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THIBAUT Francoise

THIBAUT Francoise

Née à Paris

 
Essayiste, historienne
  

Professeur des Universités 
     (Paris II et XI, Besançon, Poitiers, Montréal, Varsovie, Beyrouth, NUS Singapour, Adélaïde, South Australia) (continument depuis 1990 pour des missions)
     (Droit international, procédures européennes et internationales, droit public français, science et sociologie politiques …
Professeur
     à l’Ecole Militaire Spéciale de Saint Cyr-Coëtquidan (1993-1997)
     à L’Ecole Supérieure de la Gendarmerie nationale (Melun) (pendant 14 ans)
 
Membre correspondant de l’Institut de France (Académie des Sciences Morales et Politiques)
Membre de l’Association française de droit constitutionnel(AFDC)
Ex Chargée de mission auprès  du Secrétariat d’Etat à l’enseignement supérieur
 
Chroniqueuse pour Canal Académie : plus de 100 émissions 
     Principalement consacrées à
     La Zone Pacifique, Asie du Sud Est, Japon, Singapour, Australie et Nouvelle Zélande
     L'histoire des découvertes, navigateurs et naturalistes (devenus académiciens)
     L'économie et socio-politique contemporaines
     Le 1er Empire français (avec Jean Tulard)
 
Ouvrages
Le virtuel et l’archaïque (1990)
Voies de passage et communications internationales (Ellipse) (1991)
Le cinéma de Louis Malle, une permanente transgression (Presses Univ. d’Aix–M.) (1994)
Métier militaire et enrôlement citoyen (PUF) (1998)
Le Japonais chante tous les matins (Publibook) (2005)
La Finlande, politique intérieure et neutralité active (LGDJ) (épuisé- non réédité)
 
Distinctions
Chevalier de la Légion d’honneur
Chevalier des Palmes académiques

URL du site internet:

MAY, ne fait pas ce qu'il te plait

Publié dans Avec l'Europe
BREXIT - MAY, ne fait pas ce qu'il te plait                                

Le peuple du Royaume Uni de Grande Bretagne commence à réaliser – depuis ce vendredi (gris) du 23 Juin dernier – qu'il a peut-être fait un remarquable plongeon dans une mer de désordres et de difficultés. Ce vote "honnête" et sans doute sincère fut accompli sur un critère de repli vers une insularité précautionneuse et triomphante, mais sans tenir compte de la complexité internationale ni des réalités économiques, financières et surtout sociales de long terme que ce "leave" allait forcément déclencher. Les plus pessimistes – notamment David Cameron – avaient prévenu "nous allons ouvrir une boite dont nous ignorons le contenu".  Dès le lendemain des résultats beaucoup souhaitaient une machine arrière, ou peut-être une "machination" permettant de minoriser le retrait de l'Union. Même sans être ficelé dans Schengen ni l'Euro, le dossier déclenche des ricochets qui éclaboussent sérieusement l'élite politique britannique et les chances d'être des "Britanniques uniquement britanniques".
Le plus visible est le ravage au sein de l'élite politique. Il n'y a plus de véritable leader de quelque bord que ce soit : on se chamaille, se retire, revient dans l'arène, assomme l'adversaire, fait alliance, en vient parfois aux mains, c'est à la fois lamentable et étonnant de la part d'un milieu d'ordinaire si pondéré. Mais en fait la vie politique britannique a toujours été sous ses dehors élégants une suite de coups bas et de traquenards inavouables. Pas mieux qu'ailleurs, sous leurs grands airs…
 
Tandis que son représentant au Parlement européen envoie un collègue à l'hôpital, Nigel Farage charismatique leader de l'Ukip indépendantiste, refait surface. Le très critiqué Jeremy Corbyn risque peut-être de perdre son siège aux Communes mais revient lui aussi en force, bétonne le Brexit par ses discours extrémistes, même après avoir quitté la présidence du Labour. Les Conservateurs sont irrités, divisés : David Cameron a démissionné (une fois encore), Boris Johnson – pour une fois – se tait et attend son tour. Il se dit qu'il a sa chance : Theresa May, en effet, après avoir bénéficié d'un capital d'opinion plutôt favorable, est fragilisée par sa volonté d'agir seule, sans consulter les parlementaires alors qu'elle n'est l'élue de rien ni de personne. Ses choix déplaisent même aux membres de son gouvernement. Elle tente de "faire du social" en distribuant un peu d'argent dans l'enseignement primaire et la santé. La confirmation, le 15 septembre, de la poursuite de la construction de la future centrale nucléaire de Hinkley, techniquement menée à bien par EDF, et en partie financée par des fonds chinois, l'accord avec la Société Ineos sur l'importation de gaz de schiste nord-américain, sont autant d'épines dans son pied ; les tergiversations sur les délais de mise en marche du Brexit, les procédés qu'elle compte employer, l'enchevêtrement des différents sujets, ses déclarations aussi abruptes que vagues, font grise mine. D'abord comparée à Margareth Thatcher, les Britanniques découvrent qu'elle n'en a ni la stature ni l'autorité. Dans ce contexte, si les Conservateurs veulent garder la main, il n'est pas exclu que Cameron revienne aux affaires (malgré les embarras de l'engagement en Libye de 2011), ou bien que l'ineffable Boris ait suffisamment fait mea culpa pour générer une certaine confiance.
 
