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La voiture, voilà l’ennemi !

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Pour Anne Hidalgo et ses lieutenants verts, la voiture, voilà l’ennemi !
 
Si l’on en croit Carl Schmitt, la politique consiste avant tout à désigner un ennemi. On connaît la célèbre formule de Gambetta : "Le cléricalisme, voilà l’ennemi." Pour Anne Hidalgo, et ses lieutenants verts, la bagnole, voilà l’ennemi !
La bagnole qui pollue, la bagnole qui embouteille, la bagnole qui obstrue. La bagnole qui devra se faire toute petite dans la rue de Rivoli, et dans l’avenue des Champs-Elysées elle-même. On ne pourra pas reprocher à la Mairie de Paris son inconstance. Après l’interdiction à la circulation des quais rive droite, tous les grands axes parisiens sont dans son collimateur.
Comme si nos édiles parisiens passaient leur temps - consciemment ou inconsciemment, peu importe - à régler des comptes historiques avec le passé de la capitale. Avec le baron Haussmann d’abord, qui a détruit les ruelles du Paris moyenâgeux pour ouvrir de grandes perspectives qui servirent d’abord à poser les canons qui mirent un terme à la tradition révolutionnaire de Paris. Avec Pompidou ensuite qui, après avoir ouvert les quais rive droite, avait même imaginé de faire traverser la ville par une autoroute, à la manière de Los Angeles.
Haussmann et Pompidou sont les deux symboles de tout ce que nos édiles écologistes haïssent : le second Empire et le gaullisme, l’Etat fort et la croissance économique, l’industrialisation et la promotion sociale de nouvelles élites parvenues.
La connotation sociologique de cette politique 'antivoitures' est en effet évidente. Ce ne sont pas les Parisiens qui en sont affectés, mais les banlieusards. Habitants de la petite et surtout de la grande couronne. Ces derniers subissent la double, voire la triple peine : ils n’ont plus les moyens de se loger à Paris ; ils ont été chassés de la banlieue de proximité par l’immigration qui occupe en masse les logements sociaux ; ils craignent, surtout les femmes, les transports en commun à cause de la violence des bandes venues de banlieue proche. Mais ils doivent travailler à Paris. Comment font-ils ?
La Mairie de Paris n’en a cure. Elle ne travaille pas pour eux ; ils ne votent pas dans la capitale. Deux catégories sont chères à son cœur : les bobos et les immigrés. Les premiers prennent souvent leur vélo, les seconds, le métro. Et les touristes ont le taxi ou le bus. C’est le reflet des nouvelles conditions économiques nées de la mondialisation : Paris est désormais riche de ses liens avec le vaste monde, plus que de ses relations avec le reste du territoire national. Les édiles parisiens se moquent donc de leur ancrage national, et ont les yeux de Chimène pour leur ouverture mondiale. La logique du grand Paris est là, implacable : ils tueront la voiture au profit de l’avion et du vélo.
Paru dans Le Figaro Magazine, 13 janvier 2017
ZEMMOUR Eric

Né le 31 août 1958
Marié – 3 enfants


Journaliste politique, écrivain


Institut d'études politiques (Paris)

Membre du jury au concours d'entrée à l'ENA (2006)
Valeurs actuelles – Chroniques (depuis 1999)
Marianne – Chroniques  (depuis 1996)
Le Figaro – service chroniqueurs (depuis 1996)
Info-Matin – éditorialiste (1995)
Quotidien de Paris - service politique (1986-1994)

Ouvrages
Balladur, immobile à grands pas (1995) - Le Livre noir de la droite (1998) - Le Coup d'Etat des juges (1998) - Le Dandy rouge (1999) - Les Rats de garde (co-écrit avec P. Poivre d'Arvor) (2000) - L'Homme qui ne s'aimait pas (2002) - L'Autre (2004) - Le Premier sexe (2006) - Petit Frère (2008) - Mélancolie française (2010) - Le Bûcher des vaniteux (2012) - Le Suicide français (2014) -


Sur la scène audio-visuelle:
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Histoire – Le grand débat
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Sur i>Télé – çà se dispute (depuis 2003)

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