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TABARD Guillaume

TABARD Guillaume

Guillaume TABARD






Journaliste politique

Maîtrise d’histoire (Paris I Sorbonne).



A la Radio et à la télévision

- Radio classique
      éditorialiste politique sur Radio classique
- Public Sénat
- France info
- Radio-Notre-Dame

Dans la Presse écrite
Au Figaro (depuis 2000)
      rédacteur en chef et éditorialiste politique au Figaro.
à La Croix (1995-2000),
à l'Académie Prisma Presse pour la presse magazine (1994-1995),
      rédacteur en chef de l’hebdomadaire France Catholique (1991-1995),
à La Correspondance de la presse (1988-1991)

Ouvrages
- Latin or not latin (2007)
- Maïti Girtanner (2006)
- Les Amis de l'hôtel de ville (2001)

 

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Le nouvel équilibre européen de Macron

Publié dans Avec l'Europe
Des valeurs et des frontières, le nouvel équilibre européen de Macron
 
Plus original dans la forme, plus classique sur le fond. S’adresser directement et simultanément aux habitants des vingt-huit pays de l’Union européenne - Royaume-Uni compris -, c’est inédit pour un dirigeant européen. Ce choix recèle un double message. Le premier est qu’Emmanuel Macron croit en une citoyenneté européenne transcendant les appartenances nationales. Ce n’est pas une surprise. Dans son discours de la Sorbonne, il avait plaidé pour des listes transnationales aux européennes. Ce projet a été balayé par ses partenaires, il en reprend l’esprit à travers cette tribune.
Second message : par cet appel direct, il rompt avec la pratique habituelle des europhiles qui, au nom de la logique communautaire, se méfient à la fois de toute mise en avant personnelle et de toute adresse directe aux peuples. C’est une nouvelle forme du "en même temp" macronien : faire le pari de l’élan individuel et solitaire pour relancer un projet collectif. Comme s’il voulait marier le style d’un de Gaulle et les convictions d’un Delors.
Cette synthèse assumée sort des figures imposées du débat européen où les "fédéralistes" s’opposent en tout point aux "souverainistes". Bien sûr, Emmanuel Macron ne change pas radicalement de grille de lecture. Son combat reste plus que jamais tourné contre les "nationalistes" - qu’il a renoncé depuis quelques mois déjà à appeler "populistes". Contre ce "repli nationaliste" qui est "un rejet sans projet" ; contre ces "exploiteurs de colère, soutenus par les fausses informations qui promettent tout et son contraire".
Mais le président français procède à deux inflexions majeures. La première est de sortir de la réponse frontale. Au "nationalisme", il n’oppose pas le "fédéralisme", mais la "souveraineté européenne", notion autrement plus tempérée et équilibrée. Au "repli", il n’oppose pas "l’ouverture", mais la "protection". Face à ceux qui veulent moins d’Europe, il ne propose pas plus d’Europe, mais au contraire un retour à ses "valeurs" fondatrices : liberté, protection, progrès.
Une expression résume sa vision : "une Europe qui protège à la fois ses valeurs et ses frontières". Ce dernier mot est essentiel. Longtemps l’invocation des frontières appartenait au registre des souverainistes. Il était synonyme de fermeture, de repli. C’était un mot-clé de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012, lorsqu’il voulait reconquérir l’électorat FN. Certes, les frontières que défend Macron sont à l’échelle de l’ensemble de l’Union, pas à celle des États. Mais les europhiles, dont il est, ont admis que le projet européen serait définitivement rejeté par les peuples s’il ne répondait pas d’abord à ce besoin de protection dans tous les domaines (commercial, social, identitaire, sécuritaire…). Macron a compris que les "nationalistes" avaient prospéré sur l’impuissance, voire le refus, des instances communautaires à prendre en compte les peurs des peuples.
D’où sa deuxième inflexion : ne plus entretenir un clivage interne à l’Union en pointant du doigt les "méchants": la Hongrie, l’Italie, la Pologne ; mais tenter de susciter un sentiment commun d’appartenance face aux menaces extérieures de la Russie, la Chine ou les États-Unis.
Pour gagner son match avec Marine Le Pen, Emmanuel Macron rejette la carte d’une eurobéatitude qui n’a plus guère d’adeptes. S’il sort de la caricature, il lui reste malgré tout à réenchanter le rêve européen. Une "agence", une "conférence", un "office", une "banque"… Les propositions formulées dans sa tribune sont peut-être pertinentes. Mais insuffisantes pour croire à la "renaissance européenne" qu’il appelle de ses vœux.

