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GAVE Charles

GAVE Charles

Né le 14 septembre 1943
4 enfants


Economiste et financier

Président Fondateur de l'Institut des Libertés (www.institutdeslibertes.org)


Diplômé de l'université de Toulouse (DECSS d'économie)
     et de l’université de Binghamton (MBA),

Président Fondateur de Gavekal research (www.gavekal.com) et de Gavekal securities (Hong Kong)
Membre du conseil d'administration de SCOR
Co-fondateur de Cursitor-Eaton Asset Management (Londres) (1986)
Créateur de l'entreprise Cegogest (recherche économique) (1973)
 
Ouvrages
Charles Gave s'est fait connaitre du grand public en publiant un essai pamphlétaire :
Des Lions menés par des ânes (Editions Robert Laffont) (2003)
     où il dénonçait l'Euro et ses fonctionnements monétaires.
     Ouvrage préfacé par Milton Friedman
Un libéral nommé Jésus, Bourin, 2005
C'est une révolte ? Non, Sire, c'est une révolution. L'intelligence prend le pouvoir, Bourin, 2006
Libéral, mais non coupable, Bourin Éditeur, 2009
'Etat est mort, vive l'état - Editions François Bourin 2009
     Dernier ouvrage qui prévoyait la chute de la Grèce et de l'Espagne. 

URL du site internet:

Les hommes de Davos

Publié dans Du côté des élites
Petit inventaire des méthodes sordides employées par les hommes de Davos pour enfumer les populations et rester au pouvoir
 
Procédons par ordre
Qu’est qu’un homme de Davos ?
Pour répondre, il nous faut reprendre la définition de l’homme de Davos fournie par l’inventeur de l’expression, Samuel Huntington, dans son dernier livre "Qui sommes-nous" (publié juste avant sa mort quelques années après son best-seller "Le choc des Civilisations".)
La définition était la suivante.
Dans la plupart des pays, le peuple est patriote, attaché à sa culture, favorable à l’immigration à condition qu’elle soit contrôlée et donc faite de populations qui cherchent à s’assimiler en embrassant le "roman national" (Renan). Mais de plus en plus, nous dit Huntington, les élites qui sont effectivement au gouvernement se veulent internationales, opposées à toute préférence nationale, favorables à des mouvements de population massifs changeant la nature même des cultures locales et violemment opposées à tout roman national tant ils veulent que les nouveaux arrivants conservent leurs cultures nationales (?).
 
Pour résumer, les élites se veulent et se disent citoyens du monde (les hommes de Davos) et n’ont que mépris pour les citoyens des pays qu’ils administrent, comme le démontre la phrase de madame Clinton traitant la moitié de la population américaine de "déplorables et de racistes misogynes"et s’étonnant d’être battue à l’arrivée. La réalité est que les hommes de Davos détestent les hommes ancrés dans leur sol. Pourquoi ? Je ne le sais pas.
Et nous informe notre auteur, toute cette élite a été formée dans les mêmes écoles, passant allègrement d’HEC à Harvard ou Cambridge ou de Polytechnique au MIT ou Cambridge.
Et ceux qui ne sont pas au gouvernement sont aux commandes des grands groupes multinationaux qui sont bien entendu les principaux bénéficiaires de cette mondialisation heureuse.
Et ceux qui ne sont ni au gouvernement ni dans les affaires sont dans les media où ils font ce que leurs copains de classe leur disent de faire.
Ils lisent tous the Economist, le FT, le NY Times et le Monde, participent aux mêmes séminaires et aux mêmes congrès, vont en vacances aux mêmes endroits, se marient entre eux et se congratulent les uns les autres d’être arrivés là où en sont par l’intermédiaire des media ou ils publient de nombreux papiers pour expliquer, comme ce brave Pangloss juste avant la révolution française, que nous vivons dans le meilleur des mondes.
Comme dans la parabole du pharisien et du publicain, dans toute cérémonie officielle, ils s’assoient toujours au premier rang tandis que le pauvre publicain, c’est à dire vous et moi, avons le droit de nous mettre au dernier rang à condition de ne pas trop nous montrer et de ne pas sentir trop mauvais et bien sûr, à condition aussi que nous payions la note.
Bien entendu, ils sont favorables à une immigration de masse qui leur permet de payer très peu les nounous pour leurs enfants, les jardiniers pour leurs propriétés ou les chauffeurs pour emmener leurs enfants à l’école.
 
