Magistro Beta

Switch to desktop Register Login

GAVE Charles

GAVE Charles

Né le 14 septembre 1943
4 enfants


Economiste et financier

Président Fondateur de l'Institut des Libertés (www.institutdeslibertes.org)


Diplômé de l'université de Toulouse (DECSS d'économie)
     et de l’université de Binghamton (MBA),

Président Fondateur de Gavekal research (www.gavekal.com) et de Gavekal securities (Hong Kong)
Membre du conseil d'administration de SCOR
Co-fondateur de Cursitor-Eaton Asset Management (Londres) (1986)
Créateur de l'entreprise Cegogest (recherche économique) (1973)
 
Ouvrages
Charles Gave s'est fait connaitre du grand public en publiant un essai pamphlétaire :
Des Lions menés par des ânes (Editions Robert Laffont) (2003)
     où il dénonçait l'Euro et ses fonctionnements monétaires.
     Ouvrage préfacé par Milton Friedman
Un libéral nommé Jésus, Bourin, 2005
C'est une révolte ? Non, Sire, c'est une révolution. L'intelligence prend le pouvoir, Bourin, 2006
Libéral, mais non coupable, Bourin Éditeur, 2009
'Etat est mort, vive l'état - Editions François Bourin 2009
     Dernier ouvrage qui prévoyait la chute de la Grèce et de l'Espagne. 

URL du site internet:

Trump, le Logos et ...

Publié dans A tout un chacun
Trump, le Logos et les Révolutionnaires Français
 
Pour les Grecs anciens, le "Logos"’ constituait l’essence  même de la Raison qui au travers de la connaissance d’une langue permettait la discussion et la démonstration lors d’un débat de type éthique, politique ou scientifique. 
Tout citoyen, tout homme d’état devait avoir une maîtrise parfaite du Logos, c’est-à-dire des éléments de langage qui permettaient de communiquer avec les autres citoyens lorsque des discussions sur l’avenir de la Cité avaient lieu. Et celui – ou ceux- qui contrôlaient le mieux le Logos contrôlait ipso facto la Cité presque automatiquement. 
Et donc, dès les origines de notre civilisation est apparu le concept que contrôler et comprendre le langage amenait à dominer le système politique. Et toute notre civilisation s’est construite sur ce concept qui fut renforcé lorsque les Chrétiens  assimilèrent le Logos à Dieu : "Au commencement était le Verbe (Logos), et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu".
L’idée centrale de notre civilisation fut donc que le Logos, la Raison et Dieu dans le fond c’était la même chose et que s’attacher à comprendre l’œuvre de Dieu par la raison et l’expliquer par la parole c’était faire œuvre divine et servir les hommes. 
D’où vint le développement de la science dans les pays chrétiens et pas ailleurs. Et du coup, tout bon dictateur comprit qu’empêcher les gens de se parler était essentiel s’il voulait garder le pouvoir et donc qu’il fallait contrôler le Logos si l’on voulait contrôler le peuple, ce qui nous amena aux totalitarismes du XXème siècle.
 
Cette réalité fut expliquée par Georges Orwell dans son livre "1984", qui ne faisait que décrire la situation qui existait en Union Soviétique et dans les pays communistes en 1948.  
Dans cet ouvrage, Big Brother n’essaie pas de contrôler le Logos qui pour les Grecs anciens était synonyme de "Raison" mais bien au contraire d’imposer une nouvelle façon de parler, la "novlangue" qui empêchera les citoyens de communiquer les uns avec les autres, chaque mot voulant dire presque exactement le contraire de ce qu’il signifiait dans son acceptation initiale. Paix veut dire guerre, les camps de concentration sont appelés des écoles, la vérité veut dire le mensonge et ainsi de suite.
Le but final est bien sûr d’abord d’empêcher toute discussion entre citoyens, et donc tout complot contre le pouvoir, mais aussi et surtout de signaler les "déviants" qui utiliseraient les mots dans leur acceptation originale. 
Et pour mettre ces déviants en prison, un Ministère de la Vérité est créé qui s’occupe avec beaucoup de compétence d’envoyer les mauvais sujets en rééducation, ce qui en novlangue veut dire bien sûr à la mort…    
Tout cela est connu et a été analysé mille fois. 
 
