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GAVE Charles

GAVE Charles

Né le 14 septembre 1943
4 enfants


Economiste et financier

Président Fondateur de l'Institut des Libertés (www.institutdeslibertes.org)


Diplômé de l'université de Toulouse (DECSS d'économie)
     et de l’université de Binghamton (MBA),

Président Fondateur de Gavekal research (www.gavekal.com) et de Gavekal securities (Hong Kong)
Membre du conseil d'administration de SCOR
Co-fondateur de Cursitor-Eaton Asset Management (Londres) (1986)
Créateur de l'entreprise Cegogest (recherche économique) (1973)
 
Ouvrages
Charles Gave s'est fait connaitre du grand public en publiant un essai pamphlétaire :
Des Lions menés par des ânes (Editions Robert Laffont) (2003)
     où il dénonçait l'Euro et ses fonctionnements monétaires.
     Ouvrage préfacé par Milton Friedman
Un libéral nommé Jésus, Bourin, 2005
C'est une révolte ? Non, Sire, c'est une révolution. L'intelligence prend le pouvoir, Bourin, 2006
Libéral, mais non coupable, Bourin Éditeur, 2009
'Etat est mort, vive l'état - Editions François Bourin 2009
     Dernier ouvrage qui prévoyait la chute de la Grèce et de l'Espagne. 

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Ami, entends-tu... ?

Publié dans Du côté des élites
Ami, entends-tu le bruit sourd du pays qu’on enchaine ?
 
Plusieurs événements ont attiré mon attention lors des derniers mois, et tous confirment mes pires craintes : une attaque fort bien menée contre notre système démocratique est en cours.
 
Commençons par l’élection présidentielle.
Les hommes de Davos (HdD) et autres oints du Seigneur (ODS) qui gouvernent la France depuis trop longtemps déjà ont eu une peur bleue lorsqu’ils se sont réveillés les matins suivants les votes pour le Brexit et pour monsieur Trump. Les peuples se révoltaient contre leurs maîtres, les incultes se rendaient compte que le Roi était nu et votaient en conséquence, ce qui était insupportable.
Une contre-attaque fut donc organisée pour que la même chose ne se produise pas chez nous.
Dans le droit français traditionnel, il existe plusieurs principes généraux dont le premier est que "on ne choisit pas son juge". Ce qui veut dire que les parties à un procès, parquet y compris, en matière pénale n’ont pas la possibilité de choisir tel ou tel juge, ou telle ou telle juridiction. Il y a des règles générales de compétence territoriale, ou de spécialités techniques qui vont amener des juridictions à intervenir mais ce sera par détermination de la loi. C’est la raison pour laquelle ce que l’on appelait "les juridictions d’exception" sont aujourd’hui proscrites.
Le deuxième principe est celui que les juridictions du fond ne peuvent pas s’auto saisir. Elles ne peuvent l’être qu’à l’initiative d’une partie. Or le parquet est lui aussi une partie au procès en matière pénale, doté de prérogatives spéciales puisqu’il est "l’avocat de la République".
En application de ces principes, si à la suite d’une enquête préliminaire qui n’est pas contradictoire, il considère qu’il faut ouvrir une procédure d’instruction, il saisit le doyen des juges d’instruction, qui désignera le juge du siège qui diligentera "l’information judiciaire". Celle-ci devra se dérouler de façon contradictoire dans le respect rigoureux du code de procédure pénale et respecter le principe de la loyauté. Ces règles élémentaires ont été foulées aux pieds à l’occasion de la campagne présidentielle. Le Parquet National Financier (PNF) est une institution d’exception créée après l’affaire Cahuzac. Sa composition soigneusement organisée par l’Élysée Christiane Taubira en son temps, en ont fait une officine totalement dévouée au pouvoir en place.
Gros avantage, cette nouvelle entité, qui n’a répétons-le aucun pouvoir juridictionnel a la capacité de s’autosaisir, c’est-à-dire qu’elle peut lancer une enquête préliminaire à sa guise et au moment de son choix sur une personnalité qui deviendrait gênante pour le pouvoir en place (par exemple). On sait le rôle des médias, immédiatement destinataires des pièces de la procédure pourtant secrète, qui rendent ces enquêtes préliminaires politiquement meurtrières. Mais comme si cela ne suffisait pas, on a créé au tribunal de grande instance de Paris un pôle financier chargé de l’instruction. Dont les magistrats entretiennent avec ceux du parquet des relations étroites ce qui constitue une violation au principe de choisir son juge. Et en étant sur, de surcroît, que celui qui sera désigné aura les bonnes orientations politiques.
 
