Magistro Beta

Switch to desktop Register Login

GAZZO Yves

GAZZO Yves

Né le 17 décembre 1946
Marié – 5 enfants





Ambassadeur de l'Ordre souverain de Malte auprès de l'Union européenne
Avocat inscrit au barreau de Paris


Docteur d’État es sciences économiques, Montpellier
Docteur d'État ès Sciences économiques de Paris, Sorbonne I
Diplômé de lInstitut d’études politiques (IEP) de Paris.
Ancien élève "l'Institut national des Langues et Civilisations orientales" (Arabe littéraire)
Chargé de cours à l'Institut d'études politiques de Paris entre 1985 et 1994
     (3ème cycle sur le monde arabe)

à la Commission européenne 
Ambassadeur de l’Union européenne près le Saint-Siège, l’Ordre de Malte et les organismes des Nations Unies basés à Rome (depuis 2009)
Directeur de la représentation en France (depuis 2003)
Ambassadeur, chef de la délégation
     en Éthiopie et accrédité à Djibouti (2001-2002)
     aux Philippines (1999-2001)
     en Jordanie et accrédité au Yémen (1994-1998)
Chef adjoint à l’unité ajustement structurel à la Direction générale à Bruxelles (1990-1994)
Conseiller économique à la délégation au Mali (1988-1990).

Conseiller en relations internationales au bureau européen de la banque mondiale
     à Paris (1985-1988),
Economiste à la Banque mondiale à Washington (États-Unis) entre 1980 et 1984
Conseiller économique au centre d’investissement
     de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)
     à Rome (Italie) (1975 – 1979)
Conseiller économique au ministère du Plan du Niger (1973-1974)
Auditeur chez Arthur Andersen (1971-1972)

Membre titulaire de l'Académie des Sciences d'Outre-mer (Élu en 2006)
Membre du comité scientifique
     du Centre de développement des études juridiques (Cedej) au Caire depuis 2000
Membre du jury du Prix méditerranéen du livre

Ouvrages
L'Afrique du Nord d'hier à demain (1979) - Pétrole et développement, le cas libyen (1980) - La politique agricole des Etats-Unis (1984) - L'Endettement dans le monde Préface de Raymond Barre (1989) - Les Cicatrices du vent Préface de Michel Crozier (2008) - Sourire d'Harrar (2012) - Les chrétiens d orient en danger de mort (2014)

Nombreux articles et rapports, conférences et interviews (radios et télévisions françaises et étrangères)

Distinctions
Chevalier de la Légion d'honneur
Grand-Croix de l'Indépendance (Jordanie)
Grand-Croix de l’Ordre Chevaleresque Pie IX ( Saint-Siège)

Grand-Croix de l’Ordre pro Merito Melitensi de l’Ordre de Malte
Commandeur de l’Ordre de Sika Tuna Rang Lakan (Philippines)
Officier de l’Ordre National du 27 juin 1977 (République de Djibouti)
Chevalier de l'Ordre du Mérite (République de Pologne)

URL du site internet:

La Syrie

Publié dans De par le monde
La Syrie

Les contours de la Syrie et de la région confrontées à un réaménagement brutal par les puissances actives alors que certaines quittent la zone, d’autres observent avec intérêt ou inquiétude et enfin l’Europe qui fait montre d’une impuissance coupable et dangereuse sur le moyen terme
 
L’intervention récente, "source de paix", de la Turquie d’Erdogan dans le nord de la Syrie fait suite aux interventions militaires précédentes du 24 Août 2016 et du 20 janvier 2017. La plus récente s’inscrit cependant dans un contexte différent des précédentes car si les américains ont commis une erreur stratégique discutable en se retirant de la "partie" (et ce nonobstant le beau baroud d'honneur des forces spéciales US qui ont éliminé el baghdadi avec l'appui précieux de ceux qu'ils ont trahi, les Kurdes), le régime du président syrien Bachar al Assad a saisi l’occasion pour monter vers le nord avec le soutien des forces russes, coinçant un peu plus les kurdes syriens du YPG qui ont préféré s’allier pour la circonstance avec Damas pour résister à l’OPA de M. Erdogan sur cette zone d’environ 40 km sur 400. Les autres forces régionales : l’Iran au premier plan, les pays du Golfe, Israël et dans une moindre mesure  l’Egypte suivent attentivement les déroulements de la situation en espérant que celui qui (Erdogan) va devenir le "Sultan des temps modernes" des musulmans Sunnites (les Sunnites représentent entre 85 et 90 % des musulmans dans le monde, les Chiites environ 10 % et les Kharidjites moins de 5 %). Les ex-puissances coloniales, la France et Grande Bretagne sont présentes sur le terrain pour combattre l’Etat islamique mais sans la capacité de s’opposer réellement à l’aventure turque en terre syrienne et l’Union Européenne reste désespérément impotente. Quels sont les acteurs qui comptent aujourd’hui ? Quelles conséquences pour l’Europe, quelle est la position de la France et n’est-il pas venu le temps d’agir en changeant de méthode, d’alliances au coup par coup.
 
Un bref rappel de la Syrie contemporaine
Depuis l’Antiquité, la Syrie a pesé sur le cours de l'histoire quelle que soit la période, grecque, romaine ou islamique avec les Omeyyades. Certes, la Syrie n'a a pas toujours défendu avec succès son territoire comme l'ont fait les perses. La Syrie subira par exemple la domination ottomane pendant de longues décennie, domination à laquelle succédera le mandat français (1920-1946). La France effectuera quelques ajustements de territoire et de populations (en 1939 la ville d’Alexandrette est laissée aux turcs). Lors du "dépeçage" de l'Empire ottoman, la France avait en effet privilégié, dans ses négociations, le "Croissant fertile", le Liban, la Palestine et la Syrie tandis que les britanniques avaient jeté leur dévolu sur les pays du Golfe, prometteurs en ressources pétrolières et moins difficiles à administrer, tout en essayant de grappiller des territoires  et installer le pays crée de toutes pièces en 1920, la Jordanie pour y accommoder la dynastie Hachémite (anciens shérifs de la Mecque et délogée par les Wahabites) ce qui contraignit la France à céder non seulement la Palestine aux anglais mais aussi la ville de Mossoul en pays Kurde pour agrandir le royaume d'Irak. Dans cette Syrie sous mandat français les quatre minis Etats distincts, l'un à Damas, un autre à Alep, un autre à Lattaquié en zone Alaouite et le dernier en zone Druze furent unifiés en un seul Etat en 1930 dans cet "Orient compliqué" et où prédomine "une majorité de minorités".
C’est d'ailleurs sur la minorité Alaouite (10 % environ de la population) que la France cherchera à s’appuyer pour diriger le pays, une minorité qui est toujours au pouvoir aujourd’hui et dont la main mise sur le pays a été en partie des émeutes commencées il y a 7 ans et qui ont débouché sur la sanglante guerre civile qui s’en est suivi. Avec le temps le régime de Damas s’est trouvé renforcé et soutenu par l'Iran (pays à très forte majorité Chiite) et a essayé d’étendre son influence au Liban, caressant le rêve d’une "grande Syrie", un rêve longtemps contrarié par la France, défendant les Chrétiens au pays du Cèdre. Cependant, les jeux d'alliance traditionnels ont changé depuis que le ministre de la Défense américain de la défense, Donald Rumsfeld avait annoncé en décembre 2001 (interview chez Larry King) : "il n’y a pas une coalition, il y a différentes coalitions ... c’est la Mission qui doit déterminer la coalition". C’est ce quoi on assiste depuis quelque temps.
 
