Magistro Beta

Switch to desktop Register Login

AMAR Pierre

AMAR Pierre

Né le 10 septembre 1973






Curé de la paroisse de Limay-Vexin - Diocèse de Versailles

Licencié en droit et en théologie
Chargé de communication d'une communauté religieuse, puis aumônier militaire
 

Auteur de spectacles pour les familles :
www.santosubito.fr
www.princedudesert.fr

URL du site internet:

La confession – le film

Publié dans Au delà
La confession – le film
 
Un film dans lequel le prêtre n’est ni un benêt, ni un pervers… osons le dire : ça fait plaisir ! "La confession", le film de Nicolas Boukhrief qui sort au cinéma ce 8 mars, est de ceux-là.
On y découvre la figure dynamique d’un jeune prêtre, curé de terrain bien dans ses pompes, donné à tous ses paroissiens, homme de foi et d’espérance pendant la période si troublée et tragique de l’occupation allemande.
L’histoire est celle qui avait déjà été présentée dans le film "Léon Morin prêtre" sorti en 1961 avec Jean-Paul Belmondo dans le rôle titre ; il illustre d’ailleurs cet ancien article de Padreblog sur le célibat des prêtres. Alors qu’on pourrait s’y attendre, "La confession" ne traite justement pas du célibat des prêtres, et tant mieux. On sait combien ce célibat est signe de contradiction pour le monde et combien il est délicat pour ceux qui sont loin de l’Eglise d’en traiter avec pertinence.
 
"La confession" est avant tout l’histoire d’une femme, communiste convaincue, bouleversée par sa rencontre avec un témoin du Christ, authentique et crédible, qui se trouve être le jeune curé de son village. Sans dévoiler le scénario, on reste fasciné par l’assurance de cette paroissienne un peu atypique et la disponibilité sans faille du père Morin. Leur sens réciproque de la répartie donne lieu à des dialogues fort intéressants. On se prend même à ressentir la nostalgie du format ecclésial qui a façonné le terreau chrétien de notre pays et qui ne peut plus exister depuis longtemps : le fameux "un clocher, un curé".
Une réserve toutefois : le fait que jamais le père Morin ne soit montré en train de se ressourcer auprès du Seigneur, que ce soit dans la prière, la liturgie des heures ou l’oraison. Un autre point, mineur cette fois, m’a aussi fait sourire : ce jeune prêtre du début, en costume démodé et terne, avec sa croix à la boutonnière ; car je n’ai pas l’impression que les jeunes prêtres s’habillent ainsi désormais…
 
Les débats ne manqueront pas de naître pour commenter le zèle apostolique du héros du film qui s’accompagne de réelles imprudences, probablement dictées par sa (trop ?) grande générosité. Qu’on se rassure cependant, le père Morin reste heureusement fidèle à la grâce de son ordination.
Lorsque le film se termine, on éprouve une impression générale, heureusement partagée par la grande majorité des prêtres de France (et l’auteur de ces lignes !) : le don de lui-même, à tous et pour tous, rend un prêtre heureux. Et la foi rend heureux. Vraiment.

Paru sur Padreblog, 6 avril 2017

Catholique et Français toujours ?

Publié dans En France
Catholique et Français toujours ?
 
