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DENECE Eric

DENECE Eric

Né en 1963

 
Directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R)
et de sa société de conseil en Risk Management (CF2R SERVICES).
 
Docteur ès Science Politique
 
Officier-analyste à la direction de l'Evaluation et de la Documentation Stratégique du Secrétariat Général de la Défense Nationale (SGDN).
Ingénieur commercial export chez Matra Défense.
Responsable de la communication de la société NAVFCO, filiale du groupe DCI (Défense Conseil International).
Directeur des études du Centre d'Etudes et de Prospective Stratégiques (CEPS).
Fondateur et directeur général du cabinet d'intelligence économique ARGOS.
Créateur et directeur du département d'intelligence économique du groupe GEOS.
 
A notamment opéré au Cambodge, aux côtés de la résistance anticommuniste, et en Birmanie, pour la protection des intérêts de Total contre la guérilla locale.
A été consultant pour le ministère de la Défense concernant l’avenir des forces spéciales.
Enseigne le renseignement ou l'intelligence économique dans plusieurs écoles de commerce et universités françaises et étrangères.
 
Régulièrement consulté par les médias français et internationaux
Plus d’un millier d’interventions radiophoniques et plusieurs centaines d’interventions télévisées.
 
Auteur de vingt ouvrages et de nombreux articles et rapports consacrés au renseignement, à l'intelligence économique, au terrorisme et aux opérations spéciales.
Ses travaux lui ont valu d’être lauréat
     du Prix 1996 de la Fondation pour les Etudes de Défense (FED)
     du Prix Akropolis 2009 (Institut des Hautes Etudes de Sécurité Intérieure).
 
Ouvrages
Les services secrets israéliens : Mossad, Aman, Shin Beth, ouvrage rédigé en collaboration avec David Elkaïm, Tallandier, Paris, 2014.
L’Espionnage en 365 citations, Le Chêne, Paris, 2013.
 La face cachée des « révolutions » arabes, (dir.), Ellipses, Paris, 2012.
 Les services secrets français sont-ils nuls ?, Ellipses, Paris, 2012.
Commandos et forces spéciales, Ouest France éditions, Rennes, 2011.
Les services secrets au Moyen-Age, ouvrage rédigé en collaboration avec Jean Deuve, Ouest France éditions, Rennes, 2011.
Dico-Atlas des conflits et des menaces, ouvrage rédigé en collaboration avec Frédérique Poulot, Belin, Paris, 2010.
Histoire mondiale de l’espionnage, ouvrage rédigé en collaboration avec Gérald Arboit, Ouest France éditions, Rennes, 2010.
Renseignement, medias et démocratie(dir.), Ellipses, Paris, 2009.
Mission : agent secret(Les techniques de l’espionnage expliquées aux enfants) ouvrage rédigé en collaboration avec Sophie Merveilleux du Vignaux, collection “Graine de savant”, Milan Jeunesse, Toulouse, 2009.
Les services secrets,collection “Tout comprendre”,EPA éditions, Paris, 2008.
Renseignement et contre-espionnage, collection “Toutes les clés”, Hachette pratique, Paris, 2008 (Prix Akropolis 2009).
Histoire secrète des forces spéciales (de 1939 à nos jours), Nouveau monde, Paris, 2007 (traduit en polonais et en portugais).
Tourisme et terrorisme. Des vacances de rêve aux voyages à risque, ouvrage rédigé en collaboration avec Sabine Meyer, Ellipses, Paris, 2006.
L’autre guerre des Etats-Unis. Economie : les secrets d’une machine de conquête, ouvrage rédigé en collaboration avec Claude Revel, Robert Laffont, Paris, 2005.
Al-Qaeda : les nouveaux réseaux de la terreur(dir.), Ellipses, collection “Géopolitique”, Paris, 2004.
Les secrets de la guerre économique,ouvrage rédigé en collaboration avecAli Laïdi, Seuil, Paris, 2004.
Forces spéciales, l’avenir de la guerre, collection “L’art de la guerre”, éditions du Rocher, Paris, 2002
Guerre secrète contre Al-Qaeda(dir.), Ellipses, collection “Géopolitique”, Paris, 2002.
Le nouveau contexte des échanges et ses règles cachées. Information, stratégie et guerre économique, L'Harmattan, Paris, 2001.
Géostratégie de la mer de Chine méridionale et des bassins maritimes adjacents, L'Harmattan, collection “Recherches asiatiques”, Paris, 1999.

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"Cette respectabilité sémantique .. "

Publié dans De par le monde
"Cette respectabilité sémantique accordée à ces criminels est proprement inadmissible !"

