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HUDE Henri

HUDE Henri

Né le 7 septembre 1954
Marié - 4 Enfants.


Philosophe

Ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure (Ulm) (1974-79)
Agrégation en Philosophie (1977)
Doctorat in Philosophie (1990)
     Habilitation (1992) à diriger des recherches en philosophie.

Directeur du Pôle d’éthique au Centre de recherches des Ecoles de Saint-Cyr Coëtquidan (CREC).
Ancien professeur en classes préparatoires au Collège Stanislas (Paris)
Ancien professeur d’Université à Rome
(Professore stabile. Istituto Giovanni Paolo II di studi su matrimonio e famiglia, presso l’Universita del Laterano).
Ancien directeur général du Collège Stanislas (Paris) 
 
Membre du comité de rédaction de la revue Commentaire (depuis 1992)
Membre du conseil d’orientation de l'Institut Montaigne (2001-2009) 
Membre du conseil scientifique de la revue Oasis (Venise) (depuis 2004)
Membre du conseil d’administration de l’association des Amis de St-Cyr et Coëtquidan (depuis 2005)
 
Ouvrages
Bergson(2 volumes) (1ère édition, 1989 and 1990), Paris, Editions Universitaires
     Reedited Archives Karéline (2009)
Ethique et politique,Paris, Editions Universitaires (1992)    
Philosophie de la prospérité. Marché et solidaritéParis, Economica(1994), 
Croissance et liberté. Philosophie de la prospérité(1995) - 2nd Volume, Critérion, Paris 
Mon testament philosophique, en collaboration avec Jean GUITTON, Paris, Presses de la Renaissance (1997)
Entretiens posthumes avec Jean Guitton,Paris, Presses de la Renaissance.(2001)
Ethique des décideurs,Paris, Presses de la Renaissance (2004) 
     Préface par Henri de Castries, Prix Montyon 2005 de l’Académie française
     Traduit en italien chez Cantagalli, Siena, (2010)
     A paraître en américain à IPS Press, en 2011. 
Parole et silence (Prolégomènes. Les choix humains), Paris (2009)
Démocratie durable. Penser la guerre pour faire l’Europe, Editions Monceau, Paris (2010)
 
