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ZEMMOUR Eric

ZEMMOUR Eric

Né le 31 août 1958
Marié – 3 enfants


Journaliste politique, écrivain


Institut d'études politiques (Paris)

Membre du jury au concours d'entrée à l'ENA (2006)
Valeurs actuelles – Chroniques (depuis 1999)
Marianne – Chroniques  (depuis 1996)
Le Figaro – service chroniqueurs (depuis 1996)
Info-Matin – éditorialiste (1995)
Quotidien de Paris - service politique (1986-1994)

Ouvrages
Balladur, immobile à grands pas (1995) - Le Livre noir de la droite (1998) - Le Coup d'Etat des juges (1998) - Le Dandy rouge (1999) - Les Rats de garde (co-écrit avec P. Poivre d'Arvor) (2000) - L'Homme qui ne s'aimait pas (2002) - L'Autre (2004) - Le Premier sexe (2006) - Petit Frère (2008) - Mélancolie française (2010) - Le Bûcher des vaniteux (2012) - Le Suicide français (2014) -


Sur la scène audio-visuelle:
Sur RTL
– Z comme Zemmour (depuis 2010)
Sur la chaîne câblée
Histoire – Le grand débat
Sur RFO (Tempo) – L'Hebdo
Sur France 2 – On n'est pas couché (2006)
Sur i>Télé – çà se dispute (depuis 2003)

URL du site internet:

... des élections en Italie

Publié dans Avec l'Europe
Macron, grand perdant des élections en Italie
 
CHRONIQUE - L'Allemagne ne paiera pas pour les "folies" du nouveau gouvernement transalpin. Du coup, les projets français de réforme de l'Europe s'effondrent.
 
Cela ne pouvait pas durer éternellement. Tout au long de l'année 2017, Emmanuel Macron avait bénéficié d'une chance insolente : à l'intérieur, pour se faire élire ; à l'extérieur, les médias internationaux le consacraient "patron" de l'Europe, seul interlocuteur de Trump et de Poutine, tandis que les Anglais quittaient l'Union et que les Allemands ne parvenaient pas à former un gouvernement. Ce temps-là est révolu. Les élections italiennes ont sonné le glas du règne de l'empereur Macron. Les Allemands rient sous cape. Ils ont désormais une excuse en or pour enterrer les projets de réforme du Français. C'était déjà leur intention avant que la Ligue et M5S ne prennent le pouvoir en Italie. Macron l'avait très bien compris : "Réveillez-vous, la France a changé !" avait-il lancé à ses interlocuteurs germaniques. Sous-entendu : la France a accompli les réformes économiques et sociales que vous réclamiez ; à votre tour de bouger !
 
Le désaccord entre Français et Allemands n'est pas neuf, mais il est fondamental. La zone euro souffre d'un défaut de fabrication originel : dans toute zone unifiée monétairement, la région la plus productive, en l'occurrence l'Allemagne et les pays du Nord, attire les capitaux et la valeur ajoutée. Pour rééquilibrer, il faut un budget qui redistribue de l'argent vers les régions déshéritées. C'est ce que fait Paris avec la Creuse ou la Corse ; l'Italie du Nord avec le Mezzogiorno. C'est ce que réclame Macron pour la zone euro. Mais l'Allemagne dit : "Nein." Elle ne paiera pas. Et elle paiera encore moins depuis qu'elle peut se cacher derrière les "folies" du nouveau gouvernement italien. Macron est désarmé puisqu'il refuse par principe d'utiliser la seule arme qui ébranlerait les Allemands : le départ de l'euro et le retour aux monnaies nationales qui verrait un mark surévalué gêner les exportations allemandes… Fin du premier round.
 
