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HUDE Henri

HUDE Henri

Né le 7 septembre 1954
Marié - 4 Enfants.


Philosophe

Ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure (Ulm) (1974-79)
Agrégation en Philosophie (1977)
Doctorat in Philosophie (1990)
     Habilitation (1992) à diriger des recherches en philosophie.

Directeur du Pôle d’éthique au Centre de recherches des Ecoles de Saint-Cyr Coëtquidan (CREC).
Ancien professeur en classes préparatoires au Collège Stanislas (Paris)
Ancien professeur d’Université à Rome
(Professore stabile. Istituto Giovanni Paolo II di studi su matrimonio e famiglia, presso l’Universita del Laterano).
Ancien directeur général du Collège Stanislas (Paris) 
 
Membre du comité de rédaction de la revue Commentaire (depuis 1992)
Membre du conseil d’orientation de l'Institut Montaigne (2001-2009) 
Membre du conseil scientifique de la revue Oasis (Venise) (depuis 2004)
Membre du conseil d’administration de l’association des Amis de St-Cyr et Coëtquidan (depuis 2005)
 
Ouvrages
Bergson(2 volumes) (1ère édition, 1989 and 1990), Paris, Editions Universitaires
     Reedited Archives Karéline (2009)
Ethique et politique,Paris, Editions Universitaires (1992)    
Philosophie de la prospérité. Marché et solidaritéParis, Economica(1994), 
Croissance et liberté. Philosophie de la prospérité(1995) - 2nd Volume, Critérion, Paris 
Mon testament philosophique, en collaboration avec Jean GUITTON, Paris, Presses de la Renaissance (1997)
Entretiens posthumes avec Jean Guitton,Paris, Presses de la Renaissance.(2001)
Ethique des décideurs,Paris, Presses de la Renaissance (2004) 
     Préface par Henri de Castries, Prix Montyon 2005 de l’Académie française
     Traduit en italien chez Cantagalli, Siena, (2010)
     A paraître en américain à IPS Press, en 2011. 
Parole et silence (Prolégomènes. Les choix humains), Paris (2009)
Démocratie durable. Penser la guerre pour faire l’Europe, Editions Monceau, Paris (2010)
 