Cette superclasse domine le monde de la politique et des affaires depuis vingt-cinq ans, c’est-à-dire depuis la chute du mur de Berlin, sans interruption. Avant, ils faisaient attention tant les débiles en dessous auraient pu voter communistes.
Hélas pour eux, cette classe, au sens marxiste du terme, vient de ramasser quelques solides raclées lors des dernières consultations électorales telles la déroute du Brexit, le triomphe de Trump ou la déculottée du dernier référendum italien.
Et du coup notre classe de génies s’est rendu compte que le peuple n’était plus dupe de leurs mensonges et qu’il fallait trouver autre chose.
Et comme ils sont beaucoup moins malins qu’ils ne le pensent, les moyens qu’ils utilisent pour essayer de conserver leur monopole sur le pouvoir sont complètement prévisibles et transparents de naïveté.
 
J’ai donc pensé qu’il serait intéressant que je fasse une petite recension de leurs carabistouilles de façon à aider les lecteurs de l’IDL dans les discussions politiques qu’ils ne vont pas manquer d’avoir dans les mois qui viennent.
Mon but est très simple: Je veux lancer un jeu facile et tout d’exécution.
Quand vous entendrez l’une de ces éminences se lancer dans une explication visant à le faire élire ou réélire, il faudra reconnaitre le numéro de la carabistouille et en faire part aux autres lecteurs, en expliquant sur quel sentiment nos héros essaient de jouer pour inciter les auditeurs à voter pour eux.
Les entrées reconnues comme valides auront droit à un livre gratuit parmi ceux qui sont ou seront réédités par l’IDL.
 
Voici donc les carabistouilles rangées sans ordre particulier.
Numéro 1: Vous qui êtes intelligents et qui faites quasiment partie de la super classe vous ne pouvez pas voter avec ces demeurés ? On fait appel ici à deux ressorts, l’envie d’appartenir et la peur d’être confondu avec les crétins du bas. Cela marche très bien avec les demi-intellectuels qui bossent dans les media ou dans l’éducation.
 
Numéro 2 : si vous expliquez que dans le fond vous aimez bien votre pays, l’on vous rétorque qu’Hitler aussi aimait le sien. C’est ce que j’appelle la "réduction ad Hitlerium" et cela marche parfaitement dans tous les débats télévisés. L’idée est de vous couvrir de honte pour que vous vous taisiez à jamais, le principe étant celui de l’excommunication pratiquée autrefois avec beaucoup de succès par l’Eglise Catholique. Ça a fonctionné à la satisfaction générale quand la superclasse avait le monopole des media, ça ne marche plus depuis que tous les exclus se parlent les uns aux autres par internet et se rendent compte qu’ils sont une majorité. Dans un monde où il n’y a que des Protestants, être excommunié par l’Eglise Catholique n’est pas très grave.
 
Numéro trois : depuis l’an 2000 c’est-à-dire bien avant que le FN ne le dise, je dis à qui veut l’entendre que l’euro est un désastre et qu’il va disparaitre. Voilà une preuve irréfutable que je suis un partisan du FN et que donc je n’ai pas le droit à la parole dans une société civilisée. La méthode ici est très simple : les surhommes pensent qu’ils contrôlent le "logos". C’est donc eux qui décident de ce qui peut ou ne peut pas être discuté dans la société. Il s’agit ici d’une forme de censure non déguisée, appuyée sur le principe d’autorité qui d’après Saint Thomas d’Aquin est irrecevable lors d’une discussion entre gens normaux.
"La question ne sera pas posée" comme le disait l’avocat général au moment de l’affaire de Panama. Deux remarques içi : je ne leur ai donné aucune autorisation pour monopoliser l’ordre du jour de ce qui peut ou ne pas être discuté et ensuite je ne vois pas ce qui leur permet d’exclure trente pour cent de la population du débat publique. Il faudrait que quelqu’un informe mes surhommes qu’ils ne contrôlent plus le Logos.
 
