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THIBAUT Francoise

THIBAUT Francoise

Née à Paris

 
Essayiste, historienne
  

Professeur des Universités 
     (Paris II et XI, Besançon, Poitiers, Montréal, Varsovie, Beyrouth, NUS Singapour, Adélaïde, South Australia) (continument depuis 1990 pour des missions)
     (Droit international, procédures européennes et internationales, droit public français, science et sociologie politiques …
Professeur
     à l’Ecole Militaire Spéciale de Saint Cyr-Coëtquidan (1993-1997)
     à L’Ecole Supérieure de la Gendarmerie nationale (Melun) (pendant 14 ans)
 
Membre correspondant de l’Institut de France (Académie des Sciences Morales et Politiques)
Membre de l’Association française de droit constitutionnel(AFDC)
Ex Chargée de mission auprès  du Secrétariat d’Etat à l’enseignement supérieur
 
Chroniqueuse pour Canal Académie : plus de 100 émissions 
     Principalement consacrées à
     La Zone Pacifique, Asie du Sud Est, Japon, Singapour, Australie et Nouvelle Zélande
     L'histoire des découvertes, navigateurs et naturalistes (devenus académiciens)
     L'économie et socio-politique contemporaines
     Le 1er Empire français (avec Jean Tulard)
 
Ouvrages
Le virtuel et l’archaïque (1990)
Voies de passage et communications internationales (Ellipse) (1991)
Le cinéma de Louis Malle, une permanente transgression (Presses Univ. d’Aix–M.) (1994)
Métier militaire et enrôlement citoyen (PUF) (1998)
Le Japonais chante tous les matins (Publibook) (2005)
La Finlande, politique intérieure et neutralité active (LGDJ) (épuisé- non réédité)
 
Distinctions
Chevalier de la Légion d’honneur
Chevalier des Palmes académiques

URL du site internet:

Guerre et paix en Asie Pacifique

Publié dans De par le monde
Guerre et paix en zone Asie et Pacifique                          
 
Les 14/16 Février, les Singapouriens ont commémoré avec beaucoup de recueillement le 75ème anniversaire de la Chute de Singapour en 1942 face aux troupes japonaises.
Selon Winston Churchill le jour le plus sombre de l'Empire britannique.
Cet Eden colonial, ce grand port stratégique subit alors 44 mois d'une occupation d'une horreur absolue dans sa cruauté et sa violence.
Les Américains se chargèrent (pas tout à fait tout seuls) d'anéantir les ambitions japonaises et de reconquérir le Pacifique, les deux bombes finales marquant à la fois la fin des hostilités et le début de la Guerre Froide.
Après la reddition du Japon début août 1945, les Britanniques se précipitèrent à Singapour : il ne fallait surtout pas que les Américains y prennent pied ! Mais le redémarrage fut long et difficile, assorti de troubles sociaux et politiques. L'urgence était de remettre le port – source de toutes les fortunes – en marche. L'indépendance fut finalement accordée, d'abord sous forme fédérale avec la Malaisie, puis l'Ile devint Etat indépendant en août 1965. Suivirent 40 années d'une ascension économique et sociale fulgurante sous la houlette d'un ministre-mentor Lee Kuan Yew, et de son entourage. Le Système Lee de Singapour "travail et confort"  fut certainement le modèle et une des origines de la croissance économique de tout le Sud Est Asiatique.
 
Lorsque l'on voit le Président Donald Trump presser sur son cœur le très réservé Shinzo Abe, on se dit que beaucoup de temps est vraiment passé : après les excuses d'Obama et son étonnante visite à Hiroshima, nous voilà avec "une alliance O.K. à cent pour cent"  déclare le grand platiné, confirmant ainsi, dans son langage particulier, qu'après avoir reconquis le Pacifique, les Etats Unis en sont les principaux décideurs.
Le 27 janvier, comme il l'avait annoncé, Donald Trump a rayé d'un trait de plume télévisé la participation des Etats Unis au Trans Pacific Partnership (TPP) si longuement négocié et conclu entre 12 pays riverains du Pacifique, lequel concrétisait une volonté commune de libre échange, représentant 40% du commerce mondial.
Les USA en étaient leaders, et un des buts avoués était d'écarter la Chine du Pacifique et d'en endiguer les ambitions.
Donald Trump ne répudie pas complètement le TPP ; il le trouve "mal ficelé" et veut le renégocier en y intégrant sans doute la Chine, ce qui est un total renversement de tendance. De toutes manières, Trump ne croit ni au libéralisme planétaire, ni à la globalisation : son truc ce sont les accords bilatéraux négociés ou renégociés un à un, se juxtaposant les uns aux autres. Pour résumer, la politique commerciale des Etats Unis sera gérée comme celle d'un grand magasin : rayon par rayon, stock par stock. C'est ce que l'Australie – très mécontente et inquiète - constate avec quelque amertume. Par ailleurs, il ne cesse de le répéter : la presse il s'en fout, tout comme du renseignement, qui selon lui "ne sert à rien, puisque tout le monde espionne tout le monde"
 