Autres publications (sélection)
- ‘Il rinnovamento socio-politico’, (“Socio-political Renewal”), in Veritatis Splendor, testo integrale con comentaria filosofico-teologico tematico, a cura di Ramon Lucas Lucas, Presentazione del cardinal J. Ratzinger, San Paolo-Milano, 1994, p.375-381.
- "Dieu me jugera", Revue Catholique Internationale Communio, X, 1, 1985, p.62-75.
- ‘Democracja aristokraticzna a demokracja republikanska’, in Znak, (traduit en polonais par Maria Tarnowska), 4, 455, Krakow, 1993, p.128-138.
- ‘Pour une philosophie de l’argent’, L’amitié Charles Péguy, Bulletin d’information et de recherche, ‘Péguy écrivain’, 18ème année, n° 72, octobre-décembre 1995.  
- ‘Nuit de la foi et doute philosophique’ au Colloque international, Lisieux, 30septembre 4 octobre 1996, pour le centenaire de la mort de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus ; publiée dans Une sainte pour le 3ème millénaire, Editions du Carmel, 1997, p.163-180.
- ‘Filosofia politica, mercado y solidariedad’, Congrès de l’Université Complutense de Madrid sur ‘Filosofia y solidariedad’ ; Revista Espanola de Pedagogia, n°205, Ano LIV, septiembre-diciembre 1996, p.395-407.  
- ‘La famille, fondement de la société’, in Anthropotès, 12/1, Istituto Giovanni Paolo di Studi su matrimonio e famiglia, Roma, juin 1996, p.21-50.
- ‘Paura di credere’, Nuntium, n°1, Rome, Laterano, mars 1997, p.88-95.
- Morale per una societa libera’, dans Nuntium, ‘Economia, diritti del unomo e cristianesimo’, Universita Lateranense, juin 1997. 
- ‘Economie, société et politique familiale’, Droit social, n°5, mai 1997, p.443-450.
- ‘En torno al respeto’, (“Around Respect”), in Humanitas, Santiago de Chile, Enero-marzo, 1997.
- ‘Présupposés philosophiques propres au biocentrisme ou à l’anthropocentrisme’, dans Anthropotès 13/1 (1997), Pontificio Istituto Givanni Paolo II per studi su matrimonio e familglia, pp. 69-90. 
- ‘La politique de l’investissement familial’, in Liberté politique, n°2, été 1997, p.139-149.
- “How to Defend Moral Values in a Free Society?”, Congrès international ‘Secolarismo e liberta religiosa’, Roma, 5-7 décembre 1995; published in dans Secolarismo e liberta religiosa. Secularism and Religious Liberty, Libreria editrice vaticana, Citta del Vaticano, 1998, p.78-85.
- ‘Jean Guitton’, in Heinrich M. SCHMIDINGER, Christliche Philosophie im katholischen Denken des 19. und 20. Jahrhunderts, Band 3, Moderne Strömungen in 20. Jahrhunderts, Verlag Styria, 1998, p.500-506.
- ‘101 thèses sur la liberté de l’éducation’, Liberté politique, n°5, été 1998, p.85-99.
- ‘Ci sara un bene comune nella nuova societa ?’ dans Etica e politica nella società del duemila, dir. Robert GAHL Jr., Armando Editore, 2001, p.65-77.
- ‘Idées sur la relation entre les fondations spirituelles de l’Europe et une conscience européenne de défense’, Colloque CIDAN, Strasbourg, Conseil de l’Europe, 16 octobre 2003.
- Article: ‘Ethique, défense et gestion’, (“Ethics, Defense and Management”) dans Revue de gestion des ressources humaines, n° 56, Avril-Juin 2005, p.63-82.
- ‘Trois définitions du terrorisme’, dans la revue Oasis, Venise, Année II, n° 3, Mars 2006, ‘Ennemis inconnus. Al-Qaïda et les autres : que savons-nous vraiment du nouveau terrorisme ?’, p.15-17.
- ‘La géopolitique actuelle et la nécessité de la philosophie’, dans Oasis, Année II, n° 4, septembre 2006, p.23-25. 
- ‘Integrazione politica e dialogo culturale’, au Congrès international ‘Cristianesimo, Ebraismo e Islam: Esperienze di Incontro’, Bergame, Italie, 28-29 octobre 2006, La nuova Europa. Rivista internazionale di cultura, n°1, Gennaio 2007, La casa di Matriona, R.C. Edizioni, Seriate, (Bergame), Italie.
- “Reshaping Ethical Training for Future French Commissioned Officers”, International colloquium on ‘Ethical education and Training in the Military’, Mai 2006, Institute of Applied Ethics, Hull University, UK; published in Paul ROBINSON, Nigel DE LEE & Donald CARRICK (editors), Ethics Education in the Military, Ashgate, UK, Feb. 2008, p.109-118.   
- "Intuition et invention chez Bergson", dans Annales bergsoniennes, tome 4, PUF, sous la direction de Frédéric WORMS, Actes du Colloque sur ‘L’évolution créatrice de Bergson. 1907-2007’, tenu au Collège de France le 23/24 novembre 2007.
- ‘Ethique et vieillissement’, (“Ethics and Ageing”) colloquium of the « Institut de géopolitique des populations » and of the « Institut de recherches sur la géostratégie économique internationale » (IRGEI), held at the Assemblée nationale, 8 mars 2007, published in Yves-Marie LAULAN, Vieillissement mondial et conséquences géopolitiques, L’Harmattan, 2007, p.173-188.
- “A Few Reflections On the Critical Importance of Ethical Training Today for an Efficient Leadership Training in the Military”, in Military Studies and Technology : The Proceedings of the 14th Hwarangdae International Symposium, 2007.11.1/2, Korea Military Academy, p.23-43.
- ‘Guizot et le centrisme’, du livre d’Aurelian CRAIUTU, Le Centre introuvable. La pensée politique des doctrinaires sous la Restauration, traduit de l’anglais, Plon, 2006, dans Commentaire, Volume XXX, n°119, Automne 2007, p.856-858.
- ‘Bien commun, décision et intérêt général’.Aux éditions Marcianum Press, Venise, dansIl bene comune. La domanda antropologica, 3, acura di G. Richi Alberti, 2008.
- ‘Policier et soldat. Ressemblances et différences’; English translation, ‘“Of the Police and the Military”, une étude pour le Chef d’état-major des Armées, le Général Jean-Louis Georgelin, dans le cadre des travaux sur le Livre Blanc sur la Défense, 2008.
- "Benedicto XVI y Barak Obama en el Cercano Oriente", Humanitas, n° 55, Juillet-Septembre 2009, Santiago de Chile.
- “A Few Reflections On the Second Meeting ISODOMA”, Colloquium, Shrivenham, UK, on “Military Ethics & Education. Who Needs What, Where and When?” December 2009.
- "Sur l’identité de la France. Réflexions philosophiques", dans Liberté politique, Printemps 2010.
- "Le militaire : héros, victime et judiciarisé", Inflexions, automne 2010.
 