Le Temps d'Algérie : Certains médias français, dont Le Figaro, ont qualifié de "militants" les 22 terroristes éliminés hier par l'armée. Bourde ou lapsus ?
J'espère vraiment que c'est un malheureux lapsus, car sinon, cette "respectabilité sémantique" accordée à ces criminels est proprement inadmissible ! Ce sont des terroristes qui s'inscrivent dans la continuité d'un mouvement qui a fait des centaines de milliers de morts en Algérie et qui adhèrent à l'idéologie obscurantiste et mortifère d'Al-Qaïda et de Daesh. Il n'est pas possible d'avoir du respect pour ces individus-là. Maintenant, il faut aussi se souvenir que les médias français ont été très partiaux dans leur traitement de la guerre civile algérienne des "années noires", voyant les militaires et le DRS derrière la majorité des actions terroristes…. Il reste des traces de cette lecture faussée de la situation, et des partisans du "Qui tue qui ?" sont toujours en activité dans nos médias.
 
Les terroristes de Daech et d'Al Qaïda sont qualifiés de rebelles, d’opposants, d’islamistes ou de djihadistes quand ils sévissent en Syrie et en Irak, et appelés de leur vrai qualificatif (terroristes) quand ils sévissent en Occident. Pourquoi cette contradiction ?
Ce n'est pas tout à fait exact.
Les médias français considèrent tous que Daech et Al Qaïda sont des terroristes et représentent un réel danger. Toutefois, dans deux pays (la Syrie et à moindre degré l'Egypte), dont les régimes ne trouvent pas grâce à leurs yeux, ils sont plus tolérants pour les actions de Daech, de Jabhat Al-Nosrah ou des Frères musulmans. C'est une grave méprise, une véritable contradiction qui relève d'une profonde méconnaissance des enjeux locaux et internationaux. Celle-ci vient d'ailleurs du niveau politique, puisque ces mouvements restent soutenus par l'Occident, alors même qu'ils appartiennent à des formations terroristes qui souhaitent la disparition de notre civilisation.
 
Une polémique était née en France il y a quelques semaines suite à l'interview accordée par le président Bachar El Assad à France 2. Des voix s'étaient élevées contre le fait d'accorder la parole au président syrien. Cependant, des terroristes, comme celui surnommé le "zombie", auteur d'un acte de cannibalisme lorsqu'il a arraché et mangé le cœur d'un soldat syrien, a été interviewé par le journal britannique The Times sans que ces voix ne dénoncent cette interview. Assiste-t-on à un renversement des valeurs humaines ?
Non, nous n'assistons pas à un renversement des valeurs.
Et ce que disent les médias n'est pas nécessairement le reflet de l'opinion. On observe une certaine politisation de nos médias, en ce sens qu'ils sont dans le "politiquement correct" qui est une véritable gangrène en France, et dans le mainstream médiatique international, orienté par la presse américaine. Dès lors, la vision du monde que donnent les médias sur les sujets internationaux est de plus en plus faussée. Je note qu'ils ont tous soutenu l'intervention saoudienne au Yémen et qu'aucun média ne s'est offusqué de cette opération d'ingérence dans un pays voisin. Je n'ai lu nulle part de critique, malgré les bombardements aveugles de Ryadh ayant provoqué de très nombreux morts et des destructions civiles. Il y avait pourtant matière à réagir : outre l'aspect humanitaire, nos médias auraient pu stigmatiser le fait que, pour une fois que des pays arabes étaient capables de constituer une coalition militaire… c'était pour attaquer un autre pays arabe ! Européens et Américains ne sont pas les seuls à nager en pleine contradiction !
 
Certains disent que nombre de médias appartiennent à des constructeurs d'armes, les mêmes qui fournissent des armes à Daech. Croyez-vous que c'est de la fiction ?
Oui, c'est de la fiction.
Par exemple le groupe Dassaut, qui contrôle plusieurs médias, ne fournit aucune arme à Daech : au contraire, il fabrique les Rafale français qui bombardent l'Etat islamique. Le fait qu'il soit propriétaire du Figaro n'a pas d'impact sur le travail des journalistes. Ceux-ci sont tellement attachés à leur indépendance qu'un propriétaire de groupe de presse n'influe pas sur leur travail. Un patron de groupe de presse peut toutefois licencier des journalistes s'ils écrivaient trop de papiers contraires à ses intérêts. Mais cette situation n'est pas propre à la France.
 