Numéro quatre : vous qui êtes un homme pragmatique (ce qui veut dire malhonnête en bon français), rejoignez-nous. Nous contrôlons tous les media, toutes les universités, nous vous nommerons à la commission d’éthique de la fédération française de pétanque ou de chasse, vous serez invité à faire des voyages d’études en Polynésie ou à la Martinique en hiver, vous aurez votre tabouret à la télévision où vous direz bien sur ce que l’on vous a dit de dire et vous ferez la fierté de votre quartier. Ça, c’est tout simplement de la corruption et croyez moi, ça marche très bien surtout avec les journalistes officiels ou non.
 
La Numéro cinq est de loin la plus subtile. Les pouvoirs souterrains qui nous gouvernent préparent longtemps à l’avance l‘arrivée d’un homme "nouveau", sans histoire personnelle, sans aucune idée à lui, dont nul ne sait d’où il vient, et cet homme se présente aux élections et est élu triomphalement. Comme chacun des lecteurs s’en est rendu compte, du moins je l’espère, je fais allusion ici à monsieur Obama, créature forgée de toutes pièces par le parti Démocrate dont nul se souvient à Columbia où il a fait soit disant ses études, personne ne sachant qui les a payé au demeurant, son dossier à l’université étant bloqué pour cinquante ans, sans que nul ne sache pourquoi. Bien que ne s’étant jamais présenté à une élection concurrentielle et n’ayant jamais exercé la moindre responsabilité il fût élu président des USA en ne débitant que des platitudes. Et cette élection permit à ma superclasse de rester au pouvoir et ce continuer à tondre les moutons tranquillement. Chacun se rend compte cependant, huit ans après, que cela faisait des années que la marionnette était sculptée jusque dans ses moindres détails et qu’il fallait être idiot pour croire qu’une idole représentait une solution.
 
Je tiens à préciser ici que toute ressemblance avec monsieur Macron n’est en rien le fait du hasard. Le parti socialiste est en train d’essayer de rééditer en France le coup Obama en remplaçant Obama par Macron. Voter pour monsieur Macron, c’est bien évidemment voter pour une marionnette encore plus improbable que monsieur Obama et ceux qui ne s’en rendent pas compte ont, à mon avis, un vrai problème de compréhension du monde qui les entoure.
Cela me fait penser à des esclaves qui voteraient avec enthousiasme pour le chaouch qui les garde en bon ordre à grands coups de fouet.
 
Les cinq premières carabistouilles sont à dire vrai d’aimables plaisanteries sans grande conséquences. La sixième est beaucoup plus grave parce qu’elle s’attaque à ce qui constitue l’essence de la volonté de vivre ensemble, c’est-à-dire a la croyance qu’une justice impartiale existe. Détruire cette croyance c’est détruire la Nation et cela peut amener à une guerre civile.
Elle consiste à se servir des institutions de l’Etat conquis de haute lutte depuis des décennies pour faire tomber les opposants un peu trop efficaces en se servant de la Justice pour museler de tels hommes avec bien sûr la complicité des media.
Prenons monsieur Fillon qui n’a rien fait d’illégal mais qui a peut-être fait quelque chose que la majorité de la population considère comme immoral, ce qui n’est pas la même chose. (Voir mes articles sur Abélard).
 
Le rôle de l’Etat est de punir le crime et non le péché, qui ne regarde que la conscience de tout un chacun. Monsieur Fillon a peut-être commis un péché, mais en aucun cas un crime puisque ce qu’il a fait était autorisé par la Loi.
Par contre, si monsieur Hollande et monsieur Macron se sont servis de la justice pour biaiser les résultats de l’élection, alors là, il s’agit certainement d’un crime et ils devraient tous aller en prison si on pouvait le prouver, les juges en premier.
Si la réalité est que l’on poursuit monsieur Fillon en justice, tout en étant certain qu’en fin de compte il y aura un non-lieu une fois l’élection passée et si les media se joignent à la curée puisqu’ils sont tous détenus par des membres éminents de la superclasse, alors on pourra sans doute faire élire le pantin mentionné au paragraphe précédent, en laissant un homme à près honorable brisé avec toute sa famille sur le bord de la route.
Et le peuple deviendra enragé.
C’est ce que les journalistes politiques, toujours aux ordres, appellent "être habile".
Ce n’est en rien être habile. C’est tout simplement être criminel.
Le résultat est évident : Si vous voulez faire rire l’assistance dans un café ou dans une réunion vous dites simplement : "moi, je fais confiance à la justice de mon pays" . Et tout le monde de s’écrouler de rire. Et ces rires me terrifient.
Car la Bible, dans les "proverbes" n’a pas de mot trop dur pour le juge inique qui se soumet aux ordres des puissants. Et pour cet homme, ou cette femme, il n’y a pas de pardon possible.
 
