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HUREAUX  Roland

HUREAUX Roland

Né le 14 juin 1948
Marié  -  enfants
 

Essayiste

Ecole normale supérieure (Saint-Cloud)
Institut d'études politiques (IEP)
Ecole nationale d'administration (ENA)
Agrégé d’histoire
 
Sous-préfet
Diplomate
Conseiller technique
à la Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale (DATAR)
Conseiller
     Cabinet du président de l’assemblée nationale (Philippe Séguin)
     Cabinet du Premier ministre (Edouard Balladur)
Professeur associé à l’Institut d’études politiques de Toulouse
Rapporteur à la Cour des Comptes. 
 
Ouvrages
Un avenir pour le monde rural (1993) - Pour en finir avec la droite (1998) - Les hauteurs béantes de l’Europe (1999) - Le temps des derniers hommes (2000) - Les nouveaux féodaux (2004) - Jésus et Marie-Madeleine (2005) - L’actualité du gaullisme (2007) - L’Antipolitique (2007) - La grande démolition (2012) - Gnose et gnostiques des origines à nos jours (2015)

Articles
Publiés dansCommentaire, Communio (Revue catholique internationale) , La Revue des deux mondes,   Liberté politique, Le Figaro, Le Monde, Libération, Marianne, … etc.
Membre du comité de rédaction de Commentaire.

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La punition de la France

Publié dans En France
La punition de la France
 
Macron, instrument de la mise en tutelle de la France
"Il faut ignorer l'Allemagne, pardonner à la Russie et punir la France." La déclaration faite en mars 2003 par Condolezza Rice, la conseillère du président Bush pour la sécurité nationale, est la réaction au refus de notre pays de participer à la deuxième guerre du Golfe.
Thomas L. Friedman, le célèbre éditorialiste du New York Times, allait plus loin : pour lui, la France "n'est pas seulement une alliée irritante ou une rivale jalouse. Elle est devenue l'ennemie des Etats-Unis".
 
Delenda est Gallia
Qu’avait donc fait la France ? Avait-elle envoyé des commandos au secours de Saddam Hussein ? Lui aurait-elle livré des armes ? Avait-elle interdit le survol de son territoire aux avions de l’OTAN ? Pas le moins du monde : elle s’était contentée de ne pas participer à la coalition qui a détruit l’Irak en 2003 dans une guerre qui, selon Donald Trump lui-même, fut une erreur. Une erreur fondée sur l’idée que l’Irak avait un programme d’armes de destruction massive, ce qui s‘est avéré faux. Mais l’Empire à son apogée (ou à son déclin ?) est ombrageux : il veut désormais des alliés inconditionnellement alignés.
Qu’a donc été la punition promise par Madame Rice ?
Nous le savons aujourd’hui : empêcher que la France ait des présidents susceptibles de s’écarter de quelque manière que ce soit de l’hégémonie américaine, et qui donc aient quelque personnalité. Bref, priver la France de chefs susceptibles de s’opposer aux États-Unis ou même de faire le moindre écart par rapport à leurs diktats.
C’est ce qui est arrivé à partir du retrait de Chirac.
Sarkozy avait certes quelque caractère mais il était intellectuellement acquis à l’hégémonie américaine. Il a fait voter le traité de Lisbonne, réintégré la France dans le commandement intégré de l’OTAN, s’est engagé dans la guerre de Libye et a participé au déclenchement de la guerre de Syrie.
Hollande a été un allié encore plus docile, voire servile du grand frère américain et de l’ensemble des forces occidentales qui le soutiennent.
La faiblesse de ces personnalités, leur manque de classe, l’alignement veule de la diplomatie française sur celle de l’OTAN, y compris contre nos intérêts les plus évidents même quand cette diplomatie s’est avérée criminelle (soutien aux terroristes), tout cela a conduit à un mépris universel pour la France. Elle ne compte plus et personne ne s’intéresse à ce que disent ses représentants, spécialement le dernier président.
Le discours de Villepin à l’ONU sous Chirac en 2003, avait été le chant du cygne de la diplomatie française, précisément ce qu’il fallait punir (1).
 