Autres publications (sélection)
- ‘Il rinnovamento socio-politico’, (“Socio-political Renewal”), in Veritatis Splendor, testo integrale con comentaria filosofico-teologico tematico, a cura di Ramon Lucas Lucas, Presentazione del cardinal J. Ratzinger, San Paolo-Milano, 1994, p.375-381.
- "Dieu me jugera", Revue Catholique Internationale Communio, X, 1, 1985, p.62-75.
- ‘Democracja aristokraticzna a demokracja republikanska’, in Znak, (traduit en polonais par Maria Tarnowska), 4, 455, Krakow, 1993, p.128-138.
- ‘Pour une philosophie de l’argent’, L’amitié Charles Péguy, Bulletin d’information et de recherche, ‘Péguy écrivain’, 18ème année, n° 72, octobre-décembre 1995.  
- ‘Nuit de la foi et doute philosophique’ au Colloque international, Lisieux, 30septembre 4 octobre 1996, pour le centenaire de la mort de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus ; publiée dans Une sainte pour le 3ème millénaire, Editions du Carmel, 1997, p.163-180.
- ‘Filosofia politica, mercado y solidariedad’, Congrès de l’Université Complutense de Madrid sur ‘Filosofia y solidariedad’ ; Revista Espanola de Pedagogia, n°205, Ano LIV, septiembre-diciembre 1996, p.395-407.  
- ‘La famille, fondement de la société’, in Anthropotès, 12/1, Istituto Giovanni Paolo di Studi su matrimonio e famiglia, Roma, juin 1996, p.21-50.
- ‘Paura di credere’, Nuntium, n°1, Rome, Laterano, mars 1997, p.88-95.
- Morale per una societa libera’, dans Nuntium, ‘Economia, diritti del unomo e cristianesimo’, Universita Lateranense, juin 1997. 
- ‘Economie, société et politique familiale’, Droit social, n°5, mai 1997, p.443-450.
- ‘En torno al respeto’, (“Around Respect”), in Humanitas, Santiago de Chile, Enero-marzo, 1997.
- ‘Présupposés philosophiques propres au biocentrisme ou à l’anthropocentrisme’, dans Anthropotès 13/1 (1997), Pontificio Istituto Givanni Paolo II per studi su matrimonio e familglia, pp. 69-90. 
- ‘La politique de l’investissement familial’, in Liberté politique, n°2, été 1997, p.139-149.
- “How to Defend Moral Values in a Free Society?”, Congrès international ‘Secolarismo e liberta religiosa’, Roma, 5-7 décembre 1995; published in dans Secolarismo e liberta religiosa. Secularism and Religious Liberty, Libreria editrice vaticana, Citta del Vaticano, 1998, p.78-85.
- ‘Jean Guitton’, in Heinrich M. SCHMIDINGER, Christliche Philosophie im katholischen Denken des 19. und 20. Jahrhunderts, Band 3, Moderne Strömungen in 20. Jahrhunderts, Verlag Styria, 1998, p.500-506.
- ‘101 thèses sur la liberté de l’éducation’, Liberté politique, n°5, été 1998, p.85-99.
- ‘Ci sara un bene comune nella nuova societa ?’ dans Etica e politica nella società del duemila, dir. Robert GAHL Jr., Armando Editore, 2001, p.65-77.
- ‘Idées sur la relation entre les fondations spirituelles de l’Europe et une conscience européenne de défense’, Colloque CIDAN, Strasbourg, Conseil de l’Europe, 16 octobre 2003.
- Article: ‘Ethique, défense et gestion’, (“Ethics, Defense and Management”) dans Revue de gestion des ressources humaines, n° 56, Avril-Juin 2005, p.63-82.
- ‘Trois définitions du terrorisme’, dans la revue Oasis, Venise, Année II, n° 3, Mars 2006, ‘Ennemis inconnus. Al-Qaïda et les autres : que savons-nous vraiment du nouveau terrorisme ?’, p.15-17.
- ‘La géopolitique actuelle et la nécessité de la philosophie’, dans Oasis, Année II, n° 4, septembre 2006, p.23-25. 
- ‘Integrazione politica e dialogo culturale’, au Congrès international ‘Cristianesimo, Ebraismo e Islam: Esperienze di Incontro’, Bergame, Italie, 28-29 octobre 2006, La nuova Europa. Rivista internazionale di cultura, n°1, Gennaio 2007, La casa di Matriona, R.C. Edizioni, Seriate, (Bergame), Italie.
- “Reshaping Ethical Training for Future French Commissioned Officers”, International colloquium on ‘Ethical education and Training in the Military’, Mai 2006, Institute of Applied Ethics, Hull University, UK; published in Paul ROBINSON, Nigel DE LEE & Donald CARRICK (editors), Ethics Education in the Military, Ashgate, UK, Feb. 2008, p.109-118.   
- "Intuition et invention chez Bergson", dans Annales bergsoniennes, tome 4, PUF, sous la direction de Frédéric WORMS, Actes du Colloque sur ‘L’évolution créatrice de Bergson. 1907-2007’, tenu au Collège de France le 23/24 novembre 2007.
- ‘Ethique et vieillissement’, (“Ethics and Ageing”) colloquium of the « Institut de géopolitique des populations » and of the « Institut de recherches sur la géostratégie économique internationale » (IRGEI), held at the Assemblée nationale, 8 mars 2007, published in Yves-Marie LAULAN, Vieillissement mondial et conséquences géopolitiques, L’Harmattan, 2007, p.173-188.
- “A Few Reflections On the Critical Importance of Ethical Training Today for an Efficient Leadership Training in the Military”, in Military Studies and Technology : The Proceedings of the 14th Hwarangdae International Symposium, 2007.11.1/2, Korea Military Academy, p.23-43.
- ‘Guizot et le centrisme’, du livre d’Aurelian CRAIUTU, Le Centre introuvable. La pensée politique des doctrinaires sous la Restauration, traduit de l’anglais, Plon, 2006, dans Commentaire, Volume XXX, n°119, Automne 2007, p.856-858.
- ‘Bien commun, décision et intérêt général’.Aux éditions Marcianum Press, Venise, dansIl bene comune. La domanda antropologica, 3, acura di G. Richi Alberti, 2008.
- ‘Policier et soldat. Ressemblances et différences’; English translation, ‘“Of the Police and the Military”, une étude pour le Chef d’état-major des Armées, le Général Jean-Louis Georgelin, dans le cadre des travaux sur le Livre Blanc sur la Défense, 2008.
- "Benedicto XVI y Barak Obama en el Cercano Oriente", Humanitas, n° 55, Juillet-Septembre 2009, Santiago de Chile.
- “A Few Reflections On the Second Meeting ISODOMA”, Colloquium, Shrivenham, UK, on “Military Ethics & Education. Who Needs What, Where and When?” December 2009.
- "Sur l’identité de la France. Réflexions philosophiques", dans Liberté politique, Printemps 2010.
- "Le militaire : héros, victime et judiciarisé", Inflexions, automne 2010.
 
