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Taoïstes ou voltairiens ?

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Lie-tseu rapporte l’anecdote d’un prince feudataire chinois qui, prié de prouver sa force par le roi Siuan de Tcheou, se dit capable de briser une cuisse de sauterelle ou de porter les ailes d’une cigale.
Nos médiacres sont taillés (je crois, j’espère) sur ce modèle : taoïstes de subtil exercice. Presse écrite, bulletins de radio ces dernières semaines ont donné lieu (il s’agissait des élections européennes puis de l’affaire Bygmalion) à une logorrhée de débats superlativement creuse, à une inflation exceptionnelle de caquetages, à une énurésie de stéréotypes. J’entendais notamment sur nos chaînes publiques parler de la "Démocratie" par des êtres dont le zèle pour cette grande Dame semblait dû à l’application sur leurs génitoires  cérébrales d’un vibro-masseur idéologique. Des heures et des heures d’émission, des pages et des pages de journaux étaient dévolues par ces démocrates à s’interroger sur la victoire "nauséabonde" (sic) de Marine Le Pen, sur les chances ou non de Sarkozy de s’en tirer puis de tirer la France du cul-de-sac où la fourre son actuel catastrophique président, etc.
 
Il y a, en ce juin, pire. L’approche du "Mondial "de foot produit dans les mass media une incontinence de puérilités, un débordement de niaiseries plus désastreux sur le plan mental  que sur le pays bigourdan la grande crue 2013 de la Garonne. Ainsi ne tarit-on pas (c’est un exemple) de considérations angoissées sur le cas de la "mégastar" Ribery. Ira-t-il à Rio ? Autour de lui, plus exactement de son rachis, s’épaissit chaque jour le "mystère" ; le "staff" des Bleus s’inquiète ; certes son hématome du nerf fessier a été opéré avec succès, certes il peut kiffer, certes il peut beugler "pep pep pep", certes il évacue son spleen sur le jeu "Call of duty" ; mais le tabloïd Bald lui inflige une mauvaise note et l’on craint qu’il n’ait "un coup de mou dans la tête" (allusion insidieuse à sa conversion à l’Islam ?).
…. N’insistons pas. L’hypothèse où les journalistes, politiques ou sportifs, prendraient au sérieux de tels pipis gouttant de leur vessie mentale doit être rejetée : elle signifierait une grave infection, une cystite pour le moins de l’organe pensant. Je les soupçonne d’être des Lie-tseu de la presse, qui nous lâchent des giclées de balivernes comme faisait par moquerie le prince feudataire chinois.
Taoïstes ? Ou seulement voltairiens, qui servent à la racaille (lecteurs du Monde  etc. auditeurs d’Europe 1,… etc. ) une miction de déchets informatifs et se réservent, égoïstes et gourmands, la dégustation des nouvelles et des commentaires dignes d’intérêt ?

J’informe la planète que mon transit intestinal, en ce juin 2014, est satisfaisant.
SAROCCHI Jean

Né en 1933
Veuf – sans enfants


Professeur honoraire à l'Université de Toulouse



Doctorat d'Etat (La Sorbonne).
     "Albert Camus et la recherche du père".

Agrégation de Lettres classiques.
CAPES (Certificat d’Aptitude au Professorat de l’Enseignement Supérieur)
Diplôme d'études supérieures
     "Socrate et Montaigne"

Licence de philosophie.


Maître de conférences à l'Université de Tunis.
Maître-assistant à l'Université de Strasbourg.
Professeur de philosophie, français, latin, grec (Oran).

Ouvrages
Julien Benda, portrait d'un intellectuel
Albert Camus et la recherche du père (thèse éditée)
Albert Camus philosophe
Le dernier Camus ou le Premier Homme
Variations Camus
Camus le juste ?
Versions Proust
Giono de père en fils
Rabelais et l'instance paternelle
La Colère
Pourquoi pas ?
in the Summer Time (roman)

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