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GAZZO Yves

GAZZO Yves

Né le 17 décembre 1946
Marié – 5 enfants





Ambassadeur de l'Ordre souverain de Malte auprès de l'Union européenne
Avocat inscrit au barreau de Paris


Docteur d’État es sciences économiques, Montpellier
Docteur d'État ès Sciences économiques de Paris, Sorbonne I
Diplômé de lInstitut d’études politiques (IEP) de Paris.
Ancien élève "l'Institut national des Langues et Civilisations orientales" (Arabe littéraire)
Chargé de cours à l'Institut d'études politiques de Paris entre 1985 et 1994
     (3ème cycle sur le monde arabe)

à la Commission européenne 
Ambassadeur de l’Union européenne près le Saint-Siège, l’Ordre de Malte et les organismes des Nations Unies basés à Rome (depuis 2009)
Directeur de la représentation en France (depuis 2003)
Ambassadeur, chef de la délégation
     en Éthiopie et accrédité à Djibouti (2001-2002)
     aux Philippines (1999-2001)
     en Jordanie et accrédité au Yémen (1994-1998)
Chef adjoint à l’unité ajustement structurel à la Direction générale à Bruxelles (1990-1994)
Conseiller économique à la délégation au Mali (1988-1990).

Conseiller en relations internationales au bureau européen de la banque mondiale
     à Paris (1985-1988),
Economiste à la Banque mondiale à Washington (États-Unis) entre 1980 et 1984
Conseiller économique au centre d’investissement
     de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)
     à Rome (Italie) (1975 – 1979)
Conseiller économique au ministère du Plan du Niger (1973-1974)
Auditeur chez Arthur Andersen (1971-1972)

Membre titulaire de l'Académie des Sciences d'Outre-mer (Élu en 2006)
Membre du comité scientifique
     du Centre de développement des études juridiques (Cedej) au Caire depuis 2000
Membre du jury du Prix méditerranéen du livre

Ouvrages
L'Afrique du Nord d'hier à demain (1979) - Pétrole et développement, le cas libyen (1980) - La politique agricole des Etats-Unis (1984) - L'Endettement dans le monde Préface de Raymond Barre (1989) - Les Cicatrices du vent Préface de Michel Crozier (2008) - Sourire d'Harrar (2012) - Les chrétiens d orient en danger de mort (2014)

Nombreux articles et rapports, conférences et interviews (radios et télévisions françaises et étrangères)

Distinctions
Chevalier de la Légion d'honneur
Grand-Croix de l'Indépendance (Jordanie)
Grand-Croix de l’Ordre Chevaleresque Pie IX ( Saint-Siège)

Grand-Croix de l’Ordre pro Merito Melitensi de l’Ordre de Malte
Commandeur de l’Ordre de Sika Tuna Rang Lakan (Philippines)
Officier de l’Ordre National du 27 juin 1977 (République de Djibouti)
Chevalier de l'Ordre du Mérite (République de Pologne)

URL du site internet:

Réflexions sur les migrations

Publié dans De par le monde
Quelques réflexions sur les migrations
 

Intervention présentée à l'occasion de l'Assemblée générale des anciens fonctionnaires de l'UE lundi 27 mars

De nos jours nous avons tendance, en Europe, en France, simples citoyens ou responsables politiques, à commenter, à disserter, à s'opposer, sur le thème des migrations humaines : danger ou apport pour nos sociétés post industrielles et vieillissantes, mais qui restent attractives pour ceux et celles qui sont à la recherche d'un El Dorado, d'un monde simplement meilleur ; au risque de nous faire oublier que les migrations sont multiples, qu'elles concernent des domaines variés avant tout et qu'elles sont évolutives, dans l'espace et dans le temps même si certaines constantes sont à souligner ici ou là et que les déclarations intempestives de responsables politiques sur ce sujet relèvent plutôt de la posture que de la possibilité réelle de contrôler les flux migratoires.

La diversité des types de migrations
Il existe des types très variés de migrations : celles animales bien connues avec les longs déplacements des oiseaux, des animaux en liberté, des occupants des mers ; qui d'entre nous n'a pas admiré la beauté des flamands roses ou des gnous en Afrique de l'est, des oies du Canada aux Etats-Unis, des requins baleine dans le goubet de Djibouti ? Mais souvent certains virus émergent, voyagent aussi et représentent des dangers réels pour les habitants de cette planète. Migrations de l'information, des œuvres d'art, des systèmes politiques, des finances (envois d'argent des émigrés vers leur pays d'origine),… etc.
Ces thèmes variés, avec le phénomène migratoire en commun feront l'objet de différentes communications au sein de l'Académie des sciences d'outre-mer dont j'assure la présidence, sans oublier les migrations humaines, sujet dont je souhaite vous entretenir aujourd'hui.
 
Les migrations humaines aujourd'hui : un mouvement fort et qui n'est pas près de s'arrêter
Entre 2000 et 2015 le nombre de migrants a bondi pour atteindre un total de 244 millions de personnes vivant en dehors de leur pays d'origine dans le monde selon les sources des Nations Unies. Parmi elles, 60 millions sont des migrants et des réfugiés hors de leur pays d'origine et environ 6 millions sont "coincés" dans un pays ou une zone de transit ; 1 personne sur 112 est, soit un réfugié soit un demandeur d'asile soit un déplacé intérieur. La gestion hasardeuse de ces populations a aussi contribué à la création de camps de réfugiés de "longue durée". On compte aujourd’hui 32 camps de réfugiés installés depuis plus de 25 ans et ces colonies temporaires sont destinées à devenir des villes permanentes, privées toutefois d'infrastructures et d'activités économiques dignes de ce nom.
ll est intéressant de noter que malgré l'augmentation forte du nombre de migrants en valeur absolue, la proportion de migrants internationaux reste stable depuis 60 ans et s'établit autour de 3 % de la population mondiale. L'une des raisons de cette stabilité étant le coût élevé du voyage pour le candidat au départ ; une famille économise souvent pendant 10 ans pour financer un départ ; depuis 2000 il est estimé que le coût de ces voyages s'élève à 15 milliards d'euros, montant qui a principalement bénéficié aux passeurs. 
 
Des caractéristiques diverses des flux migratoires
          * les flux migratoires sont organisés
L'émigration d'une cinquantaine de millions d'européens vers les États-Unis à la fin du XIXème et au début du XXème siècle illustre bien cette organisation car les candidats au départ utilisaient des circuits structurés ; les courants actuels le confirment (émigration de Kayes au Mali etc...) d'où l'utilisation de "routes" par les passeurs. Il en va de même en ce qui concerne l'origine géographique des migrants : après l'année "syrienne" au sens large (les Afghans etc...), il semble que l'on assiste à une (des) année(s) africaine(s) qui utilise la voie de la Méditerranée, centrale de préférence (en 2016, 93 % des migrants arrivés en Italie sont africains) suite à la fermeture de la route des Balkans et grâce notamment à la coopération intéressée des autorités turques qui ont monnayé leur rôle de "garde-frontière" ; les chiffres indiquent que toujours en 2016 c'est l'Italie qui a reçu ces migrants qui ont transité par la Libye (181 000) devançant ceux passant par la mer Egée (175 000 migrants) 56 000 syriens se retrouvant bloqués dans des camps en Grèce. 
 