Mais ce qui n’a pas été expliqué c’est le pourquoi de cette tentative visant à empêcher les hommes de communiquer les uns avec les autres ? Pour garder le pouvoir, certes, mais cela n’est pas suffisant comme explication.
Et c’est la qu’intervient Chantal Delsol un des derniers géants intellectuels qui reste à notre pays dans son livre prodigieux d’intelligence et de culture, La Haine du Monde, totalitarismes et postmodernité, aux éditions du Cerf. Car j’ai enfin compris, grâce à elle, pourquoi les grandes dictatures du dernier siècle s’appuyaient toutes sur une tentative de destruction de la Raison, du Logos et donc de Dieu.
En voici l’explication, ou la raison, les deux mots étant merveilleusement synonymes dans ce cas.
Au XVIII, comme chacun le sait, nous avons eu en Ecosse, en Grande-Bretagne, aux USA et en France un bouillonnement d’idées que l’on a coutume d’appeler "Les Lumières". Les Lumières anglo-saxonnes s’attachèrent à établir un système de gouvernement –la Démocratie - qui permettait à chaque homme de se réaliser pleinement en limitant la capacité qu’avait le pouvoir de brouiller le Logos.
En France, il en alla différemment. 
Le but n’était pas d’établir un système de gouvernement qui permette aux hommes de discuter entre eux sans entre-tuer mais de prendre le pouvoir politique pour changer l’homme et créer de ce fait un "homme nouveau ". Et pour créer cet homme nouveau, il fallait d’abord casser tous les liens qu’il pouvait avoir avec les autres hommes et donc détruire tous les corps intermédiaires tels les affinités locales, les églises, les écoles les familles… Il fallait créer un homme sans racines. Et le lien le plus profond qui nous unit aux autres, c’est bien sur le langage, le "logos" qu’il fallait détruire en priorité si l’on voulait construire cet homme nouveau.
Les anglo-saxons voulaient établir une société conforme aux demandes du Logos, les Français, tels Satan avant eux, voulaient remplacer le Logos et devenir des Dieux et bien sûr ils amenèrent l’enfer en se prenant pour des démiurges.   
Pour arriver au résultat cherché, les héritiers des lumières françaises mirent en effet en place une tyrannie comme l’histoire en connut peu. Cette tentative échoua comme chacun le sait dans le sang, les massacres de dizaines de millions d’innocent et la misère physique, morale et intellectuelle. Et donc il est exclu de recommencer une fois encore à tuer des gens par millions pour engendrer un homme nouveau.
Mais l’idée n’a pas disparue, bien au contraire, et ses partisans continuent à la pousser en utilisant sans répit deux armes extraordinairement puissantes.
La première c’est l’exclusion et la deuxième c’est la dérision.
 
Commençons par l’exclusion. 
La novlangue était une tentative pour renverser le sens même du Logos et cela ne pouvait marcher que s’il existait des camps de concentration. Faute de camp de concentration, les partisans de l’homme nouveau ont décidé que quiconque parlerait de racines chrétiennes, locales, familiales, professionnelles, historiques et que sais-je encore serait d’abord interdit d’expression dans tous les média ou dans tous les lieux de savoir et ensuite que sa carrière s’arrêterait pour toujours (Voir le sort des universitaires qui ont contribué au Livre Noir du Communisme par exemple, ou les ennuis de Renaud Camus). 
Et en bons Marxistes / Trotskistes, ils ont manœuvré depuis trente ans pour prendre le contrôle de toutes les institutions ou la parole s’exprime. Et pour mieux repérer les déviants, ils ont remplacé la novlangue, fondée sur le mensonge, par le politiquement correct, c’est-à-dire par l’interdiction faite à quiconque de prononcer certains mots comme Patrie, Famille, Ville, Chrétienté pour en finir par interdire les mots "homme" ou "femme". Le nouvel homme – ou la nouvelle femme - ne peuvent même plus se rattacher à leur sexe puisqu’il doit être détaché de tout ce qui relierait à  ses racines. Et pour arriver à leurs fins, ils pratiquent non seulement l’exclusion mais aussi et surtout la dérision.

