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LAURENT Annie

LAURENT Annie







Journaliste, essayiste, conférencière,
spécialiste du Proche-Orient, de l'Islam et des chrétiens d'Orient.
 


Docteur d'Etat en sciences politiques
     Thèse sur "Le Liban et son voisinage" (Université Paris II).
 
A participé comme experte au Synode spécial des Evêques pour le Moyen-Orient, convoqué par Benoît XVI en 2010.
 
Ouvrages
Guerres secrètes au Liban (1987) - Vivre avec l'Islam ? - Saint-Paul (1996) - L'Europe malade de la Turquie (2005) - Les chrétiens d'Orient vont-ils disparaître ? (2005) - L'islam peut-il rendre l'homme heureux ? (2012) - L’islam, pour tous ceux qui veulent en parler mais ne le connaissent pas encore (2017) -

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Le Coran et Mahomet

Publié dans Au delà
Le Coran et Mahomet
 
Le statut du Coran
La référence principale sur laquelle les musulmans s’appuient pour ce qui concerne leurs croyances religieuses, leurs lois et l’élaboration de leur droit (charia et fiqh), l’organisation de leur société et leurs agissements dans le monde, est le Coran.
 
          Qu’est-ce que le Coran ?
Pour les musulmans, le Coran ("Récitation") est la Parole de Dieu ("Kalâm Allah") matérialisée en un Livre ("Kitâb Allah") que le Créateur a fait descendre vers les hommes au moyen d’une double médiation, l’ange Gabriel et Mahomet. Ce dernier s’est d’abord fait connaître comme le "Transmetteur" avant d’être proclamé "Sceau des prophètes" (33, 40). Il s’est contenté de réciter à ses compagnons une dictée venue d’en-Haut pendant une période de vingt-deux ans, d’abord à La Mecque (de 610 à 622) puis à Médine (de 622 à 632).
 
Dans sa forme matérielle, le Coran est la copie conforme d’un original, la "Mère du Livre" (Oum el-Kitâb), conservée auprès de Dieu de toute éternité (13, 39). Il s’agit d’un texte coéternel et consubstantiel à Dieu, donc préexistant à l’histoire. Contrairement à la Bible, qui se présente comme un recueil d’œuvres écrites par des hommes sous la motion de l’Esprit Saint (doctrine de l’inspiration), la créature humaine n’a joué aucun rôle dans l’élaboration et la rédaction du Coran. C’est sans doute pour accréditer cette croyance que Mahomet est réputé analphabète chez les musulmans. Les recherches récentes montrent cependant qu’il savait écrire (Cf. Alfred-Louis de Prémare, Aux origines du Coran, éd. Téraèdre, 2004, p. 65).
Quant à la langue arabe, dans laquelle le Livre est écrit, elle provient d’un choix délibéré de Dieu Lui-même, qui annonce un "Coran arabe" (41, 2-3 ; 43, 3). Si bien que, "pour la tradition musulmane, la lettre et le contenu sont indissociables et tous deux font partie intégrante de la Révélation", raison pour laquelle la prière rituelle, composée surtout de versets coraniques, n’est valide que si elle est dite en arabe, sous peine d’altération de la Parole de Dieu (Michel Cuypers et Geneviève Gobillot, Idées reçues sur le Coran, entre tradition islamique et lecture moderne, éd. Le Cavalier bleu, 2014, p. 40-41).
On voit ici la différence avec le latin, le syriaque, le copte, l’arménien ou le grec liturgiques chez les chrétiens. Ces langues expriment le sacré mais elles ne sont pas "langues de Dieu". L’arabité du Coran pose par ailleurs le problème de la licéité des traductions. Longtemps interdit, cet exercice est aujourd’hui autorisé afin de répondre aux besoins de la propagation de l’islam auprès des non-arabisants, mais on recourt alors à des euphémismes : c’est le "sens des versets" que l’on traduit et non les mots eux-mêmes.
 
Sur le fond, la "Révélation" coranique se présente comme le "Rappel" d’un "pacte primordial" (mîthâq) qui remonte aux origines lorsqu’Adam et ses descendants attestèrent de la suzeraineté de Dieu sur les hommes (7, 172-173). L’islam est donc la religion que le Créateur a conçue pour l’homme parce qu’elle est la mieux adaptée à sa nature et à sa condition. L’existence d’autres religions est dès lors aberrante et constitue autant de détournements du projet divin. Le Coran vise surtout les Écritures saintes des juifs et des chrétiens ; il prétend abroger et corriger les erreurs qui auraient été introduites dans la Torah et l’Évangile (5, 15) sous l’influence de Satan (22, 52). Mais, grâce à une protection spéciale dont les prophètes antérieurs n’ont pas bénéficié, Mahomet a échappé aux tentations démoniaques, transmettant ainsi un Coran intègre, Livre qui jouit de l’inimitabilité miraculeuse et ne peut être ni altéré ni falsifié (5, 48 ; 10, 38 ; 11, 13 ; 17, 88).
 
