Magistro Beta

Switch to desktop Register Login

DENECE Eric

DENECE Eric

Né en 1963

 
Directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R)
et de sa société de conseil en Risk Management (CF2R SERVICES).
 
Docteur ès Science Politique
 
Officier-analyste à la direction de l'Evaluation et de la Documentation Stratégique du Secrétariat Général de la Défense Nationale (SGDN).
Ingénieur commercial export chez Matra Défense.
Responsable de la communication de la société NAVFCO, filiale du groupe DCI (Défense Conseil International).
Directeur des études du Centre d'Etudes et de Prospective Stratégiques (CEPS).
Fondateur et directeur général du cabinet d'intelligence économique ARGOS.
Créateur et directeur du département d'intelligence économique du groupe GEOS.
 
A notamment opéré au Cambodge, aux côtés de la résistance anticommuniste, et en Birmanie, pour la protection des intérêts de Total contre la guérilla locale.
A été consultant pour le ministère de la Défense concernant l’avenir des forces spéciales.
Enseigne le renseignement ou l'intelligence économique dans plusieurs écoles de commerce et universités françaises et étrangères.
 
Régulièrement consulté par les médias français et internationaux
Plus d’un millier d’interventions radiophoniques et plusieurs centaines d’interventions télévisées.
 
Auteur de vingt ouvrages et de nombreux articles et rapports consacrés au renseignement, à l'intelligence économique, au terrorisme et aux opérations spéciales.
Ses travaux lui ont valu d’être lauréat
     du Prix 1996 de la Fondation pour les Etudes de Défense (FED)
     du Prix Akropolis 2009 (Institut des Hautes Etudes de Sécurité Intérieure).
 
Ouvrages
Les services secrets israéliens : Mossad, Aman, Shin Beth, ouvrage rédigé en collaboration avec David Elkaïm, Tallandier, Paris, 2014.
L’Espionnage en 365 citations, Le Chêne, Paris, 2013.
 La face cachée des « révolutions » arabes, (dir.), Ellipses, Paris, 2012.
 Les services secrets français sont-ils nuls ?, Ellipses, Paris, 2012.
Commandos et forces spéciales, Ouest France éditions, Rennes, 2011.
Les services secrets au Moyen-Age, ouvrage rédigé en collaboration avec Jean Deuve, Ouest France éditions, Rennes, 2011.
Dico-Atlas des conflits et des menaces, ouvrage rédigé en collaboration avec Frédérique Poulot, Belin, Paris, 2010.
Histoire mondiale de l’espionnage, ouvrage rédigé en collaboration avec Gérald Arboit, Ouest France éditions, Rennes, 2010.
Renseignement, medias et démocratie(dir.), Ellipses, Paris, 2009.
Mission : agent secret(Les techniques de l’espionnage expliquées aux enfants) ouvrage rédigé en collaboration avec Sophie Merveilleux du Vignaux, collection “Graine de savant”, Milan Jeunesse, Toulouse, 2009.
Les services secrets,collection “Tout comprendre”,EPA éditions, Paris, 2008.
Renseignement et contre-espionnage, collection “Toutes les clés”, Hachette pratique, Paris, 2008 (Prix Akropolis 2009).
Histoire secrète des forces spéciales (de 1939 à nos jours), Nouveau monde, Paris, 2007 (traduit en polonais et en portugais).
Tourisme et terrorisme. Des vacances de rêve aux voyages à risque, ouvrage rédigé en collaboration avec Sabine Meyer, Ellipses, Paris, 2006.
L’autre guerre des Etats-Unis. Economie : les secrets d’une machine de conquête, ouvrage rédigé en collaboration avec Claude Revel, Robert Laffont, Paris, 2005.
Al-Qaeda : les nouveaux réseaux de la terreur(dir.), Ellipses, collection “Géopolitique”, Paris, 2004.
Les secrets de la guerre économique,ouvrage rédigé en collaboration avecAli Laïdi, Seuil, Paris, 2004.
Forces spéciales, l’avenir de la guerre, collection “L’art de la guerre”, éditions du Rocher, Paris, 2002
Guerre secrète contre Al-Qaeda(dir.), Ellipses, collection “Géopolitique”, Paris, 2002.
Le nouveau contexte des échanges et ses règles cachées. Information, stratégie et guerre économique, L'Harmattan, Paris, 2001.
Géostratégie de la mer de Chine méridionale et des bassins maritimes adjacents, L'Harmattan, collection “Recherches asiatiques”, Paris, 1999.

