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DENECE Eric

DENECE Eric

Né en 1963

 
Directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R)
et de sa société de conseil en Risk Management (CF2R SERVICES).
 
Docteur ès Science Politique
 
Officier-analyste à la direction de l'Evaluation et de la Documentation Stratégique du Secrétariat Général de la Défense Nationale (SGDN).
Ingénieur commercial export chez Matra Défense.
Responsable de la communication de la société NAVFCO, filiale du groupe DCI (Défense Conseil International).
Directeur des études du Centre d'Etudes et de Prospective Stratégiques (CEPS).
Fondateur et directeur général du cabinet d'intelligence économique ARGOS.
Créateur et directeur du département d'intelligence économique du groupe GEOS.
 
A notamment opéré au Cambodge, aux côtés de la résistance anticommuniste, et en Birmanie, pour la protection des intérêts de Total contre la guérilla locale.
A été consultant pour le ministère de la Défense concernant l’avenir des forces spéciales.
Enseigne le renseignement ou l'intelligence économique dans plusieurs écoles de commerce et universités françaises et étrangères.
 
Régulièrement consulté par les médias français et internationaux
Plus d’un millier d’interventions radiophoniques et plusieurs centaines d’interventions télévisées.
 
Auteur de vingt ouvrages et de nombreux articles et rapports consacrés au renseignement, à l'intelligence économique, au terrorisme et aux opérations spéciales.
Ses travaux lui ont valu d’être lauréat
     du Prix 1996 de la Fondation pour les Etudes de Défense (FED)
     du Prix Akropolis 2009 (Institut des Hautes Etudes de Sécurité Intérieure).
 
Ouvrages
Les services secrets israéliens : Mossad, Aman, Shin Beth, ouvrage rédigé en collaboration avec David Elkaïm, Tallandier, Paris, 2014.
L’Espionnage en 365 citations, Le Chêne, Paris, 2013.
 La face cachée des « révolutions » arabes, (dir.), Ellipses, Paris, 2012.
 Les services secrets français sont-ils nuls ?, Ellipses, Paris, 2012.
Commandos et forces spéciales, Ouest France éditions, Rennes, 2011.
Les services secrets au Moyen-Age, ouvrage rédigé en collaboration avec Jean Deuve, Ouest France éditions, Rennes, 2011.
Dico-Atlas des conflits et des menaces, ouvrage rédigé en collaboration avec Frédérique Poulot, Belin, Paris, 2010.
Histoire mondiale de l’espionnage, ouvrage rédigé en collaboration avec Gérald Arboit, Ouest France éditions, Rennes, 2010.
Renseignement, medias et démocratie(dir.), Ellipses, Paris, 2009.
Mission : agent secret(Les techniques de l’espionnage expliquées aux enfants) ouvrage rédigé en collaboration avec Sophie Merveilleux du Vignaux, collection “Graine de savant”, Milan Jeunesse, Toulouse, 2009.
Les services secrets,collection “Tout comprendre”,EPA éditions, Paris, 2008.
Renseignement et contre-espionnage, collection “Toutes les clés”, Hachette pratique, Paris, 2008 (Prix Akropolis 2009).
Histoire secrète des forces spéciales (de 1939 à nos jours), Nouveau monde, Paris, 2007 (traduit en polonais et en portugais).
Tourisme et terrorisme. Des vacances de rêve aux voyages à risque, ouvrage rédigé en collaboration avec Sabine Meyer, Ellipses, Paris, 2006.
L’autre guerre des Etats-Unis. Economie : les secrets d’une machine de conquête, ouvrage rédigé en collaboration avec Claude Revel, Robert Laffont, Paris, 2005.
Al-Qaeda : les nouveaux réseaux de la terreur(dir.), Ellipses, collection “Géopolitique”, Paris, 2004.
Les secrets de la guerre économique,ouvrage rédigé en collaboration avecAli Laïdi, Seuil, Paris, 2004.
Forces spéciales, l’avenir de la guerre, collection “L’art de la guerre”, éditions du Rocher, Paris, 2002
Guerre secrète contre Al-Qaeda(dir.), Ellipses, collection “Géopolitique”, Paris, 2002.
Le nouveau contexte des échanges et ses règles cachées. Information, stratégie et guerre économique, L'Harmattan, Paris, 2001.
Géostratégie de la mer de Chine méridionale et des bassins maritimes adjacents, L'Harmattan, collection “Recherches asiatiques”, Paris, 1999.