Rétrospectivement, l’idée de monsieur Hollande apparait très clairement : il était persuadé que son opposant aux élections présidentielles suivantes serait monsieur Sarkozy et qu’il était donc nécessaire de préparer des dossiers contre lui, que l’on ferait fuir au Canard Enchainé quelques semaines avant l’élection, ce qui permettait à un juge du PNF (ancien du syndicat de la magistrature ou pas) de s’autosaisir, permettant de ce fait la réélection du président sortant.
Monsieur Hollande ayant été par trop lamentable, il a fallu que nos hommes de Davos réorganisent hâtivement le plan de campagne compte tenu du désastre Brexitien et de l’élection de monsieur Trump.
L’ennemi à battre n’était plus monsieur Sarkozy, mais le Peuple.
Commençons par le but à atteindre. Il fallait qu’au deuxième tour nous ayons face à face un candidat représentant les hommes de Davos contre madame Le Pen, pour assurer le maintien au pouvoir de notre caste.
Il fallait donc attendre les résultats des primaires de la droite.
Si par hasard ce candidat était monsieur Juppé ou monsieur Sarkozy, il n’y avait aucune inquiétude à avoir, l’un et l’autre étant des membres solides et patentés de l’internationale de Davos.
Monsieur Fillon était plus embêtant avec son attachement à Philippe Seguin, ses racines régionales et sa femme anglaise (Galloise). A l’évidence, l’homme n’avait pas beaucoup de caractère, mais à l’évidence encore il ne pouvait pas être considéré comme "sûr". A tout hasard donc, un homme jeune et propre sur lui fut lancé dans la bagarre pour permettre de procéder le cas échéant à un gambit, un peu comme aux échecs.
 
Au grand dépit des hommes de Davos et des media, Fillon sortit vainqueur de la primaire de la droite et la machine se mit en route.
Notre "propre sur lui" bénéficia immédiatement du soutien de tous les patrons du capitalisme de connivence français qui fort opportunément détenaient une grande partie des media et fut rejoint par quelques vieux chevaux de retour de la démocratie chrétienne … et Fillon fut inculpé en temps utile par le PNF, ce qui garantissait la présence au deuxième tour du jeune homme propre sur lui.
Le but était atteint : l’homme de Davos fût élu, mais ce dont le peuple commença à se rendre compte c’est que nous avions eu en fait un coup d’état organisé par les hommes de Davos appuyés par une partie de la magistrature et avec la complicité de la quasi-totalité de la presse pour fausser une élection. Et du coup les électeurs se sont à peine donnés la peine d’aller voter au deuxième tour et encore moins aux législatives.
Et donc le nouveau président est certes légal, mais pas du tout légitime. Il n’y a pas eu "une rencontre entre un homme et un peuple" mais tout au plus une rencontre entre un homme et 20 % de l’électorat qui pensent comme lui, le candidat ayant été choisi parce qu’il faisait partie de ces 20 %.
Et ce qui me gêne aujourd’hui est bien sûr que notre président ait été élu grâce à un putsch organisé fort intelligemment par les hommes de Davos et les oints du seigneur, et que nous, les électeurs "normaux" avons été une fois de plus roulés dans la farine par ces mêmes hommes de Davos.
 
