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ASSAF Antoine

ASSAF Antoine

Né le



Ecrivain philosophe franco-libanais
     

Docteur ès Lettres de la Sorbonne

Professeur invité aux États-Unis, Pologne, Ukraine, Russie, Hongrie, Liban, Amérique Latine.    
Conférencier à l'Ecole Navale et l'Ecole de Guerre et à l'Université de Paris-Est
Conseiller Politique en France et au Liban

Ancien auditeur de l'Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale (IHEDN)
Musicien organiste (à Notre Dame d'Auteuil 1980-1995) ancien membre tenor de l'Ensemble Bach de Paris.Dir. J.W.Websky.
Capitaine de Frégate de Réserve.

Collabore à plusieurs journaux français (le Figaro, La Revue des Deux Mondes) et internationaux ( Al Nahar)

Ouvrages
L’Etre et la Totalité (P.U.L.1986) - Terre Blanche,ou journal d’un otage du Liban (Fayard 2000) - Vie et Œuvre de Pierre Boutang .(Dossier H ed. Age d’Homme 2002) - L’Islam et le XXIe Siècle (ed. Renaissance Catholique 2004) - Le Mythe d’Europe entre Orient et Occident.(ed. Age d’Homme 2006) - Lettres à L’Amiral ou le Martyre des justes (ed. Age d’Homme 2008) - Le Roman du Guerrier (éd. Du Rocher) - Habemus Papas ( le Centurion) - L'Islam Radical (Editions Eyrolles) -

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Le temps des forteresses !

Publié dans En France
Le temps des forteresses !
 
Il fut un temps où la France savait bâtir des forteresses pour défendre ses frontières et assurer à ses habitants la sécurité de leurs jours, la tranquillité de leurs nuits et la sérénité de leurs foyers. Aujourd'hui elle s'inquiète et si le grand bâtisseur de ses forts, Sébastien le Prestre, Marquis de Vauban revenait parmi nous, il ne verrait de sa "ceinture de fer" qu'un amas de belles ruines et de souvenirs glorieux uniquement pour ceux qui croient encore à son antique grandeur !
Et pourtant ces ruines ont une âme ; une âme si grande et si belle qu'aucune guerre sensible et matérielle ne saurait les détruire dans le cœur de ce peuple qui a tant aimé et tant haï à la fois ses rois et ses présidents et tant idolâtré et brûlé ses dieux, ses temples et ses églises !
J'ose imaginer encore : si le Marquis de Vauban revenait en terre de France, de son "pré-carré", ou de l'hexagone comme dirait certains politiciens égarés aux frontières, il reconstruira de nouveaux forts pour sauver "le plus joli troupeau qu'il est possible d'imaginer" faits d'honnêtes gens prêts à mourir comme d'Artagnan dans leur village où ils ont vu le jour ; il reconstruira une nouvelle ceinture de fer pour sauver la France de tous les maux qui l'assaillent et la ravagent sans pitié pour les orphelins, les veuves et les innocents. Il reconstruira un fort pour le paysan pour arrêter ceux qui pénètrent son pays pour brûler sa moisson au lieu de travailler à la faire fructifier ; Il reconstruira un fort pour l'homme religieux pour qu'il contemple librement sans se faire assassiner en pleine prière ; il reconstruira un fort pour ses penseurs et ses artistes pour qu'ils raisonnent et créent sans peur d'être censurés ou mutilés dans l'exercice de leur intelligence ou l'épanouissement de leur imagination ; il reconstruira un fort pour ses hommes politiques pour qu'il gouverne sans angoisse pour le bien commun et non les intérêts des maîtres de la matière première qui les asservit et les plonge dans l'illusion de posséder le monde !
              