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Une nouvelle politique étrangère

Publié dans En France
Douze réflexions pour une nouvelle politique étrangère
 
La France n'a plus de politique étrangère digne de ce nom. Son action internationale semble davantage guidée par les humeurs des Présidents que par la raison, ainsi qu'en témoignent l'américanophilie de Nicolas Sarkozy et la syrophobie de François Hollande. De plus, le ministère des Affaires étrangères est depuis une décennie sous l'influence d'une poignée de diplomates gagnés aux idéaux néoconservateurs américains, qui imposent leurs vues sur tous les dossiers. Si l'on ajoute à cela la partialité de Laurent Fabius - le ministre le plus détesté du Quai d'Orsay - et l'inexistence de Jean-Marc Ayrault, mais aussi la mascarade d'ouvrage de Jean-Yves Le Drian - qui désigne Daesh et le terrorisme islamique comme "l'ennemi", sans évoquer ses géniteurs saoudiens, qataris ni américains - force est de constater que notre action internationale est incohérente et dessert nos intérêts nationaux.
Dans la perspective des élections présidentielles qui auront lieu l'an prochain, il nous paraît utile de livrer quelques idées - quatre principes et huit points d'application - afin de contribuer à la réflexion sur une nouvelle politique étrangère indispensable pour la France, afin que notre pays retrouve sa crédibilité internationale.
 
Quatre principes
          Revenir à une appréciation réaliste des relations internationales
Le monde n'est pas tel que nous voudrions qu'il soit et ne risque guère de le devenir. C'est pourquoi il nous faut le regarder de manière lucide afin de promouvoir et défendre nos intérêts et de contribuer, à notre niveau, à la paix et à la stabilité internationales. Pour cela, il est essentiel de n'être point aveuglé par l'idéologie ou par des "amitiés" de nature à altérer notre perception des événements et infléchir nos orientations. Malheureusement notre diplomatie se caractérise aujourd'hui par de tels errements qui la rendent incohérente et partisane, et qui nous ont fait perdre, en une décennie, une grande part de notre crédibilité internationale.
 
          Réaffirmer notre indépendance d'appréciation des situations
La politique étrangère française doit retrouver sa pleine autonomie, car depuis le milieu des années 2000, elle s'est totalement alignée sur celle des Etats-Unis. Or la vision du monde américaine n'est pas la nôtre et la politique internationale de Washington est discutable - voire dangereuse - sur bien des aspects.
Une telle autonomie ne peut exister sans courage ni indépendance d'appréciation. Toutefois, il ne s'agit pas seulement d'être "différent" ou "original" pour le plaisir d' "exister", mais d'apporter une réelle pluralité de points de vue dans le concert des nations, car il existe toujours une attente, à travers le monde, d'une voix indépendante. Notre pays, par sa vision et son histoire particulières, a longtemps joué ce rôle utile à la communauté internationale. Il nous faut y revenir.
Sans cette indépendance d'esprit, nous sommes condamnés à être relégués à un second rôle dans le concert des nations ; et sans le courage qui doit nécessairement l'accompagner, nous ne saurions être crédibles afin de jouer un rôle d'intermédiation dans la résolution de crises et conflits internationaux. Surtout, cela pourrait, à terme, nous conduire à perdre notre siège permanent à l'ONU.
 
          Renforcer nos capacités d'intervention militaire extérieure
S'il convient de considérer avec la plus extrême mesure toutes les opérations extérieures, il n'en demeure pas moins que les capacités d'action militaires (coercition ou interposition) demeurent l'un des atouts majeurs de notre politique étrangère et de notre considération mondiale. Quelle que soit l'importance que le monde moderne porte aux "capacités d'influence", les diplomates sans armée sont peu écoutés et ne pèsent guère. La réduction excessive de notre outil militaire depuis deux décennies nuit directement à notre action diplomatique et économique à l'international (export). Il est primordial de nous doter de moyens suffisants et indépendants afin d'agir sans attendre le bon vouloir de certains de nos alliés. Il n'est pas acceptable que nous devions faire appel quasi systématiquement aux moyens logistiques américains pour conduire nos interventions.
 
          Renforcer notre "diplomatie économique"
Depuis la fin de la Guerre froide, l'économie est redevenue un enjeu central des relations internationales et les rivalités commerciales entre nations développées se sont considérablement accrues. Dans un contexte relevant souvent de la guerre économique, il est essentiel que notre diplomatie contribue directement à la prospérité de notre pays en permettant, par son action, l'accès de nos entreprises aux marchés internationaux dans des conditions optimales et que nous puissions acquérir, auprès de nos partenaires étrangers, les ressources naturelles dont nous avons besoin. Sans faire du Quai d'Orsay un ministère du commerce extérieur bis, force est de reconnaitre que les affaires économiques jouent aujourd'hui un rôle aussi important que les questions politiques et que nos succès à l'exportation contribuent directement au renforcement de nos moyens d'action diplomatiques et militaires.
 
