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SOURGINS Christine

SOURGINS Christine



Historienne de l'art
Essayiste


Etudes d'Histoire de l’Art en Sorbonne
Ecole du Louvre (Diplômée en muséologie )
Maîtrise d’Histoire.

Christine Sourgins connaît bien les musées pour y avoir travaillé, les artistes et le grand public par son engagement
     dans les structures associatives.
Son parcours lui a procuré un poste d’observation des réalités de la vie artistique en France,
     ainsi qu’une indépendance de pensée et d’expression.

Ouvrages
Les mirages de l’Art contemporain, La Table Ronde, (2005)
      Prix Humanisme Chrétien de l'Académie d’Education et d’Etudes sociales (AES) (2007)
Contribution à l’ouvrage collectif  Lettres à mon libraire, éditions du Rouergue, (2009)
 
Nombreuses publications
Conflits actuels, Liberté politique, Artension, Catholica, Képhas, La Nef, Commentaire,
Appartient au comité de rédaction de Commentaire et de Ecritique
 
Sur le net
sourgins.fr

Chroniques radiophoniques
Dans le cadre du "Libre journal de Aude de Kerros" (Radio Courtoisie)

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L'art Robotique

Publié dans A tout un chacun
La Cité des Sciences de Paris présente depuis le 8 avril une monumentale exposition sur l’art Robotique. Le site digitalarti en propose un avant-goût avec l’étrange ballet du mille-pattes de Theo Janse : la robotique se conjuguerait-elle plus facilement avec la poésie qu’avec le conceptualisme officiel ?
Les portraitistes regarderont avec intérêt un robot essayer de dessiner un portrait de visu… le résultat, pour l’instant, n’est pas trop probant...
 
On peut se demander si la robotisation de l’Art conceptuel, n'est pas une bonne solution en ces temps de restriction des crédits affectés à la Culture. Le ministère achèterait une fois pour toutes un robot programmé pour proposer des détournements sur Tout : on sait que depuis les ready-made de Marcel Duchamp, depuis la roue de bicyclette et l’urinoir, tout, absolument TOUT, peut devenir de l’art, être détourné, investi et réapproprié. Cette programmation est tellement basique que même un robot peut la comprendre : on l’appellerait Marcelino le Robot… il délivrerait aux accros de la transgression leur dose, disons hebdomadaire, de propositions ébouriffantes, renversantes, éructantes avec la logorrhée verbale idoine. Le robot nous épargnerait les caprices de divas des egos duchampiens surdimensionnés et le citoyen ferait l’économie de lourdes subventions.
 
Moyennant quoi on pourrait financer des écoles d’art où l’on apprendrait non plus la provoc, le réseautage ou le marketing (Marcelino s’en chargerait) : mais on apprendrait à dessiner, à peindre, à graver, à sculpter… bref à rouvrir les yeux au lieu de conceptualiser avec une frénésie mécanique …
Le blog de Christine Sourgins - Le grain de sel

Les 22 FRAC,  fonds régionaux d’art contemporain, fêtent leurs 30 ans et Charlotte Uher de la Fondation IFRAP (Institut français pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques) leur consacre un rapport "FRAC : LES RÉGIONS BOULIMIQUES D’ART CONTEMPORAIN".
Créés entre 1982 et 1983 à l’initiative de Jack Lang, les Frac avaient deux objectifs qui se sont avérés divergents : diffuser l’Art contemporain tout en soutenant les artistes par des achats. Financés très largement par l’État ou les collectivités, au bout de 30 ans, les FRAC sont obèses : "certains de ces fonds dépassent déjà en nombre les collections des musées, sans en avoir le public" constate le rapport Uher.
Les expositions du FRAC Picardie, par exemple, sont vues en majorité par le public "captif" des scolaires et des groupes. Dès 1993,  les FRAC avaient  abandonné les expositions dans les campagnes ou les lieux non muséaux car "de telles conditions d’expositions ne permettent pas à une œuvre, surtout quand il s’agit d’art contemporain, de prendre son sens plein". Amère vérité : l’Art contemporain majoritairement collectionné par les FRAC est duchampien et procède donc par détournements et délocalisations d‘objets, transférés du quotidien au musée. Imaginons l’urinoir de Duchamp présenté, hors musée, dans un terrain vague : il redevient un débris ménager et les fringants médiateurs des FRAC sombrent dans le ridicule… D’où le preste retour au classique "white cube" de présentation.