En recevant le Prix qui porte le nom de Sébastien le Prestre de Vauban, un prix que l'Institut des Hautes Études de Défense Nationale décerne chaque année sous l'autorité du Premier Ministre, je pensais au blason de la famille de "ce bon français" comme l'appelait Louis XIV, "D'azur au chevron d'or surmonté d'un croissant d'argent et accompagné de trois trèfles du second", et j'imaginais que ce croissant-là pouvait affronter avec la mesure de son génie tous les croissants noirs démesurés de la haine et de la terreur.
Et en regardant tous ceux qui m'entouraient Je les voyais autour de moi des généraux qui ont fait la guerre d'Algérie, d'Indochine comme Le Général de Lesquels et en mémoire, Erulin et de Borde ; l'amiral Alain Oudot de Dainville qui a commandé la Royale ; l'amiral Dupont qui a assuré la légitimité et la crédibilité de la dissuasion nucléaire ; le Général de Courrèges qui dirige l'Ihedn avec son équipe d'officiers de la réserve citoyenne comme Catherine Orphelin, Xavier Pacreau, Sabine Carion, Alban Maggiar, le colonel Gilles Pernet et Le Général Cahuet. Et couple artiste Eric et Tania Heidsieck qui a tant chanté notre terrible Marseillaise !
 
Des générations qui se retrouvent dans ce bureau, où une balle qui date des fureurs de la Commune reste coincé dans un miroir qui reflète encore les rêves terribles de l'histoire de France !
Saurions-nous aujourd'hui à l'instar de Vauban dresser les nouveaux sièges de résistance pour que cette nation, la première après l'éclatement de Charlemagne ! Saurions-nous rendre à ceux qui viennent après nous une France libre de ses angoisses et de ses peurs !
Car il faut bien savoir que seule la tranquillité de l'ordre qui assure le bien commun est une finalité en elle-même : il n'y a pas de guerres saintes il n'y a que des guerres qu'on sanctifie ! Il n'y pas de curées justes il n'y a que des guerres qu'on justifie; il n'y a pas de guerres légales il n'y a que des guerres qu'on légalise !
Et le mot de Fénelon sonne encore plus vrai quand il disait sans le craindre au Roi Soleil "Sire, toutes les guerres sont civiles !" Vauban avec sa cicatrice sur la jour gauche, "l'homme cruel" de Saint Simon et le "bon français" de Louis XIV, nous a laissé une ceinture de fer faite de pierres qui protège la terre, nous devons fortifier une autre ceinture de fer faite de valeurs qui défendent l'âme et l'esprit d'un peuple.
En effet, les princes de l’église comme les princes de ce monde savent qu'il y a un temps pour la guerre comme il y a un temps pour la paix ! Ils savent qu'il y a un temps pour tout selon l'antique sagesse !       

Le Temps des Papes

Publié dans A tout un chacun
Le Temps des Papes
 
Il fut un temps où l'on reprochait aux papes d'être infaillibles, surtout sur les questions des dogmes, aujourd'hui nous avons des papes qui dialoguent avec le monde sur tous les sujets moraux et politiques et comme par un excès de modestie, ce sont eux qui les premiers s'excusent et reconnaissent qu'ils peuvent se tromper sur les choses de ce monde. Ils ne nient pas leur infaillibilité mais ils la mettent humblement au service de l'homme fragile et plein de tentations.
C'est pourquoi les premiers chrétiens ont su imaginer cette adage "Vox populi, vox Dei " La voix du peuple, c'est la voix de Dieu ! pour s'unir à cette infaillibilité sans la rendre totalitaire et écrasante, car ils avaient pour eux une "Tradition" forte et criante et "un canon" pour qu'ils n'oublient pas ce que les clercs savaient déjà en reprenant le mot d'un moine de Lérins, Saint Vincent, qui les rassure que cette Tradition est "ce qui a été cru partout, toujours et par tous" et la formule latine est si simple qu'elle mérite d'être cité sans prétention : "quod ubique, quod semper, quod ab omnibus creditum est".
       
