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BILGER Philippe

BILGER Philippe

Né le 31 août 1943
Marié - 6 enfants


Magistrat honoraire

Ancien avocat général près la cour de Paris
Conseiller spécial (of counsel) au cabinet D’Alverny Demont & Associés (depuis le 3 octobre 2011)

Président de l'Institut de la parole

Préparation à l'Ecole Normale Supérieure
Licencié en Lettres classiques
Licencié en Droit
Diplômé de l’Ecole nationale de la Magistrature (ENM)
 
Auditeur de justice au Tribunal de Grande Instance de Strasbourg (1970)
Juge d'instruction au TGIde Lille (1972)
Substitut du Procureur de la République près le TGI de Bobigny (1975)
Affectation à la 4ème section du Parquet de Paris (Presse et Libertés publiques) (1984)
Premier substitut Paris (1986) 
Ministère public à la 17ème Chambre Correctionnelle (1984 à 1989)
     Affaires Le Pen c/Libération, Le Pen c/Le Canard Enchaîné, Duverger c/Actuel, tract en faveur du
     Maréchal Pétain dans Le Monde, affaire Laurent Wetzel /Marcel Paul, etc.
Chef de la 11ème section du Parquet de Paris (droit bancaire) (1989 – 1990)
Substitut général près la cour d'appel de Paris (1990) 
     Chambre d'Accusation de Paris, de mars à septembre 1990
     Avocat général à la cour d'assises de Paris, de septembre 1990 à septembre 1992
     (affaires Chalier-Nucci, Mathurin-Paulin, Dobbertin, etc.)
 
Mise à disposition auprès du président du Sénat
     comme conseiller à la Justice et à la Culture (1992 – 1995)
 
Avocat général près la cour d'appel de Paris (1999)
Avocat général à la cour d'assises de Paris (depuis 1995)
     (Procès Didier - l'assassin de Bousquet - procès Naigeon, Fréminet, Bob Denard,  
     Aloïs Brunner, Magali Guillemot, François Besse, etc.
     Procès d’Emile Louis à Auxerre, procès de Maxime Brunerie à Paris (2004)
     Procès d'Hélène Castel et procès en appel d'Emile Louis (2006)
     Procès de Youssouf Fofana et du gang des barbares (victime : Ilan Halimi) (2009) 
 
 
Professeur associé à l’Université du Droit et de la Santé de Lille 2 (2001 – 2004)
Directeur d'une session annuelle de formation à l'ENM (2001 – 2004)
Présidence de la Commission arbitrale des journalistes
Chef de la délégation juridique de l'Union internationale de la Presse Francophone
Conférences sur le droit de la presse et la cour d’assises,
     à l'Ecole Nationale de la Magistrature,
     au Centre de Formation pour les Journalistes,
     à l’Institut Montaigne,
     pour la Presse Quotidienne Régionale,
     pour le groupe Hachette et le groupe Bayard, pour divers Barreaux.
Conférences régulières pour le groupe Audiens
Conférence à l'Institut de France (23 janvier 2006)
Grande Conférence du Figaro (20 février 2006)
 
Ouvrages
Nombreux articles consacrés au droit de la presse et à l'analyse de la jurisprudence
     dans Le Monde, Le Figaro, La Gazettedu palais, Legipresse (membre du comité
     de rédaction), Stratégies, L'Echo de la presse,
     ainsi que dans la Presse Quotidienne Régionale
 
- Le droit de la presse (PUF, collection "Que sais-je") (1990) (réactualisé en 2003)
- Le Besoin de justice avec Claude Grellier (Calmann-Lévy) (1991)
 -Plaidoyer pour une presse décriée (Filipacchi) (2001)
 -Un Avocat général s’est échappé (collaboration de Stéphane Durand-Souffland (Le Seuil) (2003) 
 -Le Guignol et le Magistrat avec Bruno Gaccio (Flammarion) (2004) 
 -Arrêt de mort roman (Editions du Félin) (2005)
 -Pour l'Honneur de la justice" (Flammarion) (2006)
- J’ai le droit de tout dire (Editions du Rocher) (2007)
- Et si on jugeait les juges ? avec Roland Agret (Editions Mordicus) (2009)
- 20 minutes pour la mort - Robert Brasillach : le procès expédié (Editions du Rocher) (2011)
- Le bal des complaisants – Le dernier réquisitoire d’un avocat général avec François Sionneau (Fayard) (2011)
 
Distinctions    
Chevalier de la Légion d'Honneur
Chevalier de l'Ordre national du Mérite

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L’amateurisme souriant et buté

