Magistro Beta

Switch to desktop Register Login

GEFFROY  Christophe

GEFFROY Christophe

Né le 14 janvier 1959
Marié -   enfants




Directeur fondateur de la revue La Nef, mensuel catholique (1990)


Ecole Centrale de Nantes
Institut de Sciences-Politiques (Paris)
 
Cadre dans l'industrie automobile

  Ouvrages
Enquête sur la messe traditionnelle (avec Philippe Maxence) (1998) - Au fil des mois (2000) - Jean-Paul II, les clés du pontificat (avec Yves Chiron et Luc Perrin) (2005) -

Nombreuses collaborations
une vingtaine de livres et hors-séries

URL du site internet:

Ouvrir enfin les yeux ?

Publié dans Du côté des élites
Ouvrir enfin les yeux ?
 
Depuis les attentats du 13 novembre à Paris, on assiste à un déchaînement effrayant de la violence islamiste.
En France même de façon récurrente maintenant, mais aussi partout dans le monde. Il ne se passe pas de semaine sans son cortège de victimes de cette nouvelle forme de barbarie.
En Europe, ces drames devraient normalement soulever une question évidente : n’avons-nous pas fait fausse route en favorisant une société multiculturelle, sans chercher à maîtriser l’immigration et en abandonnant peu à peu notre modèle d’assimilation puis d’intégration ?

Cette question, visiblement, demeure encore largement taboue, quand on voit que les autorités et les médias allemands ont essayé de passer sous silence puis de minimiser les agressions sexuelles infligées, lors du nouvel an, à nombre de femmes à Cologne et dans d’autres villes d’outre-Rhin. Rien à voir avec le traitement de la photo du malheureux Aylan, mort sur une plage turque à la fin de l’été : là, sans coup férir, toute l’intelligentsia s’est élevée comme un seul homme pour appeler à un accueil inconditionnel des "réfugiés" et flétrir l’égoïsme de ceux qui osaient seulement poser une question, procédant ainsi à une culpabilisation massive des pays occidentaux !
Cette différence de traitement de l’information en dit long sur la façon dont nos élites demeurent prisonnières de l’idéologie multiculturaliste. Elles sont bien les seules, car elles n’en subissent guère les conséquences, quand le peuple modeste, exposé en première ligne, en souffre particulièrement : on retrouve ici les fameuses "fractures françaises" bien mises en lumière par Christophe Guilluy, entre une France urbaine qui profite de la mondialisation et de l’ouverture des frontières, et une "France périphérique" de plus en plus déclassée.

Ces élites n’envisagent l’homme que comme un sujet bénéficiant de droits, chaque être pouvant être substitué à un autre, quelles que soient ses origines. Le patronat allemand avait besoin de main-d’œuvre pour faire tourner ses industries – main-d’œuvre que la jeunesse locale ne suffit plus à assurer puisqu’il n’y a plus d’enfants au pays de la réussite économique ? Aussitôt Angela Merkel s’est empressée de répondre aux vœux du patronat en annonçant que son pays était prêt, en pleine crise migratoire, à recevoir 800 000 personnes ! Après Cologne, nos amis allemands commencent à réaliser que toutes les cultures ne sont pas interchangeables ou compatibles entre elles et qu’elles peuvent même donner lieu à de sévères frictions.
Cela paraît élémentaire et pourtant comment oublier que l’on nous a chantés pendant des lustres – et cela continue – les bienfaits de l’immigration et du multiculturalisme – ceux qui émettaient des réserves étant immédiatement rejetés dans la catégorie infamante des "racistes" ? La réalité est que l’immigration est quasiment toujours la conséquence d’un drame humain et que la charité comme la compassion exigeraient de faire en sorte qu’elle puisse être évitée. Ne l’oublions pas, l’immigration extra-européenne répondait certes à l’origine aux besoins du patronat, mais aussi à l’idéologie culpabilisatrice de la haine de soi et du salut par l’Autre, forcément meilleur. Dans ce dessein, il y avait donc une volonté délibérée de détruire les identités nationales et tout enracinement jugé porteur de dangers "fascistes", relisez L’idéologie française (1981) de Bernard-Henri Lévy si vous en doutez !

