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SOURGINS Christine

SOURGINS Christine



Historienne de l'art
Essayiste


Etudes d'Histoire de l’Art en Sorbonne
Ecole du Louvre (Diplômée en muséologie )
Maîtrise d’Histoire.

Christine Sourgins connaît bien les musées pour y avoir travaillé, les artistes et le grand public par son engagement
     dans les structures associatives.
Son parcours lui a procuré un poste d’observation des réalités de la vie artistique en France,
     ainsi qu’une indépendance de pensée et d’expression.

Ouvrages
Les mirages de l’Art contemporain, La Table Ronde, (2005)
      Prix Humanisme Chrétien de l'Académie d’Education et d’Etudes sociales (AES) (2007)
Contribution à l’ouvrage collectif  Lettres à mon libraire, éditions du Rouergue, (2009)
 
Nombreuses publications
Conflits actuels, Liberté politique, Artension, Catholica, Képhas, La Nef, Commentaire,
Appartient au comité de rédaction de Commentaire et de Ecritique
 
Sur le net
sourgins.fr

Chroniques radiophoniques
Dans le cadre du "Libre journal de Aude de Kerros" (Radio Courtoisie)

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Les tulipes du déshonneur

Publié dans Du côté des élites
Les tulipes du déshonneur
 
Le nouvel adjoint à la maire de Paris, Christophe Girard, vient d’annoncer que la Ville de Paris a enfin trouvé où planter
les encombrantes tulipes de l’artiste américain : dans les jardins aux alentours du Petit Palais. Toute l’affaire est résumée sur le site de Contrepoints : cliquez
Pour les lecteurs des précédents Grains de Sel, soulignons ce qu’il y a de nouveau dans ce rebondissement : le cadeau payant de Jeff Koons nous est présenté désormais comme un cadeau forcé. Continuer de le refuser friserait l’incident diplomatique. L’amitié franco-Américaine serait menacée car les tulipes ont le soutien de l’ancienne ambassadrice des Etats-Unis en France, Jane Hartley.
La servilité de la mairie de Paris relève-t-elle alors d’une forme de colonisation culturelle ? C’est ce que pensent certains observateurs qui rappellent qu’autrefois le colonisateur envoyait ses soldats cachés derrière les missionnaires mais qu’aujourd’hui, il missionne des hommes d’affaires dissimulés en artistes, ce dont Koons semble la caricature vivante. Sous couvert de bienfaisance, le colonisateur s’installe en terrain conquis et y prodigue ses valeurs en remplacement de celles du colonisé ; en France, les cadeaux sont  gratuits et on n’a jamais vu un homme offrir un bouquet et exiger qu’il soit placé au milieu du salon. Koons, tout sourire, nous rééduque à rebours. Enfin, le colonisé finit souvent content de l‘être, il échange tous ses biens contre de la pacotille ; dans les cas extrêmes, le colonisé se colonise tout seul… Or ici, l’ancienne ambassadrice Jan Hartley n’appartenant pas à l’administration Trump, aucun risque de voir le bouillant président américain s’émouvoir. La Ville de Paris déploie donc un zèle que personne ne lui demande.
 
Franck Riester, le nouveau ministre de la Culture, spécialiste de l'audiovisuel, du numérique et de la loi Hadopi, a commencé son règne en inaugurant la Fiac. Après Aurélie Filippétti (2012-14), Fleur Pellerin (2014-17), Audrey Azoulay (2017-16),  Françoise Nyssens (2017-18) … il est le 5ème ministre en 6 ans ! Un poste hautement instable. C'est pourquoi le ministre, le voudrait-il, n'a guère le temps de changer les choses : les ministres passent, l'administration demeure, or elle est acquise à l'AC (1) , qui est, en France, un "art bureaucratique"…