Publié dans Du côté des élites
L’amateurisme souriant et buté de Mme Vallaud-Belkacem
 
On ne remplace pas impunément des ministres par des symboles parce que, tôt ou tard, la réalité se venge.
Le pouvoir est responsable et coupable d’avoir choisi Christiane Taubira comme garde des Sceaux et d’avoir confié à Najat Vallaud-Belkacem la charge infiniment délicate de l’Éducation nationale. De maintenir, contre vents, marées et contestations, la première et de soutenir, contre toute logique, la seconde qui propose une réforme du collège discutée par une majorité, toutes tendances politiques et intellectuelles confondues. Et vantée par un chiche clientélisme fustigeant « un élitisme conservateur » !
Ce n’est pas par hasard que je réunis ces deux personnalités sous un même pavillon. Nicolas Sarkozy a eu raison de les associer en soulignant que, pour le pire, la Rue de Grenelle avait pris la relève de la Place Vendôme. Christiane Taubira elle-même, dans un tweet de solidarité compassionnelle, s’unissait à sa jeune collègue comme si toutes deux n’avaient pour point commun que d’être victimes, et non pas d’avoir été honorées par la République et le socialisme.
Reste qu’il n’est pas inutile de se pencher sur ces controverses récentes qui permettent à Jean-Christophe Cambadélis à nouveau de se singulariser dans l’approche partisane, pour ne pas dire inepte. Najat Vallaud-Belkacem serait la cible d’attaques parce qu’elle se nomme Belkacem et donc le racisme inspirerait les réactions négatives de fond et de forme qui accablent la mouture absurde et jargonnesque du Conseil supérieur des programmes - son président vient d’ailleurs d’affirmer que notre histoire comme « roman national » n’a pas sa prédilection, ce qui signifie beaucoup sur sa conception de l’enseignement.
Cette vision simpliste de socialistes acculés n’a pas un soupçon de crédibilité. Pourtant, force est d’admettre que Najat Vallaud-Belkacem subit une fronde d’une intensité et d’une pertinence rarement égalées et que Christiane Taubira est en butte depuis sa nomination à une opposition chronique, sérieuse et fondée. Pourquoi ces deux femmes sont-elles ainsi vilipendées ? Parce que l’une serait noire et l’autre d’origine marocaine ? Cette facilité d’estrade et de congrès n’a rien à voir avec ce que l’analyse constate.
L’idéologie péremptoire de Mme Taubira et l’amateurisme souriant et buté de Mme Vallaud-Belkacem se trouvent à la source de ce qui peut apparaître comme un procès en illégitimité.
Mais d’où provient cette impression que l’une et l’autre seraient illégitimes dans un registre certes différent ? Non pas parce qu’elles seraient femmes.
Mais d’abord parce que le pouvoir, en s’attachant à la mission de leur sauvegarde, manifeste à quel point il les traite sur un mode discriminatoire. Pour les célébrer, en définitive il les réduit. Les ministres qu’on tient à bout d’esprit et de partialité sont dans tous les cas condamnés. On ne peut pas désespérer Boulogne et Billancourt en même temps !
Ensuite, la ministre de l’Éducation nationale ne rassure et n’éblouit pas par sa compétence et sa densité intellectuelle. De ce fait, elle méprise ceux qui évidemment la dépassent de cent coudées et qu’elle devrait avoir l’élégance de considérer avec respect et modestie. Ces pseudo-intellectuels qu’elle a dénoncés lui renvoient en pleine face l’inanité de ce qu’elle projette et qu’elle s’acharne à défendre en dépit de conseils, d’inquiétudes et d’avertissements qui ont cette particularité d’émaner de tous bords, pour ne mentionner que ceux de Jean-Marc Ayrault, de Jack Lang, de Pierre Nora, de François Bayrou ou d’Alain Finkielkraut. Ce n’est donc pas parce que notre ministre de l’Éducation nationale s’appelle Belkacem qu’elle est quotidiennement décriée. Mais à cause d’une arrogance à la mesure d’une légèreté de savoir et d’expérience. Il y a de la condescendance dans son sourire permanent et sa fausse sérénité. La certitude d’être intouchable renforce son entêtement.
Le racisme n’est pour rien, avec son odieux visage, dans ces joutes qui mettent à mal l’image et le statut de ces deux ministres. Ce n’est pas la première fois, certes, gauche et droite confondues, qu’un ministre est inférieur à sa fonction et qu’on s’interroge sur la capacité de tel ou telle.
Je regrette que le président de la République en ait été réduit à dénigrer des « intérêts particuliers » qui seraient offensés par cette calamiteuse réforme du collège. Il a aggravé, en appelant l’ensemble du gouvernement à la défendre, cette déplorable autarcie d’un pouvoir qui s’imagine que le courage est de résister à l’évidence et la constance de persévérer dans l’erreur.
Derrière ce projet, plutôt la descente pour tous qu’une élévation qui profiterait aux meilleurs, plutôt un enseignement appauvri et étique qu’un enrichissement jouant de toutes les gammes de la culture.
Quel paradoxal et funeste comportement que celui d’un président de la République qui ne prétendait qu’au rassemblement et déchire même son propre camp. Et cela au détriment de notre avenir.

