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GIRAUD Jean-Baptiste

GIRAUD Jean-Baptiste

Né le 8 février 1972
Marié - 6 enfants






Journaliste
Directeur de la rédaction d'Economiematin.fr

Paris XI Jean Monnet (1991)
Maitrise de Journalisme à l'ESJ PARIS (1994)
 
Officier de réserve
Service Militaire (Gendarmerie Nationale 94-10)
 
Journaliste à Radio France (1994-95)
Journaliste reporter, présentateur et intervieweur à BFM (1995-2003)
Président fondateur, directeur de la rédaction d'Economie Matin (2004-2007)
Président, co-fondateur de Versailles Events (2007 -)
Directeur fondateur de la rédaction de Versailles + (2007 -)
Co-fondateur de Les Editions Digitales (2010 -)
Rédacteur en chef à Atlantico (décembre 2010)
 
Ouvrages 
- Combien ça coûte, combien ça rapporte Avec David Autissier (avec la participation de la rédaction Économie matin), éditions Eyrolles, Paris, 18 janvier 2007, 119 p. (ISBN 2212537832).
- Les grands esprits ont toujours tort, éditions du Moment, Paris, 25 mai 2007 (ISBN 2354170041)
- Pourquoi les rayures ont-elles des zèbres ?, éditions du Moment, Paris, 19 juin 2008, 228 p. (ISBN 9782354170271)
     Ouvrage vendu à plus de 10 000 exemplaires et traduit en chinois.
- Pourquoi les bois ont-ils des cerfs ?, éditions du Moment, Paris, 17 avril 2009, 228 p. (ISBN 2354170416)
- Pourquoi les rayures ont-elles des zèbres, Pourquoi les bois ont-ils des cerfs ?, France Loisirs, Paris, 1erdécembre 2009, 400 p. (ISBN 9782298025859). Édition augmentée pour France Loisirs, vendue à plus de 20 000 exemplaires.
- Le guide des bécébranchés, éditions L'Archipel, Paris, 12 mai 2009, 312 p. (ISBN 2809801495) avec Laure de Charette, Flore Ozanne et Inès Lacaille éditions L'Archipel, Paris, 12 mai 2009, 312 p. (ISBN 2809801495)..
- Les BCBG sont morts, vive les bécébranchés !
- Histoires bêtes, éditions du Moment, Paris, 25 mars 2010, 222 p. (ISBN 2354170777)

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La Vème République ubérisée

Publié dans En France
La Vème République ubérisée
La vague des Gilets Jaunes est en train de submerger le nouveau monde d'Emmanuel Macron, qui n'avait de nouveau que le nom
 
La révolte des Gilets Jaunes, qui menace désormais très sérieusement nos institutions et pourrait provoquer la chute du gouvernement, la dissolution de l'Assemblée, et peut-être, la fin de la Ve République, est en fait la conséquence directe du hold-up d'Emmanuel Macron sur le système politique français. 
En montrant qu'il était possible de partir quasiment seul à l'assaut de la présidence de la République, sans passer par les étapes intermédiaires jusqu'ici jugées incontournables, en entrainant simplement dans son sillage une armée de novices, et en levant des fonds comme on finance une start-up, Emmanuel Macron a donné le mode d'emploi d'une nouvelle forme de conception de la démocratie aux Gilets Jaunes. Et ils l'ont saisi à pleines mains, avec de bonnes chances de réussir, eux aussi, leur coup d'Etat...
Car, finalement quelles sont les différences entre les milliers de cellules militantes "En marche", nées spontanément un peu partout en France en 2016 d'un espoir de changement, et les milliers de points de blocage de Gilets Jaunes qui jalonnent l'ensemble du territoire depuis trois semaines ?  Elles sont infimes. 
 