         * les nationalités des migrants évoluent
Parmi les nationalités des migrants arrivés en Italie, 9 des 10 principales nationalités sont africaines (les bangladais faisant exception). Les nigérians représentent le contingent d'africains le plus élevé ; la raison de cet afflux est lié à la situation économique au Nigeria et là, on distingue ceux des migrants qui peuvent se prévaloir du droit d'asile (érythréens, soudanais, éthiopiens) et ceux qui sont poussés à l'émigration pour des raisons économiques (nigérians, guinéens et ivoiriens en particulier).
 
          * la difficulté à opérer une distinction claire entre asile et réfugié économique, demain" climatique "
Si la Convention de Genève propose une définition stricte du droit d'asile (elle individualise les persécutions, c'est à dire qu'il ne suffit pas d'appartenir à une ethnie, à une catégorie y compris religieuse, menacée, il faut que la personne apporte la preuve qu'elle est persécutée ; les autres demandeurs entrent dans la catégorie des migrants économiques. Mais comment prouver que l'on est demandeur d'asile si sa maison, sa ville a été détruite sans pour autant entrer dans la définition de la Convention de Genève sur le droit d'asile ? De ce fait les migrations d'aujourd'hui sont "mixtes", elles sont un mélange de persécution et de la recherche d'un mieux-être économique et social.
 
          * Migrations et démographie : le cas de l'Afrique et du Sahel en particulier
En 2015, les migrants en provenance des pays au sud du Sahara ne représentaient que 10 % des migrants et la plupart de ces 32 millions de déplacés se trouvaient dans des pays voisins en Afrique tandis qu'une minorité, 9 millions selon l'OIM a réussi à venir dans l'un des pays de l'Union Européenne. Cependant ces chiffres, ces pourcentages pourraient changer rapidement étant donné l'explosion démographique constatée dans les pays du Sahel en particulier. Si les tendances actuelles se maintiennent, l'Afrique sub-saharienne devrait passer de 1,2 milliards d'habitants à 2, 5 milliards en 2050 soit l'équivalent du quart de la population mondiale et les pays sahéliens devraient passer de 89 millions d'habitants en 2015 à 240 en 2050 et à 540 en 2100. Le seul Niger pourrait compter 200 millions d'habitants contre 40 aujourd’hui ; si rien ne change, le Sahel devrait contribuer au tiers de l'accroissement démographique mondial en 2050. Ces tendances ne prennent pas en compte évidemment les éléments accompagnateurs de toute surpopulation à savoir guerres, épidémies, pandémies, famines, départs.
Il y a également d'autres moyens de mieux contrôler les naissances via un planning familial bien compris. Si en on prête à Houari Boumedienne la phrase qu'il aurait prononcée en 1967 "aucune bombe atomique ne saurait arrêter les masses affamées du sud attirées par les riches pâturages du nord " (introduction à mon cours sur le monde arabe contemporain Sciences Po, Paris, 3ème cycle) et un peu plus tard, en 1974 à la Conférence des pays non alignés à Bucarest "la meilleure pilule c'est le développement". Les dirigeants algériens sont revenus entre temps sur le sujet et ont mis en place un système de planning familial.
 
Par ailleurs et d'après des études menées  sur la jeunesse en Afrique par le professeur Hugon, il existe en Afrique la recherche, par une bonne partie de la classe moyenne (considérée comme telle dès que le revenu journalier dépasse les deux euros par jour !) une tendance à sortir du cycle infernal pauvreté/famille nombreuse /dépendance du clan familial comme vivre dans des résidences séparées du centre ville, avoir deux à trois enfants par famille, opter pour la monogamie, travail pour les deux époux etc...) . Mais cette tendance reste embryonnaire et de nouveau, si tout continue en l'état, les 3 à 4 millions de sahéliens qui ont émigré vers l'Europe depuis les indépendances passeront à 40 millions d'ici la fin du siècle. Des études récentes indiquent que si à court terme le développement d'un pays donné permet dans un premier temps d'élargir la base de personnes de plus de moyens, ces moyens sont utilisés pour financer le projet migratoire ; ce n'est que dans un second temps que le désir d'émigration baisse ; tout ceci à condition que démocratie et croissance économique soient au rendez-vous et que la démographie galopante perde en intensité (Maryline Baumand "migrations africaines : le défi de demain, the Youth and Leaders Summit, 2017 à Sciences Po) Face à ces défis que font les pays d'accueil ?

          *Les actions de l'Union Européenne
Sans entrer dans le détail des programmes en cours et au-delà des divisions des querelles entre Etats Membres sur le sujet, l'Union Européenne a mis en place des mesures complémentaires les unes aux autres sans garantie sur leur effet durable et positif : sécurité des frontières maritimes avec FRONTEX , Sophia, EURNAVFOR etc... mise à disposition d'un Trust Fund de 1,8 milliards d'euros disponibles pour financer des actions de développement durable (emploi pour les jeunes, formation, bonne gouvernance, programmes pour recycler et décourager les passeurs dans les pays de transit, Agades au Niger, etc...) avec de surcroît des accords avec les pays en première ligne (Afrique du nord, Libye, etc...) afin que ces pays bloquent ou à tout le moins, aident à la régulation des flux migratoires vers l'Union Européenne, etc... Ceci tout en sachant les risques de chantage de la part des pays "associés" (comme par exemple, la Turquie d'Erdogan). D'aucuns se plaindront des montants trop faibles du Trust Fund, de son saupoudrage (28 pays éligibles !) ou encore l'absence de programmes de planning familial, certes toujours délicat à faire admettre lorsqu'ils ne sont pas "internalisés" par le pays concerné avec en sus, le facteur religieux qui n'est pas à négliger
 