 
*  "Paura di credere", Nuntium, n°1, Rome, Laterano, mars 1997, p.88-95
*  "Morale per una societa libera", dans Nuntium, ‘Economia, diritti del unomo e cristianesimo’, Universita Lateranense, juin 1997
*  "Economie, société et politique familiale", Droit social, n°5, mai 1997, p.443-450
*  "En torno al respeto", (“Around Respect”), in Humanitas, Santiago de Chile, Enero-marzo, 1997
*  "Présupposés philosophiques propres au biocentrisme ou à l’anthropocentrisme", dans Anthropotès 13/1 (1997), Pontificio Istituto Givanni Paolo II per studi su matrimonio e familglia, pp. 69-90
*  "La politique de l’investissement familial", in Liberté politique, n°2, été 1997, p.139-149
*  "How to Defend Moral Values in a Free Society ?", Congrès international Secolarismo e libertareligiosa, Roma, 5-7 décembre 1995; published in dans Secolarismo e liberta religiosa. Secularism and
          Religious Liberty, Libreria editrice vaticana, Citta del Vaticano, 1998, p.78-85
*  "Jean Guitton", in Heinrich M. SCHMIDINGER, Christliche Philosophie im katholischen Denken des 19. und 20. Jahrhunderts, Band 3, Moderne Strömungen in 20. Jahrhunderts,
          Verlag Styria, 1998, p.500-506
*  "101 thèses sur la liberté de l’éducation", Liberté politique,n°5, été 1998, p.85-99
*  "Ci sara un bene comune nella nuova societa ?" dans Etica e politica nella società del duemila, dir. Robert GAHL Jr., Armando Editore, 2001, p.65-77
*  "Idées sur la relation entre les fondations spirituelles de l’Europe et une conscience européenne de défense", Colloque CIDAN, Strasbourg, Conseil de l’Europe, 16 octobre 2003
*  "Ethique, défense et gestion", (“Ethics, Defense and Management”) dans Revue de gestion des ressources humaines, n° 56, Avril-Juin 2005, p.63-82
*  "‘Trois définitions du terrorisme", dans la revue Oasis, Venise, Année II, n° 3, Mars 2006  "Ennemis inconnus. Al-Qaïda et les autres : que savons-nous vraiment du nouveau terrorisme ?", p.15-17
*  "Integrazione politica e dialogo culturale", au Congrès international Cristianesimo, Ebraismo eIslam: Esperienze di Incontro, Bergame, Italie, 28-29 octobre 2006, La nuova Europa. Rivista internazionale
          di cultura, n°1, Gennaio 2007, La casa di Matriona, R.C. Edizioni, Seriate, (Bergame), Italie
*  "Reshaping Ethical Training for Future French Commissioned Officers", International colloquium on ‘Ethical education and Training in the Military’, Mai 2006, Institute of Applied Ethics, Hull University,

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Macron canard boiteux ou ...

Publié dans Du côté des élites
Macron canard boiteux ? Ou alors quel Acte II ?
 
Qu’est-ce qui va maintenant se passer ? Et surtout : qu’est-ce qui vient après ? 
Désormais tout peut arriver, n'importe quoi devient possible, car il n’y a aucune solution solide et sérieuse pour remplacer le néolibéralisme, et trop de gens n'en veulent plus.
Il faudrait imaginer 1° une économie mondiale d’entreprise, plus solidaire mais non socialiste, 2° une culture mondiale de liberté au-delà de l’idéologie libérale, 3° une politique de paix organisant les nations sans les annuler, et enfin 4° une démocratie nationale plus effective mais qui ne tende pas au socialisme. 
 