 
*  "Paura di credere", Nuntium, n°1, Rome, Laterano, mars 1997, p.88-95
*  "Morale per una societa libera", dans Nuntium, ‘Economia, diritti del unomo e cristianesimo’, Universita Lateranense, juin 1997
*  "Economie, société et politique familiale", Droit social, n°5, mai 1997, p.443-450
*  "En torno al respeto", (“Around Respect”), in Humanitas, Santiago de Chile, Enero-marzo, 1997
*  "Présupposés philosophiques propres au biocentrisme ou à l’anthropocentrisme", dans Anthropotès 13/1 (1997), Pontificio Istituto Givanni Paolo II per studi su matrimonio e familglia, pp. 69-90
*  "La politique de l’investissement familial", in Liberté politique, n°2, été 1997, p.139-149
*  "How to Defend Moral Values in a Free Society ?", Congrès international Secolarismo e libertareligiosa, Roma, 5-7 décembre 1995; published in dans Secolarismo e liberta religiosa. Secularism and
          Religious Liberty, Libreria editrice vaticana, Citta del Vaticano, 1998, p.78-85
*  "Jean Guitton", in Heinrich M. SCHMIDINGER, Christliche Philosophie im katholischen Denken des 19. und 20. Jahrhunderts, Band 3, Moderne Strömungen in 20. Jahrhunderts,
          Verlag Styria, 1998, p.500-506
*  "101 thèses sur la liberté de l’éducation", Liberté politique,n°5, été 1998, p.85-99
*  "Ci sara un bene comune nella nuova societa ?" dans Etica e politica nella società del duemila, dir. Robert GAHL Jr., Armando Editore, 2001, p.65-77
*  "Idées sur la relation entre les fondations spirituelles de l’Europe et une conscience européenne de défense", Colloque CIDAN, Strasbourg, Conseil de l’Europe, 16 octobre 2003
*  "Ethique, défense et gestion", (“Ethics, Defense and Management”) dans Revue de gestion des ressources humaines, n° 56, Avril-Juin 2005, p.63-82
*  "‘Trois définitions du terrorisme", dans la revue Oasis, Venise, Année II, n° 3, Mars 2006  "Ennemis inconnus. Al-Qaïda et les autres : que savons-nous vraiment du nouveau terrorisme ?", p.15-17
*  "Integrazione politica e dialogo culturale", au Congrès international Cristianesimo, Ebraismo eIslam: Esperienze di Incontro, Bergame, Italie, 28-29 octobre 2006, La nuova Europa. Rivista internazionale
          di cultura, n°1, Gennaio 2007, La casa di Matriona, R.C. Edizioni, Seriate, (Bergame), Italie
*  "Reshaping Ethical Training for Future French Commissioned Officers", International colloquium on ‘Ethical education and Training in the Military’, Mai 2006, Institute of Applied Ethics, Hull University,

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Front National et Front de Gauche