          *Le facteur religieux
Les pays sahéliens sont à majorité musulmane et par expérience vécue (Tchad, de 1969 à 1971, Niger, de 1973 à 1974, Mali, de 1988 à 1990) il n'est pas toujours facile d'aborder le problème démographique de façon sereine et franche sans que des arrières pensées ne soient prêtées à son interlocuteur. On retrouve des comportements similaires dans des pays à tradition catholique conservatrice (Rwanda avant le génocide) etc..; car la religion est souvent utilisée ou bien détournée à des fins politiques, de pouvoir, de domination voire d'exclusion.
Dans un autre registre je citerais l'appui à l'Ethiopie demandé par le Patriarche de l'église orthodoxe russe lors de la visite officielle du PM Meles en 2001, sous prétexte que les deux églises sont proches (l'éthiopienne et la russe) mais également parce que Pouchkine est un quarteron d'éthiopien. Cette "proximité" a joué son rôle dans le soutien apporté par les Russes aux Ethiopiens dans le cadre de la lutte du gouvernement éthiopien contre les islamistes somaliens. Les "supplétifs" serbes de l'empire Austro-hongrois, déçus par la promesse non tenue de les intégrer dans l'armée régulière, les Austro-hongrois émigrèrent vers le pays de "la douce orthodoxie", la Russie ; migrations de Jankevitch où les liens forts entre la Russie et la Serbie qui perdurent jusqu'à nos jours ; dans la même veine lorsque Chypre dut passer par les fourches caudines du plan ajustement du FMI et de l'Union Européenne, ce dernier a été accepté par les Chypriotes forcés pour éviter que les Russes ne mettent les 10 milliards d'euros nécessaires car là aussi, il s'agissait de renvoyer l'ascenseur aux Chypriotes : pendant le communisme en ex URSS c'est l'église orthodoxe chypriote qui a aidé l'église russe à survivre  etc.. 
Ce facteur culturel-religieux n'est pas à négliger ; si les migrants sahéliens ont des raisons de migrer massivement vers l'Union Européenne, comme les Européens  au XIXème et au début du XXème siècle (famine en Irlande, crises économiques dans les pays scandinaves, dans le nord italien etc...) les populations de départ et d'arrivée étaient de même culture et souvent de même région. Les Amériques avaient besoin de main d'œuvre à l'instar de l'Union Européenne ou de certains de ses États Membres (dans une étude que j'ai consacrée à un siècle d'émigration vers les États-Unis de 1860 à 1960, j'ai pu constater que pendant la crise de 1929 le solde migratoire est devenu négatif : plus d'émigrés repartaient vers leur pays d'origine ou vers un autre pays qu'il n'en entrait, de même il y a eu, toutes années confondues, un nombre important de migrants qui ne restaient pas dans leur nouveau pays d'accueil). Le danger est que cet obstacle qui s'ajoute à d'autres concernant l'intégration de tout migrant dans sa société d'accueil devienne un repoussoir de principe au détriment d'une politique raisonnée et dépassionnée d’immigration.
 
Et la France dans tout cela ? Pays d'immigration plutôt qu'un pays d'asile
La France n'est pas une terre "d'asile" mais plus celle qui accueille légalement des migrants au titre de conventions internationales signées avec la France (200 000 ressortissants non européens obtiennent chaque année un titre de séjour) À l'inverse, le taux d'acceptation des demandeurs d'asile est très faible (moins de 20 % et plutôt proche des 15 %). La France a privilégié l'arrivée massive de main d'œuvre (Jusqu’à la seconde guerre mondiale la France va accueillir des populations qui vont renforcer sa force de travail dominée par la Grande guerre avec notamment de forts contingents d'Italiens du nord qui s’installeront surtout en Savoie et dans le sud-ouest ou des Polonais dans les bassins miniers du nord de la France. Après la Seconde guerre priorité sera donnée à une immigration souhaitée d’une façon ou d’une autre par les dirigeants Français 1946 : début de la venue de travailleurs algériens en nombre, dans les années 60 l'immigration espagnole, marocaine, tunisienne et de certains pays d'Afrique sub-saharienne est en forte hausse suite aux accords signés avec les pays de départ. Cependant en 1974, les flux migratoires commencent à être contrôlés et en 1976, Valery Giscard d'Estaing décrète le droit au regroupement familial et entre 1997 et 1999, 100 000 sans-papiers sont régularisés. Les vannes de l'asile s'ouvrirent cependant lors de différentes crises mondiales (1956 accueils de 10 000 réfugiés politiques hongrois puis ce sont entre 10 000 et 15 000 Chiliens qui vont obtenir l'asile en France après le coup d'état de Pinochet puis entre 1975 et 1985 ce sont 110 000 réfugiés en provenance du sud-est asiatique qui seront accueillis. Si la France reste un grand pays d'immigration de longue date, elle n'est pas malgré tout un pays d'asile. Ceci a pour conséquence que, un peu moins d'un quart des personnes qui vivent en France soit un immigré soit enfant d'au moins un immigré (source INSEE, INED). La France est un pays "d'infusion durable", et non " d'invasion massive",de populations étrangères caractérisée également par l'impuissance radicale des politiques à réguler les flux migratoires.
 
Propos d'étape
Les migrations ont existé de tout temps ; elles peuvent prendre des formes diverses (migrations temporaires - soldats en guerre - religieuses - Israël - de peuplement, forcées - déplacement de populations  et pour des motifs variés (famine, desseins politiques, etc...) Elles sont traumatisantes tant pour les sociétés d'accueil que pour les sociétés de départ (indiens d'Amérique, Aborigènes, colonisations diverses etc...)
Pour les sociétés de départ, c'est souvent les vider d'une partie de leurs forces vives et au plan économique et social des modifications de leur mode de vie : de nombreux villages en Algérie, au Maroc et dans d'autre pays vivent sous "perfusion financière" grâce aux chèques des migrants ; c'est le cas des migrants économiques philippins, sri lankais, etc ...);  et au mieux  elles sont dérangeantes : Francois Héran cite un extrait des verbatim des discussions entre le Général de Gaulle et Alain Peyrefitte ; on explique à de Gaulle qu'il faudra accueillir quelques milliers de pieds noirs, ce dernier se récrie " jamais nous n'arriverons à accueillir 10 000 personnes ; au total ce fut 100 fois plus (plus d'un million de personnes qui s'intégrèrent rapidement, tant bien que mal, il est vrai que, dans un pays en croissance économique encore soutenue, le partage d'une culture commune facilite le tout ! "Nous sommes un grand pays d'immigration pas un pays d'asile" voir le Journal, le un, numéro 73. C'est dans cette région qu’au début du 20ème siècle il y eu des émeutes à Aigues mortes entre autres qui firent une dizaine de morts parmi les ouvriers italiens accusés de "voler le pain des Français "!
 
Ces immigrations sont perturbantes et donc elles peuvent être un vecteur de destruction, de domination, de perversion (l' "exportation" du système mafieux par les Italiens du sud migrants majoritaires aux Etats-Unis ; ceux du nord de l’Italie, en général mieux formés professionnellement préférèrent émigrer vers l’Europe, France et Royaume-uni ou vers l'Argentine) mais elles sont fréquemment un facteur d'enrichissement, de diversité pour les sociétés d'accueil. C'est pour cela que la construction de murs, de barrières pour empêcher des migrants de venir s'installer sur un territoire donné est la pire des solutions car sur un plan très terre à terre ce type de mesure qui peut entraîner l'économie du pays d'accueil à la récession et la priver de main d'œuvre pour la faire fonctionner. La tentation peut sembler forte parmi certains dirigeants européens d'imiter cette tendance, celle d'un repli sur soi car l'Europe devrait rester en première ligne de déplacements de population du fait de l'instabilité politique, économique et sociale qui continuera à régner dans sa périphérie. L'Europe continuera à avoir besoin de main d'œuvre pour épauler une population vieillissante tout en essayant de mieux maîtriser les flux migratoires même si la tâche s'annonce ardue car une évolution est en cours : les migrants "forcés" vont, dans les prochaines années, dépasser celui des migrants volontaires à cause des changements climatiques. Et à l’exception de déclarations ici ou là, la plupart des dirigeant européens n'ont, ni tiré les leçons du passé ni se sont préparés aux bouleversements sociétaux à venir.

De la guerre d'Algérie à la...

Publié dans En France
De la guerre d'Algérie à la guerre en France ?
 