Cette réforme est mentalement impossible dans le cadre de la pensée postmoderne. Celle-ci d'abord est trop complice du néolibéralisme par sa critique relativiste et libertaire de la raison, de la morale et de la métaphysique. Ensuite, elle empêche trop toute vision d’ensemble et grand récit. La réforme est impossible sans rationalité et normativité contestant l’arbitraire individuel. Nous avons besoin d’un nouvel humanisme synthétisant toute la tradition humaniste antique, moderne, chrétienne. 
A défaut, nous pouvons décider de simplement cesser d’évoluer et de revenir en arrière, auquel cas nous nous exposerions à un déclassement rapide et à une vrille de type vénézuélien, sauf que nous n’avons pas encore de Chavez. 
 
Où donc tout cela peut-il aller ? L’immense jacquerie actuelle ne mène à rien qu’à un immense gâchis, s’il n’y a pas d’élites pour la conduire, dotées d’une vision claire et fonctionnelle de l’avenir. La justice est une vertu, une valeur, une idée générale, pas un programme ni une méthode, surtout si la "justice" est affirmée sans morale ni raison fortes. Les partis d’opposition, modérés ou populistes, n’ont pas le début d’un projet sérieux de remplacement du néolibéralisme mondial technocratique. Le psychodrame protestataire devient ainsi une fin en soi et se déploie sans idée directrice ni vision. A lui seul, il ne peut que pourrir et retomber dans la morosité de la désespérance. Pourrait-il s’installer dans une sorte de guérilla nihiliste soft ?
Toutefois certains séditieux ne sont pas dépourvus de vision. Ils ne disparaitront pas. Ils pourront profiter du désordre endémique pour tenter de remettre à l’ordre du jour diverses formules totalitaires, néo-communistes, trotskystes ou islamistes. D’autres peuvent estimer que l’avenir consiste dans la démondialisation radicale : la réorganisation de chaque économie sur une base strictement nationale, autarcique ; le renfermement de chaque nation dans sa propre culture et sa propre population. Il est malheureusement très clair que ce choix ne peut à terme conduire qu’à des dictatures néo-fascistes ou néo-communistes, non pas comme dans le passé, mais sur le mode postmoderne. En l’absence de nouvelle vision sérieuse, telle ou telle de ces tentatives pourrait peut-être avoir quelque chance de réussite, si une main de l’étranger pouvait les pousser. Le recours à l’armée serait-il alors nécessaire ? Nous n’en sommes pas là.  
 
Une base politique beaucoup trop étroite
Le président de la République est en grande difficulté, car il aurait besoin des "conservateurs" (pas seulement des gens qui ont peur des casseurs), et il se les est aliénés par son image de progressiste dogmatique. De plus, le péché originel de sa présidence est le "coup d'Etat légal" qui a volé la présidence aux Républicains. Inutile d'y revenir, mais cela explique en partie sa solitude actuelle. Le président ne retrouvera une base politique minimale que s'il renonce définitivement à tout nouveau délire "sociétal" pour la durée de ses mandats et remet à plat sa politique européenne, pour la sauver. Sinon, beaucoup jugeront qu'il ne vaut pas la peine de l'empêcher de couler.
 
Allons-nous vers le "Bruxout" en mai 2019 ? 
Aucun de nos pays européens ne fait le poids dans le monde actuel sans la présence des autres, mais virtuellement la majorité d’entre eux ne veut plus du Bruxelles néolibéral. Alors que faire ? Une mise à plat est la seule façon d’éviter ce qu’il faut appeler le Bruxout : autrement dit, l’Europe votant significativement en mai pour sortir de Bruxelles, ou, ce qui revient au même, pour sortir Bruxelles de l’Europe. Et, à terme, le rejet du libéralisme signifiant peu à peu l’établissement de régimes dictatoriaux (version postmoderne). 
Le président doit bien se rendre compte que l’Allemagne ne sait pas davantage où elle va et n’est plus un partenaire fiable pour longtemps. Il n’a de toute façon plus aucune autorité ou marge de manœuvre désormais, tant qu’il n’a pas rétabli sa situation à la maison. 
Les Italiens ont compris qu’il fallait choisir entre le déficit et la révolution sociale. Dans une telle situation, il faut évidemment opter pour le déficit, mais l’utiliser pour investir massivement dans la création d’emploi, réelle, pas dans les "ateliers nationaux".  
 