Tout ce que voit le citoyen ordinaire pour l'instant est un effritement de son pouvoir d'achat, la baisse notable de la Livre augmentant le prix de tout ce qui est importé, de la nourriture à l'énergie, des voitures aux socquettes. Et surtout se profiler une instabilité qu'il n'a pas souhaitée. Le vote pour le leave  s'est surtout construit sur la question d'une immigration non désirée. Or, c'est une question qui reste pendante et mal gérée ; il y a un rejet massif des populations en provenance des pays de l'ex bloc de l'Est (surtout des Balkans), du Moyen Orient dévasté : aucune réponse claire sur ces sujets considérés comme vitaux. Les différents clivages suggérés sur une "immigration choisie"  restent confus.
Mais la partie la plus dure va se jouer prochainement. Les Ecossais vont voter de manière double : ils veulent à 67 % (vote de Juin) rester dans l'UE et ils réclament leur indépendance depuis plus de 30 ans. Un premier référendum s'est déjà joué à très peu de voix en faveur du NON, mais cette fois, il est à peu près certain que le OUI à l'indépendance sera acquis. Les Ecossais ne veulent pas faire partie de la tourmente Brexit ; pour la première fois de leur histoire souvent déchirante, ils sont riches, confortables et confiants en leur avenir économique. Leur énergique Première Ministre, Nicola Sturgeon, présente ces jours ci un projet de Loi proposant le nouveau référendum sur l'Indépendance. Si le OUI est acquis, le Royaume Uni de Grande Bretagne aura du plomb dans l'aile. De plus, l'Irlande du Nord risque elle aussi, malgré ses divergences internes, de vouloir rejoindre une République Irlandaise qui fonctionne très bien au sein de l'Union. Tant que ces prises de position interne n'auront pas été éclaircies, la sortie de l'Union restera pendante : certains voudraient aller vite ; Madame May a déjà changé 2 fois d'avis sur lenteur ou rapidité et David Denis, son propre ministre chargé de la mise en œuvre du Brexit auprès de l'Union, milite pour la lenteur : "no rush to trigger the Article 50" (trigger : appuyer sur la gachette, déclencher), a-t-il déclaré, tout en affirmant qu'il n'y aurait aucune manœuvre déloyale pour le contourner ou le minimiser. La Chambre des Lords a rentré le clou signifiant qu'il "serait inconstitutionnel de dénier le choix du peuple".
 
Pour l'instant la Haute Finance réagit assez bien : aucun crash notable ; les marchés sont plutôt stables, même si les investissements ont quelque mollesse, et le secteur immobilier de Londres un certain tassement ; les acteurs étrangers de la prospérité bancaire et financière sont inquiets sur leur avenir, mais pas trop. Toutefois le rêve français de remplacer Londres sur les marchés est une utopie des plus déraisonnables. Les Anglais aiment l'argent, même si ce ne sont qu'un "peuple de boutiquiers" comme a dit Napoléon, mais les boutiquiers ont tout de même fini par avoir sa peau. La première place financière d'Europe, la seconde de la planète n'est pas prête à lâcher prise. Ces insulaires acharnés traverseront peut être de fortes turbulences, se serreront la ceinture jusqu'à l'asphyxie, mais "maintiendront". Ils l'ont déjà fait et le referont.
Pour l'instant – c'est un réflexe compréhensible – le citoyen britannique se réfugie -avec l'aide de la BBC- dans la nostalgie glorieuse : il baigne avec délice dans la défunte gloire de l'Empire (indian summer), dans l'héroïsme du Blitz et de la résistance, poétisant à outrance le manque de charbon, de bacon et de chaussures neuves ; il s'abandonne aussi à aimer les tumultueuses années 60 : celles des Beatles, des mini jupes, de Mary Quant, des radios en mer, des cheveux longs, de Ravi Shankar, de la belle Julie Christie et de James Bond. On se console comme on peut.
 