Les nouvelles alliances variables en fonction de la Mission
Si l'administration de Donald Trump a mis en pratique, à sa façon (qui n’est pas la meilleure, loin de là mais qui correspond au souhait de Donald Trump de sortir des guerres inutiles) la nouvelle approche des relations internationales de Donald Rumsfeld c'est surtout la Russie , l'Iran et la Turquie qui par le processus dit d'Astana, concurrence celui de Genève ; malgré le manque de sympathie évident existant entre les trois protagonistes principaux, ces derniers ont réussi à travers plusieurs rencontres multilatérales ou bilatérales à encadrer à leur manière le conflit syrien. La rencontre récente à Sochi entre Vladimir Poutine et T. Erdogan en est l'illustration : en effet cet accord a permis de concilier deux approches a priori peu compatibles : les turcs souhaitent s'implanter d'une façon ou d'une autre dans le nord de la Syrie en mettant dans le même panier "terroriste", le PKK des kurdes de Turquie et ceux du YPG de Syrie tandis que la Russie a non seulement accepté une représentation du YPG (via sa filiale du parti de l'Union Démocratique) mais a pour objectif d'aider le régime de Damas à reconquérir l'ensemble de son territoire y compris la zone à majorité Kurde. A l’opposé, l'OTAN et l'UE sont quasi inexistants dans les recompositions et repositionnements en cours. La Turquie, pourtant membre de l'OTAN, agit comme si, de facto, ce pays ne faisait plus partie du traité de l'Atlantique Nord, une Organisation dans laquelle la force d’entraînement des Etats-Unis semble émoussée tandis que l’UE reste focalisée sur la gestion des flux migratoires et dans la crainte que la Turquie ouvre ses vannes aux 3.5 millions de réfugiés vivant sur son sol malgré les 3 milliards d'euros consentis initialement à la Turquie afin que cette dernière contienne ces réfugiés. L'UE en particulier est restée appuyée d'un coté sur le concept du multilatéralisme tandis que plusieurs grands pays, (Etats-Unis, Russie, Turquie) délaissaient celui d'Astana et ont pris le relais. Et c’est parmi les pays qui ont choisi cette dernière option que l'on trouve ceux qui sont le plus "offensifs" dans le conflit syrien et son règlement au détriment de groupes ou de communautés dont l'engagement a été précieux à l'Occident, à l'UE et à la France pour combattre l'Etat Islamique.
 
Les pays actifs dans le conflit syrien
Si l’Iran reste incontestablement un acteur incontournable de par son influence dans la région grâce en partie à l'axe religieux (en dehors de la minorité Alaouite au pouvoir en Syrie) il y a l'Irak à majorité Chiite ainsi que l'île de Bahrein aussi à forte majorité Chiite mais gouvernée par des Sunnites et puis évidement, le puissant Hezbollah au Liban, sorte de gouvernement parallèle et aiguillon que l'Iran peut utiliser à tout moment pour des actions en Israël, sans compter la minorité Chiite installée dans l'est du Royaume saoudien ou encore la tragique situation Yéménite, le Yémen un pays de confrontation entre l'Arabie Saoudite et ses alliés du Golfe en particulier et l'Iran qui utilise les rebelles Houti, des Chiites Zaydites, ce pays est malgré tout obligé d'observer une certaine retenue tant il est observé, scruté par les américains et les israéliens, ces derniers n'attendant qu'un prétexte pour fondre sur ce pays avec des alliés de circonstance comme l'Arabie Saoudite ! Par contre la Russie et la Turquie se sont "affirmées" de plus en plus dans la région mettant à profit le retrait américain.

La Russie cherche depuis quelque temps déjà à ne pas perdre sa présence en Méditerranée, au contraire, comptant une présence navale établie depuis assez longtemps à Lattaquié. Vladimir Poutine a essayé, avec des succès partiels, de saisir l'occasion des crises financières de Chypre (et de ses ressources pétrolières et gazières importantes "offshore") et ensuite de la Grèce pour replacer la Russie comme partenaire clé dans cette région compliquée. A partir de la Syrie et du soutien sans faille qu'il a apporté au régime de Damas, il a permis à ce dernier de résister et d'éviter que la majorité Sunnite n’y prenne le pouvoir, voire les Islamistes. A présent, forts du retrait américain, les russes peuvent envisager de se redéployer progressivement dans toute la Syrie y compris dans la zone nord, riche en pétrole et ainsi soutenir un "arc Chiite" comprenant l'Iran, la Syrie, l'Irak, une partie du Liban jusqu'en Azerbaïdjan pays d’obédience Chiite et riche également en pétrole.

En ce qui concerne la Turquie, les gains à court terme semblent plus notoires mais ils restent fragiles d'autant plus que le président Erdogan semble ne pas être bien sûr de la marche qu’il veut suivre : détruire les YPG kurdes ? établir sous contrôle turc, une zone tampon en Syrie (les Forces démocratiques syriennes, les FDS soutenues par Ankara occupent une partie du nord de la Syrie depuis 2017) ? installer les 3,5 millions de réfugiés actuellement en Turquie ou simplement renforcer sa popularité dans son pays. Si le dernier objectif est atteint pour le moment, les autres sont loin de l'être et il est probable que si d'aventure les forces turques venaient à s'installer dans le nord de la Syrie ce ne serait sûrement pas acceptable par Damas et son allié russe sans compter le risque d'enlisement des forces turques d'un côté et une augmentation d'actions terroristes qui seraient menées par le YPG ou le PKK, y compris sur le sol turc. De surcroît, cet enlisement éventuel ne serait pas pour déplaire aux voisins du pays de la "grande porte ".
 
Pays voisins attentifs et l’UE absente
Les pays voisins guettent un faux pas de la Turquie pour des raisons qui leur sont propres : Israël parce que la Turquie aide, y compris financièrement le Hamas dans la bande de Gaza, l'Egypte parce que Ankara n'a cessé d'essayer de déstabiliser le régime en place ; avec l' Arabie Saoudite les relations ne sont pas au beau fixe (affaire de l'assassinat en Turquie du journaliste saoudien Kashogi et tentative qui s'en suivit de détruire la légitimité du prince héritier Ben Salman ; alliance avec l'Emirat du Qatar "ennemi, concurrent de l’Arabie Saoudite etc…) et évidemment conflit presqu'ouvert avec la Syrie de Bachar al Assad, une Syrie qui pourrait face à un corridor que l'Iran cherche à établir pourrait se trouver encore plus affaiblie face à la trop ambitieuse mais aussi fragile, Turquie. Il est certain que si la Turquie devait se trouver enlisée dans le nord de la Syrie, les pays de la région n'y verraient rien à dire au contraire. Certes, la Turquie peut se prévaloir du retrait militaire américain de la zone, de la coupable indifférence de l'administration Trump, du silence des Nations Unies, de l'OTAN (à laquelle la Turquie appartient sans en respecter les règles, ou bien un minimum de retenue : achat de missiles russes) ou de l'UE (à laquelle elle n'a plus ou presque, de chance d'appartenir un jour sauf à revoir la structure de l'UE et qu'elle ne cherche d'ailleurs pas, tout en opérant un chantage à la vague migratoire ou utilisant des propos discourtois à l'égard de plusieurs dirigeants européens. L'Europe continue à appeler à la retenue, suspend ses livraisons d'armes etc … mais "cela fait rire le crocodile", expression africaine, car les dirigeants turcs peuvent se procurer des armes en Russie ou en Chine, ils utilisent et utiliseront les réfugies sur leur sol comme moyen de chantage, sans parler des militants de l'Etat Islamique que la Turquie n'a jamais vraiment combattu, au contraire et de ceux qui libérés des prisons kurdes suite à l'intervention turque en Syrie constitueront autant de menaces potentielles pour les pays occidentaux.
 