URL du site internet:

mid-term elections américaines

Publié dans De par le monde
Les mid-term elections américaines
 
1. Les sondages et les Early Votes sont très favorables aux Républicains – donc à Donald Trump – qui ont pris 10 % de croissance d’intentions de votes dans les sondages récents, passant de 35 à 45 %. La logique, qui voulait que ces élections de mi-mandat (renouvellement de moitié du Sénat et de la Chambre des représentants) soit un raz de marée démocrate semble s’inverser.
 
2. Le contexte est en effet favorable pour Trump et les Républicains : les chiffres de l’économie et de l’emploi sont bons, ils ont réussi à faire nommer "leurs" juges à la Cour suprême et l’affaire de la probable arrivée massive de migrants honduriens fait leur jeu, car c’est là un sujet auquel leur électorat est particulièrement sensible, ce qui devrait donc fortement le mobiliser.
 
3. Depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump il y a deux ans, les Démocrates n’ont cessé de développer un discours agressif et haineux à son encontre. Le parti de Barack Obam et d’Hillary Clinton ne fait plus de politique, ne propose plus de solutions : il est dans la diatribe permanente. Pire, avec l’aide de George Soros, leur principal soutien financier, ils n’ont cessé de financer des mouvements – parfois violents comme les Anti-Fa – opposés à Trump et à son électorat qu’ils accusent de populisme et d’extrémisme. Ce discours haineux a été relayé par les grands médias américains, presque tous proches de Démocrates et a contribué à pourrir davantage le climat interne. Mais cela ne plait guère à une grande partie de l’électorat démocrate qui n’adhère pas à cette stratégie de provocation constante et qui ne reconnaît plus son parti.
 
4. Une partie de l’électorat républicain, notamment sa frange la plus droitière s’est radicalisée en réaction à ce discours, ce que cherchaient probablement les Démocrates qui peuvent affirmer a posteriori qu’ils avaient raison. Cela pourrait expliquer les colis piégés adressés à Soros, Obama et Trump.
Toutefois, il est légitime de s’interroger sur la véritable origine de ces actions, tant elles semblent tomber à point nommé pour faire des Démocrates des victimes d’une droite extrême proche de Trump. Le "hasard" fait trop bien les choses à deux semaines d’élections à l’issue plus qu’incertaine pour ce parti.
 
5. La menace de possibles interférences russes dans ces élections ressort par ailleurs à nouveau, encore une fois véhiculée par des médias proches des Démocrates. Si la guerre cybernétique qui oppose la Russie à l’Occident est bien une réalité, cet argument paraît n’avoir aucun impact sur les électeurs américains qui semblent capables de faire la part des choses entre réalité et propagande politicienne.
De même, la récente affaire saoudienne (assassinat du journaliste Kashoggi sur ordre de Riyad) et la réaction ambivalente de Trump ne devrait pas avoir d’effet sur les élections à venir.
 
6. A l’orée d’un scrutin incertain, la grande question est de savoir quelle sera la réaction des membres de l’Establishment du Parti démocrate et des médias Mainstream qui les soutiennent en cas de défaite. Vont-ils poursuivre leur stratégie de déni des suffrages exprimés par le corps électoral américain en poursuivant leurs attaques systématiques, grossières et haineuses contre Donald Trump ? Vont-ils changer d’attitude ? C’est un enjeu majeur pour la démocratie américaine, dont le dysfonctionnement est patent depuis quelques années.

Bulletin du Centre Français de Recherche sur le Renseignement (Cf2R), envoyé par l'auteur, 28 octobre 2018

Au sujet de l'espionnage russe

Publié dans De par le monde
Au sujet de l'espionnage russe
 
Les Pays-Bas, le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie et la France ont accusé, le 4 octobre, la Russie de multiplier les cyberattaques contre l’Occident, notamment suite à une tentative de piratage du siège de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) située à La Haye. Amsterdam a aussitôt expulsé quatre espions russes. Il est toutefois étonnant que cette affaire, découverte en avril dernier, ne soit révélée et médiatisée qu’aujourd’hui.
Après la supposée implication de Moscou dans la tentative de perturbation des élections américaines de 2016 et l’affaire Skripal, cet événement nous replonge dans un climat de Guerre froide.
 
L’espionnage russe est une réalité. Nous assistons incontestablement à sa remontée en puissance depuis quelques années, tant à travers des opérations de renseignement que des interventions clandestines, majoritairement cybernétiques. Cela ne signifie pas pour autant que toutes les actions imputées à Moscou soient de son fait.
Les services russes ne sont pas les seuls à être actifs contre l’Occident. Les Chinois le sont plus encore. Et de toute façon, tout le monde espionne tout le monde. N’oublions pas que le dossier Skripal illustre aussi très clairement les actions de renseignement que les Britanniques conduisent contre la Russie (1).
 
