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HUREAUX  Roland

HUREAUX Roland

Né le 14 juin 1948
Marié  - 7 enfants
 

Essayiste

Ecole normale supérieure (Saint-Cloud)
Institut d'études politiques (IEP)
Ecole nationale d'administration (ENA)
Agrégé d’histoire
 
Sous-préfet
Diplomate
Conseiller technique
à la Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale (DATAR)
Conseiller
     Cabinet du président de l’assemblée nationale (Philippe Séguin)
     Cabinet du Premier ministre (Edouard Balladur)
Professeur associé à l’Institut d’études politiques de Toulouse
Rapporteur à la Cour des Comptes. 
 
Ouvrages
Un avenir pour le monde rural (1993) - Pour en finir avec la droite (1998) - Les hauteurs béantes de l’Europe (1999) - Le temps des derniers hommes (2000) - Les nouveaux féodaux (2004) - Jésus et Marie-Madeleine (2005) - L’actualité du gaullisme (2007) - L’Antipolitique (2007) - La grande démolition (2012) - Gnose et gnostiques des origines à nos jours (2015)

Articles
Publiés dansCommentaire, Communio (Revue catholique internationale) , La Revue des deux mondes,   Liberté politique, Le Figaro, Le Monde, Libération, Marianne, … etc.
Membre du comité de rédaction de Commentaire.

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La culture générale, ...

Publié dans A tout un chacun

La culture générale, c'est la liberté

Il semble que l'on reconnaisse désormais un homme de droite à sa balourdise : après les avoir refusées pendant quelques années, il finit par faire siennes les idées que la gauche promeut depuis quinze ou vingt ans. En dénonçant la culture générale dans les concours de la fonction publique, André Santini retarde, lui, de quarante ans. En accusant la culture générale de favoriser les candidats aux concours issus des classes aisées ayant hérité dans leur famille d'une meilleure assise culturelle, il ne fait que reprendre, le sait-il ? les idées répandues au cours des années soixante par le sociologue d'extrême gauche Pierre Bourdieu et par son école. M. Santini, héritier de mai 68 ? Même s'il officie auprès d'un président qui a prétendu liquider l'héritage de cette "révolution", rien de devrait nous étonner.
Le propos de M. Santini est saugrenu à plusieurs titres :

D'abord on se demande combien d'enfants de la bourgeoisie grande ou moyenne se précipitent sur les concours de la fonction publique des catégories B et C, puisque apparemment ceux-là seuls - pour le moment - sont visés par l'ire du ministre.
On pourrait ensuite demander à M. Santini si à l'heure de la culture audiovisuelle de masse, d'internet et des familles recomposées, il connaît encore beaucoup de tables bourgeoises où les enfants, ne prenant la parole que quand leurs parents les y autorisent, forment leur esprit à écouter des conversations quotidiennes à haute teneur littéraire ;
M. Santini, pourtant ministre de la fonction publique, ignore sans doute qu'on ne l'a pas attendu pour appliquer au moins en partie les idées de Bourdieu dans certains concours d'Etat et pas des moindres : celui de l'ENA.
Dès 1970, pour ne pas défavoriser les fonctionnaires besogneux sortis du rang, le poids des épreuves de culture générale fut réduit au profit de notes de synthèse sur dossier ne présupposant aucune connaissance antérieure. M. Santini ignore a fortiori les effets désastreux de ces réformes - jamais remises en cause à ce jour - auxquelles on doit pour l'essentiel les accusations justifiées de formalisme à l'encontre de l'enseignement (ou plutôt du non-enseignement) qui est dispensé dans cette école. Le mépris pour les connaissances a vidé de sa substance l'enseignement dispensé à l'ENA (mais aussi dans beaucoup d'autres écoles "d'application") et entraîné un grave recul du niveau de notre haute fonction publique. Ainsi les hauts fonctionnaires français qui comprennent l'économie théorique se compte-t-ils sur les doigts de la main, y compris à l'Inspection des finances. Faute de considération, l'épreuve de culture générale est devenue une caricature se résumant à l'art de mettre en ordre dans un français passable les poncifs du jour. Et dans les concours de catégorie inférieure, l'épreuve s'est transformée en jeu des 1000 francs à base de Q.C.M. Pour le coup, M. Santini a raison de dénoncer cette épreuve. Mais ce qu'il faut, c'est lui redonner de la substance, sûrement pas le coup de grâce.


