher qu’on en parle, pas d’éliminer les "fichés S" mais d’éliminer toute incivilité à leur endroit. Madame Nyssen, dont le passage au ministère de la culture a été trop bref, allait dans ce sens : "changer les mentalités". Oui, c’est dégoûtant cette mentalité française obsessionnelle, ces réactions indignées, ce vœu itératif que le pays soit nettoyé de … Si proscrire absolument l’information est difficile, on devrait au moins la réduire, la replier sur les minima (je cite un grand écrivain).
Et puis (à cet exercice sont rompus nos gouvernants) pleurnicher, trémolos, mélismes compassionnels. Le don des armes, c’est pour les "fichés S" (quel jargon, grands dieux !), pour nous, "soumis", le don des larmes. Celles-ci, ne les retenons pas.

Envoyé par l'auteur, 13 décembre 2018

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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