Le Figaro, 14 mai 2015

Profanations anti-chrétiennes

Publié dans Du côté des élites
Profanations anti-chrétiennes à Castres
 
 
La rançon d'une politique compassionnelle est qu'en permanence l'État, qui s'engage dans cette voie dangereuse, se voit soupçonné de choisir ses dénonciations et ses désastres et d'en exclure d'autres de manière incompréhensible.
Incompréhensible? Pas vraiment.
 
On sait depuis longtemps, à l'exception d'une universalité obligatoire et tactique au cours du mois de janvier, que pour ce pouvoir, toutes les victimes ne se valent pas et que son cœur n'est endolori, voire brisé que par intermittence et à l'égard seulement de certaines causes qui offrent l'avantage de distraire de l'essentiel et de rassembler à bon compte.
Je n'évoque même pas la calamiteuse politique pénale d'une Christiane Taubira, qui "jure" avec cet excellent projet de loi sur le Renseignement révélant un réalisme surprenant de la part de ceux qui ont en charge notre destin singulier et collectif.
 
Il me suffit de faire référence aux déplacements et recueillements ciblés de François Hollande, qui en eux-mêmes n'ont rien de choquant -par comparaison, sur le plan intérieur, Nicolas Sarkozy avait le cœur plus sec et le mouvement moins frénétique !- mais conduisent le citoyen à s'interroger. Pourquoi ici et pas là ? Pourquoi en Alsace et pas à Castres ? Pourquoi, afin de consoler la communauté juive, en cet endroit et pourquoi pas ailleurs quand les musulmans ont été touchés et atteints ? Pourquoi les déplacements au compte-gouttes pour les souffrances chrétiennes et pourquoi cette incapacité du président à sortir de sa sensibilité et de sa bouche le mot "chrétien" ?
Aurait-il honte, en cette période de laïcité militante et souvent absurde -la RATP a été indépassable pour le pire sur ce registre !- de prononcer même ce verbe de peur qu'on vienne l'accuser de remettre ses pas dans ceux de Nicolas Sarkozy?
Alors que, pour d'autres thèmes et pratiques, il l'a évidemment dépassé, ce qui n'a pas manqué d'attrister non seulement la gauche doctrinaire mais la droite qui lui avait fait confiance ?
 
Quand on commence à se servir du compassionnel et qu'on instrumentalise ce qui devrait la plupart du temps demeurer dans les cercles intimes, privés ou honorablement sollicités par des tragédies de proximité et de solidarité, on ne sait plus comment s'arrêter ou bien on favorise le sentiment aigre d'une injustice, d'une intolérable discrimination.
Faute d'avoir l'honnêteté d'aller partout et parce qu'on hiérarchise les émotions et les douleurs, il n'est pas un jour où ce pouvoir ne soit légitimement interpellé, placé face à ses contradictions et à son esprit partisan. Avec sa sensibilité volage et hémiplégique.
 
Donc j'ai le droit, sans polémique et avec beaucoup de modestie, de me tourner vers le président de la République ou le Premier ministre qui nous a montré qu'il sait bouger pour des enjeux moins nobles : pourquoi, toutes affaires cessantes, l'un ou l'autre ne s'est-il pas rendu à Castres où un cimetière chrétien a été gravement vandalisé ?

Figarovox, 16 avril 2015

L'homme et non la loi

Publié dans Du côté des élites
Le problème, c'est l'homme, pas la loi !
 