Macron canard boiteux ? Ou alors quel Acte II ?
Chacun peut admettre de bonne foi que personne n’aurait fait ou vraiment mieux ou vraiment pire que Macron, en l’absence de pensée directrice suffisante pour l’avenir. La Constitution ne permet pas aujourd’hui le départ du Chef de l’État et son expulsion de fait inconstitutionnelle par la rue détruirait l’état de droit avec des conséquences incalculables. 
 
Mais si Macron ne fait pas ce qu’il faut, il est condamné à se survivre impuissant pendant encore trois ans et la France à ramer dans le marécage. Le rôle principal du président est d’organiser la recherche d’une pensée commune véritablement innovante, pour trouver les solutions et nous sortir tous du trou. 
Le second acte de sa présidence ne peut commencer que par un acte d’humilité. Il doit reconnaître ouvertement qu’il a trop valorisé le néolibéralisme, sous-estimé les difficultés et voulu forcer trop de gens à trop de choses détestées, sans perspective ni contrepartie. 
L’acte d’humilité ne suffira jamais sans un acte de conversion de la technocratie à l’humanité. Même s’il n’y a pas de politique sérieuse sans compétence technique, la technocratie est une idéologie désormais haïe, tant elle exclut la chaleur humaine, l’amitié et l’amour, la solidarité naturelle et cordiale vis-à-vis des gens qui ne s’en sortent plus, des familles qui s’endettent et des personnes âgées dans le besoin. Ce peuple a besoin de dirigeants capables d’être authentiquement chaleureux, sans singeries de "communicants". Qu'ils prennent sincèrement à cœur, comme si c’était les leurs propres, les soucis de pouvoir d’achat et de sécurité pour l’avenir.   
 
Seul un tel acte d’humilité du président et une telle conversion à l'humanité peuvent ouvrir sur un projet de refondation, dont la recherche redonnerait un but commun aux esprits, un sens à sa présidence et qui permettrait d’affronter le problème de fond de notre pays et de l’Europe. Selon certains, on peut redouter que sa présidence soit paralysée, ou même qu'il soit fini à brève échéance. Toutefois, en l’absence de concurrence vraiment crédible, de vision alternative rationnelle et non extrémiste, et surtout à défaut d’un goût soudain des Français pour l’aventure et la violence, ce mouvement risque plutôt de pourrir dans la désespérance. Mais si Emmanuel Macron veut faire plus que survivre en tapant dur, il doit briser son isolement. Il ne semble pas avoir pour cela trente-six solutions.

Paru sur www.henrihude.fr, 8 décembre 2018

... cause de la guerre de 1914

Publié dans Devant l'histoire
L’impérialisme économique, première cause de la guerre de 1914
 
Ce n’est pas le nationalisme qui fut la cause de la guerre, mais le nationalisme impérialiste, issu des Lumières, aux visées d’abord économiques. Aujourd’hui, la célébration de l’esprit de paix est-elle si éloignée de la logique des intérêts politiciens et idéologiques qui ont fait avorter le projet pacifique de Benoît XV ?
 
"Mon mal vient de plus loin." Pour comprendre à fond la Grande Guerre, il faudrait raconter presque toute l’histoire de l’Europe et sonder les profondeurs de sa culture. De plus, l’Histoire en son tréfonds est un mystère, dont on s’approche moins par l’intelligence politique, ou par l’étude érudite et savante, que par la méditation du symbolisme puissant des visions du prophète Daniel ou de celles de l’Apocalypse de saint Jean.
De passage tout récemment à Saint-Pierre de Rome, je me suis recueilli devant le tombeau de Benoît XV, ce pape qui a essayé en 1916 de mettre fin à la Première Guerre mondiale, dont le déclenchement avait littéralement tué son prédécesseur, saint Pie X. Puissent leurs prières inspirer ces réflexions sur l’Histoire et les véritables causes de la guerre.
Il n’est déjà pas facile de découvrir ce que la raison simplement humaine peut comprendre. Pour l’atteindre, il faut chercher la vérité en la respectant et en la préférant à tout autre intérêt. Or, malheureusement, l’idée que les peuples se feront de l’Histoire est un enjeu de pouvoir entre les partis. Très souvent nous tenons "la vérité captive dans l’injustice". Et si une chose est bien sûre, c’est que la majorité des hommes et femmes de pouvoir se moquent éperdument de la vérité, les idées et les idéaux n’étant pour eux et pour elles que des instruments de pouvoir et des masques de leur volonté de puissance.
 