Ne croyez-vous qu'on assiste à un soutien médiatique à Al Qaïda et Daech pour les encourager à poursuivre la destruction de la Syrie et de l'Irak ?
En aucun cas !
Mais ce qui est une réalité, c'est que la majorité des médias français ont pris parti contre Bachar (comme ils l'avaient fait contre Kadhafi), sans véritablement réfléchir et parce c'est la ligne que suit la presse occidentale sous influence anglo-américaine. Encore une fois, je n'ai vu aucun média - et bien sûr aucun politique - faire remarquer que si l'Arabie saoudite et ses alliés avaient mobilisé le volume des forces terrestres et aériennes engagés contre le Yémen pour attaquer Daech en Irak et en Syrie, il n'en resterait pas grand-chose.
Cela veut dire que pour Ryadh, Doha et leur alliés, les Houthis sont une menace plus grande que Daech… et qu'ils se satisfont donc de l'existence de cet Etat islamique contre lequel ils ne mènent que des actions symboliques, quand ils ne le soutiennent pas dans l'ombre. Le wahhabisme ne représente guère plus de 10% du sunnisme ; or il est parvenu à imposer sa vision du monde et son interprétation de l'Islam à tous, musulmans comme Occidentaux. Il est temps que cela change. Heureusement, l'Arabie saoudite ne va pas si bien...

Entretien réalisé par Mounir Abi, 20 mai 2015, adressé par l'auteur, 21 mai 2015

Victimes françaises du terrorisme

Publié dans En France
Les victimes françaises du terrorisme depuis 2001
 
 
Entre le début des actes terroristes djihadistes lancés par Oussama Ben Laden et Al-Qaïda contre l’Occident, le 11 septembre 2001, et le 19 mars 2015, date du dernier attentat dans lequel des Français ont perdu la vie, notre pays a eu à déplorer 102 victimes en 13 ans et 6 mois, dans 34 actions (3 en France et 31 à l’étranger), qu’elles aient été dirigées ou non contre notre pays. Cela nous donne la triste moyenne de 7,5 morts par an et ce décompte macabre ne prend pas en compte les nombreuses autres attaques dans lesquelles certains de nos compatriotes ont été blessés.
En conséquence de l’importance de la menace et de son imprévisibilité, nous vivons constamment depuis 2001 dans la crainte de telles attaques, tant en raison des intentions et de l’action psychologique des groupes terroristes, que du relais que leur accordent nos médias, complices inconscients qui diffusent leur propagande et publicisent leurs actions.
Certes, la menace est une réalité et la barbarie des actes terroristes bien réelle. Ces attaques et ces victimes sont trop nombreuses. Toutefois, il n’est pas inutile de relativiser ce danger qui apparaît (trop) souvent au premier rang de nos préoccupations.
Dans cette perspective, il convient de pouvoir considérer cette triste réalité en creux et la comparer avec d’autres chiffres, afin de mesurer statistiquement l’impact réel que de tels actes ont sur notre pays et ses habitants. Bien sûr, nous sommes conscients que les chiffres sont sans âme et qu’ils ne rendent compte que d’une partie de la réalité, mais leur analyse n’est pas dénuée d’intérêt.
 
Analyse des actions terroristes
       Les attentats empêchés
Aucun attentat islamiste n'a touché la France sur son sol entre 1996 et 2012.
Il est régulièrement évoqué que les services de sécurité intérieurs auraient empêchés près de 70 attentats depuis 2001, sans que plus de précisions soient données. Parmi les projets d’attentats qui ont échoué en France, grâce au travail préventif des services, ou du fait de la vigilance de la population, quelques cibles peuvent être rappelées :
- la coupe du monde de football en 1998 ;
- le marché de Noël à Strasbourg, en décembre 2000 ;
- l'ambassade des Etats-Unis, à Paris, à l’automne 2001 ;
- un avion reliant Paris aux Etats-Unis, en décembre 2001 ;
- attentat chimique, contre la représentation russe à Paris en 2002.
- attentat chimique en décembre 2002 dans le métro et un aéroport parisiens ;
- île de la Réunion en 2003 ;
- le siège de la DST en septembre 2005.
        
Depuis août 2013, la Direction centrale du renseignement intérieure (DCRI) a déjoué cinq projets d'attentats et démantelé une dizaine de filières dans l'Hexagone.
En 2014, des djihadistes ont cherché à organiser des attentats dans les villes de Lille, Nice et en Ile-de-France (Val de Marne).
Le tableau ci-dessous permet de mesurer que le nombre d’attentats empêchés par nos services est largement supérieur au nombre d’attaques réalisées, en France et à l’étranger.
 