Aussi, dénoncer l’espionnage russe, ce n’est prendre en considération qu’une partie de la réalité en occultant délibérément l’autre. Trois faits doivent être rappelés si l’on veut objectivement considérer cette question.
 
1.Les Occidentaux – c’est-à-dire les Américains, appuyés ou suivis par les Européens – n’ont tenu ni les engagements ni les promesses faits à Moscou à l’issue de la Guerre froide. Qu’il s’agisse de l’élargissement de l’OTAN, de la crise ukrainienne, de l’intervention en Libye, des accusations systématiques d’espionnage sans toujours en apporter les preuves, de l’exagération grossière de la soi-disant menace russe… nous n’avons cessé de provoquer Moscou, voire de l’humilier, et lui avons imposé des sanctions fort discutables. Force est de reconnaître que nous sommes largement responsables de cette remontée en puissance du ressentiment russe à notre égard et de son activisme en matière de renseignement.
 
 2. Si l’espionnage russe est une réalité – et il importe de le dénoncer, de s’en prémunir et de riposter –, il convient de rappeler que l’Etat le plus actif en ce domaine est bien… les Etats-Unis.
En termes d’effectifs, de budget, de technologies, de couverture géographique, rien n’égale l’ampleur du renseignement américain. Depuis 2002, sous prétexte de lutte contre le terrorisme, Washington a mis la planète entière sur écoutes ; certes ses adversaires, mais aussi ses alliés et sa propre population ; et a tout fait pour faire taire Snowden que nous ne remercierons jamais assez d’avoir dénoncé de telles dérives. Ainsi, l’espionnage politique et économique des Américains est sans commune mesure avec celui des Russes, mais les élites et les médias européens, aveugles ou manipulés, ne le dénoncent que très rarement et timidement.
 
3. Enfin, il importe de poser une question essentielle : qui porte aujourd’hui le plus atteinte aux intérêts politiques et économiques des Européens ? Qui contribue le plus à notre affaiblissement économique ? Qui rachète et démantèle nos entreprises ? La Russie ou les Etats-Unis dont nous mesurons chaque l’unilatéralisme croissant ? Les faits sont sans appel. Depuis une décennie, par l’imposition extraterritoriale abusive de son droit, Washington a tout fait pour affaiblir ses concurrents et néanmoins alliés du Vieux continent. Sous couvert de défense de la démocratie et des droits de l’homme, les Etats-Unis nous interdisent de commercer avec l’Iran et nous sanctionnent lorsque des sociétés européennes commercent avec des Etats qu’ils considèrent infréquentables. Sous couvert de lutte anticorruption, ils imposent des amendes faramineuses aux acteurs économiques européens. Que cela soit au titre des embargos ou de l’anticorruption, les entreprises françaises (BNP-Paribas, Total, Technip, Alstom, Alcatel, Société générale, Sanofi) ont versé ces dix dernières années plus de 14 milliards de dollars d’amendes au Trésor américain, sous la pression de la justice de ce pays et pour des raisons hautement discutables.
 
Aussi sachons raison garder. Et s’il convient de renforcer nos défenses face au renseignement russe, ne crions pas stupidement “au loup !”, sauf à vouloir faire le jeu de Washington et de l’OTAN et à défendre leurs intérêts au détriment des nôtres.
(1) Cf. notre éditorial n°48 d’avril 2018 (https://www.cf2r.org/editorial/hysterie-collective/).

Envoyé par l'auteur, éditorial paru sur www.cf2r.org, 9 octobre 2018

Yémen : silence ! on massacre !

Publié dans De par le monde
Yémen : silence ! on massacre !
 
Alors qu’elle ne participe que très marginalement aux opérations contre Daech, l’Arabie saoudite a été capable de réunir autour d’elle une coalition internationale de 150 000 hommes (1) pour conduire, depuis plus de deux ans, une sanglante guerre d’agression au Yémen (opération Tempête décisive). Elle a retiré en cette occasion la dizaine d’aéronefs qui participaient mollement aux bombardements contre Etat islamique, pour en déployer une centaine à sa frontière sud. Les Saoudiens affirment que leur coalition a largué 90 000 bombes pendant cette guerre qui dure depuis deux ans. Cela fait 123 bombes par jour, soit 5 par heure. Rien qu’en avril 2015, la coalition a conduit plus de 1 700 raids aériens, soit jusqu’à 80 certains jours ; on aurait bien aimé voir ses moyens engagés contre Daech.