Roman national ou imposture partisane ?
Pratiquement tout parti ayant accédé au pouvoir offre de l’Histoire un récit simpliste et manichéen, présentant le présent comme l’accomplissement d’une destinée manifeste et la libération par rapport à un passé calamiteux. Les vrais adversaires politiques ou idéologiques sont de sinistres résidus ou d’horribles résurgences des cauchemars du passé. On espère s’assurer la bienveillance et la confiance des peuples en les persuadant de ces inepties. On espère aussi prendre l’ascendant moral sur l’autre, c’est-à-dire le ou les rivaux, identifiés peu ou prou à quelque Mal radical. Il s’agit d’ôter à l’autre l’autorité, voire la parole, en lui injectant de la culpabilisation pour produire en lui de l’inhibition.
Si nous nous comportons ainsi entre concitoyens, à plus forte raison nous comporterons-nous de même entre étrangers. C’est ainsi que la soi-disant réflexion sur les horreurs de la guerre et la célébration de l’esprit de paix peut s’inscrire dans la terrible logique qui, depuis toujours, a produit la guerre.
 
Le roman national est en grande partie une imposture nationale, solidaire des intérêts politiciens et idéologiques des bandits qui ont fait avorter le projet pacifique de Benoît XV. Quel sens y a-t-il à faire rentrer un million d’Alsaciens-Lorrains dans la communauté nationale, en faisant tuer un million et demi de Français et blesser quatre autres millions ?
Benoît XV partait du Père céleste qui regarde tous les peuples comme ses enfants. Aussi importants que soient les désaccords et les conflits d’intérêts, il n’y a pratiquement pas d’enjeu politique pouvant justifier des coûts humains aussi exorbitants que ceux de la Grande Guerre. Cette grande guerre civile européenne était un suicide pour l’Europe dans le monde.
Faut-il pour autant considérer comme des victimes les héros qui combattirent et moururent ? Certainement pas.
Il faut commémorer leur sacrifice et aimer la patrie. Cela n’implique aucun aveuglement. La misère du soldat est de devoir mettre des vertus souvent hors du commun au service de politiques rarement mieux que médiocres. Sa grandeur est de ne pas aimer la guerre et de faire ce qu’il faut dans des situations devenues impossibles.
 
Qui fut à l’origine de cette guerre ?
L’opinion dominante répète que le nationalisme a causé la guerre et que le libéralisme internationaliste est toujours le seul à pouvoir garantir la paix — genre de demi-vérité qui exploite l’Histoire au profit d’intérêts fort peu pacifiques.
Car premièrement, si la cause de la guerre réside dans les nationalismes, ce n’est vrai que si nous précisons bien : nationalismes impériaux. La guerre de 1914 est clairement le choc de tels impérialismes, essentiellement la rivalité de l’empire britannique et de l’empire allemand. 
Deuxièmement, cet impérialisme est complètement issu des Lumières et de leurs idéologies, qui font de chaque État l’incarnation de la Raison. Le libéralisme avant 1914 était inséparable du nationalisme impérial des Britanniques, comme il l’est aujourd’hui de celui des Américains. "
Rule Britania, Britania rules the waves
, etc."
Troisièmement, cet impérialisme n’était pas seulement politique, mais d’abord économique. Je rappelle que l’ouvrage de Lénine, publié avant-guerre, intitulé L’Impérialisme, stade suprême du capitalisme, était basé sur les travaux et le consensus des économistes bourgeois et fut publié librement en Russie avec le visa de la censure tsariste.
 