LES ACTES TERRORISTES CONTRE LA FRANCE OU DES FRANÇAIS
Nombre d’actions dans lesquelles des Français ont été tués ou blessés                                                             41
Nombre d’actions dans lesquelles ont été tués des Français en France                                                               3
Nombre d’actions dans lesquelles ont été tués des Français à l’étranger                                                            31
      Dont opérations dirigées contre la France ou des Français                                                                         23
      Dont opérations ne ciblant pas la France                                                                                                  18
Nombre d’attentats à l’étranger ciblant la France ou des Français n’ayant pas fait de victimes françaises               5
Nombre d’attentats en France ciblant des Français n’ayant pas fait de victimes                                                   2
Nombre d’attentats empêchés en France                                                                                                       70 (estimation)
Nombre d’attentats empêchés à l’étranger contre des Français                                                                        Non connu

LES VICTIMES FRANÇAISES DU TERRORISME (EN FRANCE ET A L’ETRANGER : 2001-2015)
Chiffres établis sur la période 11 septembre 2001 – 19 mars 2005.
Bilan d’attaques et d’attentats hors opérations de combat des forces françaises.

 
Année / Nombre de victimes :
2001/5 - 2002/17 - 2003/5 - 2004/2 - 2005/1 - 2006/- - 2007/8 - 2008/4 -2009/2 - 2010/3 - 2011/11 - 2012/12 - 2013/9
- 2014/3 - 2015/20 (1er trimestre) - TOTAL : 102
Moyenne annuelle 2001-2015 : 7,5

      Les victimes françaises du terrorisme djihadiste 2001-2015
En dressant la liste exhaustive des victimes française du terrorisme depuis 2001, nous voulons saluer nos compatriotes disparus ou blessés et avoir une pensée pour ceux qui ont perdu un proche dans ces attentats ou ces enlèvements.

2001 (5)
- 11 septembre, New York : 5 français parmi les victimes des attentats.
2002 (17)
- 11 avril, Djerba (Tunisie) : attentat-suicide contre la synagogue de la Ghriba. 2 victimes françaises parmi les 21 personnes tuées.
- 8 mai, Karachi : 11 ouvriers et techniciens français de la Direction des constructions navales de Cherbourg-Octeville sont tués dans un attentat.
- 12 octobre, Bali : triple attentat à la bombe tuant 202 personnes et en blessant 209 autres. 4 français trouvent la mort dans ces attaques : Guillaume Breant, Lionel Erisey, Manuel Mordelet etAnthony Underwood.
2003 (5)
- Nuit du 15 au 16 mai, Casablanca : 5 attentats-suicides dans plusieurs endroits de la ville. Douze kamikazes provoquent 33 morts, dont 3 Français.
- 19 août, Bagdad : attentat au camion piégé contre le quartier général de l’ONU en Irak. 22 morts dont Jean-Selim Kanaan, un diplomate français de l’ONU.
- 16 novembre, Afghanistan: Bettina Goislard, une employée française du Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR) des Nations Unies est tuée lors d’une mission.
2004 (2)
- 11 mars, Espagne : Attentats de Madrid.
 Parmi les très nombreuses victimes, on compte une jeune française, Marion Subervielle.
- 26 septembre, Arabie Saoudite : Laurent Barbot, un expatrié français, est exécuté au volant de sa voiture à Djeddah.
2005 (1)
- 7 juillet, Londres : Attentats dans la capitale britannique (56 morts et de 700 blessés). Parmi les victimes figure un jeune ingénieur français de 24 ans, Ihab Slimane.
2007 (8)
- 26 février, Arabie Saoudite : trois couples d’expatriés français et leurs enfants sont attaqués en plein désert près de Médine. Les trois maris sont assassinés et un adolescent décédera le lendemain.