          Le Coran incréé
Tous ces traits confèrent au Livre saint de l’islam une autorité souveraine, englobante et contraignante. Ils sont récapitulés dans le dogme du Coran "incréé", qui s’est imposé au terme de discussions doctrinales et de violences ayant agité l’Oumma (la Communauté des musulmans) à partir du IXème siècle, dans les débuts de la dynastie abbasside établie à Bagdad. Un courant de pensée rationalisant, appelé motazilite (du mot arabe motazil = "qui s’isole"), considérait le Coran comme le vecteur créé de la Révélation de Dieu, ce qui laissait la place au libre-arbitre, à la raison et à la responsabilité du croyant. Le calife Mamoun (813-833), personnalité éclairée, chercha à imposer par la contrainte cette doctrine qu’il soutenait lui-même, mais il se heurta à de vives résistances dont tinrent compte ses successeurs. Et l’un d’eux, Moutawakkil (847-861), décréta le motazilisme hors-la-loi, initiative qui préluda à la "fermeture de la porte de l’ijtihad " (interprétation innovatrice) décidée par le calife Qadir (997-1031).
 
Depuis lors, en dépit des nombreux commentaires dont il a fait l’objet – cet exercice est largement admis -, le Coran échappe à toute analyse critique, et ceci malgré les efforts de penseurs contemporains qui militent pour un aggiornamento, certains d’entre eux considérant que la "divinité" même du Livre ne devrait plus être un obstacle ; autrement dit, qu’il ne devrait plus échapper aux traitements exégétiques et au recours à toutes les sciences disponibles, à l’instar de ce qui est pratiqué sur la Bible dans l’Église catholique (Cf. Abdelwahab Meddeb, Face à l’islam, éd. Textuel, 2004 ; Pari de civilisation, Seuil, 2009).
La position traditionnelle a été réaffirmée récemment par Ahmed El-Tayyeb, l’actuel grand imam d’El-Azhar, institution égyptienne qui jouit d’une large audience dans le monde sunnite. "La lecture historique ne peut s’accorder à l’esprit du Coran qui est un texte divin, absolu, valable pour tous les temps et tous les lieux" (Entretien au journal Le Temps, Genève, 22 janvier 2011).
 
Mahomet, le "beau modèle"
Malgré la "perfection divine" qui est reconnue au Coran, les musulmans n’y trouvent pas toujours des réponses précises à toutes les questions qui se présentent dans leur vie personnelle et communautaire. Ils disposent alors du complément fourni par la Sunna (Tradition "prophétique"), laquelle, dans l’ordre du sacré, est inséparable du Coran en raison de la prééminence de Mahomet dans l’islam. Les musulmans ont aussi à leur disposition la Sîra ("manières d’agir"), qui tient lieu de biographie officielle de Mahomet.
 
          La Sunna
Ce terme s’applique aux paroles et aux actes, voire aux silences et aux regards, attribués à Mahomet en telle ou telle circonstance. Ils ont été rapportés par ses compagnons et sa famille, notamment ses épouses. Les milliers de récits qui en résultent sont les hadîth-s. Ils ont commencé à être collectés un siècle après la mort de Mahomet (632), avec mention du nom des témoins directs ou de ceux à qui ils ont été transmis oralement (les "chaînes de transmetteurs"), selon un processus qui s’est étalé durant plusieurs générations. Sur les six recueils canoniques de hadîth-s ainsi composés, deux jouissent d’une crédibilité supérieure aux autres : ce sont les hadîth-s sahîh ("authentiques") de Boukhâri (810-870) et de Mouslim (817-875). Et parmi eux, il faut encore distinguer les hadîth-s qudsî ("saints"), équivalant à des dictées divines.
Inséparable du Coran, la Sunna lui apporte les compléments nécessaires à sa correcte compréhension, à la pratique cultuelle et à la mise en œuvre de la charia. Il arrive même qu’elle l’emporte sur l’autorité du texte coranique ou qu’elle pallie une lacune de ce dernier. Ainsi, la codification des cinq prières quotidiennes se trouve dans la Sunna et non dans le Coran. Il en va de même de la sanction pénale réservée à l’apostat, qui se fonde sur une sentence attribuée à Mahomet : "Celui qui quitte la religion, tuez-le".
Le statut privilégié de la Sunna résulte de préceptes coraniques : "Obéir au Prophète, c’est obéir à Dieu" (4, 80), car Mahomet est "le beau modèle" (33, 21). Le prophète de l’islam lui-même a fait de sa conduite une norme obligatoire, selon un propos rapporté par ses compagnons : "Celui qui délaisse ma sunna, celui-là ne fait plus partie de ma communauté" (Cité par Asma Hilali, Dictionnaire du Coran, éd. Robert Laffont, 2007, p. 850).
 
          La Sîra
Sous le titre générique de Sîra sont rassemblées des "Chroniques du Prophète" issues de récits édifiants racontés par ses contemporains. La plus ancienne Sîra a été composée par Ibn Ishâq (m. 767). Remaniée ensuite par Ibn Hichâm (m. 834), elle est aujourd’hui encore réputée comme véridique dans l’islam. On notera que les expéditions militaires de Mahomet y tiennent une place importante. La Sîra est comme un guide : elle offre aux musulmans un réservoir de gestes à méditer et d’exemples à suivre.
 
Conclusion
Nonobstant les thèmes inoffensifs qu’ils contiennent, ces textes sacrés (Coran, Sunna, Sîra) justifient au nom de Dieu toutes formes de violence et de comportements considérés comme immoraux au regard de l’enseignement du christianisme. Appliqués à la lettre, ces passages sont susceptibles de mettre en péril la paix du monde, de briser l’harmonie des sociétés et de porter gravement atteinte à la dignité des personnes.
C’est ce que dénonçait de son vivant l’intellectuel français d’origine tunisienne, Abdelwahab Meddeb (m. 2014), lorsqu’il écrivait : "Je le répète encore une fois : le Coran porte dans sa lettre la violence, l’appel à la guerre. La recommandation de tuer les ennemis et les récalcitrants n’est pas une invention malveillante, elle est dans le texte même du Coran" (Face à l’islam, éd. Textuel, 2004, p. 145-146).
 