En un mois, depuis son entrée en fonction, le nouveau Président a rencontré Theresa May, Premier Ministre du partenaire historique, Shinzo Abé représentant le premier partenaire du Pacifique, dont dépend une grande partie de l'économie US, le canadien Trudeau voisin indispensable ; il est fâché avec le Mexique, le Venezuela ; tous les Latinos retiennent leur souffle, à commencer par le Chili, dont le ministre du commerce – Mr Ciobo – a tiré la sonnette d'alarme. Du côté australien, le P.M. Malcom Turnbull (qui a, de plus des problèmes internes) a pris langue avec Shinzo Abe, entrainant dans son sillage la Nouvelle Zélande, "ferme" du Pacifique, et le Vietnam qui par le biais du TPP espérait solidifier son essor économique, certes foudroyant mais fragile.
 
La brutalité de la méthode Trump choque et inquiète tous les pays Pacifique. S'ajoute à cela un climat général de déstabilisation politique, qui fait planer une pénible ambiance d'incertitude. Les relations internationales essaient toujours de pérenniser la stabilité, surtout dans un monde aussi complexe que le nôtre. Le chaos délibérément pratiqué est peut-être une tactique. Tactique destinée à "faire le ménage" afin d'instaurer ultérieurement de nouveaux repères.
Mais ce peut être aussi le signe de la méconnaissance (volontaire ou non ?) des règles de droit, des procédures internationales, ainsi que des usages diplomatiques. S'il y a volonté de choquer, et provoquer un séisme général, la communauté politique nord-américaine ne l'acceptera pas. Le Congrès (même républicain) a le pouvoir de tout bloquer. Et la communauté internationale – tout en étant un monde d'hypocrisie – refusera de plier.
En fait, en zone Pacifique, le paradoxe est flagrant : d'un côté, il faut être unis et cohérents dans la paix économique, commerciale et financière ; mais de l'autre, les ambitions politiques, les tricheries de tous ordres et la violence laissent en permanence craindre le pire.
En apparence, les craintes principales émanent de la Corée du Nord - une fois de plus – notamment avec le lancement du missile à 500 kilomètres de portée, début février : la Corée du Sud et le Japon tremblent de peur. A cela s'ajoute l'assassinat en Malaisie du demi-frère du président Kim Jong perpétré par un groupe aux nationalités obscures, mais que la Corée du nord accuse d'être au service de la Corée du Sud. Le clan Kim est régulièrement la cible de tueurs. La Corée du Sud est en ce moment empêtrée dans de graves affaires de corruption impliquant la Présidente et surtout le patron du gigantesque groupe Samsung dont les activités représentent près de 20% de l’économie sud-coréenne ; cela aura certainement un fort impact sur l'économie générale du pays, d'autant que d'autres têtes risquent de tomber.
 
L'affaire Kim Jong Nam prend un tour politique : limogé par son demi-frère, Kim Jong Nam résidait à Macao avec sa famille, donc la Chine revendique d'avoir un œil sur l'épineux dossier et la Malaisie refuse de se dessaisir de l'enquête et du mort, réclamé par la Corée du Nord. Le ton monte. Le Japon craint des retombées vengeresses, mais se réjouit en douce des ennuis de son concurrent maritime et commercial. Singapour compte les points et a commencé à déplacer ses équipements portuaires vers le nord (donc plus près de la Malaisie) pour mieux les sécuriser. Pékin ne dit trop rien et garde ses ambitions sur les iles de la mer de Chine du sud. Poutine, là-haut tout au nord de l'océan, se tait et attend.
De son côté, aux Philippines, le bouillant Président Rodrigo Duterte – qui déteste les Américains et les taxe de tous les malheurs de son pays depuis 70 ans – s'est tourné vers la Chine, a été reçu avec faste par le Président Xi en octobre dernier, accompagné de 200 leaders économiques et chefs d'entreprise. Il envisage également une alliance avec la Russie, afin de sortir son pays, véritable catastrophe sociale et humanitaire d'un marasme récurent. Quelle sera la réaction de la Maison Blanche, face à cette tentative, car Manille assure d'importantes positions stratégiques et militaires américaines dans le Pacifique nord.
L'Indonésie, dont la progression économique est intéressante, est aux prises en permanence avec la corruption électorale, comme l'atteste l'élection du gouverneur de Jakarta et celle prochaine, du président. Il en est à peu près de même en Inde, en Thaïlande (avec ce nouveau monarque très mal évalué), au Laos, au Cambodge, au Myanmar où la Présidente, pourtant Nobelisée, est accusée, elle aussi d'importants détournements.
Par ailleurs l'ensemble de ces pays est assailli de nouvelles violences, d'origines très variées, souvent mafieuses, pas toujours terroristes, où se mêlent appartenances religieuses et intérêts financiers. Rien n'est simple en Asie, et surtout pas la détention du pouvoir. Cela dure depuis des millénaires ; les Occidentaux et les Onusiens avec leurs jolies idées de paix publique et d'honnêteté absolue sont dépassés et semble bien naïfs.
 