- 24 décembre, Mauritanie : 4 touristes français sont tués dans une attaque à l'est de la ville d'Aleg.
2008 (4)
- 28 janvier, Somalie : un véhicule de Médecins sans frontières est détruit par l’explosion d’une bombe actionnée à distance. Un logisticien français de MSF perd la vie dans cet attentat.
- 8 juin, Algérie : deux attentats à la bombe font 13 morts dans la ville de Lakhdaria, dont un ingénieur français, Pierre Nowacki, travaillant pour le groupe de BTP Razel.
- 26 au 29 novembre, Inde : une dizaine d’attaques terroristes ont lieu à Bombay. 166 personnes sont tuées, parmi lesquelles 2 Français : Loumia Hiridjee et son mari Mourad Amars.
2009 (2)
- 22 février, Egypte : une jeune touriste française de 17 ans, Cécile Vannier, est tuée dans un attentat à la bombe au Caire.
- 10 avril, aux large de la Somalie : Florent Lemaçon, le capitaine du navire de plaisance Tanit, est mortellement touché par un tir français lors de l’intervention de libération des otages.
2010 (3)
- 25 juillet, Mali :  Michel Germaneau, pris en otage en avril 2010 dans le nord du Niger par une cellule d'Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), est assassiné.
- 7 décembre, Inde : une bombe explose dans la ville sainte de l’hindouisme, Bénarès, faisant un mort et 38 blessés, dont deux Français.
2011 (11)
- 8 janvier, Mali : deux jeunes Français, Vincent Delory et Antoine de Léocour, enlevés la veille dans la capitale du Niger, sont tués lors de l’intervention militaire franco-nigérienne pour les libérer.
- 28 avril, Maroc : explosion d'une bombe dans un café à Marrakech. 17 morts  dont 8 français
- 19 octobre, Somalie : Marie Dedieu, Française de 66 ans enlevée dans sa maison, au Kenya le 30 septembre 2011, décède en captivité.
2012 (12)
- 20 janvier, Afghanistan : sur la base de Gwam, un soldat afghan ouvre le feu sur un groupe de militaires français en plein exercice sportif. 4 hommes sont tués sur le coup et 14 sont blessés, dont certains grièvement.
- 27 mars, un cinquième soldat, le capitaine Schnetterle, décède suite à ses blessures.
- 11 au 22 mars, Toulouse et Montauban : 7 meurtres sont perpétrés par Mohamed Merah contre des militaires français et une école juive.
2013 (9)
- 11 janvier, Somalie : Denis Allex, membre de la DGSE detenu depuis 2009 par les Shebab est exécuté alors que se déroule une opération pour le libérer. Au cours de l’intervention, 2 membres du commando de la DSGE perdent la vie.
- 18 janvier, Algérie : attaque terroriste contre le site pétrolier d’In Amenas. Un français Yann Desjeux, trouve la mort.
- 15 juillet, Mali : Philippe Verdon, enlevé en novembre 2011 par AQMI, est assassiné par les terroristes.
- 2 novembre, Mali : Ghislaine Dupont et Claude Verlon, deux envoyés spéciaux de Radio France International sont enlevés à Kidal, puis exécutés par AQMI.
- 21 septembre, Kenya : attaque terroriste contre le centre commercial de Nairobi. 2 victimes françaises, Corinne et Anne Dechauffour.
2014 (3)
- 22 avril, Mali : Gilberto Rodrigues Leal, enlevé en novembre 2012, est assassiné par  le Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest (MUJAO).
- 24 septembre, Algérie : Hervé Gourdel, enlevé trois jours plus tôt, est assassiné par le groupe djihadiste Djound Al-Khilafa.
- 22 décembre, Nantes : un déséquilibré fonce sur la foule avec son véhicule, provoquant une victime et 10 blessés.
2015 (20)
- 7 janvier 2015, Paris : attentat au siège parisien de Charlie Hebdo, à Montrouge et Porte de Vincennes, 17 victimes dont deux policiers.
- 19 mars, Tunis : attaque terroriste contre le musée du Bardo. 3 Français parmi les victimes.

      Attentats à l’étranger ciblant la France ou des Français n’ayant pas fait de victimes françaises (5)
- 6 octobre 2002 (Yémen) : un attentat en mer contre le pétrolier français le Limburg cause la mort d'un de ses membres d'équipage et blesse douze personnes.

- 21 septembre 2007 (Algérie) : attentat à la voiture piégée contre le groupe français de BTP Razel. L’explosion a fait neuf blessés : deux Français, un Italien et six Algériens.
- 8 août 2008 (Mauritanie) : un attentat-suicide près de l'ambassade de France à Nouakchott fait un mort et trois blessés légers, dont deux gendarmes français.  
- 23 avril 2013 (Libye) : un attentat à la voiture piégée détruit partiellement l’ambassade de France à Tripoli. 2 gendarmes français blessés.
- 24 mai 2014 (Djibouti) : attentat dans restaurant prisé des expatriés. Un mort, 20 blessés, dont sept Français.
 
      Attentats en France ciblant des Français n’ayant pas fait de victimes (2)
- 20 décembre 2014 : un homme de 20 ans récemment converti à l'islam pénètre dans le commissariat de Joué-Lès-Tours. Il agresse des policiers avant d'être abattu.
- 21 décembre 2014 : un conducteur criant "Allahu Akbar" fonce volontairement sur des piétons avec sa voiture à Dijon, blessant 13 personnes.

LES VICTIMES FRANCAISES DU TERRORISME PAR PAYS (2001-2015) 

Pays
 
Nombre
 d’attaques
[1]
Nombre de victimes
France 5[2] 25
Maroc 2 11
Pakistan 1 11
Mali 5 7
Somalie 4 6
Afghanistan 2 6
Tunisie 2 5
Arabie saoudite 2 5
Etats-Unis 1 5
Inde 2 4
Mauritanie 2[3] 4
Indonésie 1 4
Algérie 4[4] 3
Kenya 1 2
Egypte 1 1
Espagne 1 1
Royaume-Uni 1 1
Irak 1 1
Djibouti 1 -
Libye 1 -
Yémen 1 -
Total 41 102


[1] Ciblant ou non la France ou des Français.
[2] Dont deux sans victime. Nous considérons tous les meurtres de Merah comme une seule attaque.
[3] Dont une sans victime.
[4] Dont une sans victime.

