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THIBAUT Francoise

THIBAUT Francoise

Née à Paris

 
Essayiste, historienne
  

Professeur des Universités 
     (Paris II et XI, Besançon, Poitiers, Montréal, Varsovie, Beyrouth, NUS Singapour, Adélaïde, South Australia) (continument depuis 1990 pour des missions)
     (Droit international, procédures européennes et internationales, droit public français, science et sociologie politiques …
Professeur
     à l’Ecole Militaire Spéciale de Saint Cyr-Coëtquidan (1993-1997)
     à L’Ecole Supérieure de la Gendarmerie nationale (Melun) (pendant 14 ans)
 
Membre correspondant de l’Institut de France (Académie des Sciences Morales et Politiques)
Membre de l’Association française de droit constitutionnel(AFDC)
Ex Chargée de mission auprès  du Secrétariat d’Etat à l’enseignement supérieur
 
Chroniqueuse pour Canal Académie : plus de 100 émissions 
     Principalement consacrées à
     La Zone Pacifique, Asie du Sud Est, Japon, Singapour, Australie et Nouvelle Zélande
     L'histoire des découvertes, navigateurs et naturalistes (devenus académiciens)
     L'économie et socio-politique contemporaines
     Le 1er Empire français (avec Jean Tulard)
 
Ouvrages
Le virtuel et l’archaïque (1990)
Voies de passage et communications internationales (Ellipse) (1991)
Le cinéma de Louis Malle, une permanente transgression (Presses Univ. d’Aix–M.) (1994)
Métier militaire et enrôlement citoyen (PUF) (1998)
Le Japonais chante tous les matins (Publibook) (2005)
La Finlande, politique intérieure et neutralité active (LGDJ) (épuisé- non réédité)
 
Distinctions
Chevalier de la Légion d’honneur
Chevalier des Palmes académiques

URL du site internet:

Vive l'empereur !

Publié dans De par le monde
Vive l'empereur !
 
Evènement considérable au Japon : la famille impériale se montre, s'affiche, bavarde, rit, et sourit aux caméras... Le temps où le Nippon ordinaire devait se retourner et se voiler la face lorsque la voiture du Mikado - dieu vivant intouchable et irregardable - passait dans sa rue, est vraiment révolu.
Le Japon change dans son approche du pouvoir, son rôle international, l'image qu'il entend donner au monde, tout en restant résolument traditionnel, implanté dans sa légende millénaire, ses mystères dynastiques et son incurable sens du sacré.
 
Est-ce nécessaire ?
Sans aucun doute. Dans le Top Cinq des Etats les plus riches, performants et puissants de la planète, l'archipel souffre de handicaps non négligeables qu'il doit se hâter de corriger s'il ne veut pas sombrer. Encombré des furoncles d'interdits et de mépris issus des Guerres Trentenaires du 20ème siècle aux mille cruautés et de la piteuse défaite de 1945, le Japon dut subir la Loi des vainqueurs, s'accommoder de rôles de second plan au sein de l'ONU. Il a dû réapprendre à être zen et pacifique, s'infiltrer discrètement dans tous les mécanismes de l'Occident jusqu'à les maitriser par sa créativité et sa technologie.
Il semble que l'on soit au bout de ce lent processus et qu'il est temps de s'approprier - après 70 années de politesses, d'acrobaties diplomatiques et de purgatoire – une refondation indispensable, guidée à la fois par la situation interne, économique et sociale de l'archipel et par un environnement international très modifié, parfois inquiétant.
 
Voici donc ces insulaires cosmiques avançant d'un pas prudent mais ferme vers la réforme la plus réformiste que puissent envisager un Etat et un peuple aussi nimbés de tradition : l' Empereur a parlé à la télévision pour la seconde fois en 6 ans, l'Impératrice Michiko, excellente pianiste, a participé à un récital à l'Académie de musique de Kusatsu en compagnie de solistes de la Philharmonie de Berlin, le prince héritier Naruhito, (altiste de qualité) s'est laissé photographier à la montagne, avec son épouse Masako et sa fille, tous trois vêtus de chemises à carreaux des bucherons canadiens et chaussés de robustes godillots de randonnée... Plutôt moderne tout cela, à l'instar des monarques  européens auxquels d'ailleurs, ils rendent visite de plus en plus visiblement. La redoutable Maison Impériale  desserre son corset, laisse reculer la silhouette du dieu vivant au profit d'un souverain proche de son peuple.
 