Devant ces évidences, un certain nombre de musulmans, y compris parmi les plus savants ou parmi ceux qui exercent des responsabilités importantes dans les domaines de la religion ou du droit, nient la légitimité de la violence ou sa conformité avec les textes sacrés dont ils connaissent évidemment le contenu. A chaque excès commis en référence au Coran ou à la Sunna, ils s’empressent de répéter que l’islam est une religion "de paix, de tolérance et d’amour". Comment comprendre de telles attitudes si opposées à la réalité ? Certains de ces musulmans recourent sans doute à une forme de taqiya (dissimulation), attitude reconnue conforme à la religion, d’autant plus qu’elle a un fondement coranique.
Dans l’appréhension de ce phénomène, il faut cependant tenir compte de ceux qui, dans l’islam, optent pour une pratique paisible de leur religion.
On pense d’abord aux adeptes du soufisme, mouvement marginal et souvent combattu pour s’être éloigné de l’islam orthodoxe. Orientés vers une conception et une pratique mystiques de l’islam, les soufis répugnent en principe à la violence de type djihad belliqueux mais le caractère initiatique ou ésotérique de leurs confréries, où l’exaltation est promue, ne les met pas forcément à l’abri d’un certain fanatisme religieux.
Restent enfin les musulmans sincères qui, en conscience, déniant toute légitimité sacrée à la violence, fabriquent "leur" islam sans trop se poser de questions sur leurs Écritures sacrées. Il est difficile de mettre leur bonne foi en doute. Mais force est de constater que leurs bonnes dispositions sont jusqu’à présent demeurées impuissantes à s’imposer à l’Oumma.
Hormis quelques épisodes historiques éphémères ou des exemples individuels, rien ne pourra changer dans le rapport du monde musulman avec le reste de l’humanité tant que persisteront les dogmes du Coran incréé et de l’exemplarité de Mahomet, qui empêchent par là même la possibilité d’un magistère humain authentique, fondé sur l’autonomie de la raison et soucieux de libérer les musulmans de leur enfermement.
Paru dans La Petite Feuille Verte de l'Association Clarifier, février 2016

L'Islam et la sexualité

Publié dans A tout un chacun
L'Islam et la sexualité
 
Le regard islamique sur la femme : infériorité et méfiance
          Supériorité de l'homme
" La prééminence masculine est fondamentale en Islam ", explique le spécialiste tunisien Abdelwahab Bouhdiba dans l’un des livres de référence sur le sujet, La sexualité en Islam (PUF, coll. Quadrige, 1986, p. 31).
Le récit coranique de la création affirme l’inégalité constitutive entre l’homme et la femme. " Les hommes sont supérieurs aux femmes à cause des qualités par lesquelles Dieu a élevé ceux-ci au-dessus de celles-là " (4, 34). Ce verset reflète sans doute l’héritage patriarcal des sociétés arabes mais, du point de vue islamique, cela résulte d’une volonté divine, donc immuable. Il s’agit d’un choix arbitraire de Dieu en faveur de l’homme qui instaure une différence de dignité entre l’homme et la femme et une subordination certaine de la femme à l’homme. Ce qui explique le machisme si caractéristique de l’Islam, que le poète syrien Adonis (de confession alaouite) dénonce dans un livre récent : " L’islam assujettit la femme et fixe cette servitude par le Texte ". Il en a fait " un instrument pour le désir et le plaisir de l’homme ; il a utilisé la nature pour établir et asseoir davantage sa domination" (Violence et Islam, Seuil, 2015, p. 81 et 85).
 
Certes, le machisme se trouve à des degrés divers dans toutes les cultures, religieuses ou non, mais, selon la perspective biblique, il s’agit d’une conséquence du péché originel, faute qui a abîmé la création initiale et mis le désordre dans la relation entre l’homme et la femme, ce dont Dieu a pris acte en disant à Eve : " Ta convoitise te poussera vers ton mari et lui dominera sur toi "(Gn 3, 16). Or, le Coran occulte cette séquence biblique ainsi que le dessein de salut de Dieu destiné à racheter l’humanité pécheresse. En restituant à l’homme et à la femme leur commune dignité d’enfants de Dieu, le baptême corrige les effets pervers des débuts de l’histoire et donne à l’homme la grâce nécessaire pour éviter la tentation machiste ou misogyne. Saint Paul enseigne : " Que chacun aime sa femme comme soi-même, et que la femme révère son mari " (Ep 5, 33).
 
