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BASLE Jean-Luc

BASLE Jean-Luc

Né le 14 septembre 1942
Marié - 2 enfants



Economiste
 

Diplômé de Columbia University et de Princeton University

Directeur de Citigroup New York (1972-1995)
Enseignant associé aux Ecoles de Saint-Cyr Coêtquidan
Vice-président de l’Institut de Locarn



Publications
Cercle Les Echos.com
OpEdNews.com

Ouvrages
The international monetary system : challenges and perspectives" (1982) - L'euro survivra t-il ? (2016) -

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Coup politique à Washington

Publié dans De par le monde
Coup politique à Washington
 
Après son discours devant le Congrès américain le 3 mars 2015, et sa récente victoire électorale, il est clair que Benjamin Netanyahu fera en sorte qu’il n’y ait pas d’accord nucléaire avec l’Iran, ni de négociation avec le président syrien, Bachar al-Assad, ou de reprise des pourparlers pour la création d’un état palestinien.
La Russie doit être punie pour ses relations amicales avec la Syrie. Victoria Nuland et John McCain poursuivent donc leur politique destinée à arrimer l’Ukraine dans le camp occidental et affaiblir la Russie, sans se soucier de l’engrenage infernal qu’ils enclenchent. Comment tout cela se terminera-t-il ? Nul ne le sait. Il n’est pas certain que le succès soit au rendez-vous. L’analyse des faits conduit plutôt à la conclusion opposée. Qu’adviendra-t-il des relations israélo-américaines en cas d’échec ?
 
Dans un discours prononcé le 3 octobre 2007, Wesley Clark, ancien commandant des forces alliées en Europe, petit fils d’un rabbin polonais, apporte une réponse. Il déclare que les Etats-Unis ont été victime d’un "coup politique".
En excluant le mot "état" dans l’expression "coup d’état" pour le remplacer par l’adjectif "politique", il révèle à son auditoire une vérité méconnue, à savoir que la politique extérieure américaine a été profondément altérée sans que l’architecture constitutionnelle de la nation ne soit modifiée et le peuple américain consulté.
Les principaux artisans de ce changement sont Dick Cheney, Donald Rumsfeld, Richard Perle, Paul Wolfowitz et quelques autres. Si cette politique se conclut par un échec, comme il est à craindre, les Américains voudront connaître le ou les coupables. Ils chercheront un bouc émissaire. Il ne peut être américain. Il sera étranger, comme l’histoire nous l’enseigne…Dans "Heritage: civilisation and the Jews", Abba Eban se livre à une rétrospective de l’histoire du peuple juif. Les artisans du changement ne l’ont sans doute pas lu, ou s’ils l’ont lu, ils n’ont pas compris son message subliminal.
En profitant de la naïveté du peuple américain et de la complicité de ses élus, Benjamin Netanyahu joue un jeu dangereux pour l’avenir d’Israël.

"menace sécuritaire nationale"

Publié dans De par le monde
Le Venezuela déclaré "menace sécuritaire nationale" par Barack Obama
 
L’Ordre exécutif du 9 mars 2015, signé par le président Obama, considère que "la situation au Venezuela constitue une menace inhabituelle et extraordinaire à la sécurité nationale et à la politique étrangère des Etats-Unis".
En conséquence, compte tenu de l’engagement des Etats-Unis "à défendre les libertés individuelles, à sauvegarder les institutions démocratiques, et à protéger le système financier américain des transactions financières illicites vénézuéliennes", des sanctions sont imposées à sept vénézuéliens. Ce n’est pas d’un canular mais il faut se pincer pour y croire. Quel danger le Venezuela peut-il bien poser aux Etats-Unis ? Examinons les données de la CIA.
 
 

  Etats-Unis Venezuela
Population 318,9 millions 28,9 millions
Produit intérieur brut (PIB) $16.720 milliards $367,5 milliards
PIB/habitant $52.800 $13.600
Production pétrolière 11,1 millions de barils jour 2.5 millions de barils jour
Budget de la défense 4,35% PIB
$836 milliards
1,05% PIB
3,9 milliards
Armement nucléaire 7.000 ogives nucléaires néant
Source : Central Intelligence Agency
 
 
Le Produit intérieur brut (PIB) vénézuélien est quarante-cinq fois inférieur au PIB américain. Comment la corruption financière vénézuélienne pourrait-elle menacer la finance américaine ? La production pétrolière du Venezuela est quatre fois inférieure à celle des Etats-Unis. Son budget militaire est deux cent fois inférieur à celui des Etats-Unis. Le pays ne dispose pas de l’arme atomique. Son armée est squelettique, et sa marine et son aviation inexistantes. Où est le danger ?
 