Une partie de l'Avenir de l'Europe se joue dans cette zone devenue la proie de toutes les turbulences, car il ne faut jamais oublier l'imbrication mondiale des intérêts financiers, l'importance des flux commerciaux, le rachat des fonds de pensions européens par les USA, lesquels sont à leur tour cautionnés par la Chine. Lors d'une conférence à Paris en avril dernier, Pascal Lamy, ex directeur de l'OMC a rappelé "qu'en économie, on n'a pas d'amis, on a que des partenaires, et la communauté internationale n'existe pas. Il s'agit plutôt d'équilibrer les intérêts et pour cela l'arbitrage est essentiel dans ce travail".
Donc, vouloir tout casser dans la brutalité est, sur les court et long termes, contre-productif. La leçon de tout cela est étonnante : en fait on se retrouve une fois de plus avec les trois mêmes poids lourds de la politique mondiale : la Chine, la Russie, toujours secrets et silencieux, et les Etats Unis. Tout, une fois de plus, dépend d'eux, de leurs relations, des équilibres possibles ou inimaginables... Rien de changé. Que fera le grand platiné ?...
Le Premier ministre Lee Hsien lors de son discours commémoratif du 14 février à Singapour a terminé ainsi : "...Nous ne devons jamais oublier ces jours sombres. Nous sommes heureux et avons une bonne Défense. Mais Singapour sera toujours petite et vulnérable. Personne ne doit nous ôter notre souveraineté ni notre sécurité. Ces vérités ne doivent pas non plus être oubliées".
 
La France aussi, est devenue en quelques décennies "plus petite et plus vulnérable". Il faut être réaliste et arrêter les fables. Ceux qui prétendent y assumer quelque pouvoir devraient s'en souvenir.

Cincinnatus et les primaires

Publié dans A tout un chacun
Cincinnatus et les primaires
 
Les Français rêvent d'un Cincinnatus !
D'innovants décideurs de l'instruction publique ont gravement marginalisé Rome, son histoire, ses héros et le latin, donc ce bienfaisant patricien est désormais un quasi  inconnu de la mémoire politique, ce qui est bien dommage.
 
Aux alentours de 455 avant J-C, la jeune République romaine est en grand péril, proie des attaques de la plèbe, d'un populisme revanchard, de la démagogie d'aventuriers tribuns et de factions rivales au sein du patriarcat. Bref, c'est le bazar. Une délégation respectueuse demande à Lucius Cincinnatus Quinctius, patricien et politicien connu, retiré dans ses terres, s'il consent à revenir aux affaires et remettre un peu d'ordre, éventuellement  sauver la République de ses démons.
Drapé dans sa toge immaculée, aussi compétent que probe, Cincinnatus consent : il fait un grand ménage, clarifie les institutions, fait voter des lois justes, remet d'aplomb l'économie mourante, remplit les caisses de l'Etat, punit corrompus et pervertis, renvoie la plèbe au boulot, les militaires dans leurs casernes, sermonne les patriciens, exerçant deux brèves 'dictatures' en 458 et 439. Puis, toujours drapé dans sa toge immaculée, il refuse la fonction suprême, rentre chez lui, dans ses terres, planter vignes et oliviers, et tailler son estragon.
Voilà donc un homme providentiel comme en rêvent toujours les Français, lequel, sans être 'dictateur', restaurerait l'état de droit, préservant autant que possible les libertés, donnerait un peu d'égalité et tendrait une main fraternelle à une population déboussolée. En novembre 2016 la Droite y a cru ; en janvier 2017 la Gauche a tenté d'y croire. Mais patatras ! L'effarante escroquerie des fameuses Primaires a fait s'évanouir le mirage du sauveur national et du mieux-être collectif.
 