Le second concerne l'immigration. C'est encore une fois les Allemands qui ont mis le feu au lac, avec l'ouverture aux migrants décidée par Merkel en 2015. Mais la France avait ouvert le bal avec l'intervention en Libye qui, en exécutant Kadhafi, avait fait sauter le verrou qui fermait la porte des côtes italiennes aux migrants africains. Entre 2016 et 2017, 350 000 migrants sont entrés en Italie. On comprend que les Italiens (du Nord) aient voté pour la Ligue de Matteo Salvini qui promet de renvoyer 500 000 clandestins.
Mais le futur ministre de l'Intérieur italien croisera alors le fer avec des juges européens dont la jurisprudence a rendu quasi impossible tout renvoi de clandestins. Le Hongrois Orbán et les Polonais, qui avaient été tancés par Merkel et Macron pour leur refus d'accueillir des migrants "musulmans", ont reçu un allié de poids. Fin du second round. Macron K.-O. Merkel reste sur le ring, groggy mais debout, pour défendre le modèle européen des sociétés libérales, ouvertes et multiculturalistes, de plus en plus rejeté par les peuples d'Europe. Debout, mais avec comme seuls alliés les Pays-Bas et la Finlande. Est-ce vraiment mieux ?

Paru dans Le Figaro Magazine, 25 mai 2018

"L'illégitime violence...

Publié dans En France
"L'illégitime violence de l'extrême gauche"
 
Les exactions de l'extrême gauche trouvent leur origine dans notre passé. Pourtant, l'Histoire montre que ces saccages finissent toujours par profiter au pouvoir en place.
 
Il y a eu les zadistes. Puis les étudiants de Tolbiac et du Mirail. Enfin les black blocs. À chaque fois, les heurts avec la police sont d'une violence extrême. Violence délibérée, violence recherchée, violence revendiquée. On casse, on brûle, on saccage. Si on pouvait, on tuerait. En face, la réserve des policiers est exemplaire. Les instructions sont formelles. Les pouvoirs publics préfèrent laisser casser plutôt que de risquer de tuer un émeutier. Le temps des "violences policières" est loin. On peut d'ailleurs se demander si cette passivité policière - disons le mot : cette faiblesse complaisante - n'alimente pas la violence émeutière.
La violence politique est une tradition séculaire en France. Sans remonter aux "émotions" de l'Ancien Régime, elle fait partie de la liturgie révolutionnaire depuis la prise de la Bastille en 1789. La littérature a exalté les Gavroches et la gauche a longtemps célébré les communards au mur des Fédérés. En France, une authentique révolte sociale est violente ou n'est pas. Les ouvriers occupent les usines, prennent en otage les patrons, et les paysans détruisent les préfectures. La gauche et surtout l'extrême gauche ont fait de la violence le mètre étalon d'une révolution digne de ce nom. Lors des émeutes de banlieue en 2005, une armada de sociologues et de commentateurs expliquait que cette révolte ne pouvait être que sociale, forcément sociale, puisque tout était saccagé et brûlé…
Le discours politique est adapté à cette tradition nationale. On insulte, on menace, on vocifère. On se plaint aujourd'hui de la dureté des propos de Mélenchon, ou naguère de Jean-Marie Le Pen, mais ce n'est rien à côté des querelles qui agitaient dans les années 1950 les communistes et leurs ennemis, ou dans les années 1930 les républicains et les contempteurs de la "Gueuse". La télévision a plutôt apaisé qu'exacerbé les débats. On ne veut plus passer pour un excité en gros plan.
On ne sait si on doit s'en féliciter. La politique a toujours été un exutoire et fait fonction de catharsis. On s'étripe verbalement pour éviter de s'affronter physiquement. On tue par les mots plutôt que par l'épée. L'ennui, avec l'extrême gauche, c'est qu'on a le verbe et la violence ; non pas le verbe pour précéder et remplacer la violence, mais le verbe pour bénir la violence a posteriori. La violence des mots de Poutou pour encourager celle des blacks blocs et des étudiants
C'est pourquoi, dans l'histoire de France, cette violence révolutionnaire finit toujours par un appel à l'ordre. Ce sont les deux Bonaparte qui concluent les épisodes révolutionnaires de 1789 et 1848 ; c'est la République de Thiers qui s'impose parce qu'elle a osé massacrer les communards. C'est "l'Assemblée introuvable" de juin 1968. Toutes ces violences profitent toujours in fine au pouvoir. La question n'est pas de savoir si elles profiteront à Macron, mais s'il sera assez ferme pour en profiter.