Les Marcheurs et les Gilets Jaunes ont des points communs
Dans les deux cas, la plupart des marcheurs et des gilets jaunes sont novices, n'ayant jamais milité avant. Beaucoup ont erré dans les urnes, ces dix, vingt, trente dernières années. Les uns oscillant plus entre la droite et la gauche, sans enthousiasme, les autres, entre les pseudos extrêmes, sans illusion. Tous partagent ou ont partagé la même insatisfaction, provoquée par un système politique qui ne leur parle plus, ne les représente plus, et sur lequel, surtout, ils n'ont plus la main une fois leurs acteurs (au propre, comme au figuré), élus.
Dans les deux cas, ces mouvements populaires spontanés se sont accompagnés de la même générosité. Celle, d'abord, essentielle, capitale, redoutable, de mettre à la disposition d'une cause du temps, beaucoup, beaucoup de temps ; sans compter ; sans facturer. Celle d'offrir aussi des moyens logistiques stratégiques.
 
Fin 2016, En Marche a trouvé en un claquement de doigts des centaines de locaux au coeur de la plupart des villes de France, permettant de réunir ces militants improvisés, et de créer l'indispensable cohésion, moteur de tout mouvement associatif ou politique. Tout en permettant aussi de stocker tracts, affiches, calicots, et d'organiser les opérations de boitages et de phoning. Le tout mis à disposition ou offert par des gens souvent aisés, cadres ou entrepreneurs, enthousiasmés par le projet de start-up nation dont ils étaient déjà, souvent, les moteurs.
 
Fin 2018, les Gilets Jaunes ont trouvé en un claquement de doigts des centaines de tentes et pergolas pour abriter leurs militants sur les ronds-points des grosses conurbations de France. Permettant d'abriter de la pluie, à défaut de les protéger du froid, ces militants improvisés, et de créer l'indispensable cohésion, moteur de tout mouvement associatif ou politique.  Et sous les pergolas, autant de tables de camping, de braseros, de machines à café, de lampes balladeuses et de rallonges électriques. Mais aussi d'antédéluviens camping-cars et utilitaires diesel, capables d'abriter pour quelques minutes ou pour la nuit les plus déterminés. Sans compter les milliers de paquets d'arabica, de pots de rillettes, et de baguettes. Le tout mis à disposition ou offert par des gens qui n'ont pas grand-chose, quand ils n'ont pas déjà plus rien, dépités d'avoir été mis au banc d'une nation dont ils étaient, autrefois, le moteur.
 
Le coup d'état d'Emmanuel Macron sert de modèle aux Gilets Jaunes
Les différences sont bel et bien infimes entre les marcheurs d'hier et les Gilets Jaunes d'aujourd'hui. Les premiers ont voulu disrupter un système politique vieillissant, pour ne pas dire obsolète, en tout cas en inadéquation complète avec le monde digital dans lequel nous baignons désormais : l'interntocratie. Avec le succès dû à une blitzkrieg inédite apportant au jeune Emmanuel Macron (39 ans) la victoire incroyable que l'on connaît. Les seconds se sont trouvés et mobilisés grâce aux mêmes outils, et ont déjà remporté plusieurs batailles.
Celle de l'opinion qui les soutient très largement, celle de la quasi monopolisation des médias trois semaines de suite, celle des premières reculades, totalement décalées, gravement insuffisantes, d'un gouvernement désormais aux abois. Tout cela, alors qu'ils n'ont pas de leader à leur tête, et ne sont sans doute pas près d'en avoir un...
 
Mais ce qui distingue les marcheurs des Gilets Jaunes, comme cet exposé vient de le souligner (et comme bien d'autres experts, historiens, sociologues ou géographes avant moi), c'est l'origine sociale et géographique de ces deux catégories de rebelles au système.
Il n'y a pas beaucoup de gilets jaunes dans le IIIe arrondissement de Paris, où le futur patron de la start-up nation a recueilli 93,41 % au second tour de l'élection présidentielle. Là bas, on ne roule pas beaucoup au diesel non plus. D'ailleurs, on n'a pas de voiture, ou alors une BMW i8 électrique. Le patron est à Londres ou à New York (quand on n'est pas son propre patron), la banque est digitale, et la cheminée à l'ethanol. Pour la déco : la chaudière gaz à condensation toute neuve se pilote depuis le smartphone. Elle consomme 50 euros de gaz par mois.
A Narbonne, en revanche, où Emmanuel Macron n'a recueilli que 43 % des suffrages, (dont une large partie, comme d'ailleurs partout en France, par défaut), ceux qui tiennent les ronds-points et le péage (incendié par des casseurs, ou des gilets jaunes désespérés ?) roulent au diesel. La plupart des voitures arborent encore les anciennes plaques 11, signe de leur grand âge. Le patron, soit il n'en peut plus, soit, il n'y en a plus. La banque est dans le rouge, et la cheminée brûle le bois rentré pour l'hiver. Au moins, devant, on a chaud, le reste de la maison affiche 15 degrés, malgré les 150 euros de fuel mensuels.
 