Résumons : afin de sortir des galimatias de la trop instable 4ème République, les inventeurs de la Vème instaurent un système d'élections généralisées à 2 tours (unique en son genre), permettant une stabilisation Droite/Gauche des partis comme au Royaume-Uni (conservateurs/travaillistes) ou aux USA (Républicains/Démocrates) ; on peut y agréger quelques tendances plus modestes, qui élargissent l'illusion de la liberté de choix. Dès 1964 ce système s'applique aussi à l'élection du Président au suffrage universel direct. Cela fonctionne de manière satisfaisante pendant environ 25 ans.
Las ! Une idée saugrenue germe au cours les années 80 dans les cerveaux énarquiens, afin d'endiguer un populisme discordant qui pourrait être une troisième tendance, (le FN), pourtant encouragée au départ par la Gauche afin de grignoter l'électorat de la Droite et la mettre en difficulté : créer une Primaire interne au sein des grands partis.
Joli projet, nourri de théories nord-américaines mal digérées.
Pour deux raisons :
            
La Primaire nord-américaine s'inscrit dans un pays de très grandes dimensions, doté d'une population d'une extrême variété, dans lequel circulent des idées de gestion très disparates : le filtre d'une Primaire dans chaque Etat fédéré permet de faire un premier tri et nourrit les équilibres partisans qui se complètent ou s'affrontent à l'échelon supérieur de l'Etat Fédéral : c'est la clef ! Chaque Etat peut particulariser ses tendances, et c'est leur addition qui permet l'émergence des deux finalistes présidentiables. Les chicanes locales et les haines internes aux partis restent ainsi au niveau des Etats, et le choix final échappe par le biais filtrant des élus locaux aux manœuvres politiciennes : l'élu présidentiel se trouve ainsi nimbé d'une sorte d'innocence, d'incontestabilité suprême car il a échappé aux querelles ; il en acquiert un charisme personnel qui ne peut être remis en question. Toutefois cela ne marche pas à tous les coups : on l'a vu avec l'élection de Donald Trump adoubé "par défaut" par le parti républicain qui ne l'a que très tièdement soutenu, tant il était hors des normes classiques, et lui-même considérant son propre parti peu fiable et rétrograde. Mais maintenant qu'il est élu, il n'y a plus – du moins directement – de rejet possible.
La France est très différente, et la Primaire lui est inutile car elle est un Etat unitaire : "un seul Etat, un seul peuple, une seule langue, une seule nation" : tel est le socle français du pouvoir depuis 1792 (quelle qu'en soit la forme) ; les choix se font donc de manière ouverte, l'amalgame social et politique étant sensé être fait. Ni la dimension de la population, ni ses pratiques ne la préparent à ce choix préparatoire. Au sein d'un territoire restreint la République française est "Une et indivisible", et en créant ce maladroit choix primaire, on recrée des divisions partisanes rendant encore plus difficile le trait d'union national sur la personne de l'élu finaliste.
 
La politique n'est pas un sport ; il ne s'agit pas de marquer des buts et de partir avec une coupe : il s'agit de gérer au mieux une population et ses intérêts.
Déja saturé d'élections constitutionnelles et légales, le peuple français vit des "campagnes" supplémentaires, lesquelles ont pour qualité principale d'immobiliser encore un peu plus et ses choix et son avenir : en effet la Primaire à la française est une sorte de "rapt d'opinion". il y a d'abord le tri interne des impétrants dans le parti selon des règles et des procédures semi secrètes et tarabiscotées, afin d'éliminer ceux dont les caciques ne veulent sous aucun prétexte ; ensuite vient l'exhibition médiatique des promus, sorte de persillage des ténors avec des 2èmes ou 3èmes couteaux, quasi inconnus des électeurs ; selon un processus imposé par les médias, tout le monde est bien docile, sur fond bleu, maquillé, cravaté neutre, derrière son petit réchaud où s'appuyer et cacher ses papiers : tout y est, la partie peut commencer ; on se demande comment les plus palots ont pu arriver sur le plateau, uniquement destinés à assurer les reports de voix pour le second tour. Une seule femme dans la boite : où est la parité ? Et de toute façon, personne ne les écoute. Certains sortent de là écœurés, vaincus, parfois furieux, nourris d'une haine qu'ils n'avaient peut-être pas au départ. Ils disparaissent aussitôt dans le brouillard de l'anonymat. Au passage, un président, deux Premiers ministres (ou ex-P.M) ont perdu leur boulot. L'ANPE les guette. La remontée de la pente sera longue et difficile.
 
Les deux rescapés s'affrontent alors dans un combat des chefs très Goscinny dans lequel ils parlent surtout d'eux-mêmes et de ce qu'ils pensent. Parfois les rancœurs cachées, les vieilles querelles transpirent de propos prudemment neutres.
Au bout du vote "le gagnant est ! » Il existe ! Petite victoire pour de grandes manœuvres pendant quatre mois. Les deux partis qui ont pratiqué l'exercice en sortent démantelés, quasi en miettes, parfois sans chef, bref épuisés.
Par ailleurs, en mettant ces grosses machines en branle, ils n'ont pas assez tenu compte de la configuration de l'électorat français : qui s'est déplacé pour ces Primaires ? A droite, beaucoup de personnes âgées, des bobos qui en ont marre des impôts, des déçus de dix années de brouillard public... A Gauche : de vieux soixante-huitards, des socialistes par conviction, des enseignants, des chômeurs, des déçus (mais pas pour les mêmes raisons) ; Pas énormément de jeunes. Tout cela n'est pas très "représentatif" de la population française, la vraie.
Mais qu'il s'agisse "d'un cassage de baraque"ou d'un "universalisme de papier gauffré", il reste un scepticisme national généralisé, d'autant que de révélations scandaleuses d'un côté et de la crainte de revoir surgir les mêmes ministrables de l'autre, le vote dit "populaire" semble dérisoire et inutile.
 