Pendant que nos universitaires et nos philosophes "fast thinkers" s'étripent verbalement dans un concours d'ego ,il me semble plus judicieux de revenir sur les faits, sur le vécu de certaines périodes plutôt que de  s'appuyer de façon péremptoire sur des analyses certes brillantes mais qui présentent l'inconvénient de s'appuyer plus entre autres, sur des arpents de mémoires d'étudiants revus et corrigés que sur des expériences de terrain suffisamment étoffées avant de se risquer à quelque généralisation que ce soit ; on prendra pour exemple la querelle récente entre Olivier Roy et sa thèse de l'islamisation de la radicalité s'opposant à une autre 'star' en quête de médiatisation G. Keppel (j'ai enseigné dans le même troisième cycle sur le monde arabe à sciences po de 1985 date de sa création par R. leveau et J. leca). Il  se trouve que comme bien d'autres j'ai vécu, comme témoin de fait, les "évènements " d'Algérie jusqu'en mai 1962 à la fin d'une adolescence malgré tout heureuse mais marquée par la fin tragique de la présence française dans ce qui fut l'un de ses territoires.   
   
Certains parallèles entre d'une part la situation sociéto-sécuritaire dans laquelle se trouve la France et d'autre part son expérience malheureuse en Algérie sont intéressants à plusieurs titres :
Le mode opératoire des djihadistes, des terroristes tout d'abord.
Guidés par des chefs politiques qui distillent des messages aussi clairs que radicaux dans le but d'éliminer l'ennemi, le" mécréant" (la guerre d'Algérie a connu un regain de recrutement des populations musulmanes lorsque l'élément religieux a été utilisé pour chasser les "roumis " les descendants imaginaires de la Rome antique au temps où elle occupait une bonne partie de la méditerranée méridionale jusqu' au décapoles de la jordanie) le djihadiste de base va être utilisé pour terroriser la population civile par tous les moyens surtout lorsque l'organisation terroriste se trouve affaiblie sur le terrain ; tous les moyens seront bons : hommes déguisés en femmes , avec une longue gandourah ; le voile sur la tête etc., qui pourra plus facilement dissimuler une arme, un explosif pour perpétrer un attentat dans un bus, dans un centre commercial etc.  
 
Pour essayer de parer à ce type d'attentas les autorités vont déployer des militaires comme aujourd'hui) vont faire poser des grillages sur les vitres des bus (afin d'empêcher la projection de grandes ou autres engins explosifs). Confronté à ce terrorisme urbain le politique se trouva désemparé ; on se rappellera la " journée des tomates le 6 février 1956 lorsque Guy mollet nommé depuis peu Premier ministre fut accueilli par une foule hostile à Alger. Ce fut ce leader de la SFIO qui cependant va renforcer sérieusement la présence militaire française et son activité contre la rébellion ; la nomination de robert Lacoste, ancien leader de la CGT, comme gouverneur général  de l'Algérie en février 1956 en remplacement du vieux général Catroux, qui était dépassé par les évènements, allait changer la donne. Les autorités politiques déléguèrent alors progressivement une partie de leurs attributions y compris celles relevant de la police à l'armée. Un pouvoir que l'armée utilisera, souvent contre gré, mais qui permit de gagner la bataille urbaine contre " les poseurs de bombes ". Ce furent aussi les Unité territoriales qui furent créées pour soulager les troupes régulières ; les U T étaient utilisées pour des opérations de maintien de l'ordre ; les hommes de 21 à 48 ans devaient servir deux à trois jours par mois (ils furent jusqu' à 25 000 dans la seule ville d'Alger). Là aussi on retrouve une similitude avec la constitution en cours d'une "garde nationale à la française annoncée par le ministre actuel de l'Intérieur ; on notera au passage que les UT bénéficiaient de l'expérience militaire de personnes qui avaient connu la guerre que ce soit la seconde guerre mondiale ou l'Indochine ce qui en faisait des unités d'appui appréciables ; qu'on retrouve aujourd'hui des hésitations semblables du pouvoir politique quant aux mesures qui seraient  efficaces pour vaincre le terrorisme à Alger par exemple d'une rhétorique de communication qui se veut apaisante, rassurante mais qui a atteint ses limites.
 
Les autorités politiques actuelles n'ont plus beaucoup de choix : déléguer les  pouvoirs de police à l'armée n'est pas à l'ordre du jour ; suivre encore une fois les conseils  de nos fast thinkers serait désastreux encore une fois (on a perçu les dégâts causés par ces irresponsables en quête de "gloire " bon marché en Libye , en Syrie, etc.). Dans une veine similaire se " chiffonner " pour savoir si c'est "l'islamisation de la radicalité" (O. Roy) qui est plus significative que "l'hégémonie du salafisme dans l'Islam" (G kepel) sans apporter de solution au problème reste un débat d'universitaires médiatisés qui laisse le citoyen, et la société dans laquelle il vit, sur sa faim.
 
Le virage que ces dites autorités doit prendre n'est pas facile à plusieurs titres : il s'agit tout d'abord de revoir note conception des droits individuels, des droits de l'homme et de leur application par la justice. Sans cela il ne sera pas possible de neutraliser les terroristes ou ceux qui projettent de le devenir ; ceci suppose la création de centre de détention éloignés dans lesquels les détenus seraient astreints à un travail physique dans des endroits difficilement accessibles ; également qu'au nom des droits de la défense le bon sens reste maitre face à des individus qui ne souhaitent qu'une chose la destruction de nos démocraties.
De façon plus profonde ces changements de cap nécessaires si l'on souhaite rester dans un cadre démocratique devra entrainer une réflexion sur la validité de la continuation d'un schéma sociétal basé sur le culte de l'individu exclusivement au détriment des valeurs de solidarité, du vivre ensemble. D'aucuns souligneront à juste titre qu'une approche uniquement hexagonale du problème serait boiteuse du fait de notre appartenance à l'UE et des obligations qui en découlent concernant la liberté de circulation des personnes, d'où la nécessité d'une approche européenne de lutte et d'éradication du terrorisme ; les circuits de la drogue ou encore l'attitude plus qu'ambiguë des monarchies du golfe qui financent d'une façon ou d'une autre l'expansion de l'islam sous différentes formes sont des acteurs "extérieurs" qui ne facilitent pas la mise en place d'un système "étanche " à l'endroit de menaces venant de l'extérieur ; mais en Algérie, c'était G. Nasser le président égyptien qui appuyait la rébellion avec le soutien de l'union soviétique et de ses pays satellites, et accessoirement de nos "amis" américains et la complicité de la Tunisie ou du Maroc nouvellement indépendants.
 
Il serait illusoire voire dangereux pour la cohésion nationale d'envisager des  actions qui stigmatiseraient les communautés musulmanes ; la solution doit venir de celles-ci ; elles doivent faire le ménage tant d'un point de vue théologique (en marginalisant les courants porteurs de haine) que d'un point de vue sécuritaire en neutralisant les semeurs de terreur ; l'expérience malheureuse des harkis abandonnés par la France peut cependant doucher des initiatives éventuelles dans ce sens, sauf si le pouvoir politique envoie des signaux forts de non tolérance vis à vis des agents de la terreur tout en agissant pour mieux intégrer les différentes composantes de la population. Là aussi il n'est pas inutile de se pencher sur l'histoire même récente pour y puiser des idées et d'éviter de commettre les mêmes erreurs ; Quoiqu'il en soit il devient urgent d'agir de façon lucide et déterminée.