Publié dans En France
Considérations sur le Front National et le Front de Gauche

 
Prendre la mesure des faits présents
Les dernières élections, où un électeur sur deux s’est abstenu, ont montré que le FN représentait 1 électeur sur 4.
Des études d’opinion se succèdent. Elles permettent de compléter notre connaissance de l’électorat du Front National. L’essentiel tient en deux points.
Premièrement, le FN représente en chiffres ronds, plus de la moitié des ouvriers et un peu moins de la moitié des employés. Ces classes populaires, jadis cœur de l’électorat de gauche, tentent de se défendre contre une politique de mondialisation libérale financière qui les précarise et les met en voie de prolétarisation. Ce sont d’abord elles qui votent FN.   
Deuxièmement, le FN représente (toujours en chiffres ronds) un jeune sur deux, voire, contre un candidat socialiste (= "social-traître", comme disaient jadis les communistes), deux jeunes sur trois (ici, jeune = moins de 35 ans). De plus, trois jeunes sur 4 se sont abstenus. Cela ne veut pas dire qu’ils soient sans opinion, ni indifférents. Trois jeunes sur quatre se disent à droite et deux sur trois se disent "très à droite". Enfin, ces jeunes sont les plus déterminés des citoyens dans leurs options politiques.  
Même si le phénomène touche d’abord les jeunes et les classes populaires, à ce niveau d’importance, tous les milieux sont concernés sans exception. Comme le Front attire encore plus les hommes que les femmes, on peut estimer que dans de très nombreux endroits, surtout les plus déshérités, plus de deux hommes sur trois en dessous de 34 ans votent FN. Que cette jeunesse populaire se fasse insulter en bloc comme un ramassis de sales fascistes par un Premier Ministre étiqueté socialiste laisse rêveur.   
 
Prévoir l’avenir
Ces faits permettent de prévoir en partie l’avenir, sans grand risque d’erreur, compte tenu de la structure stable de l’environnement économique et politique.
La politique de mondialisation libérale financière ne sera ni changée, ni atténuée, tant que Washington dominera la planète et ne sera pas confronté à une révolution sociale aux Etats-Unis eux-mêmes. Cette politique rompt décidément l’équilibre capital/travail au bénéfice du capital, et, ce qui est bien pire, assure au capital financier un avantage exorbitant sur le capital agricole ou industriel. L’investissement dans ces conditions ne peut pas se faire dans un pays mûr et une solidarité sociale suffisante représente un handicap pour tout pays. C’est particulièrement vrai dans notre pays, où cette politique se conjugue à un jacobinisme mal géré, issu d’une autre époque. Ainsi, le chômage réel ne peut-il que croître, l’inégalité s’accroitre et le niveau de vie stagner ou baisser. Le peuple continuera à devoir choisir entre la précarisation et le chômage. Seul l’endettement, désormais assuré en grande partie par la planche à billets de la BCE, permet de masquer pour un temps, par l’augmentation de la dépense sociale (mais de plus en plus difficilement) la chute des conditions de vie du peuple.   
Dans ces conditions, la proportion des prolétaires et celle de ceux qui sont en voie de prolétarisation ne peut que s’accroître, ainsi que (sans doute) leur degré de radicalité, à mesure que se succèderont les tours de vis. La même chose doit être dite pour les jeunes, mais en pire, car ils sont un effectif démographique restreint à devoir faire face, sans investissement suffisant en leur faveur et à une période où le chômage les touche à un niveau historique, à la totalité de dettes financières ou sociales (retraites notamment), dont le montant est insupportable. 
 