Le peuple, depuis un certain temps a parfaitement compris qu’il était manipulé grâce aux techniques allant de un à cinq. Il a tendance à se dire c’est de bonne guerre, je me suis fait avoir et à passer à autre chose.
Mais je suis certain d’une chose : en aucun cas, il ne pardonnera la manipulation criminelle de la justice à des fins aussi basses s’il se rend compte que l’on cherche à l’empêcher de voter pour qui il veut.
Ce que je ne sais pas cependant est très important.
Cette inéluctable révolte va-t-elle amener le peuple à voter pour monsieur Fillon ou pour madame Le Pen ? Il votera pour madame Le Pen s’il pense que monsieur Fillon fait partie lui aussi de la superclasse. Et dans ce cas-là, madame Le Pen sera élue.
Et les hommes de Davos n’auront que ce qu’ils méritent.
Les paris sont ouverts.

Paru sur institutdeslibertes.org, 6 mars 2017

Trump, le Logos et ...

Publié dans A tout un chacun
Trump, le Logos et les Révolutionnaires Français
 
Pour les Grecs anciens, le "Logos"’ constituait l’essence  même de la Raison qui au travers de la connaissance d’une langue permettait la discussion et la démonstration lors d’un débat de type éthique, politique ou scientifique. 
Tout citoyen, tout homme d’état devait avoir une maîtrise parfaite du Logos, c’est-à-dire des éléments de langage qui permettaient de communiquer avec les autres citoyens lorsque des discussions sur l’avenir de la Cité avaient lieu. Et celui – ou ceux- qui contrôlaient le mieux le Logos contrôlait ipso facto la Cité presque automatiquement. 
Et donc, dès les origines de notre civilisation est apparu le concept que contrôler et comprendre le langage amenait à dominer le système politique. Et toute notre civilisation s’est construite sur ce concept qui fut renforcé lorsque les Chrétiens  assimilèrent le Logos à Dieu : "Au commencement était le Verbe (Logos), et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu".
L’idée centrale de notre civilisation fut donc que le Logos, la Raison et Dieu dans le fond c’était la même chose et que s’attacher à comprendre l’œuvre de Dieu par la raison et l’expliquer par la parole c’était faire œuvre divine et servir les hommes. 
D’où vint le développement de la science dans les pays chrétiens et pas ailleurs. Et du coup, tout bon dictateur comprit qu’empêcher les gens de se parler était essentiel s’il voulait garder le pouvoir et donc qu’il fallait contrôler le Logos si l’on voulait contrôler le peuple, ce qui nous amena aux totalitarismes du XXème siècle.
 
Cette réalité fut expliquée par Georges Orwell dans son livre "1984", qui ne faisait que décrire la situation qui existait en Union Soviétique et dans les pays communistes en 1948.  
Dans cet ouvrage, Big Brother n’essaie pas de contrôler le Logos qui pour les Grecs anciens était synonyme de "Raison" mais bien au contraire d’imposer une nouvelle façon de parler, la "novlangue" qui empêchera les citoyens de communiquer les uns avec les autres, chaque mot voulant dire presque exactement le contraire de ce qu’il signifiait dans son acceptation initiale. Paix veut dire guerre, les camps de concentration sont appelés des écoles, la vérité veut dire le mensonge et ainsi de suite.
Le but final est bien sûr d’abord d’empêcher toute discussion entre citoyens, et donc tout complot contre le pouvoir, mais aussi et surtout de signaler les "déviants" qui utiliseraient les mots dans leur acceptation originale. 
Et pour mettre ces déviants en prison, un Ministère de la Vérité est créé qui s’occupe avec beaucoup de compétence d’envoyer les mauvais sujets en rééducation, ce qui en novlangue veut dire bien sûr à la mort…    
Tout cela est connu et a été analysé mille fois. 
 
