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JOURDIER Francois

JOURDIER Francois

Né le 9 juin 1930
Marié - 6 enfants 



Contre amiral (2°S) 



Ecole navale (1949)


Directeur du Centre d'Essais de la Méditerranée (1981-1986)
Inspection des Armements nucléaires (1978-1980)
Commandant du Bâtiment Atelier Jules Verne (1975-1976)
Etat-major des Forces Françaises du Sud de l'Océan Indien 
     à Madagascar puis à la Réunion (1972-1974)
Commandement du bâtiment de débarquement de chars (BDC) Bidassoa (1968-1969)
Ecole des Applications militaires de l'énergie atomique (1963-1968)
Divers embarquements
Guerre d'Indochine dans les forces fluviales du Sud VietNam (1952-1954)


Ouvrages
La désinformation et le journal Le Monde  (2004) Indochine 1952-1954 - Les Luc Binh - Souvenirs d'un marin du fleuve  (2008)
De Judas à Tartuffe - Lettres au Monde  (2009)
 


Distinctions 
Officier de la Légion d'Honneur
Officier de l'Ordre National du Mérite
Croix de guerre des TOE (Théâtre des opérations extérieures)
Chevalier des palmes académiques

URL du site internet:

Milosevic innocent

Publié dans De par le monde
Milosevic innocent
 
On se souvient que Slobodan Milosevic, ancien président de la Yougoslavie, a comparu devant le Tribunal Pénal International pour la Yougoslavie (TPIY) pour des crimes de guerre dont il aurait été responsable en Bosnie. Très opportunément pour l'accusation, Milosevic est mort dans sa cellule en mars 2006.
Or finalement TPIY a conclu que Milosevic était innocent des crimes dont il était accusé.
Normalement cette conclusion aurait du être diffusée par las médias, il n’en a rien été, personne n’en a parlé et le TPIY lui-même a bien pris soin de l’enfouir aussi profondément que possible dans son verdict de 2 590 pages du procès du leader serbe bosniaque Radovan Karadzic, condamné en mars dernier pour génocide crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Sans le journaliste et chercheur
Andy Wilcoxon qui l'a déterrée on n'en aurait rien su.
 
Les choses étaient différentes quand le procès du prétendu "Boucher des Balkans" a débuté en février 2002, tout le monde en fut averti. CNN assurait alors la couverture de ce qu’il décrivait comme "le procès le plus important depuis Nuremberg". Bien entendu, la culpabilité de Milosevic allait de soi.
Il faut se rappeler que, à l’origine, les charges contre Milosevic, quant à de prétendus crimes de guerre au Kosovo, ont été formulées en mai 1999, au plus fort de la campagne de bombardements massifs de l'OTAN sur la Yougoslavie, et à un moment où la guerre ne se déroulait pas comme prévu par les États-Unis et leurs alliés.
L’ennui pour l’OTAN est qu’au moment où le procès de Milosevic allait commencer, les accusations des USA et de leurs alliés à propos de génocide et de centaines de milliers de tués s'étaient déjà révélées des mensonges. En septembre 2001, une cour de justice de l'ONU allait établir qu'il n'y avait pas eu de génocide au Kosovo.
 
Non seulement Milosevic n'a rien eu à voir avec le nettoyage ethnique de Bosnie, mais il l'a au contraire condamné. Le jugement du TPIY note "les critiques et la désapprobation répétées [de Milosevic] de la politique suivie par l'accusé (Karadzic) et les dirigeants serbes de Bosnie." Et pourtant il fut comparé à Hitler quand il eut la témérité  de se défendre devant le tribunal : le rédacteur politique du News of the World  écrivit : "On aurait dit Hitler revenu se pavaner ". Rien moins.
Cette affaire est à rapprocher des accusations bidon par lesquelles Bush justifiait la guerre qu’il voulait mener en Irak pour se débarrasser de Saddam ou celles formulées en Libye contre Kadhafi.
En 1999, c’était Milosevic, aujourd’hui, c’est Assad ou Poutine, rien ne change.

