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THIBAUT Francoise

THIBAUT Francoise

Née à Paris

 
Essayiste, historienne
  

Professeur des Universités 
     (Paris II et XI, Besançon, Poitiers, Montréal, Varsovie, Beyrouth, NUS Singapour, Adélaïde, South Australia) (continument depuis 1990 pour des missions)
     (Droit international, procédures européennes et internationales, droit public français, science et sociologie politiques …
Professeur
     à l’Ecole Militaire Spéciale de Saint Cyr-Coëtquidan (1993-1997)
     à L’Ecole Supérieure de la Gendarmerie nationale (Melun) (pendant 14 ans)
 
Membre correspondant de l’Institut de France (Académie des Sciences Morales et Politiques)
Membre de l’Association française de droit constitutionnel(AFDC)
Ex Chargée de mission auprès  du Secrétariat d’Etat à l’enseignement supérieur
 
Chroniqueuse pour Canal Académie : plus de 100 émissions 
     Principalement consacrées à
     La Zone Pacifique, Asie du Sud Est, Japon, Singapour, Australie et Nouvelle Zélande
     L'histoire des découvertes, navigateurs et naturalistes (devenus académiciens)
     L'économie et socio-politique contemporaines
     Le 1er Empire français (avec Jean Tulard)
 
Ouvrages
Le virtuel et l’archaïque (1990)
Voies de passage et communications internationales (Ellipse) (1991)
Le cinéma de Louis Malle, une permanente transgression (Presses Univ. d’Aix–M.) (1994)
Métier militaire et enrôlement citoyen (PUF) (1998)
Le Japonais chante tous les matins (Publibook) (2005)
La Finlande, politique intérieure et neutralité active (LGDJ) (épuisé- non réédité)
 
Distinctions
Chevalier de la Légion d’honneur
Chevalier des Palmes académiques

URL du site internet:

Cincinnatus et les primaires

Publié dans A tout un chacun
Cincinnatus et les primaires
 
Les Français rêvent d'un Cincinnatus !
D'innovants décideurs de l'instruction publique ont gravement marginalisé Rome, son histoire, ses héros et le latin, donc ce bienfaisant patricien est désormais un quasi  inconnu de la mémoire politique, ce qui est bien dommage.
 
Aux alentours de 455 avant J-C, la jeune République romaine est en grand péril, proie des attaques de la plèbe, d'un populisme revanchard, de la démagogie d'aventuriers tribuns et de factions rivales au sein du patriarcat. Bref, c'est le bazar. Une délégation respectueuse demande à Lucius Cincinnatus Quinctius, patricien et politicien connu, retiré dans ses terres, s'il consent à revenir aux affaires et remettre un peu d'ordre, éventuellement  sauver la République de ses démons.
Drapé dans sa toge immaculée, aussi compétent que probe, Cincinnatus consent : il fait un grand ménage, clarifie les institutions, fait voter des lois justes, remet d'aplomb l'économie mourante, remplit les caisses de l'Etat, punit corrompus et pervertis, renvoie la plèbe au boulot, les militaires dans leurs casernes, sermonne les patriciens, exerçant deux brèves 'dictatures' en 458 et 439. Puis, toujours drapé dans sa toge immaculée, il refuse la fonction suprême, rentre chez lui, dans ses terres, planter vignes et oliviers, et tailler son estragon.
Voilà donc un homme providentiel comme en rêvent toujours les Français, lequel, sans être 'dictateur', restaurerait l'état de droit, préservant autant que possible les libertés, donnerait un peu d'égalité et tendrait une main fraternelle à une population déboussolée. En novembre 2016 la Droite y a cru ; en janvier 2017 la Gauche a tenté d'y croire. Mais patatras ! L'effarante escroquerie des fameuses Primaires a fait s'évanouir le mirage du sauveur national et du mieux-être collectif.
 
Résumons : afin de sortir des galimatias de la trop instable 4ème République, les inventeurs de la Vème instaurent un système d'élections généralisées à 2 tours (unique en son genre), permettant une stabilisation Droite/Gauche des partis comme au Royaume-Uni (conservateurs/travaillistes) ou aux USA (Républicains/Démocrates) ; on peut y agréger quelques tendances plus modestes, qui élargissent l'illusion de la liberté de choix. Dès 1964 ce système s'applique aussi à l'élection du Président au suffrage universel direct. Cela fonctionne de manière satisfaisante pendant environ 25 ans.
Las ! Une idée saugrenue germe au cours les années 80 dans les cerveaux énarquiens, afin d'endiguer un populisme discordant qui pourrait être une troisième tendance, (le FN), pourtant encouragée au départ par la Gauche afin de grignoter l'électorat de la Droite et la mettre en difficulté : créer une Primaire interne au sein des grands partis.
Joli projet, nourri de théories nord-américaines mal digérées.
Pour deux raisons :
            