Ce qui se passe en France et en Europe avec la présence de fortes minorités musulmanes issues de l’immigration, qui ne cherchent en rien à s’intégrer et encore moins à s’assimiler, va-t-il enfin ouvrir les yeux de ceux qui s’aveuglent depuis trop longtemps et qui nous ont conduits là où nous sommes ?
C’est un retournement complet qui est absolument nécessaire. Alain Finkielkraut a raison, nous devons être "intransigeants sur ce que nous sommes", ce qui suppose déjà de savoir ce que nous sommes et d’en avoir une légitime fierté, éloignée de tout orgueil. C’est en retrouvant notre héritage culturel – qui inclut le christianisme – et en nous appuyant sur lui que nous pourrons à nouveau envisager une véritable politique d’abord d’intégration puis d’assimilation pour ceux qui le souhaitent, nécessité vitale si nous voulons perdurer en tant que nation.

Paru sur www.lanef.net

Vous avez dit "Guerre" ?

Publié dans En France
Vous avez dit "Guerre" ?
 
Les massacres islamistes à Paris le 13 novembre ont monopolisé la scène médiatique si longtemps – même et surtout quand les radios et télévisions n’avaient plus aucune information nouvelle à transmettre, on aurait dit qu’il fallait néanmoins "occuper" l’antenne même pour ne rien dire ! – que l’on peut se demander s’il y a encore quoi que ce soit à ajouter. Beaucoup de choses pertinentes ont été lues ou entendues, mais noyées au milieu d’un embrouillamini de commentaires et témoignages indigents, si bien qu’il n’est peut-être pas inutile de rappeler quelques points essentiels au risque de n’être pas très original.

Une évidence semble désormais assez largement partagée : nous sommes en guerre !
Le 7 janvier n’avait pas suffi pour le faire comprendre, il a fallu un massacre supplémentaire pour que le Président lui-même en prenne conscience. Certes, il ne s’agit pas d’une guerre classique, armée contre armée, mais d’une guerre asymétrique contre un ennemi protéiforme et insaisissable qui est bien décidé à nous détruire. Si nous sommes en guerre, il faut en tirer les conséquences, à commencer par nommer l’ennemi (cela n’empêche pas de prier pour lui), qui n’est pas "le terrorisme" dû à quelques individus dérangés du cerveau, mais l’islamisme issu de courants musulmans reconnus qui ont pignon sur rue : salafisme, wahhabisme, Frères musulmans… Et ces islamistes ne sont pas les enfants des injustices sociales ou autres explications pseudo-marxistes d’un autre âge, ils trouvent dans l’islam radical une cause à leur mesure, ils sont rationnels, organisés et nous vouent une haine viscérale qui nous oblige à nous défendre en les éliminant !
Bien évidemment, il ne faut pas stigmatiser l’ensemble des musulmans – on aimerait toutefois un peu plus de réactions et de solidarité de leur part ! –, la majorité souffre de ces crimes abjects, mais il ne faut cependant pas se voiler la face : tous les terroristes sont des musulmans et c’est bien en tant que musulmans qu’ils nous attaquent et veulent notre mort, notre anéantissement !