Paru dans Le Figaro, 5 mars 2019

Schiappa, ... erreur tactique

Publié dans Du côté des élites
Schiappa, attaque idéologique, erreur tactique
 
Voilà ce qui s'appelle rater sa cible. Une interview de Marlène Schiappa dans Valeurs actuelles, voilà qui était osé. Pour les deux parties, tant l'hebdomadaire d'une droite assumée et la secrétaire d'État à l'Égalité entre les femmes et les hommes semblent aux antipodes l'un de l'autre. Pour Valeurs actuelles, une preuve d'ouverture. Pour Schiappa, l'occasion de démontrer que son féminisme ne l'empêche pas de dialoguer avec ceux qui ne pensent pas comme elle. Et plus encore, de convaincre qu'elle a des positions plus équilibrées que ses adversaires le prétendent.
Et de fait, dans cet entretien, elle réaffirme son opposition à la GPA, s'indigne du déni sur les agressions sexuelles commises par des migrants, dénonce – enfin ! - la chronique salace et sexiste de Daniel Morin sur France Inter humiliant la journaliste Charlotte d'Ornellas, pourfend l'écriture inclusive et fustige ces débats féministes dont les hommes sont exclus. Bref, l'intention initiale n'était pas de "choquer le conservateur", mais plutôt de le toucher.
 
Pourquoi alors ce postulat aussi aberrant qu'insultant d'une "convergence idéologique" entre la Manif pour tous et "les terroristes islamistes" ? Pourquoi prétendre qu' "il y a des slogans de la Manif pour tous qui sont lancés dans les banlieues" ? Des survivants du Bataclan se souviendraient-ils donc d'avoir entendu leurs agresseurs chanter - dans une tonalité grégorienne, on imagine – "un père, une mère, c'est élémentaire", avant de sortir leurs kalachnikovs ?
Au moment où la quasi-totalité des dirigeants de droite se reprochent aujourd'hui d'avoir combattu dans la rue la loi Taubira, on ne demande pas à une ministre sincèrement "progressiste" de ne pas critiquer les opposants au mariage et à l'adoption pour tous. Mais si le choc des arguments peut être vif, l'outrance ne grandit jamais celui ou celle qui en fait preuve. Et il est toujours paradoxal de vouloir dénoncer le sectarisme de ses adversaires idéologiques en versant soi-même dans la caricature, voire la diffamation en qualifiant d' "homophobie" toute opinion non conforme à un discours officiel et en amalgamant un conservatisme sociétal qui s'assume sans pour autant l'imposer à un islamisme de nature totalitaire.
 
Mais, au-delà du débat de fond, Marlène Schiappa commet trois erreurs tactiques.
La première la concerne, elle : renouer avec une image d'amateurisme ou de celle par qui la polémique arrive, qu'elle s'efforçait de corriger avec opiniâtreté.
La deuxième concerne son gouvernement et sa majorité : avec une telle sortie, difficile pour Emmanuel Macron de convaincre de sa volonté d' "apaiser" la société, de rechercher le "consensus" sur les questions sociétales les plus délicates, de tirer les leçons d'une méthode qui avait "humilié" les opposants au mariage pour tous. Après Agnès Buzyn estimant qu'en choisissant François-Xavier Bellamy LR n'aura plus de "républicain que le nom", le mistigri de l'intolérance revient dans le jeu des Marcheurs.
La troisième erreur concerne la droite : alors que Macron mise sur un divorce à droite sur les questions sociétales, Marlène Schiappa a réussi à réconcilier la droite Wauquiez et la droite Pécresse dans une même condamnation de ses attaques contre la Manif pour tous.