Quels sont les bénéficiaires de ce double naufrage ?
Les gagnants sont (the winners are...) les non-primaristes : Les trois tribuns qui se sont auto-proclamés "chefs" et dont la fermeté de parole, la clairvoyance critique, les idées nouvelles (quelles qu'elles soient), l'éventuel charisme personnel, séduisent les désespérés de tous bords, font frémir les retraités qui rêvent du bon vieux temps, les étudiants en mal de repères, donnent espoir aux banquiers comme aux chômeurs, rouvrent l'éventail des choix : bref, du nouveau ! Comme l'a écrit Durkheim le peuple français a un grand "désir d'expériences nouvelles", même si c'est un plongeon très aléatoire dans l'inconnu.
 
Les chicanes internes auxquelles se sont livrés les deux grands partis ont déçu et leurs leaders y ont peut-être perdu toute chance de convaincre, leur image de compétence, noyés dans des propos de commande, et leur charisme. Bonne question : quel poids peuvent-ils peser face aux "ogres" US, Chinois , Russe... et même Theresa (qui n'est l'élue de personne)...
Avoir imposé de manière aussi délibérée le fractionnement à des institutions (les Partis) destinées à rassembler, témoigne d'une méconnaissance profonde des mécanises électoraux et de l'absence de sens politique. Les Français n'ont peut-être pas encore intégré la gravité de la situation nouvelle. L'instauration de Primaires en France est une erreur tactique, stratégique et politique.
Pour les partis qui le pratiquent, il est urgent de répudier cet anachronisme suicidaire, lequel met aussi en péril l'ensemble de nos mécanismes politiques, et de se demander où est caché le sage et l'intègre Cincinnatus, l'homme qui détestait les tribuns.

Les Systèmes sont fatigués

Publié dans A tout un chacun
Les Systèmes sont fatigués                                         
 
La logorrhée politicienne et journalistique, répétitive et désordonnée, incontournable gagne-pain de l'appareil politico-médiatique nous sature. Toujours des plaintes. Toujours des critiques. Peu de propos constructifs. Tous ces bavards - masculins pour la plupart – devraient plutôt réfléchir à nos nombreux passés, tenter de concocter un avenir de long terme, non réduit au lendemain électoral qui ne chante pas du tout, prendre un peu d'un sirop typhon qui ventilerait tout ce fatras. Cette maladie du commentaire instantané  de tout et n'importe quoi est accablante.
 
Depuis environ 240 ans – 2 siècles et demi –  ce qui est fort court dans notre histoire globale, et assez long pour nos vies de fourmis toujours pressées, les Occidentaux ont imposé à la planète entière une vision de la gestion collective des sociétés qui se résume à 3 formulations simples reposant sur un unique critère : la participation de la population à son propre gouvernement, entre autres par le biais de l'élection d'assemblées capables de décisions et de contrôler l'exécutif. Belle promesse d'Eden social, issue à la fois de la pratique politique et des idées des Lumières…
Historiquement, la première formule est la monarchie parlementaire : on garde le principe dynastique de continuité avec un souverain régnant, mais on lui adjoint une ou deux assemblées d'élus (ou de désignés) qui le surveillent, et sur lesquelles il n'a que peu de pouvoirs. Système issu des âpres luttes sociales de la fin du 17ème siècle en Europe du Nord, bientôt copié et approprié par les Britanniques.
Actuellement, c'est le profil qui résiste le mieux, car quels que soient les bienfaits ou les déconvenues du pur jeu politique, le monarque représente l'idéal de continuité, la stabilité de la Nation qu'il incarne, quelquefois même auréolé d'une nuance religieuse. Même si les familles régnantes contemporaines ont perdu beaucoup de sang bleu, en unissant leurs rejetons dans la roture (résultat d'inévitables études dans les campus universitaires et non plus en vase clos), ces familles sont respectées, travaillent dur dans le social, entretenant avec soin le culte protecteur de la perpétuité familiale.
 
La seconde formule vient de groupes issus de la précédente configuration mais qui sont, soit définitivement dégoûtés de tout monarque héréditaire, soit qui n'en ont pas sous la main : c'est le modèle présidentiel  Nord-Américain, issu de la révolte coloniale : très procédurier, il accorde d'assez forts privilèges au Président, comme s'il était souverain, mais l'environne d'un prégnant système caméral et de fioritures judiciaires implacables. Promis à l'éphémère par un mandat court, (4 années) ce souverain provisoire ne peut prétendre à une trop longue continuité et peut, si on le juge trop mauvais, être destitué. Les Nord-Américains n'ont jamais remis en cause ce système qu'ils trouvent parfaitement adapté à leurs besoins, leurs ambitions et leur fédéralisme, car chacun peut s'y exprimer librement.
 