La Primaire nord-américaine s'inscrit dans un pays de très grandes dimensions, doté d'une population d'une extrême variété, dans lequel circulent des idées de gestion très disparates : le filtre d'une Primaire dans chaque Etat fédéré permet de faire un premier tri et nourrit les équilibres partisans qui se complètent ou s'affrontent à l'échelon supérieur de l'Etat Fédéral : c'est la clef ! Chaque Etat peut particulariser ses tendances, et c'est leur addition qui permet l'émergence des deux finalistes présidentiables. Les chicanes locales et les haines internes aux partis restent ainsi au niveau des Etats, et le choix final échappe par le biais filtrant des élus locaux aux manœuvres politiciennes : l'élu présidentiel se trouve ainsi nimbé d'une sorte d'innocence, d'incontestabilité suprême car il a échappé aux querelles ; il en acquiert un charisme personnel qui ne peut être remis en question. Toutefois cela ne marche pas à tous les coups : on l'a vu avec l'élection de Donald Trump adoubé "par défaut" par le parti républicain qui ne l'a que très tièdement soutenu, tant il était hors des normes classiques, et lui-même considérant son propre parti peu fiable et rétrograde. Mais maintenant qu'il est élu, il n'y a plus – du moins directement – de rejet possible.
La France est très différente, et la Primaire lui est inutile car elle est un Etat unitaire : "un seul Etat, un seul peuple, une seule langue, une seule nation" : tel est le socle français du pouvoir depuis 1792 (quelle qu'en soit la forme) ; les choix se font donc de manière ouverte, l'amalgame social et politique étant sensé être fait. Ni la dimension de la population, ni ses pratiques ne la préparent à ce choix préparatoire. Au sein d'un territoire restreint la République française est "Une et indivisible", et en créant ce maladroit choix primaire, on recrée des divisions partisanes rendant encore plus difficile le trait d'union national sur la personne de l'élu finaliste.
 
La politique n'est pas un sport ; il ne s'agit pas de marquer des buts et de partir avec une coupe : il s'agit de gérer au mieux une population et ses intérêts.
Déja saturé d'élections constitutionnelles et légales, le peuple français vit des "campagnes" supplémentaires, lesquelles ont pour qualité principale d'immobiliser encore un peu plus et ses choix et son avenir : en effet la Primaire à la française est une sorte de "rapt d'opinion". il y a d'abord le tri interne des impétrants dans le parti selon des règles et des procédures semi secrètes et tarabiscotées, afin d'éliminer ceux dont les caciques ne veulent sous aucun prétexte ; ensuite vient l'exhibition médiatique des promus, sorte de persillage des ténors avec des 2èmes ou 3èmes couteaux, quasi inconnus des électeurs ; selon un processus imposé par les médias, tout le monde est bien docile, sur fond bleu, maquillé, cravaté neutre, derrière son petit réchaud où s'appuyer et cacher ses papiers : tout y est, la partie peut commencer ; on se demande comment les plus palots ont pu arriver sur le plateau, uniquement destinés à assurer les reports de voix pour le second tour. Une seule femme dans la boite : où est la parité ? Et de toute façon, personne ne les écoute. Certains sortent de là écœurés, vaincus, parfois furieux, nourris d'une haine qu'ils n'avaient peut-être pas au départ. Ils disparaissent aussitôt dans le brouillard de l'anonymat. Au passage, un président, deux Premiers ministres (ou ex-P.M) ont perdu leur boulot. L'ANPE les guette. La remontée de la pente sera longue et difficile.
 
Les deux rescapés s'affrontent alors dans un combat des chefs très Goscinny dans lequel ils parlent surtout d'eux-mêmes et de ce qu'ils pensent. Parfois les rancœurs cachées, les vieilles querelles transpirent de propos prudemment neutres.
Au bout du vote "le gagnant est ! » Il existe ! Petite victoire pour de grandes manœuvres pendant quatre mois. Les deux partis qui ont pratiqué l'exercice en sortent démantelés, quasi en miettes, parfois sans chef, bref épuisés.
Par ailleurs, en mettant ces grosses machines en branle, ils n'ont pas assez tenu compte de la configuration de l'électorat français : qui s'est déplacé pour ces Primaires ? A droite, beaucoup de personnes âgées, des bobos qui en ont marre des impôts, des déçus de dix années de brouillard public... A Gauche : de vieux soixante-huitards, des socialistes par conviction, des enseignants, des chômeurs, des déçus (mais pas pour les mêmes raisons) ; Pas énormément de jeunes. Tout cela n'est pas très "représentatif" de la population française, la vraie.
Mais qu'il s'agisse "d'un cassage de baraque"ou d'un "universalisme de papier gauffré", il reste un scepticisme national généralisé, d'autant que de révélations scandaleuses d'un côté et de la crainte de revoir surgir les mêmes ministrables de l'autre, le vote dit "populaire" semble dérisoire et inutile.
 