Pourquoi les Saoudiens ont-ils déployé une telle armada, mobilisé leur Garde nationale et battu le rappel de leurs alliés arabes, asiatiques et occidentaux pour lancer une offensive contre les tribus d’un pays voisin, alors que Riyad ne fait absolument rien contre l’Etat islamique ? Sans doute faut-il rappeler que les Houthis sont des zaydites, une secte de l’islam proche du chiisme. Ils se battent, non pour imposer au monde une vision violente, obscurantiste et sectaire de l’islam, mais pour retrouver une autonomie et une considération vis-à-vis du gouvernement d’Aden qui leur ont été retirées en 1962. Les Houthis ne représentent en rien une menace pour la sécurité du Moyen-Orient ni pour la paix mondiale, même s’ils ont demandé le soutien de Téhéran (2) pour faire face à l’agression de Riyad.

Ce conflit semble toutefois ne pas intéresser grand-monde, contrairement au conflit syrien. Pourtant, comme l’explique le colonel Alain Corvez, "les crimes contre l’humanité commis par la coalition menée par l’Arabie saoudite au Yémen ont détruit toutes les infrastructures vitales du pays : barrages, eaux, hôpitaux, électricité, infrastructures routières, aériennes et portuaire et tué des milliers de civils dont de nombreux enfants car leurs frappes semblent vouloir non seulement détruire le pays berceau de l’arabisme et de ses cultures séculaires, mais aussi atteindre le moral des habitants à la manière nazie. Le choléra est désormais à l’état épidémique et les ressources médicales et de première nécessité ont du mal à atteindre le pays" (3).
Les Saoudiens ont bombardé toutes les installations de production alimentaire du Yémen. La marine et l’armée de l’air saoudiennes ont détruit la quasi totalité des infrastructures du port de Sanaa et ciblent tous les navires qui tentent d’y entrer ou d’en partir. Certains navires de secours officiels sont autorisés à passer, mais ils ont des difficultés à décharger fautes de grues. Les zones tenues par la rébellion sont véritablement affamées par les Saoudiens et leurs alliés. La situation humanitaire est catastrophique : plus de 10 000 victimes sont à déplorer - chiffre vraisemblablement largement sous-évalué - auxquelles il convient d’ajouter 18 millions de Yéménites confrontés à la famine et aux épidémies en raison du blocus imposé par la coalition.
 
Il est absolument stupéfiant que seul un nombre extrêmement réduit d’observateurs internationaux et de médias évoquent cette guerre quasi-génocidaire conduite par Riyad. Presque personne n’a dénoncé les massacres et les destructions effectuées par l’armée de l’air saoudienne, pas plus la presse internationale que les Etats occidentaux. La diplomatie et les médias français se sont indignés à tort sur Alep, alors même que les djihadistes s’étaient livrés à de nombreuses exactions contre les populations civiles. Mais on ne les pas entendu sur le Yémen où les membres de la coalition violent sans aucun état d’âme toutes les conventions de Genève.
Evidemment, il existe une explication : les États-Unis fournissent les renseignements, le ravitaillement en vol, l’armement et les munitions à leurs alliés saoudiens. Et la France et le Royaume Uni soutiennent cette opération. Surtout, Riyad menace l’ONU d’arrêter de fournir de l’argent pour ses efforts de secours si elle dénonçait cette guerre. D’ailleurs, le Conseil de Sécurité a voté - à l’exception notable de la Russie - le 16 avril 2015, la légitimation de l’agression sous le chapitre 7, ce qui est un scandale et décrédibilise l’ONU. Les Occidentaux, en restant délibérément silencieux sur les atrocités commises  par l’Arabie Saoudite et ses alliés au Yémen sont complices de crimes contre l’humanité.

Au demeurant, en dépit de l’importance des moyens engagés, l’intervention des Saoudiens et de leurs alliés demeure un fiasco militaire.Elle s’avère par ailleurs totalement contre-productive, ayant eu pour effet de renforcer la présence de l’Iran et du groupe Al-Qaeda dans la péninsule arabique (AQPA) au Yémen, et de permettre l’implantation locale d’une branche de l’Etat islamique.
 
(1) Le Pakistan, le Qatar, les Emirats arabes unis, le Sénégal et la France – ainsi que et les Egyptiens sur le plan naval - se sont associés à cette opération à laquelle Washington a donné son feu vert.
(2) Les Houthis sont très sourcilleux quant à leur autonomie. En septembre 2015, les Iraniens leur avaient déconseillé de s’emparer de Sanaa, la capitale, sachant que cela allait déclencher l’intervention saoudienne ; mais ils n’en ont pas tenu compte. Par ailleurs, ils ont rejeté la demande de Téhéran d’installer une base navale permanente dans la zone qu’ils contrôlent.
(3) Alain Corvez, "Les pays occidentaux complice de crimes contre l’humanité au Yémen", Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R), Tribune libre n° 70, juin 2017 (www.cf2r.org).

Envoyé par l'auteur, 7 août 2017

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

Top Desktop version