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SOURGINS Christine

SOURGINS Christine



Historienne de l'art
Essayiste


Etudes d'Histoire de l’Art en Sorbonne
Ecole du Louvre (Diplômée en muséologie )
Maîtrise d’Histoire.

Christine Sourgins connaît bien les musées pour y avoir travaillé, les artistes et le grand public par son engagement
     dans les structures associatives.
Son parcours lui a procuré un poste d’observation des réalités de la vie artistique en France,
     ainsi qu’une indépendance de pensée et d’expression.

Ouvrages
Les mirages de l’Art contemporain, La Table Ronde, (2005)
      Prix Humanisme Chrétien de l'Académie d’Education et d’Etudes sociales (AES) (2007)
Contribution à l’ouvrage collectif  Lettres à mon libraire, éditions du Rouergue, (2009)
 
Nombreuses publications
Conflits actuels, Liberté politique, Artension, Catholica, Képhas, La Nef, Commentaire,
Appartient au comité de rédaction de Commentaire et de Ecritique
 
Sur le net
sourgins.fr

Chroniques radiophoniques
Dans le cadre du "Libre journal de Aude de Kerros" (Radio Courtoisie)

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Où sont les femmes ?

Publié dans A tout un chacun
Dans une publication récente, Annette Messager déclarait : "Comme Aurélie Filippetti, je déplore qu’il n’y ait pas une seule femme à la direction d’un musée de France…. ". C’était raté pour le nouveau directeur du Louvre, et pour prendre à la tête du centre Pompidou…. encore raté : toujours des hommes.  Or voilà que la Ministre  révoque une des rares femmes, Mme Baldassari, qui dirigeait un grand musée, le musée Picasso … Cherchez l’erreur.
Le communiqué du ministère ne met pas en cause les compétences de cette dernière, loin de là. Par respect pour le travail scientifique accompli, le ministère lui a proposé de réaliser l’accrochage de la collection pour la réouverture du musée ! Cela ne frise-t-il pas la goujaterie ? Ou bien "rien ne va plus avec la directrice" et on l’évince ; soit on la garde jusqu’en 2015, fin de son mandat. Mais que signifie cette sanction accompagnée de la réalisation du plus important aux yeux du public, l’accrochage ? On imagine l’enthousiasme de la directrice, virée et sommée de continuer son travail. A l’encontre de Mme Baldassari, "on" évoque un climat stressant, les employés du musée seraient au bord de la crise de nerf. Soit, mais Ariane Warlin avait révélé un climat similaire au Louvre…et personne n’a débarqué Mr Loyrette. Parce que c’est un homme ? (voir le Monde du 14 mai 2014)

Les temps sont durs pour les femmes dans l’AC nouveau genre que les institutions nous concoctent. Voir la mésaventure arrivée à Dominique Poncet, samedi dernier lors de la Nuit des musées. Le Palais de Tokyo multiplie spectacles et performances, ouvrant les lieux "à toutes les richesses de la banlieue" d’où des piles de pneus ( à brûler ?) ; la journaliste de France 3, n’est pas très à l’aise dans l’agitation générale. Lâchée au milieu d’une troupe d’improvisation, elle est goulument embrassée ( ?) agressée ( ?) par un jeune très décomplexé. "Respect" est pourtant un terme sur lequel les jeunes sont très chatouilleux en banlieue. Devant cette pratique de la "femme en libre-service", le journaliste, bien à l’abri en studio,  s’empresse de rigoler : "C’est ça la culture !" ; présent, Jack Lang, ex ministre de cette Culture, approuve et trouve cela "très drôle"
Ceci venant après Conchita Saucisse (c’est la traduction de Wurst), parodiant lors de l’Eurovision une femme à barbe, forgeons d’urgence un néologisme car, bien sûr, si les femmes ne rient pas, c’est qu’elles n’ont pas d’humour…  Proposons "drôlement  correct". Ce n’est pas pour rien que l’Art très contemporain, l’AC, vit sous l’emprise de l’urinoir Duchampien, objet autant potache que machiste…

Et pour conclure cette semaine en apothéose, voilà que la comédienne iranienne, Leila Hatami, membre du jury du Festival de Cannes s’attire les foudres des mollahs de Téhéran… pour avoir fait la bise à Gilles Jacob, le président du Festival, lors de la cérémonie d’ouverture.
Bref, quelque soit la "culture" de la mondialisation, celle des coincés ou celle des décomplexés, la femme est toujours à disposition...
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Si la presse française avait un minimum de curiosité, si elle avait tant soit peu de courage, c’est une petite révolution qui se prépare au château de Vascoeuil en Normandie (à 20 kms de Rouen), cette demeure où vécu Michelet héberge en ce moment, et jusqu’ au 29 juin, de quoi ébranler les certitudes de l’esthétiquement correct, cet Art dit contemporain, l’AC. Or le nom de l’exposant, Daniel Druet, est pourtant loin d’être aussi célèbre  que ses œuvres qui ont, mondialement, défrayé la chronique.