La préférence du Dieu de l’Islam pour les hommes se manifeste dans la plupart des prescriptions coraniques relatives à leurs rapports avec les femmes, y compris dans le cadre du mariage. Non seulement l’homme a le droit d’être polygame mais il peut répudier ses épouses selon son bon gré.
Une fois mariée, la femme ne s’appartient plus. Le Coran exige qu’elle se tienne en permanence à la disposition de son mari. "Vos femmes sont pour vous un champ de labour. Allez à vos champs comme vous le voudrez "(2, 223). On trouve dans la Sunna (Tradition) ces propos (hadîths) attribués à Mahomet : " Une femme ne doit jamais se refuser à son mari, fût-ce sur le bât d’un chameau " (cité par Ghassan Ascha, Du statut inférieur de la femme en Islam, L’Harmattan, 1987, p. 37). Sinon, "elle sera maudite par les anges" (cité par Joseph Azzi, La vie privée de Mahomet, Editions de Paris, 2007, p. 47). En revanche, " toute femme qui meurt en laissant son mari satisfait d’elle ira au paradis " (cité par Mathieu Guidère, Sexe et charia, Ed. du Rocher, 2014, p. 125).
A signaler que dans le droit occidental, le non consentement de l’épouse peut être assimilé au viol en raison de la violence qu’il implique.
Dans l’Islam, l’homme possède aussi le droit discrétionnaire de châtier son épouse.  " Admonestez celles dont vous craignez l’infidélité ; reléguez-les dans des chambres à part et frappez-les. Mais ne leur cherchez plus querelle si elles vous obéissent "  (4, 34). 

          Méfiance envers la femme
Les textes sacrés de l’Islam abondent en citations péjoratives concernant les femmes.
Coran : " O vous les croyants ! Vos épouses et vos enfants sont pour vous des ennemis. Prenez garde ! " (64, 14).
Préceptes de Mahomet : " Celui qui touche la paume d’une femme à laquelle il n’a pas d’accès licite, on lui mettra une braise sur sa paume le jour du Jugement dernier " (G. Ascha, op. cit., p. 49). Cela explique que certains musulmans refusent de saluer les femmes en leur serrant la main. " Le diable est toujours présent lorsqu’un homme se trouve avec une femme. Il est préférable qu’un homme se frotte avec un cochon qu’avec une femme qui ne lui appartient pas " (cité par J. Azzi, op. cit., p. 45).
Préceptes d’Ali (600-661), quatrième calife, cousin et gendre de Mahomet : " Il ne faut jamais demander un avis aux femmes, car leur avis est nul. Cache-les pour qu’elles ne puissent pas voir d’autres hommes ! Ne passe pas longtemps en leur compagnie car elles te conduiront au péril et à ta perte " ; " Hommes, n’obéissez jamais en aucune manière à vos femmes. Ne les laissez jamais aviser en aucune matière touchant même la vie quotidienne " (cités par G. Ascha, op. cit., p. 38).
 
Toute mixité est donc source potentielle de péché. D’où, dans les milieux les plus scrupuleux, la ségrégation entre les sexes, imposée aux adultes en dehors du cercle familial le plus proche : voitures réservées aux femmes dans le métro (au Caire, par exemple) ; salles de cours séparées dans certaines universités (il arrive aussi que les étudiantes suivent les cours sur un écran de télévision, donc hors de la présence physique du professeur masculin) ; séparation sur les lieux de travail et de loisirs ainsi que dans les fêtes familiales comme les mariages.
L’obligation du port du voile islamique en dehors du domicile, surtout dans sa version intégrale (niqab, burqa), signifie l’enfermement de la femme dont il faut se méfier, car elle est " le symbole du péché " (Adonis, op. cit., p. 83), étant entendu que dans cette religion le péché est conçu, non pas d’un point de vue de la morale ou de la loi naturelle mais de la charia inspirée du Coran et de la Sunna. Un acte est halal (permis) ou haram (interdit) selon la définition qu’en donne le Dieu de l’Islam ou Mahomet. L’interdiction de sortir seule (sans être accompagnée par un homme qui lui est "licite", donc membre de sa famille) répond à la même préoccupation.
 
La femme, objet à la disposition de l'homme
          Les musulmans et la sexualité
L’infériorisation des femmes en Islam et la méfiance qu’elles inspirent n’obligent pas l’homme à éviter de les fréquenter. Car, selon Ali, si " la femme tout entière est un mal ", " ce qu’il y a de pire en elle, c’est qu’il s’agit d’un mal nécessaire " (cité par G. Ascha, op. cit., p. 38).
La sexualité tient une place primordiale dans l’Islam. " La fonction sexuelle est en soi une fonction sacrée. Elle est un de ces signes auxquels se reconnaît la puissance de Dieu " (A. Bouhdiba, op. cit., p. 23).
Le thème de la sexualité est abondamment présent dans la Sîra (biographie de Mahomet) et dans la Sunna (Tradition). Le plaisir sexuel y est magnifié, surtout au profit de l’homme, notamment dans les sociétés où l’on pratique encore l’excision. Le Coran ne la prescrit pas mais Mahomet ne l’interdit pas. Il semble même l’approuver partiellement puisque, rencontrant une exciseuse en action, il lui aurait dit : " N’opère pas radicalement, c’est préférable pour la femme ! " (cité par Jean-Pierre Péroncel-Hugoz, Le radeau de Mahomet, Lieu commun, 1983, p. 178). Ce qui permet aux juristes de qualifier l’excision d’ " acte recommandable mais non obligatoire ".
 
Contrairement à une idée répandue mais erronée, le christianisme ne disqualifie pas la sexualité. Il y voit une réalité naturelle voulue par Dieu et destinée à concrétiser l’amour des époux dans le sacrement de mariage qui consacre l’alliance nuptiale impliquant un don mutuel et indissoluble entre eux et non la domination de l’homme sur la femme (cf. Catéchisme de l’Eglise catholique, n° 1612-1615). Saint Jean-Paul II a d’ailleurs consacré à la "théologie du corps" un enseignement substantiel.
 