Mais si j’ai raison, ces hommes sans foi ni loi ne vont pas s’arrêter en si bon chemin.
Leur but étant de créer un état européen technocratique et qui n’aurait pas besoin de se soumettre aux élections –le vieux rêve de Jean Monnet- il va leur falloir accélérer autant que faire se peut le mouvement vers un tel système, car les peuples se réveillent parfois de leurs assoupissements et de tels réveils peuvent être douloureux pour ceux au pouvoir. Surtout quand le Président n’a aucune légitimité…
Il leur va falloir donc agir très, très rapidement, pour essayer de rendre la situation irréversible le plus vite possible.
L’étape suivante va sans doute aucun se produire au niveau européen et monsieur Juncker, comme d’habitude a été suffisamment stupide pour nous annoncer quel était le plan de bataille.
La monnaie européenne est un échec flagrant, qui a fait la fortune de l’Allemagne et ruiné tous les pays de l’Europe du Sud, chacun en conviendra, mais ce n’est un échec flagrant nous disent ceux qui l’ont créé que parce que le mouvement vers l’Europe a été trop lent.
La solution ce n’est donc pas moins d’Europe et plus de démocratie mais plus d’Europe et moins de démocratie.
Plus d’Europe veut dire mettre sur pied de toute urgence un Etat Européen muni d’un vrai Président Européen, qui aura prééminence sur les pouvoirs exécutifs locaux flanqué d’un ministre des finances européen qui aura droit de regard sur les finances de chaque état européen, mais aussi créer une armée européenne, des députés européens qui ne soient rattachés à aucune nation et que sais-je encore.
Et bien entendu, ce projet sera lancé dès que les élections allemandes seront passées et il s’agira et en premier lieu de transférer à des organismes européens non élus la souveraineté militaire française contre une promesse par l’Allemagne de financer nos déficits budgétaires et notre système social. L’Allemagne paiera pour les erreurs de nos hauts fonctionnaires, avec le sang des soldats français telle est l’offre française… Monsieur Macron est en train de réinventer le STO de sinistre mémoire.
Pour cela, il fallait d’abord se débarrasser du chef de l’armée, le général Pierre de Villiers tant cet homme était sourcilleux sur tout ce qui concernait la souveraineté militaire de la France, ce qui fut fait fort proprement et fort rapidement.
(Question : Mais qu’est qu’attend le General Pierre de Villiers pour se lancer en politique en créant un parti appelé "Souveraineté Française" qui mettrait fin aux souffrances du FN et des Républicains ?)
 
Résumons-nous.
La France a déjà perdu sa souveraineté
- sur ses frontières avec les accords de Schengen.
- sur sa Justice
- sur sa Loi Constitutionnelle
- sur qui peut ou ne pas vivre en France avec le Traité de Lisbonne qui avait été refusé par la population française quand il avait été présenté sous le nom de constitution européenne.
- sur sa monnaie avec le traité de Maastricht et l’euro.
Dans les mois qui viennent, tout le travail de monsieur Macron va être que la France finisse de perdre sa souveraineté budgétaire, déjà bien entamée hélas, mais surtout sa souveraineté militaire.
A ce moment-là, la France n’aura plus qu’une seule chose à vendre à l’Allemagne (lire l’Europe) pour boucler ses fins de mois : le siège de la France au conseil de sécurité aux Nations Unies, ce qui ne saurait tarder. Resteront peut-être l’Alsace et la Lorraine dont monsieur Macron, en fin négociateur qu’il est pourrait tirer sans aucun doute un bon prix, mais là j’anticipe un peu.
Que le gouvernement français actuel veuille lancer une telle initiative, je n’en doute pas une seconde.
Que cela réussisse à mon avis a à peu près autant de chances qu’une enclume a de voler, et pour deux séries de raison, les unes intérieures, les autres extérieures.
 
Commençons par les raisons intérieures.
Les hommes de Davos et autres ODS ont réussi à gouverner la France sans interruption depuis 1974 en faisant croire au peuple qu’il y avait une droite et une gauche, alors qu’en fait ces deux partis avaient été complètement noyautés par les HdD et les ODS qui avaient violemment expulsé tous ceux qui n’acceptaient pas leurs projets à long terme.
La dernière élection les a fait sortir du bois et chacun sait qui gouverne vraiment aujourd’hui notre pays et l’a gouverné depuis quarante ans. Et donc où ils réussissent ou ils sont foutus, telle est la réalité puisqu’ils sont maintenant en pleine lumière. Ils ne peuvent plus se cacher
Et comme ils le savent, je crains le pire pour nos Libertés. Les journalistes qui s’y opposeront seront virés, les sites des opposants seront hackés, les contrôles fiscaux vont pleuvoir sur ceux qui manifesteraient leur désaccord, la propagande sur les radios et dans les media sera insupportable. Ma chère épouse ne cesse de me dire que je vais avoir un accident de voiture…etc.
L’année qui vient à être dure, très dure pour l’IDL. Mais oh combien passionnante…
 
