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BICHOT Jacques

BICHOT Jacques

Né le 5 septembre 1943
Marié – 4 enfants


Economiste
Professeur émérite à l'Université Lyon 3


Doctorat en mathématiques
Doctorat d’Etat en sciences économiques
 
Carrière universitaire en mathématiques puis en économie
Professeur émérite à l’université Jean Moulin (Lyon 3)
 
Membre du Conseil Economique et Social (1984-1999)
Responsabilités dans le mouvement familial (1980-2001)
 
Ouvrages (sélection)
Huit siècles de monétarisation (1984)
Économie de la protection sociale (1992)
Quelles retraites en l’an 2000 (1993)
La monnaie et les systèmes financiers (1997)
Retraites en péril (1999)
Les autoroutes du mal( avec Denis Lensel)(2001)
Quand les autruches prendront leur retraite (avec Alain Madelin) (2003)
Atout famille (avec Denis Lensel) (2007)
Urgence retraites, petit traité de réanimation (2008)
Retraites : le dictionnaire de la réforme (2010)
Les enjeux de 2012 ; abécédaire de la réforme (2012)
La mort de l’Etat providence ; vive les assurances sociales 2013)
Le Labyrinthe, compliquer pour régner (2015)

Distinctions
Chevalier de la légion d’honneur
Chevalier des palmes académiques

URL du site internet:

L’immigration transméditerranéenne

Publié dans Avec l'Europe
Comment mettre fin à l’immigration transméditerranéenne ?
 
Dans Le Figaro du 3 juillet 2017, une grande photo maritime illustre un article intitulé : "Migrants : l’Italie menace de fermer ses ports". Elle a pour légende : "Des migrants approchent de la côte italienne après avoir été secourus au large de la Lybie, le 20 juin." Dans le corps de l’article il est précisé que "la majorité des nouveaux arrivants sont recueillis en mer, non loin des côtes libyennes, par des bâtiments militaires et civils de deux opérations de sauvetage de l’UE, ‘Sophia’ et ‘Triton’." Les secouristes civils agissent pour le compte d’ONG. Il est également expliqué que "les Africains débarqués au sud de l’Italie sont avant tout des migrants ‘économiques’. Ils sont voués à l’expulsion à terme, à la différence des bénéficiaires du droit d’asile comme les réfugiés de guerre syriens".
Exception faite des perspectives chimériques d’expulsion à terme, ces quelques indications exposent correctement plusieurs des données techniques du problème ; ajoutons-leur le rôle joué par les organisations mafieuses qui amènent les migrants jusqu’à la côte libyenne et les massent dans des conditions inhumaines sur des embarcations souvent aussi vermoulues que surchargées, et passons à l’analyse.
 
Clairement, les marines de guerre et les ONG sont utilisées comme auxiliaires du crime organisé : elles permettent aux mafieux de faire traverser la Méditerranée, en utilisant des rafiots, à des centaines de milliers de personnes lourdement rançonnées. Les impôts (ou les emprunts des trésors publics, puisque l’Italie et la France n’auraient pas le premier sou pour financer leurs opérations si elles ne recouraient pas au crédit) servent donc à maximiser le chiffre d’affaire et les bénéfices d’organisations que, par ailleurs, nos polices sont supposées combattre.
Ensuite, naturellement, il est plus difficile de trouver de l’argent pour subventionner les ONG qui, au lieu de travailler à faire venir les Africains en Europe, les aident à mieux vivre dans leur propre pays. Pourtant, la démonstration faite par les dirigeants de l’Œuvre d’Orient, selon laquelle aider les gens à rester sur place coûte moins cher que les aider à s’expatrier, tout en correspondant mieux à leur désir, est transposable aux pays africains. Un milliard d’euros injecté correctement – ce qui n’est hélas pas toujours le cas – dans le développement des pays d’origine permet d’améliorer davantage que l’immigration de masse le sort de personnes plus nombreuses. L’Europe a fait le choix de la solution la plus coûteuse et la moins efficace.
 