Entre 2001 et 20015, la France ou les Français ont été les cibles ou les victimes d’attaques terroristes dans 20 pays étrangers, en plus de celles ayant eu lieu sur le territoire national. Nous avons eu à déplorer 77 victimes dans 17 pays étrangers (76%), contre 25 en France (24%). Mais la moyenne des victimes par attaque en France (5) est plus élevée qu’à l’étranger (2,1).
 
Analyse comparée
     Les principales causes de décès en France et leur importance
Au cours de l’année 2013, notre pays a eu à déplorer 25 500 morts  violentes, réparties entre 94% de morts accidentelles et 6% d’homicides. Ces chiffres sont similaires à quelques % près à ceux des années de la décennie précédente et représentent donc une moyenne pour la période 2001-2015.

LES HOMICIDES EN FRANCE (2013)

Nature Nombre de victimes
Meurtres 682[1]
Morts d’enfants battus 730
Femmes décédées sous les coups
de leur conjoint(e)
121[2]
 
Hommes décédés sous les coups
de leur conjoint(e)
25[3]
 
Total 1 558
 
 
LES MORTS ACCIDENTELLES EN FRANCE (2013)

Nature Nombre
Morts dans le cadre d’accidents domestiques 20 000
Morts par noyade (hors suicide) 495
Morts dans des avalanches 21
Décès par accidents de la route 3 268
Décès accidentels ou en opération de militaires français[4] 157
Total 23 941


[1] Soit un taux d’homicide de 1 pour 100 000 habitants, un des plus bas du monde.
[2] Soit 1 décès tous les 3 jours.
[3] Soit 1 décès tous les 14 jours.
[4] Le Bilan social des armées ne permet pas de distinguer les deux catégories.

      Enseignements
De septembre 2001 à janvier 2015 , sur 27 semestres, en France et l’étranger, 102 de nos compatriotes ont perdu la vie, soit une moyenne de 7,5 victimes par an. Certes cela est trop, surtout pour les familles concernées. Mais à l’échelle de la nation, cela montre que les actions terroristes n’ont jamais atteint l’ampleur de celles qui se sont produites aux Etats-Unis, en Espagne ou au Royaume-Uni et que notre pays est loin d’avoir été déstabilisé par les djihadistes, malgré leurs imprécations haineuses.
Surtout, il nous faut accepter, même si cela est difficile, que de temps à autre, des terroristes parviennent à passer entre les mailles du filet et à commettre des attentats. Il faut être réaliste, la sécurité à 100% est une utopie. Une nouvelle fois, rappelons le faible impact humain de leurs attaques comparé aux accidentés de la route (3 388 en 2014), aux décès d’enfants sous les coups de leurs parents (730 par an), de femmes sous ceux de leur conjoint (121 par an), au nombre annuel de meurtres (682 par an) ou à celui des victimes françaises du Tsunami de 2004 (95 morts).
Si l’on prend le chiffre moyen global annuel de décès par mort violente en France (24 499, hors terrorisme), le chiffre moyen des victimes du terrorisme 2001/20015 (7,5) représente un peu moins de 0,03% de ce total. Et si l’on prend le chiffre annuel moyen des homicides en France (1 558, hors terrorisme) le chiffre moyen de victimes du terrorisme 2001/2015 (7,5) représente un peu moins de 0,5% de cet autre total.
Ces chiffres parlent d’eux-mêmes. Ils ont pour but de relativiser l’importance de ces attaques et de mettre en lumière la sur-réaction des médias à l’occasion de ces événements. Les terroristes mènent donc bien d’abord une guerre psychologique et il importe de ne pas tomber dans ce piège en entretenant la peur et la psychose. Nous devrions tous y réfléchir, car un terrorisme sans échos médiatiques est une cause quasiment perdue.

Centre Français de Recherche sur le Renseignement, avril 2015 - envoyé par l'auteur
 

Quand les Frères musulmans...

Publié dans De par le monde
Quand les Frères musulmans font mourir les Egyptiens… de rire !
 
Malgré la situation tragique qu’a connue l’Egypte sous le régime sectaire et sanglant des Frères musulmans et de leur président, Mohamed Morsi, le peuple égyptien n’a pas perdu son sens de l’humour, largement nourri par les déclarations grotesques et ridicules, mais particulièrement comiques, de celui qui fut, au moins nominalement, en charge de la destinée du pays pendant une année.
        