En sa qualité de " beau modèle " (Coran 33, 21), le fondateur de l’Islam est digne d’imitation. Or, il recherchait lui-même la compagnie des femmes, non dans une relation parfaitement chaste comme le Christ avec les femmes de l’Evangile, mais pour assouvir ses passions. Il eut onze épouses (plusieurs d’entre elles l’ont été simultanément), dont une juive, Safia. Au sein de son harem, Aïcha était la favorite. Elle a raconté en détail les circonstances de son mariage, conclu alors qu’elle avait 6 ans et consommé lorsqu’elle eut atteint l’âge de 9 ans (cf. Leïla Mounira, Moi, Aïcha, 9 ans, épouse du Prophète, L’Age d’homme, 2002). Concernant la vie matrimoniale de Mahomet, la Sunna contient des centaines de récits attribués à Aïcha, à d’autres épouses et à des témoins directs (cf. Magali Morsy, Les femmes du Prophète, Mercure de France, 1989 ; Joseph Azzi, La vie privée de Mahomet, op. cit.).
Mahomet eut aussi des concubines (le concubinat est admis en Islam à condition qu’il fasse l’objet d’un contrat). Parmi ces dernières figuraient une Egyptienne copte, Maria, ainsi qu’une juive, Rayhâna, veuve de l’un des juifs de la tribu des Banou Qurayza qui fut massacré à Médine, en 627, avec des centaines d’autres sous les yeux du prophète de l’islam, devenu chef temporel de la cité. Selon la coutume de l’époque en Arabie, les femmes et les enfants d’ennemis tués lors du djihad ou d’une razzia étaient réduits en esclavage et répartis entre les musulmans (Olivier Hanne, Mahomet, Belin, 2013, p. 176). C’est sur ce précédent historique que se fondent les djihadistes de l’Etat islamique (Daech) pour recourir à l’esclavage sexuel, y compris sur des fillettes, au sein des populations soumises à leur pouvoir.
 
Le fondateur de l’islam a par ailleurs exalté la jouissance sexuelle. " La volupté et le désir ont la beauté des montagnes. Chaque fois que vous faites œuvre de chair, vous faites une aumône. O croyants ! Ne vous interdisez pas les plaisirs !" (cité par J.-P. Péroncel-Hugoz, op. cit, p. 188). Il a même élevé l’acte charnel au rang de la prière et de l’aumône. " Le nikâh (mariage dans le sens d’union sexuelle), c’est le coït transcendé ", écrit A. Bouhdiba (La sexualité en Islam, op. cit., p. 24). La chasteté est donc une attitude incomprise en Islam. Quant au célibat, Mahomet le considère contre-nature. " Ceux qui vivent en célibataires sont de la pire espèce ; ceux qui meurent en célibataires sont de la plus ignoble " (cité par A. Bouhdiba, op. cit., p. 113).
 
          Une sexualité codifiée
" La féminité est devenue un objet du licite et de l’illicite, à savoir un objet codifié(…). Quand nous disons " la femme en islam ", la pensée va automatiquement à son organe sexuel " (Adonis, op. cit., p. 84).
L’exercice de la sexualité fait l’objet d’une monumentale codification, détaillée à l’extrême. Outre la Sunna, une multitude de fatwas (avis religieux) répondent sans cesse aux préoccupations des musulmans sur ce sujet devenu obsédant.
Car la licéité est primordiale en ce domaine. Ainsi, le mariage islamique est conçu avant tout comme un contrat juridique, celui-ci pouvant même prendre une forme temporaire. Tel est le cas du "mariage de jouissance" (nikâh el-mutaa), qui se fonde sur un verset du Coran : " De même que vous jouissez d’elles, donnez-leur leur dot, comme une chose due. Il n’y a aucun péché contre vous à ce que vous concluiez un accord quelconque entre vous après la fixation de la dot " (4, 24). Un homme, marié ou pas, a le droit de conclure avec une femme un contrat pour la durée qui leur convient et ce contrat peut être renouvelé autant de fois que le veulent les deux partenaires. D’après la Sunna, ce type de "mariage" fut largement pratiqué par les compagnons de Mahomet. Il n’est plus aujourd’hui admis que dans l’islam chiite où on le justifie comme étant "la solution radicale du problème sexuel dont souffrent les jeunes, et qui menace l’humanité de dégradation et de décadence " (cité par J. Azzi, op. cit., p. 225).
Une telle forme de "mariage" s’apparente à l’adultère mais l’essentiel, du point de vue islamique, est qu’elle rend l’union licite, la zîna (fornication) étant sévèrement punie par la charia. Quant au viol hors mariage (normal ou temporaire), il est certes illicite, mais certains pays comme le Maroc innocentent le violeur s’il épouse sa victime.
En tout cas, l’essentiel est de sauver les apparences. " En public, quasiment tout est illicite en matière de sexualité, mais cet interdit est source de ruses et de stratégies de contournement, car la transgression permet l’exacerbation du désir et de l’imagination " (M. Guidère, op. cit., p. 43).
 