Venons-en aux raisons extérieures.
Le but de nos ODS est d’inféoder la France à l’Allemagne en offrant à cette dernière la force militaire française comme appât. L’idée est : vous payez nos (hauts) fonctionnaires et on vous apporte l’armée française et le feu nucléaire sur un plateau.
Cette tentative va amener à une levée de boucliers partout en Europe où voir resurgir l’empire de Charlemagne va susciter un enthousiasme très moyen (que le lecteur imagine la réaction des Grecs, des Tchèques, des Italiens, des Polonais, des Hollandais, des Anglais, des Espagnols…) Voilà qui ferait monter la détestation d’une Europe gérée par un condominium franco-allemand à des niveaux inouïs immédiatement.
Aucune chance que les Allemands n’acceptent.
Qui plus est, les USA risquent de faire les gros yeux et de faire comprendre au gouvernement allemand, voir au gouvernement français que la recréation était terminée.
Mais si l’Allemagne ne paye pas –ce qui semble le plus probable- alors la tentative des HdD et ODS français de créer un Etat (Européen) franco-allemand implosera et les ODS français se retrouveront bien isolés face au désastre économique qui surviendra.
L’année qui vient va être intéressante.

Paru sur institutdeslibertes.org, septembre 2017

Les trois techniques d’investissement

Publié dans A tout un chacun
Les trois techniques d’investissement
Dans le fond, il n’y a que trois façons de gagner de l’argent.
La première consiste à acheter un actif quand il n’est "pas cher" et à le vendre quand il est "cher". En termes techniques, on appelle ca "jouer le retour a la moyenne". L’un des bons exemples de cette façon de procéder consiste à comparer les performances historique du ratio entre les indices des bourses françaises et américaines, dividendes réinvestis et dans la même monnaie.

 


Les marchés financiers servent à mesurer la rentabilité du capital investi à tout moment. Sur le long terme, la rentabilité des sociétés françaises et américaines doit être la même et donc le ratio ne peut pas avoir de tendance, sinon, en l’absence de contrôle des changes, tout le capital disponible irait dans le pays à la plus forte rentabilité, ce qui ferait monter le taux de change du pays le plus profitable et donc ferait baisser la rentabilité du capital dans ce pays.
Comme on le voit, depuis 1970 le ratio des indices des deux marchés n’a en effet aucune tendance (ligne jaune qui est parfaitement horizontale)… ce qui n’empêche pas  le ratio des indices (ligne noire) de s’écarter massivement de la moyenne de temps en temps, pour des raisons en générale politiques comme en 1981 ou en 2016. Ce sont ces écarts dus à des paniques qu’il faut savoir utiliser à bon escient…
Par exemple, en ce qui concerne le dernier cycle, en 2008-2009, il fallait acheter la bourse américaine et vendre la bourse française, pour jouer le retour à la moyenne. Depuis le début de 2017, il fallait faire le contraire, vendre les USA et acheter la France.
En fait, depuis 1970, il y a eu sept grandes occasions d’acheter la France en vendant les USA et six occasions de faire le contraire, c’est-à-dire une occasion d’arbitrer à peu près tous les quatre ans.
 
La deuxième façon de gérer son argent est elle aussi très connue et consiste à "suivre le mouvement" : si "ça" monte j’achète, si "ça" baisse, je vends. Pour déterminer le sens du mouvement, les partisans de cette méthode utilisent des concepts tels celui de la moyenne mobile. Prenons l’or par exemple pour lequel il est difficile de faire une analyse objective de ce que serait sa valeur intrinsèque et comparons son cours journalier avec sa moyenne mobile à quatre ans par exemple.

 
 
Le raisonnement est simple : si le cours de l’or est inférieur à sa moyenne mobile à quatre ans (pourquoi quatre ans ? parce qu’historiquement, c’est ce qui a marché le mieux et donné le moins de faux signaux), l’or est structurellement orienté à la baisse et ce n’est pas la peine d’en avoir. Dans le cas contraire, en avoir peut se justifier. Il est intéressant de constater que le cours est aujourd’hui à 1241 $ par once et la moyenne mobile à 1245 $, soit a 4 $, ce qui n’est rien. La période négative pour l’or qui avait commencé en Décembre 2012 est peut être en train de toucher à sa fin… Et comme le dollar baisse…
A surveiller, de près… Ceux qui suivent cette technique n’achètent jamais au plus bas mais ne se font que très rarement prendre dans des énormes gamelles.