Deux graves questions constitutionnelles éclairent ces avancées vers une normalité contemporaine :
 
* La question dynastique : Akihito a succédé à son père l'énigmatique et encore divin Hirohito en 1989. Il a maintenant 82 ans et en a assez : il envisage d'abdiquer sous peu, en 2018, a-t-il déclaré dans ce fameux discours du 8 août dernier, évoquant son grand âge, et la possibilité de modifier les règles de succession. En fait il aimerait faire comme les reines néerlandaises ou le roi Juan Carlos qui abdiquent lorsqu'ils se sentent trop âgés pour accomplir correctement leur boulot. (1) Mais ce n'est pas si simple lorsqu'on est une incarnation stellaire et la Loi de 1947 sur la Maison Impériale ne prévoit pas l'abdication. Par ailleurs la question de la succession est complexe, entachée de violentes rivalités internes : en effet, le prince héritier Naruhito, bien préparé à la fonction, 56 ans (c'est le bon âge pour succéder), a épousé sur le tard et par amour Masako Owada (2), d'excellente famille mais qui n'appartient pas à la noblesse ; ils n'ont qu'une fille, Aiko, maintenant âgée de 15 ans. Le système actuel ne prévoit qu'une primogéniture mâle sur le trône ; la seule femme qui ait pu prétendre à l'Imperium a existé il y a près de 2000 ans, pas très longtemps pour laisser la place à un gaillard sorti de luttes fratricides peu reluisantes. Le seul successeur masculin possible, après Naruhito, est son frère cadet Akishino (s'il est en vie) ou le fils de ce dernier. Un double changement doit donc être accompli, entériné par le Parlement : autoriser l'abdication (et simplifier au passage le rituel des funérailles impériales, comme le souhaite l'Empereur), redessiner la succession. Sur le second point on peut tout de même tabler sur deux ou trois décennies de réflexion... Mais tant d'évènements peuvent surgir : le sentiment d'impermanence de toute chose, si présent dans la mentalité japonaise, est un partenaire incontournable.
 
* la seconde question, plus urgente, modifiera – si elle est résolue, et cela se profile sérieusement – l'équilibre international établi depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale : la Constitution japonaise de 1946, imposée par la Commission d'occupation nord-américaine, installe un régime parlementaire intégrant les principes occidentaux de la démocratie : l'Empereur règne mais ne gouverne pas ; la monarchie est ostensiblement exclue du pourvoir politique – confié à un Premier Ministre issu de la majorité parlementaire – mais elle est aussi la seule source de légitimité de tous les pouvoirs. Cette Constitution comporte aussi en son Chapitre II de Renonciation à la guerre un Article 9 aujourd'hui remis en question.L'Article 9 est une véritable curiosité et mérite d'être cité sans commentaire :
"Aspirant sincèrement à une paix internationale... le peuple japonais renonce à jamais à la guerre en tant que droit souverain de la nation, ou à la menace ou l'usage de la force comme moyen de règlement des conflits internationaux. Pour atteindre ce but... il ne sera jamais maintenu de forces terrestres, navales et aériennes ou autre potentiel de guerre. Le droit de belligérance de l'Etat ne sera pas reconnu"
Dans le contexte international actuel, ce texte est à la fois obsolète, illusoire et mensonger : en elle-même, la guerre n'y est pas définie, et son déclenchement – si elle doit exister – flaire la soumission totale aux Etats Unis.
Pour les temps présents ce renoncement inconditionnel est une absurdité devant l'agressivité Nord-Coréenne, le silence Poutinien, les ambitions de la Chine communiste. D'ores et déjà le Japon est équipé d'outils dits "défensifs" et sa technologie de pointe a depuis belle lurette abandonné le canon pour bien plus de sophistication. Par ailleurs le Japon est lié au fameux "Big Five" stratégique réunissant Etats Unis, Royaume Uni, Canada, Australie et Nouvelle Zélande, énergique gardien de sa zone Pacifique. En conflit à peu près permanent avec les incursions chinoises, notamment dans la mer intérieure et les îles les plus au nord de l'archipel, le Japon vit aussi dans la crainte des essais spatiaux et nucléaires nord-coréens.
 