(1) Art contemporain

Envoyé par l'auteur, paru sur www.sourgins.fr, Grains de sel, 22 octobre 2018

Pollution et Art contemporain

Publié dans Du côté des élites
Pollution et Art contemporain
 
A Bruges, à l’occasion de la Triennale 2018, le cabinet d’architectes New-Yorkais Studiokca a réalisé une baleine de 5 tonnes pour sensibiliser le public à une noble cause, celle de l’environnement : nos déchets plastiques sont en train d’asphyxier les mers. Jusque-là tout va bien mais le résultat, une baleine géante en plein quartier historique, tout près de la statue de Van Eyck, transforme Bruges en annexe de Disneyland, ou pire, en pseudo Marineland, alors que ces derniers sont dénoncés par les défenseurs des animaux. Fallait-il ériger, à cet endroit, une baleine constituée de déchets plastiques retrouvés dans les mers ? Autrement dit, pour dénoncer la pollution des mers, faut-il polluer visuellement le patrimoine qui n’y est strictement pour rien ?
Vous me direz, "c’est pour la bonne cause", mais remarquez que les mêmes procédés sont utilisés par l’AC : pratiquer ce qu’on dénonce… Et ceci devrait nous mettre la puce à l’oreille. L’écologie doit être cohérente ou elle n’est pas : on ne peut dénoncer une pollution par une autre… à moins d’être le faux-nez d’intérêts pas vraiment écologistes. Pour comprendre ce qui se cache derrière ce cétacé, il faut avoir en mémoire les révélations de Cash Investigation… le magazine de France 2 du 11 septembre dernier : "Plastique, la grande intox". Ce reportage a mis en lumière que de respectables associations mobilisant de généreux bénévoles, donnant temps et énergie, sont en fait financées… par les industriels du plastique et ceux qui utilisent cannettes et récipients en cette matière. Les journalistes ont remonté au siècle dernier et aux USA pour trouver l’origine de cette pratique. N’allez pas croire à un remord ou à une conversion sur le tard : ces lobbys industriels tentent ainsi de détourner l’attention du public de leurs activités lucratives et dévastatrices, afin de faire porter la responsabilité de la catastrophe écologique au seul consommateur.
Or notre baleine brugeoise, comme n’importe quel objet d’AC, est porteuse d’un discours… accusateur : les fautifs seraient les utilisateurs des "sacs, bouteilles d’eau, produits ménagers, gobelets"… Autrement dit, la pétrochimie ne fait que produire des objets vertueux qui peuvent même accéder à la dignité d’œuvre d’art, ils sont simplement mal utilisés par un public de sagouins. Les charmants jeunes gens qui composent Studioka, ce tandem d’artistes/architectes, sont-ils liés à un circuit semblable à ceux mis en lumière par France 2 ? En quelques clics les liens apparaissent. Leur projet Vortex -
cliquez - est réalisé au bénéfice de Green up Vermont une association écologiste 'mécènée' par - cliquer - entre autres, l’american Chimestry council, bref l’industrie chimique américaine !
 
Sinon, les affaires reprennent. Un rapport de la Cour des comptes, révélé par Le Canard enchaîné, impute à Jean-Paul Cluzel, patron du Grand Palais de janvier 2011 à janvier 2016, des notes de taxis excessives et la location d’une "limousine" pour plus de 410 000 euros en cinq ans. Il est vrai qu’Agnès Saal, mise en cause pour des faits similaires, vient d’être réintégrée haut fonctionnaire “à l’égalité, à la diversité et à la prévention des discriminations”, auprès du secrétaire général du ministère de la Culture.
Et pendant ce temps, faute de moyens, le patrimoine agonise comme la mythique Grande Chaumière menacée par une opération immobilière avec mise en vente aux enchères le 16 octobre prochain. Gauguin, Bourdelle, Léger, Foujita… Garouste ou Zao Wou-Ki y ont travaillé et on y vient encore du bout du monde. Vous pouvez signer la pétition - 
cliquez

