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HUDE Henri

HUDE Henri

Né le 7 septembre 1954
Marié - 4 Enfants.


Philosophe

Ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure (Ulm) (1974-79)
Agrégation en Philosophie (1977)
Doctorat in Philosophie (1990)
     Habilitation (1992) à diriger des recherches en philosophie.

Directeur du Pôle d’éthique au Centre de recherches des Ecoles de Saint-Cyr Coëtquidan (CREC).
Ancien professeur en classes préparatoires au Collège Stanislas (Paris)
Ancien professeur d’Université à Rome
(Professore stabile. Istituto Giovanni Paolo II di studi su matrimonio e famiglia, presso l’Universita del Laterano).
Ancien directeur général du Collège Stanislas (Paris) 
 
Membre du comité de rédaction de la revue Commentaire (depuis 1992)
Membre du conseil d’orientation de l'Institut Montaigne (2001-2009) 
Membre du conseil scientifique de la revue Oasis (Venise) (depuis 2004)
Membre du conseil d’administration de l’association des Amis de St-Cyr et Coëtquidan (depuis 2005)
 
Ouvrages
Bergson(2 volumes) (1ère édition, 1989 and 1990), Paris, Editions Universitaires
     Reedited Archives Karéline (2009)
Ethique et politique,Paris, Editions Universitaires (1992)    
Philosophie de la prospérité. Marché et solidaritéParis, Economica(1994), 
Croissance et liberté. Philosophie de la prospérité(1995) - 2nd Volume, Critérion, Paris 
Mon testament philosophique, en collaboration avec Jean GUITTON, Paris, Presses de la Renaissance (1997)
Entretiens posthumes avec Jean Guitton,Paris, Presses de la Renaissance.(2001)
Ethique des décideurs,Paris, Presses de la Renaissance (2004) 
     Préface par Henri de Castries, Prix Montyon 2005 de l’Académie française
     Traduit en italien chez Cantagalli, Siena, (2010)
     A paraître en américain à IPS Press, en 2011. 
Parole et silence (Prolégomènes. Les choix humains), Paris (2009)
Démocratie durable. Penser la guerre pour faire l’Europe, Editions Monceau, Paris (2010)
 