Alors, que faire ? Si les navires de guerre mobilisés pour des missions de sauvetage ramenaient les Africains sur la côte libyenne, au lieu de permettre au crime organisé de leur faire gagner l’Italie en surchargeant des rafiots qui ne valent plus rien, ce serait un grand pas en avant. S’ils étaient de plus chargés d’intercepter le plus près possible du rivage libyen les bateaux qui ne sont pas en perdition, de ramener à terre leurs occupants, et de détruire les embarcations, le problème serait réglé pour une part importante, et la croissance des budgets affectés aux migrants serait stoppée, permettant d’affecter des moyens croissants à l’aide au développement.
Comme souvent, il convient de traiter les causes pour ne plus avoir à gaspiller des fortunes à essayer de faire face aux conséquences. Une maxime militaire indique l’état d’esprit qui permet d’agir dans ce sens : "Ne pas subir". Je me souviens que l’un de mes frères, né 9 ans avant moi, avait placardé cette devise sur un mur de sa chambre quand il préparait Saint-Cyr. La même formule a récemment servi de titre à Philippe Lobjois et Michel Olivier pour un livre, publié l’an dernier chez Fayard, qui propose une résistance plus efficace au terrorisme. Actuellement, l’Union européenne a largement choisi de subir le phénomène migratoire, pour ne pas avoir à s’occuper de ses causes. C’est cet état d’esprit bécasson et résigné qu’il faut révoquer.
Il est hélas trop tard pour pouvoir diminuer fortement, à bref délai, les moyens affectés au curatif (les efforts nécessaires pour s’occuper correctement de millions d’immigrés) ; mais il n’en est que plus urgent de prendre les mesures de bon sens, proactives, qui permettront d’avancer dans le sens du développement du Sud plutôt que de l’invasion du Nord.

3 juillet 2017

Les vertus économiques...

Publié dans A tout un chacun
Les vertus économiques de la vitamine mimi
 
Ce qui suit m’a été inspiré par le dernier ouvrage de Maurice Berger, De l’incivilité au terrorisme (Dunod, 2016), ainsi que par divers ouvrages de ce psychiatre et de plusieurs de ses collègues, que j’ai utilisés pour des travaux sur l’économie du crime et de la délinquance effectués à la demande de l’Institut pour la justice. J’espère n’avoir pas, en les lisant, commis de grosses erreurs d’interprétation.
L’expression "vitamine mimi" symbolise à mes yeux le climat éducatif et affectif favorable au développement d’une personnalité paisible, ouverte et constructive ; elle est utilisée ici en hommage à un homme, médecin et psychologue, que j’ai eu il y a des décennies comme professeur de sciences naturelles, et qui était – à temps très partiel – un excellent pédagogue. Sans disposer des IRM qui, comme le dit le docteur Berger, "permettent d’observer le fonctionnement du cerveau lorsqu’un sujet est mis dans des circonstances qui évoquent des traumatismes passés", il avait compris le rôle essentiel joué par les parents, lors de la petite enfance, dans la formation d’une personnalité équilibrée – ou déséquilibrée. Ce que nous autres économistes, un peu cuistres, interprétons en termes de formation ou de destruction de capital humain.
La destruction de capital humain qui résulte de violences physiques ou sexuelles ressort clairement d’ouvrages comme Enfants violés et violentés, de Gérard Lopez (Dunod, 2013), ou Le livre noir des violences sexuelles, de Muriel Salmona (Dunod, 2013). Ces violences engendrent des traumatismes qui peuvent rester cachés parce que le cerveau de la victime se défend dans bien des cas en faisant "disjoncter le circuit émotionnel", ce qui interdit la mémorisation classique de l’évènement traumatisant. Cette "mémoire traumatique" cachée peut se réveiller dans certaines occasions, comme une "bombe émotionnelle prête à exploser à tout moment", ce qui constitue un handicap considérable aussi bien pour l’activité professionnelle que pour la vie relationnelle.
 
Quelles sont les causes de ces agressions destructrices de capital humain ? Dans son ouvrage Voulons-nous des enfants barbares ? (Dunod, 2008 et 2013) Maurice Berger faisait déjà le diagnostic suivant : "La quasi-totalité des enfants et préadolescents auteurs de violences extrêmes ont été soumis tout petits, le plus souvent par leurs parents, à des relations particulièrement défectueuses entraînant des traumatismes relationnels précoces. Pour faire face, ces enfants ont, dès les premières années de leur vie, mis en place des processus de défense incluant la violence. Devenus adolescents ou adultes, beaucoup blesseront, voire même violeront ou tueront." Ce sont ces "relations particulièrement défectueuses", du fait de violences, de brimades ou tout simplement d’un manque d’attention et d’empathie, que je désigne par l’expression "carence en vitamine mimi".
 
Dans son livre le plus récent, le Docteur Berger indique comme " facteur déterminant de l’apparition de la violence chez un enfant le fonctionnement affectif et éducatif des parents." La violence peut survenir très tôt en réponse à une attitude parentale inadéquate, "dès l’âge de 16-17 mois, dès que l’acquisition de la marche libère leurs mains". Pourquoi donc ? Souvent en raison de violences qui se produisent au sein du couple parental. Il n’est pas nécessaire que l’enfant soit lui-même frappé : le spectacle des violences conjugales est à lui seul traumatisant car l’enfant ou le bébé s’inquiète de ce qui arrive à la personne dont dépend son bien-être, celle qui le protège et le rassure – le plus souvent, sa mère. L’auteur cite une étude montrant que la moitié des jeunes délinquants violents ont vécu eux-mêmes durant leur enfance dans un milieu familial violent. Il cite également l’exemple d’un garçon dont la mère était battue par son père : placé en pouponnière à l’âge de deux ans et demi, il y joue immédiatement à y étrangler les autres enfants. À cinq ans, transféré à l’hôpital de jour où travaille le Docteur Berger, "il continue à frapper et étrangler sans raison apparente et sans retenue". Il ressent son comportement comme induit par son père, disant : "c’est papa en moi qui me fait agir ainsi". Son père jouait avec lui en lui serrant le cou entre ses jambes.
 