Quels sont les bénéficiaires de ce double naufrage ?
Les gagnants sont (the winners are...) les non-primaristes : Les trois tribuns qui se sont auto-proclamés "chefs" et dont la fermeté de parole, la clairvoyance critique, les idées nouvelles (quelles qu'elles soient), l'éventuel charisme personnel, séduisent les désespérés de tous bords, font frémir les retraités qui rêvent du bon vieux temps, les étudiants en mal de repères, donnent espoir aux banquiers comme aux chômeurs, rouvrent l'éventail des choix : bref, du nouveau ! Comme l'a écrit Durkheim le peuple français a un grand "désir d'expériences nouvelles", même si c'est un plongeon très aléatoire dans l'inconnu.
 
Les chicanes internes auxquelles se sont livrés les deux grands partis ont déçu et leurs leaders y ont peut-être perdu toute chance de convaincre, leur image de compétence, noyés dans des propos de commande, et leur charisme. Bonne question : quel poids peuvent-ils peser face aux "ogres" US, Chinois , Russe... et même Theresa (qui n'est l'élue de personne)...
Avoir imposé de manière aussi délibérée le fractionnement à des institutions (les Partis) destinées à rassembler, témoigne d'une méconnaissance profonde des mécanises électoraux et de l'absence de sens politique. Les Français n'ont peut-être pas encore intégré la gravité de la situation nouvelle. L'instauration de Primaires en France est une erreur tactique, stratégique et politique.
Pour les partis qui le pratiquent, il est urgent de répudier cet anachronisme suicidaire, lequel met aussi en péril l'ensemble de nos mécanismes politiques, et de se demander où est caché le sage et l'intègre Cincinnatus, l'homme qui détestait les tribuns.

Les Systèmes sont fatigués

Publié dans A tout un chacun
Les Systèmes sont fatigués                                         
 
La logorrhée politicienne et journalistique, répétitive et désordonnée, incontournable gagne-pain de l'appareil politico-médiatique nous sature. Toujours des plaintes. Toujours des critiques. Peu de propos constructifs. Tous ces bavards - masculins pour la plupart – devraient plutôt réfléchir à nos nombreux passés, tenter de concocter un avenir de long terme, non réduit au lendemain électoral qui ne chante pas du tout, prendre un peu d'un sirop typhon qui ventilerait tout ce fatras. Cette maladie du commentaire instantané  de tout et n'importe quoi est accablante.
 
Depuis environ 240 ans – 2 siècles et demi –  ce qui est fort court dans notre histoire globale, et assez long pour nos vies de fourmis toujours pressées, les Occidentaux ont imposé à la planète entière une vision de la gestion collective des sociétés qui se résume à 3 formulations simples reposant sur un unique critère : la participation de la population à son propre gouvernement, entre autres par le biais de l'élection d'assemblées capables de décisions et de contrôler l'exécutif. Belle promesse d'Eden social, issue à la fois de la pratique politique et des idées des Lumières…
Historiquement, la première formule est la monarchie parlementaire : on garde le principe dynastique de continuité avec un souverain régnant, mais on lui adjoint une ou deux assemblées d'élus (ou de désignés) qui le surveillent, et sur lesquelles il n'a que peu de pouvoirs. Système issu des âpres luttes sociales de la fin du 17ème siècle en Europe du Nord, bientôt copié et approprié par les Britanniques.
Actuellement, c'est le profil qui résiste le mieux, car quels que soient les bienfaits ou les déconvenues du pur jeu politique, le monarque représente l'idéal de continuité, la stabilité de la Nation qu'il incarne, quelquefois même auréolé d'une nuance religieuse. Même si les familles régnantes contemporaines ont perdu beaucoup de sang bleu, en unissant leurs rejetons dans la roture (résultat d'inévitables études dans les campus universitaires et non plus en vase clos), ces familles sont respectées, travaillent dur dans le social, entretenant avec soin le culte protecteur de la perpétuité familiale.
 
La seconde formule vient de groupes issus de la précédente configuration mais qui sont, soit définitivement dégoûtés de tout monarque héréditaire, soit qui n'en ont pas sous la main : c'est le modèle présidentiel  Nord-Américain, issu de la révolte coloniale : très procédurier, il accorde d'assez forts privilèges au Président, comme s'il était souverain, mais l'environne d'un prégnant système caméral et de fioritures judiciaires implacables. Promis à l'éphémère par un mandat court, (4 années) ce souverain provisoire ne peut prétendre à une trop longue continuité et peut, si on le juge trop mauvais, être destitué. Les Nord-Américains n'ont jamais remis en cause ce système qu'ils trouvent parfaitement adapté à leurs besoins, leurs ambitions et leur fédéralisme, car chacun peut s'y exprimer librement.
 