Problématique de l'eau ...

Publié dans De par le monde
Problématique de l'eau dans le bassin méditerranéen : entre COP21 et COP22

Conférence donnée à l occasion de la remise du prix de la fondation cardinal Poupard au professeur marc Gentilini
Principauté de Monaco, 28 avril 2016


Votre altesse Sérénissime,
Votre Eminence,
Excellences,
Monsieur le Président de l’Académie de l’eau,
Monsieur le Président de l’Académie des sciences d'Outre-Mer,
Messieurs les Secrétaires perpétuels des académies de l’eau et de celle des sciences d’Outre-Mer,
Mesdames et Messieurs, Chers amis,
 
L'eau, issue du mot latin aqua, est présente, salée dans le bassin méditerranéen et douce autour de la mer du même nom, faisant des pays, des territoires qui la bordent, une région au bord de l'eau. Cependant les conditions de vie, de disponibilité de cette ressource essentielle à la vie sont bien différentes selon les régions où l'on se trouve ; les causes en sont aussi multiples que diverses : la situation géographique ou géologique, l'histoire, les conflits passés ou actuels, les hommes au sens large avec leur impact sur leur environnement immédiat : impact physique lorsqu'ils détruisent ou abiment l'environnement ou bien impact sociétal des hommes politiques qui font mener ou qui cautionnent des politiques erronées en matière d'utilisation, de conservation de l'eau.
 
" L'eau, c'est la vie" comme nous le rappelle le professeur Gentilini dans sa communication faite en 2014 à l´Académie des Sciences d'Outre-Mer sur le thème de " L'eau et la santé Outre-Mer ", communication dans laquelle il met l'accent sur l'impact de l'eau sur la vie, l'absence d'eau ou des eaux de mauvaise qualité pouvant avoir des conséquences dramatiques et souvent fatales pour de nombreuses populations.
Cette " bataille " pour l'accès à l'eau revêt une acuité particulière dans plusieurs pays de la rive méridionale du bassin méditerranéen et leurs secteurs d'activité respectifs :
a) l'agriculture pour l'irrigation,
b) l'industrie pour ses productions,
c) les villes qui se développent à grande vitesse sur les côtes fragilisées,
d) le tourisme : une activité importante autour du bassin quoique imprévisible, le touriste étant très "volatile" par nature, une volatilité exacerbée par les problèmes de sécurité qui peuvent surgir ici ou là et faire changer le touriste de destination de villégiature ; le revers de la médaille de cette activité lucrative est une consommation en eau par tête de loin supérieure à celle des autochtones et une demande forte d'approvisionnement en eau, à une période de l'année où l'écosystème requiert des quantités importantes en eau pour ses cultures.
 
La démographie constitue un autre défi : l'augmentation régulière des populations appartenant au monde méditerranéen, (augmentation constatée principalement dans sa partie méridionale, globalement la plus sensible au "stress hydrique ") conjuguée aux changements climatiques en cours pourrait se révéler désastreuse si rien n'est fait au plan international. Or, compte tenu de son caractère vital, de son importance dans l'économie et de son inégale distribution sur la terre en général mais plus particulièrement autour du bassin méditerranéen, la maîtrise de l'eau est soumise à de forts enjeux géopolitiques. D'où la nécessité, voire l'urgence d'engager des actions concertées au plan international comme au plan régional ; de nombreuses initiatives ont été entreprises par les Nations Unies ou par l'Union Européenne dans le cadre du dialogue avec les pays associés de la Rive Sud (partenariat Euro-Med, processus de Barcelone, politique de voisinage etc...) ; mais force est de constater que bien des projets d'accord approuvés n'ont pas été ratifiés par de nombreux pays concernés en premier chef. L'accord obtenu de haute lutte à Paris en novembre 2015 à l'occasion de la clôture de la COP 21 nous laisse cependant entrevoir un certain optimisme que tous espèrent voir conforté lors de la COP 22 qui se tiendra à Marrakech fin 2016.
 
Une région au bord de l'eau
      Une mer au milieu des terres
Il est bon de rappeler que l'ensemble méditerranéen a été façonné par l'action de l'homme, par sa morphologie géologique et son évolution, par les conflits réguliers entre empires, civilisations ou religions. Espace de conflits, il demeure un vaste champ d'échanges commerciaux mais aussi d'idées, autour et grâce à sa mer, une mer "au milieu des terres " (Isidore de Séville, cité par Bernard Millet, la pensée de midi 2/2007 N°21). Malgré ce trait d'union entre les rives il n'est pas facile de définir cet ensemble de façon homogène : le relief y est loin d'être varié, la rive septentrionale étant caractérisée par des zones montagneuses en bordure de mer, ce qui n'est pas le cas sur la rive méridionale ; quant à la culture de l'olivier elle ne se pratique pas dans les régions arides d'Egypte voire de Libye (sauf dans la plaine de la Geffara en Tripolitaine) ni dans une partie septentrionale de l'Italie.
De même, les 22 pays et territoires bordant la méditerranée n'ont d'identité méditerranéenne que par certaines de leurs régions qui sont véritablement méditerranéennes ( la Région PACA mais pas la nouvelle région "Hauts de France etc. ). Si l'on utilise le concept plus adapté de régions, on dénombre 234 régions côtières riveraines de la mer, régions peuplées de quelques 150 millions d'habitants et qui accueillent 32 % du tourisme mondial. Au centre de ces régions une mer semi
fermée avec deux entrées, les détroits des Dardanelles et de Gibraltar, avec pour conséquence la nécessité d'attendre un siècle pour assurer son renouvellement intégral ; encore riche en biodiversité cette dernière est menacée entre autres par un intense trafic maritime (30 % du commerce mondial de fret et 25% de celui des hydrocarbures) et les risques de pollution afférents.
 
      La technique comme remède, insuffisant cependant :
la stratégie: face aux défis perceptibles, -une offre alimentaire insuffisante par rapport à l'augmentation de population, des conflits entre utilisateurs de la ressource eau, le secteur agricole, l'industrie, les besoins d'une population urbaine en croissance constante etc... - des parades technologiques ont vu le jour comme celles basées sur le dessalement de l'eau de mer abondante. De même dans la foulée de la stratégie de l'UE concernant l'eau, "Europe 2020", 3 secteurs prioritaires se dégagent :
a) favoriser une croissance intelligente fondée sur la connaissance et l'innovation ;
b) une croissance durable avec une économie sobre en carbone, une économie en ressources et compétitive ;
c) une économie inclus ive avec fort taux d'emploi : la gestion intégrée de cette stratégie se décline à travers la GIRE (Gestion Intégrée de Ressources en Eau) dont le but est d'intégrer les profondes mutations en cours en aidant à la recomposition des rapports entre usagers, pouvoirs officiels ou officieux etc... La GIRE, s'appuyant sur la DCE (Directive Cadre sur l'Eau) fait du concept de bassin versant l'échelle de gestion de "l'eau moderne" (Klervi Fustec : les territoires occupés palestiniens : le rôle de l'UE dans la construction politique et territoriale des enjeux de l'eau " Méditerranée 119 30 /11/2014). Le réseau méditerranéen des organismes de bassin (REMOB) essaye de son côté de promouvoir la technique de gestion intégrée au sein du réseau international des organismes de bassin ou RIOB. Cette approche doit permettre également à "l'hydro diplomatie" de jouer son rôle tel que la définit Fadi Georges COMAIR (stratégie du réseau Méditerranéen des organisations de bassin ; "Hydro-diplomatie et nouvelle masse d'eau" communication à l'Académie des Sciences d'Outre-Mer 2014). Cette approche séduisante ne s'intègre cependant pas toujours dans les habitudes ancestrales de populations habituées à des modes de gestion différents ni ne permet pas d'éviter les hydro-conflits qui peuvent se déclencher à tout moment au Moyen-Orient en particulier.
 