Dommages collatéraux ; la France a-t-elle ou peut- elle jouer un rôle dans le conflit en cours et dans son dénouement éventuel ?
Les Kurdes semblent voués encore une fois à faire les frais des arrangements en cours : après un Etat qui leur fut promis en 1920 (traité de Sèvres) un espoir annihilé en 1923 (traité de Lausanne) sous la pression des turcs, souvent en rébellion active ou pas contre leur pays de tutelle (Iran, Irak, Syrie et surtout en Turquie) leurs milices ont été d'un soutien fort apprécié pour réduire et neutraliser les combattants de l'Etat Islamique, or, la combinaison du retrait américain, de la percée turque dans le nord de la Syrie et de la montée des troupes de Bachar al Assad soutenues par les russes va réduire le rêve d’autonomie des kurdes de Syrie.
La France peut- elle faire quelque chose dans ce contexte ? On rappellera ici que depuis 1974, la France a privilégié les rapports bilatéraux à l'approche globale qu'elle avait adoptée avec le monde arabe jusque-là. Elle s’est coupée du monde Chiite après la révolution islamique de 1979 en Iran et s'est engagée dans une coopération très forte avec l'Irak de Saddam Hussein (à l'époque la minorité Sunnite était au pouvoir) et avec les pays du Golfe (Sunnites) et ennemis de l'Iran. Les dirigeants français, ministres des Affaires Etrangères en tête (Laurent Fabius) n'ont eu de cesse de façon peu diplomatique d'exprimer publiquement que le Président Assad devait être chassé du pouvoir. Cette prise de position n'a pu qu'augmenter le capital de défiance de Damas vis à vis de Paris ; déjà au cours du mandat français, la ville d’Alexandrette, cédée en son temps aux turcs puis les plans contrariés de grande Syrie incluant le Liban, le soutien de la France à l'Irak, les mesures de rétorsion de la Syrie qui font sauter, avec l'accord de Téhéran, l'oléoduc irakien passant sur son territoire et ce faisant, privant l'Irak de ressources financières nécessaires pour rembourser sa dette envers la France, les attentats contre les forces françaises au Liban en 1983 etc … tout cela a constitué et constitue un lourd contentieux ! Dans ces conditions, une participation constructive de la France au dénouement de la crise, du drame syrien ne pourrait se concevoir qu’en appliquant la théorie de Donald Rumsfeld et comme l'écrit Fidor Loukianov "la Russie est mieux préparée que les puissances occidentales à évoluer dans un monde où la notion d'allié est devenue toute relative" dans Le Courrier International 8 au 14 novembre 2018. Forte de cette remarque, l'idéal serait que l'UE opère ce type d'aggiornamento dans sa politique extérieure ; à défaut serait-il envisageable que la France le fasse seule (à l’instar de ce que fait la Turquie au sein de l’OTAN) ? Sachant que les menaces, liées au non-contrôle de ce qui se passe au moyen Orient aura tôt ou tard, peu ou prou, un impact sur notre société. C’est ce que l'on est en droit d’attendre des politiques, puisque gouverner c'est prévoir.

Envoyé par l'auteur, 28 octobre 2019

De l'endettement en 2019

Publié dans De par le monde
De l'endettement en 2019
 
Le présent article dresse un constat de la situation de l'endettement dans le monde après celui consigné en 1989 dans "l'endettement dans le monde, de l'euphorie à l'inquiétude" ouvrage à la Documentation Française en 1989 et préfacé par Raymond Barre.
Est-ce que l'euphorie est revenue et l’inquiétude subsiste-t-elle 30 ans plus tard ? .

Les remarques faites il y a 30 ans sont évidemment toujours d'actualité : l'endettement n’est pas un phénomène nouveau ; il convient de bien définir ce que l’on entend par endettement (public, privé, des ménages, à court terme, à long terme etc...); l'endettement, même important, est à lire en "dynamique" c’est à dire en comparant son niveau à la capacité de remboursement du "sujet" (Etat, entreprise, ménages etc...) qui elle-même est dépendante du dynamisme économique du dit sujet (taux de croissance ; par exemple un Etat ayant une dette publique faible mais un taux de croissance de son PIB faible ou négatif aura plus de mal à honorer ses créanciers qu'un pays ayant un niveau d'endettement élevé mais jouissant d’un taux de croissance substantiel de son PIB ; si l'endettement contracté l'est pour couvrir de la consommation, il sera plus compliqué de rembourser l'emprunt que si il l'avait été pour des investissements productifs. Enfin, il y a 30 ans, je faisais le constat que l'endettement international avait déjà amorcé sa généralisation à la quasi-totalité du monde et ce n’était pas un phénomène lié principalement aux pays du monde dit développé.
Depuis 1945, les Etats ont essayé d'encadrer les relations internationales (Nations Unies, organismes spécialisés des Nations Unies, Banque mondiale, Fonds monétaire International, … etc.) mais cela n'a pas été suffisant pour éviter les crises financières comme celle de 1989. Des réglementations supplémentaires ont alors été instaurées : plan Baker I puis II tandis que le monde s'apprêtait à vivre des changements importants aux conséquences politico-économiques non moins importantes (chute du mur de Berlin, réunification de l’Allemagne, guerre d’Irak de 1991, chute des dictatures liées à l'ex régime soviétique, Ethiopie, Somalie etc..., processus de paix au Moyen Orient dit de "Barcelone", création d'une monnaie européenne, l’EURO au début du 21ème siècle, élargissement de L'UE aux pays de l’Europe Centrale, entrée de la Chine dans le concert international, OMC etc... et émergence des BRICS  etc...  Il est indéniable que ces changements ont pu provoquer une "euphorie" politique non négligeable qui a pu trouver son pendant dans la finance avec, entre autre, la grave crise de 2008 suivie par des soubresauts, qui ont pu être jugulés non sans mal à Chypre tout d’abord puis en Grèce, ceci pour l’Europe, les autres continents (l’Amérique Latine et L’Asie du Sud-Est avec le grave crise de 1997 /1998 (cf L’ASEAN, Yves Gazzo, Asiatype  Manille, Philippines 2000) ayant eux aussi subi les contrecoups économiques et sociaux de réajustements financiers (spéculations, dévaluations etc…).  La présente mise à jour ne reviendra pas sur les mécanismes de l’endettement amplement décrits dans la première édition ; elle s’attachera à :
1)  établir un constat analytique sur l’évolution de la dette dans le Monde, son stock, sa composition, les débiteurs principaux etc...
2) mettre en exergue l’intervention parfois déterminante de certains dirigeants pour résoudre une crise.
3) illustrer à travers quelques exemples le rôle du géopolitique, des liens religieux dans l’approche de la dette.
4) de même que l’utilisation par certaines puissances (Chine, Etats-Unis) de leurs moyens de pression spécifique pour "obliger" leurs débiteurs quels qu’ils soient.
Et à partir de là, sans lire dans la boule de cristal, identifier ou non des motifs d’inquiétude pour le futur, le temps de l’euphorie étant pour le moment et pour quelque temps encore, en sommeil forcé.
 