La Ve République a vieilli, elle aussi il faut l'ubériser
Bien malin celui qui pourra dire comment les choses vont tourner dans les prochains jours. Mais personnellement, je suis convaincu que cette éruption populaire est salutaire. Une réforme de nos institutions, mais aussi, de notre modèle économique s'impose. Le fonctionnement de la Vè République n'est plus du tout adapté à notre monde moderne, qui exige une démocratie vivante, active, participative. Permanente... Omniprésente ! Et tant pis si cela consiste à ubériser l'Assemblée et le Sénat. Au peuple, par voie de référendum, les grands sujets de société. Aux parlementaires, les questions techniques, juridiques, les ajustements, en respectant les desideratas du peuple. Qui n'a pas oublié Maastricht et le traité de Lisbonne.
Par ailleurs, le mensonge de notre système social-que-le-monde-nous-envie doit être révélé, pour que s'arrête enfin l'accumulation de dettes insupportables qui ont déjà mis à genoux plusieurs pays avant nous. Il faut changer de modèle de société, réunir les familles sous le même toit, à condition de déboucler l'étau scandaleux des règles d'urbanisme contraignantes, contraires à l'intéret général. Pouvoir se loger décemment est un droit consitutionnel.  Enfin l'arrivée, la déferlante même, de l'Intelligence Artificielle, doit être expliquée, accompagnée, encouragée aussi, pour nous permettre de surmonter et dompter cette nouvelle révolution anthropologique, en en faisant un atout pour nous réinventer, et non, une contrainte, une plaie, un laminoir.
C'est le moment, pour tous les hommes et les femmes politiques de bonne volonté, qui ont gardé encore en eux une once de dévouement, de prendre la parole, et d'agir pour encourager la révolution schumpetérienne dont nous avons impérativement besoin.
A défaut, la majorité des passagers de la 3e et de la 2e classe du Titanic vont y laisser leur peau, sans boulot, sans retraite, sans toit, sans rien ! 
Ah, au passage, souvenez-vous qu'en 1912, 40 % des passagers de 1ere classe, aussi, ont sombré dans le naufrage. Qui prendra le risque, parmi les sachants et les puissants, de continuer à fermer les yeux sur ce qui est en train de se passer, alors les Gilets Jaunes manifestent au grand jour pour leur demander de changer de cap, dernier sursaut salvateur de pans entiers de notre société qui ne veulent pas crever sans batailler ? 

Paru sur EconomieMatin, 5 décembre 2018

Brexit : ...

Publié dans Avec l'Europe
Brexit : c'est l'immigration qui a fait la différence
 
Inutile de se voiler la face : c'est l'immigration, et rien d'autre, qui a fait pencher la balance en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne.
 
Dans les derniers jours qui ont précédé le vote des britanniques, certains commentateurs français s'étaient émus de la dernière campagne d'affichage de l'Ukip (United Kingdom Independence Party). Sur ses affiches, l'UKIP affirmait que les écoles britanniques étaient submergées, avec 25 % d'élèves d'origine étrangère. Et nos commentateurs d'affirmer que même le Front national n'aurait jamais osé sortir de telles affiches en France ! La précédente campagne d'affichage de l'UKIP, plus sobre, mais tout aussi explicite, montrait une colonne de migrants barrée des mots "Breaking Point".
Bien entendu, l'UKIP n'a pas emporté le morceau seul, en faisant campagne sur le danger de l'immigration. Les tabloïds anglais, largement critiqués et conspués de ce côté-ci de la Manche, bien qu'ils dépassent largement le million d'exemplaires vendus tous les jours, n'ont eu de cesse, au cours de ces derniers mois, de traiter sans complexe les conséquences de l'afflux de migrants en Europe et en Grande-Bretagne.  Les images des migrants massés à Calais, et tentant l'impossible pour rejoindre la Grande-Bretagne au péril de leur vie, images largement diffusées sur les chaînes d'inforrmation continue anglaises, ont fait le reste.
 