Huit points d'application
Si l'idée de l'Europe et la nécessité de sa construction ne paraissent pas devoir être remises en cause, les modalités de cette dernière sont indéniablement à revoir, faute de quoi ce projet pourrait se voir rejeté par les peuples européens eux-mêmes.
Le dogme et la pensée unique actuels, comme le pouvoir excessif de la technocratie bruxelloise, ont montré leurs limites et ne répondent pas aux attentes des nations et des citoyens européens. Les nouveaux entrants d'Europe centrale et orientale ont rejoint l'Union sans satisfaire aux critères imposés à leurs prédécesseurs. Ces entrées, trop hâtives, ont eu des effets néfastes sur l'édifice commun (sécurité, criminalité, concurrence, etc.) et ont contribué à accentuer l'orientation pro-américaine et antirusse de l'Europe, ce qui a pu être observé à l'occasion de la crise ukrainienne.
Le système actuel semble bloqué et doit être réinventé. Le BREXIT pourrait être l'occasion de remettre le processus "à plat", de clarifier les positions et les attentes des Etats-membres, et d'identifier ceux avec lesquels une collaboration pour une intégration plus étroite est possible.
 
Les Etats-Unis connaissent, depuis la fin de la Guerre froide, une inquiétante dérive hégémonique, autant économique que militaire. Leur politique, agressive et irresponsable, s'est manifestée à l'occasion de l'invasion illégale de l'Irak (2003) qui a durablement déstabilisé le Moyen-Orient sans être d'aucune utilité dans la lutte contre le terrorisme. Leur soutien politique et financier aux "révolutions arabes" (2011) a contribué à semer le chaos dans toute la région, sans satisfaire nullement les aspirations démocratiques des populations. Au contraire, afin de favoriser ses intérêts, Washington a systématiquement aidé les Frères musulmans - promoteurs de l'islam radical - à parvenir au pouvoir. Ceux-ci ont depuis été renversés partout où ils avaient accédé aux affaires par une réaction populaire (Tunisie, Egypte, etc.).
Dans le contexte de la crise syrienne, les Etats-Unis entrainent, arment et soutiennent, des djihadistes avérés, en étroite coopération avec l'Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie, Etats islamistes alliés de l'Occident.
De même, sur le dossier ukrainien (2014), Washington a influencé l'opinion occidentale en présentant une version déformée des faits afin de faire croire à une "agression" de Moscou. Les Américains ne cessent depuis d'alerter sur le "réarmement russe". Rappelons que le budget de défense des Etats-Unis (près de 600 milliards de dollars) est de très loin le premier au monde et qu'il est supérieur aux budgets cumulés des 10 pays qui le suivent, la Russie (près de 70 milliards de dollars) n'arrivant elle-même que loin derrière la Chine et l'Arabie saoudite.
Enfin, il est utile de rappeler qu'au nom de la "guerre contre le terrorisme", les Etats-Unis ont légalisé la torture et ont considérablement développé leur appareil de renseignement et d'action clandestine, accroissant par la même occasion l'espionnage politique et économique de leurs alliés.
 
Par son alignement sur la politique américaine, notre pays est associé à tous les errements de celle-ci. Il importe donc d'en revenir à une distanciation raisonnable et à un rééquilibrage de nos alliances.
D'autant que sur le plan économique, nous sommes soumis à un véritable racket. En effet, depuis la fin de la Guerre froide, Washington a développé une stratégie planétaire de domination économique. Les Etats-Unis d'Amérique usent et abusent de tout un arsenal de méthodes afin d'assurer chaque jour davantage leur hégémonie sur les marchés mondiaux. Celles-ci ont pour but d'affaiblir les entreprises concurrentes, de leur interdire l'accès à certains marchés - afin de les réserver aux groupes américains - ou encore de les sanctionner lorsqu'elles sont parvenues à devancer économiquement leurs rivales d'outre-Atlantique. Dans cet arsenal, l'application extraterritoriale du droit et de sanctions est leur arme favorite et les règles juridiques édictées à Washington s'imposent aujourd'hui au reste du monde. Ainsi, la lutte anticorruption a été détournée et instrumentalisée par le département américain de la Justice pour extorquer des milliards d'euros à des entreprises étrangères. Technip et Alstom en ont été victimes, et Sanofi, Airbus et Safran, devraient l'être prochainement. Nous ne pouvons rester sans réagir devant de telles pratiques.
 
La Russie a toujours été et reste un partenaire majeur pour la France. Après une période d'effacement de deux décennies, elle redevient un acteur significatif du jeu international. Le Russian Bashing, très populaire dans les médias occidentaux depuis quelques temps et impulsé par les milieux anglo-saxons, ne reflète pas la réalité.
A l'occasion des crises libyenne (2011) et syrienne, les autorités russes ont fait preuve de plus de bon sens que les Occidentaux. En Syrie, Moscou a contribué à stabiliser un régime, certes discutable et à affaiblir les islamistes... soutenus par l'Occident ! Dans le dossier ukrainien, il convient de rappeler avec force que contrairement aux idées fausses, la Russie n'est pas l'agresseur, même s'il elle a réagi en reprenant le contrôle de la Crimée.
Certes, Moscou n'est pas une démocratie aussi parfaite que certains le souhaiteraient. Mais ceux qui critiquent Vladimir Poutine ne semblent curieusement pas s'offusquer de nos relations étroites avec le roi d'Arabie saoudite, l'émir du Qatar ou certains chefs d'Etat africains. Parler aujourd'hui d'une menace russe n'a pas de sens, car ses intentions, ses capacités et sa population ne lui permettent en rien de rivaliser militairement et économiquement avec les Etats-Unis et nous devons donc revoir notre position à son égard.
Surtout, il convient de ne pas oublier que nous n'avons pas respecté nos engagements de livrer deux navires amphibies Mistral à la marine Russe, sous la pression américaine, ce qui a contribué à saper davantage encore notre crédibilité sur la scène internationale.
 