Et la France là-dedans ?
La France ayant perdu sa chance d’accéder à l’empire à cause des folies de la Révolution et de Napoléon, a dû se positionner entre les deux principales puissances après 1871. Elle avait le choix entre une politique de paix, en se rapprochant de l’Allemagne et en modérant ainsi l’impérialisme britannique, et une politique de guerre, en s’alliant à la Grande Bretagne. La France a d’abord choisi la paix, avec le ministre Gabriel Hanotaux. Au tournant du siècle, la gauche radicale vient au pouvoir. Alignée sur la logique économique anglaise, elle ne peut offrir les réformes sociales qui attendront 1945. Elle a besoin d’ennemis pour faire oublier la lutte des classes ? Le clergé catholique et le Boche feront l’affaire. Donc, avant tout, politique de guerre, par la gauche radicale, jacobine et anticléricale, nationaliste et germanophobe, tel le successeur d’Hanotaux aux Affaires étrangères, Delcassé. L’extrême-droite, par haine de tout ce qui serait raisonnable, vint à la rescousse de la gauche belliciste, cependant que l’Allemagne acculée agit sans finesse et s’abandonna à des instincts brutaux.
Si nous savions lire l’Histoire, nous saurions mieux lire le présent et choisir sagement notre avenir.

Paru sur aleteia.org, 12 novembre 2018

Rétrospective sur le Brexit

Publié dans Avec l'Europe
Rétrospective sur le Brexit
 
Le vote sur le Brexit (23 juin 2016) est l’un des évènements historiques les plus importants depuis l’effondrement du mur de Berlin. Il convient d’en mesurer d’ores et déjà la portée et toute la signification. Il détruit le statu quo européen, il nous fait nous poser les questions qu’on évite depuis longtemps sur la construction européenne, et fait entrer notre continent dans une nouvelle période risquée et inconnue. Essayons de penser sur ce sujet avec une parfaite honnêteté intellectuelle. 
 
Premièrement, les nations européennes veulent-elles, oui ou non, conserver un régime démocratique ?
Il convient de se demander si le mandat donné par le peuple britannique sera appliqué ou non. Certes, l’avantage du camp Brexit dans le vote n’est pas énorme, mais il est supérieur par exemple au résultat du oui au traité de Maastricht (1992) en France (51%). Ce mandat sera-t-il dilué dans une manœuvre parlementaire comme l’a été le non au traité constitutionnel en France en 2005 ? La classe dirigeante britannique trouvera-t-elle toutes les bonnes raisons de ne pas faire jouer l’article 50 ? Les pouvoirs européens oseront-ils s’affranchir une nouvelle fois de la volonté populaire et traiter le peuple anglais comme ils ont traité les Grecs l’année dernière ?
Cette question nous montre le véritable enjeu de la construction européenne, enjeu que la campagne du Brexit /Remain n’a pas guère abordé : les nations européennes veulent-elles, oui ou non, conserver la démocratie ? Car on admet que la démocratie directe soit filtrée par la démocratie représentative. Pourtant, si ce qu’on appelle une démocratie représentative est telle qu’elle soit en tout en contradiction avec ce que seraient les décisions d’une démocratie directe, il n’y a plus aucune raison pour parler de démocratie représentative, ni donc de démocratie tout court. 
 
La démocratie existe en Europe dans le cadre des nations, et aujourd’hui uniquement dans le cadre des nations. Le Parlement européen a très peu de réel pouvoir ; et en aurait-il davantage, il s’agit d’une institution de démocratie extrêmement indirecte et qui a souvent participé au court-circuitage des volontés populaires non conformes à celle de certaines élites. Certes, on peut envisager qu’à long terme se construise une nation européenne, avec un seul peuple (démos), une culture plus homogène, un même sentiment national et des institutions démocratiques. Mais aujourd’hui, il n’y a pas de démocratie possible en Europe, car il n’existe pas de peuple européen, et c’est encore vrai pour plusieurs générations. Entre temps, l’Union européenne sera pendant soixante-dix ou cent ans la chose de ses dirigeants, qui par ailleurs peuvent très bien avoir de bonnes intentions. Est-il raisonnable, aujourd’hui, au nom de la raison, d’abolir la démocratie ? Telle est la question. Elle n’est pas sortir ou non de l’Union européenne ; il s’agit de sortir ou non de la démocratie. Faut-il considérer que l’Homme européen a besoin d’un nouveau régime, celui d’un despotisme éclairé et doux ?
 