          Punition et Djihad
Pour les auteurs des harcèlements et viols de masse, les victimes, responsables de prévarication, méritent d’être punies. " Les événements de la Saint-Sylvestre sont survenus par la propre faute de ces femmes parce qu’elles étaient à moitié nues et qu’elles portaient du parfum. Il est peu surprenant que des hommes veuillent les attaquer. C’est comme mettre de l’huile sur le feu " ( Sami Abou-Yousouf, imam de la mosquée El-Tawid de Cologne,Réseau Voltaire, 23 janvier 2016).
Le motif était le même en Egypte lors de la révolution (2011-2013). Le viol public de nombreuses femmes voulait signifier à ces dernières qu’elles n’avaient pas à manifester dans la rue aux côtés des hommes et à imiter ainsi les Occidentales. Ces harcèlements communs (Taharrush gamea en arabe) sont des châtiments collectifs. Ils s’apparentent au crime d’honneur. En Islam, la femme est toujours réputée coupable des violences qui lui sont infligées.
Par ailleurs, les musulmans engagés dans le djihad contre l’Occident peuvent trouver légitime de s’en prendre aux femmes car elles constituent la partie la plus vulnérable de l’ennemi. Ils considèrent avoir une sorte de "droit de cuissage" sur les femmes de l’ennemi. Mahomet n’a-t-il pas dit : " Le bonheur de l’homme est de soulever le vêtement d’une femme de peau blanche " (cité par J. Azzi, op. cit., p. 35).
 
Conclusion
Le djihad ne se limite pas aux agressions militaires et terroristes. En l’occurrence, il s’est agi de punir les Européennes non musulmanes, coupables de s’être émancipées de la domination masculine, et en même temps d’humilier les sociétés post-chrétiennes considérées comme dépravées et arrogantes.
Paru sur associationclarifier.fr

A la suite des attentats

Publié dans En France
A la suite des attentats
Les chrétiens d'Orient face aux attentats de Paris

 
Les attentats qui ont ensanglanté Paris le 13 novembre 2015 ont profondément touché les chrétiens du Proche-Orient sans pour autant les étonner. Depuis longtemps, ils nous prévenaient que l’Europe n’était pas à l’abri des malheurs dont ils font eux-mêmes la douloureuse expérience. Mais nous n’avons pas su ou voulu les écouter. (…)
 
Clairvoyance et expérience des chrétiens d’orient
En août 2014, après avoir été contraint de quitter son diocèse conquis par l’Etat islamique, l’archevêque chaldéen de Mossoul, Mgr Emile Nona, adressait aux chrétiens du monde entier une déclaration prophétique :
"Nos souffrances d’aujourd’hui sont un prélude aux vôtres, chrétiens européens et occidentaux qui souffrirez aussi dans un proche avenir".
Et il invitait les Etats occidentaux à prendre des mesures "fortes et courageuses". Comme en écho, une Syrienne réfugiée en France confiait au lendemain des attentats : "La France a pris en son sein des gens prêts à la mettre à genoux. J’ai vu en France des barbus que je n’avais jamais vu dans ma vie en Syrie, avant la guerre".
Les Orientaux chrétiens nous invitaient à ouvrir les yeux sur des réalités propres à l’islam, réalités que nous ne voulions pas voir.
 
Le cardinal Béchara Raï, patriarche des maronites, peu avant les attentats :
"Les musulmans considèrent les chrétiens comme faibles et ils croient que, parce qu’ils n’ont pas d’enfants et pratiquent à peine leur foi, l’islam les vaincra facilement. Malheureusement, les musulmans prennent leur foi plus au sérieux que la plupart des chrétiens, et ils gagnent du terrain à cause de cela".
Critiquant la politique des Européens dans la crise migratoire, il disait :
"Il est inutile pour l’Europe de se quereller sur la question de l’accueil des réfugiés, sans traiter la cause fondamentale de l’émigration du Moyen-Orient qui est un conflit armé." (Entretien publié par l’hebdomadaire italien Famiglia cristiana daté du 5 novembre 2015).
 
Mgr Issam Darwich, archevêque melkite de Zahlé (Liban) :
"Nous avons toujours su que Daech est un danger pour le monde entier. Mais l’Europe ne l’a pas pris au sérieux(…). Les fondamentalistes ne peuvent pas supporter que des musulmans soient gouvernés par une majorité chrétienne, comme en France. Ils croient que ce devrait être le contraire, que les musulmans doivent dominer le monde entier (…). L’Europe doit modifier sa politique concernant le conflit en Syrie et ouvrir enfin les yeux (…). Il est temps de lutter contre Daech conjointement avec le gouvernement syrien. Ce n’est qu’après que nous pourrons voir comment les choses vont évoluer en Syrie".
Lui aussi critique la politique européenne en matière d’immigration :
"L’Europe doit examiner au plus près ceux qu’elle laisse entrer. C’est facile pour Daech de mêler ses combattants aux réfugiés."(Entretien à l’Aide à l’Eglise en Détresse, AED, 20 novembre 2015).
 
Mgr Georges Abou Khazen, vicaire apostolique latin d’Alep :
"Ici, depuis des années, nous subissons des massacres et nous vivons dans la terreur(…). Tout cela a lieu dans l’indifférence de la communauté internationale. Aujourd’hui, après les massacres de Paris, il faut trouver une unité forte et authentique pour lutter contre le terrorisme (…). La réponse politique à apporter consiste dans l’arrêt de tout appui à ces groupes, promoteurs de mort, qui se servent d’une idéologie religieuse comme d’un bouclier. " (Agence Fides, 14 novembre 2015).
 