Les mécanismes de l’asservissement
Comment en est-on arrivé à pareil résultat ?
Il fallait en tous les cas contourner l’obstacle de l’élection du chef de l’Etat au suffrage universel voulue expressément par le général de Gaulle pour s’assurer que le président français aurait du caractère.
Quand quelqu’un comme Condolezza Rice parle comme elle l’a fait, c’est qu’elle avait quelques moyens d’agir sur notre pays, autres que le boycott du roquefort. Loin de nous de voir en tout l’effet d’un complot. Il reste que ces néoconservateurs américains dont elle était le porte-parole savaient ce qu’ils disaient en parlant de "punir la France". Par quelles manipulations comptaient-ils le faire ?  Nous n’en aurons pas de sitôt le dernier mot. Wall Street n’intervient pas forcément de manière directe : il subventionne des fondations qui n’ont rien d’autre à faire qu’à suivre la politique des Etats européens et à veiller à leur alignement.
Ils utilisent pour cela des moyens variés. Les demi-habiles, comme disait Pascal, croient que l’influence passe par des pressions économiques : une bonne politique du personnel, planifiée assez en amont, est bien plus efficace (2). Le recours au chantage n’est pas exclu. A tort ou à raison, certains voient dans la docilité d’Angela Merkel l’effet de telles méthodes. C’est pourquoi les plus vulnérables à ces pressions ont plus de chances qu’on les laisse émerger - comme autrefois les Soviétiques avaient favorisé l’élection au secrétariat général des Nations unies de Kurt Waldheim dont ils étaient les seuls à connaitre le passé nazi. Mais l’élection de candidats médiocres résulte aussi de l’élimination de tous ceux qui le sont moins, qui pourraient avoir l’audace de jouer les fortes têtes dans le concert européen ou atlantique.  Beaucoup ne se doutent même pas qu’ils ont été victimes de cette mécanique. 
Il ne faut pas pour autant imaginer une organisation internationale centralisée. C’est de soft power qu’il s’agit : les adhérents à la doxa internationale dans les pays concernés sont suffisamment nombreux et puissants (spécialement dans les médias et en France), pour agir par eux-mêmes.
 
Le cas Macron
La présente élection présidentielle met au jour de manière particulièrement visible, voire caricaturale, ces mécanismes par lesquels on veut "punir la France".
Nombre de Français se désolent de ne retrouver au second tour que Marine Le Pen installée par l’appareil médiatique dans la position du repoussoir et Emmanuel Macron lequel, comme par hasard, apparait comme la figure achevée du leader dont les réseaux transatlantiques rêvent. Il est peu compétent en politique internationale et donc prêt à s’aligner sur l’Allemagne, Bruxelles et surtout l’État profond américain qui a soutenu Hillary Clinton et qui, malgré Donald Trump, promeut un état de guerre larvée contre la Russie et poursuit politique de déstabilisation de la Syrie en s’appuyant sur les djihadistes. Un Macron partisan non seulement de maintenir mais de renforcer l’Europe et de l’euro, partisan de toutes les évolutions libertaires (mariage homosexuel en tête), du libre-échange et du mondialisme avec sa conséquence, l’écrasement des classes moyennes, partisan de l’immigration et donc de l’arasement des classes populaires et de la balkanisation du pays, du reniement de la France (coupable selon lui de crime contre l’humanité et qui n’a pas de culture !). On pourrait continuer : sur aucun sujet, nous disons bien aucun, Macron ne s’écarte du discours dominant dans les forces qui le soutiennent. Pourquoi le candidat préféré des médias colle-t-il d’aussi près à la doxa ? Adhésion spontanée, personnalité immature et flexible apte à prendre les postures que l’on attend de lui ou bien contrainte implacable de ses mentors ? Rappelons que le premier dîner de levée de fonds de Macron a été organisé à Londres par un cadre de Goldman Sachs, or ces gens ne plaisantent pas : ils exigent un alignement à 100 %.
 
C’est précisément ce qu’ils ne trouvaient pas chez Fillon. Malgré la discrétion du candidat  des Républicains et son adhésion à l’essentiel de la doxa : libre-échange, Europe de Bruxelles, euro, programme économique libéral, non remise en cause des "avancées" libertaires, François Fillon voulait, conformément à la tradition gaulliste, faire évoluer la position française l’égard de la Russie. De même que la France de Chirac avait été tenue pour une ennemie de l’Amérique par sa simple abstention dans la guerre d’Irak, la politique de Fillon était jugée inacceptable car non entièrement alignée.
 