En effet, Mohamed Morsi avait le don de multiplier, à l’occasion de ses interventions publiques, les déclarations et les expressions incompréhensibles et décalées, traduisant son inaptitude à la fonction, en raison de ses limitations intellectuelles comme de sa méconnaissance du protocole. Ses nombreux discours, involontairement comiques, faisaient le régal des Egyptiens qui en pleuraient de rire, malgré les efforts de la télévision nationale qui fit beaucoup de montages pour effacer la plus grande partie des bévues orales de Morsi.
 
Ainsi, lorsqu’ils présentent désormais la généalogie des présidents du pays depuis la révolution contre la monarchie, le 23 juillet 1952, les Egyptiens énoncent-ils :"Nous avons eu Mohamed Naguib, puis Gamal Abdel Nasser, puis Anouar El-Sadate, puis Hosni Moubarak ; ensuite une pause comédie ; puis Adli Mansour (président par intérim) et enfin Abdelfattah El-Sisi". La "pause comédie" fait référence à l’intermède des Frères musulmans qui ont exercé le pouvoir en Egypte du 30 juin 2012 au 30 juin 2013, avant d’être renversés par un vaste mouvement populaire, soutenu par l’armée.
Nous livrons ci-dessous un petit florilège de quelques-unes des meilleures "perles" de Morsi.
 
* Lors de son arrivée au pouvoir, Morsi convoqua le commandant de la Garde républicaine et lui demanda de l’emmener faire une promenade afin de visiter le palais présidentiel. Le général lui répondit que cela ne relevait pas de ses fonctions, qui étaient d’assurer sa protection et celle de sa famille. Mais Morsi insista, arguant que la Garde républicaine était au service du président. Le général refusa de nouveau, lui indiquant que les visites relevaient de la mission des membres du bureau du protocole. Morsi devint furieux, croyant que le commandant de la Garde républicaine ne voulait pas venir se promener avec lui.
* Lorsqu’en août 2012, des terroristes d’Al-Qaeda kidnappèrent des soldats égyptiens, Morsi déclara aux forces de l’ordre : "Je souhaite le bon état des kidnappés et des ravisseurs".
* Le 19 septembre 2012, signant le drapeau national sur lequel un égyptien collectionnait les autographes les plus prestigieux comme souvenirs, il écrivit : "Mes chers enfants les martyrs, je vous souhaite bon courage".
* Lors de sa rencontre avec l’ex Premier ministre australienne Julia Gillard, à New-York, durant l’Assemblée générale des Nations-Unies (septembre 2012), Morsi a eu un comportement pour le moins surprenant. Les médias égyptiens, australiens et américains ont tous relevé que ses yeux étaient fixés durant tout l’entretien sur les jambes de la dirigeante australienne et qu’il caressait son organe génital de sa main gauche. Quelques jours plus tard, il est tétanisé de la même manière face à la féminité de la présidente argentine, Cristina Kirchner.
* En novembre 2012, à l’occasion d’un discours à ses fidèles des Frères musulmans dans la rue, face au palais présidentiel, Morsi déclare : "Je connais mes opposants : ils se rassemblent dans une petite rue et ils sont au nombre de 5, 6, 7, 3, 4…".
* Quelques jours plus tard, toujours en novembre 2012, il déclare lors d’une intervention publique : "Mon âme, mon esprit et mon corps sont avec vous maintenant, mais mon âme et mon esprit sont présents dans plusieurs endroits ailleurs aussi".
* En 2012 également, à l’occasion de la visite d’une association de charité et d’un orphelinat, Morsi affirme : "J’ai rencontré des orphelins et j’ai senti véritablement que probablement leurs parents sont décédés".
* Lors d’une visite en Allemagne, le 31 janvier 2013, à l’occasion d’une conférence de presse, Morsi tenta de convaincre les Allemands de ne pas boire d’alcool, surtout de la bière. Cherchant un exemple pour appuyer son propos, dans un très mauvais anglais, il leur déclare : "Gas and Alcool don’t mix".
A l’occasion de ce même voyage, durant le discours de la chancelière Angela Merkel, Morsi s’est subitement mis à regarder sa montre en public, comme si son hôte avait pris trop de temps. Cela provoqua l’arrêt momentané du discours de la chancelière allemande qui se retourna et fixa Morsi afin de lui faire comprendre que son attitude ne respectait pas "l’étiquette". Il réagit comme si rien n’était arrivé.
* "Je salue la femme avec tous ses genres", déclaration à l’occasion de la journée mondiale de la femme, le 8 mars 2013.
* "Ô peuple de Port-Saïd… vous êtes le peuple de Port-Saïd !" propos tenus à l’occasion d’un discours télévisé, le 14 mars 2013, pour apaiser les habitants de Port-Saïd en désobéissance civile contre le régime des Frères musulmans
* Nous sommes dans la descente vers la montée !" commentant la situation alarmante du pays lors d’un discours, le 24 mars 2013.
* Lors d’une allocution, le 25 mars 2013, Morsi déclare : "Le doigt qui va entrer en Egypte, je vais le couper (...). Je vois deux/trois doigts qui se prolongent dedans". Personne n’a compris ce qu’il voulait dire.
* Lors d’un voyage au Qatar, le 28 mars 2013, il se réunit avec ce qu’il appelle "les représentants de la communauté égyptienne" (en réalité des membres des Frères musulmans) et leur déclare : "Le magicien peut faire sortir un lapin de son sac et peut faire sortir un serpent. Si le singe meurt qu’est-ce que son maître fera ?".
* Puis, en avril 2013, à l’occasion d’une rencontre avec les jeunes de l’équipe nationale de football égyptienne, il leur déclare : "J’ai remarqué que vous êtes jeunes !".
* En mai 2013, lors d’un discours à l’occasion de la fête du travail, il annonce : "Le blé n’a pas besoin de grenier, le blé a besoin de grenier, le grenier a besoin de grenier". Les Egyptiens se demandent toujours ce qu’il a voulu dire !
* Le 3 juin 2013, l’occasion d’une réunion de crise à la présidence dans laquelle les dirigeants des Frères musulmans rivalisent de propositions saugrenues afin de faire pression sur l’Ethiopie qui prévoit de construire un barrage sur le Nil, un des participants, Magdi Ahmad Hussein - un célèbre militant islamiste -, s’exclame "toutes ces idées doivent demeurer secrètes et tous les participants présents doivent jurer de ne rien révéler". C’est alors qu’une conseillère de Morsi, Pakinam El-Charkawi, leur annonce : "mais nous sommes en direct à la télévision !". Les Frères musulmans se prennent alors la tête dans les mains. Au cours de cette même réunion, Morsi déclare à ses interlocuteurs : "Je suis confiant que nous sommes capables de sucer le choc". Il voulait dire absorber...
* A l’occasion de son dernier discours, prononcé le 26 juin 2013, c’est-à-dire quatre jours avant la révolution populaire, Morsi déclare, commentant la détérioration de la situation face à la pression du peuple et aux mises en garde du général El-Sisi : "L’Egypte est un pays qui n’est pas susceptible à la compression". Puis s’adressant à ses partisans, il leur confie : "Je vois des choses que personne ne voit que moi seulement".
* Lors de l’ouverture de son procès, au Caire, le 28 janvier 2014, Morsi, placé derrière les barreaux, crie au magistrat qui lui demande de se lever lors de l’entrée des membres du tribunal, "Hé ! Toi ! Tu es qui, toi ?!" Le juge le regarde et lui répond calmement : "Eh bien ! Je suis le juge !".
 