L'OTAN. Pour les raisons qui précèdent, il est indispensable que nous quittions le commandement intégré de l'Alliance atlantique et revenions à la situation d'avant 2008. Cette organisation collective, qui a, par la passé, pleinement joué son rôle, n'a d'autre raison d'être depuis la fin de la Guerre froide que de satisfaire les intérêts américains et notre retour en son sein nous a placé en situation d'auxiliaires. Certes, quitter l'organisation intégrée ne nous apportera rien, mais y demeurer nous conduit à assumer des positions collectives qui sont contraires à nos intérêts.
 
L'Afrique. Nous devons reconstruire une expertise majeure sur ce continent qui fonde notre rôle international. En effet, nous avons considérablement régressé sur ce point au cours des deux dernières décennies, car nos élites sont aujourd'hui plus intéressées par d'autres régions et d'autres marchés, indéniablement plus prometteurs. Toutefois, ceux-ci ne nous "servent" guère en matière de rayonnement international. Conséquence de ce désintérêt progressif à l'égard de l'Afrique, les Etats-Unis et la Chine tendent partout à occuper des places qui furent longtemps les nôtres. Nous ne pouvons nous désintéresser d'Etats et de peuples dont les destins ont longtemps été liés à la France.
D'autant que l'Afrique est par excellence le continent de la Francophonie. Sa progression démographique est un atout majeur dans la défense et la promotion internationale de notre langue et de notre culture. De plus, l'Afrique est aussi un marché pour nos entreprises et un réservoir considérable de ressources naturelles, à l'exploitation desquelles nous pouvons contribuer, tout en permettant aux populations locales d'en profiter.
Mais l'Afrique demeure toujours un continent où règnent l'insécurité et l'instabilité politique. Notre sécurité est directement concernée par le développement local du terrorisme islamique (Sahel, Libye, Nigéria) et par les flux criminels et d'immigration, qui la traversent et aboutissent chez nous. Par ailleurs, il convient de ne pas oublier que nous sommes responsables du chaos régional déclenché par notre intervention en Libye (2011).
 
Contribuer au développement et à la sécurité de l'Afrique doit redevenir une priorité française, afin de régler localement certains problèmes qui, s'ils n'étaient pas résolus, auraient immanquablement des conséquences sur notre sol. En effet, les conditions locales sont toujours aussi précaires, en dépit de l'argent déversé à flots par les organismes internationaux et les Etats occidentaux ; les différences de revenus entre les classes dirigeantes et la population sont de plus en plus marquées ; pauvreté et inégalités sont des véritables ferments de crises. Nous ne pouvons rester sans réagir devant une situation aussi explosive, qui fait le lit d'idéologies extrêmes, de la criminalité et de l'immigration. C'est pourquoi il est inadmissible que l'aide publique au développement et les budgets consacrés à la coopération sécuritaire ne cessent de baisser en France. Toutefois, il importe de veiller scrupuleusement à la destination des aides et de conduire directement les projets afin que ceux-ci arrivent à terme et que les fonds ne soient pas détournés à d'autres fins ou par les dirigeants. Il faut que cela profite directement aux populations.
 
Notre pays est aujourd'hui confronté à la double menace de l'islam radical et terroriste dont le foyer se situe au Moyen-Orient. Puisque la guerre a été déclarée - non officiellement - à Al-Qaida et Daech, il convient donc de lutter contre les idéologies sur lesquelles se fondent ces mouvements radicaux (salafisme, wahhabisme, Frères musulmans) et les Etats qui les soutiennent : Arabie saoudite, Qatar et Turquie - ce dernier gouvernement s'attachant depuis une décennie à ré-islamiser le pays.
Un virage à 180° vis-à-vis de ces trois Etats s'impose, car ils prônent une idéologie haineuse, contraire à nos valeurs et financent le terrorisme et l'extrémisme religieux partout dans le monde, et jusque dans nos banlieues. Il convient de dépasser les promesses - parfois illusoires - de contrats mirobolants et ne pas se laisser acheter par des émirs autocrates, dont les comportements à l'égard de leur propre population et des étrangers sont encore plus éloignés des règles démocratiques que ceux de la Syrie et de l'Iran. De même, il convient de reconsidérer notre position à l'égard de Téhéran, acteur majeur au Moyen-Orient et cesser de ne voir ce pays qu'à travers le prisme déformant qu'en donnent nos alliés américains, israéliens et sunnites.
 