Ceux qui n'ont pas vu que le Brexit pouvait arriver, et que le problème de l'immigration en Europe pouvait faire pencher la balance en sa faveur, avaient pourtant été prévenus ! Les élections présidentielles autrichiennes, en mai, avaient largement annoncé la couleur. Comment ? Le chef d'un parti ouvertement xénophobe, eurosceptique, arrivait très largement en tête de l'élection présidentielle d'un petit pays européen, avec 15 points d'avance sur son improbable challenger, un candidat écologiste sans panache ?
Oui, c'était le coup de semonce, et le score serré du second tour, installant finalement le candidat soutenu par l'ensemble de la classe politique autrichienne, unie contre le candidat du FPÖ, a créé un précédent en Europe. Car en effet, si le candidat du FPÖ a fait un tel score au premier (et au second) tour de la présidentielle, c'est parce que... lui aussi a largement fait campagne sur le thème de l'immigration et, plus précisément, sur le problème posé par l'accueil de millions de migrants en quelques mois.
 
Si les Anglais (contrairement aux Irlandais du Nord et aux Écossais qui, eux, ont voté en faveur du maintien du Royaume-Uni dans l'Union Européenne) ont voté massivement en faveur du Brexit, c'est parce qu'ils ont eu peur. Sachant que l'Allemagne qui, de par sa position centrale en Europe, n'a pas eu d'autre solution que d'accueillir 1,2 million de migrants l'an passé et pourrait en accueillir un million de plus cette année, se retrouvait seule face au problème, abandonnée par ses partenaires européens, les Anglais ont eu peur. Car ils savent que la Grande-Bretagne est la véritable destination préférée des migrants ! La langue, l'anglais, beaucoup la pratiquent déjà un peu, et elle est bien plus facile à apprendre que l'allemand. Mais surtout, en Grande-Bretagne, existent déjà des communautés installées de Syriens, Libyens, Irakiens... Pas en Allemagne. Mais grâce à sa place particulière en Europe, seul État européen avec l'Irlande, protégé par une frontière naturelle quasiment inviolable, à savoir, une mer, la Grande-Bretagne a pu gagner du temps. Sans Calais, sans la Manche, l'Angleterre aurait été submergée, comme l'Allemagne.
 
Pour reprendre l'attaque de cet éditorial, ne nous voilons pas la face une seconde fois : demain, d'autres pays européens vont demander à sortir de l'Union Européenne, pour ne pas être contraints d'accepter que Bruxelles décide à leur place en matière d'immigration et d'accueil. Vous voulez la liste ?
D'abord, l'Autriche. Le 6 juillet prochain, la cour constitutionnelle va dire si le second tour de l'élection présidentielle est valide, ou non, sachant que le candidat du FPÖ a formé un recours, arguant d'irrégularités dans le dépouillement, de nature à avoir modifié le résultat du scrutin. Dans un pays où tricher et mentir est culturellement inconcevable, le fait qu'un tel recours ait été déposé démontre ab absurdo qu'il y a effectivement probablement eu des choses pas très catholiques dans certaines circonscriptions, comme par exemple, des bureaux de vote avec 100 % de taux de participation... Si la cour constitutionnelle autrichienne invalide les élections, le résultat de la prochaine élection présidentielle est connu d'avance. À défaut, le FPÖ fera monter la pression, pour que les élections législatives de 2018 soient avancées.
 
Ensuite, les Pays-Bas. Dans ce pays, les questions d'immigration ne sont pas taboues et la classe politique néerlandaise est majoritairement opposée à l'accueil des migrants. Si Bruxelles n'infléchit pas sa position, la perspective d'un référendum sur la sortie de l'UE y est plus que probable. Enfin... enfin, la liste pourrait être longue. Car le fait qu'un pays, un grand pays, démocratique, ait accepté de poser la question à ses citoyens de son maintien dans l'Europe, et que la réponse "non" l'ait largement emporté, va créer un précédent ! Quel homme politique, quel chef d'État normalement constitué (si c'est possible) peut oser considérer comme illégitime les demandes de référendum sur la sortie de l'UE dans son pays ? 
 