Enfin, le troisième et dernier modèle est celui de la pure discontinuité républicaine : elle s'assoit sur la certitude de l'unité nationale, la sagesse du peuple, et les bienfaits de l'élection qui régénère en permanence l'univers politique. Sa volatilité permet d'adapter cette formule à toutes sortes de peuples, de nations unies ou fédérées. C'est la notion de République (res publica : affaire collective) qui dessine le lien de continuité :  en principe elle ne s'embarrasse pas d'adhésion religieuse, mais ce n'est pas une règle absolue. L'essentiel réside dans la répudiation définitive d'une dynastie souveraine assortie  de l'idée de tolérance et de pluralité. Dans cet axe, le domaine français domine, avec ses turbulences, l'italien (adopté à regret), le germanique, ainsi que les Républiques de l'Europe de l'Est dans une version radicale et unanimiste. Pour canaliser un peu cette fougue électorale, il fut très tôt tenté de limiter la possibilité d'être électeur, et tous les sons de cloche  s'enrobent d'un système de partis, afin d'éviter les plus discordants, mais l'évitement n'est pas garanti.
 
Hors ces jeux, quasi incontournables, point de salut ; car ils sont considérés comme les seuls praticables pour un objectif de bien-être social. On tolère quelques anachronismes, comme la monarchie du Bouthan ou un peu de clanisme africain ou pacifique, mais ils sont eux aussi atteint par la fièvre électorale moderne et ne subsistent que dans une stratégie quasi touristique. (car ce qui est exotique est forcément touristique).
Certes, l'imagination politique est limitée : depuis Aristote il est définitivement démontré qu'on ne gouverne que tout seul, à quelques-uns ou tous ensemble. Et cela "bien ou mal". Cela nous donne 6 modèles, un point c'est tout.
En fait, cette analyse est fausse ; on pratique les 3 à la fois, ensemble et de conserve : un homme seul ne peut gouverner, il est assisté d'un entourage oligarchique et a l'obligation de recourir, s'il veut être crédible, à l'élection dite démocratique.
 
Sous les projecteurs actuels, la fatigue apparaît de manière implacable, embarrassante. Mais on n'a rien d'autre à mettre à la place. Les pratiques sont fatiguées, dénaturées, dévoyées ; les bienfaits de l'imagination sont en panne : aucun nouvel Eden politique n'est en vue, ce qui déprime le citoyen, et mène les préposés politiques au cafouillage.
On assiste, impuissant, à un processus d'auto destruction, sans qu'aucun véritable remède, hormis – peut-être – une révolte généralisée, forcément violente, encore plus dévastatrice que le cloaque politique dans lequel la planète est coincée, ne soit perceptible ;  ou un électrochoc inattendu, comme dans Mars Attack , de Tim Burton.
Il est toutefois possible de pointer les plus pesantes causes d'usure et de mal être, car elles signalent d'elles-mêmes les prémices des remèdes :
 
* La frénésie électorale : chaque Etat a désormais "son" système électoral, lequel s'exerce à tous les niveaux, locaux, nationaux, et parfois judiciaires. L'élection parlementaire, récurrente, détermine les orientations générales d'un gouvernement en principe issu de sa majorité ou des alliances qui y sont  négociées. Les chefs d'état, aux mandats de plus en plus courts, souvent contradictoires avec les majorités parlementaires, se retrouvent fragilisés, à moins qu'ils ne prennent la voie de l'autoritarisme passant outre les règles constitutionnelles ou les déformant à leur avantage. Ce capharnaüm national se répercute à l'échelon international, notamment en Europe : cette institution que l'on voudrait rassembleuse, tirée à hue et à dia par des élections nationales permanentes, se retrouve incapable (hors son aspect monétaire) d'exprimer une voix uniforme, de créer une véritable politique de rassemblement, ni un destin social cohérent. L'Europe des 28 (bientôt des 27) est devenue une boursouflure institutionnelle, terriblement coûteuse, incohérente, paralysée par des intérêts qui n'ont rien à voir avec le bonheur des sociétés ou la prospérité collective.
Par ailleurs la surabondance des élus plombe la prise de décisions qu'il s'agisse des états ou de la géante européenne : que voulez-vous décider avec plus de mille représentants, chaque groupe chantant un refrain différent ? Qu'il s'agisse des territoires ou des nations le "trop d'élus", - malgré cette idée au départ pleine d'idéal démocratique - est devenu une plaie.
Si l'on veut revenir à l'inquiétant "cas" français, l'instauration de primaires ( dont tout le monde se gargarise) dans le système politico-social français est une ânerie : son esprit initial consiste à mettre un verrou pour éliminer les indésirables de la course électorale ; mais ce verrou est mal ciblé, facilement contournable et surtout il enferme le vote des citoyens dans un "tri" préalable qui n'a rien à voir avec la liberté d'opinion. L'expérience actuelle est un désolant étalage d'incompétence, de petitesse et de fadeur, de discours faux et creux. Pire : ce combat de petits chefs met au jour et amplifie les désaccords, les contradictions de rivaux fragilisés par cette redoutable exhibition. L'union partisane interne est ensuite presque impossible ou carrément artificielle. La Primaire est la mise à mort du système de partis. L'élitisme d'une caste déjà très en dehors des réalités s'en trouve renforcé et contribue au maintien dans l'immobilisme. Est-ce bien prudent dans un pays comme la France, aussi saturé de politiciens ? Nul n'a de réponse, au-delà d'une grande fatigue électorale et d'un inavouable gâchis financier.
 