Si donc les mêmes causes continuent à produire les mêmes effets, le vote FN ne peut qu’augmenter dans les années à venir. Chaque année, les cimetières accueillent une classe d’âge qui raisonnait en fonction de son expérience vécue d’une économie relativement prospère, équitable et de la démocratie. Chaque année accède au droit de vote une classe d’âge qui a fait l’expérience d’une économie injuste et en récession, ainsi que de la confiscation de la démocratie par une oligarchie, ses idéologues et sa clientèle.
De plus en plus, la finance, l’oligarchie et l’Europe sont universellement détestées. Et si la classe politique est discréditée, c’est qu’elle est au service d’intérêts qui ne tiennent aucun compte de ceux du peuple.
Pour schématiser, si l’on compte 60 classes d’âge en droit de voter, le FN est grosso modo majoritaire dans les 20 plus jeunes, à l’exception des scolaires qui n’ont pas encore pris contact avec le monde réel, vivant encore grâce à l’Education Nationale dans le monde imaginaire de l’idéologie. Dans les 40 classes d’âges plus âgées, les gens votent pour les partis de gouvernement à plus de 75%. Mais, chaque année, une classe d’âge à 75% UMP-PS est remplacée par une classe d’âge à 50% FN. A rythme constant, la bascule serait faite dans une vingtaine d’années. Le rythme va toutefois s’accélérer, si l’on admet que la prolétarisation va continuer à s’aggraver, et surtout que, progressivement, les retraités, puis les fonctionnaires, vont être à leur tour touchés par l’austérité à venir.
 
Le Peuple et la Nation
La diabolisation du FN est contre-productive et dérisoire. Si les partis de gouvernement voulaient le réduire, il leur faudrait assumer la justice de solidarité. Cela signifierait cesser de raconter toujours la même histoire ridicule sur la croissance qui va revenir dans deux ans. Et cela ne signifierait ni tondre les familles nombreuses de classe moyenne, ni tondre les petits patrons, seuls à donner du travail à leurs compatriotes. Cela signifie réactiver une saine démocratie, et réévaluer son cadre, qui est la Nation. Cela signifie donc déclarer notre indépendance vis-à-vis de Washington et vis-à-vis de Bruxelles, dans la mesure où Bruxelles ne fonctionne que comme une simple courroie de transmission des intérêts et volontés de Wall-Street et de Washington.
Mais rien de cela n’a de sens, ou plutôt tout cela n’est qu’un ensemble d’idées générales, tant que cette nouvelle politique n’est pas portée par une formation politique aux projets opérationnels et précis, rassemblant des compétences assez nombreuses et solides pour les mettre en œuvre. Ces compétences – qui existent – ne peuvent venir que de la société civile et en particulier du milieu des entrepreneurs, s’ils décident d’opter pour l’engagement plutôt que pour l’émigration à laquelle l’énarchie les pousse. Sans ce sang neuf, la réaction nationale et sociale n’aboutira qu’à une économie de pénurie et au déclassement de la France. Cela veut dire que la classe des hauts-fonctionnaires, avec celle des idéologues et des communicants, considérant qu’elles ont ensemble failli, acceptent de laisser la place à des couches dirigeantes nouvelles. 
A défaut d’un tel renouvellement du personnel et d’une telle révision déchirante de nos politiques, le Front National restera le seul parti à représenter objectivement une apparence de justice de solidarité et son moyen nécessaire, qui est la Nation, mais sans offrir de perspective convaincante de succès.
  
Le Front de Gauche et la Nation
Il n’y a pas de justice de solidarité sans la Nation. L’Europe sociale existera le jour où la City aura perdu le pouvoir en Grande-Bretagne, autrement dit aux calendes grecques. Le Front de Gauche et les "frondeurs" du PS montreront donc une volonté convaincante de justice sociale et de démocratie, le jour où ils seront en mesure de retrouver franchement la Nation. Autrement, tout ce qui relève à gauche d’une philosophie "chevènementiste", ou tout simplement de gauche, finira dans le discrédit, l’abstention ou sera siphonné par le FN.
De plus, la gauche sans contenu s’obsèdera de plus en plus avec un individualisme libertaire tapageur, gauchisme de compensation, celui-là même qui fait vivre les Loups de Wall-Street. Dans la tradition rousseauiste, la souveraineté du Peuple et celle de sa Nation sont les deux faces d’une seule et même réalité républicaine. C’est le même Peuple qui est appelé à la fois Etat, Souverain et Puissance, relativement aux autres peuples (Contrat social, Livre I, ch.6, fin).
L’internationalisme démocratique est une vue de l’esprit. En outre, la République vit de patriotisme et de morale sérieuse. Elle exige une sévère limitation de l’individualisme et le rejet de ses dérives libertaires. Si la gauche du PS ne marque pas tout cela nettement, elle n’est ni cohérente, ni capable de convaincre de sa sincérité. Qu’est-elle ? "Une vieille chanson qui berçait la misère humaine".
 