Le vétuste article 9 doit donc, soit disparaître, soit trouver une nouvelle rédaction adaptée à notre temps et aux nouveautés du contexte Pacifique.
Rien ne s'accomplira sans l'aval de la Diète et du Premier Ministre, Shinzo Abe, élément clef de l'actuel équilibre institutionnel. Il a pris acte des intentions de l'Empereur, encourage fortement la modernisation constitutionnelle, mais reste opposé à l'abdication. Peut-être craint-il que Naruhito ne soit pas apte à continuer l'Ere Heisei (gagner la paix) patiemment construite par son père.(3)
Parfois qualifié nouveau Shogun, Shinzo Abe est un homme très intelligent : son ambition personnelle est depuis longtemps satisfaite, et il veut avant tout assurer un avenir favorable à sa patrie. Pour cela il essaie de voir loin et construire l'armature dont elle aura besoin après lui. Conservateur, il n'a jamais caché son virulent nationalisme, contrariant tout le monde en rendant régulièrement hommage au mémorial Yasukuni, sanctuaire qui honore les âmes des 2,6 millions de soldats tombés pour l'Empire entre 1930 et 1945. Chine et Corée du Sud n'ont de cesse de lui rappeler les atrocités commises, et les Américains ne sont pas en reste. (4) Militant fermement pour l'abrogation de l'article 9, il souligne volontiers son symbolisme dépassé.
Rien ne se fera sans lui, son autorité et ses emportements.
Certes ses fameux "Abenomics" - réformes économiques et retouches sociales – destinés à sortir le Japon de la crise interminable et sournoise où il s'est enfoncé depuis 2008, n'ont pas tous réussi et n'ont pas toujours convaincu. Mais il y a progrès, même si une pauvreté rampante s'insinue parfois dans les couches sociales les plus fragiles.
Le secteur technologique et la recherche sont en progression constante. Grace à ses mathématiciens et ingénieurs le Japon est un des pays parmi les plus avancés en robotique et nano science. L'éducation et l'enseignement sont des priorités absolues. Il y a peu de chômage (3,2%) ; l'aide sociale est moins généreuse mais reste stable. Les exportations sont florissantes malgré la concurrence des Sud-Coréens et l'expansionnisme chinois. Le T.P.P conclu à Auckland en avril 2016 devrait entretenir favorablement les échanges. La question principale reste celle des ressources énergétiques dramatiquement compliquées par la tragédie de Fukushima.(5)
 
Mais la question primordiale est la baisse de la population, et surtout son vieillissement : après avoir culminé à plus de 120 millions, les Japonais de 2050 ne seront plus (environ) que 95 millions. Si cela est apte à résoudre le problème du logement et son coût, le profil de cette société vieillissante reste à dessiner : son âge moyen est 45 ans (22 au Bengale, 27 en Algérie). La tranche 50-65 ans sera la plus importante dans 10 ans. Le Japon est le pays où l'on vit le plus vieux : il croule sous les centenaires (17.000 en 2015) et les vieilles dames, le plus souvent veuves car le valeureux époux décède avant elles, prématurément usé par karoshi (épuisement au travail) des années 70/80. Les femmes en âge de procréer ne consentent qu'à concevoir 1 seul enfant, objet de toutes les attentions, et cela pas toujours. Le refus du mariage et de la procréation est courant en ville au profit du travail et du loisir.
Aucune immigration de quelque ordre qu'elle soit n'est envisagée ; très peu d'étrangers  résident (à peine 1,5 %), essentiellement Coréens et Chinois. Le Japon essaie d'inventer une société nouvelle, pionnière dans la compensation du manque de "jeunes" par la robotisation, et du maintien en forme des plus âgés : le slogan est seniors valeureux où la vieillesse et la mise à la retraite ne sont plus une fin mais un recommencement : la cérémonie du retour de calendrier -shinto kanreki- replace le sexagénaire au début d'une nouvelle vie marquée  souvent par un retour au village natal, dans une communauté amicale soutenue par l'énorme épargne des prévoyants insulaires. La plus forte création de petites et moyennes entreprises est due à la tranche d'âge des 55-65 ans dans les domaines les plus variés. L'Etat accompagne ce mouvement par des prêts à taux zéro et un investissement massif dans la Santé. En septembre, chaque année, la Journée du respect dû aux personnes âgées rassemble jeunes et vieux dans d'avenantes fêtes fleuries. Le tourisme senior remplit trains et autocars. Présentateurs de télé, acteurs, musiciens, artisans progressent dans leur savoir-faire et leur notoriété à mesure qu'ils prennent de l'âge : le duo comique des jumelles Kin et Gin n'a cessé de se produire jusqu'à l'âge de 108 ans. Le dernier héros est Yuichiro Miura qui a atteint le sommet de l'Everest à l'âge de 75 ans en 2008.
 
Voilà donc une Société nouvelle qu'on ne pensait rencontrer qu'en science-fiction ou sortie des Mangas. Deux pôles opposés mais complémentaires sont en mouvement, là-bas, au Soleil Levant : d'un côté un Empereur vieillissant souhaitant s'en aller (pour créer sa petite entreprise ???) et laisser la place au renouveau impérial et constitutionnel, de l'autre l'hardie tentative de parier sur l'évolution d'une population bien gérée....
A Rio, lors de la Cérémonie de clôture, Shenzo Abe, a surgi comme un diable, déguisé en super-Mario des jeux Nitendo, pour annoncer les Jeux Olympiques d'été à Tokyo en 2020 ( pratiquement un siècle après l'Exposition Universelle de Tokyo en 1922)  : le Japon - roi de l'innovation - nous promet des Jeux high-tech révolutionnaires dont une partie serait basée sur le sport électronique...
 