Côté Union Européenne, les lames sont affûtées : elle sera sans indulgence. Même si l'aspect financier est majeur, l'aspect humain et démographique a pris le dessus avec le problème migratoire. Deux points rencontrent une approximative unanimité : ne pas déstabiliser l'Euro, ne pas encourager d'autres pays à tenter la sécession. Au-delà, l'absence de consensus sur la question migratoire et l'extrême lenteur à réagir de manière décente et collective, plombent lourdement le destin commun. Le Président Junker a amplement brocardé le Brexit  le qualifiant de "stupide, aboutissement de 40 années de mensonge et d'hypocrisie".Quant à l'ancien président du Conseil Européen, Herman van Rompuy, il affirme qu'il ne se passera rien avant les élections françaises (Mai 17) et celles allemandes (septembre 17) car le tandem franco-allemand est essentiel dans toute avancée de négociation. Jean Claude Trichet (ex directeur BCE et membre du groupe des 30) est confiant "le Brexit n'est pas un drame ; l'Europe en a vu d'autres !" Il préconise une meilleure politique de sécurité commune et une accélération de l'action du Fonds d'Investissement Européen. Il ajoute (le monde, 28/06) "le Brexit est même une chance pour l'Union de se réformer; le repli sur soi serait un choix aberrant". L'Union Européenne est une utopie économique dont la solidification reste aléatoire, proie – au surplus – d'influences qui n'ont rien à voir avec la pacification de ce turbulent sous-continent. Ses initiateurs n'avaient pas les risques de l'extension rapide, ni des règles suffisamment unanimistes pour être efficaces. Ils comptaient surtout -comme les Lumières du XVIIIème siècle- sur la bonté naturelle et le bon sens d'hommes de bien pour mener cette barque désormais trop  chargée, qui inspire plus de méfiance que de foi de la part des citoyens.
Bref, chacun a sa version de la poursuite du bonheur : … "the pursuit of the happiness "...
 
P.S.
1° Des organismes comme le National Trust s'inquiètent beaucoup de la disparition des subventions européennes, notamment pour la protection des côtes nord-est envahies par la mer, et tout ce qui a une tendance écologique. Comme d'autres associations, pour compenser, ils se tournent vers l'argent privé. Le phénomène associatif est très puissant dans la société anglo-saxonne et compense souvent les inerties étatiques.
2° Londres rejette son "trop plein" d'immigrés vers de petites villes, notamment au nord-est, déjà sinistré économique ; si ces populations très modestes sont relativement habituées aux Indiens, Bengalis, Pakistanais (de langue anglaise et assimilables par tradition impériale), elles refusent drastiquement les Albanais,, Croates, Polonais (pourtant bien acceptés au début), globalement les populations balkaniques jugées excentriques (voleurs, violeurs, violents) ; de nombreux incidents ont déjà éclaté. Les Russes, arrivés en nombre depuis 20 ans sont jugés "inassimilables, sales et très mal élevés". (une chronique en français du journal Le Monde reprend cette question (3 octobre 2016) qui apparaît quotidiennement dans la presse britannique.)

Vive l'empereur !

Publié dans De par le monde
Vive l'empereur !
 
Evènement considérable au Japon : la famille impériale se montre, s'affiche, bavarde, rit, et sourit aux caméras... Le temps où le Nippon ordinaire devait se retourner et se voiler la face lorsque la voiture du Mikado - dieu vivant intouchable et irregardable - passait dans sa rue, est vraiment révolu.
Le Japon change dans son approche du pouvoir, son rôle international, l'image qu'il entend donner au monde, tout en restant résolument traditionnel, implanté dans sa légende millénaire, ses mystères dynastiques et son incurable sens du sacré.
 
Est-ce nécessaire ?
Sans aucun doute. Dans le Top Cinq des Etats les plus riches, performants et puissants de la planète, l'archipel souffre de handicaps non négligeables qu'il doit se hâter de corriger s'il ne veut pas sombrer. Encombré des furoncles d'interdits et de mépris issus des Guerres Trentenaires du 20ème siècle aux mille cruautés et de la piteuse défaite de 1945, le Japon dut subir la Loi des vainqueurs, s'accommoder de rôles de second plan au sein de l'ONU. Il a dû réapprendre à être zen et pacifique, s'infiltrer discrètement dans tous les mécanismes de l'Occident jusqu'à les maitriser par sa créativité et sa technologie.
Il semble que l'on soit au bout de ce lent processus et qu'il est temps de s'approprier - après 70 années de politesses, d'acrobaties diplomatiques et de purgatoire – une refondation indispensable, guidée à la fois par la situation interne, économique et sociale de l'archipel et par un environnement international très modifié, parfois inquiétant.
 
Voici donc ces insulaires cosmiques avançant d'un pas prudent mais ferme vers la réforme la plus réformiste que puissent envisager un Etat et un peuple aussi nimbés de tradition : l' Empereur a parlé à la télévision pour la seconde fois en 6 ans, l'Impératrice Michiko, excellente pianiste, a participé à un récital à l'Académie de musique de Kusatsu en compagnie de solistes de la Philharmonie de Berlin, le prince héritier Naruhito, (altiste de qualité) s'est laissé photographier à la montagne, avec son épouse Masako et sa fille, tous trois vêtus de chemises à carreaux des bucherons canadiens et chaussés de robustes godillots de randonnée... Plutôt moderne tout cela, à l'instar des monarques  européens auxquels d'ailleurs, ils rendent visite de plus en plus visiblement. La redoutable Maison Impériale  desserre son corset, laisse reculer la silhouette du dieu vivant au profit d'un souverain proche de son peuple.
 