Or, la peur de l’islamophobie empêche de bien comprendre cette réalité et bloque toute réflexion, tout vrai débat sur ce qu’est l’islam – de même que l’on raillait ceux qui craignaient que des terroristes se cachassent parmi les "réfugiés", cela faisait tache dans le tableau, hélas ! ce fut bien le cas. Affirmer sans cesse que "cela n’a rien à voir avec l’islam", comme on nous l’a sans cesse répété dans le passé, ou "refuser, comme l’affirme le communiqué du groupe “Concorde et Solidarité” de Lyon, les amalgames qui pourraient être faits entre terrorisme et religion musulmane", empêche les musulmans de se remettre en cause et de réfléchir sur une nouvelle et nécessaire interprétation du Coran aujourd’hui quasiment interdite. Les musulmans seuls peuvent réformer l’islam et on ne les aide pas en niant le réel : l’islamisme est bien une partie minoritaire de l’islam, même s’il n’en est évidemment pas le tout (et à voir certaines réactions, on ne peut ignorer la popularité des islamistes dans une partie du monde musulman). C’est aussi la seule façon d’aider les musulmans courageux qui acceptent de voir le mal et réfléchissent à la façon d’évacuer cette violence insupportable, présente aussi bien dans certains versets du Coran que dans la vie de Mahomet, le "bel exemple" pour tout musulman.

Face à la menace islamiste, la réaction des Français a été digne. On ne peut que se réjouir de la volonté unanimement affichée de ne pas céder à la peur et plus encore d’affirmer fièrement nos valeurs et nos modes de vie face à la barbarie de nos ennemis. Mais n’est-ce pas là que le bât blesse ? Quel est le mode de vie que nous voulons défendre ? Celui consumériste, matérialiste, hédoniste qui mène droit au nihilisme et qui n’a rien à offrir d’exaltant et d’alternatif aux futurs djihadistes de nos territoires ? Et quelles sont ces valeurs que nous plaçons si haut ? Faire des guerres injustes et absurdes derrière les États-Unis (Irak, Libye…), ignorer la pauvreté croissante, détruire toute morale en promouvant l’avortement, l’euthanasie, le "mariage" gay, la GPA-PMA, les manipulations génétiques… ? Il y a comme une incohérence chez certains chrétiens à prétendre préserver notre mode de vie quand c’est justement ce que les papes nous exhortent à remettre en cause ? La liberté et la défense de la dignité de la personne humaine, oui, ce sont là de nobles causes, mais c’est précisément ce que nous bafouons par la transgression de l’humain et la chape de plomb insupportable d’une pensée unique, alors même que le pouvoir est confisqué par l’oligarchie de l’argent !…
Si au moins ces horribles massacres pouvaient contribuer à faire bouger les lignes et permettre enfin un rapprochement international sur la Syrie entre les États-Unis, la Russie et la France. Combien de morts encore pour comprendre que Bachar El-Assad ne nous menace pas et que son alliance est nécessaire pour abattre Daech ? La France, dont la diplomatie n’a jamais été aussi inconsistante, sera-t-elle la dernière à le comprendre ?

Editorial paru sur www.lanef.net, décembre 2015

Le malheur du temps

Publié dans A tout un chacun
Le malheur du temps
 
Il est frappant, dans notre monde moderne, d’observer combien nos contemporains semblent peu heureux, peu épanouis. Peut-être pas plus qu’à n’importe quelle autre période, c’est évidemment une chose impossible à mesurer, mais ce qui en rend le sentiment si palpable aujourd’hui, c’est que nous vivons une époque qui se croit la plus heureuse, non seulement parce qu’elle a atteint un confort matériel inégalé avec un "progrès" technique époustouflant, mais surtout parce qu’elle se vante d’une liberté individuelle et d’une autonomie incomparables, au point qu’il n’existe plus rien susceptible de s’opposer à la volonté humaine, l’homme ayant en quelque sorte atteint son rêve : devenir Dieu… et donc se passer de lui !