La haute banque, avec tout ce qui tourne autour, ne se contente plus d’un pouvoir d’influence sur des hommes que le peuple élirait librement, elle veut désormais prendre le contrôle direct du pouvoir politique. A l’évidence Macron est l’instrument consentant et passif de cette prise de contrôle.
La victoire de Fillon à la primaire des Républicains, contre un Juppé préprogrammé lui aussi, témoignait d’une perte de contrôle momentanée du système. Eliminer par tous les moyens Fillon que cette victoire plaçait sur orbite pour la présidence, tel était le but de l’opération de déstabilisation fondée sur les salaires (parfaitement légaux) versés à son épouse, exécutée par une justice aux ordres et relayée en grand par une presse désormais monolithique. Que l’opération ait été concoctée par Macron, principal bénéficiaire, et ses proches, Hollande et Jouyet en tête, qui peut en douter ?
Cette opération viole, est-il nécessaire de le rappeler, tous les usages de la République par l’ingérence éhontée de la justice dans un processus électoral, sorte de « coup d’état » sans précédent dans l’histoire électorale de notre pays. 
Elle vise à porter à l’Elysée par tous les moyens Emmanuel Macron, punition suprême du peuple français. Le peuple français se laisser a-t-il encore manipuler ? On aurait tort de sous-estimer sa capacité de réagir. 
 
(1) Cela dit sans préjudice de l’évolution ultérieure de Villepin ;
(2) Le film de Polanski, The ghost writer, illustre à merveille cette planification très en amont du personnel politique européen. Les révélations qu’il contient ne sont évidemment pas étrangères aux problèmes judiciaires rencontrés par le réalisateur, à partir de faits vieux de 40 ans. 

roland.hureaux.over-blog.com, paru dans Liberté politique, 5 mai 2017

Le deuxième tour...

Publié dans En France
Le deuxième tour de la présidentielle reste très ouvert
 
Tout le monde semble dire que le second tour de l’élection présidentielle est déjà plié : Macron a suffisamment d’avance pour faire une élection de maréchal.
Il a même fait la fête comme s’il y voyait déjà. Au Front national, certains ressortent la vieille rengaine que l’échéance décisive sera 2022, oubliant qu’en politique les trains passent rarement deux fois. Les médias, tout au long de la fastidieuse soirée du 23, nous ont ressassé qu’il n’y avait qu’un seul vote possible et que c ‘était Macron, qu’il fallait impérativement "faire barrage au Front national".
Les derniers mois nous ont pourtant rappelé que ceux qui pensaient gagner dans un fauteuil, comme Fillon en janvier, s’exposent à bien des déconvenues. La présente campagne, plus que d’autres, nous a habitués à d’étonnants rebondissements.
 
Les sondages sont à 60/40 en sa faveur. Mais ils étaient aussi à ce niveau en faveur de Clinton contre Trump à deux semaines de l’élection et c’est Trump qui a gagné. En 2012, Sarkozy devait être battu avec le même écart : il n’a perdu que par 52/48.
Contrairement à ce qu’assènent les médias, le scrutin est encore très ouvert.
Marine le Pen n’est certes pas arrivée en tête. 22, 3 % (soit 1,2 % au-dessous de Macron), c’est moins que les 27 % annoncés pendant longtemps. La différence c’est tout simplement Dupont-Aignan à 5%. Plus Lassalle, Asselineau, Cheminade qui pêchaient dans les mêmes eaux.
Les reports de voix sont encore très incertains : les électeurs de Hamon iront pour la plupart à Macron, c’est sûr. Ceux de Mélenchon n’iront pas à Le Pen mais quelle proportion s’abstiendra ? Les gens de l’extrême-gauche ne sont pas tous complètement idiots et ils voient bien, pour la plupart, que Macron, candidat de la haute finance, est aux antipodes ce qu’ils sont. Les Républicains sont coupés en deux mais pas au niveau des dirigeants qui, presque tous, ont déjà appelé à voter Macron, y compris Fillon. Leurs électeurs en revanche sont loin d’être sur la même ligne. Il n’est pas sûr que, surtout en province, ils suivent ces consignes. Déjà 40 % ont l’intention de voter pour Marine Le Pen. Que feront les autres ?  
 