Envoyé par l'auteur, paru sur www.sourgins.fr, 25 septembre 2018

Patrimoine et Art contemporain

Publié dans A tout un chacun
Patrimoine et Art contemporain
 
A l’heure où certains pratiquants du Street-art, comme Stéphane Moscato, prennent conscience que : "Les élus et les architectes se sont aperçus que nos fresques étaient un atout pour attirer de nouvelles populations dans certains quartiers. Nous mettons des pansements de couleur et, en un sens, nous participons au déplacement de certaines personnes en servant les intérêts des investisseurs" (1) …
On comprend mieux les déclarations de Stéphane Bern ayant, lui aussi, l’impression d’être un "cache misère". Celui qui imagina un Loto en faveur du Patrimoine, s’alarme d’une politique lourde de menaces. Les architectes ont déjà dénoncé la Loi Elan, un "“open bar” pour que les bailleurs sociaux fassent comme les promoteurs" (2), selon Monsieur Patrimoine "les élus ont voté d’une seule voix pour la loi Elan (…) ça fait 120 ans qu’ils veulent la peau des architectes des bâtiments de France, donc ils vont l’avoir”.
Est visé le petit patrimoine en péril, qu’il faudrait rénover, alors que certains élus trouveront plus juteux de le raser pour du flambant neuf. Ce petit patrimoine fait toute la saveur de nos terroirs, il entraîne un tourisme différent, plus "éclairé" que le tourisme de masse qui épuise les sites qu’il sur-fréquente, comme Versailles, (d’où l’absurdité d’y mettre de l’Art contemporain pour faire venir du monde !).
La ministre de la Culture a démenti mais elle est fragilisée par les agrandissements de sa maison d’édition, effectués dans un monument historique… sans consultation d’un architecte des bâtiments de France, (et sans déclaration au fisc). Cependant, il se murmure que Mme Nyssen n’a pas personnellement dirigé ces travaux et que l’affaire serait instrumentalisée par sa propre administration ne supportant pas d’être dirigée par quelqu’un qui n’est pas du sérail… à suivre.
 
Si on croyait gagné un combat pour le patrimoine, c’est bien celui que la classe médiatique remporta en début d’année contre le bouquet de tulipes de Jeff Koons, afin qu’il ne défigure pas l’espace entre le Palais de Tokyo et le musée d’Art moderne de la Ville de Paris. Or, qu’a-t-on pu voir à la devanture du Palais de Tokyo cet été ? Une maison de poupée Barbie géante avec ses couleurs rose et mauve, d’un kitsch digne de Koons, le tout invitant à visiter une exposition consacrée à l’enfance. En ce moment l’enfantillage fait florès dans l’AC, peut-être le goût d’une nouvelle génération (?). On se consolera en pensant que le papier peint rosé et le fauteuil bleu turquoise de Barbie, ont duré le temps d’une expo à la différence des tulipes de Jeff qui eurent été éternelles. Mais on se dit qu’il est bizarre que ce petit monde, qui aime toujours autant le kitsch, ait lâché Koons, bichonné à Versailles, au centre Pompidou, au Collège de France … Y aurait-il une cause cachée ? Ce lâchage pourrait bien être éclairé par l’interview de M. Pinault dans Le Monde cet été (3). Les déclarations de ce mécène d’Art très contemporain sur le président Macron, qui "ne comprend pas les petites gens", agitèrent des médias négligeant la suite des propos. Or M. Pinault vient de faire une grande découverte, il lui a fallu du temps mais il a enfin compris que : "Jeff Koons se perd dans les cocktails" ! D’où la revente à plusieurs dizaines de millions du Split-Rocker de l’américain, une pièce achetée 1,5 million. Mais cette œuvre, à l’origine, ne serait-elle pas une co-production, c’est-à-dire financée avec l’Etat, donc avec l’argent des petites gens ?  En tout cas, voilà qui nous éclaire sur les malheurs du bouquet de tulipes de Jeff, qui n’a peut-être plus en France le soutien nécessaire.

(1) Le Monde, 17 et 18 juin 2018, p.19.
(2) Ibidem, 18 mai 2018.
(3) M le magazine du Monde, 23 juin 2018, p.45 et 47.

Envoyé par l'auteur, paru sur www.sourgins.fr, 11 septembre2018

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