L’Europe, comme on le dit à raison, est diverse et compte des dizaines de peuples qui ont tous des intérêts et des cultures diverses. La démocratie requiert la souveraineté. Pour dire les choses simplement, un peuple qui n’est pas souverain n’est pas une démocratie. Les gens peuvent y avoir des droits et vivre heureux, sans craindre pour la sécurité de leurs personnes ou de leurs biens, mais ils ne sont plus citoyens. Ils sont sujets. Ils obéissent à des lois faites par une autorité à laquelle ils ne participent pas, et obéissent à des dirigeants qui ne sont pas responsables devant eux. Les Français ont été sujets de leurs rois pendant huit siècles. N’oublions pas que tant que tout va bien en Europe, il est facile de parler d’harmonie et d’intérêts communs. Mais en temps de crise financière et économique violente, les intérêts des peuples européens seront aussi contradictoires que ceux de créanciers et de débiteurs, il n’y aura plus d’intérêt commun, mais l’intérêt des plus forts.
Ainsi, mutualiser les souverainetés nationales, c’est déconstruire les démocraties nationales, au profit d’un pouvoir étatique européen dont il est illusoire et / ou mensonger de penser qu’il pourra être démocratique avant plusieurs générations. En comparaison, toute considération économique ou financière est secondaire.
 
Europe, Empire et République
La construction européenne arrive donc à ce moment que la République romaine a connu à l’époque de César. Elle comprend que pour agréger des peuples et des cultures si différents, un régime de libertés civiques n’est pas suffisant, et qu’il faut un pouvoir beaucoup plus fort et centralisateur. César fut l’homme qui sacrifia la République (aristocratique) romaine pour assurer l’Empire. Car par sa taille, l’Union européenne a une dimension impériale. Or, un Empire ne tient que s’il est capable de répondre à la demande économique, sécuritaire et culturelle des peuples auxquels il prend leur liberté politique, de combattre ces forces centrifuges que sont les souverainetés et traditions nationales. Ainsi, aujourd’hui, si Bruxelles veut démontrer sa capacité à construire une union politique, elle doit démontrer sa capacité à générer une grande prospérité et des emplois riches pour tous les Européens qu’elle privera de leurs droits démocratiques, tout en étant capable de briser les volontés d’indépendance nationale.
 
Quant à l’idée selon laquelle on va demain démocratiser l’Union, tout en étant résolu à continuer à compter pour nulles et non avenues les expressions démocratiques des peuples, c’est une vaine idée. L’exemple du referendum grec de l’année dernière montre comment à la première tension grave, il est difficile de concilier démocratie et unité européenne, et montre aussi quel est le choix des autorités européennes quand la question se pose.
Et si l’Union, tout en privant les peuples de leurs droits démocratiques effectifs, se montre incapable de démontrer son utilité économique et de remplir son rôle de sécurité, alors l’union politique n’a aucun avenir autre que la dictature.
 
Quel est l’avenir de l’Union européenne dans sa forme politique ? La réponse à cette question dépend de la réponse aux questions précédentes. Bien entendu, l’Europe peut s’en tenir au marché commun envisagé au début, et se limiter à une alliance entre démocraties souveraines qui mettent en commun leur poids en négociant ensemble face aux grandes puissances. Mais cette version économique de l’Europe n’est clairement pas le chemin que suivent les pouvoirs européens. 
 
L’Europe de la déconstruction ne mérite pas d’exister. Renouveau de la culture européenne ?
La liberté est une belle chose, mais qui ne vaut rien sans la raison et sans le bien. La réciproque est vraie aussi. C’est probablement là que gît le problème. Sans l’autorité de la culture, les pouvoirs sont sans force pour réformer, et la culture de liberté individuelle nihiliste qui domine aujourd’hui dans la sphère publique et médiatique ne nous fait plus vivre et n’a de force que pour déconstruire
La liberté restera sans force et s’évanouira, ou ne se réaffirmera que sous forme d’insoumission, de jacqueries et de sottises, tant qu’elle ne retrouvera pas le Bien. Encore une fois, toute potestas dépend de l’auctoritas de la culture. En son état postmoderne, la culture européenne nous place en face de contradictions insolubles et de violences rivales, celle de la populace tentée par la rébellion, ou celle de la technocratie qui écrase tout en croyant imposer la raison, ou celle des élites libérales qui accaparent et sont tentées par des pratiques fascisantes face à la nullité des démagogues et l’aveuglement des peuples. Si l’on veut préparer l’avenir, il faut passer à un humanisme supérieur qui rende à la liberté sa force en retrouvant la loi de paix et ses trois fondements, nature, raison et Dieu.   

Paru sur henrihude.fr, 26 novembre 2018

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