Source Thucydide (Agora-Vox) – envoyé par l'auteur, 19 août 2016

Et Donald Trump est arrivé

Publié dans Avec l'Europe
 Et Donald Trump est arrivé
 
L’hypothèse de l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis est maintenant plausible. Si cela advient voilà qui risque de changer la nature des choses surtout en Europe, la doctrine de Trump étant "America first".
En particulier, Trump s’indigne que la charge de la défense du monde libre par l’OTAN soit à 70% supportée par les Etats Unis et demande une meilleure répartition du genre 50/50 avec l’Europe. Il remet aussi en cause le principe fondateur de l’OTAN : l’automaticité de la défense de chaque Etat membre s’il est attaqué. Il évoque en particulier les Pays Baltes qu’il considère visiblement comme faisant partie de la "basse-cour" russe et la Pologne.
Il y a là de quoi réfléchir à l’utilité de l’OTAN et envisager une autre politique européenne. Il est certain que la politique occidentale incarnée par l’OTAN s’est montrée agressive vis à vis de la Russie au point de faire resurgir des odeurs de guerre froide. Sans remonter à la guerre de Géorgie où les Occidentaux avaient à l’évidence poussé le président Mikheil Saakachvili à une confrontation bien imprudente avec la Russie, on ne peut que constater que la révolution ukrainienne a été largement encouragée voire suscitée en particulier par un accord d’association proposée par l’Union Européenne. Depuis le retour de la Crimée dans le giron russe et la révolte du Dombass ont entrainé l’imposition de sanctions à la Russie dont elle souffre certes mais également nuit à l’économie européenne. On ne compte plus les gesticulations agressives de l’OTAN, exercices en mer Baltique, crainte quelque peu paranoïaque de la Pologne et des Etats Baltes d’une agression Russe, tentative de débauchage des états de la zone d’influence russe, Moldavie, Biélorussie, renforcement de la présence militaire dans l’est de l’Europe et pour finir sommet de l’OTAN à Varsovie.
 
Dans ces conditions si les Etats Unis refusent d’assurer la sécurité inconditionnelle de l’Europe, on ne voit pas l’intérêt du maintien de l’OTAN qui nous entraine à des interventions pour la défense d’intérêts qui ne sont pas les nôtres, à mener une guerre à l’américaine toute en technologie, ce qui est coûteux et peu efficace et à confier notre défense à une alliance dominée par les Etats Unis. Ne vaudrait il pas mieux que l’Europe quitte l’organisation militaire de l’OTAN et réfléchisse à une défense autonome au prix d’investissements suffisants ?
La politique étrangère devrait également être revue et basée sur les intérêts européens. Pour neutraliser la menace russe le mieux serait d’enterrer la hache de guerre, de mettre une croix sur l’Ukraine et la Crimée où nous n’avons strictement rien à gagner, de respecter la zone d’influence russe, de lever évidemment les sanctions et de négocier des accords économiques avec la Russie
 
Les économies européennes et russes sont à l’évidence complémentaires et tout le monde a à gagner à des échanges fructueux.
Il faudrait bien entendu arrêter les négociations du traité transatlantique TAFTA qui transformerait définitivement l’Europe en protectorat américain. Notons d’ailleurs que Donald Trump entend se rapprocher de Vladimir Poutine, ce qui d'ailleurs est déjà en cours dans la lutte contre l’Etat Islamique en Syrie et que le président russe faute d’un accord avec l’Europe a entrepris un rapprochement avec la Turquie dont l’évolution est pour le moins ambiguë.
Le Brexit en écartant de l’Europe l’allié le plus indéfectible des Etats Unis devrait faciliter cette évolution politique, c’est une opportunité à saisir.