Il fut un temps où brandir un drapeau tricolore et chanter la Marseillaise n’était toléré qu’au stade. Mais ça, c’était avant… Avant que le ciel ne nous tombe sur la tête, du moins que des barbares nous attaquent en plein Paris, ce funeste vendredi 13.
En à peine vingt-quatre heures, Facebook a versé dans un patriotisme digne de la fin du 19ème siècle, c’est-à-dire le plus cocardier qui soit. On a réalisé ce jour-là que ce réseau social rassemblait deux sortes de personnes : celles qui ne s’y connectent qu’une seule fois par semaine et qui n’étaient donc pas au courant et celles qui, face au tsunami tricolore, faisaient de la résistance… pour encore quelques heures. En ce jour d’hommage national, de nombreux drapeaux flottent aux fenêtres et pas seulement sur les bâtiments officiels.
Mais il y a mieux (ou pire ?). Le soir du 15 novembre, le cardinal archevêque de Paris préside une messe "à l’intention des victimes et de leurs proches et pour la France". La cathédrale est comble ; le parvis est noir de monde. Le glas sonne, majestueux et solennel. Derrière la statue de la Vierge au pilier – celle de Claudel ! – en incrustation, nos trois couleurs nationales. Au premier rang, Madame le maire de Paris, un ancien Président de la République et plusieurs personnalités politiques de premier plan. A l’offertoire, comme à son habitude, le titulaire des grandes orgues improvise. Et, en à peine quelques accords (bien ronflants…. !), interprète une Marseillaise pas très discrète. La vidéo
est encore en ligne.
Je ne suis pas historien. Mais c’est sans doute la première fois que l’hymne national fait office de musique liturgique. Pensez donc qu’à l’offertoire d’une messe catholique, c’est la musique d’un chant révolutionnaire qui a résonné, un chant qui implore qu’un sang impur abreuve nos sillons ! On ne pourra pas dire que cet offertoire-là n’était pas sacrificiel ! Tout cela s’est fait dans le consensus le plus unanime. Le comte de Chambord a dû se retourner dans sa tombe.
 
Chrétien et patriote ?
Derrière l’anecdote, se dessine certainement ce que des (fumeux) théoriciens du bon sens et du réel appelleraient "un nouveau paradigme". Et ce paradigme, le voici : christianisme et patriotisme font à nouveau bon ménage. Jadis, nos parents chantaient : "ô Marie, ô mère chérie, garde au cœur des Français la foi des anciens jours ! Entends du haut du ciel, ce cri de la patrie : catholique et français toujours !". Le cantique, pas très subtil il faut l’avouer, fait sourire. La partition qui l’accompagne n’est d’ailleurs pas non plus très fouillée, c’est peu de le dire… Après tout, des générations entières ont chanté bien avant "Dieu sauve le Roi" (ou bien "l’Empereur", au gré du régime en place) accompagné des flonflons des fanfares, à grand renfort de cuivres et de tambours. La musique patriotique ressemble souvent au vin de table : du gros rouge qui tache.
Dans d’autres pays, on n’a pas du tout ce genre de complexe. Aux USA, Barack Obama – qui a prêté serment sur la bible – termine très souvent ses discours par un "God bless America". Au Royaume-Uni, on implore Dieu afin qu’il sauve la reine. On ne fait pas mieux chez nos voisins helvètes ("Suisse, espère en Dieu toujours !"), en Russie ("Tu es seule au monde ! Tu es unique ! Terre natale gardée par Dieu"), en Norvège ("Norvégien, dans tes maisons et tes cabanes, remercie ton grand Dieu !") ou en Afrique du Sud ("Que Dieu entende nos prières et nous bénisse, nous ses enfants d’Afrique"). Saint Jean-Paul II lui-même cultivait pour sa Pologne natale une sorte de lien charnel qui n’était pas sans surprendre. Certains l’ont même trouvé un peu contre-nature, à l’heure de la mondialisation et du village global.
 
Deux cadeaux
Il faut reconnaître que les Français d’aujourd’hui traînent quelques fardeaux : le clergé du 20ème siècle a souvent prêché un christianisme un peu hors sol. Après tout, "notre cité se trouve dans les cieux" dit saint Paul aux Philippiens (3, 20). Et du coup, pas ici ! De ce fait, une certaine méfiance pèse sur le patriotisme, encore accentuée par le poids de l’histoire et de ses heurts. Comment la seule Révolution française a-t-elle par exemple été soldée chez les cathos ?
Mais, dans les larmes et le sang, les terroristes du vendredi 13 nous ont paradoxalement fait deux beaux cadeaux. Celui de l’unité nationale d’abord, cette réalité toujours fragile et sans cesse à construire. Mais plus encore, ils nous obligent à savoir qui nous sommes, ce que nous voulons défendre et construire. Ici et là, des voix s’élèvent sans complexe et sans esprit partisan. Elles nous parlent de l’avenir de ce pays où nous ne faisons pas qu’habiter mais que nous construisons, siècle après siècle. Ce pays a son histoire, son ADN, son identité. Or, un pays qui ne sait pas d’où il vient, ne peut savoir où il va. Dans un vademecum qui sent à plein nez soit l’aveuglement, soit l’idéologie (ou les deux !), l’Association des Maires de France (AMF) montre qu’elle n’y a rien compris : à l’entendre, les crèches de Noël doivent disparaitre de l’espace public afin de favoriser le vivre ensemble ! Peut-être demain nous demandera-t-on de renoncer aussi à la mixité et puis – qui sait ? –  après demain à la démocratie ? Or, ce n’est pas en renonçant à nos valeurs, à notre identité et à nos racines que nous renforcerons le vivre ensemble. Moins nous sommes fermes sur nos valeurs, plus les radicaux considèrent avoir le champ libre pour répandre leur vision totalitaire du monde.
 
