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TABARD Guillaume

TABARD Guillaume

Guillaume TABARD






Journaliste politique

Maîtrise d’histoire (Paris I Sorbonne).



A la Radio et à la télévision

- Radio classique
      éditorialiste politique sur Radio classique
- Public Sénat
- France info
- Radio-Notre-Dame

Dans la Presse écrite
Au Figaro (depuis 2000)
      rédacteur en chef et éditorialiste politique au Figaro.
à La Croix (1995-2000),
à l'Académie Prisma Presse pour la presse magazine (1994-1995),
      rédacteur en chef de l’hebdomadaire France Catholique (1991-1995),
à La Correspondance de la presse (1988-1991)

Ouvrages
- Latin or not latin (2007)
- Maïti Girtanner (2006)
- Les Amis de l'hôtel de ville (2001)

 

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Schiappa, ... erreur tactique

Publié dans Du côté des élites
Schiappa, attaque idéologique, erreur tactique
 
Voilà ce qui s'appelle rater sa cible. Une interview de Marlène Schiappa dans Valeurs actuelles, voilà qui était osé. Pour les deux parties, tant l'hebdomadaire d'une droite assumée et la secrétaire d'État à l'Égalité entre les femmes et les hommes semblent aux antipodes l'un de l'autre. Pour Valeurs actuelles, une preuve d'ouverture. Pour Schiappa, l'occasion de démontrer que son féminisme ne l'empêche pas de dialoguer avec ceux qui ne pensent pas comme elle. Et plus encore, de convaincre qu'elle a des positions plus équilibrées que ses adversaires le prétendent.
Et de fait, dans cet entretien, elle réaffirme son opposition à la GPA, s'indigne du déni sur les agressions sexuelles commises par des migrants, dénonce – enfin ! - la chronique salace et sexiste de Daniel Morin sur France Inter humiliant la journaliste Charlotte d'Ornellas, pourfend l'écriture inclusive et fustige ces débats féministes dont les hommes sont exclus. Bref, l'intention initiale n'était pas de "choquer le conservateur", mais plutôt de le toucher.
 
Pourquoi alors ce postulat aussi aberrant qu'insultant d'une "convergence idéologique" entre la Manif pour tous et "les terroristes islamistes" ? Pourquoi prétendre qu' "il y a des slogans de la Manif pour tous qui sont lancés dans les banlieues" ? Des survivants du Bataclan se souviendraient-ils donc d'avoir entendu leurs agresseurs chanter - dans une tonalité grégorienne, on imagine – "un père, une mère, c'est élémentaire", avant de sortir leurs kalachnikovs ?
Au moment où la quasi-totalité des dirigeants de droite se reprochent aujourd'hui d'avoir combattu dans la rue la loi Taubira, on ne demande pas à une ministre sincèrement "progressiste" de ne pas critiquer les opposants au mariage et à l'adoption pour tous. Mais si le choc des arguments peut être vif, l'outrance ne grandit jamais celui ou celle qui en fait preuve. Et il est toujours paradoxal de vouloir dénoncer le sectarisme de ses adversaires idéologiques en versant soi-même dans la caricature, voire la diffamation en qualifiant d' "homophobie" toute opinion non conforme à un discours officiel et en amalgamant un conservatisme sociétal qui s'assume sans pour autant l'imposer à un islamisme de nature totalitaire.
 
Mais, au-delà du débat de fond, Marlène Schiappa commet trois erreurs tactiques.
La première la concerne, elle : renouer avec une image d'amateurisme ou de celle par qui la polémique arrive, qu'elle s'efforçait de corriger avec opiniâtreté.
La deuxième concerne son gouvernement et sa majorité : avec une telle sortie, difficile pour Emmanuel Macron de convaincre de sa volonté d' "apaiser" la société, de rechercher le "consensus" sur les questions sociétales les plus délicates, de tirer les leçons d'une méthode qui avait "humilié" les opposants au mariage pour tous. Après Agnès Buzyn estimant qu'en choisissant François-Xavier Bellamy LR n'aura plus de "républicain que le nom", le mistigri de l'intolérance revient dans le jeu des Marcheurs.
La troisième erreur concerne la droite : alors que Macron mise sur un divorce à droite sur les questions sociétales, Marlène Schiappa a réussi à réconcilier la droite Wauquiez et la droite Pécresse dans une même condamnation de ses attaques contre la Manif pour tous.

Paru dans Le Figaro, 22 février 2019

Reconnaître les nouveaux...

Publié dans A tout un chacun
Reconnaître les nouveaux terreaux de l'antisémitisme
 
L'agression dont a été victime samedi Alain Finkielkraut révèle les ambiguïtés qui prospèrent aujourd'hui au sein d'une gauche communautariste et indigéniste.
 
L'agression verbale dont a été victime samedi Alain Finkielkraut confirme la nécessité d'un sursaut national contre l'antisémitisme, dont la manifestation organisée ce mardi par les partis politiques peut être un signe salutaire. Mais le débat politique n'est pas toujours à la hauteur de cette exigence, encore enfermé dans des grilles de lecture anciennes qui occultent les formes actuelles de l'antisémitisme en France.
Une partie des responsables partisans font des gestes et des paroles haineuses, entendues ces dernières semaines, l'expression d'un antisémitisme de "petits Blancs" qui trahirait la nature profonde des "gilets jaunes". Comme si les croix gammées taguées ou les "sales Juifs" proférés étaient l'expression de tout un mouvement. Celui-ci, incroyablement composite, semble ne plus avoir prise sur des débordements violents ou haineux qui le salissent. Mais il est paradoxal de voir les tenants habituels du "pas d'amalgame", notamment après les attaques terroristes, transformer tous les "gilets jaunes" en héritiers directs des groupes antisémites de l'entre-deux-guerres.