1) un premier constat : le niveau de la dette n’a jamais été aussi élevé, 2 370 000 milliards de dollars fin 2017 selon le Institute for International Finance ; 164 000 milliards fin 2019 selon le FMI pour représenter 225% du PIB mondial (la différence entre les deux estimations s’explique par les dates 2017 contre 2016 mais aussi par des différences de méthodologie). A l'exception du pic au cours de la seconde guerre mondiale jamais un tel ratio d'endettement n’avait été atteint dans le passé.
Rien qu’en 2017, la dette a augmenté de 20 000 milliards par rapport au stock de fin 2016 ; tout cela en grande partie à cause de la part plus grande prise par l’endettement des pays émergents (augmentation de 45 % de leur dette par rapport à leur PIB de 2007 à 2017) tandis que celui des pays développés n’augmentait que de 5,7% au cours de la même période (graphe 2) alors que, toujours en terme de stock, la part des pays en voie de développement à faible revenu reste marginale même si, nous le verrons plus loin, ceci ne veut pas dire que ces pays soient à l’abri de crises graves du fait d’un endettement trop élevé et non soutenable par rapport à leur PIB et à leur capacité de remboursement.
Une analyse plus détaillée des pays et de leur endettement respectif fait apparaître des différences notoires entre "les poids lourds" d’un côté et les pays à bas revenus à l’autre. La Chine à elle seule est responsable d’un côté et les pays à bas revenus à l’autre extrême. Endettement : à eux trois ils cumulent jusqu’à 50 % des 164 000 milliards de dollars (estimation du FMI) de l’endettement mondial public et privé. La Chine à elle seule a été la cause à hauteur de 40 % du total de l’accroissement de l’endettement mondial enregistré depuis 2007 (et de 3/4 de l’accroissement du seul endettement privé au cours de la même période) sa dette est passée de 1700 milliards de dollars en 2001 à 25 500 milliards de dollars en 2016.

Les pays développés (hors Etats-Unis) ont été, en termes relatifs plus modérés, dans leur soif d’endettement et ce, pour plusieurs raisons y compris les règles de plafond souhaité (mais pas toujours respectées) d’endettement de la zone Euro ; la principale contrainte, étant donné leur taux de croissance faible du PIB, entre 0 et un peu plus de 2 %, se situe au niveau du maintien, coûte que coûte, de ce dernier car en cas de croissance proche de 0 % voire négative, le ratio endettement /PIB augmente tandis que la charge du service de la dette augmente ; (l’endettement continuant lui à augmenter de façon "autonome").

Du coté des pays à faibles revenus, leur surendettement est passé de 6 en 2015 à 11 en 2018. Pour l’ensemble des 33 pays classés à bas revenus (dont 27 en Afrique Sub-Saharienne (source : Banque Mondiale rapport sur l’économie planétaire du 8 janvier 2019) l’endettement moyen est passé de 30 %/PIB en 2015 à 50 % en 2018. Les pays les plus affectés sont sans surprise ceux en situation de conflits (Sahel, … etc.) dotés d’une gouvernance faible ou/et qui sont dépendants du cours des matières premières. La conjugaison de plusieurs facteurs (chute forte du cours de matières premières entre 2014 et 2016, capitaux étrangers appelés pour financer des investissements pas assez productifs, voire de la consommation, mauvaise gouvernance, fin de l’impact des annulations de dettes menées par le FMI au début du XXIème siècle et du bol d’air apporté par ces dernières a précipité ces pays au bord du défaut de paiement (cas du Mozambique pour le paiement de certains intérêts, … etc.).
Plusieurs Etats à bas revenus ont pris le risque de lever de l’argent sur les marchés attrayant, mais non sans risques, des capitaux ; ce fut le cas du Rwanda, de l’Ethiopie ou encore de la Tanzanie ou du Sénégal. Ce faisant, comme souligné par la Banque Mondiale, les pays à bas revenus ont augmenté leur dépendance aux sources non traditionnelles de financement (Groupe de la Banque Mondiale, Agences d’aides nationales au développement, AFD pour la France, GIZ pour l’Allemagne etc... NDLR). Parmi ces prêteurs non traditionnels figure la Chine, un créancier important des pays africains à faible revenus ; or la Chine n’est pas membre du "Club de Paris" (cf : pages 20 et 21 de la première édition du présent ouvrage) un Club habilité à ré-échelonner les dettes des pays les plus pauvres. Toutefois, comme le souligne la Banque Mondiale, les prêts octroyés par les prêteurs non traditionnels sont souvent assortis de "colatéralisation" avec des accords de troc, complexes et opaques où l’argent frais s’échange contre des matières premières ou des infrastructures (lorsque j’étais en poste en Ethiopie avec accréditation à Djibouti de 2001 à 2003, j’ai pu observer la tactique des entreprises publiques chinoises pour remporter de façon discutable des marchés de télécommunication ou d’infrastructures : ring d’Addis Abeba, chemin de fer Addis-Djibouti etc...).

Mais derrière les chiffres de la dette, chiffres étourdissants et qui n’arrêtent pas de grimper il y a les hommes, les décideurs avec parfois leur "vista" ou leur passivité coupable qui peuvent modifier ou non le cours des choses.

