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SOURGINS Christine

SOURGINS Christine



Historienne de l'art
Essayiste


Etudes d'Histoire de l’Art en Sorbonne
Ecole du Louvre (Diplômée en muséologie )
Maîtrise d’Histoire.

Christine Sourgins connaît bien les musées pour y avoir travaillé, les artistes et le grand public par son engagement
     dans les structures associatives.
Son parcours lui a procuré un poste d’observation des réalités de la vie artistique en France,
     ainsi qu’une indépendance de pensée et d’expression.

Ouvrages
Les mirages de l’Art contemporain, La Table Ronde, (2005)
      Prix Humanisme Chrétien de l'Académie d’Education et d’Etudes sociales (AES) (2007)
Contribution à l’ouvrage collectif  Lettres à mon libraire, éditions du Rouergue, (2009)
 
Nombreuses publications
Conflits actuels, Liberté politique, Artension, Catholica, Képhas, La Nef, Commentaire,
Appartient au comité de rédaction de Commentaire et de Ecritique
 
Sur le net
sourgins.fr

Chroniques radiophoniques
Dans le cadre du "Libre journal de Aude de Kerros" (Radio Courtoisie)

URL du site internet:

Quoi de neuf en 2019 ?

Publié dans Du côté des élites
Quoi de neuf en 2019 ?
 
En ce début d’année, un souhait que les pouvoirs publics seraient bien inspirés de réaliser pour calmer les exaspérations fiscales : et si nous, français, prenions modèle sur certains pays européens en matière de transparence culturelle ? Si l’Espagne y arrive, pourquoi notre brillant ministère ne mettrait-il pas fin à une exception non pas culturelle mais cultuelle : le culte du secret en matière de dépenses pour l’Art dit contemporain ?
 
Le musée Centro del Carmen à Valence, expose, en ce début 2019, Daniel G. Andujar, un artiste d’AC. Son exposition "Sistema operativo" remixe, entre autres, des œuvres anciennes : nous sommes dans la banalité d’un art mondialisé. L’extraordinaire, l’inouï pour un visiteur français, ce sont les affiches dans les salles qui détaillent les frais occasionnés par l’exposition proposée au public et payée par celui-ci (car si l’entrée est gratuite, le gratuit est toujours finalement payant). Les visiteurs espagnols ont le droit de savoir jusqu’au prix des brochures ! L’artiste est payé à l’égal du commissaire qui est devenu une sorte de co-auteur de l’œuvre (5 000 euros chacun). Notons que la rétribution de l’artiste ne correspond pas à l’achat de l’œuvre proprement dite, il s’agit plutôt d’un cachet, d’un droit de monstration (l’installation une fois démontée, son concept sera remontré ailleurs). Il paraît que, pour les espagnols, cet affichage est une obligation démocratique. Pourquoi est-ce incroyable en France ?
 
L’administration culturelle française illustre, jusqu’à la caricature, les dérives d’une démocratie représentative devenue confiscatoire. Les fonctionnaires se targuent d’avoir reçu, in fine, leur fonction d’un élu, dès lors "l’Etat, c’est eux", et ils piochent dans les finances publiques sans vergogne : ils n’ont pas de compte à rendre au citoyen puisqu’ils agissent en son nom, pour son bien, et que, par son bulletin de vote, celui-ci a cautionné le système, le paye et est prié d’applaudir. Tous ceux qui récriminent ne peuvent donc qu’être d’horribles anti-démocrates qui-menacent-nos-institutions. Il est comique que ce soit la Monarchie espagnole qui donne, ici, des leçons de démocratie participative à la République française.
Car le remède aux dérives d’une démocratie représentative serait d’insuffler un peu de démocratie participative. Et la participation du citoyen suppose, au minimum, de l’informer. Alors, Monsieur Riester, seriez-vous capable d’afficher le coût des pneus, genre tracteur, délicieusement recouverts d’or et juchant les rampes du grand escalier central de l’Opéra de Paris, grâce à Claude Lévêque (
cliquer) (1) ? Chacun a conscience que le décor du Palais Garnier manquait un peu de faste routier mais, cher M. le Ministre, le citoyen aimerait comprendre pourquoi la Galerie Kamel Mennour rime avec toujours en matière d’expos dans des lieux de prestige ; qui choisit, où sont les "concours" ou "appels à projets" ? Qui sont les glorieux sponsors : les pneus restant une année, se pourrait-il que ce soit… Goodyear !?
(1) L’artiste en pneus, qui ne manque pas d’air, vient de signer une tribune de solidarité avec les Gilets jaunes… au milieu d’autres personnalités de l’AC  !!!!