La Chine n'est certes pas une démocratie et de nombreuses critiques peuvent être formulées à l'encontre de sa politique (droits de l'homme, Tibet, revendications maritimes en mers de Chine). Mais se polariser seulement sur le chemin qui lui reste à parcourir et non sur les évolutions déjà réalisées n'aidera pas à infléchir certains de ses comportements. S'il convient évidemment de rester vigilant quant à son évolution (notamment militaire), il serait malheureux de se priver de possibles coopérations qui pourraient être profitables à nos deux pays.
En effet, la France dispose aujourd'hui du second domaine maritime mondial, qu'elle n'exploite pas ou prou. La Chine a pour sa part d'énormes besoins (énergie, ressources alimentaires, etc.) qu'elle cherche à satisfaire. Aussi, il pourrait être opportun de réfléchir à une coopération stratégique en matière d'exploitation des océans entre nos deux pays, qui pourrait relancer notre économie, notre recherche scientifique, favoriser le développement de nos régions d'outre-mer et, partant d'accroître notre capacité d'influence sur la politique chinoise, par des actes positifs et non par des dénonciations répétées.
 
Contribution à la stabilité et à la paix mondiales
L'évolution de la situation internationale n'ayant rien de comparable avec un long fleuve au cours tranquille ; la résolution négociée, si ce n'est pacifique, des crises et conflits qui se succèdent doit être privilégiée à toute solution militaire. Dans cette perspective, notre pays, par son expérience et sa position d'autonomie retrouvée, doit continuer à jouer un rôle majeur de médiation entre les acteurs impliqués dans ces situations - crise israélo-arabe notamment - afin de contribuer à l'amélioration de la stabilité internationale, à la protection des populations et à la résolution des conflits.
Ce rôle ne pourra être assuré que si nous sommes à la fois crédibles et indépendants et que nous n'apparaissons pas comme marqués par une lecture partisane des relations internationales ou inféodés à une autre puissance.
 
                                                                                                      *

Hors du camp occidental, nombreux sont les acteurs internationaux qui déclarent : "France is back". Il faut comprendre ce propos non comme le retour de notre pays comme un acteur majeur du jeu international, mais au contraire comme le fait que nous sommes rentrés dans le rang, sous le leadership américain, à l'image de tous les autres Européens. Cela ne correspond ni à notre histoire, ni à nos aspirations, ni à nos intérêts.
C'est donc à un repositionnement complet de notre politique étrangère qu'il convient d'œuvrer. Sortir de l'OTAN ; marquer notre indépendance et de la distanciation vis-à-vis des Etats-Unis ; repenser puis relancer la construction européenne ; reconsidérer nos relations avec les Etats islamistes ; redynamiser notre politique africaine ; et envisager des partenariats nouveaux avec la Russie et la Chine : voici quelques pistes - non exhaustives - qui méritent d'être prises en considération afin de rénover notre approche des questions internationales et d'offrir un autre visage au monde que celui d'une diplomatie française gagnée aux idéaux néoconservateurs.
Mais cela ne sera possible qu'en redonnant à notre diplomatie les moyens d'action nécessaires. Le Quai d'Orsay - qui est l'un des plus petits ministères du gouvernement - dispose d'un budget contraint, en réduction constante, et la situation de dénuement dans laquelle se trouve certaines de nos ambassades ne leur permet pas de disposer de moyens d'action à la hauteur des enjeux et de nos ambitions.

Paru sur le site du Centre Français de Recherche sur le Renseignement (Cf2R), éditorial, 1er septembre 2016
Cet éditorial est publié simultanément sur les sites du Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) et de l’Institut de veille et d’études des relations internationales et stratégiques (IVERIS, www.iveris.eu).

Situation en Ukraine

Publié dans De par le monde
Situation en Ukraine

Petro Porochenko et François Hollande doivent se rencontrer ce mardi 21 juin. Que peut-on dire aujourd'hui, alors que les chefs d'Etat français et ukrainiens se retrouvent, de la situation en Ukraine ? Quelles sont les évolutions ?

L’Ukraine est dans une situation déplorable, ses dirigeants sont incompétents, son économie est au plus bas en dépit des sommes d’argent injectées par les Occidentaux (Europe et Etats-Unis), son armée se révèle inefficace face aux indépendantistes du Donbass, malgré l’aide étrangère et l’engagement de milices d’extrême-droite ayant commis des atrocités dont la presse pro occidentale ne parle jamais.
Surtout, Porochenko et son gouvernement, aveuglément antirusses, ont été incapables de stabiliser la situation intérieure et d’entamer un dialogue avec ceux qui ne souhaitent pas continuer à faire partie du pays, refusant de reconnaître leur droit à parler d’autodétermination alors même que l’Europe a autorisé un référendum en Ecosse et semble prête à le faire pour la Catalogne.
Je crois que nous devons reconnaitre que notre politique vis-à-vis de l’Ukraine et de la Russie a été totalement erronée et qu'il convient de la reconsidérer. Mais je doute fort que le président Hollande ne le fasse.
 