Deux graves questions constitutionnelles éclairent ces avancées vers une normalité contemporaine :
 
* La question dynastique : Akihito a succédé à son père l'énigmatique et encore divin Hirohito en 1989. Il a maintenant 82 ans et en a assez : il envisage d'abdiquer sous peu, en 2018, a-t-il déclaré dans ce fameux discours du 8 août dernier, évoquant son grand âge, et la possibilité de modifier les règles de succession. En fait il aimerait faire comme les reines néerlandaises ou le roi Juan Carlos qui abdiquent lorsqu'ils se sentent trop âgés pour accomplir correctement leur boulot. (1) Mais ce n'est pas si simple lorsqu'on est une incarnation stellaire et la Loi de 1947 sur la Maison Impériale ne prévoit pas l'abdication. Par ailleurs la question de la succession est complexe, entachée de violentes rivalités internes : en effet, le prince héritier Naruhito, bien préparé à la fonction, 56 ans (c'est le bon âge pour succéder), a épousé sur le tard et par amour Masako Owada (2), d'excellente famille mais qui n'appartient pas à la noblesse ; ils n'ont qu'une fille, Aiko, maintenant âgée de 15 ans. Le système actuel ne prévoit qu'une primogéniture mâle sur le trône ; la seule femme qui ait pu prétendre à l'Imperium a existé il y a près de 2000 ans, pas très longtemps pour laisser la place à un gaillard sorti de luttes fratricides peu reluisantes. Le seul successeur masculin possible, après Naruhito, est son frère cadet Akishino (s'il est en vie) ou le fils de ce dernier. Un double changement doit donc être accompli, entériné par le Parlement : autoriser l'abdication (et simplifier au passage le rituel des funérailles impériales, comme le souhaite l'Empereur), redessiner la succession. Sur le second point on peut tout de même tabler sur deux ou trois décennies de réflexion... Mais tant d'évènements peuvent surgir : le sentiment d'impermanence de toute chose, si présent dans la mentalité japonaise, est un partenaire incontournable.
 
* la seconde question, plus urgente, modifiera – si elle est résolue, et cela se profile sérieusement – l'équilibre international établi depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale : la Constitution japonaise de 1946, imposée par la Commission d'occupation nord-américaine, installe un régime parlementaire intégrant les principes occidentaux de la démocratie : l'Empereur règne mais ne gouverne pas ; la monarchie est ostensiblement exclue du pourvoir politique – confié à un Premier Ministre issu de la majorité parlementaire – mais elle est aussi la seule source de légitimité de tous les pouvoirs. Cette Constitution comporte aussi en son Chapitre II de Renonciation à la guerre un Article 9 aujourd'hui remis en question.L'Article 9 est une véritable curiosité et mérite d'être cité sans commentaire :
"Aspirant sincèrement à une paix internationale... le peuple japonais renonce à jamais à la guerre en tant que droit souverain de la nation, ou à la menace ou l'usage de la force comme moyen de règlement des conflits internationaux. Pour atteindre ce but... il ne sera jamais maintenu de forces terrestres, navales et aériennes ou autre potentiel de guerre. Le droit de belligérance de l'Etat ne sera pas reconnu"
Dans le contexte international actuel, ce texte est à la fois obsolète, illusoire et mensonger : en elle-même, la guerre n'y est pas définie, et son déclenchement – si elle doit exister – flaire la soumission totale aux Etats Unis.
Pour les temps présents ce renoncement inconditionnel est une absurdité devant l'agressivité Nord-Coréenne, le silence Poutinien, les ambitions de la Chine communiste. D'ores et déjà le Japon est équipé d'outils dits "défensifs" et sa technologie de pointe a depuis belle lurette abandonné le canon pour bien plus de sophistication. Par ailleurs le Japon est lié au fameux "Big Five" stratégique réunissant Etats Unis, Royaume Uni, Canada, Australie et Nouvelle Zélande, énergique gardien de sa zone Pacifique. En conflit à peu près permanent avec les incursions chinoises, notamment dans la mer intérieure et les îles les plus au nord de l'archipel, le Japon vit aussi dans la crainte des essais spatiaux et nucléaires nord-coréens.
 