Envoyé par l'auteur - dejudasatartuffelettresaumonde.hautetfort.com, 5 août 2016

Revoir notre politique en Syrie

Publié dans En France
Revoir notre politique en Syrie
 
On a vu les deux chefs de la diplomatie russe et américaine, Sergueï Lavrov et John Kerry se rendre ensemble à l’ambassade de France à Moscou pour signer le registre de condoléances.
John Kerry était arrivé la veille dans la capitale russe ayant en main un projet de coopération militaire destiné à coordonner les raids aériens des deux armées contre les djihadistes de l’Etat islamique et du front al-Nosra succursale en Syrie d’al-Qaida. 
Après cinq ans de guerre civile Syrienne, ayant pour but de déboulonner Bachar el Assad, John Kerry propose à Vladimir Poutine de collaborer au sein d’un "Centre de Commandement commun" situé près d’Ammam en Jordanie où les forces spéciales américaines entrainent des rebelles syriens depuis plusieurs années.
Dans ce centre qui abriterait "des experts (des deux pays) en identification, ciblage d’objectifs et en planification de frappes aériennes", Américains et Russes "partageraient du renseignement" pour "permettre une coordination en vue d’opérations militaires contre al-Nosra", peut-on lire dans ce projet d’accord.
Cela serait un changement majeur dans les relations russo–américaines qui actuellement se limitent à des échanges d’informations pour éviter les collisions de leurs avions.
 
La semaine dernière, François Hollande, depuis le sommet de l’Otan à Varsovie, avait lui-même appelé Américains et Russes à intensifier leur coopération contre al-Nosra. C’est bien la filiale syrienne d’al-Qaida qui est visée dans le plan américain.
On estime en effet qu’une fois l’Etat Islamique défait, ce qui pourrait arriver d’ici quelques mois, certains de ses membres pourraient rejoindre al-Nosra, et le renforcer. Al-Nosra partage la même idéologie que l’Etat islamique et sa capacité de nuisance dans l’est de la Syrie en serait augmentée.
Le projet n’a pas abouti à ce jour, car il exigeait que la Russie limite ses frappes à celles décidées en commun et que les avions syriens cessent de bombarder les rebelles "modérés".  Peut être arrivera-t-on à un compromis.
Ce qui est curieux dans cette affaire c’est que jusqu’à il y a peu, la France fournissait des armements à al-Nosra considéré comme de "bons islamistes" alliés aux "rebelles modérés" en lutte contre Bachar el Assad. La Turquie l’aidait de même en laissant les djihadistes passer sa frontière et en fournissant des armes.
 
Quand on pense que depuis cinq ans sévit une guerre civile encouragée par l’Occident au nom des "printemps arabes" pour remplacer Bachar par un régime démocratique qui comme partout aurait été islamiste, c’est une politique insensée que nous avons menée. Heureusement Poutine est arrivé et a remis les choses en place, il est maintenant rejoint par les Etats Unis et nous allons suivre comme d’habitude par la contremarche. Le stade suivant sera de constater que Bachar était un moindre mal. Il aura fallu cinq ans de guerre civile, deux cent mille morts, un pays ravagé pour en arriver là. Partout la France et aussi l’Occident veulent imposer la démocratie dans des pays qui ne savent pas ce que c’est et qui ne la souhaitent pas. On a ainsi déstabilisé, le Proche et le Moyen Orient mais aussi l’Afrique, provoquant conflits tribaux et religieux et nous obligeant à intervenir militairement en jouant les pompiers pyromanes.
Pour en revenir au massacre de Nice, il est certain que les divers attentats ont été suscités par l’Etat islamique en réaction à l’action américaine en Irak puis à celles de la coalition occidentale, perçues comme une "croisade".
Il serait souhaitable de réévaluer nos actions en Syrie et en Irak, relativement symboliques, pour nous consacrer à nos interventions en Afrique avec tous nos moyens.
Constatons que John Kerry n’a pas jugé bon de nous consulter avant d’entreprendre sa démarche en Russie. C’est dire le peu de considération que nous portent les Etats unis.

dejudasatartuffelettresaumonde.hautetfort.com

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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