Quiconque en effet a un discours fondé sur l’enracinement de la personne humaine dans sa famille, dans sa ville, dans sa Nation ou que sais-je encore est automatiquement traité comme un débile profond, un "beauf"» qu’il est urgent de couvrir de sarcasmes et d’insultes du type Français rancis ou Pétainistes, de partisans de la petite Angleterre pour ceux qui ont voté le Brexit, le comble ayant été atteint quand Madame Clinton a traité la moitié de la population Américaine de "déplorables". Pour faire bref, la Liberté d’expression est pour eux et pour eux seuls tant il est entendu que ceux qui ne sont pas d’accord ne peuvent être que fous. Ce que disait déjà leurs grands amis des totalitarismes précédents qui, ne pouvant plus massacrer leurs opposants les mettaient dans des asiles de fous.
Il est donc tout à fait évident qu’ "ils" ont remplacé le totalitarisme "dur" par un totalitarisme "mou" aussi efficace que son ancêtre pour empêcher le Logos de dominer le monde comme il le devrait. Et cela fait trente ans qu’ils y travaillent sans relâche, ce qui explique le désert intellectuel qui règne dans tous nos pays.
Et tout d’un coup, stupéfaction !
Monsieur Trump est élu en ayant prononcé au cours de sa campagne tous les mots interdits et il a un but et un seul, faire disparaître le pouvoir que ces nuisibles s’étaient accaparé. Et du coup on assiste à un spectacle extraordinaire : tous ces gens-là courent en rond comme des poulets sans tête en proclamant son "illégitimité" ou en disant qu’il est fou, ce qui exactement ce que disait les communistes à Moscou de leurs opposants.
Mais la réalité est différente : c’est eux qui sont illégitimes puisqu’ils ont voulu imposer au peuple ce que le peuple ne voulait pas, au nom de je en sais quel cauchemar millénariste. La réalité profonde est que le Peuple aime ses racines. Et je ne peux m’empêcher de sourire : encore une fois, "les voies du Seigneur sont impénétrables" puisque le Logos est en train d’être rétabli à grands coups de tweeters par le Président élu le plus improbable de l’histoire américaine.
Le règne du Logos rétabli par Tweeter : on me l’aurait dit, je n’y aurai pas cru.   

institutdeslibertes.org

... un pays bas, votez Hollande

Publié dans Avec l'Europe
Pour avoir un pays bas, votez Hollande
 
Les lecteurs de l’Institut des Libertés se souviennent peut être de la mauvaise plaisanterie que m’avait inspiré la campagne de monsieur Hollande il y a cinq ans déjà, et qui figure comme titre à cet article. Rarement un slogan électoral aura été aussi prémonitoire.
A mon immense stupéfaction, je viens de me rendre compte que cet homme prodigieux de modestie a encore des partisans puisque qu’il me revient aux oreilles que certains d’entre eux se répandent dans les media et les diners en ville à Paris en soutenant que monsieur Hollande n’a pas de chance puisqu’il s’en va au moment même où l’économie française serait en train de redémarrer. Et tous de souligner que ce redémarrage serait la conséquence des réformes courageuses (?) que notre géant de la politique aurait imposé à une France récalcitrante. Et là, je ne peux m’empêcher de m’interroger.
Mais de quelles reformes parlent-ils ?
En dehors du mariage pour tous qui s’est terminé par un divorce entre les socialistes et le peuple et de nombreuses et considérables augmentations d’impôts frappant tous ceux qui n’avaient pas voté pour lui, je ne me souviens d’aucune réforme qui vaille la peine d’être mentionnée. Sûrement un manque d’attention de ma part.
Quant aux succès économiques de ces dernières années, il faut vraiment un œil d’aigle ou un microscope pour en trouver la trace.
J’imagine que dans les mois qui viennent les journaux vont être remplis de diagnostics divers et variés sur les résultats de cette présidence qui s’achève. Pour ma part, je ne vois pas très bien ce que nous avons à gagner à revenir à l’IDL sur cette période pénible de notre histoire et mon intention n’est pas de faire un travail exhaustif sur les cinq dernières années. Beaucoup, beaucoup trop ennuyeux.
A l’impossible, nul n’est tenu…

