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JOURDIER Francois

JOURDIER Francois

Né le 9 juin 1930
Marié - 6 enfants 



Contre amiral (2°S) 



Ecole navale (1949)


Directeur du Centre d'Essais de la Méditerranée (1981-1986)
Inspection des Armements nucléaires (1978-1980)
Commandant du Bâtiment Atelier Jules Verne (1975-1976)
Etat-major des Forces Françaises du Sud de l'Océan Indien 
     à Madagascar puis à la Réunion (1972-1974)
Commandement du bâtiment de débarquement de chars (BDC) Bidassoa (1968-1969)
Ecole des Applications militaires de l'énergie atomique (1963-1968)
Divers embarquements
Guerre d'Indochine dans les forces fluviales du Sud VietNam (1952-1954)


Ouvrages
La désinformation et le journal Le Monde  (2004) Indochine 1952-1954 - Les Luc Binh - Souvenirs d'un marin du fleuve  (2008)
De Judas à Tartuffe - Lettres au Monde  (2009)
 


Distinctions 
Officier de la Légion d'Honneur
Officier de l'Ordre National du Mérite
Croix de guerre des TOE (Théâtre des opérations extérieures)
Chevalier des palmes académiques

URL du site internet:

Non à Mayotte 101ème département

Publié dans En France
Connaissez vous Mayotte cette île de l’archipel des Comores au Nord Ouest de Madagascar ? Savez vous ce qu’est réellement cette île qui doit devenir le 101ème département français en mars 2011 à la suite d’un vote fort discret du Parlement le 3 août 2009 : un simple article N° 63 à la fin d’une loi organique traitant essentiellement de la Nouvelle Calédonie ?
Le 29 mars 2009, un referendum organisé à Mayotte avait approuvé la départementalisation de l’île à une large majorité, 95% des votants.
Mais vous a-t-on demandé votre avis ?
Pourtant conformément à l’article 53 de la Constitution vous auriez du être consultés puisque c’est vous qui allez payer, cher, les conséquences de cette décision. La seule raison de ce changement de statut est une promesse électorale de Nicolas Sarkozy, une lettre datée du 14 mars 2007 : Mayotte, c’est à peu près 70 000 voix.
Depuis, l’affaire a été conduite dans l’illusion, le mensonge et la dissimulation.

Il faut savoir ce qu’est Mayotte : l’île la plus au sud des quatre Comores entre Anjouan et Madagascar, détachée des autres îles par une décision de la France, condamnée par l’ONU et l’Union Africaine, à la suite du référendum du 22 décembre 1974 sur l’accession à l’indépendance : Mayotte contrairement aux autres îles et à la majorité des Comoriens avait voté pour le maintien de son rattachement à la France.
Mayotte constituée en TOM avait vu son statut évoluer jusqu’au statut du 2 juillet 2000 d’une Communauté départementale relevant de l’article 74 de la Constitution. Le statut de COM (Communauté d’Outremer, nouvelle appellation), permet une adaptation au contexte local et toutes les évolutions nécessaires. C’est le statut dont relèvent, St Pierre et Miquelon, Wallis et Futuna, et la Polynésie Française. Remarquons que bien que revendiquée depuis 1974 pour s’aligner sur la Réunion, jamais la départementalisation n’avait été promise.
C’est en 1840 que Mayotte qui était gouvernée par un roi Sakalave venu de Madagascar demanda la protection de la France, qui venait de s’installer à Nosy Be (Madagascar), contre les trois autres Comores gouvernées par des sultans d’origine arabe qui y pratiquaient la razzia notamment d’esclaves. Mayotte devint colonie française le 25 avril 1841. Par la suite la France étendra son protectorat aux trois autres iles : Grande Comore, Anjouan et Mohéli.
En 1946, les Comores furent séparées de Madagascar et devinrent territoire d'outre-mer. Depuis 1975 les Comores, sauf Mayotte, sont indépendantes.

Mais Mayotte n’a rien à voir avec un département français :
L’Islam y est pratiqué par 98% de la population, les Comores furent islamisées au XIII° siècle, et plus de 60% des Mahorais ne parlent pas français, les deux langues principales usuelles proviennent du malgache et du swahili. En 2007, date du dernier recensement, la population était de 186 452 habitants, avec un taux d’accroissement annuel de 5,8%. Il y avait en 1974, 47000 Mahorais. Cela fait une densité effarante de 500 habitants au km2. L’immigration clandestine est considérable et incontrôlée, il y aurait à Mayotte quelque 60 000 clandestins malgré l’expulsion annuelle de quelques 20 000 clandestins venus pour la plupart d’Anjouan ; en particulier les Comoriennes viennent accoucher à Mayotte d’enfants appelés à devenir citoyens français le droit du sol s’appliquant.
La maternité de Mamoudzou est ainsi la plus grosse maternité de France avec 7 000 naissances annuelles. Soixante-cinq à 75 % de ces naissances seraient en fait issues de l'immigration clandestine.
Les avantages sociaux dont jouissent déjà les Mahorais, quoique très inférieurs encore à ceux de la Réunion - en particulier le RSA n’existe pas - exercent un attrait irrésistible sur l’ensemble des Comoriens qui sont dans la misère. La départementalisation alignant les droits sociaux sur ceux de la métropole, ne fera qu’augmenter cet attrait. Le revenu moyen est déjà dix fois supérieur à celui des Comores.
Mais les Mahorais ont un mode de vie très particulier : ils peuvent choisir entre :
-  le statut de droit commun, identique à la métropole
- un statut personnel dérogatoire au Code civil et à la laïcité, réservé aux musulmans originaires de Mayotte.
Ce statut dont relève la majorité de la population est très proche de la charia : le code civil et le code pénal ne sont pas appliqués, on juge selon le droit coutumier, la polygamie est admise même si elle doit progressivement, théoriquement disparaître. La répudiation des femmes encore en usage devrait aussi disparaître.