Père Samir-Khalil Samir, jésuite égyptien :
"La solution de facilité, très à la mode, consiste à dire que Daech n’a rien à voir avec l’islam. C’est le pire discours que je connaisse.[…] Des dizaines de passages du Coran justifient la violence […]. Il faut distinguer islam et islamisme, mais l’islamiste n’est pas contre l’islam. […] Aujourd’hui, l’Occident est vu [par les musulmans], d’un point de vue religieux et moral, comme décadent. […] Ils disent : l’Occident est devenu athée, il faut donc le combattre".
Le P. Samir déplore aussi la naïveté des Européens à l’égard de l’islam car cette attitude "entraîne des erreurs qui peuvent être graves". Enfin, il déplore la compromission des dirigeants européens, prêts à sacrifier l’éthique pour le profit en vendant des armes à des pays comme l’Arabie-Séoudite ou Qatar : "On ne peut pas se contenter d’être l’ami de certaines puissances sous prétexte qu’on en tire un profit." (Entretien à Famille chrétienne, n° 1975, 21-27 novembre 2015).
 
Père Pierre Madros, prêtre du patriarcat latin de Jérusalem :
Ces événements tragiques, inattendus et incompréhensibles chez beaucoup d’Occidentaux, fort prévisibles,(…) vont-ils réveiller la fille aînée de l’Eglise, afin qu’elle revienne à son premier amour ? Ou bien tout sera-t-il oublié, et noyé dans un “pas d’amalgame” expéditif et peu objectif ? N’est-ce pas là, pour la ville-lumière, l’heure du Malin et le royaume des ténèbres ? ".
Le Père Madros regrette aussi le dévoiement de la laïcité française :
"L’Etat et l’école devraient promouvoir la foi, non la combattre. Nous venons de le constater à nos dépens et sur les corps des 130 victimes de la capitale française : interdire le catéchisme a créé un vide où facilement et sournoisement a pu s’infiltrer, au lieu de l’Evangile de la paix, de l’amour et de la vie, le prêche du djihad mortel".
Il déplore enfin l’interdiction de "toute critique et de toute clairvoyance [de l’islam] sous prétexte de charité", rappelant toutefois :
"En tant que chrétiens, disons-le une fois pour toutes, nous n’avons peur de personne et nous ne haïssons personne !"(Homélie de la fête du Christ-Roi, 22 novembre 2015).
 
Des ecclésiastiques orientaux ont pour leur part mis l’accent sur la réponse spirituelle à apporter au drame de Paris.
 
Sa Béatitude Ignace III Younan, patriarche syro-catholique (Beyrouth) :
"Nos deux pays, le Liban et la France, dans l’espace de 24 heures, ont été la cible des attaques barbares, qui visent clairement à miner les valeurs sur lesquelles ils ont été fondés : liberté, respect d’autrui et convivialité civile. Des valeurs dont nous ne devons absolument pas avoir honte ou nous flageller(…). Les loups sont dans le bercail ! Réveille-toi, France bien-aimée" (Message adressé à l’Œuvre d’Orient, 17 novembre 2015).
 
Sa Béatitude Grégoire III Laham, patriarche grec-catholique (Damas) :
"Une fois de plus, nous voilà dans la spirale de cette violence aveugle qui semble aspirer notre monde,[…] nous rappelant les paroles de saint Paul, "Car le mystère d’iniquité s’opère déjà…”, dans ce monde éloigné de Dieu alors que résonnent en nous celles de Notre-Seigneur Jésus-Christ : "… si vous ne vous repentez pas, vous périrez tous de même” (Luc 13, 3) ».
 
Mgr Jean-Abdo Arbach, archevêque grec-catholique de Homs (Syrie), de passage en France dans le cadre du jumelage de son diocèse avec celui de Fréjus-Toulon :
"Il faut détruire la menace terroriste bien entendu et en protéger la France. Mais il faut également que la France retrouve la foi, l’espérance et la charité. Il faut vivre du Dieu d’Amour, et nourrir les âmes errantes ! Soyez ce que vous êtes, des chrétiens, pour résister à la sauvagerie de ces fanatiques"(Propos rapportés par Charlotte d’Ornellas, SOS Chrétiens d’Orient, 15 novembre 2015).
 
Ces derniers mois, un livre intitulé Fatwas et caricatures (éditions Salvator), écrit par une Libanaise chrétienne, Lina Murr-Nehmé, aurait dû alerter les dirigeants et l’opinion sur la guerre impitoyable que l’islamisme mène à l’Occident. Historienne courageuse, l’auteur s’appuie sur des documents irréfutables, dont certains sont reproduits en fac-similés dans son ouvrage, pour montrer que la propension à la violence n’est pas accidentelle, mais connaturelle à l’islam qui l’a mise en œuvre dès l’origine, sous Mahomet et les premiers califes. Les musulmans l’ont assumée en lui donnant une caution divine. L’action de Daech et des autres mouvements islamistes n’est donc que l’actualisation de ce programme. Fatwas et caricaturesa été écrit pour réveiller les consciences européennes
 
Des leçons à tirer et des révisions à opérer
Toutes ces prises de position suggèrent les révisions que la France doit opérer pour opposer un front de fermeté au mépris de certains musulmans et aux agressions des djihadistes. Voici un petit vademecum avec quelques pistes de réflexion et d’action éclairées par ce que nous disent les chrétiens d’Orient.
 