Loin de favoriser la justice sociale, les épreuves de type nouveau ont presque toujours eu l'effet inverse. Les notes de synthèse ont donné lieu à une scolastique d'autant plus sélective qu'elle était occulte (alors que les qualités qui faisaient une bonne dissertation de culture générale étaient connues dans toute l'Université). En opposant le bon sens à la culture générale (on frémit de penser à ce que pourra être une épreuve de bon sens dans un Etat où cette vertu semble avoir disparu à tous les échelons), André Santini a l'air de penser que l'on peut avoir dans un domaine donné la science infuse - prendre en tous les cas la bonne décision - sans rien connaître du sujet que l'on traite. C'est au nom de cette illusion qu'a prévalu dans nos concours le plus inique élitisme. Il est bien connu qu'il suffisait d'être un jeune homme de bonne famille, grand et si possible au regard clair, bien habillé, regardant en face le jury, ayant de la répartie mais courtois, sachant quelques généralités mais sans érudition pesante, pour l'emporter haut la main en impressionnant des jurys composés de fonctionnaires moyens toujours fascinés par les jeune maîtres. Il est notoire que si Jacques Chirac est bien sorti de l'ENA, c'est bien plus à cause de son culot ou de sa prestance (la "note de gueule", autre nom sans doute du bon sens cher à A. Santini) que de ses connaissances. Le refus de juger sur les connaissances s'est répandu dans d'autres épreuves, les écoles de commerce par exemple. Au lieu de l'interroger sur un sujet, de plus en plus on demande au candidat de se présenter, de faire part de ses expériences. Le concours de connaissances a été remplacé par le concours de mensonges. Ceux que leur famille ou leurs amis ont instruits savent quel subtil cocktail de voyages à l'étranger, d'action humanitaire et de hobbies originaux, il faut présenter pour être dans le vent et emporter la conviction 
M. Santini ignore aussi que les idées de Bourdieu, ce grand républicain de gauche ont fait plus que tout pour détruire l'égalitarisme républicain. La culture générale, l'orthographe, les bonnes manières que l'école primaire apprenait laborieusement aux petits campagnards du temps de Jules Ferry favorisent, dit-on, les enfants les mieux nés. Rabaissons donc les exigences pour plus d'égalité. Le résultat : un affaissement des niveaux et surtout des méthodes de travail, de la rigueur, dont pâtissent d'abord les enfants du peuple doués qui n'ont pas de solution alternative à l'école publique et dont bénéficient au contraire les authentiques bourgeois qui peuvent compenser les déficiences du système public par la famille, par les cours particuliers ou tout simplement du fait que les diplômes étant dévalorisés, ils auront plus facilement le pied à l'étrier à l'entrée dans la vie. Le recul de l'égalité des chances en ce début de XXIe siècle, bien réel, a pour principal responsable l'auteur des Héritiers, inspirateur de M. Santini. 