2) Intervenir à bon escient ou pas : y aller ou pas ?
A plusieurs reprises dans l’histoire récente des crises du surendettement des hommes "providentiels" ou à tout le moins déterminés ont pu prendre les bonnes décisions (ce fut le cas du secrétaire d’Etat, américain James Baker, plan Baker I de 1982 suivi du plan Baker II ; on pourra saluer également la création du "Club de Paris" mentionné plus haut et de son correspondant pour les dettes du secteur privé, le Club de Londres.
Plus près de nous, il y eût la crise de 2008. En ma qualité de chef de représentation de la Commission Européenne en France, j’accompagnais le Président de la Commission, Monsieur José Manuel Barroso aux différentes réunions impliquant les autorités Françaises. Nous étions sous la présidence Française, une présidence menée tambour battant par le Président français Nicolas Sarkozy qui avait à plusieurs reprises fait montre de sa détermination.
En janvier 2007, Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur nous convie à un déjeuner de travail Place Beauvau, nous étions six : outre le ministre Nicolas Sarkozy flanqué de François Fillon et de Monsieur Martinon respectivement conseiller et porte- parole du ministre, le Président Barroso, JC Thebaut son chef de Cabinet adjoint et moi- même étions assis autour d’une petite table ; grande fut notre surprise de l’entendre annoncer à Monsieur Barroso qu’il serait élu Président de la République, qu’il ferait tout pour avoir une majorité parlementaire à l’occasion des élections prévues pour mai de la même année, qu’il irait ensuite à Bruxelles et non à Berlin comme de coutume afin de faire passer un Traité qui remplacerait le projet de Constitution européenne coulé par le référendum français (et confirmé par l’autre non des néerlandais) et qu’il se faisait fort, grâce à l’appui de son "ami" le premier ministre britannique, Tony Blair, de rallier les 6 pays d’Europe Centrale hostiles au projet ; ce déjeuner se tenait le jour de la réunion à Madrid, sous la présidence allemande, des 18 chefs d’Etat et de gouvernement qui soutenaient le projet de Constitution. Dans la voiture qui nous ramenait à mon bureau, nous étions interloqués par tant d’audace, d’assurance frôlant l’inconscience ; or tout ce qu’avait énoncé le ministre Sarkozy se réalisa ; les Portugais avaient pris le relais des allemands et il y eu un nombre important de stabilos qui furent utilisés pour à partir du texte de la Constitution avortée et arriver au Traité de Lisbonne de 2008, ratifié en 2009 ; il y eu aussi la gestation de la création de L’Union pour la Méditerranée, un succès en demi- teinte toutefois, et l’épisode de la visite à Moscou afin d’essayer de mettre un terme à l’intervention russe en Géorgie ; le président Barroso rentra  dans le même avion que celui du Président Sarkozy ; il était 05 h du matin lorsqu’ils  foulèrent le tarmac de Villacoublay ; il y avait plus de 6 h de retard sur l’ heure d’arrivée prévue mais le président français avait réussi à dégeler la situation en faisant rire Vladimir Poutine, en faisant référence au triste sort de feu le président irakien Saddam Hussein. A cette occasion, l’heure était grave, les chefs de gouvernement de la zone euro étaient là ainsi que JC Trichet le gouverneur de la BCE ; il y avait des conciliabules dans une petite pièce du rez-de-chaussée de l’Elysée avec JM Barroso, N. Sarkozy, JC Trichet entre autres ; à un certain moment Gordon Brown, chancelier britannique de l’échiquier fit son apparition et proposa son plan de sauvetage ; il ressortit de la pièce où entrèrent les représentants les plus importants de la zone Euro, à laquelle le Royaume Uni n’appartient pas rappelons- le, puis, en séance plénière de la zone Euro, le dit plan fut adopté.

"Plus d’endettement pour ne pas tuer la croissance" :  la politique menée par les banques centrales est- elle judicieuse ?
A l’inverse des hommes politiques "volontaires", les banquiers centraux ont-ils, par trop, laissé filer la dette mondiale afin de ne pas casser la croissance ce qui en retour réduirait la capacité de remboursement des Etats, des entreprises et freinerait la consommation : cercle vertueux espéré ou cercle vicieux ?
Ce qui est certain, c’est que les taux d‘intérêt très bas, les taux directeurs des banques centrales (BCE, FED) ont permis, entre autres, de soutenir des niveaux d’accumulation de dettes très élevés et sans précédent. Le tour de passe-passe entre les Etats Membres de la Zone Euro peuvent aussi inquiéter : le capital plus les réserves de la BCE s’élèvent à 105 milliards d’ euros, or, son bilan s’élève lui à 4700 milliards d’euros dont 40 % sont des prêts aux Etats Membres soit une valeur nette de la BCE de 2 % (lorsque j’étais à la Banque Mondiale, 1979/1988, on nous faisait remarquer que le capital plus les réserves devaient être équivalents ou supérieurs au total des engagements à moyen et long terme (c’est à dire les encours de prêts) de façon à pouvoir faire face à tout défaut important de remboursement de nos débiteurs. Les Etats, ainsi "soulagés" artificiellement par la BCE peuvent ainsi continuer à faire illusion tant que la croissance est au rendez-vous.
La situation n’est pas plus brillante si l’on se penche sur le bilan des banques, ne serait-ce qu’en Europe. Le cas de la Deutsche Bank et de sa fragilité est souvent évoqué (créances irrécouvrables qui pourraient la mettre en faillite) ou encore les 45 000 milliards d’euros en produits dérivés qui sont équivalents à plusieurs fois le PIB allemand et qui faute d’acheteurs pourraient passer par pertes et profits mais ce n’est pas le seul : les banques italiennes ne sont pas au mieux de leur forme (Monte dei Paschi di Siena, les banques régionales) idem de plusieurs banques françaises et espagnoles. Pour faire le pendant à la multiplication par trois de la dette mondiale passée de 80.000 milliards de dollars au début de ce siècle à 250 000 milliards (estimation IFF). Les banques centrales ont créé du crédit d’un montant équivalent (170.000 milliards) en imprimant de la monnaie ou en abaissant les taux directeurs tout près de 0 %. Il y a d’autres secteurs non capitalisés (systèmes de sécurité sociale) ou capitalisés (entreprises) ou encore celui des ménages, des secteurs souvent aussi lourdement endettés et qui se rajoutent, entièrement ou en partie, à la montagne des dettes de ce monde. A titre d’exemple, la dette privée en France était équivalente à 138,3 % du PIB en 2018 (74,1 % pour les entreprises et 59,2 % pour les ménages ; la moyenne européenne de la dette privée étant de 118,6%). Les taux bas ont favorisé l’explosion des prêts bancaires (depuis le pic de 2009, la part globale de la dette publique a baissé de quelques points par rapport au PIB mondial, baisse de 2.5 % en 2017). Les banques prises parfois à leur propre jeu ou à leur irresponsabilité ont souvent été à la source des crises financières récentes ; qu’en est- il de l‘interférence, ici ou là, de la géopolitique des Etat, du religieux dans la gestion des crises financières ?
 
3) Géopolitique et religions dans la gestion des crises
Ce ne sont certes pas des facteurs globalement déterminants mais ils y vont de leur importance de façon ponctuelle. Prenons le cas de la Chine qui avec son gigantesque projet OBOR (One Belt One Road) avec pour objectif de "ceinturer" économiquement (et par ricochet, politiquement le monde) fait son "marché" ici et là en achetant ports et aéroports, en installant 10 000 de ses soldats sur une base créée par eux à Djibouti et de là, la Chine sera en mesure de "protéger" ses intérêts en Afrique voire de se projeter plus loin. La Chine à Djibouti se place également comme (l’un des) chien de garde du très emprunté et convoité golfe arabo-persique mais nombre de ces investissements chinois ont été effectués à partir d’un fort endettement qui s’est reflété dans l’envolée de l’endettement mondial depuis une bonne dizaine d’années ; mais par ailleurs, la même Chine tient les pays africains sous sa coupe à travers les dettes des pays africains envers la Chine qui n’hésite pas à utiliser le troc pour se faire rembourser. Cette pratique n’est pas nouvelle et a souvent été un instrument d’échange des pays totalitaires. Du temps de l’URSS, cette dernière échangeait des avions MIG et de la formation de pilotes maliens en l’occurrence contre de l’or extrait des mines de pays africains (au Mali où  j’étais en poste de 1988 à 1990) mais aussi en Guinée Conakry et bien d’autre. Dans la suite de la décomposition de l’empire soviétique, plusieurs dictatures sont tombées notamment l’Ethiopie de Mengistu et la Somalie de Siad Barre et il s’agissait de faire repartir l’économie exsangue de ces pays. J’étais à cette époque en charge du dossier Ethiopie pour la Commission Européenne et l’Ethiopie avait alors un fardeau de dettes diverses y compris envers l’URSS mais aussi envers la Banque Africaine de Développement, l’Italie, l’Allemagne de l’Est, la France ; au bout d’une année d’efforts et avec l’aide du CERDI de Clermont Ferrand nous avons réussi : 
a) d’une part à convaincre la masse éclectique des créanciers de transformer leurs créances respectives en Birr éthiopien (monnaie locale) et à allouer les sommes ainsi converties au budget de l’état ; certains (BAD, Banque Mondiale) acceptant de ne pas lier les fonds à des projets particuliers, d’autres comme l’UE souhaitant les affecter à des secteurs précis, santé et éducation puis enfin, d’autres comme l’Italie etc... souhaitant les affecter à des projets spécifiques mais inscrits au budget de l’Etat, le tout étant consigné dans un MOU (Memorandum of Understanding) et,
b) d’autre part à préparer un programme d‘ajustement structurel de 82 millions d’Ecus (prédécesseur de l’EURO) ; ce programme, le plus important à l’époque, devait permettre aux nombreuses PME dans l’incapacité jusque-là d’importer des pièces détachées, d’acheter des devises mises aux enchères ; ce faisant l’économie productive allait pouvoir redémarrer tandis que les Birrs récoltés permettaient d’assécher le marché monétaire en excès de Birrs et de les réinjecter dans le budget de l’Etat.