Autres publications (sélection)
- ‘Il rinnovamento socio-politico’, (“Socio-political Renewal”), in Veritatis Splendor, testo integrale con comentaria filosofico-teologico tematico, a cura di Ramon Lucas Lucas, Presentazione del cardinal J. Ratzinger, San Paolo-Milano, 1994, p.375-381.
- "Dieu me jugera", Revue Catholique Internationale Communio, X, 1, 1985, p.62-75.
- ‘Democracja aristokraticzna a demokracja republikanska’, in Znak, (traduit en polonais par Maria Tarnowska), 4, 455, Krakow, 1993, p.128-138.
- ‘Pour une philosophie de l’argent’, L’amitié Charles Péguy, Bulletin d’information et de recherche, ‘Péguy écrivain’, 18ème année, n° 72, octobre-décembre 1995.  
- ‘Nuit de la foi et doute philosophique’ au Colloque international, Lisieux, 30septembre 4 octobre 1996, pour le centenaire de la mort de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus ; publiée dans Une sainte pour le 3ème millénaire, Editions du Carmel, 1997, p.163-180.
- ‘Filosofia politica, mercado y solidariedad’, Congrès de l’Université Complutense de Madrid sur ‘Filosofia y solidariedad’ ; Revista Espanola de Pedagogia, n°205, Ano LIV, septiembre-diciembre 1996, p.395-407.  
- ‘La famille, fondement de la société’, in Anthropotès, 12/1, Istituto Giovanni Paolo di Studi su matrimonio e famiglia, Roma, juin 1996, p.21-50.
- ‘Paura di credere’, Nuntium, n°1, Rome, Laterano, mars 1997, p.88-95.
- Morale per una societa libera’, dans Nuntium, ‘Economia, diritti del unomo e cristianesimo’, Universita Lateranense, juin 1997. 
- ‘Economie, société et politique familiale’, Droit social, n°5, mai 1997, p.443-450.
- ‘En torno al respeto’, (“Around Respect”), in Humanitas, Santiago de Chile, Enero-marzo, 1997.
- ‘Présupposés philosophiques propres au biocentrisme ou à l’anthropocentrisme’, dans Anthropotès 13/1 (1997), Pontificio Istituto Givanni Paolo II per studi su matrimonio e familglia, pp. 69-90. 
- ‘La politique de l’investissement familial’, in Liberté politique, n°2, été 1997, p.139-149.
- “How to Defend Moral Values in a Free Society?”, Congrès international ‘Secolarismo e liberta religiosa’, Roma, 5-7 décembre 1995; published in dans Secolarismo e liberta religiosa. Secularism and Religious Liberty, Libreria editrice vaticana, Citta del Vaticano, 1998, p.78-85.
- ‘Jean Guitton’, in Heinrich M. SCHMIDINGER, Christliche Philosophie im katholischen Denken des 19. und 20. Jahrhunderts, Band 3, Moderne Strömungen in 20. Jahrhunderts, Verlag Styria, 1998, p.500-506.
- ‘101 thèses sur la liberté de l’éducation’, Liberté politique, n°5, été 1998, p.85-99.
- ‘Ci sara un bene comune nella nuova societa ?’ dans Etica e politica nella società del duemila, dir. Robert GAHL Jr., Armando Editore, 2001, p.65-77.
- ‘Idées sur la relation entre les fondations spirituelles de l’Europe et une conscience européenne de défense’, Colloque CIDAN, Strasbourg, Conseil de l’Europe, 16 octobre 2003.
- Article: ‘Ethique, défense et gestion’, (“Ethics, Defense and Management”) dans Revue de gestion des ressources humaines, n° 56, Avril-Juin 2005, p.63-82.
- ‘Trois définitions du terrorisme’, dans la revue Oasis, Venise, Année II, n° 3, Mars 2006, ‘Ennemis inconnus. Al-Qaïda et les autres : que savons-nous vraiment du nouveau terrorisme ?’, p.15-17.
- ‘La géopolitique actuelle et la nécessité de la philosophie’, dans Oasis, Année II, n° 4, septembre 2006, p.23-25. 
- ‘Integrazione politica e dialogo culturale’, au Congrès international ‘Cristianesimo, Ebraismo e Islam: Esperienze di Incontro’, Bergame, Italie, 28-29 octobre 2006, La nuova Europa. Rivista internazionale di cultura, n°1, Gennaio 2007, La casa di Matriona, R.C. Edizioni, Seriate, (Bergame), Italie.
- “Reshaping Ethical Training for Future French Commissioned Officers”, International colloquium on ‘Ethical education and Training in the Military’, Mai 2006, Institute of Applied Ethics, Hull University, UK; published in Paul ROBINSON, Nigel DE LEE & Donald CARRICK (editors), Ethics Education in the Military, Ashgate, UK, Feb. 2008, p.109-118.   
- "Intuition et invention chez Bergson", dans Annales bergsoniennes, tome 4, PUF, sous la direction de Frédéric WORMS, Actes du Colloque sur ‘L’évolution créatrice de Bergson. 1907-2007’, tenu au Collège de France le 23/24 novembre 2007.
- ‘Ethique et vieillissement’, (“Ethics and Ageing”) colloquium of the « Institut de géopolitique des populations » and of the « Institut de recherches sur la géostratégie économique internationale » (IRGEI), held at the Assemblée nationale, 8 mars 2007, published in Yves-Marie LAULAN, Vieillissement mondial et conséquences géopolitiques, L’Harmattan, 2007, p.173-188.
- “A Few Reflections On the Critical Importance of Ethical Training Today for an Efficient Leadership Training in the Military”, in Military Studies and Technology : The Proceedings of the 14th Hwarangdae International Symposium, 2007.11.1/2, Korea Military Academy, p.23-43.
- ‘Guizot et le centrisme’, du livre d’Aurelian CRAIUTU, Le Centre introuvable. La pensée politique des doctrinaires sous la Restauration, traduit de l’anglais, Plon, 2006, dans Commentaire, Volume XXX, n°119, Automne 2007, p.856-858.
- ‘Bien commun, décision et intérêt général’.Aux éditions Marcianum Press, Venise, dansIl bene comune. La domanda antropologica, 3, acura di G. Richi Alberti, 2008.
- ‘Policier et soldat. Ressemblances et différences’; English translation, ‘“Of the Police and the Military”, une étude pour le Chef d’état-major des Armées, le Général Jean-Louis Georgelin, dans le cadre des travaux sur le Livre Blanc sur la Défense, 2008.
- "Benedicto XVI y Barak Obama en el Cercano Oriente", Humanitas, n° 55, Juillet-Septembre 2009, Santiago de Chile.
- “A Few Reflections On the Second Meeting ISODOMA”, Colloquium, Shrivenham, UK, on “Military Ethics & Education. Who Needs What, Where and When?” December 2009.
- "Sur l’identité de la France. Réflexions philosophiques", dans Liberté politique, Printemps 2010.
- "Le militaire : héros, victime et judiciarisé", Inflexions, automne 2010.
 