Comme tout le monde, vous croyez sans doute que l'artiste américain Maurizio Cattelan a réalisé lui-même ses pièces. Prenons son célèbre "Jean-Paul II écrasé par une météorite", l’œuvre est "belle" tant le visage exprime une souffrance digne. Pour un peu, vous allez penser : voilà un plasticien d’AC qui a du métier ! Quelle méprise ! Car si vous souleviez la robe de Jean-Paul II vous verriez que cette œuvre est signée…Daniel Druet. Hé oui, Cattelan semble avoir quelques difficultés à tenir ne serait-ce qu’un crayon. Tandis que Daniel Druet, (deux fois Grand Prix de Rome de Sculpture en 1967 et 1968 ; lauréat-pensionnaire de la Casa Vélasquez à Madrid de 1969 à 1971) a portraituré moult célébrités de Coluche à Mitterrand, en passant par Lino Ventura, Dutourd ou Anouar El Sadate… Seul problème, peu de gens commandent aujourd’hui leur buste, à la différence du XIXème siècle où c’était mode ; le portraitiste doit donc avoir un second métier, par exemple réaliser des mannequins de cire pour le musée Grévin, ce qui fut le cas de Daniel Druet qui en créa 200. Or un jour, Cattelan lui commanda un Jean-Paul II ; Druet livra une effigie du Pape comme il l’aurait fait pour Grévin. Cattelan s’en empara, la flanqua par terre et rajouta une grosse pierre… Suivront, de 1999 à 2006, d’autres pièces, toutes connues comme l’œuvre du "génial" Cattelan : une grand-mère par ci, un Kennedy par là et le petit Him, ce si troublant Hitler en premier communiant…

Question : qui des deux est vraiment l’artiste ? Celui qui ordonne et finance ou celui qui travaille de ses mains ? Dans le monde de l’AC, ne compte et n’a droit aux projecteurs que le conceptuel, qui méprise cordialement le praticien, un "vulgaire" manuel. Et Daniel Druet, vu les pratiques américaines du droit d’auteur, n’arriva pas à obtenir du Guggenheim la mention de sa paternité lors de la rétrospective Cattelan. Il a cependant tiré plastiquement les leçons de sa collaboration avec ce dernier : il a réalisé un vrai-faux Cattelan qui représente l’artiste d’AC en coucou, un drôle d’oiseau qui fait son nid dans celui des autres, façon de suggérer que l’artiste d’AC fait son œuvre dans l’œuvre d’un autre…

A Vascoeuil, vous pourrez voir également l’œuvre personnelle du sculpteur Daniel Druet mais aussi la réédition de toutes les piècesqu’il a produites pourCattelan : vous pourrez même les acheter, à des prix raisonnables, comparés aux millions d’euros qui "consacrent" la valeur des Druet-Catellan en salle des ventes. Il va sans dire que  ces fortes rétributions sont allées dans les poches du "conceptuel" aux dépens du "manuel"… mais, pour le malheur de ce dernier, le fisc français a eu du mal à comprendre la différence des revenus de l’un par rapport à l’autre : pour les impôts, Druet serait bien l’auteur des pièces de Cattelan !
Alors, à quand Druet invité sur les plateaux télés ? Dans une grande radio ? L’exposition Daniel Druet est aussi un test pour mesurer l’atonie de nos grands médias : auront-ils à cœur de démentir que l’information, désormais, s’est réfugiée sur le net ?
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Parce que j'étais peintre

Publié dans Devant l'histoire
Le film de Christophe Cognet "Parce que j’étais peintre" est le documentaire que l’on attendait sur la peinture dans les camps d’extermination : que n’a-t-on pas dit contre la Peinture et sa supposée inutilité, sa ringardise, son inefficacité face à la barbarie.

Dans ce film, les historiens sont présents, certes, mais discrètement, pour mieux laisser la parole aux artistes déportés encore vivants et confronter les œuvres à ce qu’il reste des lieux concentrationnaires aujourd’hui, sans pathos (pas de "sauce" musicale qui engluerait le propos par exemple). Le film enquête sur ces croquis et dessins réalisés clandestinement, et pose d’emblée la question de la Beauté : avait-elle sa place dans les camps ?

Même s’il n’y a pas de réponse unique, certains peintres, eux-mêmes plongés dans l’enfer des camps, ont répondu et répondent encore oui. Le peintre slovène Zoran Music (déporté à Dachau), dont une citation sert d’exergue au film, exprime une "nécessité intérieure absolue" de représenter ce qu’il voit y compris les exécutions de masse. Témoigner est une exigence irrépressible pour un artiste. Mais se posent aussi les problèmes du statut de l’œuvre et du droit d’auteur : Dinah Gottliebova dont les aquarelles furent retrouvées dans les papiers de Mengele, réclamera en vain la restitution de ses œuvres considérées comme archives.

Le va et vient entre l’image et son texte est aussi exploré : les dessins étaient souvent annotés pour préciser les lieux, les dates, les faits. Beaucoup d’artistes ont écrit sur ce qu’ils dessinaient "pour qu’il n’y ait pas de doute" : l’image seule ne suffit pas à convaincre de sa véracité. Certains dessins ressemblent alors à des bouteilles jetées à la mer ainsi le carnet d’Auschwitz retrouvé caché dans les fondations de baraquements. Ces conditions extrêmes de survie et de création en disent long sur l’art en général et ce film lave l’Art des accusations portées contre lui, à la suite des déclarations d’Adorno : "écrire un poème après Auschwitz est barbare".

"Parce que j’étais peintre" montre que dessiner était un acte de résistance car c’est un geste, aussi infime et fragile soit-il, profondément humain. Il le reste d’ailleurs.
(Le film est diffusé dans un petit nombre de salles mais sortira sans-doute prochainement en DVD).
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Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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