Envoyé par l'auteur, 15 janvier 2019, paru sur www.sourgins.fr

L'épopée de "Face à l'Art"

Publié dans A tout un chacun
L'épopée de "Face à l'Art"
 
2018 se termine sur la nomination de Jean de Loisy à la tête de l’Ecole nationale des Beaux-arts de Paris. Echec, donc, de la  bronca organisée par ceux qui désiraient voir les générations se renouveler… en leur faveur. La place n’est pas de tout repos : l’école est déchirée par des affaires de harcèlements et de racisme qui vont finir au pénal, au point que le précédent directeur fut enfariné par ses étudiants ! Du côté des méga-collectionneurs : perfectionnement des réseaux. Le groupe Les Echos-Le Parisien (qui détient Connaissance des arts), pôle média du géant du luxe LVMH que préside Bernard Arnault, vient de créer sa maison d’édition de livres d’art "In fine"… Les méga-mécènes aiment détenir le plus de maillons possibles dans la chaîne de promotion de leurs poulains artistiques…
 
Mais l’année se termine aussi, hélas, par la disparition du site "
Face à l’Art" né en 2000 ; ce salon virtuel était géré par une association de peintres (1) qui sortaient, grâce à internet, d’un isolement né dans les années 70 après le fameux "retour à l’atelier" : à l’aube des réseaux sociaux, tous les espoirs étaient permis. L’originalité de Face à l’Art fut d’organiser un partenariat critiques/peintres sous forme d’une cooptation croisée et de faire office de lanceur d’alerte, directement ou par l’action personnelle de ses membres, dont certains publièrent des livres sur l’état déplorable de la Peinture en France (2). Non contents de se prendre en main, de s’impliquer dans des expositions, (il appartiendra à une nouvelle génération de suivre cet exemple) ces artistes montèrent des colloques comme celui d’ARTSENAT en 2003 avec exposition à l’Orangerie et dans les jardins du Sénat ; des tables rondes sur l’exclusion des peintres réunirent des personnalités du monde de l’art (3) ce que résume bien la petite vidéo de Claude Yvans (Cliquez ici).
 
A partir de 2006, Face à l’Art animera un blog de discussion, autour de l’interventionnisme étatique dans la création, des soi-disant “retours de la Peinture”, ou du discrédit de celle-ci dans les écoles nationales, ou encore des dérives d’un Art financier chéri par la mondialisation. Un dernier colloque au Sénat, en 2013, porta sur "Trente ans de création dirigée par l’État, constat, conséquences et perspectives, 1982-2013" (4). Mais les politiques ne se saisiront pas du dossier, laissant la bureaucratie continuer son travail de sape.
 
De Face à l’Art, il nous reste toutes les peintures créées envers et contre tout et le projet d’une œuvre collective étonnante, "Collection privée" (2002). Elle consistait à enfermer des toiles peintes, de la Peinture donc, entre deux panneaux de béton pour manifester l’occultation de la Peinture en France. Bizarrement, on se demande bien pourquoi, cette magnifique installation n’a pas séduit les officiels de l’Art français ; il est vrai que cette œuvre conceptuelle était porteuse de sens. En matière d’art conceptuel, les artistes de l’œil et de la main ont souvent des idées épatantes. Le sculpteur René Letourneur suggéra, dès 1958, en réponse à Yves Klein, d’exposer une salle vide avec la signature de l’artiste au sol "à l’endroit où doit se trouver le visiteur après sa chute, un fil de nylon invisible étant tendu au ras du seuil" (5). Une belle idée d’art corporel, une chouette performance que pourraient reprendre certains étudiants des Beaux-Arts… pour accueillir leur nouveau directeur ?
Sur cette pirouette se termineront les Grains de sel… qui reprendront début 2019, après des fêtes qui, j’espère, vous rendront heureux !

 
 (1)  Franck Longelin et Marie Sallantin furent les initiateurs, rejoints par Pierre-Marie Ziegler, Augusto Foldi , Tania Bruzs etc. Face à l’Art se fera aussi l’écho, par de nombreux liens et commentaires, d’analyses ou d’initiatives diverses.
(2)  Sallantin et Ziegler font partie des auteurs de "1983-2013, Années noires de la Peinture : Une mise à mort bureaucratique" édition Pierre-Guillaume de Roux, 2013.
(3) le sénateur Yann Gaillard, le critique du Monde Philippe Dagen, les sociologues Nathalie Heinich et Alain Quemin, l’écrivain Jean-Philippe Domecq ou Patrick Barrer, auteur d’essais polémiques sur l’Art contemporain et créateur d’Europ’art, ainsi que le  peintre  Cremonini etc,
(4)   Intervenants: Noël Coret, Laurent Danchin, Jean Philippe Domecq, Raphaël Jodeau, Aude de Kerros, Pierre Lamattie, Roland Lienhart, Marie Sallantin, Jérôme Serri, Pierre Souchaud, Christine Sourgins, François de Verdière, Ariane Warlin… Plus d’infos
cliquez
Envoyé par l'auteur, paru sur www.sourgins.fr, 18 décembre 2018