"Il vaut mieux une tête bien faite qu'une tête bien pleine" (Rabelais) ; "Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée" (Descartes). On ne saura jamais quels abus ont permis ces deux maximes si typiquement françaises. Descartes parlait sans doute par antiphrase. A son époque, Richelieu, Colbert étaient des hommes de bon sens. Mais aujourd'hui ? M. Santini peut-il citer une seule décision prise par son gouvernement qui soit irrécusablement marquée au coin du bon sens ? Qui donc dans notre univers devenu fou jugera du bon sens de l'apprenti policier ? Sûrement pas ceux qui ont promu l'absurde fusion de la police et la gendarmerie.
Et qu'est-ce qu'une tête bien faite ? Faute de le savoir, on préjuge aujourd'hui qu'elle est bien faite si elle est vide, pourvu qu'elle ait quelque allure. Si les Français sont aussi mal vus dans les enceintes internationales, c'est que beaucoup y arrivent sans connaître les dossiers et néanmoins s'y expriment avec assurance, sûrs qu'ils sont que leur tête, dont la bonne facture a été validée par des concours prestigieux, les fonde à parler sans savoir.
Je ne connais rien en mécanique automobile et pourtant je crois avoir la tête bien faite. L'apprenti mécanicien n'a que son BEP, mais dès qu'il s'agit d'automobile, il raisonnera plus juste que moi. Préfère-t-on être opéré par un chirurgien qui a un QI de 150 et connaît mal l'anatomie ou un autre qui ne l"a que de 110 mais est un spécialiste reconnu ? La réponse semble aller de soi. Nous ne connaissons personne qui, sachant très bien son sujet, y déraisonne. Nous en connaissons au contraire beaucoup qui s'égarent, si brillants soient-ils, dans une matière qu'ils ignorent.
Cela est vrai des spécialités mais cela est vrai aussi de l'intelligence générale : le bon sens, la capacité à raisonner juste dépendent bien plus de connaissances ou d'une expérience étendues que de vertus innées. S'il est, dans un monde aussi complexe que le nôtre, quelque chose qu'il ne faut pas dévaloriser, c'est le savoir et un large savoir étendu à beaucoup de domaines, n'est-ce pas précisément la culture générale, ce qu'on appelait autrefois la "science des rois" parce qu'elle était nécessaire au bon gouvernement des hommes. Qui a dit "la véritable école du commandement est la culture générale" ? Un cuistre obscur ? Non, Charles de Gaulle.

On aura compris que la foucade d'André Santini, qui lui ressemble bien peu puisqu'il semble être un des rares hommes politiques un peu cultivés de sa génération, visait à complaire à un président, lui, notoirement inculte. Ce dernier crut bien faire il y a quelques mois, dans son apologie de l'inculture, de prendre pour cible La princesse de Clèves. Je ne connais pourtant pas beaucoup de candidats à des concours qui aient été jamais été interrogés sur La Princesse de Clèves. C'est d'ailleurs dommage. Non parce que ce beau roman français est un éloge de la fidélité conjugale mais parce que l'auteur (l'auteure ?) s'y attache à mettre en forme romanesque les maximes de son ami La Rochefoucauld qui sont précisément un des meilleurs textes qui soient pour former le bon sens.

Jean Baechler a pointé un autre lien entre la culture générale et le bon sens. Le terreau de l'idéologie, dont on connaît toutes les grandes et les petites folies auxquelles elle conduit est, dit-il, une culture insuffisante. Sans culture, les hommes ne sont guère attirés par les idées générales. Très cultivés, ils savent la complexité du monde et se méfient des idées trop simples. A moitié instruits, ils seront vulnérables à toute conception du monde un peu simplifiée qui leur donne l'illusion de tout comprendre, ce qu'est précisément l'idéologie. Or dès que l'on creuse les multiples décisions dépourvues de bon sens prises par nos gouvernants, on trouve une forme ou une autre d'idéologie ou à tout le moins une simplification abusive.

Mais il faut sans doute aller plus loin pour comprendre la haine de la culture générale répandue dans certaines élites, et là nous touchons quelque chose d'inquiétant : le fait que la culture générale est la condition de la liberté. La culture tout court, à tous les niveaux, est source de liberté : celle du paysan dépositaire de la longue mémoire des jours, de l'artisan héritier d'une tradition ancestrale, comme celle du haut fonctionnaire qui connaît les combats pour la liberté qui sous-tendent les principes généraux de notre droit, celle du journaliste qui connaît l'histoire de France ou celle du cadre d'entreprise qui connaît l'histoire sociale. Burke l'a dit, on ne peut critiquer le présent qu'en s'appuyant sur autre chose : des valeurs permanentes, la connaissance du passé ou généralement les deux. Celui qui n'a aucun point d'appui intellectuel ou moral en dehors de l'immédiateté des choses se trouve livré pieds et poings liés aux puissances de l'heure, qu'elles soient idéologiques ou économiques. Une société sans culture, c'est une société amnésique, qui vit au présent. On pourra lui imposer n'importe quoi sans qu'elle y trouve à redire : la régression sociale aujourd'hui, la fin de la démocratie demain, les aventures militaires après-demain. L'anti-intellectualisme des mouvements fascistes qui cherchaient l'obéissance inconditionnelle, n'avait pas d'autre raison. La culture fait un peuple. L'inculture ne fait que des masses.