Ce matin d'automne, sur la route, ne va personne...
Haïku du moine Basho
 
(1) L'Empereur a encore un caractère "semi sacré" sensé faire obstacle à tout départ anticipé. Contrairement à ses collègues royaux d'Europe la reine Elisabeth doit régner jusqu'à sa mort car elle est "chef de l'Eglise" d'Angleterre. Si elle devait interrompre ses fonctions son héritier prendrait la relève et ne serait que Régent. Cela s'est produit avec George III et son fils lors de ses moments d'absence mentale.
(2) L'histoire de Masako Owada est assez pathétique car, issue d'une excellente famille de la haute bourgeoisie japonaise avec un père diplomate, elle a refusé par 3 fois d'épouser Naruhito, pressentant la lourdeur de la situation. Brillante, indépendante, faisant carrière, parlant 5 ou 6 langues, elle aurait pu avoir un rôle au sein de la représentation impériale. Au contraire, elle a été littéralement "écrasée" par le protocole rigide, quasi inhumain de la Maison (tout comme Masako, autrefois dans la même situation). Cela s'est terminé par une longue dépression dont elle sort depuis environ 2011. L'admirable est le courage de Narihuto qui l'a soutenue et aimée sans faillir au-delà des pesantes conventions. C'est peut être ceci la véritable "révolution" impériale.
(3) Pour en finir avec les histoires de famille, Naruhito est le premier mâle impérial a avoir été élevé par ses parents, comme tous ses frères et sœurs. Traditionnellement l'héritier était enlevé à sa famille à l'âge de 3 ans pour être confié à des "conseillers" chargés de son éducation.. Akihito a avoué – dans un exceptionnel épanchement – en avoir beaucoup souffert, et avec Masako a mis fin à cette barbarie. Naruhito a élevé sa fille de manière très occidentale.
(4) L'amiral Tojo qui ordonna l'attaque de Pearl Harbour est inscrit sur une des stèles du mémorial de yasukuni avec ses collègues et les 13 autres condamnés pour crimes de guerre de 1947.
(5) Accident de Fukushima dont la résolution technique est loin d'être acquise. En fait, on ne sait pas trop quoi faire, en dehors du refroidissement constant de l'infernale machine. L'eau utilisée est rejetée dans l'océan. Fukushima est proche, au nord, de Tokyo, indispensable pour son alimentation en énergie. Par ailleurs le problème humain et social créé par ce désastre n'est, lui aussi, que très partiellement résolu. Enfin, en raison du réchauffement de l'air et de l'eau (1°) le Japon est de plus en plus exposé aux tornades et typhons.
Il est aussi le seul pays au monde a avoir connu les 2 agressions nucléaires absolues : les 2 bombes de 1945 et  la catastrophe énergétique de Fukushima.

Mystères du Pacifique

Publié dans De par le monde
Mystères du Pacifique                                    
 
L'Europe -a fortiori la France- semble bien peu se préoccuper de ce qui se passe à l'autre bout du monde. En effet la Zone Pacifique apparaît peu dans son actualité. Toutefois, malgré cet a priori,  investisseurs, financiers et entrepreneurs -eux- s'en préoccupent : sans doute là-bas, de l'autre côté du monde, se joue une grande partie de l'avenir de l'Europe.
Pascal Lamy, intervenant en avril 2016 lors d'une séance de travail à L'Institut de France, prophétise "nous assistons à la fin programmée de l'époque westphalienne des Etats souverains, pour une globalisation de nombreux domaines" (1) soulignant que la globalisation "se rapproche", avec ses bienfaits, ses excès et sa "dé-occidentalisation" du monde, dont la diversité donne le tournis.
L'Océan Pacifique, découvert, sillonné, exploré fort tardivement dans l'histoire occidentale, est devenu "une nouvelle Méditerranée"  en raison des progrès des transports et des communications depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale et surtout depuis les relations "immatérielles", prodigieuses accélératrices d'échanges en tous genres. En témoigne le T.P.P. conclu à Auckland en février 2016, au terme de négociations trentenaires, à la fois aboutissement et ébauche d'un projet de refondation du monde.
 
Ce Trans-Pacific Partnership, au-delà des divergences politiques, voire des affrontements, fait du Bassin Pacifique une réalité économique et commerciale, incluant des Etats jusqu'alors négligés des grands flux d'échanges, tels Pérou et Chili en raison de leurs potentiels. Les Etats-Unis sont leaders, dans une stratégie visant à contenir les ambitions de la Chine continentale dans cette zone clef et préserver leur hégémonie économique, et aussi -sans que cela soit clairement exprimé- compenser les défaillances de leur marché intérieur.
Douze partenaires se proposent désormais de lier leurs intérêts : le pourtour Pacifique concerne l'Amérique du Nord (le couple USA/Canada). Les deux latinos avec leur longue façade au sud de l'océan et leurs minéraux rares ont été la proie d'importants investissements chinois, ils doivent donc être surveillés de près. Un groupe de petits nouveaux  rassemblent les pays neufs issus des indépendances d'après la Guerre Mondiale : le Sultanat de Bruneï (son pétrole et son gaz), Singapour (sa puissance portuaire et bancaire), le Vietnam (nouveau bassin de main d'œuvre et de denrées alimentaires), les partenaires traditionnels -la Nouvelle Zélande (prospère "ferme" de l'espace Pacifique et ses savoirs faire), l'Australie, le Japon. Sont exclus les Philippines, l'Indonésie, et le Mexique jugés pour l'instant trop instables et peu fiables. Le Mexique est toutefois membre de l'ALENA nord-américain. La Corée du Sud n'y est pas en raison du problème que présente sa jumelle du Nord mais est liée par de nombreux accords bilatéraux avec les différents membres du T.P.P. La grande muette est la Russie pourtant très présente dans l'extrême nord.
 