Le vétuste article 9 doit donc, soit disparaître, soit trouver une nouvelle rédaction adaptée à notre temps et aux nouveautés du contexte Pacifique.
Rien ne s'accomplira sans l'aval de la Diète et du Premier Ministre, Shinzo Abe, élément clef de l'actuel équilibre institutionnel. Il a pris acte des intentions de l'Empereur, encourage fortement la modernisation constitutionnelle, mais reste opposé à l'abdication. Peut-être craint-il que Naruhito ne soit pas apte à continuer l'Ere Heisei (gagner la paix) patiemment construite par son père.(3)
Parfois qualifié nouveau Shogun, Shinzo Abe est un homme très intelligent : son ambition personnelle est depuis longtemps satisfaite, et il veut avant tout assurer un avenir favorable à sa patrie. Pour cela il essaie de voir loin et construire l'armature dont elle aura besoin après lui. Conservateur, il n'a jamais caché son virulent nationalisme, contrariant tout le monde en rendant régulièrement hommage au mémorial Yasukuni, sanctuaire qui honore les âmes des 2,6 millions de soldats tombés pour l'Empire entre 1930 et 1945. Chine et Corée du Sud n'ont de cesse de lui rappeler les atrocités commises, et les Américains ne sont pas en reste. (4) Militant fermement pour l'abrogation de l'article 9, il souligne volontiers son symbolisme dépassé.
Rien ne se fera sans lui, son autorité et ses emportements.
Certes ses fameux "Abenomics" - réformes économiques et retouches sociales – destinés à sortir le Japon de la crise interminable et sournoise où il s'est enfoncé depuis 2008, n'ont pas tous réussi et n'ont pas toujours convaincu. Mais il y a progrès, même si une pauvreté rampante s'insinue parfois dans les couches sociales les plus fragiles.
Le secteur technologique et la recherche sont en progression constante. Grace à ses mathématiciens et ingénieurs le Japon est un des pays parmi les plus avancés en robotique et nano science. L'éducation et l'enseignement sont des priorités absolues. Il y a peu de chômage (3,2%) ; l'aide sociale est moins généreuse mais reste stable. Les exportations sont florissantes malgré la concurrence des Sud-Coréens et l'expansionnisme chinois. Le T.P.P conclu à Auckland en avril 2016 devrait entretenir favorablement les échanges. La question principale reste celle des ressources énergétiques dramatiquement compliquées par la tragédie de Fukushima.(5)
 
Mais la question primordiale est la baisse de la population, et surtout son vieillissement : après avoir culminé à plus de 120 millions, les Japonais de 2050 ne seront plus (environ) que 95 millions. Si cela est apte à résoudre le problème du logement et son coût, le profil de cette société vieillissante reste à dessiner : son âge moyen est 45 ans (22 au Bengale, 27 en Algérie). La tranche 50-65 ans sera la plus importante dans 10 ans. Le Japon est le pays où l'on vit le plus vieux : il croule sous les centenaires (17.000 en 2015) et les vieilles dames, le plus souvent veuves car le valeureux époux décède avant elles, prématurément usé par karoshi (épuisement au travail) des années 70/80. Les femmes en âge de procréer ne consentent qu'à concevoir 1 seul enfant, objet de toutes les attentions, et cela pas toujours. Le refus du mariage et de la procréation est courant en ville au profit du travail et du loisir.
Aucune immigration de quelque ordre qu'elle soit n'est envisagée ; très peu d'étrangers  résident (à peine 1,5 %), essentiellement Coréens et Chinois. Le Japon essaie d'inventer une société nouvelle, pionnière dans la compensation du manque de "jeunes" par la robotisation, et du maintien en forme des plus âgés : le slogan est seniors valeureux où la vieillesse et la mise à la retraite ne sont plus une fin mais un recommencement : la cérémonie du retour de calendrier -shinto kanreki- replace le sexagénaire au début d'une nouvelle vie marquée  souvent par un retour au village natal, dans une communauté amicale soutenue par l'énorme épargne des prévoyants insulaires. La plus forte création de petites et moyennes entreprises est due à la tranche d'âge des 55-65 ans dans les domaines les plus variés. L'Etat accompagne ce mouvement par des prêts à taux zéro et un investissement massif dans la Santé. En septembre, chaque année, la Journée du respect dû aux personnes âgées rassemble jeunes et vieux dans d'avenantes fêtes fleuries. Le tourisme senior remplit trains et autocars. Présentateurs de télé, acteurs, musiciens, artisans progressent dans leur savoir-faire et leur notoriété à mesure qu'ils prennent de l'âge : le duo comique des jumelles Kin et Gin n'a cessé de se produire jusqu'à l'âge de 108 ans. Le dernier héros est Yuichiro Miura qui a atteint le sommet de l'Everest à l'âge de 75 ans en 2008.
 