L'autre sottise – qui confine au rocambolesque - est le raccourcissement du mandat présidentiel à 5 ans : que peut-on faire et construire en France en 5 ans ? Rien. Tout simplement en raison de la lourdeur et de la complexité des règles dans lesquelles le pays s'est empêtré lui-même, de l'inertie administrative, de la lourdeur de toute procédure due à la surabondance des intervenants. La France est, de plus, en permanente campagne électorale, ce qui renforce l'immobilisme et dont elle n'avait vraiment pas besoin : car trop d'instabilité engendre le "sur place". Deux ans avant l'échéance de leur mandat, les présidents en poste sont déjà en campagne, leur première année étant consacrée à "apprendre le boulot" et apprivoiser le personnel de l'Elysée et les hauts fonctionnaires qui - eux – ne changent guère. Même si on a été très proche du pouvoir suprême, la fonction est très particulière ; de plus le nouvel élu hérite des engagements et de l'agenda de son prédécesseur… (pas facile d'échapper à une visite officielle prévue depuis 2 ans). La seconde année essaie de rattraper le temps perdu et de combler quelques promesses électorales ; en général il est trop tard ou le parlement a changé grâce au grand galop d'une élection nourrissant souvent l'opposition ; après on oublie tout, une grande fatigue s'installe en attendant une trêve qui n'arrive jamais.
 
* Trois "fractures" ne cessent de s'amplifier : celle des élites (ou élus) politiques avec les citoyens. Celle de de la rapidité des médias d'information avec les procédures politiques. Celle de l'univers administrativo-politique avec le pouvoir financier. Ce dernier gouffre semble devoir être "appréhendé" avec un nouveau type d'élu tel Donald Trump ou le président Xi qui sont tentés d'assimiler leur pays à une entreprise qui doit se débarrasser des stocks bloquants, et faire des bénéfices permettant le mieux être social toujours promis mais jamais atteint par l'ancien système. La démarche Brexit n'est pas loin de ce projet : mieux s'auto gérer en se débarrassant des gênantes limitations de l'Union Européenne.
Le reposant mystère de l'action politique a volé en éclats depuis 20 ans avec les réseaux d'information instantanée, une fouillant toujours plus profondément les procédés, conversations, paperasseries, déviations, cachotteries, faux pas, ratées et turpitudes des autorités en tous genres, des politiciens comme des institutions. C'est redoutable, effritant encore un peu plus l'image politique. Il n'y a plus aucune précaution hiérarchique, aucun respect ; on bombarde à tout va, avec une sorte de jouissance destructrice. Parfois cela devient surréaliste lorsque les leaders visés sont particulièrement fragiles ou fautifs. Le résultat est que "tout le monde ment", triche, dissimule, prend les chemins de traverse les plus inavouables vers le Graal : s'affranchir des règles des citoyens ordinaires. Par ailleurs, cette démarche qui voudrait ne trouver que de blanches colombes nimbées de vertus pour assumer le pouvoir suprême est infantile et illusoire ; le voyage politique n'est jamais innocent, et parfois boueux.
A cela s'ajoute de part et d'autre l'usage d'un vocabulaire galvaudé, confus, artificiel et pompeux dont on ne connaît même plus le sens : c'est quoi la nation ? Les fameuses "valeurs de la république" ? dont aucun leader n'a été fichu de donner ni une définition ni une liste claire. Devraient relire Tocqueville…
Du côté des journalistes, ce n'est pas mieux : souvent incultes, impolis, s'imaginent surpuissants en invitant des gens qu'ils ne laissent pas s'exprimer ; l'insolence, la morgue font partie désormais de la dévastation de l'univers politique dont les murs dorés ou en verroterie ne tiennent plus.
 