une kyrielle d'initiatives. On remarquera au passage l'abondance d'initiatives et/ou de groupements établis à partir de bases thématiques, régionales etc... bien répertoriées en l'occurrence par le SEMIDE (Système Euro-Méditerranéen d'Information sur les savoir-faire dans le Domaine de l'Eau)les informations abondent sur l'évolution du SWIM (Sustainable Water Integrated Management), le INBO (Integrated Network of Basin Organisations), le projet européen de soutien à la gestion durable et efficace de la ressource en eau (SWITCH ON), le RKNOW ou le réseau régional des connaissances sur l'eau etc.... Pour résumer et au seul niveau euro-méditerranéen, en sus des initiatives "historiques " (plan d'action pour la méditerranée lancé en 1975 à Barcelone etc...) c 'est depuis que en decembre 1996 la conférence de Marseille a lancé le SEMIDE conférence suivie par celle de Turin de 1999 qui précisera le programme de MEDA – eau que l on dispose d un panomara complet et mis à jour régulièrement des différents programmes liés à la ressource eau(projet EMPOWERS sur l'amélioration de la prise de décision dans le domaine de l'eau potable et l'assainissement ; projets MEDWA, IRWA et ISIIMM pour les eaux d'irrigation ; projet MEDROPLAN pour la gestion de la sécheresse ; projets ADIRA, EM water, MEDIAWRE et Zéro-M pour la gestion intégrée de l'approvisionnement local en eau potable et assainissement, réutilisation des eaux usées etc...
Lorsque j'étais en poste au Niger pendant la grande sécheresse de 1974, la presse occidentale faisait ses gros titres sur la soif dans le Sahel. J'avais invité un journaliste (JF. Held ) à venir voir la réalité en face : les trop nombreux troupeaux (un des effets du travail des blouses blanches, médecins et vétérinaires coopérants qui ont contribué à l'augmentation des populations humaines et animales dans un contexte éco-climatique en équilibre fragile) faisaient la queue pour s'abreuver auprès de puits artésiens forés par AREVA et gérés par le préfet et non par les éleveurs avec leurs puits traditionnels où ils effectuent la régulation bétail/eau/pâturages y compris par la force, ce que n'osait pas faire le préfet. les nouveaux arrivants n'avaient d'autres choix, malgré eux, que de piétiner pendant plusieurs jours les maigres pâturages avant d'arriver au puits et de là ensuite n'ayant plus la force de parcourir les dizaines de kilomètres avant d'atteindre une zone de pâturage aussi pauvre soit elle; illustration si il en est, des conséquences négatives d'une gestion défaillante de l'eau.
 
 
L'eau : conflit ou gestion politique ?
L'eau et son appropriation puis son utilisation deviennent de plus en plus source de tensions, certaines étant "mécaniques" (augmentation de la population) dues à une répartition inégale soit entre pays soit à l'intérieur d'un même pays, d'autres enfin, étant générées soit par la pollution de l'homme soit pour des raisons conflictuelles avec des pays voisins.
 
      La pression démographique
La population de l'ensemble méditerranéen est passée de 285 millions en 1970 à 428millions en 2000 et devrait atteindre les 523 millions en 2025 soit un doublement entre 1970 et 2025, dont 95% sur la rive méridionale de l'ensemble ; une disparité liée en partie au peu d'enthousiasme manifesté par certains dirigeants de la rive sud pour contrôler une démographie galopante ; certains , adeptes d'une "natalité défensive", invoquent des motifs religieux voire sous-entendent un instrument à leur disposition pour prendre la main par rapport à un Occident dominant jusque-là (il faudra " nourrir les hommes " avec en sus la gestion quasi impossible du binôme "blé cher, pain pas cher "). C'est l'ancien président Boumediene qui avertissait dès1967 qu'aucune bombe atomique ne pourrait arrêter les masses affamées du Sud attirées par les verts pâturages du Nord. Plus près de nous c'est Jacques Diouf, alors Directeur Général de la FAO, qui confirmait en avril 2007 que "les démunis ne se laisseront pas mourir sans rien faire". De surcroît, les migrations des populations rurales vers les côtes accentuent la pression sur la ressource-eau tout en augmentant la dégradation de l'environnement tant au point de départ qu'au point d'arrivée des migrants internes.
 
Lors de mes enquêtes dans le sud tunisien en 1978 /79 j'avais constaté que les paysans installés traditionnellement sur les hauteurs à l'époque de la conquête arabe pour échapper aux razzia effectuées dans la plaine de la Geffara avaient mis en place un système original de captation des rares eaux de pluie pour irriguer les banquettes, les "jessours" ; avec la pacification française, suivie de l'indépendance, les lumières de la ville ont aimanté ces paysans qui fournissaient un dur labeur pour survivre ; par manque d'entretien des banquettes, l'érosion s'est installée à partir des hauteurs pour gagner la mi-pente puis la plaine. Ces paysans des hauteurs représentent un peu partout une population vieillissante (dans
tous les pays du Maghreb le pourcentage d'exploitants ayant plus de 60 ans dépasse les 20 %) peu formés (en Algérie seul 3 % de ces exploitants a reçu une formation aux techniques agricoles) ; ils disposent d'une exploitation petite, souvent sans titre foncier (lors de mes enquêtes dans le rif marocain en 1977/78, j'avais relevé que 80 % des exploitants détenaient moins de un hectare ; dans le même Rif les paysans insistaient sur leurs souhaits prioritaires : al maya wa al douw ; l'eau et l'électricité) en Egypte la superficie disponible par exploitant a diminué de moitié en 40 ans ; là aussi 80 % des exploitants cultivent sur des superficies de moins de un hectare
 