Mais pour couper court à toutes les billevesées parisiennes, je voudrais simplement rappeler :
- que depuis cinq ans, la dette de l’Etat Français n’a cessé de grimper et se rapproche dangereusement des 100 % du PIB et que cette dette est montée allégrement de 4.5 % par an alors même que le PIB du secteur privé lui ne montait que de moins de 1 % par an et que la production industrielle baissait de 0.2% par an.
- que le chômage (catégories A, B, C) est monté de plus de 1 millions de personnes depuis l’élection de notre grand homme.
- que les comptes courants (nouveau nom de la balance avec l’extérieur) sont toujours en déficit.
- que le poids de l’Etat dans l’économie est à plus haut historique qui frise les 60 %, ce qui prouve que la France souffre bien d’un excès de libéralisme, ce dont toute la gauche est convaincue.
Les lecteurs pourront compléter cette liste à leur gré, tant je suis sûr qu’ils ont tous des idées à mentionner sur les nombreux succès économiques de notre héros au sourire si sot. Mais là où je m’amuse, c’est quand ces mêmes personnes nous disent que leur boule de cristal leur annonce une amélioration substantielle de la situation dans les 12 mois qui viennent.
Voilà qui me fait penser aux vœux prononcés par Nicolas II le Tsar de toutes les Russies en décembre 1916 pour souhaiter une bonne année à son peuple. Il avait expliqué que l’année 1916 avait été horrible et que donc 1917 ne pouvait être que meilleure…  Brillante prévision s’il en fut…

Et, de fait, je me fais un peu de souci pour 2017.
Il est en effet dans ma nature et parce que c’est requis par mon métier, non pas d’essayer de scruter l’avenir car cela est impossible mais de regarder des événements qui se passent aujourd’hui et qui annoncent peut-être un avenir qui ne va pas chanter tant que cela.
Et quelque chose commence à me donner du souci : les taux français sur les obligations à 10 ans s’écartent depuis quelques temps des obligations allemandes sur la même duration. Que le lecteur veuille bien considérer le graphique ci-dessous.
 
 
 
La ligne rouge, c’est simplement l’écart des taux entre les 10 ans allemands et les 10 ans français, cet écart des taux étant aujourd’hui aux alentours de 50 points de base. La ligne bleue c’est la moyenne mobile sur les deux dernières années de cet écart des taux. En bas, en noir, nous avons l’indice des cours des valeurs bancaires européennes. Et enfin le hachurage gris représente les périodes de récession dans l’économie française.
Et bien chaque fois depuis 25 ans que l’écart de taux entre l’Allemagne et la France se creuse (ligne rouge sous la ligne bleue) et que les cours des valeurs bancaires baissent, nous avons eu une récession en France.
 