Enfin, le troisième et dernier modèle est celui de la pure discontinuité républicaine : elle s'assoit sur la certitude de l'unité nationale, la sagesse du peuple, et les bienfaits de l'élection qui régénère en permanence l'univers politique. Sa volatilité permet d'adapter cette formule à toutes sortes de peuples, de nations unies ou fédérées. C'est la notion de République (res publica : affaire collective) qui dessine le lien de continuité :  en principe elle ne s'embarrasse pas d'adhésion religieuse, mais ce n'est pas une règle absolue. L'essentiel réside dans la répudiation définitive d'une dynastie souveraine assortie  de l'idée de tolérance et de pluralité. Dans cet axe, le domaine français domine, avec ses turbulences, l'italien (adopté à regret), le germanique, ainsi que les Républiques de l'Europe de l'Est dans une version radicale et unanimiste. Pour canaliser un peu cette fougue électorale, il fut très tôt tenté de limiter la possibilité d'être électeur, et tous les sons de cloche  s'enrobent d'un système de partis, afin d'éviter les plus discordants, mais l'évitement n'est pas garanti.
 
Hors ces jeux, quasi incontournables, point de salut ; car ils sont considérés comme les seuls praticables pour un objectif de bien-être social. On tolère quelques anachronismes, comme la monarchie du Bouthan ou un peu de clanisme africain ou pacifique, mais ils sont eux aussi atteint par la fièvre électorale moderne et ne subsistent que dans une stratégie quasi touristique. (car ce qui est exotique est forcément touristique).
Certes, l'imagination politique est limitée : depuis Aristote il est définitivement démontré qu'on ne gouverne que tout seul, à quelques-uns ou tous ensemble. Et cela "bien ou mal". Cela nous donne 6 modèles, un point c'est tout.
En fait, cette analyse est fausse ; on pratique les 3 à la fois, ensemble et de conserve : un homme seul ne peut gouverner, il est assisté d'un entourage oligarchique et a l'obligation de recourir, s'il veut être crédible, à l'élection dite démocratique.
 
Sous les projecteurs actuels, la fatigue apparaît de manière implacable, embarrassante. Mais on n'a rien d'autre à mettre à la place. Les pratiques sont fatiguées, dénaturées, dévoyées ; les bienfaits de l'imagination sont en panne : aucun nouvel Eden politique n'est en vue, ce qui déprime le citoyen, et mène les préposés politiques au cafouillage.
On assiste, impuissant, à un processus d'auto destruction, sans qu'aucun véritable remède, hormis – peut-être – une révolte généralisée, forcément violente, encore plus dévastatrice que le cloaque politique dans lequel la planète est coincée, ne soit perceptible ;  ou un électrochoc inattendu, comme dans Mars Attack , de Tim Burton.
Il est toutefois possible de pointer les plus pesantes causes d'usure et de mal être, car elles signalent d'elles-mêmes les prémices des remèdes :
 
* La frénésie électorale : chaque Etat a désormais "son" système électoral, lequel s'exerce à tous les niveaux, locaux, nationaux, et parfois judiciaires. L'élection parlementaire, récurrente, détermine les orientations générales d'un gouvernement en principe issu de sa majorité ou des alliances qui y sont  négociées. Les chefs d'état, aux mandats de plus en plus courts, souvent contradictoires avec les majorités parlementaires, se retrouvent fragilisés, à moins qu'ils ne prennent la voie de l'autoritarisme passant outre les règles constitutionnelles ou les déformant à leur avantage. Ce capharnaüm national se répercute à l'échelon international, notamment en Europe : cette institution que l'on voudrait rassembleuse, tirée à hue et à dia par des élections nationales permanentes, se retrouve incapable (hors son aspect monétaire) d'exprimer une voix uniforme, de créer une véritable politique de rassemblement, ni un destin social cohérent. L'Europe des 28 (bientôt des 27) est devenue une boursouflure institutionnelle, terriblement coûteuse, incohérente, paralysée par des intérêts qui n'ont rien à voir avec le bonheur des sociétés ou la prospérité collective.
Par ailleurs la surabondance des élus plombe la prise de décisions qu'il s'agisse des états ou de la géante européenne : que voulez-vous décider avec plus de mille représentants, chaque groupe chantant un refrain différent ? Qu'il s'agisse des territoires ou des nations le "trop d'élus", - malgré cette idée au départ pleine d'idéal démocratique - est devenu une plaie.
Si l'on veut revenir à l'inquiétant "cas" français, l'instauration de primaires ( dont tout le monde se gargarise) dans le système politico-social français est une ânerie : son esprit initial consiste à mettre un verrou pour éliminer les indésirables de la course électorale ; mais ce verrou est mal ciblé, facilement contournable et surtout il enferme le vote des citoyens dans un "tri" préalable qui n'a rien à voir avec la liberté d'opinion. L'expérience actuelle est un désolant étalage d'incompétence, de petitesse et de fadeur, de discours faux et creux. Pire : ce combat de petits chefs met au jour et amplifie les désaccords, les contradictions de rivaux fragilisés par cette redoutable exhibition. L'union partisane interne est ensuite presque impossible ou carrément artificielle. La Primaire est la mise à mort du système de partis. L'élitisme d'une caste déjà très en dehors des réalités s'en trouve renforcé et contribue au maintien dans l'immobilisme. Est-ce bien prudent dans un pays comme la France, aussi saturé de politiciens ? Nul n'a de réponse, au-delà d'une grande fatigue électorale et d'un inavouable gâchis financier.
 