          Une approche lucide et réaliste
* Les élites françaises (dirigeants politiques, élus locaux, intellectuels, journalistes, ecclésiastiques) doivent porter un regard lucide et correct sur l’Islam dans toutes ses dimensions (religieuse, anthropologique, sociale, politique), et entretenir avec les musulmans un rapport de vérité.Car il n’est pas indifférent d’être citoyen selon que l’on est musulman ou non, compte tenu de la manière dont l’Islam envisage l’organisation de l’État et de la société, ainsi que le statut de la personne et ses relations avec les non-musulmans.
 
* Il ne faut pas faire semblant de croire que l’Islam est une religion comme les autres et qu’il n’est qu’une religion. Il n’appartient pas aux non-musulmans de dire quel est le véritable Islam, ce qui implique d’éviter des déclarations telles que : "L’Islam est une religion de paix, d’amour et de tolérance", "Daech pratique un Islam dévoyé", etc.
 
* Il faut éviter le déni de certaines réalités gênantes dans l’Islam alors que l’actualité les met en évidence. Ce mensonge conduit les populations européennes non musulmanes à la méfiance et à la peur, voire à l’agressivité envers les musulmans, ce qui risque d’engendrer un cercle vicieux de violences. Quant aux accusations d’« islamophobie », elles sont un piège dans lequel il faut éviter de tomber, sous peine de se priver de la liberté de critiquer les aspects dérangeants, voire inacceptables de l’Islam, comme l’absence de liberté religieuse ou le traitement de la femme.
 
* Il faut éviter toute attitude pacifiste ou fausse dans les rapports de la France (et de l’Europe) avec les États musulmans. Par exemple, nier que l’on a des ennemis ou refuser de les nommer ; pratiquer une diplomatie à géométrie variable : on combat certains régimes sous prétexte de servir la démocratie (cf. la Libye et la Syrie) en même temps que l’on conclut des alliances avec des régimes indéfendables (cf. les États de la péninsule Arabique) ou que l’on cède au chantage d’autres pays comme la Turquie. Le mensonge est facteur de guerre et non de paix. Le monde musulman, qui traverse une crise très grave, a besoin de se sentir respecté par l’Occident pour guérir du ressentiment qui l’anime.
 
          Des dispositions à adopter
La France doit prendre acte des effets négatifs de l’idéologie du multiculturalisme et y renoncer tout en s’efforçant d’interrompre le processus en cours de confessionnalisation des musulmans établis sur son sol.
 
* Il faut concevoir l’accueil et le traitement des musulmans, qu’ils soient immigrés ou nationaux, en tant que personnes et non comme membres d’une communauté aux traditions et mœurs incompatibles avec celles qui fondent la civilisation française. Ceci pour favoriser leur assimilation dans le droit fil de la tradition française, qui concerne précisément les personnes individuelles et non les communautés.
 
* Il ne faut pas céder aux revendications communautaristes au nom de la tolérance ou du respect des cultures. Cela relève d’une générosité mal éclairée. En se multipliant dans tous les secteurs de la vie, l’acceptation de ces revendications par les pouvoirs publics entraîne forcément une rupture du lien social et nuit à la cohésion nationale.
 
* Il faut exiger des citoyens musulmans l’engagement à respecter pour eux-mêmes et pour autrui le droit et les valeurs français, tels que la liberté religieuse (y compris de conscience, donc le droit de changer de religion) ou l’égalité en dignité de l’homme et de la femme. Mais pour cela, il est essentiel de refonder une société vertueuse, digne d’être enviée et imitée, par exemple par une politique favorable à la famille.
 
* La France doit reformuler le contenu de la laïcité. La neutralité de l’État en matière religieuse ne signifie pas la neutralité de la société dans ce domaine. La laïcité ne doit pas être une idéologie hostile aux religions.
"La saine laïcité signifie libérer la croyance du poids de la politique et enrichir la politique par les apports de la croyance, en maintenant la nécessaire distance, la claire distinction et l’indispensable collaboration entre les deux" (Benoît XVI, exhortation apostolique Ecclesia in Medio Oriente, 12 septembre 2012).
 
* Il est nécessaire d’assumer l’histoire de la France avec fiertéet de remettre à l’honneur l’héritage culturel et spirituel de la patrie, notamment au sein de l’enseignement public, au lieu d’entretenir le dénigrement systématique. Les dirigeants doivent assumer les racines chrétiennes de la civilisation française qui ont contribué à son rayonnement dans le monde.
 
* La France doit réviser sa politique étrangère, en particulier envers le Proche-Orient, pour tenir compte des réalités locales, sans chercher à imposer à d’autres pays ses propres critères d’organisation sociale et politique ; elle doit renoncer à certaines alliances financièrement avantageuses mais immorales, cesser de manipuler le monde arabe pour ses propres intérêts sans chercher à résoudre honnêtement la question palestinienne.
 
* Enfin, il faut considérer le combat contre Daech dans sa dimension spirituelle comme condition essentielle à la victoire temporelle.
"C’est la figure de l’amour qui domine dans la vie chrétienne, celle du frère, du fils, de celui qui dialogue, de celui qui compatit. Mais nous ne pouvons plus oublier celle du guerrier. Guerrier dont les armes sont d’abord spirituelles, mais guerrier quand même[…]. Si nous ne retrouvons pas cette virilité guerrière, celle qui faisait chanter à saint Bernard la louange de la nouvelle milice, nous aurons perdu contre l’islamisme aussi bien spirituellement que matériellement" (Fabrice Hadjadj, Famille chrétienne, n° 1975, 21-27 novembre 2015).

Petite Feuille Verte de l'association Clarifier, décembre 2015

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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