 
*  "Paura di credere", Nuntium, n°1, Rome, Laterano, mars 1997, p.88-95
*  "Morale per una societa libera", dans Nuntium, ‘Economia, diritti del unomo e cristianesimo’, Universita Lateranense, juin 1997
*  "Economie, société et politique familiale", Droit social, n°5, mai 1997, p.443-450
*  "En torno al respeto", (“Around Respect”), in Humanitas, Santiago de Chile, Enero-marzo, 1997
*  "Présupposés philosophiques propres au biocentrisme ou à l’anthropocentrisme", dans Anthropotès 13/1 (1997), Pontificio Istituto Givanni Paolo II per studi su matrimonio e familglia, pp. 69-90
*  "La politique de l’investissement familial", in Liberté politique, n°2, été 1997, p.139-149
*  "How to Defend Moral Values in a Free Society ?", Congrès international Secolarismo e libertareligiosa, Roma, 5-7 décembre 1995; published in dans Secolarismo e liberta religiosa. Secularism and
          Religious Liberty, Libreria editrice vaticana, Citta del Vaticano, 1998, p.78-85
*  "Jean Guitton", in Heinrich M. SCHMIDINGER, Christliche Philosophie im katholischen Denken des 19. und 20. Jahrhunderts, Band 3, Moderne Strömungen in 20. Jahrhunderts,
          Verlag Styria, 1998, p.500-506
*  "101 thèses sur la liberté de l’éducation", Liberté politique,n°5, été 1998, p.85-99
*  "Ci sara un bene comune nella nuova societa ?" dans Etica e politica nella società del duemila, dir. Robert GAHL Jr., Armando Editore, 2001, p.65-77
*  "Idées sur la relation entre les fondations spirituelles de l’Europe et une conscience européenne de défense", Colloque CIDAN, Strasbourg, Conseil de l’Europe, 16 octobre 2003
*  "Ethique, défense et gestion", (“Ethics, Defense and Management”) dans Revue de gestion des ressources humaines, n° 56, Avril-Juin 2005, p.63-82
*  "‘Trois définitions du terrorisme", dans la revue Oasis, Venise, Année II, n° 3, Mars 2006  "Ennemis inconnus. Al-Qaïda et les autres : que savons-nous vraiment du nouveau terrorisme ?", p.15-17
*  "Integrazione politica e dialogo culturale", au Congrès international Cristianesimo, Ebraismo eIslam: Esperienze di Incontro, Bergame, Italie, 28-29 octobre 2006, La nuova Europa. Rivista internazionale
          di cultura, n°1, Gennaio 2007, La casa di Matriona, R.C. Edizioni, Seriate, (Bergame), Italie
*  "Reshaping Ethical Training for Future French Commissioned Officers", International colloquium on ‘Ethical education and Training in the Military’, Mai 2006, Institute of Applied Ethics, Hull University,

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Réflexions sur le résultat...

Publié dans A tout un chacun
Réflexions sur le résultat du premier tour des présidentielles
 
Au-delà des sujets d'insatisfaction, de bonnes raisons d’espérer
Nous allons probablement vers des jours sombres, mais "en même temps" nous avons de plus en plus le droit d’espérer. C’est un paradoxe. Voici les raisons d’espérer.
Je parle ainsi, car je crois dans l’avenir de la France. Ce n’est pas simple sentiment profond, c’est aussi raison. Cette élection, paradoxalement, nous fournit un argument pour y croire.   
Car si nous l’observons bien, nous voyons que cette France d’après-demain, celle qui connaîtra (par hypothèse) une véritable Renaissance, est déjà là, bien que seulement en pièces détachées : c’est triste qu’elle ne soit là qu’en pièces détachées, donc en pièces tout court, mais ce qui est heureux, c’est qu’on puisse exposer toutes ces "pièces détachées". Il suffit pour cela de dire un mot sur les quatre candidats, pris un par un. Et aussi de noter avant cela que les quatre représentants les plus évidents de la France morte (Hollande, Sarkozy, Juppé, Valls) ont été impitoyablement "dégagés" avant la compétition. Parlons des candidats.
 