Voilà donc une Société nouvelle qu'on ne pensait rencontrer qu'en science-fiction ou sortie des Mangas. Deux pôles opposés mais complémentaires sont en mouvement, là-bas, au Soleil Levant : d'un côté un Empereur vieillissant souhaitant s'en aller (pour créer sa petite entreprise ???) et laisser la place au renouveau impérial et constitutionnel, de l'autre l'hardie tentative de parier sur l'évolution d'une population bien gérée....
A Rio, lors de la Cérémonie de clôture, Shenzo Abe, a surgi comme un diable, déguisé en super-Mario des jeux Nitendo, pour annoncer les Jeux Olympiques d'été à Tokyo en 2020 ( pratiquement un siècle après l'Exposition Universelle de Tokyo en 1922)  : le Japon - roi de l'innovation - nous promet des Jeux high-tech révolutionnaires dont une partie serait basée sur le sport électronique...
 
Ce matin d'automne, sur la route, ne va personne...
Haïku du moine Basho
 
(1) L'Empereur a encore un caractère "semi sacré" sensé faire obstacle à tout départ anticipé. Contrairement à ses collègues royaux d'Europe la reine Elisabeth doit régner jusqu'à sa mort car elle est "chef de l'Eglise" d'Angleterre. Si elle devait interrompre ses fonctions son héritier prendrait la relève et ne serait que Régent. Cela s'est produit avec George III et son fils lors de ses moments d'absence mentale.
(2) L'histoire de Masako Owada est assez pathétique car, issue d'une excellente famille de la haute bourgeoisie japonaise avec un père diplomate, elle a refusé par 3 fois d'épouser Naruhito, pressentant la lourdeur de la situation. Brillante, indépendante, faisant carrière, parlant 5 ou 6 langues, elle aurait pu avoir un rôle au sein de la représentation impériale. Au contraire, elle a été littéralement "écrasée" par le protocole rigide, quasi inhumain de la Maison (tout comme Masako, autrefois dans la même situation). Cela s'est terminé par une longue dépression dont elle sort depuis environ 2011. L'admirable est le courage de Narihuto qui l'a soutenue et aimée sans faillir au-delà des pesantes conventions. C'est peut être ceci la véritable "révolution" impériale.
(3) Pour en finir avec les histoires de famille, Naruhito est le premier mâle impérial a avoir été élevé par ses parents, comme tous ses frères et sœurs. Traditionnellement l'héritier était enlevé à sa famille à l'âge de 3 ans pour être confié à des "conseillers" chargés de son éducation.. Akihito a avoué – dans un exceptionnel épanchement – en avoir beaucoup souffert, et avec Masako a mis fin à cette barbarie. Naruhito a élevé sa fille de manière très occidentale.
(4) L'amiral Tojo qui ordonna l'attaque de Pearl Harbour est inscrit sur une des stèles du mémorial de yasukuni avec ses collègues et les 13 autres condamnés pour crimes de guerre de 1947.
(5) Accident de Fukushima dont la résolution technique est loin d'être acquise. En fait, on ne sait pas trop quoi faire, en dehors du refroidissement constant de l'infernale machine. L'eau utilisée est rejetée dans l'océan. Fukushima est proche, au nord, de Tokyo, indispensable pour son alimentation en énergie. Par ailleurs le problème humain et social créé par ce désastre n'est, lui aussi, que très partiellement résolu. Enfin, en raison du réchauffement de l'air et de l'eau (1°) le Japon est de plus en plus exposé aux tornades et typhons.
Il est aussi le seul pays au monde a avoir connu les 2 agressions nucléaires absolues : les 2 bombes de 1945 et  la catastrophe énergétique de Fukushima.

Mystères du Pacifique

Publié dans De par le monde
Mystères du Pacifique                                    
 
L'Europe -a fortiori la France- semble bien peu se préoccuper de ce qui se passe à l'autre bout du monde. En effet la Zone Pacifique apparaît peu dans son actualité. Toutefois, malgré cet a priori,  investisseurs, financiers et entrepreneurs -eux- s'en préoccupent : sans doute là-bas, de l'autre côté du monde, se joue une grande partie de l'avenir de l'Europe.
Pascal Lamy, intervenant en avril 2016 lors d'une séance de travail à L'Institut de France, prophétise "nous assistons à la fin programmée de l'époque westphalienne des Etats souverains, pour une globalisation de nombreux domaines" (1) soulignant que la globalisation "se rapproche", avec ses bienfaits, ses excès et sa "dé-occidentalisation" du monde, dont la diversité donne le tournis.
L'Océan Pacifique, découvert, sillonné, exploré fort tardivement dans l'histoire occidentale, est devenu "une nouvelle Méditerranée"  en raison des progrès des transports et des communications depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale et surtout depuis les relations "immatérielles", prodigieuses accélératrices d'échanges en tous genres. En témoigne le T.P.P. conclu à Auckland en février 2016, au terme de négociations trentenaires, à la fois aboutissement et ébauche d'un projet de refondation du monde.
 
