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BASLE Jean-Luc

BASLE Jean-Luc

Né le 14 septembre 1942
Marié - 2 enfants



Economiste
 

Diplômé de Columbia University et de Princeton University

Directeur de Citigroup New York (1972-1995)
Enseignant associé aux Ecoles de Saint-Cyr Coêtquidan
Vice-président de l’Institut de Locarn



Publications
Cercle Les Echos.com
OpEdNews.com

Ouvrages
The international monetary system : challenges and perspectives" (1982) - L'euro survivra t-il ? (2016) -

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Politique US, crise des réfugiés

Publié dans De par le monde
Politique étrangère américaine et crise des réfugiés
 
Lorsqu’une nation conduit une politique étrangère irréelle, il ne faut pas s’étonner des retombées.
 
La politique étrangère américaine aboutit au résultat opposé à celui recherché, à savoir une sécurité précaire au lieu d’une sécurité absolue, par
les effets secondaires imprévus qu’elle génère.
 
La politique étrangère américaine repose sur un postulat : suite à l’effondrement de l’Union soviétique, les Etats-Unis considèrent qu’ils sont une puissance hégémonique incontestée et qu’ils ont toute latitude pour conduire la politique de leur choix. C’est au nom de ce postulat que George W. Bush envahit l’Irak au motif que ce pays détenait des armes de destruction massive – motif qui se révéla faux par la suite. Puis, sous Barack Obama, ce fut le tour de
la Libye, de la Syrie et du Yémen. Il ne s’agit pas d’opérations humanitaires comme les média le déclarent, mais d’une politique délibérée qui vise à créer le chaos au Moyen Orient selon des lignes de fracture religieuses et tribales tout en sécurisant l’accès à l’or noir. Une nouvelle carte de la région a même été dessinée par un certain lieutenant-colonel Ralph Peters.
 
La crise des réfugiés n’était pas prévue par les stratèges américains, et encore moins ses répercussions sur l’Europe – certains ont cru un moment pouvoir en
tirer parti avant qu’elle ne s’aggrave au point de devenir une crise mondiale, comme vient de le reconnaître John Kerry. Les chiffres sont alarmants en effet : 11 millions de Syriens ont quitté leurs foyers dont 4,7 millions ont quitté le pays. Des centaines de milliers sont en Jordanie. Le roi Abdallah II sonne l’alarme. La décision d’Angela Merkel d’accepter un million de réfugiés, compréhensible au plan humain, n’en pas moins créé un vif émoi que les évènements de la nuit de la St Sylvestre à Cologne ont cristallisé. La Grèce, incapable de contrôler le flot des réfugiés, est au bord de l’implosion. Le 1er mars, l’Agence France Presse titre : "Washington sous pression pour empêcher l’Europe de s’effondrer"
.
 
Voilà donc où nous en sommes aujourd’hui. Les Américains ne devraient pas être surpris. Un dicton les avertit : "what goes around, comes around" que l’on peut traduire par "il faut faire face aux conséquences de ses actes" ou mieux "celui qui sème le vent récolte la tempête".

Français, unissez-vous !

Publié dans En France
Français, unissez-vous !
 
Français, unissez-vous ! Ce n’est pas un slogan marxiste mais un cri de ralliement pour tenter de contrôler notre destin. Ces vingt-cinq dernières années, le monde a subi une profonde mutation qui s’apparente à celle que connut le Moyen-Age mais sur une période beaucoup plus courte. L’avènement de l’ordinateur personnel dans les années 80 suivi d’Internet, la chute de l’Union soviétique, la conversion de la Chine à l’économie de marché dans les années 90, et les découvertes scientifiques ont transformé notre monde. C’est la "3ème révolution industrielle" nous dit Jeremy Rifkin, professeur d’économie à l’université de Pennsylvanie. Non, répond Klauss Schwab, fondateur du Forum économique de Davos, c’est la 4ème. Quel que soit le chiffre qu’on lui attribue, il est évident que la mutation est profonde et qu’elle n’est pas seulement économique mais aussi politique, sociale et sociétale. Les anciens paradigmes tombent les uns après les autres sans que de nouveaux apparaissent. La loi sur la fin de vie eut été impensable il y a cinquante ans. 
 