Le but est donc la création d'une zone juridique cohérente dans une zone géographique unifiée. Devant les incertitudes que présente la Zone Europe (pourtant principal marché mondial) et les difficultés de négociations pour y créer un accord identique, l'administration Obama a basculé les intérêts commerciaux US vers le Pacifique anticipant ainsi une évolution prévisible. Certes, jumeau du T.P.P., un T.A.P. Trans Atlantic Partnership est envisagé, mais la négociation est rude, pleine de méfiance entre Bruxelles, les différents Etats d'Europe et les interlocuteurs US : l'Europe craint de se faire dévorer un peu plus par le système américain et ses règles ultra libérales faites pour dominer les marchés. Par ailleurs, les Européens sont de "vieux" commerçants et financiers ; ce sont eux qui ont inventé la plupart des règles, et se sont enfermés dans de scrupuleuses barrières juridiques que l'ambitieux sauteur de haies yankee aura bien du mal à éviter. A charge pour lui -c'est l'autre solution de long terme- d'anéantir l'indépendance économique européenne (ou ce qu'il en reste). Donc, pour l'instant, virage à 180 degrés : vers le Pacifique. Toutefois, tout n'y est pas acquis : les puissances économiques, bancaires et financières du Pacifique sont jeunes et ambitieuses. Elles ont appris à se méfier de la surpuissance US tout en utilisant ses potentiels. Dans sa campagne, déjà, Hilary Clinton a annoncé qu'elle "reverrait" les termes du T.P.P. afin que "nul ne puisse porter atteinte aux intérêts américains".
 
Le second aspect des enjeux Pacifique sont stratégiques et politiques, lourds de mystère. En moins de dix années la République de Chine continentale a affiché -outre ses ambitions de conquête des marchés- une grande ambition, pour ne pas dire arrogance, de maitrise de l'espace qui l'environne. Ses alliés affichés sont la Corée du Nord, dont on ne sait pas vraiment -du moins dans la diplomatie officielle- les projets, et la Russie, laquelle, guidée par Vladimir Poutine, grignote lentement mais avec aplomb les parts d'influence que l'effondrement de l'URSS avait anéanti. Malgré les divergences, le rapprochement et les projets communs sont évidents. Chine et Russie ont noué une série d'accords de tous ordres, utilisant la vaste zone tampon de la Mongolie, faisant d'Oulan Bator un prospère atelier diversifié et surtout informatique ; un train à Très Grande Vitesse, aux étapes intermédiaires rationnelles, relie Moscou à Beijin sans obstacles douaniers.  
De l'autre côté, les Etats Unis ont déclenché de grandes manœuvres "défensives", en principe non agressives : un accord tri-latéral USA-Japon-Corée du Sud garantira désormais le Pacifique Nord de tout acte trop ambitieux ; dans ce contexte, le réarmement est en marche : une base navale imposante est en fin de construction près d'Ulsan en Corée du Sud, s'ajoutant aux nombreuses positions US au Japon. Ce dernier va, dans ce contexte de méfiance, sans doute être autorisé à faire évoluer sa Constitution dans le sens d'une re-militarisation, afin de faire face aux éventuelles attaques chinoises au nord de l'archipel et dans la mer intérieure le séparant de la Chine, laquelle à coup d'extravagantes plateformes maritimes ronge progressivement les frontières de souverainetés réciproques, sans aucune négociation. Situation extrêmement dangereuse, virant souvent à l'affrontement direct, génératrice d'interminables conflits d'influence. En refermant les espaces maritimes sous la souveraineté des Etats on s'expose à des conflits de plus en plus nombreux, d'autant que les intérêts sont existentiels : la recherche et l'appropriation de ressources alimentaires et énergétiques.
 
Dans la zone Sud Pacifique les Etats Unis s'appuient sur les nombreux ilots récupérés dans les accords de paix de 1945/46 ainsi que sur les jeunes Etats archipels disséminés, tels Tuvalu, Fidji, Samoa, Vanuatu, Kiribati, etc. en coopération avec le Royaume Uni, la Nouvelle Zélande et l'Australie, laquelle surveille tout ce petit monde avec une bienveillante vigilance. C'est dans ce cadre de sursaut défensif et de réarmement que l'Australie a passé commande de sous-marins nucléaires français, (de préférence aux ateliers japonais), considérés comme l'arme absolue sur le marché de la défense.
 