* De fait, les citoyens sont gouvernés par les médias, par (en France) une vingtaine de leaders informatifs ou désinformatifs ; et dans le monde, par quelques réseaux tentaculaires de dramatisation ou de lénification orchestrant pluie et beau temps planétaire. La surabondance des scoops sature les yeux et les oreilles. Il faudrait se souvenir du "trop d'informations tue l'information",  face à cette manie de privilégier les zizanies de petite ou grande envergure, faire la Une avec le nombre de morts, d'accidents, de désastres, de conflits. Au Moyen Age on terrorisait avec l'enfer, maintenant c'est avec l'actualité. Le meilleur moyen de gouvernement est "entretenir la peur". Nous sommes en plein dans ce procédé : peur immédiate de perdre le confort et l'abondance pour les riches, peur de ne plus espérer progresser pour les pauvres, et plus profondément peur d'anéantissements plus radicaux comme la guerre ou la montée des océans.
 
* Enfin, (mais la liste n'est pas close), sur le plan purement institutionnel, choque et désespèrele déséquilibre entre les délais politiques et la rapidité des outils informatifs : c'est sans doute une des plaies majeures du délitement des systèmes : de tous les systèmes, y compris des plus vastes et importants comme celui de l'ONU qui parle de se réformer depuis plus de 40 ans et ne fait toujours rien. Y compris de l'Europe qui s'est lestée d'institutions tellement pesantes et enchevêtrées qu'elle n'arrive plus à endiguer son propre marasme ; y compris de la France, pays de "l'interdit, de la précaution et de la taxe à tout va".
IL s'avère que les subtils mécanismes de la Constitution de Vème République - visant à éviter les désordres des républiques précédentes – ne sont sans doute plus adaptés aux nouvelles mœurs. Ce cadre tellement galvaudé et défiguré par de constantes modifications, est devenu opaque, n'est que rarement transmis aux jeunes générations dans les établissements scolaires.
S'y ajoute l'ignorance (vraie ou simulée?) de la prédominance de l'argent, finance et économie, sur tout le reste, y compris la politique. Le légendaire "mépris" des leaders français pour l'argent, au profit des idées et de la philosophie démocratique ne tient plus. Les vrais leaders sont les financiers, les banquiers, les intérêts économiques et commerciaux ; les politiques ne sont souvent que des paravents, zélés toutous qui doivent suivre le mouvement boursier et les tendances des marchés. Au-delà point de salut. Or cet univers-là garde avec soin ses secrets. L'argent sait se taire et bavarde peu dans les médias. Peu importe finalement la Dette - la fameuse - dont on nous a rebattu les oreilles, les déficits budgétaires, les gouffres des dépenses sociales, le catastrophique dénuement de l'Education et de la Justice, les deux mamelles de la Démocratie, la vraie.
 
Au reste, la bonne question est : a-t-on encore besoin des politiciens ?
Telle est la question posée par un éminent groupe de politologues canadiens : a-t-on encore besoin de ces supposés représentants cafouilleux qui, très souvent, ne représentent qu'eux-mêmes ? Ces personnages formatés dans les moules préétablis d'écoles élitistes ? Ces virtuoses des déclarations fumeuses et des discours sans but qui n'ont jamais rien dirigé ni risqué et qui imposent aux entrepreneurs, aux agriculteurs et aux citoyens ce qu'ils doivent faire ?
En s'appuyant sur les expériences récentes de la Belgique, de l'Italie, de l'Espagne, de la Thailande, de l'Australie, du Japon et quelques autres, il est démontré que ces pays ont bien "survécu", parfois fort longtemps, à l'absence de gouvernement et de majorité parlementaire, en ont même tiré quelques assainissements. Ils ont pratiqué une gouvernance flottante et non politique grâce à leur système administratif, le tissu économique et bancaire et la tranquille résignation des citoyens.
Il est intéressant de remarquer que les plus nombreux états de ce club des non gouvernés se sont appuyés sur une pratique présidentielle stable ou un monarque héréditaire, continuant chacun dans leur style, d'incarner l'unité nationale.
Juste au moment où un homme d'affaires habile mais corrompu, sorte de commis voyageur de la provocation, s'est offert comme ultime jouet la présidence des Etats Unis, avec l'intention annoncée de transformer son pays en un vaste supermarché du profit et de l'intolérance. Mais peut-être, aujourd'hui, est-il le plus brutalement clairvoyant, face aux idéalistes des Lumières. Le monde contemporain a perdu le goût des  idées pures  et du sacré. Le monde politique, dans sa globalité planétaire, devrait peut être tenté de "se redéfinir" afin de savoir "ce qu'il est et à quoi il sert" en dehors des conflits immédiats, des concours d'insultes et de coups bas que sont devenus les processus électoraux.
 
Les chasseurs de sinécures républicaines, mal armés d'un pouvoir illusoire, creusent un fossé d'une sidérale profondeur entre les nécessités d'évolution collective, et leur éventuelle mise en œuvre.

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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