Pourquoi ?
Tout simple : à chaque fois, cela voulait dire qu’une attaque sur le franc français quand il existait ou sur l’Euro (depuis que le ff a disparu) était en préparation. Et que cette attaque allait mettre à mal le bilan des banques européennes bourré d’obligation françaises, italiennes ou espagnoles, ce qui allait nous amener dans une récession.
Or, à mon avis, le feu est allumé sous la marmite de l’euro depuis les élections italiennes au moins et en conséquence la marmite peut menacer de déborder à tout moment.
Et donc ma conclusion sur monsieur Hollande sera la suivante : Tout le monde a l’air de penser qu’il ne va plus rien se passer politiquement en France jusqu’à la fin Mai et que tout ce que monsieur Hollande a à faire c’est expédier les affaires courantes.
Je n’en suis pas sûr du tout.
Une nouvelle crise sur l’Euro peut arriver à tout moment, et de droit ce sera à monsieur Hollande et à monsieur Sapin de prendre les décisions qui s’imposeront alors qu’ils n’auront plus la moindre légitimité pour le faire. Ce qui voudra dire que Bruxelles ou la BCE n’auront aucun interlocuteur en face d’eux quand il faudra prendre des décisions désagréables en pleine campagne présidentielle. Et monsieur Hollande ne pourra pas demander à monsieur Fillon de venir l’aider, puisque ce serait faire le jeu du FN ou de l’extrême gauche.
 
Voilà qui va plaire à Marine, Mélenchon et autres Montebourg et nourrir les discussions pendant une campagne électorale qui s’annonce peut-être un peu plus animée que la classe politique ne le croit, en particulier sur la nécessité de rester ou non dans l’euro…
Un bon sondage ou deux pour Marine, et le coup peut partir à tout moment.
Voilà qui pourrait être plaisant compte tenu de la capacité à prendre des décisions de notre Président sortant.
A mon avis, si le coup partait, si une crise de l’euro se déclenchait pendant la campagne présidentielle française, ça risquerait de sentir le sapin assez vite…

Paru sur Institut des Libertés, 16 janvier 2017

La roche Tarpéienne...

Publié dans De par le monde
La roche Tarpéienne est proche du Capitole
 
Il y a huit ans le monde entier célébrait le retour du Messie sur terre. "Un enfant nous est né, un fils nous est donné" psalmodiait toute la presse à l’unisson des anges dans le ciel. Un certain Barak Obama venait en effet d’être élu à la Présidence des Etats-Unis et la terre allait connaitre une période de paix et de prospérité sans précédent dans l’histoire. Reconnaissant la qualité exceptionnelle de cette créature quasiment divine, la fondation Nobel lui attribuait immédiatement le prix Nobel de la Paix, avant même que l’élu (au sens biblique du terme cette fois) ait fait quoique ce soit.
Huit ans après, notre héros, notre nouveau Salomon, quitte la Présidence des Etats-Unis dans un mélange d’indifférence (aux USA) et de soulagement de la part de la plupart des alliés historiques des Etats-Unis.
 
La question que je veux traiter est donc simple : pourquoi ce curieux mélange d’indifférence et de soulagement après huit ans d’un règne que la grande presse n’a cessé de présenter comme "la marche triomphale d’un surdoué volant de succès en succès" ? La réponse une fois encore nous est fournie par un grand auteur français, Marcel Pagnol dans la fameuse réplique "Ce n’est pas que tu sois bon à rien, c’est que tu es mauvais en tout". Et elle est assez simple : monsieur Obama a été mauvais en tout.
Car dans la réalité, si l’on s’en tient aux faits et non pas aux intentions ou aux interprétations tendancieuses, notre génie planétaire a tout raté et restera sans doute comme le plus mauvais président que les Etats-Unis aient eu dans leur histoire. Et de l’avis général, la concurrence pour ce titre est rude.
Et pourtant, quand il est descendu des étoiles pour s’occuper de nous, pauvres terriens, il avait vraiment coché toutes les cases que tout homme de Davos pouvait demander à celui qui devait être leur chef ultime.
Il était à moitié noir, ce qui a beaucoup d’importance pour la gauche puisque tous les malheurs du monde viennent comme chacun le sait des "Dead white men", tels Aristote, Jésus ou Shakespeare.
Il était diplômé de Columbia et de la Harvard Law School où il avait tenu pendant ses études à Boston le rôle le plus prestigieux qui soit, celui de directeur de la revue juridique. La Harvard Law School est pour les USA ce qu’est l’ENA pour nous, l’endroit où se forgent les hommes d’Etat de qui dépend notre futur. C’était donc un homme d’une intelligence supérieure. Trump quant à lui a été à Fordham, université de seconde zone de la banlieue de New-York. On voit la différence de niveau intellectuel.
Il n’avait strictement aucune expérience qui aurait permis de juger ses capacités à prendre des décisions, son principal boulot ayant été d’être un "organisateur communautaire" dans les banlieues noires de Chicago avant que d’être "nommé" sénateur par la machine du parti Démocrate de Chicago. Nommé, car il se présenta sans grand risque dans une circonscription où les Républicains ne s’étaient même pas donné la peine de proposer un adversaire. Deux ans après, il était élu Président. Passer en deux ans d’organisateur communautaire à Chicago à Président des Etats-Unis, voilà qui est remarquable.
 