Paru dans Le Figaro Magazine, 11 mai 2018

Service national inutile ?

Publié dans En France
"Service national inutile ?"
 
FIGAROVOX/CHRONIQUE - Il ne faut pas se leurrer : le service militaire d'autrefois ne reviendra pas. Mais faut-il s'en plaindre ? Car l'armée ne peut à elle seule corriger les renoncements de l'école.
 
Il y a vingt ans, on était content qu'il s'en aille. Aujourd'hui, on est content qu'il revienne. L
e service militaire suscite décidément des sentiments ambivalents. Lorsque Jacques Chirac le supprima, on voyait surtout ses défauts: inadapté aux nouvelles formes de guerre et d'intervention de l'armée française ; trop cher ; de plus en plus inégalitaire. Si Emmanuel Macron le rétablit, c'est qu'entre-temps on a la nostalgie de ses anciennes vertus : le rapprochement des classes sociales, quelles que soient les origines et les religions ; l'éducation civique et patriotique d'une classe d'âge ; l'apprentissage de l'obéissance, du sacrifice et de l'oubli de soi, contrepoint bienvenu à une société hédoniste qui exalte l'individualisme jusqu'au délire narcissique..
 
Mais il ne faut pas s'emballer. Le nouveau service national est le "Canada Dry" de l'ancien, un succédané factice qui en a le nom, mais pas la réalité. Et pour cause : l'armée sait bien qu'elle n'a pas besoin de cette cohorte de jeunes, inadaptés à la guerre moderne. Le service militaire était l'enfant de la "levée en masse" révolutionnaire ; il servait à rassembler sous les drapeaux toute une classe d'âge pour préparer une guerre de masses face à l'Europe en général, et l'Allemagne en particulier. Il n'est pas question, que l'on sache, de déclarer la guerre à l'Allemagne, même si Angela Merkel rejette les propositions de Macron sur la réforme de l'euro !
 
Par ailleurs, ce n'est pas le service militaire qui a réconcilié les deux France, celle de l'école privée et de l'école publique, celle du roi et celle de la République, celle qui croyait en Dieu et celle qui n'y croyait pas ; mais la guerre. Celle de 1914-1918 avant tout. L'école avait fait l'essentiel du travail, autour d'un patriotisme qui reprenait habilement, sous le pavillon de la République, les héros et les valeurs aristocratiques de l'ancienne monarchie. Lavisse était un bonapartiste rallié au nouveau régime, qui savait ce qu'il faisait…
Tout l'inverse de l'école d'aujourd'hui qui, en dépit de la volonté de Blanquer, n'est toujours pas sortie de son idéologie de la déconstruction et continue, dans les programmes hérités des prédécesseurs de notre ministre, de privilégier l'égalité sur le savoir, et la réconciliation (hypothétique) des mémoires sur l'histoire unificatrice de la patrie.
 
Il ne faut pas se leurrer :
en dépit des annonces fracassantes
, le service militaire ne reviendra pas. Les armées ont tant besoin d'argent pour renouveler armement et équipement qu'elles n'accepteront jamais de dépenser des fortunes pour former des conscrits innombrables, mais pour la plupart inutiles. L'armée ne peut à elle seule corriger les renoncements d'une école qui, elle-même, croule sous les effets d'une invasion migratoire inouïe depuis des décennies. Il n'est pas sûr d'ailleurs que le service militaire à la papa n'aurait pas, s'il avait été maintenu, révélé lui aussi crûment les fractures irrémédiables de la société française. On ne le saura jamais.
Paru dans Le Figaro Magazine, 4 mai 2018

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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