A l'occasion d'une interview accordée à la chaîne de télévision ukrainienne Inter, Anders Fogh Rasmussen (conseiller de
Porochenko et ancien de l'OTAN) a insisté sur la nécessité pour l'Ukraine de remplir sa partie des accords de Minsk. Qu'en est-il aujourd'hui ?

C’est un comble ! On entend les Occidentaux se référer aux accords de Minsk ou à l’article 5 du Traité de l’Atlantique Nord, alors même qu’ils refusent de reconnaitre le droit à l’autodétermination des Ukrainiens de l’Est (ce qu’ils ont pourtant fait en Bosnie et au Kosovo), qu’ils ont violé les accords établis avec Moscou à la fin de la Guerre froide et qu’ils ont validé le renversement d’un régime élu sous les auspices de l’OSCE (Ianoukovitch).
Mais venant de Rasmussen, cela n’a rien d’étonnant, cet homme totalement inféodé à Washington et un ardent auxiliaire de la politique américaine. Faut-il donc toujours rappeler que ce n’est pas Moscou qui a envahi illégalement l’Irak en 2003 en dépit du veto de l’ONU, qui soutient une des branches d’Al-Qaida en Syrie (le Front Al-Nosrah) contre le régime de Damas, qui espionne le monde entier et qui a rétabli la torture et organisé Guantanamo... Il est temps que nos contemporains ouvrent les yeux sur les réalités ! Oui l’URSS était une menace mortelle pour l’Occident pendant la Guerre froide ! Oui les pays d’Europe de l’Est ont eu terriblement à souffrir du joug russe pendant cette période ! Oui c’est grâce aux Etats-Unis que nous avons pu maintenir notre liberté ! Mais la situation est totalement différente aujourd’hui : la politique américaine, de plus en plus unilatérale ne sert que ses intérêts et non ceux des Européens. Elle présente un réel danger pour la paix et la stabilité mondiales.
 
Frank-Walter Steinmeier, ministre allemand des affaires étrangères, a récemment critiqué ouvertement la politique de l'OTAN aux frontières de la Russie. Faut-il craindre une montée des tensions dans ces régions ? Le fantasme d'une guerre froide de retour est-il réaliste ou s'agit-il seulement d'une crainte de journalistes ?
M. Steinmeier a déclaré à très juste titre que les Occidentaux devaient "éviter d’envenimer la situation avec des cris guerriers et des bruits de bottes". L’ex chancelier Gerhard Schröder a tenu des propos similaires : c’est le bon sens même. Jacques Attal a aussi récemment déclaré "l’intérêt de l’Europe n’est pas de se lancer dans un affrontement avec la Russie. Mais au contraire de tout faire pour intégrer notre grand voisin de l’Est à l’espace de droit européen". IL ne s’agit pas ici de défendre la politique ou les dirigeants russes. Mais Moscou n’a pas de politique expansionniste ! C’est une vue de l’esprit. Si tensions il y a, ce sont bien les Occidentaux qui en sont à l’origine. Imaginons un instant que Moscou ait soutenu une révolution au Canada ou Mexique: que pensez-vous qu’aurait été la réaction de Washington ?
Il est important de rappeler que la Russie ne compte que 140 millions d’habitants, que son budget de défense ne se situe qu’au 4e rang mondial (derrière les Etats-Unis, la Chine et l’Arabie saoudite) et qu’il est vingt-cinq fois inférieur à celui des Etats-Unis ! (Trends in World Military Expenditures 2015, www.sipri.org, avril 2016). En faire un Etat menaçant et expansionniste est totalement erroné.
 
Moscou ne fait que réagir à l’avancée agressive de l’Occident sur ses marges, laquelle est un facteur préoccupant de déstabilisation.
De plus la pression militaire imposée à la Russie conduit Moscou à accroitre ses dépenses militaires au détriment du redressement de son économie… ceci n’est pas anodin !
Rappelons que Washington a savamment utilisé cette pseudo montée en puissance de la "menace" russe pour amener le Congrès à voter le budget de modernisation de son arsenal nucléaire : le Pentagone a besoin de 700 à 900 milliards de dollars à cette fin. Et si Washington modernise son arsenal, alors les autres puissances nucléaires atomiques seront conduites à faire de même pour ne pas être distancées. Donc, la Russie accroîtra à son tour prochainement son budget en ce domaine… et cela sera de nouveau présenté comme une menace "insupportable" pour l’Occident. C’est de la manipulation totale des faits...
 