Il n'y a évidemment pas de bon antisémitisme et de mauvais antisémitisme, mais se tromper sur le diagnostic, c'est s'empêcher de lutter efficacement contre cette lèpre. Or ceux qui ont attaqué Alain Finkielkraut pour son "sionisme" et l'ont menacé de la "punition de Dieu" ne sont pas les disciples de l'antisémitisme maurrassien ou pétainiste.
Ce sont, à l'instar de celui qui a été identifié, des proches de réseaux islamistes dont l'antisémitisme se traduit par le refus de l'existence même de l'État d'Israël. Ce sont ceux qui, après les attentats de 2015, refusaient d'entendre parler de la Shoah à l'école. C'est précisément ce que l'auteur de L'Identité malheureuse a été un des premiers intellectuels à remarquer et à dénoncer ; ce qui lui a valu d'être mis au ban d'une intelligentsia attachée à débusquer toute trace d'islamophobie, quitte à minorer le péril de l'islamisme.

Ce changement radical du terreau de l'antisémitisme perturbe les schémas anciens qui permettaient de regarder le Rassemblement national d'aujourd'hui comme le prolongement de cet antisémitisme qui marquait certains fondateurs du Front national. Une cible facile qui permet d'ignorer les ambiguïtés qui prospèrent aujourd'hui au sein d'une gauche communautariste et indigéniste. Jean-Luc Mélenchon et les dirigeants de La France insoumise se sont indignés qu'on puisse mettre en doute la force de leur combat contre l'antisémitisme. Mais c'est chez certains de leurs proches comme Thomas Guénolé ou Aude Lancelin que la dénonciation des agressions verbales contre Finkielkraut ont été équilibrées, sinon justifiées, par un procès fait au philosophe d'avoir "répandu la haine en France" contre "les jeunes des banlieues et les musulmans".
Il y a de fait au sein d'une certaine gauche un discours faisant des musulmans dans leur ensemble les prolétaires du XXIe siècle, victimes d'une oppression des États occidentaux et des "Blancs", le "sionisme" étant une des formes de cette domination à combattre. C'est sur les dangers de cette lecture-là que le débat politique doit s'engager.
Paru dans Le Figaro, 19 février 2019

Macron face au ...

Publié dans En France
Macron face au “néo-féodalisme” des barons
 
Vive les communes et les départements ! Quand, la semaine dernière, Emmanuel Macron parlait de "conversion personnelle" à effectuer, il parlait de sa manière de s'exprimer dans ses échanges directs avec les Français. Mais il est un autre domaine sur lequel le chef de l'État a aussi opéré une "conversion": sa relation aux territoires ; et plus particulièrement à l'organisation des territoires.
"La commune et le département correspondent à l'histoire pré-révolutionnaire et révolutionnaire du pays. Pour les citoyens, ce sont des relais identifiés avec l'État, des échelons reconnus et appréciés par eux", confiait-il lors de sa rencontre jeudi dernier avec des journalistes.
Une évidence ?
Oui, sauf que ce plaidoyer s'accompagne d'une critique des régions retaillées par François Hollande, "trop grandes et souvent sans identité véritable", et de l'intercommunalité, durcie par la loi NOTRe votée sous le même mandat.
 
Cette grille de lecture n'est pas neutre. Depuis trois décennies en effet, il y a, en matière d'organisation territoriale, une sorte de querelle des "anciens" et des "modernes" ; les premiers étant attachés aux structures les plus durables que sont la commune, le département, mais aussi l'État, quand les seconds ne jurent que par l'affirmation des échelons récents : l'intercommunalité, les régions, mais aussi l'Europe. Au fil des actes de décentralisation, les strates dites d'avenir n'ont cessé de se renforcer au détriment des échelons dits historiques. Or, parce qu'il est profondément européen et parce qu'il revendique l'étiquette de "progressiste", Emmanuel Macron était attendu du côté des "modernes". D'ailleurs, dans sa campagne et au début de son mandat, il semblait s'intéresser en priorité à l'affirmation des "métropoles".
 
Une constante française
La crise des "gilets jaunes" et le grand débat sont passés par là et le chef de l'État a mesuré le besoin de proximité et d'identification des citoyens. "Tout le monde connaît son conseiller départemental, personne ne connaît son conseiller régional", poursuit-il. Ainsi, au terme du grand débat, Macron entend bien lancer un puissant mouvement de "déconcentration" de l'État, c'est-à-dire de transfert de l'administration nationale vers le terrain, mais pas de nouvelle étape de "décentralisation", c'est-à-dire de transferts de pouvoirs aux collectivités locales. Cas particulier pour le Grand Paris : alors que le premier projet préfectoral prévoyait une fusion des départements de la petite couronne, ceux-ci ont désormais l'assurance d'être sauvés.
 
Mais au-delà de l'approche institutionnelle, la politique n'est pas loin. Élus au suffrage universel à la tête de vastes territoires, les présidents de région ont, selon Macron, la tentation du "néo-féodalisme" ; autrement dit du défi au pouvoir central. L'État central contre les puissances locales, le roi contre les grands féodaux : une constante française. Et un match d'autant plus actuel que trois présidents de région LR ont une ambition présidentielle: Xavier Bertrand, Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez. Cette bataille-là aussi commence.

Paru dans Le Figaro, 6 février 2019

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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