 
La troisième façon de gagner de l’argent en bourse est d’emprunter à un taux bas pour acheter quelque chose qui rapporte plus. Par exemple, j’emprunte à 2 % auprès de ma banque pour acheter une action qui me donne un dividende de 4 %… C’est de loin la technique la plus dangereuse tant la dette est certaine et le dividende incertain (il peut être supprimé à tout moment). Mon expérience personnelle a été qu’il est très difficile de s’enrichir avec l’argent des autres. Je déteste la dette, je dois le confesser, tant la dette est une atteinte à ma liberté individuelle. Pourtant, c’est cette technique que les banques centrales ont favorisé massivement depuis 2002 en maintenant des taux très bas, qui bien sûr n’ont en rien favorisé la croissance économique mais ont certainement aidé les riches à devenir plus riches, puisque que comme tout un chacun le sait, les banques ne prêtent qu’aux riches… et les banques centrales sont elles bien embêtées : si elles retirent maintenant leur soutien aux marchés, ils risquent de se casser la figure. Et si elles ne le retirent pas, des émeutes sont à craindre et ils risquent d’être pendus.
 
Le lecteur aura compris qu’en ce qui me concerne, je suis instinctivement un partisan de la première méthode et que je n’hésite pas à utiliser la deuxième pour affiner mon "timing". Le lecteur aura compris aussi que j’ai la plus grande répugnance à utiliser la troisième tant l’idée de m’endetter me rend mal  à l’aise. Un vieux fond paysan sans doute…
En ce qui concerne son portefeuille, le lecteur aura compris que le conseil de sortir des Etats-Unis pour investir ailleurs reste valable et que le moment de surveiller le cours de l’or, à tout hasard, est sans doute arrivé. Tout mouvement de hausse du métal jaune à partir du cours d’aujourd’hui déclencherait en effet un signal d’achat que chacun décidera de suivre -ou de ne pas suivre- selon qu’il est un "momentum player" ou pas…

La deuxième question qu’il nous faut maintenant traiter est : quels sont les actifs qu’il faut acheter parce qu’ils sont très en dessous de leur valeur théorique et quels sont ceux qu’il faut vendre.
A l’achat sur les monnaies je ne trouve guère que le yen et un peu moins la livre sterling. En ce qui concerne les marchés obligataires, à l’achat, je mets la Russie, l’Inde, l’Indonésie. En ce qui concerne les marchés des actions, toujours à l’achat, à peu près tout sauf les USA et l’Allemagne, avec une préférence pour les exportatrices en Grande-Bretagne, l’Asie du Nord et du Sud Est et le Japon.
En ce qui concerne les placements à éviter à tout prix : toutes les obligations de la zone euro qui n’offrent plus aucun rendement et souffrent même de rendements négatifs ici ou là, et en plus dans une monnaie qui n’est plus sous-évaluée depuis sa hausse récente.
Pour les actions américaines, sans être exagérément négatif, je préfère être ailleurs.
Passons au momentum.
En ce qui le concerne la plupart des marchés sont bien orientés et n’apparaissent pas dans une situation très dangereuse, quoique ces choses-là puissent se retourner très rapidement.

Et enfin, pour ceux intéressés par les techniques de portage (carry trade), les marchés les plus vulnérables sont sans doute les obligations de sociétés aux USA tant de nombreux fonds spéculatifs voir même des particuliers ont massivement emprunté pour toucher un rendement supérieur au cout de l’emprunt. Si tout le monde veut sortir à la fois, la porte risque d’être étroite et ce d’autant plus que les grandes banques centrales semblent vouloir arrêter les distributions d’argent gratuit