Comme l’a montré JF Revel, nul ne peut se dire de gauche s’il ne déteste les Etats-Unis. Lui était de gauche et ne s’en est jamais caché … et donc il n’aimait pas son propre pays, comme l’a montré sa longue fréquentation de la paroisse du révérend Wright, un pure raciste "anti blanc" s’il en fut et ses anciennes amitiés avec de remarquables théoriciens de la lutte armée des noirs contre les blancs ainsi que de la nécessité d’utiliser le terrorisme pour faire avancer les choses (Bill Ayers).
Il avait passé son enfance en Indonésie, suivant les cours d’une madrasa locale (école coranique), le second mari de sa mère étant Indonésien. Il avait donc toutes les qualités requises pour discuter avec l’Islam dont il se refusa toujours à dire le moindre mal ce qui est essentiel pour tout homme de gauche, comme chacun le sait.
Ce CV est en fait tellement parfait qu’il m’est arrivé de me demander dans mes moments de doute si monsieur Obama n’était pas tout simplement une création du département "marketing" des hommes de Davos… Mais cela n’aucune importance, tant malgré cette carte de visite parfaite, son bilan est absolument lamentable, et c’est ce qui compte… Voyons ses résultats en détail, en nous appuyant sur une idée simple : ce que veulent les citoyens aux USA – et souvent partout ailleurs - c’est la paix et la prospérité.
Force est de constater que monsieur Obama ne leur a amené ni l’une ni l’autre.
 
Prospérité                
Le revenu médian en termes réels aux USA est plus bas qu’il y a huit ans, c’est-à-dire que la moitié de la population au moins a vu son niveau de vie baisser pendant ses deux mandats. Près de 95 millions d’américains en âge de travailler ne cherchent plus de travail (en fait les statistiques du chômage sont très douteuses) et le taux d’emploi dans la population active est au plus bas depuis 35 ans.
Qui plus est, la quasi-totalité de la croissance a été capturée par moins de 1 % de la population, les "ultras riches" qui se félicitent tous les jours de l’avoir porté au pouvoir.
La réforme du système de santé faite en dépit du bon sens est un échec technocratique inimaginable puisqu’elle a réussi à faire à la fois exploser les coûts et à réduire les couvertures.
Depuis son arrivée au pouvoir la dette des USA, résultat de déficits budgétaires abyssaux, a grimpé de 9 000 milliards de dollars (plus que la somme de la dette accumulée par tous les présidents précédents depuis les débuts  du pays) alors que le PIB n’augmentait que de 3 800 milliards. Créer 3 800 milliards de richesse en huit ans en empruntant 9 000 milliards est à la portée d’une intelligence moyenne, mais cela en général ne dure pas.
 