Mélenchon d’abord
Seul de tous les candidats, Mélenchon a une forte culture, un langage classique et une élévation philosophique. En ces temps postmodernes, il a fait revivre – sous une forme malheureusement idéologique - la tradition oubliée de l’humanisme. Pas l’humanisme postmoderne sans foi ni loi, mais le grand humanisme moderne ("Patrie bien-aimée", "l’heure des caractères et de la conscience", etc.). C’est la référence à cette tradition qui lui donne son souffle et son autorité. Ainsi groupe-t-il derrière lui un cinquième et virtuellement un quart des Français. Il y a chez lui
une magnifique liberté dans sa façon de reprendre l’ascendant sur de certains roquets qui se croient tout-permis. Bien sûr, il lui manque la rationalité économique. Bien sûr, dans son attachement "aux acquis sociaux les plus élémentaires du pays", il ne fait pas montre d’un sens du progrès, qui lui ferait imaginer une solidarité sociale nouvelle plus en cohérence avec le monde tel qu’il est avec ses enjeux immenses et souvent magnifiques. Dans son rapport au vieux fond catholique de la France, il est partagé entre une certaine sympathie pour le pape prophète et une nette aversion pour les catholiques français, qu’il juge en majorité bourgeois et embourgeoisés, réactionnaires ou banalement "conservateurs libéraux".
 
Fillon ensuite
La France renaissante aura, comme Fillon en est un premier signe, une vision économique et une base catholique. Pas l’un sans l’autre, ni inversement – et pas que cela ! Néanmoins, Juppé a été écarté aux primaires, et ne pouvait pas revenir, car, comme François Hollande, il n’avait ni l’un, ni l’autre. Fillon a été détruit par les "affaires", justement parce que le fond catholique faisait essentiellement partie de son image. Mais son caractère eût-il été plus noble et désintéressé, il lui eût encore manqué quelque chose de "franciscain" – sa rationalité économique n’était pas portée par un véritable souffle humaniste, et sa catholicité était trop peu prophétique.  
 
Et Macron ?
La France renaissante aura comme Macron l’idée d’une sorte de centre, de recentrage, de réconciliation au-delà de divisions artificielles, ou d’un renouveau. Chez Macron, nous trouvons ces idées à l’état postiche : au mieux des bonnes intentions, au pire du marketing. Pourtant, il y a réellement là un élément de la renaissance. 
 
Et Marine Le Pen ?
La France renaissante sera, comme le disent et elle et Mélenchon, une nation libre, qui participera à l’édification d’un monde multipolaire, et d’une Europe indépendante, au-delà de l’impérialisme libéral. Ces thèmes leur sont communs, mais Le Pen représente surtout les prolétaires ; Mélenchon représente surtout ceux qui sont en passe de le devenir. Ces thèmes ont leur légitimité, si on sait les combiner avec les réformes fondamentales du pays et une vision humaniste des progrès du monde, si on sait les faire valoir en tenant compte des rapports de forces existants, et si on prend aussi en compte, au-delà de chaque intérêt national, le bien commun du genre humain.
 
La culture des candidats
On nous a dit qu’il y avait dans cette élection deux candidats classiques et deux candidats populistes. Ce qui me frappe davantage, c'est plutôt qu'il y a eu deux candidats à culture postmoderne, Marine Le Pen et Emmanuel Macron, et deux candidats à culture assez différente, Jean-Luc Mélenchon et François Fillon, représentant l’humanisme du passé ou le vieux fond catholique. Malgré leurs entourages respectifs saturés de postmodernes, et malgré certaines incohérences, eux-mêmes faisaient appel à deux traditions, encore vivantes, opprimées par le prêt-à-penser postmoderne.
Bien sûr, il y a dans l’entourage et l’électorat de Marine Le Pen une certaine proportion de réactionnaires et de traditionalistes, et même des catholiques tout court. Mais elle a, en fait, beaucoup plus en commun, spirituellement, avec Macron qu’avec Mélenchon ou Fillon, même si les intérêts et passions des deux finalistes divergent énormément. Pour Macron, "il n’y a pas de culture française". Ignorance crasse ou expression malheureuse. Pour Marine Le Pen, il y a au contraire des "valeurs et traditions de la civilisation française". Mais si on regarde comment elle les comprend, la différence avec Macron n’est pas si grande qu’il semble. Car pour Marine Le Pen, l’adoption de ces valeurs et traditions relève d’abord du patriotisme et de l’esprit de corps, fort peu d’une adhésion au vrai et au bien donnée par l’esprit avec sa raison et sa foi, avec liberté personnelle. Elle réduit la culture française à une "identité nationale", c’est-à-dire à un particularisme, qu’on oppose à un particularisme islamiste et à l’universalisme abstrait du monde mercantile - alors que la culture française, "éclairée" ou catholique, est aussi universelle que substantielle. Ce serait donc une étrange erreur que de voir en elle une défense et illustration de la culture catholique et de la pensée françaises.
C’est vrai que la France possède un style inimitable dans sa façon de s’approprier l’universel, et ce que ce style a de plus particulier, c’est peut-être de se répandre avec tant de facilité, comme notre langue précise, claire et ordonnée, ou comme ce style "gothique", dont le nom a si longtemps été celui de "style français". En un mot, Mélenchon et Fillon, chacun à leur façon, expriment assez bien la civilisation française. Marine Le Pen et Emmanuel Macron ressemblent davantage à des déracinés.
 