Tous ceux qui ont contribué à saper la culture générale au cours de la dernière génération, M. Bourdieu en tête, ont préparé le retour du fascisme ou à tout le moins d'une société inhumaine où des masses anonymes, ne sachant plus d'où elles viennent ni qui elles sont, seront une masse facile à manoeuvrer pour une élite mondialisée qui ne craint rien tant que la survivance de l'esprit de liberté.

Du quinquennat

Publié dans En France
Un des effets méconnus du quinquennat est que le président en place est quasiment inéligible ; il ne sert à rien que la révision de la constitution ait prévu d'interdire plus de deux mandats consécutifs. Il n'y en aura pas plus d'un. Pourquoi ?

 Dans l'état de frustration où se trouve l'opinion française depuis trente ans, les majorités sortantes sont presque systématiquement désavouées par le peuple.
De Gaulle est en fait le seul président de la Ve république qui ait été vraiment réélu. C'était en 1965 et ce fut avec une majorité bien plus courte que prévu : 55 % contre 45 %. Ensuite ? Pompidou mourut avant d'être soumis à réélection. Giscard d'Estaing fut battu au bout d'un mandat. Quant à MM. Mitterrand et Chirac qui furent l'un et l'autre réélus une fois, on oublie que cela ne leur fut possible que parce qu'ils "bénéficièrent", si l'on peut dire, d'un temps de cohabitation avec un premier ministre du bord opposé où, privés de l'essentiel de leur pouvoir, ils purent se refaire une virginité, devenant de facto, tout en demeurant sous les lambris de l'Elysée, le chef de l'opposition. Sinon, il ne fait aucun doute qu'ils eussent été balayés à la fin de leur premier mandat.
En raison du quinquennat, dont un des buts était de faire coïncider le mandat présidentiel et le mandat législatif, Nicolas Sarkozy ne bénéficiera pas (sauf à provoquer une dissolution difficilement compréhensible) d'un temps de cohabitation. Malgré le redoux de la présidence européenne, sa cote de popularité demeure basse et, la crise économique s'approfondissant, s'abaissera encore. Cela sans espoir de retour : la partie de l'opinion qu'il a déçue ne veut plus entendre parler de lui et il n'a aucune chance de se la réconcilier.
Donc pour M. Sarkozy, on peut le dire aujourd'hui : aucune chance de réélection.
Comment cela se passera ? Qu'importe. En pleine pantalonnade du Congrès de Reims, Arcachon, une des circonscriptions les plus à droite d'Aquitaine a élu un socialiste. Il y a de fortes chances qu'en 2012, n'importe quel socialiste batte le président sortant. A moins qu'il ne soit pas présent au second tour : soit parce qu'il aura été éliminé au premier par un rival de son camp : MM. Bayrou, Dupont-Aignan ou quelque autre dissident ; soit que la majorité, dans un réflexe de survie ne le laisse pas se représenter comme elle le fit avec M. Chirac la dernière fois.
Le scénario importe peu. Dès que les députés de l'UMP auront tous compris que leur destin politique ne dépendra pas de Nicolas Sarkozy lors du prochain renouvellement de l'Assemblée, il y a fort à parier que la vie du président ne sera pas une partie de plaisir.
Cela sans compter les effets de la réforme constitutionnelle qui a vu l'élargissement des pouvoirs de l'assemblée (en permettant au Parlement de ne discuter qu'un projet gouvernemental revu en commission et en renonçant presque aux facilités au vote bloqué, dit 49-3), dont le caractère imprudent ne s'explique que parce que le président était sûr de tenir sa majorité, ce qui sera de moins en moins le cas.