Paru dans Le Figaro, 22 février 2019

Reconnaître les nouveaux...

Publié dans A tout un chacun
Reconnaître les nouveaux terreaux de l'antisémitisme
 
L'agression dont a été victime samedi Alain Finkielkraut révèle les ambiguïtés qui prospèrent aujourd'hui au sein d'une gauche communautariste et indigéniste.
 
L'agression verbale dont a été victime samedi Alain Finkielkraut confirme la nécessité d'un sursaut national contre l'antisémitisme, dont la manifestation organisée ce mardi par les partis politiques peut être un signe salutaire. Mais le débat politique n'est pas toujours à la hauteur de cette exigence, encore enfermé dans des grilles de lecture anciennes qui occultent les formes actuelles de l'antisémitisme en France.
Une partie des responsables partisans font des gestes et des paroles haineuses, entendues ces dernières semaines, l'expression d'un antisémitisme de "petits Blancs" qui trahirait la nature profonde des "gilets jaunes". Comme si les croix gammées taguées ou les "sales Juifs" proférés étaient l'expression de tout un mouvement. Celui-ci, incroyablement composite, semble ne plus avoir prise sur des débordements violents ou haineux qui le salissent. Mais il est paradoxal de voir les tenants habituels du "pas d'amalgame", notamment après les attaques terroristes, transformer tous les "gilets jaunes" en héritiers directs des groupes antisémites de l'entre-deux-guerres.

Il n'y a évidemment pas de bon antisémitisme et de mauvais antisémitisme, mais se tromper sur le diagnostic, c'est s'empêcher de lutter efficacement contre cette lèpre. Or ceux qui ont attaqué Alain Finkielkraut pour son "sionisme" et l'ont menacé de la "punition de Dieu" ne sont pas les disciples de l'antisémitisme maurrassien ou pétainiste.
Ce sont, à l'instar de celui qui a été identifié, des proches de réseaux islamistes dont l'antisémitisme se traduit par le refus de l'existence même de l'État d'Israël. Ce sont ceux qui, après les attentats de 2015, refusaient d'entendre parler de la Shoah à l'école. C'est précisément ce que l'auteur de L'Identité malheureuse a été un des premiers intellectuels à remarquer et à dénoncer ; ce qui lui a valu d'être mis au ban d'une intelligentsia attachée à débusquer toute trace d'islamophobie, quitte à minorer le péril de l'islamisme.

Ce changement radical du terreau de l'antisémitisme perturbe les schémas anciens qui permettaient de regarder le Rassemblement national d'aujourd'hui comme le prolongement de cet antisémitisme qui marquait certains fondateurs du Front national. Une cible facile qui permet d'ignorer les ambiguïtés qui prospèrent aujourd'hui au sein d'une gauche communautariste et indigéniste. Jean-Luc Mélenchon et les dirigeants de La France insoumise se sont indignés qu'on puisse mettre en doute la force de leur combat contre l'antisémitisme. Mais c'est chez certains de leurs proches comme Thomas Guénolé ou Aude Lancelin que la dénonciation des agressions verbales contre Finkielkraut ont été équilibrées, sinon justifiées, par un procès fait au philosophe d'avoir "répandu la haine en France" contre "les jeunes des banlieues et les musulmans".
Il y a de fait au sein d'une certaine gauche un discours faisant des musulmans dans leur ensemble les prolétaires du XXIe siècle, victimes d'une oppression des États occidentaux et des "Blancs", le "sionisme" étant une des formes de cette domination à combattre. C'est sur les dangers de cette lecture-là que le débat politique doit s'engager.
Paru dans Le Figaro, 19 février 2019

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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