 Paix extérieure 
Le Moyen Orient est à feu et à sang, et plus personne ne comprend ce que veulent y accomplir les USA. Par exemple, je me suis laissé dire qu’en Syrie et en Irak, il y avait en fait trois politiques américaines en cours, celle du Président, celle de l’armée américaine, et celle de la CIA et que tout ce petit monde se tirait dans les pattes allégrement au plus grand profit de la Russie ou de l’Iran. Et du coup et comme on pouvait le penser (voir mes articles écrits sur ce sujet il y a plusieurs années), l’affaire syrienne se termine au bénéfice de la Russie et de l’Iran. Le comble est que l’administration Obama a cru habile de signer un accord sur le nucléaire avec son ennemi juré… l’Iran, accord à ce point invérifiable que la diplomatie américaine en a caché les points essentiels à tous ses alliés, dont la France d’ailleurs. Comprenne qui pourra…
Quant à la CIA, Etat dans l’Etat et bras armée du complexe militaro industriel depuis toujours, elle avait fomenté selon ses habitudes un fort joli coup d’état en Ukraine pour se débarrasser d’un Président légalement élu certes mais corrompu. Le but évident de cette fine manœuvre était de permettre à Sébastopol de devenir une base de l’Otan et donc d’en virer la flotte Russe. Patatras, la Russie fait le coup du Kosovo et annexe la Crimée.
Cerise sur le gâteau pour parachever le désastre au Proche Orient, dans les toutes dernières semaines de sa présidence, monsieur Obama jette le masque et se révèle pour ce qu’il a toujours été, c’est-à-dire un anti Israélien primaire, (traduire anti-sémite), l’antisémitisme redevenant le vrai marqueur de la gauche qu’il a toujours été.
 
Passons en Asie, où nous constatons un écroulement stupéfiant de l’influence des Etats-Unis, tout un chacun comprenant que la soit disant protection américaine militaire américaine ne valait rien (cf. les Philippines). Voilà qui amène le Japon à se réarmer aussi vite que possible tandis que la Chine fait bouger ses gros muscles et la Corée du Nord ses tout petits muscles.
 
En Europe, la Grande-Bretagne a voté pour le Brexit, malgré la visite de monsieur Obama lui intimant l’ordre de n’en rien faire. Bien entendu, les Etats-Unis n’ont rien à dire sur le déferlement des immigrants sur le vieux continent, déferlement créé de toutes pièces par leurs erreurs militaires au Moyen Orient ou en Lybie. Et si monsieur Trump décide de sortir de l’OTAN ou d’en faire payer le vrai prix aux nations européennes, la prime de risque sur les actifs européens devrait beaucoup, beaucoup monter.
De façon générale,  il me semble donc que l’on peut dire sans crainte d’être démenti que le monde est beaucoup, beaucoup plus dangereux qu’il y a huit ans et que la paix est loin d’être assurée.
 
Situation interne aux USA : déroute totale des forces de gauche
Apres ces huit années désastreuses pour le niveau de vie moyen et la paix en général, le parti démocrate aux USA est fort logiquement en état de décomposition avancée, ayant perdu au niveau national mon seulement la Présidence de la République, mais aussi la Chambre des Représentants et le Sénat, ce qui fait beaucoup.
Au niveau des états fédérés, même débandade, les Démocrates n’ont plus que 15 gouverneurs (sur 50) tandis que dans nombre de ces états, les Républicains contrôlent aussi les deux chambres. Pendant les années Obama, les Démocrates ont ainsi perdu plusieurs dizaines de milliers de postes électifs et rétribués par les impôts, ce qui est mauvais pour les finances du parti mais encore plus pour le moral des troupes et le renouvellement des cadres… Ce qui fait que le parti Démocrate est devenu un ramassis de vieux croutons…
Ajoutons pour faire bonne mesure que le nouveau Président va nommer le neuvième juge à la Cour Suprême pour remplacer celui qui vient de disparaitre et comme deux membres actuels "de gauche" vont devoir se retirer dans les années qui viennent, on peut penser que nous allons avoir une cour suprême tout à fait conservatrice. Monsieur Trump va aussi pouvoir désigner plus de cent juges dans les juridictions inférieures dont les nominations étaient en attente du résultat des élections.
 