Jusqu'où l'Ukraine représente-t-elle encore une région clef dans le rapport de force OTAN/Etats-Unis-Russie ? Quelles sont les autres régions du monde susceptibles d'occuper une telle place ?
L’Ukraine incarne le point à partir duquel Moscou a décidé de ne plus laisser impunément voir bafouer ses intérêts. La réaction de la Russie me parait, depuis le début de la crise Euromaidan en tout point légitime, même si la présentation des faits par la presse Mainstream occidentale en donne une vision différente, voire déformée. La diabolisation systématique de Poutine, ses soi-disant intentions belliqueuses n’ont qu’un but pour Washington et ses plus proches alliés : faire accepter la politique de rattachement de l’Ukraine au camp occidental en dépit des engagements pris à l’égard de Moscou lors de la désintégration de l’URSS.
 
Rappelons que nous avons bafoué toutes les règles du droit international : Ianoukovitch avait été élu régulièrement en présence d’observateurs de l’OSCE qui avaient validé le scrutin ! S’il était indéniablement corrompu (comme tous ses prédécesseurs et ses successeurs), son reversement était totalement illégal et l’Occident a soutenu cette "révolution" alors que dans le même, temps nous critiquions l’action du général Sissi en Egypte qui chassait les Frères musulmans du pouvoir à la demande du peuple.
 
Cette crise Ukrainienne sert donc d’abord les intérêts des Etats-Unis, puisqu’elle accroit la demande de soutien et donc de vassalité des pays d’Europe de l’Est, pour lesquels l’OTAN compte plus que l’Union européenne. D’ailleurs, à l’exemple de la Pologne, ils achètent systématiquement de l’armement américain et non européen. Si leur histoire les a amené souvent à souffrir de l’expansionnisme russe, ils sont aujourd’hui tellement jusqu’au-boutistes à l’égard de Moscou qu’ils en deviennent dangereux, entrainant l’Europe de l’Ouest dans une direction qui ne sert en rien nos intérêts. Cette crise amène aussi les pays scandinaves à se rapprocher de l’OTAN, voire à envisager de le rejoindre, comme y réfléchit la Suède.
Ainsi l’Europe parait de plus en plus liée aux Etats-Unis, n’a plus ni indépendance de vue, ni politique propre. C’est consternant !

Paru sur Atlantico

Violence et société francaise

Publié dans En France
Le niveau de violence de la société française

Entre les actes de terrorisme, la multiplication des règlements de compte sanglants et les débordements au sein des manifestations, le niveau de violence de la société française semble être sur une pente ascendante. Qu'en est-il dans la réalité ? Cette perception se vérifie-t-elle effectivement dans les statistiques ?

Il y a indéniablement une montée de la violence dans notre pays. Toutefois, celle-ci n’est pas aussi importante que ne le ressent la population. Ce décalage est principalement dû à l’hypermédiatisation de ces événements et à leur simultanéité actuelle : attentats terroristes, casseurs, règlements de compte entre trafiquants à Marseille, zadistes, etc.
De plus, ce sentiment est amplifié par la disposition psychologique collective dominante du moment : les Français sont particulièrement pessimistes, souvent à raison, face aux blocages de notre pays, au risque de déclassement international, à la technocratie européenne et à la médiocrité de la classe politique.
Mais cette situation, pour désagréable qu’elle soit, n’est pas inédite. De tels soubresauts se produisent presque chaque décennie. Nous ne sommes pas encore au niveau de ce que nous avons connu au cours des années 50 avec le prolongement de la guerre d’Algérie sur notre sol, ni à celui de 1968.
 
Qu'est-ce que cette hausse des règlements de comptes et des autres formes de violences traduisent de notre capacité à faire face à la hausse de l'insécurité ? Par ailleurs, comment réagissent les forces de l'ordre qui sont de plus en plus souvent prises pour cibles ? Ont-elles les moyens de réagir efficacement ?
Notre système de sécurité publique est tout à fait capable de gérer cette montée actuelle de la violence, mais à deux conditions qui ne sont toutefois pas réunies pour le moment. D’abord, que les moyens humains, matériels et financiers attribués aux forces de l’ordre cessent d’être réduits, comme c’est le cas depuis plus d’une décennie. Ensuite, que les politiques fassent preuve de courage et prennent les décisions nécessaires pour faire respecter l’ordre public et la protection des biens, c’est-à-dire qu’ils fassent appliquer les lois et donnent l’ordre à la police et à la gendarmerie de faire le nécessaire dans ce but.
Or tout se passe comme si le principe même d’autorité était tabou et anti-démocratique et que nos dirigeants soient extrêmement réticents à l’appliquer… ce qui affaiblit le pays et démotive et exaspère les forces de l’ordre qui en sont les premières victimes.
Rappelons que face à la très grande menace anarchiste de la fin du XIXe siècle, la Troisième république avait réagi de manière extrêmement énergique en décrétant des lois qualifiées de "scélérates" par ceux qui en furent, à juste titre, les victimes.
Je crois qu’il est bon de rappeler que l’engagement de lycéens dans les manifestations contre la loi El-Khomri ne devrait pas être tolérée ni médiatisée. C’est une question de bon sens. Ce ne sont pas des étudiants. Si la jeunesse est la première des richesses nationales, lui donner une telle importance médiatique c’est la rendre incontrôlable. La responsabilité des politiques, des journalistes, mais aussi des enseignants et des parents en la matière est immense !
 