Les liens religieux peuvent aussi jouer leur rôle ici ou là. Si les trois monothéismes ont édicté des règles de comportement par rapport à l’argent que ce soit dans la Tora, la Bible ou le Coran (cf:  Yves Gazzo "le devenir des banques arabes : l´impact des turbulences économiques, des influences extérieures et de l’Islam"  Ed. du CNRS, Annuaire de l’Afrique du Nord, Tome XXV, 1986) c’est dans les luttes d’influence entre les grands ensembles actuels que l’on peut trouver ici la trace d’une quelconque influence religieuse ; lorsque j’étais ambassadeur en République de Chypre (2012/ 2015) j’ai pu suivre la crise financière que subissait ce pays et son dénouement ; en 2010, la république de Chypre traverse une grave crise financière avec un système bancaire en déconfiture ; elle a besoin de 10 milliards d’euros pour renflouer ses caisses mais elle possède des champs de gaz offshore importants et à exploiter ; c’est à ce moment que le patriarche de Russie rappelle opportunément à Vladimir Poutine que pendant les purges sanglantes opérées par les communistes à l’encontre de l’Eglise orthodoxe russe que ce fut l’Eglise orthodoxe autocéphale de Chypre qui vint en aide à sa grande sœur russe, or la Russie ne souhaitant pas que l’Europe ouvre une voie méridionale d’importation de gaz qui briserait le quasi-monopole russe qui exporte son gaz, via l’Ukraine. Le président Poutine propose alors 10 milliards d’euros à Chypre à condition de "geler" ses champs de gaz offshore. Les dirigeants chypriotes qui ont besoin de dégager des liquidités pour leur économie déclinent l’offre et acceptent celle conjointe FMI/UE qui propose les 10 milliards d’euros en laissant les chypriotes libres d’exploiter leur gaz mais le tout assorti de mesures d’économie et de coupes budgétaires drastiques ; parmi ces mesures figurent une diminution de 50 % des retraites et aussi le "haircut" des dépôts bancaires supérieurs à 100 000 euros (cette mesure visant in fine à toucher au portefeuille d’une partie des 25 000 résidents russes qui possèdent des comptes bancaires bien garnis et aux origines incertaines). Cette mesure ne portera pas ces fruits car si les détenteurs de comptes bancaires ont reçu des actions de leur banque en faillite pour les montants dépassant les 100 000 euros, les 10 milliards de prêts ont servi entre autres à renflouer les banques ; une fois remises à flot il y eu des élections au "board" de ces banques et ce furent les détenteurs des actions ou titres de ces banques (Russes en particulier) qui se sont retrouvés aux rennes de ces mêmes banques !

Lors de la crise grecque et là, les besoins étaient autres : 100 milliards d’euros, le président Poutine fut à 48 heures de réussir son pari : le Premier Ministre grec Aléxis Tsipras, qui avait fait campagne pour un non référendaire à la question de savoir si le peuple grec était d‘accord pour appliquer le plan FMI/UE, fit une volte- face pour accepter ce plan, 48 h après le résultat du non, lorsque le président Poutine qui avait obtenu d’autres garanties des occidentaux retira son offre d’aide à la Grèce.
Plus en amont lorsque, pendant mon autre séjour en Ethiopie en qualité d’Ambassadeur (2001/2003), le Premier Ministre éthiopien, Meles Zenawi se rendit en Russie, le patriarche de Russie Cyrille souffla dans l’oreille de Vladimir Poutine qu’il devait aider les "cousins orthodoxes" (pour mémoire, le poète Pouchkine est un quarteron éthiopien et il fait l’objet d’une grande vénération en Abyssinie). Vladimir Poutine envoya de l’équipement militaire conséquent (hélicoptères pilotés par des pilotes ukrainiens) qui fut utile pour aider les troupes éthiopiennes à repousser les islamistes somaliens.
L’influence de facteurs "non techniques" dans l’endettement, sa distribution ou pas, se trouve renforcée de nos jours par l’affaiblissement du multilatéralisme et par ricochet la montée du bilatéralisme.
 
4) La montée du bilatéralisme face à un multilatéralisme : un risque supplémentaire
Depuis la fin du second conflit mondial, le multilatéralisme a gagné en influence relative comme cadre des relations internationales. Ceci a permis une expansion remarquable du commerce international et en parallèle, celle des liquidités internationales et de l’endettement ; la chute de l’empire soviétique a permis d’élargir un peu plus le champ du multilatéralisme tandis qu’un nouveau venu, la Chine, a commencé à peser d’un poids de plus en plus important avec une approche spécifique par laquelle le multilatéralisme est acceptable, s'il ne va pas à l’encontre de son projet d’impérialisme économique. La Chine rejoint en cela la position américaine. En effet, voici un pays qui grâce à sa devise, le dollar, vit à crédit depuis plusieurs décennies sur le dos du reste du monde et qui pourra plus librement contraindre tel ou tel partenaire récalcitrant à baisser la garde dans des relations bilatérales : ce pays peut dévaluer ou surévaluer sa monnaie, jouer sur les taux d’intérêt de la FED, des changements qui affectent directement les partenaires commerciaux des Etat-Unis.

Or, voilà que la Chine n’entend pas laisser le monopole de cette politique aux Etat-Unis. Si, globalement, la Chine est, avec le japon et les Etats-Unis sur le podium des pays les plus endettés au monde, la Chine, avec son système financier opaque, constitue un risque majeur de stabilité comme le souligne le FMI, auquel se rajoutent les pratiques chinoises d’octroi de prêts dans plusieurs pays africains qui sont, peu ou pas, compatibles avec la situation économique de ces pays d’où une menace de crise financière dans ces pays.
Il apparaît donc évident que, si, non plus un, mais deux pays très lourdement endettés, Chine et Etats-Unis, entrent dans une compétition agressive pour le leadership mondial les crises de 1982, de 1985 en Amérique du Sud, de 1998 en Asie, de 2008,  voire plus récemment celle de la Grèce  n’auront rien à voir avec la déflagration déclenchée par la perte de confiance du public, des acteurs économiques ; sachant ceci, et répétons-le, il faut s’attendre à ce que, dans les pays développés un ralentissement marqué de la croissance économique gonflerait mécaniquement le ratio de la dette par rapport au PIB dans un premier temps et dans un second temps, les taux prêteurs augmentant parce que le risque "pays" aura augmenté, les pays concernés entreraient dans une récession de plus en plus forte ouvrant la porte à l’hyper inflation et à une implosion du système financier.