Cela dit, au-delà des mauvais côtés des candidats, au-delà des mauvaises raisons que des Français peuvent avoir eu de voter pour eux, il y avait objectivement de solides raisons de voter pour tel ou tel, car chacun d’eux donne une idée partielle (et parfois caricaturée) d’une possible renaissance nationale.
 
La France et l’humanisme
La France est un pays fondamentalement humaniste. La langue latine est l’incarnation de l’humanisme antique. La langue française surgit comme littérature au cours de la Renaissance, âge humaniste s’il en est. Cette langue se fixe au XVIIème siècle avec Descartes comme une expression idéale d’une nouvelle raison classique, en laquelle se renouvelle l’humanisme antique. Le catholicisme est depuis toujours la religion humaniste, puisque Dieu divinise l’Homme. La trace culturelle est si profonde et ineffaçable, qu’aucune rationalité économique ne peut jamais en France précéder le consensus autour d’une vision universaliste de la justice politique. Aucune rationalité économique, aucun gouvernement technique ne peut s’abstraire de ce trait fondamental de la culture nationale.
 
En faisant le portrait de ces quatre candidats, nous avons recensé les principaux éléments de la France de l’avenir. Comme on peut regretter que cette campagne ait été faussée et que les candidats n’aient pas pu débattre de la France ! Souhaitons, prions pour qu’ils s’améliorent et ne se renferment pas chacun sur sa part de vérité. Car ce qui manque encore à la France, hélas ! c’est l’esprit qui permettrait d’unir ces membres disjoints en un seul corps vivant et cohérent. C’est pourquoi, aussi longtemps que nous feront défaut ces créations culturelles, cette nouvelle synthèse humaniste, les vérités disjointes s’opposeront entre elles comme des extrémismes rivaux, et nous aurons à redouter d’aller vers des jours sombres. Mais les éléments sont là. Et à force de s’opposer, une synthèse finira par en sortir.
Le côté sombre du tableau, pas besoin de s’y attarder ce soir, car nous le connaissons tous.

www.henrihude.fr

Pour qui je vote et pourquoi

Publié dans A tout un chacun
Pour qui je vote et pourquoi
 
A moins de deux semaines du premier tour de la présidentielle, voici pour qui je vote et pourquoi.  
 
1° La situation internationale est préoccupante. Nul ne sait jusqu’où ira l’hubris américaine pour rétablir son leadership. Nul ne sait ce que nous réserve l’opportunisme du Président Trump. L’intérêt premier de notre nation est la paix. Ne pas se laisser entraîner dans des aventures militaires, en Ukraine, en Syrie, en Corée ou Dieu sait où. Fillon, Le Pen, Mélenchon sont les trois candidats de la paix. C’est moins le cas de Macron qui est plutôt le candidat du suivisme atlantiste. La paix est la question qu’on pose le moins. Pourtant c’est la plus importante.
 
2° Relativement à la situation nationale, il y un candidat conservateur, un candidat réformiste, et deux candidats révolutionnaires. Chacun d’eux (aux incertitudes près) est en passe de bénéficier du soutien d’un quart de l’électorat.
Le candidat conservateur est Macron. Il représente largement la continuité de la politique Hollande, avec un changement de visage. "Si nous voulons que tout reste pareil, il faut que nous changions tout."
Les candidats révolutionnaires, sont Le Pen et Mélenchon. Il est peu probable qu’ils aient le pouvoir de révolutionner le pays. Ces deux candidats sont en revanche bien capables de nous mettre dans l’anarchie et de donner une image désastreuse de notre pays. Leurs réformes reviendront toutes à charger la barque de la dépense publique tout en dégradant la compétitivité. S’il est possible de gagner une élection sur des thèmes qui divisent, il est plus difficile de gouverner sur cette base. Sauf à abolir les libertés, ce qui est le véritable risque de ce genre d’expérience indigne d’un grand peuple.
Le seul candidat réformiste est Fillon. Avec mesure et sur la durée, il veut rétablir la compétitivité du pays, équilibrer notre système social, moderniser la sphère publique, arrêter l’évolution délirante dans l’Education nationale. Ce sont les dossiers qui sont en attente depuis plus de trente ans et qu’il faut impérativement faire avancer. Ce programme est très travaillé et se veut le premier chapitre du redressement national. Une fois réformée, la France peut alors retrouver un rôle moteur en Europe.
 