Désormais, l'avenir de l'Union Européenne dépend de la réponse à une seule question : l'Europe peut-elle continuer à se construire contre les peuples qui la constituent, contre les pays membres qui désapprouvent la politique menée par la Commission Européenne, gouvernement technocratique mais si peu démocratique ?  Si l'Union ne remet pas très rapidement à plat ses institutions par l'élaboration d'un nouveau traité européen, elle risque tout bonnement de disparaître, soit en se disloquant (on parle d'effet domino), soit en explosant, plus personne n'obéissant du jour au lendemain à Bruxelles.

Paru sur www.economiematin.fr - 24 juin 2016

Allocations familiales

Publié dans A tout un chacun
Modulation des allocations familiales : le vrai scandale dont on ne parle pas

Le gouvernement n'a pas souhaité explorer la piste de la modulation des allocations familiales en fonction des revenus, mais ne s'opposera pas au débat sur le sujet.
Belle hypocrisie ! Surtout quand on sait que le vrai scandale n'est pas celui qu'on croit...
Après les nombreux coups de rabots portés à la politique familiale depuis trois ans (qui ont commencé sous Sarkozy avec la réduction du quotient familial à 2 000 euros), voici les allocations familiales menacées dans leur principe même : l'universalité.
Comme pour la Sécu, chacun cotise à hauteur de ses moyens, mais reçoit les mêmes prestations que le voisin.
 
Les allocations, un privilège ? 
Que nenni : elles sont conçues pour compenser (partiellement) le coût que fait peser un enfant (a fortiori plusieurs) sur un foyer.
A revenus égaux, un ménage avec deux enfants dispose de 20% de pouvoir d'achat en moins comparé au même comparé au même foyer fiscal sans enfant.
Après impôt !
C'est ire encore évidemment pour les familles monoparentales !
 
Pourquoi la société estime depuis plus d'un demi-siècle devoir aider les familles avec enfants ? Tout simplement parce que les enfants sont les contribuables de demain, indispensables au bon fonctionnement du système. Ils incarnent l'avenir, sans rentrer dans les poncifs, ou en termes comptables, un "actif en cours de réalisation". C'est un investissement. 
De ce fait, fort heureusement les allocations sont les mêmes pour tous, riches comme pauvres ! C'est un droit, parfaitement conforme au principe d'égalité, devise de la République.
En revanche, un droit, cela s'exerce, ou non. Pour "toucher les allocs", il faut renvoyer des papiers à la CAF à des moments bien précis, notamment au moment de la naissance. La sanction, si l'on ne renvoie pas les papiers à temps ? La perte du droit aux allocs pendant un an, justement.... Or, curieusement, aucune statistique n'existe (ou plutôt, n'est rendue publique) quant au nombre de familles qui pourraient avoir droit aux allocations, mais ne les demandent pas.
Parce que l'on aurait des surprises ?
Mais il y a mieux, beaucoup mieux que ce débat hypocrite autour de la "modulation des allocations familiales", dont on nous dit, soulignons-le au passage, qu'elle pourrait démarrer à partir de 6 000 euros de revenus mensuels. Quel que soit le nombre d'enfants ? Avec deux, c'est une famille aisée. Avec six, ça commence à être un peu tendu si l'on ajoute les contraintes de logement aux dépenses d'alimentation, d'habillement, d'éducation et un minimum, de loisirs, surtout en région parisienne.
 
Non, le vrai scandale des allocs, c'est que... les parents salariés du privé (ou chômeurs) ne sont pas logés du tout, mais alors pas du tout à la même enseigne que les fonctionnaires. Si vous ne faites pas partie, vous ou votre conjoint, des cinq millions de fonctionnaires de l'Etat, des collectivités territoriales ou de la fonction hospitalière, vous ne connaissez pas le "supplément familial de traitement". Kesako ?
Paru sur Economiematin.fr, 9 octobre 2014

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