L'autre sottise – qui confine au rocambolesque - est le raccourcissement du mandat présidentiel à 5 ans : que peut-on faire et construire en France en 5 ans ? Rien. Tout simplement en raison de la lourdeur et de la complexité des règles dans lesquelles le pays s'est empêtré lui-même, de l'inertie administrative, de la lourdeur de toute procédure due à la surabondance des intervenants. La France est, de plus, en permanente campagne électorale, ce qui renforce l'immobilisme et dont elle n'avait vraiment pas besoin : car trop d'instabilité engendre le "sur place". Deux ans avant l'échéance de leur mandat, les présidents en poste sont déjà en campagne, leur première année étant consacrée à "apprendre le boulot" et apprivoiser le personnel de l'Elysée et les hauts fonctionnaires qui - eux – ne changent guère. Même si on a été très proche du pouvoir suprême, la fonction est très particulière ; de plus le nouvel élu hérite des engagements et de l'agenda de son prédécesseur… (pas facile d'échapper à une visite officielle prévue depuis 2 ans). La seconde année essaie de rattraper le temps perdu et de combler quelques promesses électorales ; en général il est trop tard ou le parlement a changé grâce au grand galop d'une élection nourrissant souvent l'opposition ; après on oublie tout, une grande fatigue s'installe en attendant une trêve qui n'arrive jamais.
 
* Trois "fractures" ne cessent de s'amplifier : celle des élites (ou élus) politiques avec les citoyens. Celle de de la rapidité des médias d'information avec les procédures politiques. Celle de l'univers administrativo-politique avec le pouvoir financier. Ce dernier gouffre semble devoir être "appréhendé" avec un nouveau type d'élu tel Donald Trump ou le président Xi qui sont tentés d'assimiler leur pays à une entreprise qui doit se débarrasser des stocks bloquants, et faire des bénéfices permettant le mieux être social toujours promis mais jamais atteint par l'ancien système. La démarche Brexit n'est pas loin de ce projet : mieux s'auto gérer en se débarrassant des gênantes limitations de l'Union Européenne.
Le reposant mystère de l'action politique a volé en éclats depuis 20 ans avec les réseaux d'information instantanée, une fouillant toujours plus profondément les procédés, conversations, paperasseries, déviations, cachotteries, faux pas, ratées et turpitudes des autorités en tous genres, des politiciens comme des institutions. C'est redoutable, effritant encore un peu plus l'image politique. Il n'y a plus aucune précaution hiérarchique, aucun respect ; on bombarde à tout va, avec une sorte de jouissance destructrice. Parfois cela devient surréaliste lorsque les leaders visés sont particulièrement fragiles ou fautifs. Le résultat est que "tout le monde ment", triche, dissimule, prend les chemins de traverse les plus inavouables vers le Graal : s'affranchir des règles des citoyens ordinaires. Par ailleurs, cette démarche qui voudrait ne trouver que de blanches colombes nimbées de vertus pour assumer le pouvoir suprême est infantile et illusoire ; le voyage politique n'est jamais innocent, et parfois boueux.
A cela s'ajoute de part et d'autre l'usage d'un vocabulaire galvaudé, confus, artificiel et pompeux dont on ne connaît même plus le sens : c'est quoi la nation ? Les fameuses "valeurs de la république" ? dont aucun leader n'a été fichu de donner ni une définition ni une liste claire. Devraient relire Tocqueville…
Du côté des journalistes, ce n'est pas mieux : souvent incultes, impolis, s'imaginent surpuissants en invitant des gens qu'ils ne laissent pas s'exprimer ; l'insolence, la morgue font partie désormais de la dévastation de l'univers politique dont les murs dorés ou en verroterie ne tiennent plus.
 
* De fait, les citoyens sont gouvernés par les médias, par (en France) une vingtaine de leaders informatifs ou désinformatifs ; et dans le monde, par quelques réseaux tentaculaires de dramatisation ou de lénification orchestrant pluie et beau temps planétaire. La surabondance des scoops sature les yeux et les oreilles. Il faudrait se souvenir du "trop d'informations tue l'information",  face à cette manie de privilégier les zizanies de petite ou grande envergure, faire la Une avec le nombre de morts, d'accidents, de désastres, de conflits. Au Moyen Age on terrorisait avec l'enfer, maintenant c'est avec l'actualité. Le meilleur moyen de gouvernement est "entretenir la peur". Nous sommes en plein dans ce procédé : peur immédiate de perdre le confort et l'abondance pour les riches, peur de ne plus espérer progresser pour les pauvres, et plus profondément peur d'anéantissements plus radicaux comme la guerre ou la montée des océans.
 