Retraites par capitalisation

Publié dans En France

Le moment ne serait-il pas venu en France de développer les retraites par capitalisation ? La proposition paraîtra incongrue à tous ceux qui voient la détresse des retraités américains frappés par la crise boursière et incertains de leur avenir, les fonds de pension auxquels ils ont confié leurs cotisations étant en grave difficulté. Loin de nous l'idée, promue avec tant d'ardeur par certains libéraux, que les retraites par capitalisation seraient la panacée. On ne peut au demeurant que se réjouir de voir que les pays d'Europe qui fondent leur système sur la répartition se trouvent en bien meilleurs posture aujourd'hui face à la crise financière qui frappe l'économie mondiale. Mais ce n'est pas une raison pour jeter la capitalisation aux orties. Si l'on fait abstraction des turbulences actuelles, entre les tenants de la capitalisation et ceux du statut quo, la vérité est sans doute entre les deux. Nous nous plaçons bien sûr dans l'hypothèse de régimes de retraites obligatoires : le débat répartition/capitalisation a en effet été plombé en France par l'idée que le recours à la capitalisation serait volontaire et donc réservé aux plus hauts revenus. 

Si la répartition est une garantie contre les crises financières, une certaine dose de capitalisation est, elle, une garantie à long terme face à la crise démographique qui pointe à l'horizon. Quelle dose ? Quand un retraité reçoit sa pension en année N, celle-ci provient, dans le régime de répartition d'une ponction sur les revenus du travail de l'année N, dans le régime de capitalisation d'une participation aux revenus du capital de la même année.
Quand le retraité va chez les commerçants dépenser sa retraite, ce ne sont pas des biens produits il y a dix ou vingt ans, au moment où il cotisait, qu'il achète, ce sont des biens produits dans l'année en cours et ces biens le sont, comme tous les biens, par une combinaison du facteur capital et du facteur travail. Il est donc logique que la composition de la retraite reflète la part de chacun des facteurs. C'est pourquoi l'idéal serait de viser un équilibre reflétant la part du capital et celle du travail dans la production des richesses, soit environ ¼ - ¾. Un quart pour la capitalisation trois quart pour la répartition. 

Pourquoi aborder la question aujourd'hui ?
Parce que la constitution de fonds de retraite par capitalisation était jusqu'à une date récente obérée par une impossibilité financière: si l'on voulait en effet assurer à terme une retraite décente à tous les salariés (et pas seulement à certains d'entre eux), sachant qu'il faut entre temps continuer à verser les retraites par répartition, la mise de fonds nécessaire représentait un doublement des cotisations pendant vingt ans. Autant rêver.

La chute spectaculaire de la bourse change en partie la donne. Avec le CAC 40 à 3000, la constitution du capital coûte moins cher qu'à 6500. On peut imaginer que les caisses de retraite - ou un organisme ad hoc - lance un grand emprunt national garanti par l'Etat afin d'acheter un fonds d'actions destiné à amorcer la pompe de la capitalisation. Un fonds de ce type, appelé Fonds de réserve pour les retraites, maigrement doté il est vrai, avait d'ailleurs été institué auprès de la Caisse des dépôts et consignations en 2001. Paradoxe : il est question aujourd'hui que la bourse est au plus bas, non point de l'alimenter mais de le fermer !
C'est pourtant une vérité de bon sens que, si on veut constituer un capital pour le très long terme, il faut le faire quand le capital n'est pas cher. Les spécialistes diront s'il faut acheter aujourd'hui ou attendre encore une nouvelle baisse. Ce qui est certain, c'est que nous avons aujourd'hui une occasion unique et qu'il faut peut-être la saisir.
Quel meilleur moyen au demeurant qu'un tel pari sur l'avenir pour réinjecter un peu de confiance dans l'économie ?

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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