Le cinéma et les séries télévisées, qui sont un assez bon reflet de l’esprit du temps, sont révélateurs du mal-vivre de nos contemporains. On n’y voit quasiment jamais un héros heureux en ménage qui a une famille stable, un conjoint et des enfants unis, dans 95 % des cas, on a affaire à des personnes dont le couple vacille ou vivant seules, souvent divorcées, n’envisageant les relations sexuelles que comme un plaisir passager n’engageant à rien, et n’ayant finalement qu’un grand vide en dehors de leur travail.
La raison de cette situation ? Nous voulons le beurre et l’argent du beurre, comme on dit ! Nous voulons la liberté maximum en toute chose, nous ne voulons dépendre de rien ni de personne, nous voulons "profiter" de la vie, de ses plaisirs, mais cette mentalité conduit inévitablement à un individualisme égocentré qui se sert des autres et qui est incapable de tout engagement sérieux et durable, de fidélité, d’effort, de discipline, de don de soi, de sacrifice même… nous refusons la notion même de péché qui culpabilise l’homme émancipé de toute tutelle et capable de décider par lui-même du bien et du mal. Cette mentalité ne peut mener finalement qu’à la solitude que tous les réseaux sociaux du monde ni la technique ne peuvent combler. Le malheur de la solitude est inscrit dans la mentalité moderne que l’on nous vante sans cesse, à commencer par l’insupportable et omniprésente publicité.

Quel rapport avec le synode ? Simplement ceci : tous ceux, parmi nos bons prélats, qui s’inquiètent à juste titre de la souffrance de personnes qui peuvent se sentir "exclues" de l’Église ou qui jugent sa discipline trop "sévère", parce qu’elles sont divorcées remariées ou de tendance homosexuelle, parce que Madame prend la pilule, etc., tous ces bons prélats, dis-je, cherchent en fait à corriger des effets négatifs au lieu de s’en prendre aux causes des maux dont ils s’offusquent.

Car enfin, les problèmes qui tournent autour du remariage après un divorce, de l’union de personnes homosexuelles, de la contraception… n’ont pris l’ampleur qu’on leur connaît que par l’exacerbation d’un individualisme forcené dans une société affranchie de toutes normes, au nom d’une fausse conception de la liberté, et dont l’unique but est la consommation toujours croissante, dans le contexte d’un libéralisme mondialisé qui est le vecteur idéologique incontesté de cette évolution – n’oublions pas que le but ultime de tout cela est le profit –, consommation qui inclut le sexe et la personne devenus des marchandises comme les autres. Là est le vrai problème et tant que l’on n’essaiera pas de lutter contre cette modernité libérale qui tue la dignité des personnes autant que la civilisation, la culture et finalement la religion, toutes les mesures d’adoucissement de l’enseignement traditionnel de l’Église ne seront qu’un cautère sur une jambe de bois, et l’Église engagée dans cette voie n’en fera jamais assez tant qu’elle ne se sera pas alignée sur le monde, car il y aura toujours de nouvelles revendications au nom de la souffrance, celle-ci étant inhérente à la condition humaine. L’exemple de certaines Églises protestantes qui ont tout lâché n’est vraiment pas encourageant, les adeptes du "changement" devraient y songer…
 
Dans le monde qui est le nôtre où il y a justement tant de malheur et de souffrance, l’Église a son rôle prophétique à tenir, que beaucoup attendent d’elle au demeurant, même si ce rôle reste incompris par nombre de nos contemporains, y compris en son sein et même hélas jusque parmi certains prélats. Elle est une pierre d’achoppement exactement comme le Christ l’a été en son temps, mais elle est aussi la lumière qui demeure et qui peut donner aux hommes désemparés d’aujourd’hui un chemin de conversion, seul capable de répondre aux aspirations profondes de l’homme et donc de lui faire goûter sa part de bonheur ici-bas. Il est nécessaire de mieux accueillir toute personne qui souffre et on ne peut que se réjouir si on parvient à un progrès en la matière, ne nous leurrons pas cependant : il n’a jamais été facile d’être chrétien, mais nous savons que Dieu donne ses grâces en abondance à quiconque cherche à le suivre. Et les nombreuses familles – dont on ne parle jamais –, qui vivent sereinement et dans la joie la fidélité à l’Église, sont le témoignage vivant que ce chemin de vrai bonheur n’est pas un leurre et qu’il est accessible à tous.

Paru sur www.lanef.net

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

Top Desktop version