* Enfin, (mais la liste n'est pas close), sur le plan purement institutionnel, choque et désespèrele déséquilibre entre les délais politiques et la rapidité des outils informatifs : c'est sans doute une des plaies majeures du délitement des systèmes : de tous les systèmes, y compris des plus vastes et importants comme celui de l'ONU qui parle de se réformer depuis plus de 40 ans et ne fait toujours rien. Y compris de l'Europe qui s'est lestée d'institutions tellement pesantes et enchevêtrées qu'elle n'arrive plus à endiguer son propre marasme ; y compris de la France, pays de "l'interdit, de la précaution et de la taxe à tout va".
IL s'avère que les subtils mécanismes de la Constitution de Vème République - visant à éviter les désordres des républiques précédentes – ne sont sans doute plus adaptés aux nouvelles mœurs. Ce cadre tellement galvaudé et défiguré par de constantes modifications, est devenu opaque, n'est que rarement transmis aux jeunes générations dans les établissements scolaires.
S'y ajoute l'ignorance (vraie ou simulée?) de la prédominance de l'argent, finance et économie, sur tout le reste, y compris la politique. Le légendaire "mépris" des leaders français pour l'argent, au profit des idées et de la philosophie démocratique ne tient plus. Les vrais leaders sont les financiers, les banquiers, les intérêts économiques et commerciaux ; les politiques ne sont souvent que des paravents, zélés toutous qui doivent suivre le mouvement boursier et les tendances des marchés. Au-delà point de salut. Or cet univers-là garde avec soin ses secrets. L'argent sait se taire et bavarde peu dans les médias. Peu importe finalement la Dette - la fameuse - dont on nous a rebattu les oreilles, les déficits budgétaires, les gouffres des dépenses sociales, le catastrophique dénuement de l'Education et de la Justice, les deux mamelles de la Démocratie, la vraie.
 
Au reste, la bonne question est : a-t-on encore besoin des politiciens ?
Telle est la question posée par un éminent groupe de politologues canadiens : a-t-on encore besoin de ces supposés représentants cafouilleux qui, très souvent, ne représentent qu'eux-mêmes ? Ces personnages formatés dans les moules préétablis d'écoles élitistes ? Ces virtuoses des déclarations fumeuses et des discours sans but qui n'ont jamais rien dirigé ni risqué et qui imposent aux entrepreneurs, aux agriculteurs et aux citoyens ce qu'ils doivent faire ?
En s'appuyant sur les expériences récentes de la Belgique, de l'Italie, de l'Espagne, de la Thailande, de l'Australie, du Japon et quelques autres, il est démontré que ces pays ont bien "survécu", parfois fort longtemps, à l'absence de gouvernement et de majorité parlementaire, en ont même tiré quelques assainissements. Ils ont pratiqué une gouvernance flottante et non politique grâce à leur système administratif, le tissu économique et bancaire et la tranquille résignation des citoyens.
Il est intéressant de remarquer que les plus nombreux états de ce club des non gouvernés se sont appuyés sur une pratique présidentielle stable ou un monarque héréditaire, continuant chacun dans leur style, d'incarner l'unité nationale.
Juste au moment où un homme d'affaires habile mais corrompu, sorte de commis voyageur de la provocation, s'est offert comme ultime jouet la présidence des Etats Unis, avec l'intention annoncée de transformer son pays en un vaste supermarché du profit et de l'intolérance. Mais peut-être, aujourd'hui, est-il le plus brutalement clairvoyant, face aux idéalistes des Lumières. Le monde contemporain a perdu le goût des  idées pures  et du sacré. Le monde politique, dans sa globalité planétaire, devrait peut être tenté de "se redéfinir" afin de savoir "ce qu'il est et à quoi il sert" en dehors des conflits immédiats, des concours d'insultes et de coups bas que sont devenus les processus électoraux.
 
Les chasseurs de sinécures républicaines, mal armés d'un pouvoir illusoire, creusent un fossé d'une sidérale profondeur entre les nécessités d'évolution collective, et leur éventuelle mise en œuvre.