Il faut savoir que en vertu de l’article 75 de la Constitution, les Mahorais qui le désirent pourront conserver leur statut ; bien que contraires à la Constitution, les mariages polygames resteront valables, nous aurons donc un département français où la laïcité ne s’appliquera pas et ou une grande partie de la population sera polygame et vivra conformément à un statut coutumier sans rapport avec le droit français.
Et ne croyez pas comme on vous le dira, que les Mahorais changeront leur mode de vie et s’aligneront sur le nôtre : en 2000, le sénateur mahorais Marcel Henry déclarait au Sénat : "Or, vous n'espérez sûrement pas que, dans dix ans, les Mahorais auront changé de religion et de statut personnel".
Ce sont les cadis qui jusqu’à maintenant tenaient l’ensemble de l’état civil selon la tradition musulmane : on est "fils ou fille de", sans patronyme. On naît "vers... " Depuis 2001, une commission de révision de l’état civil (CREC), s’est attelée à la tâche, c’est un travail de Pénélope compliqué par la polygamie et l’immigration clandestines. On vise la fin 2010, une échéance totalement irréaliste. D’ailleurs la CREC vient de simplifier les dossiers de régularisation, on sait ce que cela veut dire : on va attribuer la nationalité française sans contrôle suffisant.

Dans sa lettre aux Mahorais du 14 mars 2007, Nicolas Sarkozy promet si il est élu, une départementalisation progressive "Cette évolution devra se faire progressivement et de façon adaptée, afin de ne pas fragiliser le développement économique et social de votre île."
Ce n’est pas possible, car une fois départementalisée, à Mayotte, conformément à l’article 73 de la Constitution "les lois et règlements sont applicables de plein droit. "
Les Mahorais ne seront pas longs à exiger et obtenir l’alignement des prestations sociales sur celles de la Réunion, non pas en 20 à 25 ans comme annoncé. Les transferts annuels à partir de la métropole sont estimés alors à un milliard d’euros à la charge de tous les contribuables.
Déjà le 2 décembre 2009, de violentes manifestations à caractère raciste, protestaient contre la vie chère, les instituteurs, des fonctionnaires, les électriciens, le personnel hospitalier, les services pénitentiaires, les éboueurs, revendiquent et font grève.
Il est bien évident que ce développement matériel et social va accroître encore l’attrait de Mayotte pour les autres Comores, Madagascar et l’Afrique.
Déjà on est contraint d’élever un mur de radars et de vedettes de gendarmes tout autour de l’île pour empêcher l’arrivée d’Anjouan des pirogues kwassa kwassa surchargées, provoquant la noyade de nombreux clandestins, on parle de plusieurs milliers. On expulse actuellement 20 000 clandestins par an, 26 000 de la métropole.
Mayotte a très peu de ressources propres : tourisme, pêche locale, cultures vivrières, ylang ylang, une plante à parfum, vanille. Aucun développement ne sera possible avec le coût de la main d’œuvre. Au contraire, le volume des exportations agricoles diminue depuis vingt ans et la main-d’oeuvre employée dans le secteur primaire décline, alors même que la population active de Mayotte a triplé entre 1991 et 2002. On ne peut que rapprocher cette évolution de l’économie des autres départements d’outremer. Mayotte va vers une économie de comptoir, vivant de transferts et de subventions et totalement artificielle. Cette fausse croissance va devenir un véritable "miroir aux alouettes" pour toute l’Afrique orientale.
Mayotte pourra prétendre au statut de Région Ultrapériphérique Européenne : on refuse à juste titre l’adhésion de la Turquie et on fait entrer le monde swahili autrement exotique dans l’Europe. Mayotte va devenir une porte béante pour l’immigration clandestine de toute l’Afrique orientale en Europe.

Alors que faut il faire ?
D’abord consulter les Français par référendum : veulent ils accueillir dans leur communauté 200 000 citoyens relevant d’un statut contraire à la Constitution et ayant un mode de vie totalement différent du leur. Ensuite comprendre que le développement de Mayotte ne peut se faire que dans le cadre de sa région qui comprend les autres Comores, l’Afrique orientale et Madagascar ce qui nécessite de ne pas créer un déséquilibre trop grand : le niveau de vie va être 30 fois plus élevé à Mayotte qu’à Anjouan. Il faut assurer le développement des Comores ce que la France n’a pas fait quand elle avait la charge de l’archipel. Cela coûtera moins cher que ce que coûtera la départementalisation de Mayotte. Il ne faut rien créer d’irréversible mais faire évoluer le statut de Mayotte, puisqu’on ne peut pas rendre l’Ile à l’archipel, en fonction de son évolution sociale et de son développement économique.
Tout cela nécessite une mobilisation de l’opinion ce qui n’est pas gagné, étant donné le silence assourdissant qui a accompagné cette décision irresponsable.

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