Nous n’en sommes pas là mais 30 ans après les constats dressés dans la première édition de cet ouvrage, les optimistes invétérés pourraient souligner que certes, quelques crises financières ont donné le frisson aux décideurs politico-économiques mais elles ont été jugulées (mais à quel prix ! ) et après tout, ceci fait partie des cycles du capitalisme et des ajustements nécessaires de temps à autre, cependant, force est de constater que l’endettement dans le monde touche pratiquement tous les pays avec une percée remarquable des pays émergents ce qui augmente arithmétiquement le risque de défaut de remboursement, que le montant global de la dette a atteint des montants inégalés, que le retour du bilatéralisme dans les relations internationales n’est pas une bonne nouvelle sur le fond de la concurrence pour le leadership mondial, que le ralentissement de l’économie mondiale est une ombre au tableau supplémentaire, … etc. Tout cela milite pour une attention plus grande à porter à l’endettement et comme le souligne le FMI "il est urgent de réduire le fardeau de la dette" pour améliorer la résilience de l’économie mondiale et fournir une meilleure capacité de lutte contre les incendies si les choses tournaient mal ; la relance budgétaire n’est plus "la priorité".
Ou bien, après nous le déluge ? L’avenir nous le dira.

Envoyé par l'auteur, 28 août 2019

Etat du monde (2)

Publié dans De par le monde
Etat du monde (2)

Dangers mondialisés - peurs localisées

 
          Un monde "village" où tous les "people" ne sont pas bienvenus
Si le monde est devenu un "village " avec ses attraits, ses opportunités nouvelles en tout genre générées par la mondialisation et la globalisation, ces opportunités cependant n'ont pas profité à tous et elles ont aussi vé­hiculé des peurs, des angoisses parfois irra­tionnelles. Il est indiscutable que certains risques planétaires (les engins nucléaires, mais de plus en plus les cyberattaques) font peser des risques réels à notre planète ou au moins en partie. Si la sensibilisation du ci­toyen "monde" a été inégale dans le temps et selon les continents, les effets du change­ment climatique sont plus perceptibles par le même citoyen "monde", soit qu'il en pâtisse directement (montée des eaux, ouragans...), soit qu'il en prenne conscience par médias interposés.

Il en est de même en ce qui concerne les vagues migratoires récentes, non seulement humaines mais aussi végétales, animales (le frelon asiatique), virales, en oubliant que les migrations ont existé de tous temps (1)1. L'homme d'aujourd'hui mettra rapidement sur le dos de la mondialisation l'arrivée de virus souvent mortels (grippe aviaire, Ebola, Sida, Chinkungunya, etc.) de contrées loin­taines dans sa région ou son pays, ou celle d’un fléau que l'on pensait n'être qu'un sou­venir lointain (la peste noire et, plus près de nous, la grippe espagnole).
En ce qui concerne les migrations humaines, certaines projections font état d’une migra­tion de 200 millions d'Africains provenant d'Afrique sub-saharienne d'ici 2050 avec des conséquences non négligeables sur l'Europe compte tenu de sa culture, de ses pratiques religieuses.
Un tel phénomène génère divorce entre poli­tiques et administrés car ces éléments pêle-mêle donnent de plus en plus l'impression à certains qu' ils ont été floués par leurs diri­geants, qu' il est urgent de rétablir des fron­tières nationales (lors de l'incident nucléaire de Tchernobyl, certains hommes politiques et journalistes ont pu faire croire un temps que le nuage radioactif provenant de la centrale endommagée éviterait la France !), voire re­venir à des entité régionales plus petites en­core (Catalogne, Corse, Wallonie, Flandre) en espérant qu'ainsi il sera possible de mieux maîtriser son destin , le destin de ceux et celles qui partagent la même identité. Mais de quelle identité s’agit-il ?
- ethnique (berbère ou arabe, tutsi ou hutu, wallon ou flamand...) ?
- religieuse (grec catholique ou melkite, jacobite ou syriaque, chiite ou sunnite...) ?
- culturelle ? selon l'historien Marc Bloch, le monde européen est une création du Moyen Âge qui presque du même coup rompit l'unité relative de la civilisation méditerra­néenne et jeta dans le creuset les peuples jadis romanisés avec ceux que Rome n'avait jamais conquis. Alors est née l'Europe au sens humain du mot et ce monde européen n'a de­puis jamais cessé d'être parcouru par des courants communs.
 
Peut-on en déduire que l'identité, les identités seraient fixes, immuables ? Non, selon Stuart Hall (2) "l'identité est la somme des positions offertes par un discours social dans le­quel quelqu'un veut s'investir à un moment donné s'inspirant ainsi du modèle derridien de la diffé­rence."Cette identité réinventée, évolutive, somme d'identités acquises au cours de la vie, des vies, s'oppose ainsi à celle de l'iden­tité de repli, du rejet de l'autre en jouant sur les peurs de l'autre, du système.
 
          L'Europe bouc émissaire
L'Europe et son "soft power"n'arrête pas d'en faire les frais : lors du référendum sur le projet de constitution européenne, la peur du "plombier polonais", accusé avant l'heure de prendre le travail aux Français suite à l'entrée des pays d'Europe centrale dans l'UE, avait fait mouche auprès d'un certain nombre d'électeurs. La peur des migrants, venant d'Afrique et du Moyen-Orient en particulier, est utilisée à nouveau par certains courants xénophobes, identitaires et nationalistes. Ces réveils nationalistes sont perceptibles, no­tamment en Europe mais pas exclusivement, mélange de la méfiance de populations vis-à-vis de dirigeants d'organisations politiques (l'UE) qui sont suspectées de laxisme, d'au­tisme par rapport aux problèmes de la vie quotidienne, et de l'opportunisme de certains politiques qui font d'un retour à la nation, à la région, la condition sine qua nond'un retour à un mieux vivre et à un destin contrôlé par les citoyens, en oubliant au passage les ten­dances lourdes de l'Histoire, en entretenant par exemple l'illusion que les vagues migra­toires pourront être stoppées, que le bien- être économique des citoyens s'améliorera en s'affranchissant de l'Euro par exemple.
 
          Le nationalisme n'est pas nouveau
Le concept nationaliste serait apparu à Rome après la prise de la ville par les Celtes (3). La dif­férence entre les nationalismes émergents et ceux d'aujourd'hui, au moins en Europe, tient au fait que ceux qui émergent visent à se rat­tacher, voire à agrandir ou conquérir un terri­toire. L'Europe, qui a longtemps été un terreau pour les nationalismes avec les dérives que l'on connaît et après avoir essayé de les dépasser par la mise en place d'une struc­ture sui generis l'UE, assiste aujourd'hui au re­tour à un nationalisme, non plus offensif mais défensif, de repli. Quelles seront les réponses des dirigeants politiques européens face à ce détricotage de l'Europe, à ce retour à un na­tionalisme, qui s'opposera de plus en plus à d'autres sources d'organisation de la société, y compris celles souhaitées par certains mouvements religieux (califat).
 