Chez les FRAC, la boulimie d’achats est telle qu’ils n’ont jamais pris le temps, vu leur urgence dépensière, de préciser quelles étaient leurs conditions d’acquisitions : impossible de savoir qui achète, selon quels critères et pourquoi X plutôt que Y. Les Frac "ne motivent pas les refus des œuvres qui leur sont proposées, comme c’est le cas en Allemagne, par exemple. Le prix n’est jamais communiqué, au nom du secret commercial". Bref une gestion qui ne "permet pas de vérifier l’absence de conflits d’intérêt dans les achats". Charlotte Uher a eu la curiosité de vérifier si la collection du FRAC des Pays de la Loire, par exemple, se conformait à sa vocation d’aider "les jeunes artistes peu connus". Peu concluant : parmi les achetés, seulement trois "jeunes artistes" …

Plus inquiétant, Charlotte Uher pointe une dérive muséale des FRAC de nouvelle génération. Quinze FRAC sur 22 ont été établis sous statut associatif loi de 1901, qui n’empêche pas, théoriquement, la revente des œuvres acquises. Mais certains "FRAC nouvelle génération" se voient dotés du statut d’Établissement public de coopération culturelle, qui risque d’être requalifiés d’EPA par le Conseil d’État ce qui donnerait un caractère inaliénable aux œuvres acquises. Or à force d’acquérir sans revendre, les collections des FRAC sont d’ores et déjà devenues pléthoriques.

Les FRAC était conçus au départ comme des "musées sans murs" : "patrimoines essentiellement nomades et outils de diffusion et de pédagogie originaux, les collections des Frac voyagent en France et à l’international." Ces dinosaures d’un autre temps, celui de Jack Lang, ont aujourd’hui des catalogues qui rivalisent avec les musées. Certains FRAC ont plusieurs milliers d’œuvres par région quand le Centre Pompidou, la collection la plus riche d’Europe en Art contemporain, n’expose dans ses salles que 486 œuvres contemporaines, le reste relevant de l‘art moderne. "Faute de pouvoir montrer au public leurs collections, et à défaut de les exposer hors de musées, les FRAC sont en train de se faire construire des "super-réserves, comprenant salles d’exposition temporaires ou permanentes pour leurs œuvres". Or, en se sédentarisent, en devenant des musées qui ne veulent pas encore dirent leur nom, les FRAC contreviennent  à leur mission première d’une collection fluide, mouvante, allant à la rencontre du public. Plus les FRAC se bureaucratisent et se muséifient, plus les crédits réservés aux acquisitions se réduisent. C’est déjà le cas au FRAC Picardie, "le budget réservé aux acquisitions a été considérablement réduit, au profit des dépenses de fonctionnement. Un comble pour un fonds dont la mission première est l’acquisition !"

Les FRAC de par leur ventripotence "opèrent aussi une mutation dont l’impact budgétaire sera très important dans les années à venir : une forte hausse des coûts de fonctionnement, restés jusqu’ici encore assez limités. Qui paiera la facture ?". L’Etat bien sûr : depuis la crise, la région est progressivement passée du statut de premier financeur, à la seconde position derrière l’État.

Avons-nous vraiment besoin de 22 nouveaux musées d’Art contemporain ? se demande Charlotte Uher et même allons plus loin, "Est-il encore utile aujourd’hui d’avoir des fonds publics d’art contemporain ?"

La question est légitime : utile peut-être lorsque Jack Lang était ministre, "l’échelon régional du FRAC perd beaucoup de son attrait au XXIème siècle", vu l’essor des fondations privées extrêmement actives en ce domaine : Fondation Cartier pour l’art contemporain, fondation des Galeries Lafayette (250 œuvres), Fondation Francès à Senlis (350 œuvres), Fondation Louis Vuitton , … avec des expositions itinérantes en France, facilement consultables sur Internet, à l’instar de la plupart des collections des musées français et internationaux. Jack Lang œuvrait à une époque antédiluvienne : avant le déluge d’infos d’Internet et le déluge d’argent de l’Art Financier. La prétention à aider, grâce au secteur subventionné, un art non commercial est devenue une tartufferie. Lang c’était aussi avant le déluge de la Dette.
"Les acteurs publics devraient donc se réjouir de voir l’art contemporain se diffuser largement sans coûter aux finances publiques, dans une période où le budget alloué à la mission culture se réduit. Mais, s’il faut en croire le magazine Beaux-Arts, il n’en est rien". La jalousie fait rage et la nomenklatura culturelle rêve "d’ imposer aux entreprises qui créent leur fondation et bénéficient pour cela d’un avantage fiscal de reverser ne serait-ce qu’1% des sommes à l’État pour abonder les musées". La situation deviendrait ubuesque dans un pays qui prétend avoir une économie libérale : prélever de l’argent destiné à exposer des œuvres au grand public pour le donner à un musée public afin de faire exactement la même chose… reviendrait à ce que l’Etat concurrence le secteur privé innovant. Concurrence totalement déloyale : est-ce déjà ce que cache la manie de ne jamais communiquer les prix d’achat "au nom du secret commercial" ?
Voilà à quoi aboutit 30 ans de création dirigée par l’ETAT.