      L'eau existe mais elle est loin d'être utilisée de façon rationnelle et efficace
Répartition inégale: l'eau a été et reste par endroit, abondante comme le souligne Michel Alhéritière "l'eau source de tension et de paix en Méditerranée " Sécurité globale 3/2012 n21) : le littoral Monténégrin de l'Adriatique qui reçoit plus d'eau ou autant que l'Ecosse ou le Pays de Galles ,les réglementations des anciens Egyptiens afin d'éviter les inondations ( loi d'Hammourabi remontant à 3000 ans AJC) des berges du Nil ou encore Braudel qui nous rappelle qu'il n'y pas si longtemps encore la malaria était le problème principal lié à l' eau pour les populations (et cette maladie revient parfois dans des endroits où on la pensait éradiquée : Sud tunisien, Sud-Est de la Turquie etc...) et pour finir, les eaux souterraines présentes
dans cet ensemble méditerranéen, tous sont autant de rappels indiquant que l'eau existe et qu'elle est, par endroits, disponible de manière abondante. Ceci étant et dans l'ensemble, la pénurie d'eau est constatée en plusieurs endroits et de façon globale : les bassins versants de l'ensemble collectent 1% des eaux de surface du globe pour satisfaire 3 % de la population mondiale qui vit sur le pourtour méditerranéen ; ce déséquilibre se manifeste plus encore à cause d'une répartition inégale de l'eau selon les régions : ainsi des pays comme l'Algérie, la Tunisie, la Libye, la Palestine ou encore Malte vivent en situation de "stress hydrique" avec moins de 500 m3 disponible par habitant et par an. À l'inverse, on saluera l'excellente gestion des eaux de la Principauté qui, bien que dépendant fortement de l'apport extérieur ( la principauté ne produit que 25 % de l'eau consommée, le solde provenant de France et d´Italie ) traite 100% des eaux consommées et 100% des eaux usées.
 
la gouvernance en question: à ces pénuries liées à la répartition inégale de la ressource s'ajoutent les inégalités, les erreurs générées par l'homme.
Elles nous renvoient 3000 ans avant JC : les Sumériens avaient développé une agriculture intensive très performante dans une des plaines de l'Euphrate ; leur système d'irrigation très élaboré a, cependant, causé leur perte ; en effet l'irrigation par gravité a entrainé avec le temps une concentration de sels minéraux dans les sols qui sont devenus de moins en moins fertiles et productifs; il en est résulté le déclin de la production agricole incapable de couvrir les besoins alimentaires de la population , une situation qui aurait provoqué la ruine de cette civilisation ; plus près de nous en Libye, dans la région tripolitaine, la nappe phréatique est passée de 6 mètres dans le sous-sol dans les années 50/60 à 36 mètres en 1974, la cause étant à la fois, une politique frénétique de pompage lancée par le président Kadhafi qui souhaitait faire de la plaine de la Geffara un grand verger mais sans qu'une autorité efficace ne contrôle l'installation de stations de pompage et aussi une gabegie de l'utilisation de la ressource par les habitants de Tripoli ; l'eau de mer a pu ainsi pénétrer les nappes phréatiques contribuant à une salinisation irrémédiable de terres agricoles. Les gaspillages en tous genres de la ressource n'améliorent pas la situation : la politique des grands barrages a souvent été synonyme de gaspillage ; il est estimé que le barrage d'Assouan perd en évaporation 10 milliards de m3 par an soit 12 % du débit du Nil. Les forages de l'oasis de Koufra en Libye sont également sujets à critiques : ces forages pompent à 3000 mètres de profondeur, de l'eau dans la nappe fossile (la Nubian Sandstone Aquifer System) pour produire des fourrages au prix de revient astronomique tout en mettant l'équilibre des eaux du sous-sol en danger.
 
Pollutions. Des pollutions en tous genres dérivées ou pas du changement climatique (baisse prévue de la pluviométrie, hausse concomitante des températures) et combinées avec des choix économiques discutables pour les pays qui s'appuient fortement sur le tourisme, font peser des risques majeurs sur la disponibilité pérenne de cette ressource et sur sa qualité. Le secteur touristique est gros consommateur d'eau (un touriste consomme en moyenne 800 litres d'eau soit 3 fois plus qu'un habitant de Barcelone ; dans cette ville il a fallu importer de l'eau de France pendant l'été 2008 pour faire face à la demande d'eau gonflée par la pression touristique ; l'île de Chypre a également connu ce type de déficit estival et a dû importer de l'eau potable de Grèce). Quant à l'assainissement, il manque cruellement dans de nombreux endroits : un rapport de l'OMS, publié en 2015, sur les progrès réalisés dans le cadre de l'un des objectifs du millenium pour le développement (OMD) tire la sonnette d'alarme : dans le monde un individu sur trois vit sans installation sanitaire ce qui nous situe loin de l'objectif de l'accès universel à l'assainissement d'ici 2030 !
 
eau et conflits. Parmi les pénuries créées on ne peut passer sous silence celles dues aux états eux-mêmes. La technique des légions romaines de Trajan, qui après des mois de siège de la ville de Petra en Jordanie, consista à bloquer l'arrivée de l'eau qui alimentait les habitants de cette ville grâce à un réseau complexe et ingénieux, pour obtenir la reddition, en l'an 106 avant J.C, de cette ville merveilleuse. Cette méthode a été reprise après la période coloniale par les pays devenus ou redevenus indépendants : c'est la Turquie qui a construit une myriade de barrages en territoire Kurde (22 dans le cadre du projet de l'Anatolie du Sud-Est ou GAP) pour mieux contrôler cette population, mais qui coupe le débit de l'Euphrate en1990 pendant un mois au détriment des pays en aval, la Syrie et l'Irak et faisant au passage pression sur la
Syrie afin que celle-ci s'abstienne de soutenir les mouvements indépendantistes Kurdes en Turquie. La construction de digues et de bassins de stockage devient ainsi un instrument de légitimation des gouvernements au pouvoir, le cœur d'une politique de développement faite pour impressionner (barrages en Turquie, au Maroc, Assouan en Egypte etc...). Cependant cette politique des grands projets n'eut pas l'effet escompté et n'a pas permis de réduire de façon durable et satisfaisante l'écart entre offre et demande en eau ; au contraire, dans de nombreux cas, cette politique a contribué à la crise hydrique que l'on constate un peu partout dans ces pays, renforçant ainsi la tentation du "chantage à l'eau". C'est pourquoi, plusieurs accords internationaux ont essayé avec des succès mitigés de mettre un peu d'ordre dans ce domaine, certains pays dits "avals" comme l'Egypte se prévalent d'un droit historique à l'obtention des eaux provenant du Nil en amont, les 10 pays "amont du Nil en dehors de l'Egypte et du Soudan ont pris en 1999 l'initiative de travailler ensemble afin de vaincre la pauvreté à travers " L' initiative pour le bassin du Nil ") ; d'autres comme la Turquie, se refusent à le reconnaître pour les pays en aval du Tigre et de l'Euphrate, la Syrie et l'Irak. (Yves Gazzo, XXIII ème journée de Joviac : "les problèmes de gouvernance de l'eau agricole dans le monde ")
Lorsque j'étais en poste en Ethiopie (2001/2003), j'ai assisté à une conférence donnée par un expert israélien ; en aparté je lui ai demandé pourquoi il y avait-il, à l'époque, si peu d'enthousiasme à aider les Ethiopiens à utiliser le formidable potentiel hydraulique du Nil (85 % des eaux du Nil proviennent et traversent ce grand pays) ; il me fut répondu que de grands aménagements hydro-électriques ou d'irrigation auraient un effet négatif en aval sur l'eau disponible par l'Egypte, une situation qui par ricochet pourrait se répercuter sur la sécurité d'Israël.
 