La justice et la Nation
L’Idée de Nation peut avoir partie liée avec les trois dimensions de la justice. En France et en Italie, la Nation fut au XIXème siècle une Idée libérale. En Allemagne, elle fut jusqu’en 1945 une Idée autoritaire. Dans le contexte de la mondialisation financière libérale, la solidarité n’est plus qu’une charge rendant un pays moins compétitif, et les ploutocraties sont toutes puissantes au niveau des organisations internationales. De sorte que la réaffirmation de l’autorité de l’Etat et de la Nation constitue la voie nécessaire et réaliste d’une politique respectant la justice de solidarité. La notion d’économie nationale et de stratégie économique nationale doit donc reprendre toute son importance.
  
Un débat politique anachronique
Les partis de gouvernement ont tort de concentrer leur critique du FN sur ses chefs et leur idéologie. La direction du FN, de tradition très autoritaire, fédérait les héritiers des divers partis qui s’étaient retrouvés, successivement, du côté perdant, au cours des grandes disputes de l’Histoire de France, tous animés d’un puissant complexe réactionnaire : soit d’Ancien-Régime et traditionalistes, soit ayant été ou restant tentés par l’idéologie fasciste (= la politique autoritariste issue des Lumières), parfois tentés aussi par la collaboration durant le Seconde Guerre Mondiale, mais surtout sans projet humaniste positif et innovant, au-delà de ressentiments vigoureux, et insistant donc d’autant plus sur le "principe du Chef", nécessaire pour compenser l’absence de tels principes innovants. 
Mais, le temps passant, les générations se succédant, et surtout la situation générale étant celle que nous avons dite et celle que nous savons, ces reproches sont de plus en plus en décalage avec les soucis des Français. Le pouvoir de la culpabilisation bien-pensante ne mord pas sur des couches sociales ou des classes d’âge prolétarisées, pour lesquelles le libéralisme n’est pas la liberté, mais la galère. La critique de l’anachronisme du FN est donc elle aussi anachronique.  
 
Un juste reproche, plus actuel, serait que le FN semble viser moins à attirer les entrepreneurs qu’à séduire un nombre croissant d’énarques.
Un second, qu’il ne fait preuve d’aucune inventivité ou audace dans le domaine culturel. Le FN évite de se placer sur ce terrain, moins pour dissimuler des convictions inavouables qui s’érodent, ou parce que son électorat central ne volerait pas si haut, que parce qu’il n’a plus rien à dire sur le sujet. Une fois laissées de côté les traditions antimodernes, totalitaires, etc., il retombe par simple gravitation dans le rang de la banalité culturelle postmoderne. La mise à l’écart d’Aymeric Chauprade, un des rares esprits remarquables au FN, en est le signe. Et pourtant, le chaos économique et l’iniquité sociale sont des aspects avérés de cette même misérable culture libérale-libertaire, avec laquelle il faudrait oser rompre – mais en faveur de quoi ? Si on le savait, si on pouvait le dire de façon claire et audible à tous, c’est qu’une vision rassembleuse et d’avenir aurait émergé – celle qui nous manque.   
 
En résumé, la situation mûrit, mais elle n’est pas encore mûre. Les instruments culturels et politiques, ou économiques, non plus que le personnel nouveau et son organisation, ne sont pas encore là. La France a encore pas mal de chemin à faire, avant d’espérer sortir du tunnel. Toutefois, il est absolument certain que de très grands changements se préparent.

www.henrihude.fr - 13 avril 2015

Après les élections de mars 2015

Publié dans En France
Après les élections de mars 2015
 
 
Voici quelques commentaires sur les élections départementales, d’un point de vue que je qualifie de classique – c’est-à-dire éclairé par des concepts universels bien formés.
  