 
Le rôle central des responsables politiques pour le monde de demain :
plus d'anticipa­tion et d'action réfléchie ; moins de "sui­visme" et "d'émotionnel"

 
          Ruptures en tout genre : le sauvetage par l'éducation, la formation ?
Depuis quelques années plusieurs ruptures, plusieurs déséquilibres durables, ont été constatés un peu partout dans le monde : écologiques, culturels, sociaux, démogra­phiques, entre riches et pauvres... Dans les pays occidentaux principalement, les poli­tiques ont souvent pris une position de "sui­visme" de l'opinion publique, elle-même de plus en plus sous l'emprise de l'option "créa­teur d'émotion" ( le choc des images) au dé­triment du rôle utile qu' ils pourraient jouer plus encore comme éveilleurs de conscience, le tout sur un fond de rejet par une partie des opinions publiques du système politico-so­cial dans lequel ils évoluent (défiance par rap­port aux hommes politiques, aux institutions voire par rapport à la laïcité). Des segments de population de plus en plus importants ne disposant pas, faute d'un bagage de forma­tion ad minimum qu'ils auraient dû acquérir au sein du système scolaire, ou ne souhaitant pas - ne pouvant pas - exercer leur sens cri­tique, se retrouvent de plus en plus margina­lisés et tentés par certains mentors d'emprunter d'autres voies y compris crimi­nelles, afin d'être "reconnus".
 
Tout ceci dans un contexte, répétons-le, de mondialisation dans lequel les valeurs occi­dentales (droits de l'homme, démocratie, État de droit) sont contestées de plus en plus, soit parce que, à l'expérience, les pays occiden­taux appliquent ces valeurs de façon très subjective et en fonction de leurs intérêts du moment (problème kurde, conflit israélo-pa­lestinien, etc.) et que par conséquent ils sont "démonétisés", soit parce que des systèmes autres de valeurs font surface et viennent les concurrencer (les valeurs asiatiques au nom­bre de 5 énumérées à l'époque par le prési­dent malaisien Mahathir (4)4), soit parce que d'autres s'orientent vers une identité de subs­titution, religieuse par exemple, en renonçant à leur identité d’aspiration (" je souhaite de­venir Français à part entière"); c'est le cas de personnes d'origine étrangère qui vont trouver une identité religieuse (l'islam par exemple) qui les satisfera plus que l'identité française pour différentes raisons (5)
 
          La réflexion doit reprendre à l’émotion sa place parmi les décideurs politiques
Cette primauté donnée à l'émotion (crise des migrants actuelle) tend à réduire l'espace qui devrait être dédié à la réflexion politique, et c'est bien là la tâche des hommes politiques à savoir diriger un pays dans ses limites géo­graphiques ; cette émotion, érigée en baro­mètre du sentiment humanitaire que la société est censée partager, se mélange alors avec un sentiment de pitié, de compassion (mais aussi parfois et de plus en plus de crainte et de rejet de l'autre) qu' il ne faut pas confondre avec le sentiment de justice. Cette mise à l'écart de la raison par rapport à l'émo­tion risque d'être le coup fatal porté à l'UE et aux valeurs qu'elle porte, de plus en plus de ses États membres ne lui reconnaissant plus sa légitimité d'action (pays d'Europe centrale, dit groupe de Visegrad, mais aussi l'Autriche, l'Italie). L’avenir nous le dira
À l'opposé on constate la montée en puis­sance de pays qui privilégient un pouvoir fort (Russie, Chine, Turquie, mais aussi d'une cer­taine façon l'Amérique de Trump) et qui ont tendance à s'éloigner du multilatéralisme (un axe fort de la politique de l'UE) en privilégiant les accords bilatéraux de circonstance (Rus­sie et Turquie sur la Syrie, États-Unis et Chine avec la Corée).
 
          Le retour de la religion pour gouverner la cité ?
"Nous avons tout juste assez de religion pour nous haïr... mais pas assez pour nous aimer les uns les autres" (Jonathan Swift, 1647/1745). D'aucuns souhaitent s'appuyer sur le côté fé­dérateur de la religion pour asseoir leur pou­voir (le président Poutine avec l'église orthodoxe, le président Erdogan avec l'islam) à l’instar des monarchies musulmanes éta­blies (le roi de Jordanie descendant du chérif hachémite de la Mecque chassé par les wahhabites au pouvoir depuis un siècle sur le royaume d'Arabie Saoudite ; le souverain ma­rocain commandeur des croyants) ou pour en installer un nouveau (califat par exemple), Comme le souligne José Ortega y Gasset : "Ce sont des chefs religieux ou des capitaines aventureux qui jettent les fondements d'une communauté", là où certains comme Abdel­hamid Brahimi estiment que "l’islam et l'ara­bisme sont deux éléments intégrateurs du monde arabe" (6) ou encore Hélie Denoix de Saint Marc, qui lui fait écho, "on ne fédère pas les âmes".
 
"Ce qui semble se dessiner pour le futur semble être une Europe affaiblie "
Ce qui semble se dessiner pour le futur sem­ble être une Europe affaiblie qui pourrait re­venir à ses vieux démons nationalistes et qui devra faire cohabiter harmonieusement dif­férentes communautés religieuses et dont le dialogue avec des pouvoirs autoritaires s'ap­puyant sur un monothéisme (l'église ortho­doxe, l'islam sunnite en Turquie, l'islam chiite en Iran) sera de plus en plus compliqué. Les re­ligions "dons de l'Histoire" ou au contraire comme le souligne Castoriadis sont-elles "des obstacles au développement fournis gratuite­ment par l'histoire" (7)?
 
          "No future"ou le sauvetage par le déve­loppement ?
C'est par le développement économique et social, compris de la façon la plus large, c'est- à-dire en s'appuyant sur l'éducation des indi­vidus, qu'il devrait être possible de redonner un sens à la raison, à des solutions raisonnées et raisonnables aux grandes interrogations concernant l'avenir de notre planète. François Perroux définit le processus de développe­ment "comme la combinaison des change­ments mentaux et sociaux d’une population qui la rendent apte à faire croître cumulativement et durablement son produit réel global".Les projections de toutes sortes, démographique, climatique, politique, ont de quoi inquiéter, mais comme nous le rappelle Bertrand de Jouvenel "si le présent est cartographiable, le futur ne l'est pas" et, au cours des années à venir, de nombreuses inflexions aux projec­tions actuelles pourraient modifier le cours de l'Histoire dans un sens positif. C’est ce que nous pouvons souhaiter de mieux.
 
(1)  Y. Gazzo, Migrations : l'impératif du développement; Magistro, 1er mai 2018.
(2)  Quel est ce noir ?dans Culture populaire noire,éd. Amsterdam, Paris 2007.
(3)  Les nationalismes émergents,Académie des sciences d’Outre-mer, DACRES éd„ 2016
(4)  La nation prime sur la communauté, la société sur l'individu, la recherche du consensus sur la querelle éventuelle, la recherche de l'harmonie raciale et reli­gieuse, et le soutien que doit apporter la commu­nauté à l'individu (source Y Gazzo, UASEAN, Asiatype, Manille, 2000).
(5)  Y. Gazzo : Les cicatrices du vent, itinérances d'une identité,Le Fantascope, 2008.
(6)  Y. Gazzo, L'Afrique du Nord d'hier à demain, éd. Economica, 1979.
(7)  Le mythe du développement

Envoyé par l'auteur, 22 juin 2019

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

Top Desktop version