Ces bouleversements modifient les relations de pouvoir au sein de nos sociétés occidentales. Les élites – relais entre le peuple et le pouvoir – ne jouent plus leur rôle. Certaines d’entre elles semblent même faire le jeu du pouvoir, celui détenu par un nombre restreint d’individus. Les ambitions s’affichent. La démocratie est remise en question. Angela Merkel et Nicolas Sarkozy opposent un refus catégorique au référendum proposé par Papandréou sur l’accord de décembre 2011. Des actions militaires au Moyen Orient sont lancées par les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France sans l’aval du peuple. Les Allemands sont sommés d’accepter un million de réfugiés, etc., etc. Aussi, ne faut-il pas s’étonner de la création de nouvelles formations politiques comme SYRIZA en Grèce, Podemos en Espagne, AfD en Allemagne, UKIP en Grande-Bretagne et le Front national en France. Populistes, sans programme défini ou cohérent, ces partis sont pires que le mal qu’ils entendent combattre. Dans ce monde instable et indéfini, le citoyen ordinaire – celui qui est raisonnable et réfléchi – est livré à lui-même. Il ne sait à quel saint se vouer pour sortir de cet imbroglio qui le menace, lui et sa famille.
 
Ce sentiment d’impuissance inacceptable conduit les plus entreprenants à lancer des initiatives comme La Transition, Nous Citoyens, Objectif France, Génération Citoyens, etc. Leur objectif n’est pas la révolution dont on sait qu’en politique comme en physique, elle aboutit à son point de départ (Napoléon avait plus de pouvoir que Louis XVI et Lénine plus que Nicolas II) mais l’évolution vers un nouveau système qui prendrait en compte les inquiétudes et les attentes des citoyens. D’où ce "Français, unissez-vous !" Il n’est pas dit qu’unies ces initiatives aboutissent mais isolées elles n’ont aucune chance. Vox populi, vox dei.

Dividende de la paix ?

Publié dans En France
Etat de guerre et dividende de la paix
 
Lors d’une interview en novembre dernier, le général Vincent Desportes, auteur de la "La dernière bataille de France", regrette que Laurent Fabius ait plaidé jadis pour la distribution du "dividende de la paix". Le général Didier Tauzin, auteur de "Rebâtir la France", lui fait écho quelques jours plus tard. Ce dividende serait-il la cause de notre impréparation face au terrorisme ? Une augmentation du budget de la défense dont les généraux se font l’avocat entraînera nécessairement la réduction d’autres dépenses, compte tenu des revenus limités de l’Etat et de son endettement élevé.
 
La chute de l’Union soviétique s’est accompagnée d’une baisse rapide des budgets de la défense en Occident que Bill Clinton qualifia de "dividende de la paix". Ce dividende a-t-il donné lieu à un accroissement indu d’autres dépenses de l’Etat, et en particulier des dépenses sociales ? Pour le savoir, examinons les budgets de la défense et de la Sécurité sociale, et pour éviter toute polémique dont les Français sont si friands, utilisons les statistiques américaines.
En 1960, le budget de la défense s’élève à 8,6% du Produit intérieur brut (PIB) et celui de la Sécurité sociale à 2,0%. En 1990, année précédant l’effondrement de l’URSS, ces chiffres sont respectivement 5,2% et 7,0%. En 2000, année précédant l’attaque du 11 septembre, ils sont passés à 3,3% et 7,7%. En 2010, le budget de la défense s’élève à 4,7% et celui de la Sécurité sociale à 9,2% – l’augmentation du budget de la défense par rapport à l’année 2000 est liée aux guerres en Afghanistan et en Irak. En 2015, le coût de la défense baisse de nouveau (3,3%) alors que celui de la Sécurité sociale continue d’augmenter (10,1%).
L’évolution des budgets de la défense et de la Sécurité sociale s’inscrit dans un cycle long dont le dividende de la paix n’est qu’un avatar. Le premier baisse continuellement alors que le second ne cesse d’augmenter. A quoi tient cette évolution ? La raison nous en est donnée par Adolphe Wagner, économiste allemand du 19ème siècle. Il postula que les citoyens exigent davantage de leur gouvernement à mesure que leur nation s’enrichit. C’est ce que nous observons aux Etats-Unis et en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ce n’est pas le dividende de la paix qui est en cause, comme le croient les généraux, mais une appétence pour toujours davantage de services de l’Etat, ce "toujours plus" dont parle François de Closets dans l’un de ses ouvrages.
 
Le président a déclaré que nous sommes en guerre. Souhaitons qu’elle soit aussi courte que possible non seulement pour en minimiser le coût humain mais aussi pour éviter les ajustements auxquels une guerre longue nous obligerait. Il n’est pas certain que les Français soient prêts à faire les sacrifices qui leur seraient demandés en cas de guerre prolongée ni que leurs dirigeants en soient conscients. D’où l’avertissement des généraux – avertissement recevable même s’il pèche par son analyse.

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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