Comme Joseph de Maistre, mais avec moins de verve et de justesse, tout le monde aujourd'hui médite sur la question "Du Pape". Tout le monde aussi tente de suivre et de mesurer ce dialogue extra muros que le pape actuel François établit avec les hommes politiques qui tiennent le pouvoir ou cherchent à le conquérir sur une planète ravagée par les guerres et les misères de la pauvreté et de l'exode massif. Mais ce dialogue avec le monde est assez paradoxal pour que les chrétiens qui se considèrent de la Tradition se dressent pour en souligner l'ambiguïté.
      
Un dialogue fort et sévère avec la première puissance mondiale, en reprochant à Donald Trump qui alors était le candidat menaçant du Great Old party et qui est aujourd'hui le président élu, de vouloir construire des murs au lieu de dresser des ponts. Le reproche fut mal pris, surtout que le pape n'a pas hésité alors à inviter son opposant, le candidat démocrate Bernie Sanders à venir participer aux colloques du Vatican. Et là le paradoxe gît dans le fait que le premier est "pro-life" et le second milite avec son parti pour une loi fédérale sur l'avortement. Mais que voulez-vous, à Rome, le Bien est indivisible et celui qui n'a pas assez de charité pour accueillir les étrangers et menace de les rapatrier ne peut pas être champion d'une cause noble comme celle de la défense de la vie dans le ventre des mères.
    
Un autre dialogue encore plus paradoxal encore a surgi entre nos deux candidats républicains de France aux primaires. Un dialogue triangulaire, et un peu de sourd, où chacun s'est considéré plus proche de la parole papale sur la question grave de l'avortement, mais aucun des deux dans sa position n'a osé reprendre le contenu de cette parole intégralement  et dans sa substance, et qui affirme sans aucun détour que "l'avortement est un crime ! ". Une formule prononcée par le Pape François dans son avion à dix mille d'altitude et qui, à elle seule, enlèverait le voile sur toute autre assertion qui prétend faire de l'avortement "un droit fondamental" de la femme. Mais que voulez-vous les papes de Rome ont toujours pratiqué la charité intellectuelle pour ramener au bercail ses brebis égarées.
        
Car il faut savoir que quand on dialogue avec le successeur d'un Dieu crucifié, tout sur terre doit être vu et soumis au pied de la Croix de celui qui a donné sa vie pour sauver la nôtre sous le reflet de son éternité. Le monde ne peut mener qu'une révolution "mondaine" et Joseph de Maistre a encore raison quand il affirme que "ce ne sont point les hommes qui mènent la révolution, c'est la révolution qui emploie les hommes.".
         
Il a fallu donc tant de haine, de colère et de fausse rhétorique pour chercher à détruire ce que l'esprit du christianisme a d'universel. Mais ils détruiront en vain ceux qui veulent détruire ce que les Portes de l'Enfer en peut même approcher. L'église et ses papes, malgré leurs imperfections humaines, ont toujours eu cette conscience aiguë de l’œuvre noire de ceux qui manipulent ses fidèles pour les perdre, en leur faisant croire que ce qui dévie de la nature peut être considéré comme droit, et que ce qui est un mal pour la finalité de leur vie peut être un bien.
Les grands mystiques nous l'ont déjà appris que les combats qui nous crucifient sont ceux qui nous mettent au seuil du ciel ; car ils savent qu'il y a un temps pour le combat et un temps pour le repos ; ils savent aussi qu'il y a un temps pour tout comme le dit si bien la vieille Sagesse !

Le milliardaire et le Général !

Publié dans Du côté des élites
Le milliardaire et le Général !
                                                  
A l'aube où les âmes mélancoliques chantent les feuilles mortes de l'automne, sans étouffer dans leur cœur les fortes promesses de la vie, deux hommes ont surpris et secoué le monde en son orient comme en son occident ! Ces deux hommes sont : Donald Trump de la lointaine Amérique et Michel Aoun du Liban qui nous est si proche.
Ils ont surpris un monde inquiet et en guerre par leur victoire inattendue à la présidence ; ils l'ont secoué par leur personnalité et leurs idées, mais ils lui ont fait espérer aussi des jours plus beaux et un avenir meilleur.
Personne ne s'attendait à la victoire de ce milliardaire si bien coiffé et si à l'aise dans ses beaux costumes, tranquille dans ses suites dorées, habitué des tendres pelouses de golf où l'espérance ne dépasse pas la mesure réglée de dix-huit trous ! Personne ne s'attendait non plus à la victoire toujours ajournée d'un général que les batailles perdues, l'exil et la diffamation risquaient d'annihiler et le reléguer dans le passé douloureux de son pays.  Et pourtant les deux ont surpris, secoué et suscité des nouvelles espérances dans notre monde écrasé sous le poids des guerres, des massacres et des réfugiés.
              