Le mystère Pacifique le plus étrange est -malgré cette commande mirifique (négociée de longue date)- le silence, la marginalisation de l’État français : pourtant la France est, après les Etats Unis, l’État ayant le plus vaste espace maritime dans l'Océan Pacifique ; depuis les 4 Conventions de 1958 relatives au droit des espaces maritimes, puis l'Accord de Montego Bay de 1982, la tendance à l'appropriation des espaces maritimes par les Etats-nations s'est considérablement étendue, à tel point qu'un espace comme la Méditerranée est maintenant presque totalement appropriée, c'est à dire sans Haute Mer "inappropriable" ouverte à tous, non soumise à la souveraineté des différents riverains. Cela, on le comprend, dans un but d'exploitation économique des ressources et de sûreté.  La largeur de la mer territoriale (souveraineté exclusive de l’État riverain) a été portée à 12 milles marins, puis depuis les années 1980 la protection du plateau continental adjacent a été portée à 200 milles, extensibles en fonction de "la morphologie des fonds marins" et de l'environnement.
La France "administre et surveille" plus de 10 millions de kilomètres carrés dont 4 millions rien que pour la Polynésie (les 4 décrets du 25 septembre 2015) ainsi que 7 000 kilomètres de rivages. Or l'influence française apparaît plus que résiduelle dans un espace devenu très stratégique : son absence dans le Trans Pacifique Partnership  étonne, alors que les archipels sous son autorité souveraine, en plein milieu de l'océan présentent d'indéniables intérêts économiques (escales, entrepôts)) et stratégiques. Certes, il existe bien quelques bases françaises avec des radars et outils de surveillance "sur zone" ; toutefois les moyens permanents de surveillance et d'intervention restent trop limités. De toute façon les services français de renseignement n'appartiennent pas au Groupe anglo-américain (le fameux Big Five) regroupant USA, Canada, Australie, Nouvelle Zélande et Royaume Uni, grand surveillant océanique et satellitaire sous la direction de la NSA. Certes, notre Défense y a quelques "entrées" mais la coopération est loin d'être honnête. Nous en sommes restés au XXème siècle alors que dans l'immense Pacifique se jouera certainement une grande partie des contours du XXIème siècle. Il reste à savoir si la France aura la volonté, et surtout l'autorité et les moyens pour rester acteur dans ce nouveau Grand Jeu (2).
 
Une fois de plus, l'avenir et l'influence de l'Europe se jouent "en dehors d'elle » : dans ce jeu de go, subtil et à l'aspect délibérément embrouillé ; les stratégies sont pourtant significatives. Ne jamais oublier - même dans les plus beaux débats théoriques – que plus de la moitié de la population (jeune) du monde vit dans cet Est lointain, et que près de la moitié de ce que consomment les Européens (des pommes aux voitures, de l'électroménager aux jeux video, des vêtements aux iphones, etc...) provient de ces zones lointaines dépendantes de la Paix Pacifique .
 
(1) Pascal LAMY, ancien directeur général de l'Organisation Mondiale du Commerce, président d'honneur du think thank Notre Europe de l'Institut Jacques Delors, intervenant à l'Institut de France dans le cadre du Groupe de travail Ethique et Economie de l'Académie des Sciences Morales et Politiques (ASMP), présidé par Bertrand Collomb, le 18 avril 2016.
(2) Par ailleurs, la France, en tant qu'autorité souveraine en Polynésie, reste sujette à nombre de revendications et contestations, dont certaines ancrées depuis la période coloniale. On peut y ajouter les désastres économiques et démographiques ainsi que la période des essais nucléaires : l’Église protestante polynésienne (Maohi) a conclu son 132ème synode (août 2016) en prévoyant d'attaquer la France devant la Cour pénale internationale de La Haye pour crimes contre l'humanité en raison des conséquenses des essais nucléaires dans l'archipel. Elle prévoit aussi de déposer plainte auprès de l'ONU.

BREXIT ? never complain

Publié dans Avec l'Europe
BREXIT ? never complain                                
 
Au lendemain du LEAVE à 51,9 % du 23 Juin, son effet Tsunami et la Livre sterling piquant du nez, les Britanniques se reprennent avec leurs habituelles recettes dedignity and work. A Londres et ailleurs, la vie continue, comme s'il ne se passait rien, dans l'attente des premiers effets politiques et stratégiques du divorce, lesquels n'apparaîtront qu'à l'automne.
 