La campagne électorale a été décevante. Elle est un pur exemple de superficialité et d’arrogance à la française. Chez les dirigeants politiques, chez les journalistes, chez les juges, et peut-être chez beaucoup d'entre nous, les Français. Et cela alors qu’il s’agit des intérêts vitaux de la nation. Dans notre histoire, avons-nous jamais été aussi proche d’avoir l’extrême gauche au pouvoir ? Avons-nous jamais été aussi proches d’avoir au pouvoir ce mélange instable de jacobins et de réactionnaires qu’est le FN ?
Notre pays a absolument besoin de paix et de réforme. Le futur président ne peut se proposer que des objectifs modestes, mais indispensables à toute ambition ultérieure. Il ne faut pas en attendre des merveilles, mais de bons et loyaux services permettant à la France de retrouver sa forme.
Fillon seul a longuement travaillé son programme. Il a fait preuve d’une résistance exceptionnelle.  
Pour ces motifs, je voterai Fillon.
www.henrihude.fr, 12 avril 2017

Marion Maréchal-Le Pen

Publié dans Du côté des élites
A propos de Marion Maréchal-Le Pen
 
Que penser de la faveur dont jouit Marion Maréchal Le Pen auprès d’une partie des catholiques de France ? Cet article a pour objet de répondre à cette question.
 
D’abord, quelle est l’identité du Front National ?
En devenant un grand parti, le FN, est devenu une coalition qui associe, comme souvent les autres grands partis, un partenaire majeur et un partenaire mineur.
Le partenaire majeur, c’est une masse populaire de salariés du secteur privé, de chômeurs et de prolétaires, dont beaucoup sont jeunes, et tous demandeurs de redistribution en matière de droits économiques et politiques. Florian Philippot est la personnalité dominante de ce premier groupe. Il donne à cette aile du Front National sa dimension autoritaire et néo jacobine ; l’autorité de l’Etat est censée remplacer la compétitivité perdue et protéger les classes populaires d’un appauvrissement sans fin. A dire vrai, dans ce domaine, il n’y a pas de grande rupture avec ce qu’ont fait le PS et les Républicains, on accentue seulement la même solution dirigiste.
Le partenaire mineur, c’est une réunion de personnes très conservatrices et de divers groupements dits "réactionnaires". Dans mon esprit, tous ces termes sont précis, techniques, et sans connotation positive, ou négative. Parmi tous les conservateurs, sont proches du Front ceux qui ne se sentent pas suffisamment reconnus dans les deux grands partis sociaux-démocrates. Les "réactionnaires" du Front se réfèrent soit à des idéologies antimodernes (antilibérales, antisocialistes), soit à divers épisodes contre-révolutionnaires de notre Histoire : Vendéens et Chouans, royalistes de 1871, boulangistes, Vichy, Algérie française, etc. Marion Maréchal-Le Pen est la principale représentante de ce deuxième groupe, surtout des conservateurs.
La valeur de l’Etat-Nation est le point commun entre les deux groupes, pour des raisons différentes. Pour les conservateurs comme pour les réactionnaires, il représente d’abord l’autorité des traditions et l’identité culturelle ; pour les "néo jacobins", il est d’abord la condition de la justice sociale et des droits démocratiques.
 
Entre les deux groupes, et leurs chefs, existe naturellement une solidarité et une tension, en partie réelle et en partie seulement apparente.
Conservateurs et réactionnaires ne sont pas satisfaits de leur rôle de partenaire mineur. Leur frustration s’explique par l’histoire. Le partenaire aujourd’hui mineur fut jadis majeur. Il fut même fondateur et au départ il était le tout du Front National
(1) ; puis, après que celui-ci se fût élargi à de vastes masses populaires, il resta longtemps partenaire majeur et garda le contrôle du Front ; mais à la fin, il en perdit le contrôle au bénéfice de la masse populaire et de ses représentants, à l’occasion du remplacement de Jean-Marie Le Pen par sa fille Marine. 
En théorie, le Front National pourrait être ou devenir une coalition sociale-conservatrice "normale", ou de "conservateurs sociaux", comme il en a existé de stables et d’efficaces, par exemple, celle de Bismarck dans l’Allemagne des Empereurs Guillaume. Mais en pratique, il n’y a aujourd’hui aucune cohérence économique ou culturelle entre ces deux fractions.
Florian Philippot tient un discours néojacobin, républicain-national, quelque chose entre Lazare Carnot et Jean-Pierre Chevènement, enrichi de références gaullistes de gauche, dirigistes et fiscalistes. Il promet de conserver l’Etat-Providence dans son état présent et de le renforcer. Il tend vers une économie nationale fermée, aussi par souci d’indépendance. Les conservateurs, tels Robert Ménard, comprennent que l’économie mondiale a changé, que Philippot rêve d’un âge révolu, qu’il faut faire la part plus belle à la liberté économique et qu’il faut réformer l’Etat, sinon on risquerait de ruiner la France.
Marion Maréchal-Le Pen ne s’exprime pas trop sur ces enjeux majeurs de notre pays. Elle préfère les sujets culturels. Elle milite pour les crèches dans l’espace public. Elle prend le contre-pied de Philippot sur le mariage homosexuel et l’avortement. Marine Le Pen est censée couper la poire en deux, mais on ne voit pas se dégager de synthèse plausible, ou de compromis fonctionnel.
 