Conclusion
Préférez les actions en dehors des USA, sauf en Allemagne, ayez vos obligations en Asie tout cela n’est pas bien neuf. La seule addition consiste à surveiller le cours de l’or qui offre une configuration technique intéressante en ce moment Je n’aime pas l’or, mais s’il se met a monter, je ne vois pas pourquoi je ne devrais pas participer.
Bonne chance et n’oubliez jamais que la première position que vous devez vendre sera celle qui vous empêche de dormir parce que vous avez déjà trop perdu.
Vous gérez un bilan et non pas un compte d’exploitation. Vendez à perte si nécessaire vos mauvaises décisions. Gardez le reste

Paru sur Institut des Libertés, juillet 2017

Lettre ouverte au Président

Publié dans Du côté des élites
Lettre ouverte à notre nouveau Président
 
Monsieur le Président,
Je n’ai pas été l’un de vos électeurs, mais comme vous, j’aime mon pays. Je vais donc dans cette petite missive énoncer quelques réalités d’expérience, mon seul but étant de vous aider dans la lourde tâche qui vous attend. Mon but est d’expliquer pourquoi l’économie française stagne depuis fort longtemps. Pour ce faire, je vais comparer les évolutions des économies françaises et anglaises sur le long terme et  je commence par une constatation. De 1955 à 1980, l’économie française a connu une croissance plus forte que celle de l’économie Britannique. L’inversé est vrai aujourd’hui et le déclin relatif de la France  vis-à-vis de la Grande-Bretagne a commencé aux alentours des années 1980-1985 comme en fait foi le graphique ci-dessous




Que s’est il  donc passé au milieu des années 80? Le poids de l’Etat s’est envolé en France.




De 1960 à 1978, la part de l’Etat dans l’économie  a été supérieure en Grande-Bretagne à ce qu’elle était en France. Depuis 1978, la dépense étatique s’est envolée en France et a été contrôlée  en Grande Bretagne. La France a décidé que l’Etat était la solution, et la Grande-Bretagne que l’Etat était le problème. (Mitterrand contre Thatcher).
A ce point du raisonnement, un esprit logique peut tout à fait penser qu’il s’agit la d’une coïncidence fortuite : comparaison n’est pas raison, comme chacun le sait.
Pour essayer de prouver le lien de causalité entre les deux phénomènes, je vais diviser le poids de l’état de chaque pays l’un par l’autre et comparer ce ratio à la différence des taux de croissance moyens sur  7 ans de chacun des deux PIB.
L’idée ici est simple : quand le poids de l’Etat dans l’économie augmente de façon structurelle, la croissance de cette économie ralentit de façon tout aussi structurelle,
A ce point de l’analyse, je dois fournir une explication théorique cette relation inverse (poids de l’Etat, croissance économique), que je vais emprunter à Schumpeter. La croissance économique provient de ce qu’il a appelé la "destruction créatrice" qui est un processus parfaitement Darwinien. Cette destruction créatrice ne peut pas avoir lieu dans le secteur public, puisqu’il ne peut pas y avoir de faillite. Et donc toute augmentation du secteur public réduit la part de l’économie où la croissance peut se passer, ce qui amène à une baisse du taux de croissance général.
Si cette analyse est la bonne, plus la part de l’Etat dans l’économie augmente, plus la rentabilité des entreprises devrait baisser puisque ce sont elles qui en définitive financent l’Etat.
Vérifions.





Et comme ce sont les sociétés qui créent l’emploi, quand leur rentabilité baisse, le chômage augmente, ce qui veut dire qu’embaucher des fonctionnaires  c’est créer du chômage.
 
Conclusion
Shakespeare dans l’une de ses pièces, explique que le Roi d’Angleterre n’a pas à récompenser les partisans du Prince de Galles, c’est à dire ceux qui l’ont soutenu lorsqu’il n’était pas encore Roi. Vous devriez vous inspirer de cet adage, c’est-à-dire ne pas chercher à favoriser ceux qui vous ont porté au pouvoir, ni écouter leurs conseils, puisque vous êtes roi.
Le moment de trahir vos amis pour servir votre pays est arrivé.
En d’autres termes, si vous ne faites pas baisser la dépense étatique dans les années qui viennent, c’est-à-dire si vous ne trahissez pas la classe technocratique dont vous êtes issu, vous échouerez comme tous vos prédécesseurs.
Trahir vos amis ou réussir en tant que Président tel est votre dilemme.
Je vous souhaite de réussir.

Paru sur institutdeslibertes.org, 12 juin 2017

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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