Le concept de justice, clé de l’analyse politique
Je suppose connue la structure ternaire de la justice. Ce point fondamental pour toute action politique est explicité dans un article sur la structure ternaire de la justice. Ces trois dimensions de la justice sont : la justice de liberté, la justice d’autorité, la justice de solidarité.
 
L’intelligence de cette structure ternaire permet seule de produire des analyses rationnelles et scientifiques, et non pas simplement empiriques. Elle permet de caractériser les acteurs nationaux ou les nations, en donnant à chaque fois la proportion entre ces trois dimensions, qui est propre à tel ou tel acteur. Tout acteur raisonnable admet ces trois dimensions, mais avec des différences dans l’ordre de priorité entre les dimensions.
 
Par exemple, traditionnellement, nos partis de gouvernement représentent : à droite, l’autorité de l’Etat, la liberté individuelle en économie et un certain conservatisme culturel ; à gauche la solidarité sociale, la liberté individuelle dans les domaines non-économiques, et l’autorité comprise comme celle de la République, fruit d’un pacte social entre libertés individuelles.
Néanmoins, les deux partis traditionnels de gouvernement représentaient quand même chacun certaines conditions ou certains aspects de la justice solidaire : la droite en adoptant un modèle de croissance économique nationale conditionnant un développement social ; la gauche en insistant davantage sur ce dernier élément et en soutenant les droits des salariés.
 
Autre exemple, le Royaume Uni a principalement une culture de justice libérale ; l’Allemagne traditionnellement une culture de justice autoritaire ; et la France avait une culture de justice solidaire.  
La structure de la justice peut-elle nous aider à comprendre la situation politique de la France, après les élections de mars 2015 ? Oui. En nous permettant de poser les bonnes questions, celles qui conduisent aux réponses utiles.
La première question concerne les partis de gouvernement, UMP et PS.  
 
Quelle dimension de la justice représentent et expriment les deux grands partis de gouvernement ?
Le parti socialiste et l’UMP sont avant tout en 2015 deux partis libéraux, bien que tous deux soient tenus en grande partie par la haute fonction publique d’État. C’est la particularité de la situation française. D’une part, nos partis de gouvernement appliquent docilement certaines règles d’une politique économique de libéralisme financier mondial voulue par Washington dans son intérêt. Cette soumission est l’acte fondamental de leur politique. Mais d’autre part, ils ne tirent pas les conséquences de ces règles libérales et continuent à alourdir le système jacobin. Faire entrer le pays dans la compétition mondiale sans en tirer les conséquences sur notre système fiscal, administratif et social, c’est l’incohérence fondamentale de cette politique.
 
Ainsi ces deux partis n’expriment plus véritablement l’autorité de l’État, ni la justice d’autorité, ayant trop abandonné à des organisations internationales les prérogatives essentielles de la souveraineté sans lesquelles la démocratie n’est qu’un mot. Pourtant, cet État trop faible pour imposer sa souveraineté à l’extérieur, est à l’intérieur trop lourd et écrase par ses coûts et ses contraintes notre économie productive.
 
Ils n’expriment pas non plus une justice de solidarité.
Car leur politique de statu quo et de conservation des privilèges détruit à terme le droit au travail, ce qui ne manquera pas d’aboutir à un niveau extrême d’inégalité, quand l’État ne sera plus capable de compenser par de la dépense publique la chute de l’économie productive. Elle est particulièrement inique envers la jeunesse, surchargée de dettes, privée d’investissements, en grande partie vouée au chômage ou à l’émigration forcée, et sur qui pèse malgré tout le financement des acquis sociaux des générations précédentes. C’est particulièrement choquant dans le cas du parti socialiste, dont cette politique trahit absolument les idéaux historiques.  
 