Et cependant, l’intérêt vital de ce parti est d’assurer l’unité des deux factions. Sans les gros bataillons de Florian Philippot, le FN redevient un petit parti ; sans les discours de Marion Maréchal-Le Pen, il perd ses cadres et ses notables, sa porosité avec les élites sociales conservatrices, et il n’est plus qu’un parti prolétarien révolutionnaire, mené par une poignée de démagogues extrémistes.
Marine Le Pen a fait un choix culturel et politique fondamental, qui est de reléguer au deuxième rang la dimension conservatrice / réactionnaire, c’est ce qui s’appelle la dédiabolisation. En bonne politicienne, elle compte les électeurs. Les classes populaires confrontées à la pauvreté ont d’autres soucis que les indignations du bourgeois traditionaliste. Toutefois, comme La Manif pour tous a révélé l’existence d’un très fort courant, hostile à la culture libertaire du gouvernement de gauche, elle ne dédaigne pas de jeter un filet dans cette direction, par la bouche de sa nièce. D’ailleurs, si on chante l’identité nationale contre l’abstraction universaliste ou l’invasion islamiste, il faut bien saluer au passage les racines chrétiennes de la France. Tout cela n’est pas très cohérent, mais tient ensemble par l’urgence d’une union sacrée autour du thème de la Patrie en danger de double asservissement, par l’oligarchique internationale libertaire et par l’islamisme.
 
Quel est donc le sens de l’action de Marion M.-LP ?
Objectivement et quelle que soit son intention, elle joue sa partie dans le concert donné par les ténors du Front. Elle rallie les conservateurs sans inquiéter Philippot, qui tient solidement le pouvoir avec l’accord de la Chef. Le conservatisme de Marion n’a strictement aucune chance de devenir le partenaire majeur dans cette alliance. Et pourtant, cette jeune femme ne quittera jamais le FN. Elle n’existe politiquement, à vingt-sept ans, que parce qu’elle se nomme Le Pen et ne peut nulle part espérer être quelque chose d'aussi spécial que dans l’entreprise familiale, à condition qu’elle elle y joue son rôle – et elle le joue.
Elle affiche donc en public un catholicisme intransigeant, qui entretient dans le peuple français les vieux réflexes et stéréotypes anticléricaux, que Florian Philippot ne négligera pas de réemployer au besoin.
Pourquoi parle-t-elle de l’avortement ? Le gouvernement a commencé. Il fait de la provocation avec surenchère, pour gêner François Fillon, et bien sûr Marion saute sur l’occasion. Pourquoi ? Il s’agit d’enfoncer un coin, dans la coalition filloniste, entre les conservateurs et les libéraux, sans faire de tort à Marine Le Pen, puisque de toute façon Philippot dit le contraire. Il s’agit de recruter pour le Front les catholiques pro-vie et pro-famille, et de les écarter de Fillon en acculant celui-ci à la contradiction, comme l’avait déjà joué Juppé entre les deux tours de la primaire, en novembre 2016. Car la France n’est pas encore arrivée au point où se trouvent les Etats-Unis, où l’opinion salue avec délectation tout piétinement du "politiquement correct".
Enfin, on parle aussi de l’avortement et de l’islamisme pour se dispenser de parler des réformes fondamentales de l’Etat, du système social et de la stratégie économique de notre pays dans un monde ouvert.
 
L’avortement se trouve ainsi instrumentalisé, à des fins politiciennes, pour requinquer "à gauche" l’esprit anti-conservateur, pour recoller les deux gauches et pour draguer les conservateurs dans le Front.
En matière d’avortement, la simple exhibition d’un moralisme répressif, à la fois solidaire d’un complexe réactionnaire et indifférent à l’appauvrissement des peuples, ne peut que renforcer la domination culturelle libertaire. Le pape François l’a parfaitement compris, qui met la justice économique au centre du débat moral, ainsi que la charité pour les victimes des dogmes libertaires. Le problème de l’avortement ne peut trouver sa solution que dans une renaissance d’ensemble, économique et culturelle, de la nation ; une renaissance qui ne peut certainement pas avoir lieu sans un pouvoir politique respecté, ayant une idée équilibrée de la justice, qui n’a rien à voir avec les passions démagogiques ou sectaires.  
 