Ce Trans-Pacific Partnership, au-delà des divergences politiques, voire des affrontements, fait du Bassin Pacifique une réalité économique et commerciale, incluant des Etats jusqu'alors négligés des grands flux d'échanges, tels Pérou et Chili en raison de leurs potentiels. Les Etats-Unis sont leaders, dans une stratégie visant à contenir les ambitions de la Chine continentale dans cette zone clef et préserver leur hégémonie économique, et aussi -sans que cela soit clairement exprimé- compenser les défaillances de leur marché intérieur.
Douze partenaires se proposent désormais de lier leurs intérêts : le pourtour Pacifique concerne l'Amérique du Nord (le couple USA/Canada). Les deux latinos avec leur longue façade au sud de l'océan et leurs minéraux rares ont été la proie d'importants investissements chinois, ils doivent donc être surveillés de près. Un groupe de petits nouveaux  rassemblent les pays neufs issus des indépendances d'après la Guerre Mondiale : le Sultanat de Bruneï (son pétrole et son gaz), Singapour (sa puissance portuaire et bancaire), le Vietnam (nouveau bassin de main d'œuvre et de denrées alimentaires), les partenaires traditionnels -la Nouvelle Zélande (prospère "ferme" de l'espace Pacifique et ses savoirs faire), l'Australie, le Japon. Sont exclus les Philippines, l'Indonésie, et le Mexique jugés pour l'instant trop instables et peu fiables. Le Mexique est toutefois membre de l'ALENA nord-américain. La Corée du Sud n'y est pas en raison du problème que présente sa jumelle du Nord mais est liée par de nombreux accords bilatéraux avec les différents membres du T.P.P. La grande muette est la Russie pourtant très présente dans l'extrême nord.
 
Le but est donc la création d'une zone juridique cohérente dans une zone géographique unifiée. Devant les incertitudes que présente la Zone Europe (pourtant principal marché mondial) et les difficultés de négociations pour y créer un accord identique, l'administration Obama a basculé les intérêts commerciaux US vers le Pacifique anticipant ainsi une évolution prévisible. Certes, jumeau du T.P.P., un T.A.P. Trans Atlantic Partnership est envisagé, mais la négociation est rude, pleine de méfiance entre Bruxelles, les différents Etats d'Europe et les interlocuteurs US : l'Europe craint de se faire dévorer un peu plus par le système américain et ses règles ultra libérales faites pour dominer les marchés. Par ailleurs, les Européens sont de "vieux" commerçants et financiers ; ce sont eux qui ont inventé la plupart des règles, et se sont enfermés dans de scrupuleuses barrières juridiques que l'ambitieux sauteur de haies yankee aura bien du mal à éviter. A charge pour lui -c'est l'autre solution de long terme- d'anéantir l'indépendance économique européenne (ou ce qu'il en reste). Donc, pour l'instant, virage à 180 degrés : vers le Pacifique. Toutefois, tout n'y est pas acquis : les puissances économiques, bancaires et financières du Pacifique sont jeunes et ambitieuses. Elles ont appris à se méfier de la surpuissance US tout en utilisant ses potentiels. Dans sa campagne, déjà, Hilary Clinton a annoncé qu'elle "reverrait" les termes du T.P.P. afin que "nul ne puisse porter atteinte aux intérêts américains".
 
Le second aspect des enjeux Pacifique sont stratégiques et politiques, lourds de mystère. En moins de dix années la République de Chine continentale a affiché -outre ses ambitions de conquête des marchés- une grande ambition, pour ne pas dire arrogance, de maitrise de l'espace qui l'environne. Ses alliés affichés sont la Corée du Nord, dont on ne sait pas vraiment -du moins dans la diplomatie officielle- les projets, et la Russie, laquelle, guidée par Vladimir Poutine, grignote lentement mais avec aplomb les parts d'influence que l'effondrement de l'URSS avait anéanti. Malgré les divergences, le rapprochement et les projets communs sont évidents. Chine et Russie ont noué une série d'accords de tous ordres, utilisant la vaste zone tampon de la Mongolie, faisant d'Oulan Bator un prospère atelier diversifié et surtout informatique ; un train à Très Grande Vitesse, aux étapes intermédiaires rationnelles, relie Moscou à Beijin sans obstacles douaniers.  
De l'autre côté, les Etats Unis ont déclenché de grandes manœuvres "défensives", en principe non agressives : un accord tri-latéral USA-Japon-Corée du Sud garantira désormais le Pacifique Nord de tout acte trop ambitieux ; dans ce contexte, le réarmement est en marche : une base navale imposante est en fin de construction près d'Ulsan en Corée du Sud, s'ajoutant aux nombreuses positions US au Japon. Ce dernier va, dans ce contexte de méfiance, sans doute être autorisé à faire évoluer sa Constitution dans le sens d'une re-militarisation, afin de faire face aux éventuelles attaques chinoises au nord de l'archipel et dans la mer intérieure le séparant de la Chine, laquelle à coup d'extravagantes plateformes maritimes ronge progressivement les frontières de souverainetés réciproques, sans aucune négociation. Situation extrêmement dangereuse, virant souvent à l'affrontement direct, génératrice d'interminables conflits d'influence. En refermant les espaces maritimes sous la souveraineté des Etats on s'expose à des conflits de plus en plus nombreux, d'autant que les intérêts sont existentiels : la recherche et l'appropriation de ressources alimentaires et énergétiques.
 