Au-delà du changement de gouvernement, le plus visible est la forte proportion d'opinion en faveur d'une séparation mesurée : les 48,1 % partisans du REMAIN voient leurs rangs se renforcer, notamment à la lueur de l'accentuation de la baisse du pouvoir d'achat, de l'augmentation des prix, du poids considérable des financiers de Londres et de la prédiction de Philip Aldrick au Times du 27 Juin "si on refaisait aujourd'hui un referendum identique, on aurait exactement le résultat inverse".
 
En désignant Premier Ministre Theresa May, farouche partisane du maintien dans l'Union Européenne, ex membre du cabinet Cameron, les parlementaires se sont assurés d'une approche "nuancée" de la sortie. Par ailleurs le nouveau Cabinet,  chargé de sa préparation, est remarquablement composé, et en assurera une vision relative, au mieux des intérêts de la nation ; un ministre spécifique a été désigné pour s'occuper du Brexit : David Davis est un vieux briscard de l'Europe où il a officié pendant plus de 20 ans ; il connaît tout le monde et tout le monde le connaît à Bruxelles ; il se chargera des points les plus scabreux dans des discussions discrètes et particulières. Le nouveau ministre des Finances, Philip Hamond, est bien moins pessimiste qu'Osborne : un journaliste l'ayant apostrophé par "pas de vacances aux Bermudes cet été my lord ?", Hammond répond en riant : "Non, pas maintenant, à Noël, quand la Livre aura repris des couleurs !". Les Affaires étrangères "normales et ordinaires" notamment avec les précieux Etats Unis, ont été confiées au turbulent Boris Johnson, dont la surface d'insolence et d'opiniâtreté est capable de venir à bout des plus coriaces, y compris de Poutine et des Chinois. Son carnet d'adresses d'ex Lord Maire de Londres est précieux. Même agaçant, il se tiendra tranquille, dans l'intérêt de tous... et attend peut être un nouvel entrebâillement du 10 Downing. Le ministre du Commonwealth est chargé de rassurer ses 54 "Alliés traditionnels" (le quart des Etats de la planète) et d'aplanir les inquiétudes.
Les autres membres de ce Cabinet assez resserré ont la charge de secteurs précis, et doivent préparer les discussions collectives. Donc il travaille solidement et solidairement, dans le silence et une apparente sérénité : c'est sans doute sa principale qualité, s'adjoignant s'il en est besoin des avis extérieurs, y compris ceux de ses opposants. Une sorte d'Union nationale inavouée, pour éviter la tempête.
La Banque d'Angleterre, consciente de la difficulté de la situation joue aussi son rôle de pilier : tout en ayant annoncé "une croissance nettement plus faible" à moins de 1 %, elle a pris sous la houlette de son gouverneur Mark Carney, un ensemble de mesures aptes a réduire les effets les plus négatifs du Brexit. Elle injecte de massives liquidités dans l'économie (plus 400 milliards de livres), y ajoutant une aide aux entreprises à hauteur de 10 milliards. Même si cela pénalise les épargnants, les marges des banques s'en trouvent réduites ; mais aucune mesure plus ample ne sera prise avant octobre.
Jusque-là, en effet, le Cabinet de Dame May passe au fil de sa loupe la revue des quelques 3 000 engagements européens du Royaume Uni : il est certain que les Britanniques largueront ce qui les dérange le plus dans leurs objectifs de liberté économique et sociale retrouvée.
 
A delà de l'obligation de conserver son 1er rang financier et de recouvrir une rassurante prospérité, de cruciaux problèmes intérieurs préoccupent Theresa May, comme elle l'a avoué dans une interview donnée auSunday télégraph le 31 Juillet : en effet le fossé entre les très riches de l'économie financière qui se porte très bien et les Britanniques "ordinaires" se creuse dangereusement. La basse classe moyenne souffre, ayant perdu environ 10 % de pouvoir d'achat en moins de 7 ans, et le Brexit aggrave encore la situation ; déjà, en Août, les prix des fruits et légumes, de la nourriture en général, des restaurants, ont augmenté, de même que ceux des voitures, de l'habillement importé, des chaussures. La baisse de la Livre génère une réelle désorganisation commerciale, nuisible à la paix sociale.
Theresa May entend aussi lutter contre les éventuelles menaces d'insécurité, et surtout contre la modern slavery, générée par l'arrivée sur le territoire d'immigrés sans statut : le repli vers une mentalité de bunker (comme l'appelle certains) vise à ne pas déséquilibrer davantage la société britannique, laquelle déborde d'étrangers, surtout dans les grandes villes, en particulier à Londres et sa banlieue. Refermer l'île sur elle-même (ou tenter de le faire) n'est pas une attitude régressive, selon la Prime, mais une nécessité sociale visant à contenir des comportements abusifs ou violents, incompatibles avec la démocratie et les droits fondamentaux. Elle ne cite pas l'Arrêté municipal du nouveau Lord Maire de Londres -Sadiq Khan- visant à interdire les affiches publicitaires avec des filles aussi splendides que dévêtues au nom du respect de l'égalité physique. En ne citant rien ni personne, elle considère qu'il s'agit d'une islamisation rampante, laquelle n'est pas souhaitable. On peut ajouter l'éducation en totale décrépitude (à l'exception du haut niveau huppé, lequel part souvent terminer ses diplômes outre Atlantique, en Australie ou à Singapour), l'abandon de leur scolarité par les ados des quartiers les plus défavorisés (à hauteur de 40 % parfois), et les services desanté publique, dans un état plus que préoccupant.
 