MAY, ne fait pas ce qu'il te plait

Publié dans Avec l'Europe
BREXIT - MAY, ne fait pas ce qu'il te plait                                

Le peuple du Royaume Uni de Grande Bretagne commence à réaliser – depuis ce vendredi (gris) du 23 Juin dernier – qu'il a peut-être fait un remarquable plongeon dans une mer de désordres et de difficultés. Ce vote "honnête" et sans doute sincère fut accompli sur un critère de repli vers une insularité précautionneuse et triomphante, mais sans tenir compte de la complexité internationale ni des réalités économiques, financières et surtout sociales de long terme que ce "leave" allait forcément déclencher. Les plus pessimistes – notamment David Cameron – avaient prévenu "nous allons ouvrir une boite dont nous ignorons le contenu".  Dès le lendemain des résultats beaucoup souhaitaient une machine arrière, ou peut-être une "machination" permettant de minoriser le retrait de l'Union. Même sans être ficelé dans Schengen ni l'Euro, le dossier déclenche des ricochets qui éclaboussent sérieusement l'élite politique britannique et les chances d'être des "Britanniques uniquement britanniques".
Le plus visible est le ravage au sein de l'élite politique. Il n'y a plus de véritable leader de quelque bord que ce soit : on se chamaille, se retire, revient dans l'arène, assomme l'adversaire, fait alliance, en vient parfois aux mains, c'est à la fois lamentable et étonnant de la part d'un milieu d'ordinaire si pondéré. Mais en fait la vie politique britannique a toujours été sous ses dehors élégants une suite de coups bas et de traquenards inavouables. Pas mieux qu'ailleurs, sous leurs grands airs…
 
Tandis que son représentant au Parlement européen envoie un collègue à l'hôpital, Nigel Farage charismatique leader de l'Ukip indépendantiste, refait surface. Le très critiqué Jeremy Corbyn risque peut-être de perdre son siège aux Communes mais revient lui aussi en force, bétonne le Brexit par ses discours extrémistes, même après avoir quitté la présidence du Labour. Les Conservateurs sont irrités, divisés : David Cameron a démissionné (une fois encore), Boris Johnson – pour une fois – se tait et attend son tour. Il se dit qu'il a sa chance : Theresa May, en effet, après avoir bénéficié d'un capital d'opinion plutôt favorable, est fragilisée par sa volonté d'agir seule, sans consulter les parlementaires alors qu'elle n'est l'élue de rien ni de personne. Ses choix déplaisent même aux membres de son gouvernement. Elle tente de "faire du social" en distribuant un peu d'argent dans l'enseignement primaire et la santé. La confirmation, le 15 septembre, de la poursuite de la construction de la future centrale nucléaire de Hinkley, techniquement menée à bien par EDF, et en partie financée par des fonds chinois, l'accord avec la Société Ineos sur l'importation de gaz de schiste nord-américain, sont autant d'épines dans son pied ; les tergiversations sur les délais de mise en marche du Brexit, les procédés qu'elle compte employer, l'enchevêtrement des différents sujets, ses déclarations aussi abruptes que vagues, font grise mine. D'abord comparée à Margareth Thatcher, les Britanniques découvrent qu'elle n'en a ni la stature ni l'autorité. Dans ce contexte, si les Conservateurs veulent garder la main, il n'est pas exclu que Cameron revienne aux affaires (malgré les embarras de l'engagement en Libye de 2011), ou bien que l'ineffable Boris ait suffisamment fait mea culpa pour générer une certaine confiance.
 
Tout ce que voit le citoyen ordinaire pour l'instant est un effritement de son pouvoir d'achat, la baisse notable de la Livre augmentant le prix de tout ce qui est importé, de la nourriture à l'énergie, des voitures aux socquettes. Et surtout se profiler une instabilité qu'il n'a pas souhaitée. Le vote pour le leave  s'est surtout construit sur la question d'une immigration non désirée. Or, c'est une question qui reste pendante et mal gérée ; il y a un rejet massif des populations en provenance des pays de l'ex bloc de l'Est (surtout des Balkans), du Moyen Orient dévasté : aucune réponse claire sur ces sujets considérés comme vitaux. Les différents clivages suggérés sur une "immigration choisie"  restent confus.
Mais la partie la plus dure va se jouer prochainement. Les Ecossais vont voter de manière double : ils veulent à 67 % (vote de Juin) rester dans l'UE et ils réclament leur indépendance depuis plus de 30 ans. Un premier référendum s'est déjà joué à très peu de voix en faveur du NON, mais cette fois, il est à peu près certain que le OUI à l'indépendance sera acquis. Les Ecossais ne veulent pas faire partie de la tourmente Brexit ; pour la première fois de leur histoire souvent déchirante, ils sont riches, confortables et confiants en leur avenir économique. Leur énergique Première Ministre, Nicola Sturgeon, présente ces jours ci un projet de Loi proposant le nouveau référendum sur l'Indépendance. Si le OUI est acquis, le Royaume Uni de Grande Bretagne aura du plomb dans l'aile. De plus, l'Irlande du Nord risque elle aussi, malgré ses divergences internes, de vouloir rejoindre une République Irlandaise qui fonctionne très bien au sein de l'Union. Tant que ces prises de position interne n'auront pas été éclaircies, la sortie de l'Union restera pendante : certains voudraient aller vite ; Madame May a déjà changé 2 fois d'avis sur lenteur ou rapidité et David Denis, son propre ministre chargé de la mise en œuvre du Brexit auprès de l'Union, milite pour la lenteur : "no rush to trigger the Article 50" (trigger : appuyer sur la gachette, déclencher), a-t-il déclaré, tout en affirmant qu'il n'y aurait aucune manœuvre déloyale pour le contourner ou le minimiser. La Chambre des Lords a rentré le clou signifiant qu'il "serait inconstitutionnel de dénier le choix du peuple".
 