Dans la zone Sud Pacifique les Etats Unis s'appuient sur les nombreux ilots récupérés dans les accords de paix de 1945/46 ainsi que sur les jeunes Etats archipels disséminés, tels Tuvalu, Fidji, Samoa, Vanuatu, Kiribati, etc. en coopération avec le Royaume Uni, la Nouvelle Zélande et l'Australie, laquelle surveille tout ce petit monde avec une bienveillante vigilance. C'est dans ce cadre de sursaut défensif et de réarmement que l'Australie a passé commande de sous-marins nucléaires français, (de préférence aux ateliers japonais), considérés comme l'arme absolue sur le marché de la défense.
 
Le mystère Pacifique le plus étrange est -malgré cette commande mirifique (négociée de longue date)- le silence, la marginalisation de l’État français : pourtant la France est, après les Etats Unis, l’État ayant le plus vaste espace maritime dans l'Océan Pacifique ; depuis les 4 Conventions de 1958 relatives au droit des espaces maritimes, puis l'Accord de Montego Bay de 1982, la tendance à l'appropriation des espaces maritimes par les Etats-nations s'est considérablement étendue, à tel point qu'un espace comme la Méditerranée est maintenant presque totalement appropriée, c'est à dire sans Haute Mer "inappropriable" ouverte à tous, non soumise à la souveraineté des différents riverains. Cela, on le comprend, dans un but d'exploitation économique des ressources et de sûreté.  La largeur de la mer territoriale (souveraineté exclusive de l’État riverain) a été portée à 12 milles marins, puis depuis les années 1980 la protection du plateau continental adjacent a été portée à 200 milles, extensibles en fonction de "la morphologie des fonds marins" et de l'environnement.
La France "administre et surveille" plus de 10 millions de kilomètres carrés dont 4 millions rien que pour la Polynésie (les 4 décrets du 25 septembre 2015) ainsi que 7 000 kilomètres de rivages. Or l'influence française apparaît plus que résiduelle dans un espace devenu très stratégique : son absence dans le Trans Pacifique Partnership  étonne, alors que les archipels sous son autorité souveraine, en plein milieu de l'océan présentent d'indéniables intérêts économiques (escales, entrepôts)) et stratégiques. Certes, il existe bien quelques bases françaises avec des radars et outils de surveillance "sur zone" ; toutefois les moyens permanents de surveillance et d'intervention restent trop limités. De toute façon les services français de renseignement n'appartiennent pas au Groupe anglo-américain (le fameux Big Five) regroupant USA, Canada, Australie, Nouvelle Zélande et Royaume Uni, grand surveillant océanique et satellitaire sous la direction de la NSA. Certes, notre Défense y a quelques "entrées" mais la coopération est loin d'être honnête. Nous en sommes restés au XXème siècle alors que dans l'immense Pacifique se jouera certainement une grande partie des contours du XXIème siècle. Il reste à savoir si la France aura la volonté, et surtout l'autorité et les moyens pour rester acteur dans ce nouveau Grand Jeu (2).
 
Une fois de plus, l'avenir et l'influence de l'Europe se jouent "en dehors d'elle » : dans ce jeu de go, subtil et à l'aspect délibérément embrouillé ; les stratégies sont pourtant significatives. Ne jamais oublier - même dans les plus beaux débats théoriques – que plus de la moitié de la population (jeune) du monde vit dans cet Est lointain, et que près de la moitié de ce que consomment les Européens (des pommes aux voitures, de l'électroménager aux jeux video, des vêtements aux iphones, etc...) provient de ces zones lointaines dépendantes de la Paix Pacifique .
 
(1) Pascal LAMY, ancien directeur général de l'Organisation Mondiale du Commerce, président d'honneur du think thank Notre Europe de l'Institut Jacques Delors, intervenant à l'Institut de France dans le cadre du Groupe de travail Ethique et Economie de l'Académie des Sciences Morales et Politiques (ASMP), présidé par Bertrand Collomb, le 18 avril 2016.
(2) Par ailleurs, la France, en tant qu'autorité souveraine en Polynésie, reste sujette à nombre de revendications et contestations, dont certaines ancrées depuis la période coloniale. On peut y ajouter les désastres économiques et démographiques ainsi que la période des essais nucléaires : l’Église protestante polynésienne (Maohi) a conclu son 132ème synode (août 2016) en prévoyant d'attaquer la France devant la Cour pénale internationale de La Haye pour crimes contre l'humanité en raison des conséquenses des essais nucléaires dans l'archipel. Elle prévoit aussi de déposer plainte auprès de l'ONU.

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