La négligence parentale peut également être catastrophique. Pour son développement psychique, pour développer son schéma corporel ainsi que le sens de la différence entre le jeu et ce qui est réel, pour développer un sentiment de sécurité, le bébé a besoin d’un ensemble d’attentions et de stimulations : des sourires en réponse à ses sourires, des interventions rapides lorsqu’il avertit de l’inconfort de sa situation, des baisers consolateurs lorsqu’il a subi un désagrément, des jeux, etc. Tout cela constitue ce que j’appelle la "vitamine mimi", si l’on veut bien ranger sous l’étiquette "mimi" pas seulement de gros bisous et de tendres câlins, mais aussi l’ensemble des comportements qui montrent très concrètement au bébé qu’il est apprécié, protégé, écouté – en un mot aimé.
Le bébé, puis l’enfant, a besoin de s’attacher. Il lui faut disposer d’une personne protectrice, qui le rassure lorsqu’il est inquiet, et le réconforte lorsqu’il s’est produit quelque chose de désagréable, qui soit son port d’attache et sa référence, une personne en qui il sait pouvoir avoir confiance. Les cris, les pleurs, sont souvent des appels à l’aide – et le remède est fourni par la réponse d’une personne qu’il connaît, dont il est sûr. Comme l’écrit Maurice Berger, "la figure d’attachement principale est la personne qui a passé le plus de temps avec l’enfant pendant les premiers mois de sa vie, celle qui était présente quand il était inquiet, par exemple en se levant la nuit lorsqu’il pleurait, et qui répondait de manière optimale à ses besoins." La négligence parentale, et a fortiori la maltraitance, provoquent un "attachement insécurisant, désorganisé/désorienté", qui conduit à la violence. En effet, "la personne même qui devrait apporter la sécurité étant devenue source de danger, il n’y a plus de confiance possible".
 
Selon une étude d’un psychologue de l’Aide sociale à l’enfance cité par M. Berger (2016), le placement d’enfants soumis à une maltraitance parentale donne 85 % de bons résultats s’il a lieu avant le premier anniversaire, car un nouvel attachement, cette fois satisfaisant, est alors généralement possible ; en revanche, un placement plus tardif débouche une fois sur deux sur des troubles, et une fois sur cinq sur des pathologies graves, parce qu’il était trop tard pour enclencher un nouvel attachement, cette fois positif. La lenteur des décisions judiciaires – dont les causes sont le plus souvent multiples – peut donc provoquer des catastrophes. Leur absence également, comme dans ce cas, rapporté par le docteur Berger, d’une tentative d’assassinat commise à 30 ans sur sa mère par l’enfant qu’elle avait jadis maltraitée : ces maltraitances avaient été "décrites dans les rapports éducatifs transmis au juge qui avait protégé l’enfant", mais ce magistrat n’avait pas alerté le procureur (qui seul peut "instruire" en vue de déclencher une procédure pénale), et plus tard la victime a décidé "de se faire justice".
À la décharge des juges, le docteur Berger expose leur "désespoir" face aux multirécidivistes que deviennent souvent les enfants ayant un "trouble des conduites" : comportement agressif, menaces, bagarres, déprédations, vols, provocations, et de manière générale tendance à violer les règles établies. Voici l’explication qu’en donne Maurice Berger : "le trouble fondamental que présentent ces sujets est une absence d’empathie, un échec constant à penser ce que pense l’autre". Insensibles à ce que l’autre peut ressentir, ils n’ont pas de frein qui les retienne de frapper ou, a fortiori, de commettre des incivilités. Or l’empathie est une attitude qui s’apprend très tôt, au contact de parents aimants.
 
Ces handicaps psychologiques, ou déviances, se reproduisent d’une génération à l’autre. C’est pourquoi, comme l’écrit Maurice Berger, "certaines familles sont suivies par les services de protection de l’enfance depuis 53 ans, les enfants de chaque génération devant être placés". Heureusement, "d’autres parents parviennent à tirer bénéfice de l’aide que leur proposent différents services et à prendre en compte les besoins de leurs enfants." C’est la solution optimale, car les parents sont les producteurs naturels de la "vitamine mimi" nécessaire au développement psychique de leurs enfants. Remplacer certains d’entre eux dans cette fonction peut être indispensable, mais s’il est possible de les aider à reprendre la production de la précieuse vitamine, c’est mieux.
 