Au total, les deux camps sont plus équilibrés qu’il ne parait.
D’autant que l’électorat de Marine Le Pen est stabilisé : ceux qui ont voté pour elle au premier tour, comme la grande majorité de Français, savent qui elle est. Très peu de Français, par contre, savent qui est vraiment Emmanuel Macron. Nous pensons bien sûr aux 2 millions d’euros gagnés chez Rothschild et qu’il aurait dépensés à raison d’1 smic par jour sans rien mettre de côté : étrange personnalité pour lui confier la France ! Certains de ceux qui ont assisté à ses réunions ont eu le même sentiment de quelqu’un de bizarre, voire malade. Les 58 % de Français propriétaires savent-ils qu’il se propose de doubler l’impôt foncier ? Qui sait que Macron est le principal auteur du plafonnement des allocations familiales de décembre 2014 et que la politique familiale ne figure même pas au programme de ce candidat notoirement "gay-friendly" ? Qu’il veut ouvrir encore plus grand les portes de l’immigration ? Qui sait qu’il envisage, libéralisme oblige, de généraliser le travail du dimanche ? C’est tout cela et bien d’autres choses que ne savent ni ses électeurs du 1er tour, ni ceux qui comptent se reporter sur lui au second tour. Or ils ont le droit de le savoir. On ne confie pas la maison France à n’importe qui. Sa rivale a deux semaines pour faire la lumière sur lui. Toute la lumière. Il faut espérer qu’elle le fera mieux que Fillon à qui cette tâche revenait au premier chef et qu’il a si mal faite.  

L’élection de Macron ...

Publié dans Du côté des élites
L’élection de Macron sonnerait le glas de la démocratie
 
Il se peut que les observateurs qui, suivant les sondages qui donnent Emmanuel Macon vainqueur de la présidentielle de 2017 n’aient pas compris ce qu’une telle victoire aurait de subversif pour la démocratie française.
Certes, formellement, l’élection serait régulière.
Mais elle aurait été obtenue à un prix qui ne pourrait laisser qu’un goût amer.
 
Une manipulation judicaire
D’abord la manipulation judicaire partie de l’Elysée qui a abouti à affaiblir considérablement François Fillon. Une fois posé l’usage de l’alternance démocratique, depuis longtemps admis dans notre pays, il paraissait naturel qu’après un quinquennat de Hollande particulièrement désastreux – au point d’interdire au sortant de se représenter - le candidat de la droite de gouvernement, François Fillon, désigné au terme d’une primaire incontestée, prenne la relève avec ses équipes.
Pour des raisons qui restent à éclaircir, Hollande et son entourage ne l’ont pas admis. Turpitudes à cacher, affaiblissement du sens républicain, égoïsme sordide, Hollande a décidé de remettre en cause cet usage en mettant tous les moyens de l’Etat, les moyens judicaires en premier lieu, en marche pour détruire l’image du candidat dans l’opinion, dans l’espoir de conserver l’Etat PS qu’il avait mis en place.
S’il est vrai qu’au début, Hollande a espéré réaliser cette opération pour lui-même, son retrait et la faiblesse du candidat socialiste ont fait qu’elle a profité à Emmanuel Macron. Ce dernier ne pouvait pas ne pas être au courant de ces manigances : proche de Jean-Pierre Jouet, secrétaire général d’Elysée que l’on dit au centre de la manœuvre, ayant eu le secrétaire général adjoint Boris Vallaud, mari de Najat Vallaud-Belkacem comme chef de cabinet à Bercy, quand il était à la tête d’une administration fiscale qui n’a pas de secret pour son patron, le candidat Macron apparait au cœur d’une manipulation dont il est le premier bénéficiaire.
Est-il utile de dire qu’en ayant la haute main sur le parquet financier, qu’il a créé et où il a effectué les premières nominations, et en permettant son instrumentalisation politique, Hollande n’a pas respecté, c’est le moins qu’on puisse dire, l’article 64 de la Constitution selon lequel "le président de la République estgarant de l’indépendance de l’autorité judiciaire ?" 
On pourra alléguer que Francis Fillon aurait pu se défendre mieux. Il reste que la manœuvre qui a déstabilisé sa candidature est sans précédent dans une République où le pouvoir judiciaire était tenu par la loi et par la coutume à l’écart de la politique et où les présidents de la République successifs n’avaient jamais dans le passé utilisé de tels moyens.   
 