Concernant ce dernier pays, il est au cœur d'un conflit latent à propos de l'utilisation, entre autres, des eaux du bassin du Jourdain (source Y. Gazzo, conférence à l'université de Florence, " Il diritto all acqua ", 2010), si, dans la partie supérieure du bassin, l'eau est de bonne qualité pour se jeter dans la mer de Galilée, il n'en n'est plus de même dans le Jourdain inférieur, l'eau étant utilisée par Israël à hauteur de 60 % des quantités extraites (contre 23 % pour la Jordanie et 11% pour la Syrie ) sachant que, de surcroît, Israël contrevient aux règles internationales en détournant le Jourdain pour alimenter la mer de Galilée ; et pour corser une situation qui est déjà fort complexe, Israël n'a pas respecté non plus les accords de paix signés en 1994 avec la Jordanie, accords qui prévoyaient entre autres, une livraison annuelle de 50 millions de m3 d'eau par an ; les jordaniens accusent en effet Israël de leur livrer une eau saumâtre, impropre à la culture dans la vallée du Jourdain (source Y. Gazzo "the middle-east : is peace possible ? " Version originale 1998 ).
 
l'eau politique: c'est pour éviter que des conflits ne se développent de plus en plus à cause de "l'eau politique" que des accords internationaux ont vu le jour : timidement avec les règles d' Helsinki (concept de bassin de drainage) de 1966, reprises par celles de Berlin de 2004 sous un angle plus écologique ; coté convention des Nations Unies, on retiendra celle de 1997, portant sur le droit d'utilisation des cours d'eau internationaux mais seulement 8 des 21 pays méditerranéens l'ont ratifiée à ce jour. En effet, le concept d'utilisation équitable de l'eau n'a pas trouvé un écho favorable que ce soit chez les Turcs ou chez les Egyptiens, ces derniers étant accrochés à la notion de droit historique d'usage (en 1900, l'Egypte a guerroyé contre l'Erythrée pour un problème similaire d'accès à la ressource), à cet or blanc qui est la source de tensions et de conflits pour le Nil ,mais aussi pour le Tigre et l'Euphrate ,pour l'utilisation/capture des eaux en Palestine /Israël et enfin pour l'utilisation et la protection des nappes aquifères sahariennes ... Cependant, la résolution des Nations Unies de 2008, portant sur le droit des aquifères transfrontaliers adoptée à l'unanimité ou encore toujours la même année, l'entrée en vigueur du projet de protection de la mer méditerranée (MED POL) et le lancement du cycle des forums méditerranéens de l'eau, le premier s'étant tenu à Marrakech en 2011, ville où se réunira la COP 22 constituent de bonnes nouvelles, porteuses d'espoir ; ce cadre semblant bien adapté pour essayer de trouver des solutions globales acceptées par tous, après le succès de la COP 21 de Paris en 2015, quitte à ce que les résolutions globales se déclinent par région , par secteur d'activité etc ...
 
De la COP 21 a la COP 22
La COP 21 a débouché le 12 décembre 2015 sur un accord universel ; cet accord est ambitieux et sa mise en œuvre suppose des contributions financières importantes et surtout l'engagement de tous les acteurs ; institutions publiques, secteur privé, ONG etc... … . L'eau n'est pas citée de façon spécifique dans l'accord, même si elle revient régulièrement dans le texte. En effet il est bon de rappeler que l'eau est l'une des premières victimes du changement climatique avec plus de 90% des catastrophes naturelles liées à l'eau. C'est dans cette optique, qu'une journée sur l'eau a eu lieu à Paris le 2 décembre 2015 dans le cadre de la COP 21. Une section du plan d'action de Lima à Paris a été consacrée à l'eau : à l'occasion de la journée du 2 juin, un pacte a été signé par 300 bassins tandis qu'une alliance des entreprises a été signée par 40 d'entre elles. Dans le document d'alliance, les entreprises signataires s'engagent à exploiter et à gérer les ressources en eau sur une base solide d'évaluation des risques et ces derniers sont à reconsidérer tout au long de chaîne des opérations industrielles et de leur empreinte sur l'environnement afin de réduire au maximum l'impact de leurs opérations sur la quantité aussi bien que sur la qualité des eaux disponibles ; une vingtaine d'associations de jeunes ont, quant à elles, pris un engagement de sensibilisation sur la question de l'eau et du climat tandis qu'une coalition de dix
mégalopoles s'est engagée à lancer une plateforme d'échanges et de connaissances. Un milliard de dollars y compris 20 millions pour l'assistance technique ont été annoncés dans le cadre de projets à venir et dans ce secteur de l'eau.
 
La COP 21 devrait ainsi faciliter la tâche de la prochaine COP qui se tiendra à Marrakech en décembre 2016; en outre, une réunion préparatoire se tiendra mi-2016 avec pour but de se concentrer sur la problématique de l'eau et du climat ; l'objectif de cette réunion intermédiaire sera de faire le point sur le " post COP 21 " et de faciliter la mise en œuvre des engagements pris à Paris par les uns et les autres. Il est certain que le Maroc, qui figure parmi les pays souffrant du "stress hydrique " , a un intérêt bien compris pour voir les promesses de la COP 21 être appliquées.
Il y 40 ans, je menais des enquêtes dans la région du Haut Loukhos, entre Asjène et Chaouen et la demande qui revenait le plus souvent chez les fellahs interrogés était "maya wa el douw " en d'autres termes, "nous avons besoin d'eau et d'électricité en priorité."
 
En conclusion ou plutôt en propos d'étape, car le problème de l'eau est appelée à rester un enjeu de vie, de coopération et de conflits à différents niveaux, et parce-que la gestion de l'eau est un acte éminemment politique, l'adoption de règles ou l'adhésion à des principes de base quant à la gestion de l'eau, doit permettre d'établir des codes de conduite pour une gestion optimale de la ressource. En ce sens, la COP 21 a été un succès, de même que les différentes initiatives prises au plan organisationnel (GIRE , REMOB etc..). La coopération entre secteur privé et secteur public est aussi plus que jamais nécessaire face aux défis, tout comme la participation des acteurs de la société civile. Au sein des Etats, la bonne gouvernance est plus que jamais de mise et requise pour réduire les pertes sur les réseaux de distribution (pertes de 64% au Maroc, 65 % en Egypte, 61 % en Algérie) et pour mettre de l'ordre dans les tarifications de l'eau. Il faudra aussi que ces Etats fassent de bons choix concernant l'irrigation dans le secteur agricole et les spéculations agricoles (en effet, par exemple la tomate est une grande consommatrice d'eau) sans oublier les arbitrages à mener à bien entre les différents secteurs utilisateurs de la ressource eau : l'industrie, l'agriculture, les villes, le tourisme etc... La littoralisation de populations importantes migrant de l'intérieur des pays vers les côtes et l'urbanisation de terres anciennement agricoles sont également des facteurs de déséquilibre internes à suivre et qui un impact sur la ressource, qui devient plus rare ou de qualité médiocre. Saint augustin soulignait déjà que " l'eau n'est pas indispensable à la vie, elle est la vie ". " Comme nous le rappelle le Psaume 104 : " C'est l'eau qui permet à la prospérité de se répandre sur terre et apporter la joie dans le cœur de l'homme ". Ces éléments doivent mobiliser encore plus les acteurs à tous les niveaux, en s'inscrivant, "dans une perspective de développement durable " comme le professeur Gentilini l'appelle de tous ses vœux dans sa communication.

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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