Et pourtant, ces partis libéraux n’expriment pas vraiment une justice de liberté.
En effet, aucun des deux partis qui exposent la France à une concurrence mondiale très forte, n’a eu le courage d’adapter la France à cette concurrence, comme l’a tenté le chancelier Schröder en Allemagne. Au contraire, le Politiquement Correct déclare cultiver la fonction publique, les services publics et la solidarité. L’UMP le critique, mais ne fait rien de substantiellement différent, quand elle est au pouvoir. Tous deux, incapables d’imaginer autre chose que des usines à gaz technocratiques, empêchent d’exister les entrepreneurs qui pourraient créer les entreprises et les emplois dont la France a besoin. La France est ainsi exposée à une concurrence mondiale très vive, tout en restant chaussée des souliers de plomb du jacobinisme étatiste et socialisant.
 
Un égalitarisme de compensation surtaxe les petits patrons dans ce qui s’apparente à une sorte de révocation de l’Édit de Nantes fiscale, poussant à l’exil les entrepreneurs. L’État contracte des dettes sociales au moment même où il détruit l’industrie qui pourrait les financer. Il assure sa liquidité par l’emprunt, lui-même souscrit de plus en plus par les seules banques centrales. L’endettement monte indéfiniment.
Quelle est donc la stratégie de justice dont peuvent se prévaloir les partis de gouvernement ?

www.henrihude.fr, 30 mars 2015

Résistance à la soumission

Publié dans Avec l'Europe
Résistance à la soumission
 
La reconstitution du califat, dont l’avenir nous dira si elle fut éphémère ou durable, tend à replacer l’Europe dans une position qui fut longtemps la sienne : l’Europe se définit, en effet, historiquement et stratégiquement, comme la part occidentale de l’Eurasie qui a résisté à la conquête islamiste, ou s'est libérée (Espagne, Balkans, Ukraine).
 
L’histoire nous enseigne que Boko Haram, par exemple, n’est pas une nouveauté, mais un acteur bien connu et qui, avant la colonisation européenne, opérait substantiellement de la même manière que nous le voyons faire aujourd’hui. De même le pouvoir de l’État islamique n’a rien de très surprenant pour ceux qui savent quels furent le pouvoir des Almohades, en Afrique Occidentale, ou celui de Turcs Seldjoukides, au Proche-Orient. 
 
L’islamisme se présente à nous comme ce qu’il fut plusieurs fois dans l’Histoire : une entreprise de conquête armée par une théocratie féroce, ne laissant le choix qu’entre deux options : la soumission à un écrasement sans limite ou la résistance armée à outrance.
La résistance s’impose avec évidence à tout pouvoir européen désireux de conserver une légitimité.
 
La résistance s’impose, indépendamment de la réponse à une importante question : celle de savoir ce que va devenir l’islam dans son ensemble. Va-t-il, dans l’avenir, en totalité ou par fragments : basculer dans l’islamisme ? Tomber dans une sorte d’athéisme libéral ? Se réformer dans un sens moderne, ce qui reviendrait pour lui à intégrer dans sa constitution une dose d’humanisme et de spiritualité le rapprochant du christianisme (notamment en acceptant la distinction du pouvoir temporel et du pouvoir spirituel : "Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu.") ?
Il faut donc résister avec autant de souplesse que d’énergie, laissant la porte ouverte sans naïveté à des évolutions positives, si elles doivent se produire.
 
Pour que la résistance soit forte, cohérente et victorieuse, nous devons réaliser que le premier danger est en nous. Il faut sortir de notre amnésie et rénover l’humanisme occidental en en redécouvrant les racines et l’unité. Sortir de la sédation profonde, (mais non définitive!), dans laquelle voudrait nous plonger le recruteur en chef de l’islamisme : un certain Occident amnésique, qui se hait lui-même en trahissant les racines de son humanisme.

La force de l’islamisme se trouve d’abord :
Dans la dégradation intellectuelle et morale de l’humanisme occidental postmoderne,
Dans la destruction par celui-ci de la liberté de pensée via l’imposition d’un nihilisme d’État,
Dans
l’iniquité absolue d’une économie financière, réduisant des nations entière en esclavage pour dettes, et privant la jeunesse de tout avenir économique,
Dans la perte de légitimité de classes politiques devenues de véritables oligarchies vivant sur le pays, et gérant la destruction des droits démocratiques et de l’avenir économique de leur peuple.
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