Donner à la France un supplément d’âme
En fait, l’AMF veut nous imposer une nouvelle équation : plus de laïcisme signifie pour elle moins de radicalisme. L’emploi massif du hashtag #prayforParis lui a donné tort. Plus de christianisme appelle bien au contraire plus de patriotisme !
Que nous apporte l’enfant Jésus de la crèche et, avec lui, le christianisme qui a façonné la culture occidentale ? Ce nouveau-né de Bethléem, qui semble tant déranger, vient non seulement nous révéler l’amour de Dieu pour le monde mais aussi nous apporter un regard nouveau sur l’homme raisonnable, icône d’un Dieu rationnel. Les paroles prophétiques de Benoît XVI à Ratisbonne [sur la motivation religieuse de la violence, en septembre 2006] résonnent encore à nos oreilles…
Plutôt que de cacher ou d’enfouir les racines chrétiennes de la France, ne faudrait-il pas – plus que jamais – les retrouver et les mettre à jour ? Elles lui donneront ce supplément d’âme dont notre pays a tant besoin !
Paru sur www.padreblog.fr, 27 novembre 2016

M. Hollande pratique l’amalgame

Publié dans Du côté des élites
Quand Hollande pratique l’amalgame
 
Disons-le clairement : il y a désormais un doute… Un doute sur la sincérité des paroles ou des gestes récemment posés par François Hollande vis-à-vis des catholiques de France. Tenus il y a un an, mais révélés il y a quelques jours, ses propos rapportés par Antonin André et Karim Rissouli dans Conversations privées avec le Président (Albin Michel) étiquetant un journaliste et un chef d’entreprise de catholiques "intégristes" parce qu’ils n’apprécient pas que "Canal+ attaque le pape et la religion" laissent songeur. Avis à tous ceux qui assument leurs convictions catholiques : au jeu des sept familles, vous serez désormais l’intégriste ! Qu’on se rassure : Guillaume Zeller et Vincent Bolloré ont certainement dû sourire en découvrant ces propos.
 
Oui, les cathos gênent, et c’est une excellente nouvelle. Tant mieux pour tous ceux qui savent qu’être un paisible disciple du Christ, c’est devenir "le sel de la terre", avec tout ce que cet ingrédient contient d’amertume et d’acidité. Il y a trois ans à Rio le pape François n’avait-il pas demandé aux jeunes "de faire du bruit" ?
Si, pour François Hollande, être un catholique intégriste c’est souffrir quand le pape (qu’il est lui-même allé voir deux fois !) est attaqué, alors, nous sommes tous intégristes ! Plus que méprisants, les propos du Président sont choquants. Il est désormais possible de reprocher à quelqu’un sa religion. Imaginez la polémique si on avait rapporté les mêmes propos au sujet d’un journaliste juif ou d’un chef d’entreprise musulman ! Monsieur Hollande, êtes-vous à ce point habitué à ne pas avoir de chrétiens décomplexés autour de vous ? Non pas intégristes mais intégralement catholiques : dans leur vie privée et dans leur vie publique. Oui, les catholiques assument leurs convictions, pas seulement dans leurs églises ou leurs sacristies, mais aussi au boulot. C’est leur droit, peut-être même leur devoir. Pour être le sel de la terre.
Paru dans Le Figaro Magazine, 26 août 2016

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

Top Desktop version