Ils ont surpris le monde entier : le milliardaire et le général. Le premier pour avoir gagné une élection où tous les sondages de ses ennemis et de ses amis aussi, des démocrates et des républicains le donnaient pour perdant devant la terrible et la très protégée Hillary Clinton. Le second pour avoir passé toutes les barrières et conclu toutes les alliances avec les chiites, les sunnites et les chrétiens avant d'ouvrir de nouveau les portes du Palais d'où il fut chassé en général blessé et honni devant les siens, pour rentrer comme président élu, avec le calme et le sérieux des grands contre le grotesque des petits, à une majorité historique devant le peuple entier, étonné mais heureux d'un tel retour et d'une telle performance.
Ils ont tous les deux été ridiculisés, l'un pour avoir osé se comparer à Abraham Lincoln et Ronald Reagan, figures emblématiques du Grand Old Party et l'autre pour se prendre pour Napoléon quand il déclare la guerre contre l'ennemi, et le général de Gaulle quand il veut libérer son pays occupé. Or à regarder de près, d'aucun ne peut nier qu'ils n'ont pas tous les deux réalisé et dépassé même leurs rêves et leurs idéaux !
            
Le milliardaire du haut de sa tour d'ivoire a rejoint le peuple et porté au sommet du Capitol Hill les républicains longtemps absents de la Maison Blanche ; et le général qu'on prenait pour un mythomane et un fou, a sauvé une génération de jeunes assoiffés de justice quand De Gaulle a perdu la sienne sur le chemin de l'Elysée et a démissionné du pouvoir sous les pavés lourds de Saint Germain des prés ; quant à Napoléon, évitons la fausse modestie et reconnaissons que le grand exilé de la Villa Gaby, la Haute Maison et la rue de Phalsbourg a mieux réussi son retour que l'empereur corse, et a gagné sa bataille de Waterloo par sa patience sans verser une seule goutte de sang. Même à quatre-vingt ans passés le général n'écrira pas encore ses mémoires mélancoliques de Sainte Hélène !
Les deux ont bouleversé le monde en menant leur guerre à côté d'une armée faite avant tout de leurs familles. Leurs deux épouses avaient trouvé chacune son propre bouclier de courage et de patience pour résister toutes les deux contre les lourds bombardements, l'une contre les insultes et les diffamations de la presse haineuse et partiale, et l'autre dans les abris contre les bombardements de l'armée d'occupation. Quant à leurs enfants ils les entourent, les garçons comme des chevaliers fidèles à un père riche mais toujours généreux ou les filles, comme les trois grâces de la force, du cœur et de la raison, comme les sent un général qui malgré toutes les tragédies qu'il a traversées n'a jamais rien perdu de son humanité et de sa sensibilité.
          
Certes les dangers et les tentations du pouvoir les guettent tous les deux, l'un dans l'occident froid et distant et l'autre dans l'orient si chaud et si sanglant. Mais quand après tant de souffrances l'on a réussi comme l'un à passer d'un gratte-ciel doré à une Maison Blanche, ou comme l'autre du grade de général au titre de Père de la Nation, la violence, le luxe et la volupté mortelle finiront par être vaincus par la justice, la Force et l'humilité dans la prudence.
Le milliardaire comme le général savent qu'il y a un temps pour la guerre comme il y a un temps pour la paix, ils savent surtout qu'il y a un temps pour tout, comme le dit si bien la vieille Sagesse ! 

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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