Les incohérences de certains catholiques ultras en politique
Peut-on d’abord les caractériser ?
Ils ont souci de la famille et de la vie, mais ils n’ont pas assez souci du travail, ni surtout conscience qu’il y a là un seul problème à deux dimensions : une de justice sociale / familiale et une de justice économique. Quand le pape le leur dit, ils pensent qu’ils savent mieux que lui ce que sont le catholicisme et la doctrine sociale de l’Eglise.
Ils voient peut-être que la famille est objectivement une valeur transpartisane, mais ils ne voient pas qu’en séparant les questions de famille et les questions économiques, ils réduisent la famille et la vie à des thèmes partisans, connotés d’une sensibilité de classe ou de caste.
Ils savent que catholique signifie universel, mais leur premier réflexe est toujours de fermer la France sur elle-même. Ils perdent ainsi la dimension évangélique du catholicisme et le transforment en pharisaïsme.
Ils croient en la puissance du Saint-Esprit, mais ils se sentent constamment menacés et pensent avant tout à exister en défense, à se protéger contre les dangers.
Ils veulent faire de la politique, mais ils restent entre eux, jugent les autres, n’ont pas le contact et ne savent pas passer des alliances.
Ils sont conservateurs, mais ils ne sont pas sociaux, ils ont peur du peuple et de la démocratie.
Ils sont ambitieux mais les meilleurs d’entre eux ne font pas de politique (jusqu’à présent mais cela est en train de changer).
Quand ils ont perdu la partie, ils se prennent pour des saints et des martyrs alors qu’ils ont simplement été mauvais.
Ceux qui, sans être du FN, tel Philippe de Villiers, soutiennent Marion Maréchal, voudraient promouvoir une alliance d’un FN d’abord conservateur (et non pas social) avec les conservateurs des républicains, le tout contre une Gauche diabolisée
(2). Dans l’abstrait, la manœuvre se conçoit, mais dans le concret elle est impraticable, car elle ne tient pas compte des rapports de forces, ni de l’état des esprits. Ce qu’ils reprochent à François Fillon (et donc aux électeurs de la primaire), c’est d’être en position de faire ce qu’ils voudraient faire, mais sans prétendre pouvoir tout faire. En réalité, il est probable que ces gens ne veulent pas gagner, car leur vie est confortable aujourd’hui, et ils ne seraient pas capables d’exercer le pouvoir ; dans ces conditions, une opposition stérile est le seul moyen de donner de l’importance à leurs personnes. Leur hostilité surprenante envers Fillon s’explique, si on comprend qu’il prouve, par sa simple existence et par son succès, l’inanité de leurs calculs. Loin d’être des saints et des héros, ils donnent du christianisme une image de bourgeois pharisiens et réactionnaires.
Florian Philippot sait qu’il ne sera jamais reconnu dans la bonne société conservatrice et il sait, comme sa Chef, que le Front ne peut se maintenir qu’en restant soutenu par un prolétariat en colère, peu porté aux distinguos et aux équilibres subtils. Ceux qui se disent "la Gauche" feront probablement un choix analogue.
Dans ces conditions, l’intérêt de la France est peut-être d’être gouvernée par des conservateurs réévaluant l’Etat-Nation. Mais il est certain qu’être conservateur en matière d’Etat, de système social et de stratégie économique, revient à condamner notre pays au déclassement. En matière culturelle, négliger l’identité universaliste de la culture française ainsi que son esprit d’entreprise et son sens du progrès, cela condamne aussi notre pays au déclassement. Enfin, négliger le rôle de la France auprès des autres nations européennes, c’est couper la France de sa vocation mondiale.  
 

(1)
Rappelons encore que le Front National lui-même n’était qu’un groupuscule mineur dans une galaxie dite d’extrême-droite. François Mitterrand, soucieux de "diviser la droite", l’a avantagé et lui a permis d’unifier et de dominer cette galaxie, tout en élargissant ses bases électorales. Mitterrand ne prévoyait sans doute pas que le FN, loin de seulement diviser la droite, finirait par siphonner la majeure partie des voix populaires de l’union de la gauche que François Mitterrand avait bâtie, au point d’éliminer le parti socialiste et Lionel Jospin de l’élection présidentielle en 2002 (et 2016?).
(2) Ils raisonnent en termes binaires, sommaires, manichéens : la droite c’est le bien, la gauche c’est le mal. Comment peuvent-ils se plaindre si les autres en face pensent de même avec inversion des signes ?

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