Mais ce qui n’a pas été expliqué c’est le pourquoi de cette tentative visant à empêcher les hommes de communiquer les uns avec les autres ? Pour garder le pouvoir, certes, mais cela n’est pas suffisant comme explication.
Et c’est la qu’intervient Chantal Delsol un des derniers géants intellectuels qui reste à notre pays dans son livre prodigieux d’intelligence et de culture, La Haine du Monde, totalitarismes et postmodernité, aux éditions du Cerf. Car j’ai enfin compris, grâce à elle, pourquoi les grandes dictatures du dernier siècle s’appuyaient toutes sur une tentative de destruction de la Raison, du Logos et donc de Dieu.
En voici l’explication, ou la raison, les deux mots étant merveilleusement synonymes dans ce cas.
Au XVIII, comme chacun le sait, nous avons eu en Ecosse, en Grande-Bretagne, aux USA et en France un bouillonnement d’idées que l’on a coutume d’appeler "Les Lumières". Les Lumières anglo-saxonnes s’attachèrent à établir un système de gouvernement –la Démocratie - qui permettait à chaque homme de se réaliser pleinement en limitant la capacité qu’avait le pouvoir de brouiller le Logos.
En France, il en alla différemment. 
Le but n’était pas d’établir un système de gouvernement qui permette aux hommes de discuter entre eux sans entre-tuer mais de prendre le pouvoir politique pour changer l’homme et créer de ce fait un "homme nouveau ". Et pour créer cet homme nouveau, il fallait d’abord casser tous les liens qu’il pouvait avoir avec les autres hommes et donc détruire tous les corps intermédiaires tels les affinités locales, les églises, les écoles les familles… Il fallait créer un homme sans racines. Et le lien le plus profond qui nous unit aux autres, c’est bien sur le langage, le "logos" qu’il fallait détruire en priorité si l’on voulait construire cet homme nouveau.
Les anglo-saxons voulaient établir une société conforme aux demandes du Logos, les Français, tels Satan avant eux, voulaient remplacer le Logos et devenir des Dieux et bien sûr ils amenèrent l’enfer en se prenant pour des démiurges.   
Pour arriver au résultat cherché, les héritiers des lumières françaises mirent en effet en place une tyrannie comme l’histoire en connut peu. Cette tentative échoua comme chacun le sait dans le sang, les massacres de dizaines de millions d’innocent et la misère physique, morale et intellectuelle. Et donc il est exclu de recommencer une fois encore à tuer des gens par millions pour engendrer un homme nouveau.
Mais l’idée n’a pas disparue, bien au contraire, et ses partisans continuent à la pousser en utilisant sans répit deux armes extraordinairement puissantes.
La première c’est l’exclusion et la deuxième c’est la dérision.
 
Commençons par l’exclusion. 
La novlangue était une tentative pour renverser le sens même du Logos et cela ne pouvait marcher que s’il existait des camps de concentration. Faute de camp de concentration, les partisans de l’homme nouveau ont décidé que quiconque parlerait de racines chrétiennes, locales, familiales, professionnelles, historiques et que sais-je encore serait d’abord interdit d’expression dans tous les média ou dans tous les lieux de savoir et ensuite que sa carrière s’arrêterait pour toujours (Voir le sort des universitaires qui ont contribué au Livre Noir du Communisme par exemple, ou les ennuis de Renaud Camus). 
Et en bons Marxistes / Trotskistes, ils ont manœuvré depuis trente ans pour prendre le contrôle de toutes les institutions ou la parole s’exprime. Et pour mieux repérer les déviants, ils ont remplacé la novlangue, fondée sur le mensonge, par le politiquement correct, c’est-à-dire par l’interdiction faite à quiconque de prononcer certains mots comme Patrie, Famille, Ville, Chrétienté pour en finir par interdire les mots "homme" ou "femme". Le nouvel homme – ou la nouvelle femme - ne peuvent même plus se rattacher à leur sexe puisqu’il doit être détaché de tout ce qui relierait à  ses racines. Et pour arriver à leurs fins, ils pratiquent non seulement l’exclusion mais aussi et surtout la dérision.