Quelle légitimité les Etats-Unis ont-ils en matière de libertés individuelles au vu du récent rapport du Sénat sur la torture, des écoutes de la NSA, de Guantanamo, d’Abu Ghraib, de l’Irak, de la Libye, des drones, des exactions de la police américaine à l’égard des noirs (Ferguson, Cleveland, Staten Island), du soutien accordé à Saddam Hussein du temps où il combattait l’Iran, des décapitations de son allié, l’Arabie Saoudite ?
Qui a oublié cette phrase de Madeleine Albright, ministre des affaires étrangères, affirmant que la sécurité des Etats-Unis valait bien la mort de 500.000 enfants irakiens ? (1)
 
Le Venezuela ne présente aucun danger pour"la sécurité nationale et la politique étrangère des Etats-Unis". C’est une évidence. Affirmer cela ne signifie pas que la politique de Nicolas Maduro est bonne. Elle est déplorable. Mais cela ne donne pas le droit aux Etats-Unis d’encourager l’opposition vénézuélienne dans le but de renverser un président démocratiquement élu, pas plus que les erreurs et manquements de la politique intérieure et extérieure américaine ne donnent le droit à la Russie ou à la Chine d’inciter les Américains à se révolter contre Barack Obama.
 
"Le souverain est celui qui décide des exceptions", disait Carl Schimitt en 1922. Les Etats-Unis ne cessent de se conduire en puissance hégémonique. Le président américain en fait une nouvelle fois la preuve en s’en prenant au Venezuela. C’est un changement de régime que Barack Obama veut imposer, comme il le fit en Honduras en 2009 en déposant un président démocratiquement élu, et comme les Etats-Unis l’ont fait de nombreuses fois dans le passé. (2)  
 
(1) 60 minutes, 5 décembre 1996
(2) La France a pratiqué la même politique en Afrique.

L'exemple américain ?

Publié dans En France
La France suivra-t-elle l’exemple américain après le 11 septembre ?
 
Après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, les américains sont allés à l'encontre de leur tradition isolationniste en intervenant au Moyen-Orient. La France agira-t-elle selon ses propres valeurs ?
 
L’hommage dû aux victimes rendu, la solidarité affirmée, l’émotion passée, que faire maintenant ? Si, toutes proportions gardées, comme le rappelle Le Monde, Charlie Hebdo est le 11 septembre français, se peut-il que se dessine à l’échelon de la France un scénario à l’américaine ?  Le parallèle n’est pas aussi osé qu’il y paraît. Dominique Moïsi relève "la nature hautement symbolique des cibles visées" dans les deux cas. 
 
Alliés historiques
De fait, la France et les Etats-Unis ont un héritage commun.
Les Révolutions française et américaine sont le fruit du Siècle des Lumières. Elles partagent le même idéal et la même prétention à l’universalité. Elles ont tenté d’y être fidèles au cours de leur histoire.
Aujourd’hui même, en dépit de différences évidentes, ce qui les unit est plus fort que ce qui les divise. Après les Etats-Unis, la France a la représentation diplomatique la plus dense et le plus grand nombre de bases militaires au monde. Si cette présence militaire ne peut se comparer à celle des Etats-Unis, elle n’en est pas moins réelle. Cette similitude induira-t-elle la France à suivre la voie américaine après le 11 septembre ?
La tentation existe en dépit de points de vue différents sur le conflit israélo-palestinien et le monde arabo-musulman. Des Mirages 2000 sont stationnés en Jordanie pour intervenir en Irak. L’armée française combat les rebelles en Centrafrique et au Mali. Des Rafale sont intervenus en Libye. Une réaction à l’américaine entraînant une plus grande implication de la France au Moyen Orient et en Afrique ne peut donc être écartée. Souhaitons qu’il n’en soit rien. Le bilan américain est désastreux.
 
Chaos au Moyen-Orient
Douze années de guerre sans résultat, 800.000 civils irakiens tués, populations déplacées, Abou Ghraib, Guantanamo, destruction de la Libye, usage abusif de drones, émergence d’un état islamique (Daesh), etc.
La politique américaine instaure un chaos durable au Moyen Orient. Elle est le fait de quelques personnes qui à Washington contrôlent les leviers du pouvoir. Elle va à l’encontre de l’esprit américain, isolationnisme par nature.
Des mesures contestables ont aussi été prises : budgets militaires en hausse, programmes sociaux en baisse, lois et ordonnances liberticides, chasse aux donneurs d’alerte, surveillance illégale, police militarisée, etc. Nous sommes loin de l’esprit des Lumières.
De l’aveu même de l’ancien député Ron Paul : "L’Amérique n’est plus une véritable démocratie" (Information Clearing House, 5 novembre 2014).
 
Respecter des valeurs
A l’occasion de la manifestation du 11 janvier, les principes républicains ont été proclamés haut et fort.
Le premier de ceux-ci est la liberté. Or, on parle déjà de mesures exceptionnelles qui sous couvert de sécurité n’ont d’autre objet que de la limiter. Aux lois existantes s’ajoute des décisions de portée modeste mais dont l’addition constitue une atteinte à la liberté individuelle.
A l’extérieur, la France ne doit pas devenir l’adjoint du gendarme du monde pour tenter de mettre fin à des conflits dont l’origine est due à la politique extérieure du dit gendarme. En toute circonstance, la France doit agir selon ses valeurs, respecter la liberté de chacun, œuvrer à l’intégration de sa population arabo-musulmane ce qu’aucun gouvernement n’a fait en cinquante ans, et balayer toute dérive dominatrice. En aucun cas, doit-elle suivre l’exemple américain. Alors seulement, sera-t-elle cette nation libre et généreuse que le général de Gaulle aimait tant et que le monde regarde avec envie.

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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