Une presse dont le pluralisme est évacué
L’autre dévoiement auquel Macron devrait, s’il était élu, son élection, est la quasi-unanimité de la presse écrite et audio-visuelle en sa faveur – contre François Fillon.
Cela aussi est sans précédent dans la démocratie française.
L’affaire Fillon n’aurait pas eu le retentissement que l’on sait si la presse ne s’en était délectée hors de toute mesure, pendant des semaines et des semaines, avec une insistance sans proportion avec la gravité toute relative des faits. 
Une telle unanimité tient sans doute à la sociologie journalistique dont la formation orientée et l’esprit grégaire tel qu’il s’est développé dans les écoles de journalisme et les salles de rédaction, plus le terrorisme intellectuel interne au milieu, assurent une large majorité aux plumes de gauche et d’extrême-gauche, même dans les journaux classés à droite, dont témoignent tous les sondages
Elle tient aussi à l’accaparement des médias par des groupes financiers diffusant presque tous une idéologie libérale-libertaire, compatible avec la gauche, et qui pouvait être hostile à ce que représente François Fillon : la bourgeoisie catholique enracinée de filiation gaulliste. On sait les sentiments favorables pour Macron de gens comme Pierre Bergé et Xavier Niel, patrons du Monde et del’Obs, Bernard Arnault, patron des Echos et du Parisien, Vincent Bolloré, patron de Canal Plus, François Pinault, patron duPoint et naturellement des patrons de toutesles chaînes publiques. On sait aussi par quelles manœuvres Macron ministre des finances s’est acquis l’appui de Patrick Drahi bénéficiaire d’une autorisation d’achat de SFR qui représente un avantage de plusieurs milliards et qui possède, BFM, Libération, L’Express. Le candidat Macron s’est attiré d’autres sympathies moins connues dans la presse régionale : Jean-Michel Baylet, Michel Lucasa.
 
Nous savons depuis deux siècles que la démocratie est inséparable du pluralisme de la presse. Cette unanimité des médias en faveur d’un seul candidat, au détriment des dix autres, est le signe d’une dégénérescence profonde de notre héritage démocratique. Il y a un précédent, l’unanimité de la presse nord-américaine en faveur d’Hillary Clinton. Elle n’a certes pas empêché Trump d’être élu mais elle l’empêche de gouverner. Là aussi une vieille démocratie est en train de déraper dangereusement.   
A l’appui de la presse s’ajoutent les moyens financiers colossaux dont semble bénéficier le candidat Macron et dont l’origine demeure mystérieuse. Là aussi nous nous trouvons en rupture avec une époque où la répartition de ces moyens n’était certes pas égalitaire mais où elle était plus équilibrée.
A ces deux dimensions qui ont infléchi le résultat des urnes, s’ajoutent, dans une pénombre plus difficile à scruter, les pressions internationales qui s’exercent en faveur de Macron, soldat sans états d’âme de tous les réseaux qui se sont attachés au fil des ans à réduire la souveraineté de la France : OTAN (avec ses têtes nord-atlantiques pro Clinton), Union européenne, Allemagne, sans compter les réseaux propres à la haute finance dont le candidat est issu.
 
Perméabilité d’une personnalité apte à se plier à tous les conditionnements et qui semble à bien des égards immatures ? Conditionnement propre à la dernière génération de Sciences Po, style Richard Descoings ? Exigences impitoyables de certains commanditaires hors du champ des radars ? Il faut bien dire que, sur aucun sujet, Macron n’a pris la moindre distance par rapport aux idées dominantes dans le monde occidental : immigration, euro, russophobie, libre-échange, éducation, idées libertaires etc. Au point d’apparaitre comme un candidat formaté à l’avance pour imposer à la France ce qui dans la plupart des domaines suscite le rejet du peuple.
Connaissant ces rejets de plus en plus violents, qu’attestent de nombreux sondages, les forces qui appuient Macron semblent avoir choisi de passer outre, de passer à la vitesse supérieure pour imposer aux Français un président qui reflète leurs idées : celles des maîtres du monde. En raison de la difficulté même de l’entreprise, ils n’ont pas lésiné sur les moyens.
 
Ce sont ces moyens qui ont permis au candidat Macron, grâce à des méthodes de communication adaptées et sans doute cher payées, quoique parfois ridicules, de faire illusion au point que la distance abyssale entre ses vraies idées et les aspirations profondes du peuple français n’apparaisse pas au grand jour.
Rien ne dit que leurs yeux ne s’ouvriront pas avant le second tour. Il est dans la logique de la Ve République telle que l’a voulue le général de Gaulle que le peuple français n’élise pas son président sans un face à face ultime où il regarde les yeux dans les yeux celui auquel il va confier son destin. Mais si d’aventure tel n’était pas le cas, et que Macron soit quand-même élu, le réveil serait rude. Les Français ne pourraient qu’avoir le sentiment de s’être fait forcer la main avec de moyens déloyaux. Comment ne verraient-ils pas dans cette élection un véritable hold-up sur la république ? Compte tenu de la place de la France dans l’histoire de la démocratie, ce serait là le signe d’une crise grave de celle-ci. Il n’est pas sûr qu’une telle élection acquise avec de tels moyens, ne prélude pas à un rejet violent et rapide du nouveau président.

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