Le plus grave, dans les trop nombreux cas où un enfant passe en quelque sorte "du côté obscur de la force", est évidemment le gâchis humain, mais les évaluations économiques ne sont pas inutiles : elles montrent que l’argent consacré à éviter ou à réparer ces blessures psychiques n’est pas dépensé en vain, qu’il peut même s’agir d’un investissement très rentable. Surtout si l’accroissement des budgets (déjà non négligeables : en particulier plus de 7 milliards d’euros pour l’Aide sociale à l’enfance) était l’occasion de mieux les utiliser, ne peut s’empêcher de penser l’économiste, toujours féru d’efficacité. Par exemple, recruter et former des juges des enfants capables de statuer vite et bien dans ce domaine d’importance vitale coûterait beaucoup moins cher que de laisser se multiplier la délinquance de jeunes puis d’adultes déstructurés parce que les services publics se sont substitué trop tardivement à des parents défaillants.
 
Des enfants pris en charge rapidement, par exemple des bébés exposés à une négligence parentale qui risque fort d’en faire des "enfants barbares", peuvent être placés dans une famille d’accueil attentionnée et préparée, former un attachement convenable, apprendre l’empathie, et ainsi de suite, presque comme les enfants d’une famille disons "normale". Il faut pour cela consacrer des compétences et des budgets suffisants au dépistage de ces situations dramatiques, au fonctionnement des tribunaux, à celui des institutions capables de traiter les cas graves, etc. Employer efficacement des ressources à ces usages est un investissement rentable : il aboutit à remplacer des dizaines de milliers de délinquants qui coûtent cher à la société par autant de personnes équilibrées dont les impôts et cotisations paient les frais généraux du pays.

27 juin 2017

Réforme, marché du travail

Publié dans A tout un chacun
Quelle réforme pour le marché du travail ?
 
Pour nécessaire qu’elle soit, la réforme du code du travail en cours d’élaboration ne suffira pas à doter la France d’un vrai marché du travail. Pour qu’un tel marché existe, il faut que soit clarifiée la notion de prix du travail. Depuis fort longtemps, les contrats de travail portent sur le salaire brut, grandeur qui ne correspond nullement à ce que l’employeur débourse pour disposer des services du salarié. Le véritable prix du travail est le salaire "super-brut", somme du salaire brut et des cotisations sociales patronales.
Les pouvoirs publics peuvent à tout moment modifier le coût du travail pour l’employeur en augmentant ou en "allégeant" ces "charges". Le prix du travail ne se forme donc pas sur un véritable marché : il dépend largement de décisions étatiques relatives aux cotisations patronales. Il est par exemple arbitrairement diminué pour les emplois réputés peu qualifiés, en minorant les taux de cotisations patronales appliqués aux bas salaires, ou en utilisant, pour produire un effet analogue, des artifices tels que le CICE.
Se dire partisan de l’économie de marché et accepter, voire réclamer, de telles mesures, est incohérent. La protection sociale aboutit toujours à ponctionner les ménages : pourquoi s’entêter à maintenir une apparence de partage de son poids entre les salariés et leurs employeurs ? Il serait plus conforme à la vérité d’établir une bonne fois pour toutes que les cotisations sociales ne sont ni patronales, ni salariales, mais tout bonnement "civiles", prélevées sur les ménages en paiement de leur couverture sociale.
La réforme du marché du travail implique donc, pour être vraiment efficace, une réforme du financement de la sécurité sociale. Le jour où celle-ci puisera ses ressources directement sur le compte en banque de chaque ménage, les entreprises seront déchargées de toutes sortes de formalités. Et surtout, le salarié dont la rémunération mensuelle véritable est 5 000 € en recevra effectivement 5 000, et non 3 000 ou 2 800 comme c’est le cas aujourd’hui ; il comprendra très concrètement ce qu’il coûte réellement à son entreprise, et ce que lui coûte la sécurité sociale. En l’absence d’une prise de conscience des coûts véritables du travail d’une part, et de la sécurité sociale d’autre part, les mécanismes régulateurs du marché du travail et de la production de protection sociale sont tragiquement insuffisants.
S’ils ne sont pas couplés avec une réforme de ce type, les changements qui seront effectués en matière de législation du travail produiront probablement des effets décevants, parce qu’il ne s’agira pas de changements stratégiques, systémiques, structurants. L’information est la clé de tout ; et l’information numérique que constituent les crédits et débits de nos comptes en banque en est une composante névralgique. Tant que les acteurs ne disposeront pas d’une information adéquate, sous cette forme, sur leur rémunération et sur son usage, la simplification du code du travail ne produira qu’une fraction des effets bénéfiques que l’on pourrait obtenir en adoptant une approche plus complète de ce problème.  

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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