Voici qui annonce la fin du gouvernement par les juges que la gauche aime tant pour pouvoir tourner la Démocratie. Les tribunaux aux USA vont donc cesser d’être à gauche…
Tout cela confirme fort bien le mouvement  mondial d’effondrement de la gauche dont j’ai souvent parlé dans ces papiers. On peut donc affirmer sans craindre d’être démenti que le Président Obama a été le fossoyeur de la gauche américaine qui aura beaucoup de mal à se remettre de son passage au pouvoir. L’ironie est qu’il a pourtant parfaitement suivi le programme sur lequel il s’était présenté. On peut faire tous les reproches que l’on veut à monsieur Obama, mais pas qu’il ait menti.
Il nous avait annoncé qu’il voulait que les USA cessent de se servir de leurs forces militaires pour intervenir dans d’autres pays. C’est ce que le monde entier a bien compris et on voit chaque jour les résultats heureux de cette politique tant au Moyen-Orient qu’en Ukraine ou aux Philippines. Il nous avait fait savoir que son but était de transformer les Etats-Unis en une sociale démocratie à l’européenne en augmentant le poids de l’Etat dans l’économie, et il y est fort bien parvenu. Du coup, le taux de croissance a baissé de moitié, et comme on pouvait s’y attendre, la classe moyenne a été laminée.
Il nous avait expliqué dès le départ que les énergies fossiles étaient condamnables et avait refusé d’accepter la construction d’un pipeline reliant le Canada aux USA tout en empêchant tout nouveau forage chaque fois qu’il le pouvait.
Des réglementations diverses et variées freinant toute croissance et non votées par le Congrès ont littéralement explosé sous son règne au travers de la procédure dite des "exécutive orders" mais la bonne nouvelle est que comme ces mesures n’ont pas été votées, elles seront abolies d’un trait de plume par son successeur…
De même, il a soutenu que les immigrants illégaux avaient le droit d’être aux USA même s’ils y avaient commis des crimes et devaient bénéficier de tous les avantages des citoyens "normaux" ce qui est fort honorable de sa part et ne lui coutait pas grand-chose, à lui.
Et enfin rendons-lui justice : dans son premier entretien avec tous les grands banquiers de Wall Street, il leur avait fait savoir qu’il était là pour les défendre, et cela il l’a très bien fait aussi.
 
Il est donc absolument irréfutable que le Président Obama nous avait annoncé fort clairement qu’il était écologiste, mondialiste, pacifiste, anti impérialiste, favorable à une immigration incontrôlée ainsi qu’à une hausse du poids de l’Etat dans l’économie, tout en étant bien disposé vis-à-vis des musulmans et clairement opposé à Israël. A la surprise de ceux qui avaient voté pour lui, Il se révéla aussi un supporter éclairé de la finance "de connivence" et donc un ennemi implacable des petites entreprises écrasées sous des réglementations de plus en plus tatillonnes. .
Il  nous faut donc reconnaitre avec l’honnêteté intellectuelle qui nous caractérise que monsieur Obama a appliqué avec beaucoup de méthode et de constance un programme parfaitement conforme à tous ceux préconisés par la gauche dite "moderne". On voit qui a inspiré monsieur Macron, qui du coup essaye de nous refaire le coup du sauveur tombé de nulle part.
Cette gauche dite moderne (dont les idées sont portées en France par Terra Nova) a décidé il y a déjà longtemps que trahir la nation n’était plus suffisant et qu’il fallait aussi trahir le peuple en essayant de faire croitre a ses cotés un peuple de remplacement.
L’embêtant pour la gauche est que le peuple existant ne partage pas cette analyse et l’a fait savoir en élisant monsieur Trump, à la stupéfaction de ceux que Nassim Taleb appelle de façon plaisante "les éduqués mais néanmoins stupides" ou ENS en Français (educated yet idiots ou EYI en Anglais) et que Thomas Sowell appelle les Oints du Seigneur.
Encore, une fois, salopard de peuple.
Il se révolte avant même d’être remplacé.
Un jour il faudra interdire à tous ces gens-là de voter.
Pour leur bien.
Paru sur institutdeslibertes.org

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

Top Desktop version