 Au-delà de l’humour, ces quelques exemples des propos de Mohamed Morsi donnent une idée du niveau du "président des Frères musulmans". C’est pourquoi il est essentiel de rétablir la vérité sur ce que fut son "règne" et de mettre un terme à la fable qui continue de vouloir faire croire qu’il a été élu démocratiquement et que la confrérie islamiste dont il est issu est un interlocuteur respectable.
Une description lumineuse et édifiante de la "révolution égyptienne", ainsi que de l’idéologie et des objectifs des Frères musulmans nous est donnée dans le récent livre du chercheur égyptien Chérif Amir (1), qui publie une étude absolument remarquable, très solidement argumentée, sur la face cachée de cette organisation terroriste à laquelle l’Occident continue, à tort, d’accorder une forme de respectabilité, alors même, qu’elle est "la matrice de la totalité des déclinaisons dégénératives du djihadisme planétaire d’Al-Qaida à Da’ech" (2). Heureusement, nos dirigeants semble enfin vouloir faire preuve de lucidité, à l’image du Premier ministre Manuel Valls qui a affirmé, lundi 9 février, qu’il fallait combattre "le discours des Frères musulmans dans notre pays". C’est en effet indispensable. Il n’est pas possible de laisser prospérer cette confrérie néfaste.

Centre Français de Recherche sur le renseignement, mars 2015
 
(1) Chérif Amir, Histoire secrète des Frères musulmans, Ellipses, Paris, 2015.
(2) René Naba "La bataille de la modernité du monde arabe",
www.madaniya.info,26 décembre 2014

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