Pour l'instant la Haute Finance réagit assez bien : aucun crash notable ; les marchés sont plutôt stables, même si les investissements ont quelque mollesse, et le secteur immobilier de Londres un certain tassement ; les acteurs étrangers de la prospérité bancaire et financière sont inquiets sur leur avenir, mais pas trop. Toutefois le rêve français de remplacer Londres sur les marchés est une utopie des plus déraisonnables. Les Anglais aiment l'argent, même si ce ne sont qu'un "peuple de boutiquiers" comme a dit Napoléon, mais les boutiquiers ont tout de même fini par avoir sa peau. La première place financière d'Europe, la seconde de la planète n'est pas prête à lâcher prise. Ces insulaires acharnés traverseront peut être de fortes turbulences, se serreront la ceinture jusqu'à l'asphyxie, mais "maintiendront". Ils l'ont déjà fait et le referont.
Pour l'instant – c'est un réflexe compréhensible – le citoyen britannique se réfugie -avec l'aide de la BBC- dans la nostalgie glorieuse : il baigne avec délice dans la défunte gloire de l'Empire (indian summer), dans l'héroïsme du Blitz et de la résistance, poétisant à outrance le manque de charbon, de bacon et de chaussures neuves ; il s'abandonne aussi à aimer les tumultueuses années 60 : celles des Beatles, des mini jupes, de Mary Quant, des radios en mer, des cheveux longs, de Ravi Shankar, de la belle Julie Christie et de James Bond. On se console comme on peut.
 
Côté Union Européenne, les lames sont affûtées : elle sera sans indulgence. Même si l'aspect financier est majeur, l'aspect humain et démographique a pris le dessus avec le problème migratoire. Deux points rencontrent une approximative unanimité : ne pas déstabiliser l'Euro, ne pas encourager d'autres pays à tenter la sécession. Au-delà, l'absence de consensus sur la question migratoire et l'extrême lenteur à réagir de manière décente et collective, plombent lourdement le destin commun. Le Président Junker a amplement brocardé le Brexit  le qualifiant de "stupide, aboutissement de 40 années de mensonge et d'hypocrisie".Quant à l'ancien président du Conseil Européen, Herman van Rompuy, il affirme qu'il ne se passera rien avant les élections françaises (Mai 17) et celles allemandes (septembre 17) car le tandem franco-allemand est essentiel dans toute avancée de négociation. Jean Claude Trichet (ex directeur BCE et membre du groupe des 30) est confiant "le Brexit n'est pas un drame ; l'Europe en a vu d'autres !" Il préconise une meilleure politique de sécurité commune et une accélération de l'action du Fonds d'Investissement Européen. Il ajoute (le monde, 28/06) "le Brexit est même une chance pour l'Union de se réformer; le repli sur soi serait un choix aberrant". L'Union Européenne est une utopie économique dont la solidification reste aléatoire, proie – au surplus – d'influences qui n'ont rien à voir avec la pacification de ce turbulent sous-continent. Ses initiateurs n'avaient pas les risques de l'extension rapide, ni des règles suffisamment unanimistes pour être efficaces. Ils comptaient surtout -comme les Lumières du XVIIIème siècle- sur la bonté naturelle et le bon sens d'hommes de bien pour mener cette barque désormais trop  chargée, qui inspire plus de méfiance que de foi de la part des citoyens.
Bref, chacun a sa version de la poursuite du bonheur : … "the pursuit of the happiness "...
 
P.S.
1° Des organismes comme le National Trust s'inquiètent beaucoup de la disparition des subventions européennes, notamment pour la protection des côtes nord-est envahies par la mer, et tout ce qui a une tendance écologique. Comme d'autres associations, pour compenser, ils se tournent vers l'argent privé. Le phénomène associatif est très puissant dans la société anglo-saxonne et compense souvent les inerties étatiques.
2° Londres rejette son "trop plein" d'immigrés vers de petites villes, notamment au nord-est, déjà sinistré économique ; si ces populations très modestes sont relativement habituées aux Indiens, Bengalis, Pakistanais (de langue anglaise et assimilables par tradition impériale), elles refusent drastiquement les Albanais,, Croates, Polonais (pourtant bien acceptés au début), globalement les populations balkaniques jugées excentriques (voleurs, violeurs, violents) ; de nombreux incidents ont déjà éclaté. Les Russes, arrivés en nombre depuis 20 ans sont jugés "inassimilables, sales et très mal élevés". (une chronique en français du journal Le Monde reprend cette question (3 octobre 2016) qui apparaît quotidiennement dans la presse britannique.)

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