Pour soigner l’obésité des FRAC et alléger le fardeau fiscal du citoyen, le rapport Uher propose de revendre les collections des FRAC, organismes de droit privé dont les acquisitions sont aliénables. Ou bien de faire gérer les FRAC "nouvelles générations" par des opérateurs privés, contre redevance.
Mais les FRAC ne sont pas les seuls mic-mac, tous boulimiques de l’Art très contemporain : il y a aussi le FNAC, Fonds national d’art contemporain (90 000 œuvres) ; Paris dispose d’un FMAC, Fonds municipal d’art contemporain, Marseille du FCACA  et  Nice du délicieusement nommé MAMAC. Qui nous délivrera de ces fossiles ruineux de l’AC ? Mme Filippetti ?

En revenant de la Fiac …

Publié dans Du côté des élites

Au Grand Palais, passé le salon d’honneur, au pied des escaliers, un saisissement : une dizaine de Manessier dressent leurs verrières abstraites. D’immenses toiles, reparties sur deux salles qui ont l’air, soudain, de chœurs d’église. De la très grande peinture. Plus loin un portrait, un dessin spectaculaire de Hucleux, récemment disparu, impose lui aussi l’Art avec majuscule, celui qui avait à dire et possédait un savoir-faire. Mais qui a parlé, dans la presse, de ces morceaux de choix ? C’est bien le problème, il y a encore de la bonne peinture à la FIAC mais c’est l’exception et celle-ci relève plutôt de l’Art moderne et quand bien même, Viera Da Silva, Kirchner ou Brauner n‘intéressent pas une presse à sensations. Mais ils jouent le rôle indispensable des arbres qui cachent la forêt de l’art financier.
Les Desgrandchamps (et le Garouste) étaient poussifs et ce n’est pas la peau de girafe qu’Etienne Chambaud aime à tendre sur châssis qui nous convaincra : question peinture contemporaine, la FIAC peigne la girafe.
Et l'on s’ennuit. En ces temps de crise la transgression fait profil bas. Sauf Paul Mc Carthy qui présente un Georges Bush sodomisant un cochon (l’ex président a le nez est cassé, il faudrait y voir une allusion cultivée au sphinx d‘Égypte (?)) La chose à l’air en terre crue, humide, comme sortant de l’atelier, sujet trash mis à part, beaucoup sont sur le point de s’extasier : "quel boulot, comment fait-il pour que la terre ne sèche pas ?". En fait (merci à P. P de ces précisions) il s’agit d’élastomère coloré, ce qui doit simplifier le moulage de certains objets, mais surtout entretient un semblant de continuité avec la grande sculpture. Pour la modique somme de 2 millions de dollars...

La transgression se décline : Abdessemed l’affiche en grand à Beaubourg dans les institutions (Le coup de tête de Zidane statufié comme un exploit ou le Christ de Grünwald rejoué en barbelés…) mais à la Fiac, on vend la version soft de la grande transgression : les salons bobo se contenteront de cercles en jolis barbelés plats (sans grand danger) ainsi participeront-ils par échantillon interposé, au culte de la transgression généralisée. Sinon, on baille devant le piano poissé de Lavier ou le filet d’Annette Messager qui écrit "chaos" sur un mur avec une résille (ça aussi c’est vendable : du chaos bien domestiqué pour adolescents attardés ). Même la salle de bain/scène de crime ne déclenche pas un frisson : mal fichue, bâclée, une poupée Barbie aurait pu la signer. Partout on voit du sous-untel (Horowitz pastiche Lichtenstein etc.) du rabâchage mais onéreux.
Seul le bois pourri de Hermann de Vries a déclenché quelques inquiétudes : l’Art dit contemporain, l'AC, pose des problèmes de conservation et 20 Minutes en a fait sa une, le 19 octobre, et conte au passage une histoire savoureuse. Un musée avait acquis une installation avec des poussins vivants or, en deux mois, voilà l’installation dénaturée : les poussins étaient devenus des poules. "Dans ce cas, ce que l’on conserve c’est un procédé conçu par l’artiste, pas une œuvre"… L’éphémère du contemporain est souligné par le catalogue.

L’ouvrage est lourd, il faut montrer que la culture pèse, en couverture des régimes de bananes mûres, photographiées à l’étal d’un marché, le prix visible (ce qui n‘est pas le cas dans la Fiac !) : s’agit-il d’opposer la consommation courante bon marché à la consommation culturelle du marché financier ? Faut-il y voir un message subliminal, genre "les carottes sont cuites" ? Car parmi les sponsors de la FIAC, on remarque, ô ironie du sort, la maison de champagne RUINART (voyez page 82).
Est-ce un signe ? Un aveu ?

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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