Du “dégagisme” dans l’Art

Publié dans Du côté des élites
Du “dégagisme” dans l’Art dit contemporain
 
Cet automne contestataire ébranle même les gloires de l’AC.
Sa majesté Koons vient d’être détrôné : l’œuvre d’un artiste vivant la plus chère n’est plus son "Balloon Dog" vendu 58,4 millions de dollars en 2013, chez Christie’s à New York mais une toile du peintre britannique David Hockney, "Portrait of an Artist" plus connu comme "Piscine avec deux figures" : dire que les officiels français croient morte la peinture ! Or, si le chien de Jeff a coulé à pic dans cette piscine très pop à 90,3 millions de dollars, pas un sou n’ira au peintre qui n’avait retiré de ce tableau que 20.000 dollars en 1972 : le monde anglo-saxon ne connait guère le droit de suite…
Comme un malheur n’arrive jamais seul, Koons a été condamné le 8 novembre, pour la contrefaçon d’une publicité (pour voir les débuts de l’affaire
cliquez) : l’artiste, sa société, le Centre Pompidou exposant de l’œuvre en 2014, et l’éditeur Flammarion ont été condamnés à verser 148 000 euros au plaignant. Cependant, rien de catastrophique : la justice française n’ordonne pas la confiscation de l’œuvre et inflige une amende dérisoire relativement aux profits faramineux de l’Art financier. Jeff a reçu en outre le renfort du Monde et de Philippe Dagen critiquant cette décision de justice qui s’approcherait dangereusement de la censure et menacerait tous les artistes "appropriationnistes". Or l’appropriation est un des ressorts de la financiarisation du monde. Pour que les grandes multinationales puissent s’approprier les ressources ou le savoir-faire de populations démunies, il est important de légitimer ce "concept" en lui donnant un vernis culturel.
 
Autre grande pointure en difficulté, Jean de Loisy, un de ces hommes orchestres qui sont commissaires d’expo, critiques, directeurs de grandes institutions publiques ou privées, animateur radio etc. Depuis trente-cinq ans la vie culturelle française est dominée par ce carrousel qui prend les mêmes et recommence. Qu’on en juge : Loisy figura à 26 ans, en 1983, dans la promotion Lang, qui, en une journée, créa les responsables des Fracs. Il fut en poste au ministère de la Culture, chargé de la création contemporaine dans les monuments historiques. Puis responsable des expositions au Carré d’Art de Nîmes, conservateur à la fondation Cartier, puis au Centre Pompidou avant d’être président du Palais de Tokyo depuis 2011. Le commissariat de la prochaine Biennale de Lyon lui était promis en 2019 mais voilà qu’il briguerait aussi le poste de directeur de Beaux-arts, puisque Bustamante, empêtré dans des affaires de harcèlements, n’a pas été reconduit. A quand Jean de Loisy à l’Académie, où Othoniel vient d’être élu ?
Certes, il est de tradition qu’un fonctionnaire bouge, change de poste pour éviter la création de baronnies, de collusions qui sclérosent un milieu en vase clos. Hélas, ce principe est contreproductif dans le domaine de l’AC : bouger permet d’élargir son carnet d’adresse et de mailler son réseau plus serré. Mais les temps seraient-ils en train de changer ? Dans une
lettre ouverte
publiée le 8 novembre sur un blog lié à Mediapart, des artistes et personnalités du monde de l’art, parmi lesquels Dominique Gonzalez-Foerster, ou Bruno Serralongue ou encore Françoise Vergès ou Elisabeth Lebovici (longtemps critique d’art et journaliste à Libé) appellent Jean de Loisy à renoncer. Ils ne voient pas en lui "une personnalité représentative (…) de la diversité", porteuse d’un "projet émancipateur". Les signataires s’inquiètent de l’opacité des recrutements dans les institutions artistiques et culturelles publiques, ainsi que de la "concentration des pouvoirs dans les mains des mêmes"...
Envoyé par l'auteur, paru sur www.sourgins.fr, 20 novembre 2018

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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