Mais d'autres challenges attendent Dame May et ses camarades : le premier en date, très politique, sera le Référendum indépendantiste écossais ; sous la houlette de leur Prime, l'énergique Nicola Sturgeon, les Ecossais ont voté à plus de 62 % pour rester dans l'Union Européenne. Ils sont riches pour la première fois de leur longue histoire tourmentée et venteuse, et entendent bien le rester pour longtemps : avec leurs élevages piscicoles, leurs whiskys et leurs bières, leur pétrole et leur gaz, les atouts sont nombreux. Si la double réponse -Oui à l'indépendance et Oui à l'Union Européenne– prend forme, ils pourraient entrainer dans leur sillage l'Irlande du Nord qui aimerait bien rejoindre la Verte République, elle aussi pro européenne, qui se porte plutôt bien et rendre à l'île son unité géographique.
Autre dilemme encombrant : l'enclave de Gibraltar a voté à 97 % pour rester dans l'Union et craint par-dessus tout les attaques espagnoles ; pion stratégique sur la porte de la Méditerranée, créateur de richesse, le rocher devra sans doute bénéficier d'un statut particulier, dont l'invention n'est pas simple.
Le Royaume Uni est donc confronté à une large et nécessaire refondation, afin que la pauvreté n'annihile pas un consensus social toujours besogneux et une prépondérance financière sans égale en Europe.
 
La bataille pour le Brexit a duré plus de 30 ans ; son "gang" mené notamment par les riches James Goldsmith et William Cash a fini par gagner. (voir supplément du Times du 5 Aout). Mais que faire de la victoire ? Le seul Prime sincèrement européen fut Harold Macmillan, Margareth Tatcher détesta l'Europe ; il ne faut pas oublier que l'approbation de l'entrée dans la CEE ne recueillit en Juin 75 que 67 % des voix exprimées, bientôt suivie du refus de Maastritch en 92, puis de l'Euro en 99. Donc le silence studieux qui environne le Cabinet May est non seulement souhaitable, mais  indispensable pour trouver le bon sentier de la guerre dont le début devrait se situer en fin d'année.
 
Il reste à connaître l'attitude -ou les attitudes– de l'Union. Elle aussi est silencieuse, Comme un peu sonnée, proie des lobbyistes de tous poils. Selon les sujets, on ira sans doute de l'accord facile à la bataille sanglante en passant par la guerre de tranchées, le blitz, l'enlisement, le contournement, le pilonnage, et, pourquoi pas ? Quelques bonnes bombes. La certitude, pour le Royaume, sera la perte des nombreuses aides financières dont l'abreuve l'UE. Donc les pauvres, les étudiants et les agriculteurs vont trinquer, comme toujours. Reste également en suspens, le sort du personnel pléthorique, non imposable, qui occupait de si beaux bureaux à Bruxelles et alentours. Le Royaume Uni reste, évidemment, membre de l'Assemblée du Conseil de l'Europe – l'organe le plus important et le plus emblématique, et l'accès aux Cours et Institutions qui en dépendent. En tout état de cause, il est exclu de jouer la carte du drame – même shakespearien – pour recourir à la Raison, chère à Jeremy Bentham et John Stuart Mill. Ne pas oublier non plus que la mer monte, et qu'une partie de l'archipel est en train de disparaître sous les flots : certains habitants ont dû quitter définitivement leurs logis, et les aides pour les digues et aménagements devaient être en grande partie financés par différents budgets européens.
 
Et que dit la Reine, dont le rôle est de ne rien dire ? Rien. Il a été murmuré qu'en privé elle s'était révélée plutôt contente de ce Leave. Mais ce n'est qu'un murmure... Elle recevra Theresa May tous les mercredis, selon la coutume, au retour de ses vacances à Balmoral (Ecosse), afin d'être tenue au courant des affaires ; de quoi parleront-elles ? Ni de corgis ni de chats (Dame May a 3 chats). La Reine prononcera lors de la rentrée parlementaire, le discours préparé par sa Prime. Mais d'ici là bien des choses seront arrivées. En attendant... No complain...
 
Les Britanniques aiment l'argent, l'autodérision et la démocratie libérale ; ce qui les oblige à l'efficacité. Les Français aiment les idées, les jérémiades et la démocratie sociale ; ce qui les fait patauger. Telle est la différence.

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