 
On pourra multiplier les exemples et on sera obligé de constater qu'après chaque tragédie, à l'issue de chaque dysfonctionnement, une fois le désastre consommé, qu'il soit terroriste, judiciaire, politique ou médiatique, la réaction a été d'abord de s'interroger gravement sur les défaillances de la loi puis d'annoncer l'élaboration rapide de la suivante.
Comme si la loi était coupable et l'homme jamais responsable, comme si le texte avait des failles et que ceux chargés de l'appliquer, au fond, n'avaient été victimes que de celles-ci.
Alors qu'il suffit de reprendre en détail les affaires signifiantes et souvent traumatisantes de ces dernières années pour admettre qu'une fois l'émotion et l'indignation immédiates passées, la conclusion doit être peu ou prou toujours la même. Elle renvoie, prioritairement, à des fautes et à des carences humaines, singulières ou collectives, bien plus qu'à des lacunes de fond réelles ou invoquées qui, dans tous les cas, ont eu très peu d'incidence sur les catastrophes ne survenant jamais par hasard.
Mais parce que des institutions, des administrations, des services publics, à un certain moment, à un certain niveau, n'ont pas été capables d'assumer compétence et excellence jusqu'au bout et ont laissé, en leur sein, des professionnels qui seraient facilement identifiables si on s'en préoccupait, dégrader les mécanismes et porter atteinte à l'exemplarité du processus.
 
Qu'on considère, en effet, l'affaire Merah puis, au mois de janvier 2015, les horreurs imputables aux frères Kouachi et à Coulibaly, enfin les viols reprochés au directeur d'école de Villefontaine qui, dès 2008, avait exprimé son angoisse de "passer à l'acte", qu'on se penche sur les dérives somptuaires d'un Mathieu Gallet ou les indélicatesses répétées et déplorables d'un Thomas Thévenoud qui est resté député et heureusement effacé et discret, nul besoin d'avoir recours, sinon pour donner l'illusion de bouleversements nécessaires, à des perspectives législatives qui miraculeusement changeraient une donne ayant révélé des imperfections (Le Figaro, Le Parisien).
 
Pour peu que lucidement on s'attache à un contrôle sans complaisance, en accomplissant, en quelque sorte, une autopsie des fiascos gravissimes ou de moindre importance, on aboutira à des mises en cause personnelles, à des défaillances ciblées, à la dénonciation évidente d'une ou de pratiques qui, à un instant précis, ont fait dévier la rectitude et engendré le pire.
La loi n'y est pour rien mais, tout au plus, la manière de l'appliquer qui, par paresse, négligence ou indifférence, a altéré la conscience professionnelle et fait sombrer la tension et la vigilance des origines, dans le meilleur des cas, dans un délitement et un relâchement qui, au fil du temps, vont s'avérer forcément, dans les métiers d'ordre, d'autorité, de pouvoir et de coordination, dévastateurs.
Non seulement au sein des structures elles-mêmes mais à cause de cette perversion très française, pour chacune d'elles, de se vivre en autarcie et d'être incapable, par légèreté ou indépendance mal comprise, de communiquer avec les autres et de les informer. Chacune a son pré carré et est maîtresse de son royaume. Et la communauté en payera le prix !
Loin de se percevoir comme la partie irremplaçable d'un TOUT capital, justice et Education nationale, pour reprendre l'exemple du directeur d'école, n'ont eu de cesse que de s'ignorer et d'empêcher ainsi la société, qui aurait dû les réunir dans un même souci, d'être protégée et préservée comme il aurait fallu.
Pourtant je ne vois aucune fatalité dans cet égoïsme institutionnel qui prive l'autre délibérément ou par une regrettable désinvolture, de ce dont l'un a eu connaissance et que ses devoirs professionnels sinon textuels auraient dû l'inciter à transmettre.
 
Pourquoi cette obsession de la loi comme bouc émissaire de la médiocrité humaine ponctuelle ?
Parce que les politiques, avec une intuition cynique, savent que rien, dans notre Etat, ne donne plus l'impression de l'action qu'une loi même élaborée à la va-vite, discutée dans l'urgence et votée sans véritable réflexion ou gangrenée par d'absurdes affrontements idéologiques. On promet une loi, on la prépare, on la fait adopter : le tour est joué. On a jeté un os symbolique au peuple qui le prendra pour de la substance. Alors que c'est de l'apparence et de la façade.
 
La raison essentielle n'est sans doute pas là mais dans cette répugnance à mettre en œuvre, dans notre système démocratique, un véritable contrôle professionnel qui en amont préviendrait les dysfonctionnements et en aval les sanctionnerait. La France préfère châtier des généralités plutôt que fustiger et condamner des comportements. La lâcheté et l'intérêt se conjuguent pour éviter l'instauration d'un honorable et décisif quadrillage dont la rançon serait, appliqué aux titulaires du pouvoir comme à leurs assujettis, de ne plus tolérer nulle part la moindre facilité ou transgression.
Le problème, c'est l'homme, à tout coup, mais il est tellement plus commode de l'exonérer à cause de la loi qui n'en peut mais !

www.philippebilger.com/blog

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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