Quiconque en effet a un discours fondé sur l’enracinement de la personne humaine dans sa famille, dans sa ville, dans sa Nation ou que sais-je encore est automatiquement traité comme un débile profond, un "beauf"» qu’il est urgent de couvrir de sarcasmes et d’insultes du type Français rancis ou Pétainistes, de partisans de la petite Angleterre pour ceux qui ont voté le Brexit, le comble ayant été atteint quand Madame Clinton a traité la moitié de la population Américaine de "déplorables". Pour faire bref, la Liberté d’expression est pour eux et pour eux seuls tant il est entendu que ceux qui ne sont pas d’accord ne peuvent être que fous. Ce que disait déjà leurs grands amis des totalitarismes précédents qui, ne pouvant plus massacrer leurs opposants les mettaient dans des asiles de fous.
Il est donc tout à fait évident qu’ "ils" ont remplacé le totalitarisme "dur" par un totalitarisme "mou" aussi efficace que son ancêtre pour empêcher le Logos de dominer le monde comme il le devrait. Et cela fait trente ans qu’ils y travaillent sans relâche, ce qui explique le désert intellectuel qui règne dans tous nos pays.
Et tout d’un coup, stupéfaction !
Monsieur Trump est élu en ayant prononcé au cours de sa campagne tous les mots interdits et il a un but et un seul, faire disparaître le pouvoir que ces nuisibles s’étaient accaparé. Et du coup on assiste à un spectacle extraordinaire : tous ces gens-là courent en rond comme des poulets sans tête en proclamant son "illégitimité" ou en disant qu’il est fou, ce qui exactement ce que disait les communistes à Moscou de leurs opposants.
Mais la réalité est différente : c’est eux qui sont illégitimes puisqu’ils ont voulu imposer au peuple ce que le peuple ne voulait pas, au nom de je en sais quel cauchemar millénariste. La réalité profonde est que le Peuple aime ses racines. Et je ne peux m’empêcher de sourire : encore une fois, "les voies du Seigneur sont impénétrables" puisque le Logos est en train d’être rétabli à grands coups de tweeters par le Président élu le plus improbable de l’histoire américaine.
Le règne du Logos rétabli par Tweeter : on me l’aurait dit, je n’y aurai pas cru.   

institutdeslibertes.org

... un pays bas, votez Hollande

Publié dans Avec l'Europe
Pour avoir un pays bas, votez Hollande
 
Les lecteurs de l’Institut des Libertés se souviennent peut être de la mauvaise plaisanterie que m’avait inspiré la campagne de monsieur Hollande il y a cinq ans déjà, et qui figure comme titre à cet article. Rarement un slogan électoral aura été aussi prémonitoire.
A mon immense stupéfaction, je viens de me rendre compte que cet homme prodigieux de modestie a encore des partisans puisque qu’il me revient aux oreilles que certains d’entre eux se répandent dans les media et les diners en ville à Paris en soutenant que monsieur Hollande n’a pas de chance puisqu’il s’en va au moment même où l’économie française serait en train de redémarrer. Et tous de souligner que ce redémarrage serait la conséquence des réformes courageuses (?) que notre géant de la politique aurait imposé à une France récalcitrante. Et là, je ne peux m’empêcher de m’interroger.
Mais de quelles reformes parlent-ils ?
En dehors du mariage pour tous qui s’est terminé par un divorce entre les socialistes et le peuple et de nombreuses et considérables augmentations d’impôts frappant tous ceux qui n’avaient pas voté pour lui, je ne me souviens d’aucune réforme qui vaille la peine d’être mentionnée. Sûrement un manque d’attention de ma part.
Quant aux succès économiques de ces dernières années, il faut vraiment un œil d’aigle ou un microscope pour en trouver la trace.
J’imagine que dans les mois qui viennent les journaux vont être remplis de diagnostics divers et variés sur les résultats de cette présidence qui s’achève. Pour ma part, je ne vois pas très bien ce que nous avons à gagner à revenir à l’IDL sur cette période pénible de notre histoire et mon intention n’est pas de faire un travail exhaustif sur les cinq dernières années. Beaucoup, beaucoup trop ennuyeux.
A l’impossible, nul n’est tenu…