Avec la possibilité pour les policiers de conserver leur arme au-delà de leurs seules heures de service, ne faut-il pas craindre – compte-tenu de leur état de lassitude et de fatigue vis-à-vis de la situation – l'émergence de groupes plus "radicaux", à l'image d'Honneur de la Police dans les années 1970 ? Pour quels risques concrets ?
Les frustrations des forces de l’ordre sont grandes, à juste titre. D’une part elles sont 'sursollicitées', d’autre part le pouvoir politique leur demande d’agir tout en leur liant les mains. Enfin, elles voient certains des leurs pris pour cibles. Ajoutons à cela qu’elles connaissent des conditions de travail et d’hébergement de plus en plus déplorables, comme en témoignent nombre de commissariats dans un état sordide ou le patrimoine immobilier de la gendarmerie qui se dégrade d’année en année, faute de budget. Plus frustrant encore, dans des cas de plus en plus nombreux, il est demandé à la police et à la gendarmerie de ne pas agir. Deux exemples : elles ne doivent pas poursuivre un jeune en deux roues circulant délibérément sans casque sous leurs yeux, car une poursuite pourrait provoquer un accident… et ce jeune pourrait alors être blessé ou pire, car il n’a pas de protection ; elles seraient alors considérées comme responsables de la situation ! Elles ne peuvent dresser un procès-verbal ou interpeller une femme voilée de peur de déclencher une émeute… et sont donc contraintes d’accepter des comportements officiellement interdits par la loi. Tout cela devient de plus en plus ubuesque.
Aussi, lorsque les terroristes et les casseurs s’ajoutent aux zadistes et aux incivilités et s’en prennent aux forces de sécurité, et que certains mouvements extrémistes reprennent la rengaine éculée "police = oppression", la coupe est pleine.
Mais en dépit de cette situation particulièrement tendue et difficile pour eux, les femmes et les hommes des forces de l’ordre restent tous des citoyens respectueux de l’ordre républicain. Le seul risque est aujourd’hui de les voir voter pour un parti préconisant l’ordre et l’autorité.
 
Qu'en est-il de l'armée française, dont on sait qu'un certain nombre de gradés se montrent de plus en plus critiques à l'égard du pouvoir et n'hésitent plus à s'exprimer ?
Je crois qu’il faut définitivement tordre le cou à cette vieille idée reçue de la tentative d’intervention des militaires dans la vie politique. Nous ne sommes plus en 1961. En revanche, les armées souffrent elles aussi d’une réduction de leurs moyens, d’un sur-emploi dans des opérations extérieures comme en France (opération sentinelle dans laquelle nous utilisons des combattants d’élite comme de vulgaires vigiles), de moyens insuffisants et de temps de récupération réduits au minimum. Tout cela entraine lassitude et sentiment de gâchis. Il est dès lors normal que certains cadres prennent la parole pour dénoncer la situation. Le livre du général Soublet (gendarmerie) et les prises de position d’autres officiers généraux s’inscrivent dans ce cadre et nul ne saurait le leur reprocher.
 
Quels sont les épisodes de l'histoire où les forces de police et de l'armée ont pu être moins légitimistes ? Quelles leçons doit on en tirer aujourd’hui ? Faisons-nous face à une situation d'urgence, comparables à de précédentes crises importantes dans notre histoire ?
Nous sommes une démocratie mature et assagie, en dépit des soubresauts actuels. Pas plus les policiers, les gendarmes que les militaires n’ont d’aspiration à sortir du cadre de leur mission. En revanche, tous aspirent à être commandés, employés à bon escient et respectés. Et comme n’importe quel citoyen, ils veulent voir le pays dirigés par une classe politique responsable.
Le danger pour notre nation ne vient pas d’un hypothétique risque de réaction de ceux qui incarnent la force publique. Le terrorisme, pour abject qu’il soit n’est pas non plus de nature à ébranler l’édifice national : rappelons qu’il ne représente que 1% du nombre total des homicides et 0,06 % des morts violentes en France sur les 15 dernières années. Le risque principal est la fragmentation nationale sous le double effet du travail de sape de minorités agissantes de toute nature (islamistes, ultra-gauche, extrême-droite) et de l’irrésolution de nos politiques, prisonniers de la lettre et non de l’esprit de notre culture de la démocratie et des Droits de l’homme.

Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R)

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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