Mais pour couper court à toutes les billevesées parisiennes, je voudrais simplement rappeler :
- que depuis cinq ans, la dette de l’Etat Français n’a cessé de grimper et se rapproche dangereusement des 100 % du PIB et que cette dette est montée allégrement de 4.5 % par an alors même que le PIB du secteur privé lui ne montait que de moins de 1 % par an et que la production industrielle baissait de 0.2% par an.
- que le chômage (catégories A, B, C) est monté de plus de 1 millions de personnes depuis l’élection de notre grand homme.
- que les comptes courants (nouveau nom de la balance avec l’extérieur) sont toujours en déficit.
- que le poids de l’Etat dans l’économie est à plus haut historique qui frise les 60 %, ce qui prouve que la France souffre bien d’un excès de libéralisme, ce dont toute la gauche est convaincue.
Les lecteurs pourront compléter cette liste à leur gré, tant je suis sûr qu’ils ont tous des idées à mentionner sur les nombreux succès économiques de notre héros au sourire si sot. Mais là où je m’amuse, c’est quand ces mêmes personnes nous disent que leur boule de cristal leur annonce une amélioration substantielle de la situation dans les 12 mois qui viennent.
Voilà qui me fait penser aux vœux prononcés par Nicolas II le Tsar de toutes les Russies en décembre 1916 pour souhaiter une bonne année à son peuple. Il avait expliqué que l’année 1916 avait été horrible et que donc 1917 ne pouvait être que meilleure…  Brillante prévision s’il en fut…

Et, de fait, je me fais un peu de souci pour 2017.
Il est en effet dans ma nature et parce que c’est requis par mon métier, non pas d’essayer de scruter l’avenir car cela est impossible mais de regarder des événements qui se passent aujourd’hui et qui annoncent peut-être un avenir qui ne va pas chanter tant que cela.
Et quelque chose commence à me donner du souci : les taux français sur les obligations à 10 ans s’écartent depuis quelques temps des obligations allemandes sur la même duration. Que le lecteur veuille bien considérer le graphique ci-dessous.
 
 
 
La ligne rouge, c’est simplement l’écart des taux entre les 10 ans allemands et les 10 ans français, cet écart des taux étant aujourd’hui aux alentours de 50 points de base. La ligne bleue c’est la moyenne mobile sur les deux dernières années de cet écart des taux. En bas, en noir, nous avons l’indice des cours des valeurs bancaires européennes. Et enfin le hachurage gris représente les périodes de récession dans l’économie française.
Et bien chaque fois depuis 25 ans que l’écart de taux entre l’Allemagne et la France se creuse (ligne rouge sous la ligne bleue) et que les cours des valeurs bancaires baissent, nous avons eu une récession en France.
 
Pourquoi ?
Tout simple : à chaque fois, cela voulait dire qu’une attaque sur le franc français quand il existait ou sur l’Euro (depuis que le ff a disparu) était en préparation. Et que cette attaque allait mettre à mal le bilan des banques européennes bourré d’obligation françaises, italiennes ou espagnoles, ce qui allait nous amener dans une récession.
Or, à mon avis, le feu est allumé sous la marmite de l’euro depuis les élections italiennes au moins et en conséquence la marmite peut menacer de déborder à tout moment.
Et donc ma conclusion sur monsieur Hollande sera la suivante : Tout le monde a l’air de penser qu’il ne va plus rien se passer politiquement en France jusqu’à la fin Mai et que tout ce que monsieur Hollande a à faire c’est expédier les affaires courantes.
Je n’en suis pas sûr du tout.
Une nouvelle crise sur l’Euro peut arriver à tout moment, et de droit ce sera à monsieur Hollande et à monsieur Sapin de prendre les décisions qui s’imposeront alors qu’ils n’auront plus la moindre légitimité pour le faire. Ce qui voudra dire que Bruxelles ou la BCE n’auront aucun interlocuteur en face d’eux quand il faudra prendre des décisions désagréables en pleine campagne présidentielle. Et monsieur Hollande ne pourra pas demander à monsieur Fillon de venir l’aider, puisque ce serait faire le jeu du FN ou de l’extrême gauche.
 
Voilà qui va plaire à Marine, Mélenchon et autres Montebourg et nourrir les discussions pendant une campagne électorale qui s’annonce peut-être un peu plus animée que la classe politique ne le croit, en particulier sur la nécessité de rester ou non dans l’euro…
Un bon sondage ou deux pour Marine, et le coup peut partir à tout moment.
Voilà qui pourrait être plaisant compte tenu de la capacité à prendre des décisions de notre Président sortant.
A mon avis, si le coup partait, si une crise de l’euro se déclenchait pendant la campagne présidentielle française, ça risquerait de sentir le sapin assez vite…

Paru sur Institut des Libertés, 16 janvier 2017

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